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Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 05 Janvier 2012 20h46
Disparition d’Elisabeth Allès, sinologue engagée

03 Janvier 2012 Par Jean-Philippe Béja

s : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-philippe-beja/030112/disparition-d-elisabeth-alles-sinologue-engagee



Décidément, l’année 2011 n’aura cessé de nous réserver de mauvaises surprises. En emportant de manière fulgurante Elisabeth Allès, la maladie a remporté une victoire rapide contre cette combattante infatigable qui, il y a moins de dix jours, préparait encore les conférences qu’elle s’apprêtait à donner.

Ils ne sont pas nombreux les sinologues qui refusent de s’enfermer dans la tour d’ivoire de la « science » pour s’engager aux côtés des Chinois. Elisabeth était de ceux-là. Spécialiste des musulmans chinois, cette minorité trop souvent ignorée, l’anthropologue qu’elle était n’a cessé de se rendre au Henan, notamment auprès des femmes imam, et a étendu son objet de recherche à tous les musulmans de Chine. En juillet dernier, malgré la maladie qui affectait sa capacité de marcher, elle s’est encore rendue au Xinjiang pour enquêter sur la situation qui avait conduit aux émeutes ouighoures de juillet 2009. Son enthousiasme et sa compétence lui avaient permis de réaliser des entretiens très intéressants sur ces questions. Jusqu’au bout, elle aura parlé pour faire connaître le sort des musulmans de Chine.

Et Elisabeth ne s’en est pas tenue là. Responsable depuis des années de la section de la Ligue des droits de l’Homme de l’EHESS, elle a été à l’avant-garde de la lutte des sans-papiers chinois depuis plus d’une décennie. Un jour que j’ enquêtais à Wenzhou, des paysans de Yongjia m’ont demandé de des nouvelles de cette « Ailishabeite », cette femme extraordinaire qui se battait pour défendre les droits des immigrés en France. Elle leur manquera sans aucun doute, comme elle manquera à tous ses amis nombreux dans la profession. Adieu Elisabeth ! Nous ne t’oublierons pas.


*



Disparition d'Elisabeth Allès, sinologue engagée

par Pierre Haski

s : http://www.rue89.com/2012/01/05/disparition-delisabeth-alles-sinologue-engagee-228087



Elisabeth Allès, sinologue française, spécialiste des Hui, les musulmans chinois, est décédée dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, après un cancer foudroyant. C'était une femme passionnée, engagée, qui, au-delà de son centre d'intérêt professionnel, militait au côté des sans-papiers chinois et au sein de la Ligue des droits de l'homme.

J'ai rencontré Elisabeth Allès au début des années 2000, lorsque j'ai publié « Le journal de Ma Yan », une chronique de la vie d'une fille de paysans pauvres de la province chinoise du Ningxia, issue d'une famille Hui.

Au cours de mes recherches sur le sujet, en vue de la publication d'un livre, j'étais tombé sur la thèse d'Elisabeth Allès, « Musulmans de Chine », une anthropologie des Hui de la province du Henan, publiée en 2000 aux éditions de l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), qui reste la référence absolue en français sur le sujet.

Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois, notamment lorsqu'elle vivait à Hong Kong, pour échanger sur cette minorité chinoise peu connue à l'étranger. Nous échangions sur nos expériences respectives au sein de la communauté Hui, moi au Ningxia où je me rendais fréquemment dans le cadre d'une action associative, et elle dans ses recherches de terrain qui la passionnaient, notamment au Yunnan où elle écrivit des textes étonnants sur les femmes imam musulmanes.

De retour à Paris, elle fut la directrice du Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CECMC) au sein de l'EHESS, jusqu'à ce que la maladie l'en empêche.

Lui rendant hommage sur le site de l'EHESS, son président, François Weil, écrit :

« Elle était aussi une femme d'engagement et de conviction, qui avait siégé dans plusieurs instances de l'Ecole et militait à la Ligue des droits de l'Homme, dont elle avait animé la section de l'Ecole et où elle avait été membre du Bureau national. »

Les hommages sont également venus de Jean-Philippe Béja, sinologue du CERI-Sciences Po, qui écrit sur Médiapart :

« Ils ne sont pas nombreux les sinologues qui refusent de s'enfermer dans la tour d'ivoire de la “ science ” pour s'engager aux côtés des Chinois. Elisabeth était de ceux-là ».

Sur le site de la Ligue des droits de l'homme aussi, un bel hommage lui est rendu :

« Elle a participé activement en 2008 aux mobilisations autour des Jeux olympiques en Chine. Membre active du groupe “ Chine ”, elle apportait sa collaboration dans la langue originale au travail d'information pour le bulletin mensuel et aux actions de soutien aux militants chinois.

Logiquement, elle avait fait du combat pour les “ sans-papiers ”, un fil rouge de ses préoccupations. A ce titre, elle partageait l'engagement de toutes les militantes et de tous les militants de la LDH pour une défense et une amélioration concrète de tous les droits partout et pour tous.

Nous garderons d'Elisabeth le souvenir de son intelligence, de son sourire, et de sa tendresse envers les femmes et les hommes de tous les mondes. »

Je m'associe sans réserve à ces hommages sincères à cette femme qu'on n'oubliera pas.


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http://cecmc.ehess.fr/document.php?id=116

http://cecmc.hypotheses.org/


Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 06 Janvier 2012 00h43
Pékin dénonce les "forces hostiles" de l'Occident qui menacent sa culture

Le Monde| 05.01.12 | 17h14 • Mis à jour le 05.01.12 | 17h15


Aux premiers jours de 2012, année de transition importante pour le pouvoir chinois, à la tête du pays comme à celle du Parti communiste, le régime vient d'adresser à sa population et au monde extérieur un signe fort démontrant sa crainte de toute agitation sociale et sa volonté de tenir à distance l'influence occidentale.

Dans le numéro de janvier de la revue théorique du Parti communiste chinois (PCC) Qiu Shi ("rechercher la vérité"), Hu Jintao, le président chinois, se montre très offensif, mettant en garde contre l'"occidentalisation" de la Chine dans le domaine culturel. Ce texte de Hu est extrait d'un discours prononcé, à huis clos, en octobre 2011, lors du dernier plénum du 17e congrès, mais son contenu n'avait jamais été rendu public à ce jour.

Si la deuxième puissance économique mondiale a retrouvé son rang sur la scène géopolitique, elle n'a pas gagné la bataille des idées et du "soft power", regrette M. Hu : "La puissance culturelle de notre pays et son influence ne correspondent pas encore à sa place internationale."

Une influence à la hauteur de ses ambitions - grâce aux centres Confucius et aux médias officiels au rayonnement mondial, comme la chaîne de télévision CCTV et l'agence de presse Chine nouvelle - permettrait enfin au géant asiatique de s'affirmer comme une puissance à l'égal des Etats-Unis. Pékin entend atteindre son objectif de "renaissance culturelle". La Chine revendique l'héritage de cinq mille ans de civilisation, entre confucianisme et marxisme-léninisme.

"La culture occidentale est forte sur le plan international, tandis que nous sommes faibles", insiste le président chinois. "Nous devons reconnaître, prévient-il, que les forces hostiles internationales intensifient leur complot stratégique pour occidentaliser et diviser la Chine, les domaines culturel et idéologique sont leur point principal d'infiltration à long terme."

Cependant, il ne précise pas dans ce texte comment lutter efficacement contre les films et chanteurs américains alors que les artistes chinois sont soumis à la censure. "Nous devons bien comprendre la gravité et la complexité de la lutte idéologique, être sur nos gardes, rester vigilants et prendre les mesures nécessaires pour prévenir et répondre", poursuit le numéro un chinois, qui prône, pour ce faire, de renforcer le contrôle de l'Internet.

Répression renforcée

L'explosion des microblogs dans un pays qui compte 485 millions d'internautes a permis une circulation de l'information et une libération de la parole, malgré la censure. En décembre, les photos et témoignages sur la révolte des villageois de Wukan, dans le sud du pays, contre leurs dirigeants locaux corrompus avaient abondamment circulé sur les différents weibo, versions sinisées de Twitter. En réaction, plusieurs villes, dont Pékin, ont exigé des sites Internet que les usagers s'enregistrent sous leur vrai nom, même s'ils peuvent utiliser ensuite un pseudonyme.

La date de la publication des propos de Hu Jintao ne doit donc rien au hasard. Elle intervient au tout début d'une période sensible au cours de laquelle le parti redoute toute remise en cause de son hégémonie politique. M. Hu abandonnera son poste de secrétaire général du parti à l'automne - lors du 18e congrès, au profit de son successeur désigné Xi Jinping -, puis celui de président de la République populaire en 2013.

Pour Philippe Béja, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, "cette publication donne assurément le la pour l'année qui vient, celle de la succession" :"Le régime veut tenir en main la culture, l'Internet, il ne faut pas que cela bouge, ils sont très inquiets."

En 2011, le pouvoir a déjà renforcé la répression contre les opposants après une série d'appels à des "rassemblements du jasmin", inspirés du "printemps arabe". En décembre, deux dissidents, anciens du mouvement démocratique de Tiananmen, Chen Wei et Chen Xi, ont été condamnés à neuf et dix ans de prison pour "incitation à la subversion de l'Etat".

Pour autant, toutes les figures du Web chinois tiennent à relativiser l'idée d'une Chine sur le point de basculer. Le blogueur vedette Han Han, originaire de Shanghaï, symbole de la jeunesse urbaine privilégiée et volontiers critique envers les dirigeants, a publié, fin décembre, trois textes dans lesquels il estime que la Chine n'est pas prête pour une révolution, à l'instar de la Libye ou de l'Egypte.

François Bougon
Article paru dans l'édition du 06.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 06 Janvier 2012 00h54
Des villes chinoises relèvent le salaire minimum


LEMONDE.FR avec AFP | 05.01.12 | 12h14


Confrontées au manque de main d'œuvre ou aux troubles sociaux qui touchent certaines régions chinoises, plusieurs métropoles ont décidé de relever le salaire minimum.

A Shenzhen, grande métropole du Sud frontalière de Hongkong, le salaire minimal sera relevé de près de 14 % à 1 500 yuans (185 euros) à compter du mois de février, selon un communiqué du gouvernement local. A Pékin, il a progressé de presque 9 % à compter du 1er janvier pour atteindre 1 260 yuans par mois (155 euros), tandis que dans la province intérieure du Sichuan (Sud-Ouest), les hausses de salaire atteignent au moins 23 %, selon l'agence Chine nouvelle.

MANQUE DE MAIN D'ŒUVRE

"La politique du gouvernement reflète des changements au niveau du marché [de l'emploi]", a déclaré à l'AFP Stephen Green, économiste pour la Chine de la Standard Chartered Bank à Hongkong. "Le marché de l'emploi en Chine a connu un changement énorme dans les trois à cinq dernières années. Le manque de main d'œuvre est devenu monnaie courante", selon M. Green.

A Shenzhen, où le salaire minimum est le plus élevé de tout le pays, le secteur manufacturier est régulièrement confronté à une pénurie de main d'œuvre après la période des fêtes du Nouvel An lunaire (qui tombe le 23 janvier cette année), car beaucoup d'ouvriers rentrés à cette occasion dans leur région d'origine ne reviennent pas.

Zeng Xiangjin, gérant d'une société textile à Shenzhen, déclare perdre jusqu'à 30 % de son personnel après les fêtes, ajoutant qu'il doit augmenter les salaires pour retenir ceux qui reviennent. "Les ouvriers partent pour toutes sortes de raisons, dont de meilleurs salaires offerts dans d'autres villes. Cette année, je vais sûrement proposer des hausses de salaire de 10 %, voire plus", a expliqué M. Zeng.

GRÈVES

En novembre, la province méridionale du Guangdong, qui englobe Shenzhen, a connu plusieurs grèves contre des salaires trop bas ou des diminutions de revenus liés à la mauvaise conjoncture économique mondiale.

L'inflation, qui a culminé à 6,5 % en rythme annuel en juillet avant de redescendre à 4,2 % en novembre, a également rogné le pouvoir d'achat des salariés.

Mercredi, quelque 2 000 métallurgistes ont cessé le travail à Chengdu, la capitale du Sichuan, pour protester contre des salaires trop faibles, selon l'organisation China Labor Watch, sise aux Etats-Unis.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 06 Janvier 2012 00h57
Rome en émoi après la mort d'un commerçant chinois et de sa fille

LEMONDE.FR avec AFP | 05.01.12 | 09h29 • Mis à jour le 05.01.12 | 09h29


Un commerçant chinois et sa fille âgée de six mois ont été tués, mercredi 4 janvier, dans le quartier de Pigneto, à Rome, par deux jeunes gens armés qui leur ont tiré dessus après avoir tenté de leur extorquer de l'argent, selon la presse italienne.

Le Chinois, propriétaire d'un bar dans le quartier, rentrait à pied chez lui avec son épouse et leur fille lorsque deux jeunes gens qui circulaient en scooter se sont approchés d'eux pour leur demander de l'argent. Lorsqu'ils ont refusé, les agresseurs ont ouvert le feu, rapporte le journal La Repubblica.

L'homme, atteint par une balle à la poitrine, est mort sur le coup, tandis que sa fille, qu'il tenait dans ses bras, a succombé des suites d'une blessure par balle à la tête, selon le site internet du quotidien Il Corriere della Sera.

Son épouse, qui transportait la recette du jour dans son sac à main, a été blessée au thorax. La police a ouvert une enquête sur cette attaque, dont le nombre a augmenté au cours des derniers mois à Rome.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 06 Janvier 2012 01h05
Un couple de pandas géants chinois attendu le 15 janvier dans le Loir-et-Cher

(AFP) – Il y a 1 jour


TOURS — Le couple de pandas géants prêtés par la Chine à la France pendant dix ans arrivera au zoo de Beauval (Loir-et-Cher) le 15 janvier mais ne sera pas visible par le public avant le 11 février, a annoncé le parc mercredi dans un communiqué.
Yuan Zi et Huan Huan, la femelle, nés en 2008, arriveront le dimanche 15 à l'aéroport de Roissy à bord d'un vol spécialement affrété. Les pandas géants se trouvent actuellement dans la Base de recherche pour la reproduction des pandas à Chengdu (sud-ouest de la Chine).
Le couple sera accueilli par plusieurs dignitaires dont l'ambassadeur de Chine en France avant d'être transporté par des camions spéciaux vers le zoo du Loir-et-Cher, distant d'environ 250 km, escortés par la gendarmerie. Ils devraient arriver dans le courant de l'après-midi à Beauval, où ils seront débarqués en toute discrétion, loin des caméras, dans les deux enclos qui leurs sont réservés.
Le grand public ne pourra toutefois voir les pandas qu'à partir du 11 février. "Il faut qu'ils s'adaptent à leur nouvel environnement, qu'ils se remettent de leur voyage, il y a le décalage horaire, on préfère qu'ils puissent s'adapter au mieux", a expliqué le directeur du Zooparc Rodolphe Delord, joint par l'AFP.
Un soigneur et un vétérinaire chinois spécialement venus de Chine veilleront à leur acclimatation pendant deux ans. La "zone chinoise", au coeur de laquelle le complexe des pandas est situé, sera fermée jusqu'au 11 février.
Yuan Zi et Huan Huan seront les premiers représentants de cette espèce menacée accueillis en France depuis la mort en 2000 au zoo de Vincennes de Yen Yen, le dernier survivant des deux pandas offerts à la France de Georges Pompidou par Pékin au début des années 70.
En Europe, seuls Madrid, Vienne, Berlin, et bientôt Edimbourg, hébergent actuellement des pandas, selon le directeur du zoo du Beauval.
Le ZooParc de Beauval situé près de Saint-Aignan (Loir-et-Cher), qui attire 600.000 visiteurs par an, espère en recevoir au moins 100.000 supplémentaires grâce au couple d'ursidés.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Janvier 2012 15h33
"Le modèle chinois ébranle les certitudes américaines"

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.01.12 | 17h08 • Mis à jour le 08.01.12 | 09h15



Installé depuis 2005 à New York, Ian Buruma est devenu l'un des intellectuels les plus en vue aux Etats-Unis. Il collabore à la New York Review of Books, au New York Times et au New Yorker. Polyglotte (néerlandais, anglais, allemand, chinois, japonais et français, quoi qu'il en dise), il a été l'éditeur des pages culturelles de la Far Eastern Economic Review, à Hongkong, et de The Spectator, à Londres. Aujourd'hui professeur de démocratie, droits de l'homme et journalisme à l'université Bard - "façon de dire que j'enseigne ce que je veux, c'est le charme du système universitaire américain", dit-il en riant -, il est un auteur polyvalent et prolifique. Nous avons interrogé cet intellectuel à focale large, prix Erasmus 2008, sur sa spécialité initiale : la Chine et l'Extrême-Orient.

Votre itinéraire vous place au carrefour de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique. En quoi cela influence-t-il votre regard sur le monde ?

Mon père est néerlandais, ma mère anglaise d'origine juive allemande. L'Asie puis l'Amérique se sont ajoutées un peu par hasard. Très jeune, étudiant en langue et littérature chinoises, j'étais un cinéphile. Un jour, j'ai vu à Paris Domicile conjugal (1970), de François Truffaut. Le personnage d'Antoine Doinel y tombe amoureux de la Japonaise... et moi aussi ! A l'époque, aller en Chine était impossible. Je me suis donc tourné vers le Japon, où j'ai étudié le cinéma et participé à la troupe de danse Dairakudakan. L'Amérique est venue à moi tardivement, quand on m'a proposé d'y enseigner. Je me sens toujours plus européen qu'américain. Un Européen marié à une Japonaise et parfaitement chez lui à New York, la ville de la mixité.

Vous êtes progressiste et un produit typique du multiculturalisme. Pourquoi dénoncez-vous la "courte vue" des progressistes sur l'islam ?

Je ne suis pas "progressiste". C'est ce pays tellement conservateur que sont les Etats-Unis qui m'a beaucoup poussé à gauche ! Je l'étais moins en Europe et en Asie. Je n'ai jamais admis les complaisances de gens de gauche pour toutes sortes de potentats sous le prétexte d'accepter les différences. Et je suis opposé à l'idéologie du multiculturalisme. Lorsque le terme décrit une réalité, il me convient. Sur le plan factuel, je suis multiculturel. Mais l'idée que les gens doivent impérativement préserver toutes leurs racines est absurde. Dans le cas célèbre d'un crime d'honneur commis en Allemagne, où le juge avait estimé que le criminel avait des circonstances atténuantes en raison de sa culture d'origine, je considère qu'il a tort.

Il y a des choses plus importantes que la culture. Je n'admets pas l'argument culturel pour justifier l'excision. En même temps, je suis plus tolérant que la loi française pour l'affichage des symboles religieux. Qu'une policière ou une enseignante soit interdite de porter le niqab dans ses fonctions, oui. Une personne dans la rue, non. Ce type d'interdiction n'est qu'une façon de dissuader des gens impopulaires d'adhérer à une religion impopulaire.

La peur des Japonais était très forte il y a vingt-cinq ans aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous qu'un même phénomène soit aujourd'hui dirigé contre la Chine ?

Les deux phénomènes ne sont pas similaires. Ce qui faisait peur aux Américains il y a une génération, c'était la visibilité des Japonais : Mitsubishi rachetait le Rockefeller Center, Toyota déboulait, etc. Leurs marques étaient très visibles. De plus, dans l'histoire américaine, les Japonais sont suspects. Aujourd'hui, les Américains se disent que, si les Chinois parviennent à la puissance qu'avaient les Japonais, ils seront bien plus dangereux. Mais, sur le fond, la menace nipponne avait été grandement exagérée et la menace chinoise l'est tout autant. D'abord, l'absence de liberté intellectuelle en Chine reste un obstacle très important pour son développement. Ensuite, l'intérêt des deux parties à préserver des liens l'emportera sur les forces poussant au conflit.

Quelle est la part de réalité et de fantasme dans cette tension montante ?

Par fantasmes, vous entendez peur. Elle est fondée : la montée en puissance de la Chine ne pourra que réduire le pouvoir et l'influence américaine dans le monde. Après 1945, les Etats-Unis sont devenus le gendarme de l'Asie. Ce n'est plus le cas. Des peurs populistes sont également fondées sur des motifs socio-économiques. Mais je ne pense pas qu'elles atteignent le niveau des peurs antinippones de la fin des années 1980. Et les craintes de l'influence économique chinoise sont surtout concentrées dans les Etats de la vieille économie, où l'industrie lourde est en déclin.

Un sondage de l'Institut Pew a montré que les Américains croient que la Chine est devenue la première puissance économique mondiale. Or elle reste loin des Etats-Unis. C'est un fantasme typique...

C'est une combinaison d'ignorance et de peurs, exploitées par des chroniqueurs de radios dans le but de blâmer Barack Obama. Mais je le répète : le déclin des Etats-Unis est un fait, comme la montée en puissance économique de l'Asie. Ce déclin génère un choc, dont il ne faut pas s'alarmer inconsidérément. Au début du XXe siècle, l'invention du personnage de Fu Manchu (sorte de génie du Mal incarnant le "péril jaune") avait provoqué un arrêt de l'immigration sino-nipponne en Amérique qui avait même eu un impact en Europe. A suivi la menace communiste, qui était, pour les Etats-Unis, loin d'être aussi réelle qu'on l'a présentée. Mais même la CIA y a sincèrement cru.

Les Etats-Unis sont un pays qui vit sous la peur constante de puissances extérieures qui menaceraient de faire disparaître son espace sécurisé. Ce pays a bâti et a été bâti par une société d'immigrés mais, dans le même temps, il pourchasse ces immigrés pour se protéger. Comme la France, du reste. Et, comme les Français, les Américains s'estiment porteurs d'une mission civilisatrice universelle. Or le "modèle chinois" ébranle leurs certitudes.

Est-ce parce que les Américains fondent leur économie sur l'idée que la liberté est le meilleur garant du succès, alors que les Chinois ont une croissance très supérieure avec un régime dictatorial ?

C'est exactement ça. Ce mélange chinois réussi de capitalisme et d'Etat fort est plus qu'une remise en cause, il est perçu comme une menace. Je ne vois pourtant pas monter une atmosphère très hostile à la Chine dans l'opinion. Depuis un siècle, les Américains ont toujours été plus prochinois que pronippons. Les missions chrétiennes ont toujours eu plus de succès en Chine qu'au Japon. Pour la droite fondamentaliste, ça compte. Et, dans les années 1980, des députés ont détruit des Toyota devant le Capitole ! On en reste loin.

Et le regard des Chinois sur les Etats-Unis, comment évolue-t-il ?

Tout dépend de quels Chinois on parle, mais, pour résumer, c'est attirance-répulsion. Surtout parmi les classes éduquées qui rêvent d'envoyer leurs enfants dans les universités américaines et en même temps peuvent être emplies de ressentiment à l'égard d'une Amérique qu'elles perçoivent comme hostile, pour beaucoup à cause de la propagande de leur gouvernement. Du communisme comme justificatif du pouvoir il ne reste rien. Le nouveau dogme est un nationalisme fondé sur l'exacerbation d'un sentiment victimaire vis-à-vis du Japon et des Etats-Unis. En Chine, à Singapour, en Corée du Sud, on constate une forte ambivalence typique de certaines élites, par ailleurs fortement occidentalisées, pour qui le XXIe siècle sera asiatique. Dans les années 1960, au Japon, a émergé une nouvelle droite ultranationaliste, dont les représentants les plus virulents étaient professeurs de littérature allemande ou française. Ils voulaient se sentir acceptés, légitimes en termes occidentaux, et se sentaient rejetés. C'est ce que ressentent aujourd'hui les nationalistes chinois.

En 2010, vous avez écrit que la Chine est restée identique sur un aspect essentiel : elle est menée par une conception religieuse de la politique. Serait-elle politiquement soumise à l'influence du confucianisme, comme l'espace musulman le serait par le Coran ?

Dans le cas chinois, il ne s'agit pas que de confucianisme ; le maoïsme était identique. Il n'y a aucune raison pour que les musulmans ne puissent accéder à la démocratie tout en préservant leur religion. La Turquie, l'Indonésie l'ont fait. La Chine le pourrait tout autant. Des sociétés de culture sinisante comme Taïwan ou la Corée du Sud ont montré qu'un changement est possible. L'obstacle à surmonter, en Chine, est que le confucianisme rejette la légitimité du conflit. L'harmonie est caractérisée par un ordre social ou règne l'unanimité. Donc la plus petite remise en cause apparaît instantanément menaçante.

Qu'est-ce qui pourrait déclencher un processus démocratique en Chine ?

Le plus grand obstacle est l'alliance entre les élites urbaines et le Parti communiste. Les deux ont peur de l'énorme masse paysanne ignorante. Ces élites ont une telle histoire récente de violence et une telle peur d'un retour du chaos qu'elles préfèrent un ordre qui leur assure la croissance, au risque d'avancer vers la démocratie. Pour le pouvoir, la grande faiblesse de ce système est que, le jour où l'économie cesse de croître et que l'enrichissement des élites urbaines s'arrête, l'édifice s'écroule. Dans ce cas, tout pourrait advenir, d'une alliance entre démocrates, ressortissants des nouvelles élites, et une fraction du parti, jusqu'à un coup d'Etat militaire.

Propos recueillis par Sylvain Cypel
Article paru dans l'édition du 07.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Janvier 2012 15h40
Nouvelles immolations par le feu en région tibétaine

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 06.01.12 | 21h18

Des Tibétains montrent des affiches sur les immolations qui se poursuivent en région tibétaine, en octobre 2011 à Taipei.AFP/SAM YEH
Deux Tibétains se sont sacrifiés par le feu vendredi 6 janvier, près du monastère de Kirti dans la sous-préfecture d'Aba – une région peuplée de Tibétains dans le Sichuan, au sud-ouest de la Chine – haut lieu de résistance contre Pékin, selon des organisations de défense des droits de l'homme au Tibet.

Ces immolations portent à quatorze le nombre de sacrifices par le feu en moins de un an dans la région tibétaine. La plupart ont eu lieu dans la région du monastère de Kirti, théâtre de violences depuis qu'un jeune moine s'y est donné la mort par le feu en mars 2011, ont rappelé les organisations Free Tibet et Campagne internationale pour le Tibet (CIT).

APPEL AU RETOUR DU DALAÏ-LAMA

Selon Free Tibet, basé à Londres, des témoins ont vu un homme – apparemment un laïc – se mettre le feu près du monastère en appelant au retour d'exil du dalaï-lama, le chef spirituel des bouddhistes tibétains. Des membres des forces de sécurité chinoises ont éteint les flammes et ont emmené l'homme, dont on ignore donc l'état de santé.

Toujours selon les témoins cités par Free Tibet, une autre personne s'est donné la mort par le feu à proximité, à peu près à la même heure. Une porte-parole de CIT, Kate Saunders, a confirmé à l'AFP qu'au moins une personne s'est immolée par le feu dans la région d'Aba, sans confirmer le second cas. Ni l'hôpital, ni les autorités locales, ni le monastère de Kirti n'ont voulu commenter les informations des ONG.


"LA SITUATION DÉSESPÉRÉE DU TIBET"

"Il faut s'attendre à ce que de tels actes de protestation continuent à se produire aussi longtemps que les dirigeants dans le monde détourneront le regard de la situation désespérée au Tibet", a prédit dans un communiqué la responsable de Free Tibet, Stephanie Brigden.

Depuis le suicide par le feu en mars d'un jeune bonze du monastère de Kirti, dix moines et nonnes bouddhistes, la plupart âgés d'une vingtaine d'années, ont suivi son exemple. Au moins sept sont morts. Le monastère de Kirti, difficilement accessible à la presse et assiégé par l'armée après ces immolations, est devenu "une prison virtuelle" pour ses occupants, a affirmé son responsable, Kirti Rinpoché, en exil à Dharamsala (Inde).

Selon les ONG, les récents suicides publics des moines illustrent le désespoir face à la répression religieuse et culturelle menée par Pékin dans les régions tibétaines. En novembre, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, s'était dite "alarmée" par les immolations de Tibétains. Pékin affirme de son côté que la liberté religieuse est assurée.

>> Lire le décryptage "Le 'cercle vicieux' de quinze ans de répression armée au Tibet"

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Janvier 2012 16h16
China Telecom se lance sur le marché britannique
LEMONDE.FR | 04.01.12 | 15h57 • Mis à jour le 04.01.12 | 15h57


L'opérateur China Telecom a signé, mercredi 4 janvier, un partenariat avec Everything Everywhere, la coentreprise regroupant les activités mobiles de France Télécom et Deutsche Telekom au Royaume-Uni, pour se lancer sur le marché britannique du mobile. "C'est la première fois qu'un opérateur de télécoms chinois lance des services en tant qu'opérateur mobile virtuel [MVNO, soit sans réseau propre] en-dehors de la Chine", souligne un communiqué.

Avec cette initiative, China Telecom entend créer "une route de la soie de l'information" et profiter de la manne du "roaming", c'est-à-dire de l'utilisation de l'appareil mobile en dehors de son territoire d'origine. De fait, l'offre conçue par China Telecom cible la communauté chinoise présente au Royaume-Uni, ainsi que "les visiteurs du pays comme les étudiants et les touristes", qui souhaitent rester en contact avec la Chine. L'opérateur entend également profiter des Jeux olympiques, qui se dérouleront du 27 juillet au 12 août à Londres.

MANNE DU "ROAMING"

China Telecom est l'opérateur historique de télécommunications en Chine. Il est le premier opérateur de téléphonie fixe et, avec près de 110 millions d'abonnés, le troisième pour le mobile. "China Telecom dispose depuis 2006 d’une infrastructure en Europe solidement reliée à l’Asie par différentes routes passant soit par le Kazakhstan ou par Dubaï… Il a annoncé sa volonté de grossir par croissance externe", analyse Sébastien Crozier, directeur de la stratégie et de l'innovation chez France Télécom-Orange, sur son blog.

En octobre, Orange avait signé avec China Telecom un accord-cadre de partenariat stratégique destiné à améliorer les services proposés à leurs entreprises clientes dans leurs régions respectives. "Il est certain qu’une offre de MVNO de China Telecom ne peut être que le prélude à des acquisitions ciblées qui feront de China Telecom un acteur majeur de télécoms européens de demain", estime M. Crozier.

Mais cet accord au Royaume-Uni montre aussi que le marché interne chinois de la téléphonie mobile est de plus en plus concurrentiel. Au mois de mai, China United, deuxième opérateur en Chine, avait déjà considérablement réduit les frais de "roaming".

La bataille entre les opérateurs chinois pourrait d'ailleurs se jouer aussi au-delà de l'Europe. China Telecom s'est déjà positionné dans d'autres pays, comme le Canada, le Vietnam et l'Indonésie. En novembre, Bloomberg rapportait que China Telecom pouvait également lancer une offre mobile sur le territoire américain.

Le Monde.fr, avec AFP

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Janvier 2012 16h33
Un nouveau scandale laitier touche la Chine : « La honte de la nation »


s : http://www.rue89.com/2012/01/01/un-nouveau-scandale-laitier-touche-la-chine-la-honte-de-la-nation-227979

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 13 Janvier 2012 11h12
Les deux pandas arriveront dimanche au zoo de Beauval


Le zoo de Beauval s'apprête à accueillir un couple de pandas géants en provenance directe de Chine. Huan Huan et Yuan Zi arriveront dimanche à Roissy après un vol sans escale à bord du "FedEx Panda Express", un avion à leur effigie.

C'est un week-end de festivités que s'apprête à vivre le zoo de Beauval dans le Loir-et-Cher. Dimanche, arriveront en effet deux nouveaux pensionnaires très attendus : Huan Huan et Yuan Zi, le couple de pandas géants empruntés à la Chine dans le cadre d'un programme de protection de l'espèce aujourd'hui menacée. Les deux animaux seront accueillis en grande pompe à Roissy après un vol direct entre l'aéroport de Chengdu en Chine et la France. Ils voyageront à bord du FexEx Panda Express, un Boeing 777F (le plus grand avion cargo au monde) spécialement affrété par la société FedEx et qui sera décoré à leur effigie.

"L’arrivée de Huan Huan et Yuan Zi constitue un événement historique pour le ZooParc de Beauval, et témoigne de notre excellente collaboration avec la Chine ainsi que de notre implication de longue date dans la protection des espèces menacées. Nous en rêvions depuis longtemps. Cela fait cinq ans que nous attendions ce moment, depuis le jour où le zoo a décidé de se lancer dans cette grande épopée afin de faire venir les pandas géants en France", explique Françoise Delord, Fondatrice et Présidente du ZooParc de Beauval. Un enthousiasme dont avait déjà fait preuve Rodolphe Delord, le directeur général du zoo que Maxisciences avait interrogé en décembre dernier.

Une fois que les pandas auront atterri, ils seront notamment accueillis par l'ambassadeur de Chine en France qui leur souhaitera la bienvenue. Le couple sera ensuite amené au zoo de Beauval à l'aide d'un convoi exceptionnel de camions escorté par la gendarmerie. Les animaux considérés comme des "trésors nationaux" en Chine découvriront alors les espaces que le personnel du zoo leur a concoctés au sein de la nouvelle partie consacrée à l'Empire du milieu.

Les pandas visibles dès le 11 février

"Notre équipe dévouée a travaillé sans relâche à l’aménagement d’un enclos de première classe pour accueillir les nouveaux arrivants. Les visiteurs du zoo auront ainsi l’occasion unique d’admirer ces animaux extraordinaires", ajoute Françoise Delord dans un communiqué. Toutefois, le public devra attendre avant d'admirer les pandas chinois. L'équipe du zoo tient en effet à ce que le mâle et la femelle âgés de 3 ans s'acclimatent tranquillement à leur nouvel environnement avant d'être officiellement présentés au public. Ils ne seront donc visibles qu'à partir du 11 février 2012.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du zoo de Beauval.
http://www.zoobeauval.com/



Info rédaction, publiée le 13 janvier 2012

s : http://www.maxisciences.com/panda-g%E9ant/les-deux-pandas-arriveront-dimanche-au-zoo-de-beauval_art20571.html



Ecrit par: P'tit Panda Samedi 14 Janvier 2012 09h17
Le Courrier international


Hebdo n° 1106 du 12 janv. 2012

A quoi rêvent les jeunes Chinois ?

• La génération des années 1990, celle de l’enfant unique, choyée et abreuvée de patriotisme et de croissance, débarque.
• Dans les mégalopoles comme dans les villes moyennes, ces enfants de la Chine conquérante, connectés au web, vivent pour la plupart sans illusions.
• Parmi eux, des millions de diplômés rencontrent des difficultés pour décrocher un emploi : une poudrière politique, estime un éditorialiste.


http://www.courrierinternational.com/magazine/2012/1106-a-quoi-revent-les-jeunes-chinois




Ecrit par: P'tit Panda Samedi 14 Janvier 2012 16h41
Chine Plus

Paru le : jeudi 8 décembre 2011


Ecrit par: P'tit Panda Samedi 14 Janvier 2012 23h36
Taïwan: le président sortant, pro-Pékin, réélu

De Benjamin YEH (AFP) – Il y a 4 heures


TAIPEI — Le président taïwanais Ma Ying-jeou, artisan du rapprochement avec la Chine, a été réélu samedi pour un mandat de quatre ans face au chef de l'opposition, Tsai Ing-wen, tenante d'une politique ferme et indépendante vis-à-vis de Pékin.
Ma Ying-jeou a obtenu 51,6% des voix et largement devancé son adversaire qui a recueilli 45,6% des suffrages, selon le résultat officiel final diffusé par la Commission électorale.
"Nous avons gagné", a clamé Ma devant ses partisans, réunis dans son quartier général de campagne dans le centre de Taipei, peu avant la proclamation officielle des résultats.
"Ce n'est pas une victoire personnelle, c'est la victoire des Taïwanais et la victoire de la voie de l'intégrité, de la prospérité et de la paix", a-t-il déclaré.
Tsai Ing-wen a concédé sa défaite peu après. "Nous voulons exprimer nos plus profonds regrets à nos partisans pour notre défaite", a déclaré Mme Tsai, du Parti progressif démocrate (PPD).
"Nous acceptons la décision des Taïwanais et félicitons le président Ma", a-t-elle ajouté devant ses partisans réunis près de Taipei.
Ma Ying-jeou, un juriste de 61 ans formé aux Etats-Unis, défend des relations apaisées avec la Chine, premier partenaire commercial de Taïwan. Il a promis la continuité samedi soir.
Les Etats-Unis ont félicité le président taïwanais pour sa réélection et lui ont apporté leur appui à la poursuite du rapprochement entre Taipei et Pékin.
"La paix, la stabilité et l'amélioration des relations entre les deux rives du détroit (de Formose), dans un environnement débarrassé de toute intimidation, revêtent une grande importance pour les Etats-Unis", a souligné la Maison Blanche dans un communiqué.
De son côté, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a salué la victoire de Ma Ying-jeou, émettant également le souhait que la politique de rapprochement avec Pékin serait poursuivie lors de son prochain mandat pour, a-t-elle dit, "le bénéfice des peuples des deux côtés du détroit".
La stratégie visant à l'amélioration constante des relations avec Pékin, prônée par Ma Ying-jeou, est vivement critiquée par le PPD qui dénonce les écarts sociaux croissants dans un pays parmi les plus égalitaires d'Asie.
Le Kuomintang (KTM) estime au contraire que l'accès au marché chinois a permis de créer des dizaines de milliers d'emplois et d'assurer à l'archipel une croissance proche de celle de son puissant voisin.
Ma Ying-jeou avait signé en 2010 un accord-cadre de coopération économique entre les deux territoires prévoyant notamment des tarifs douaniers avantageux pour les produits taïwanais.
"J'ai voté pour Ma parce que je fais du commerce avec la Chine où je me rends fréquemment. Sa reconduction serait une bonne chose pour moi et pour mon business", déclarait au sortir de l'isoloir une femme d'affaires, Ane Wei, résumant le sentiment général des milieux économiques à Taïwan.
Après avoir bondi de près de 11% en 2010, l'économie de l'ancienne Formose n'a cependant progressé que de 3,4% au troisième trimestre 2011. Un ralentissement lié à la morosité de l'économie mondiale, dont dépend fortement l'économie de Taïwan, tournée vers l'exportation.
Taïwan (république de Chine) et la Chine (république populaire de Chine) sont séparées depuis la fin de la guerre civile chinoise de 1949. Taïwan est indépendante depuis, mais Pékin la considère comme une île rebelle, n'excluant pas la force pour la voir revenir dans son giron.
Or les relations bilatérales n'ont jamais été aussi bonnes, en plus de 60 ans, que depuis l'arrivée de Ma à la présidence, selon les observateurs qui estiment que cette dynamique aurait marqué le pas en cas de victoire de Tsai.
Pékin s'était montré extrêmement prudent et avare de commentaires pendant la campagne, de crainte de favoriser la candidate du PPD.
Les électeurs ont parallèlement voté pour le renouvellement des 113 députés du parlement qui restera dominé par le KMT, celui-ci ayant obtenu 64 des 113 sièges de l'assemblée.

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 14 Janvier 2012 23h41
A Taïwan, bilan mitigé de l'ouverture à la Chine

Le Monde| 14.01.12 | 14h43 • Mis à jour le 14.01.12 | 14h43


La promesse du "6.3.3" du président taïwanais, Ma Ying-jeou, pendant sa campagne victorieuse de 2008, lui aura coûté cher en popularité. Elle pourrait provoquer sa défaite à l'élection de samedi 14 janvier.

Ma Ying-jeou avait promis 6 % de croissance, 3 % de chômage et 30 000 dollars de produit national brut (PNB) par habitant. Aucune des trois promesses n'a été tenue. "Ni celle de couper son salaire", ironise un partisan du Parti démocrate progressiste d'opposition (PDP), indépendantiste.

Le chômage est monté à 6,5 % en 2009 et reste à 4 %, taux élevé pour Taïwan. Depuis l'exceptionnelle croissance à deux chiffres de 2010, l'économie nationale ralentit et sa progression serait de l'ordre de 4 % en 2012. Les salaires n'ont pas augmenté depuis des années.

TROIS "LIENS DIRECTS"

En revanche, la promesse de rapprocher les deux rives du détroit, Taïwan et la Chine continentale, a été tant et si bien tenue qu'une partie des Taïwanais commence à s'en inquiéter. D'autant que cette ouverture à la Chine n'a pas eu l'effet miracle annoncé.

Dès décembre 2008, trois "liens directs" ont permis aux hommes, aux marchandises et au courrier de circuler directement entre les deux pays sans devoir passer par une zone neutre intermédiaire, comme Hongkong, Macao ou le Japon.

Cette mesure a facilité les échanges et en a diminué le coût. Il n'y avait pas un seul vol direct, avant 2008, entre l'île et le continent. Il y en a désormais 558 par semaine, desservant quarante et une villes chinoises. La Chine absorbe à présent 40 % des exportations taïwanaises et reçoit 80 % des investissements taïwanais à l'étranger.

"Nos hommes d'affaires dépensent beaucoup d'argent pour construire un nouveau port, qui liera Taïwan à Fujian et Zhejiang. C'est notre argent et notre technologie qui servent à développer la Chine", commente le Pr. Jian-Jong guo, du Taiwan Thinktank favorable au PDP, indépendantiste. "Nos entreprises qui partent en Chine pour y trouver de la main-d'oeuvre et des terrains bon marché importent des composants haut de gamme de Taïwan", affirme-t-on au ministère de l'économie.

Parmi les quinze plus importantes entreprises chinoises exportatrices, sept sont taïwanaises. On évalue à 2 millions le nombre de Taïwanais résidant en Chine, à 200 milliards de dollars leurs investissements sur le continent chinois et à 25 millions le nombre de Chinois employés par des entreprises taïwanaises en Chine.

Seize accords techniques bilatéraux ont été passés entre les deux rives du détroit. La pièce maîtresse du mandat du Kouomintang 2008-2012 fut l'ECFA, un accord-cadre de libre-échange avec la Chine, signé en juin 2010.

La première étape, intitulée "Moisson précoce", couvre 16 % du commerce bilatéral. La façon dont se fait la sélection des produits exemptés de taxe d'importation en Chine n'a échappé à personne : Chine et Kouomintang ont visé quelques bastions ruraux des indépendantistes taïwanais, espérant ainsi les séduire.

Les pêcheurs de poisson lait, très prisé des palais chinois, ont vu des commandes mirobolantes arriver. Et quand, il y a quelques mois, le sud de Taïwan a connu une surproduction de bananes et d'ananas, la Chine les a rachetés.

"Les producteurs de thé de Nantou (centre) et une vendeuse d'oeufs de cent ans à qui j'ai moi-même parlé vous diront que cet accord leur a été très bénéfique ", a déclaré Ma Ying-jeou à la presse étrangère, jeudi 12 janvier à Taipei.

Mais, selon la chercheuse en économie Andrea Yang, "une étude a montré que les Taïwanais ne confondaient pas affaires et politique." Depuis l'entrée en vigueur de l'ECFA, au 1er janvier 2011, les échanges avec la Chine n'ont crû que de 2 %. Sur la même période, ils ont augmenté de 3 % avec les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean).

Les grands patrons taïwanais de Chine ont fait allégeance à Ma Ying-jeou. Alors que l'opposition indépendantiste a fait campagne sur l'égalité et la justice, et que près de 40 % de la population active gagne moins de 1 000 dollars par mois, ce soutien a plutôt eu un effet négatif sur les Taïwanais "d'en bas", qui aspirent à une économie recentrée sur Taïwan.

Florence de Changy
Article paru dans l'édition du 15.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 14 Janvier 2012 23h44
“L’unification n’a pas de marché électoral à Taïwan”

Le Monde.fr | 14.01.12 | 11h29 • Mis à jour le 14.01.12 | 14h13

Les Taïwanais votaient samedi 14 janvier lors d'une élection présidentielle opposant le chef de l'Etat sortant, Ma Ying-jeou, à la chef du parti d'opposition, Tsai Ing-wen. Stéphane Corcuff, chercheur en géopolitique des relations Chine Taïwan au CEFC Taipei (Centre d'études français sur la Chine contemporaine) et à l'Institut d'Asie orientale de Lyon explique qu'à Taïwan, "la ligne de division n'est pas vraiment entre un camp pro-unification et un camp pro-indépendance".

Comment s'articulent, lors des présidentielles et des législatives du 14 janvier à Taïwan, les approches différentes des relations avec la Chine au sein des deux camps rivaux, les bleus (autour du Kouomintang, KMT), et les verts (autour du Parti démocrate progressiste, PDP) ?

La ligne de division n'est pas vraiment entre un camp pro-unification et un camp pro-indépendance. La plupart des électeurs qui s'associent au camp bleu (autour du KMT) sont en réalité contre l'indépendance, ce qui n'est pas équivalent à dire qu'ils sont pour l'unification. Et quand ils votent Ma Ying-jeou (candidat KMT à sa réélection), ce n'est pas un vote en faveur de l'unification : ce concept n'a pas de marché électoral à Taïwan. En réalité, il y a un continuum entre les différentes administrations, de Lee Teng-hui (KMT mais Taïwanais de souche 1991-2000) à Ma Ying-jeou (KMT 2008-2012) en passant par Chen Shui-bian (PDP 2000-2008). Et on constate par exemple que, lors d'un sondage réalisé en novembre 2011, 88,2% des personnes sondées sont en faveur du statu quo dans ses différentes variations.

Cet axe de consensus au centre sur le statu quo n'empêche pas qu'on se trouve en présence de directions ultimes distinctes. Dans un cas, l'horizon est effectivement celui de l'unification ou d'une forme d'unification, même si cela n'est pas dit clairement. Dans l'autre, on aspire in fine au changement de nom du régime de République de Chine en, par exemple, République de Taïwan. Dans le court terme, ce qui distingue les camps en présence, c'est l'attitude face à tout ce qui touche à la souveraineté : le KMT fait le pari qu'en avançant vite avec la Chine, même au risque de petites entorses, on parviendra à sortir de l”impasse.

Le PDP est évidemment d'accord pour avoir de meilleures relations avec la Chine. Et, par exemple, il n'est pas contre l'ECFA (Economic Cooperation Framework Agreement), l'accord de démantèlement tarifaire entre Chine et Taïwan signé en 2010. Mais la position dominante, c'est que toutes les négociations avec la Chine doivent être passées au crible de ce qu'elles entraînent comme conséquences pour la souveraineté.

Taïwan a énormément progressé dans ses relations avec la Chine sous Lee Teng-hui et Chen Shui-bian, pourtant considérés comme " indépendantistes " : c'est lors de leurs mandats qu'on commence à encadrer juridiquement les relations économiques. Le PDP a apporté ce souci d'accompagnement juridique. Et dire par exemple qu'il a fait obstruction aux liens avec la Chine est erroné. Sous Ma Ying-jeou, le KMT est toutefois allé plus loin dans l'ouverture : cette attitude reflète le pari du camp bleu, qui est de dire: "Mettons de côté la question épineuse de la souveraineté, ce n'est pas si grave que ça, après tout, on fait partie de la même nation. Et la Chine elle-même est en train de changer ".

C'est à ce stade que rentrent de nouveau en jeu les divergences in fine idéologiques : si les bleus sont plus sereins face au rapprochement avec la Chine, c'est qu'ils évoluent dans un contexte idéologique d'attachement au continent. Or, cette idée est inacceptable pour les verts, elle leur est étrangère. Le nom de la République de Chine (ROC), et son drapeau, sont souvent un sujet conflictuel entre les deux camps. On a pu voir dans un clip de la campagne de Ma, un jeune homme qui " sauve " un drapeau de la ROC que des hommes en vert ont jeté à terre. D'un autre côté, les étudiants pro-PDP avaient manifesté en 2008, lors de la venue à Taïwan du négociateur en chef chinois sur les affaires de Taïwan, lorsqu'il est apparu qu'il était interdit de brandir le drapeau de la ROC dans certaines zones.

Que suggère ce paradoxe ? On entend souvent des membres du KMT ou des électeurs bleus reprocher au camp vert son manque d'attachement aux symboles de la ROC (République de Chine), comme le drapeau. Ce manque d'attachement a une rationalité historique : les Taïwanais de souche qui s'identifient au camp vert n'aiment pas la ROC, ils estiment que c'est un régime colonial, qui a conquis et écrasé Taïwan depuis 1945. Malgré le double mandat de Chen Shui-bian à la tête du pays, il faut rappeler que le camp bleu n'a jamais perdu la majorité au parlement. Le grand paradoxe, et ce que le KMT a du mal à comprendre, c'est que le camp vert a désormais objectivement toutes les raisons de soutenir les symboles de la ROC. Parce que c'est la seule réalité souveraine et indépendante qui existe à ce jour, le seul outil à opposer à l'irrédentisme chinois, c'est-à-dire la volonté de la Chine d'annexer Taïwan. On a commencé à le voir sous Lee Teng-hui, le président KMT, Taïwanais de souche, qui était très opposé aux visées chinoises sur Taïwan.
Ensuite, Chen Shui-bian, explicitement indépendantiste, a bien été obligé de faire des compromis, puisqu'il était élu président de la ROC. Le camp vert, depuis qu'il a connu le pouvoir, a donc mis de l'eau dans son vin et pris conscience de la réalité de la souveraineté que conféraient à Taïwan les symboles existants de la ROC.

Or, lors du mandat Ma Ying-jeou, on a vu, de manière surprenante, le KMT prendre des libertés avec la souveraineté du régime. Ce qui a poussé les verts à se rassembler derrière le drapeau de la ROC - alors que le KMT continue de les accuser de ne pas y prêter assez allégeance...

Quel rôle joue dans le paysage politique les clivages entre les descendants " continentaux " venus avec Tchang Kaï-chek et les " Taïwanais de souche ", issus des vagues précédentes d'immigration en provenance de Chine (essentiellement du Fujian) et des populations aborigènes ?

L'opposition entre le camp bleu (KMT) et le camp vert (PDP) n'est pas l'exact reflet des lignes ethniques. Les " continentaux " et leurs descendants représentent environ 12% de la population. Or, si on considère que 80% d'entre eux votent pour le camp bleu, l'inverse n'est pas vrai : les Taïwanais de souche votent soit pour le KMT, soit pour le PDP. L'attachement des continentaux au vote KMT s'explique par un héritage complexe, de traumatisme (de la guerre et de l'exil), mais aussi d'identification à une classe dominante, à l'usage du mandarin, à la culture de la "grande Chine". Ce découplage explique en tout cas que le KMT survive, électoralement, à Taïwan.

Comment se définissent les continentaux trois générations après le repli des troupes de Tchang Kai-chek à Taïwan ?

Les waishengren (continentaux) sont arrivés à Taïwan entre 1945 et 1955, entre la rétrocession de la Chine au régime de Tchang Kaï-chek et la dernière évacuation des positions continentales du KMT. Ensuite, il y a aura d'autres flux en provenance de Hongkong (c'est là qu'est né Ma Ying-jeou par exemple), Birmanie, etc. Le nombre réel de personnes qui ont quitté le continent est difficile à estimer, mais ne dépasse sans doute pas 1,2 million. La première génération de continentaux est née sur le continent, elle n'a plus une très grande influence dans les cercles politiques. C'est une population traumatisée et déplacée. Il n'y a pas que des dignitaires du régime : vous avez par exemple tous les soldats qui auront l'interdiction de se marier pendant 10 ans. Cette génération est dans l'ignorance de ce qu'est Taïwan.

La seconde génération est arrivée en bas âge à Taïwan ou est née ici, donc sa maturation politique a eu lieu sous la dictature, à une époque où l'idée est de reconquérir le continent. C'est une génération élevée au petit lait du regret, on y sent beaucoup de frustration et une volonté de domination.
Cela peut aller très loin dans le mépris pour la culture taïwanaise, d'autant plus que l'élite culturelle et intellectuelle taïwanaise a été en partie décapitée par la " terreur blanche " sous Tchang Kaï-chek. En outre, ces politiciens arrivés au faîte de leur carrière quand Lee Teng-hui est au pouvoir, coup d'envoi de la démocratisation, seront horrifiés par la défaite du KMT aux présidentielles de 2000. Il n'est toujours pas légitime à leurs yeux qu'un Taïwanais dirige Taïwan.

La troisième génération de continentaux, née à Taiwan, n'a pas connu la loi martiale. Les jeunes, donc, s'identifient comme Taïwanais, mais ne considèrent toutefois pas Taïwan comme une nation. Ils considèrent Taïwan comme leur " terre natale " mais ont toujours l'idée de la grande Chine.
Ils votent quasiment systématiquement pour le camp bleu. En apparence, les jeunes apparaissent dépolitisés, parce qu'ils rechignent à conceptualiser l'idée d'une nation taïwanaise, un sujet qui leur semble sensible, controversé.

Propos recueillis pa Brice Pedroletti

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 14 Janvier 2012 23h45
La relation avec la Chine domine les débats de la présidentielle taïwanaise

Le Monde | 13.01.12 | 17h51 • Mis à jour le 14.01.12 | 11h28


Le passé et l'avenir de Taïwan, son économie de plus en plus intégrée à celle de la Chine continentale et l'espace ambigu qu'elle occupe dans une communauté internationale qui reconnaît l'île sans le dire, font de la gestion de la question chinoise un élément central pour celui ou celle des trois candidats en lice qui remportera le scrutin présidentiel, samedi 14 janvier. Le statu quo dans lequel évolue la République de Chine (nom officiel de Taïwan), depuis son exclusion de l'ONU en 1971, s'est maintenu - il n'existe pas d'accord de paix entre Pékin et Taïpeh - tout en se redessinant : d'abord avec la démocratisation du régime du Kouomintang (KMT) dans les années 1990, qui a favorisé l'émergence d'une force politique déconnectée du projet de "Grande Chine" des héritiers de Tchang Kaï-chek ; puis avec l'ouverture économique de la République populaire par le biais d'investissements... taïwanais ; et enfin, avec la formidable montée en puissance, militaire et économique, de la Chine, propre à relativiser la protection américaine dont bénéficie Taïwan et l'attrait d'un Occident en pleine débâcle financière.

Après quatre élections au suffrage universel à Taïwan depuis 1996, Pékin est visiblement moins inquiet que par le passé : "Avec le développement de la démocratie, la rationalité progresse et les extrémismes déclinent à Taïwan", juge, dans un éditorial daté du 13 janvier, le quotidien Global Times, un signe d'apaisement envers Tsai Ing-wen, la candidate du Parti démocrate progressiste (PDP), principale formation de l'opposition, qui contraste avec la rhétorique beaucoup plus agressive employée par le passé. Tout en relativisant, pour la Chine, la question taïwanaise, "dépassée par d'autres considérations stratégiques", le Global Times se veut confiant dans les atouts chinois, à savoir un PIB "des dizaines de fois supérieur à Taïwan".

Elu en 2008 sous l'étiquette KMT, le président sortant et candidat à sa réélection, Ma Ying-jeou, défend le bilan de son premier mandat, axé sur un rapprochement économique accéléré avec la Chine : "J'ai été extrêmement prudent à chaque pas", a-t-il déclaré jeudi 12 janvier. Les accords bilatéraux, dont un accord-cadre de démantèlement tarifaire, ainsi que le rétablissement des "liensdirects" avec la Chine (aérien, postal et maritime), ont certainement accru la "contribution chinoise" à la croissance record de Taïwan en 2010 (10,8 %). Ils ont été facilités par les discussions menées depuis 2005 entre les deux frères ennemis, KMT et Parti communiste chinois (PCC), au lendemain de la réélection du président pro-indépendance Chen Shui-bian (PDP) en 2004, perçue alors comme un traumatisme par les nationalistes et les communistes de part et d'autre du détroit.

Or le PDP, qui fait valoir que nombre des accords passés ont été préparés sous la présidence de M. Chen, dénonce une fuite en avant : "Nous ne sommes pas contre l'idée d'un engagement vis-à-vis de la Chine", a expliqué Hsiao Bi-khim, porte-parole de la candidate PDP. Mais "nous critiquons la manière dont les bénéfices de cette croissance se concentrent dans un nombre réduit de groupes d'intérêts ou de milieux d'affaires".

"Consensus au centre"

Issu du mouvement d'opposition à la dictature du KMT, le PDP se veut le porte-drapeau des petites gens, à l'opposé des grands groupes industriels taïwanais délocalisés en Chine et des taishang, entrepreneurs ou cadres taïwanais expatriés en République populaire, soutiens traditionnels du KMT. Pékin a d'ailleurs eu recours à des "moyens nouveaux, plus sophistiqués" d'intervention, selon Mme Hsiao, pour "favoriser le KMT" : en organisant des délégations d'acheteurs à Taïwan, ou en aidant le retour des électeurs résidant sur le continent.

Malgré ces différences, le KMT et le PDP partagent "le même consensus au centre", celui du respect de la souveraineté de Taïwan et le maintien du statu quo, explique Stéphane Corcuff, chercheur au Centre d'études français sur la Chine contemporaine et basé à Taïpeh. "Ce qui les distingue, c'est l'attitude face à tout ce qui touche à la souveraineté : le KMT fait le pari qu'en avançant avec la Chine, même au risque de petites entorses, on débloquera l'impasse. Le PDP appelle, lui, à mieux encadrer juridiquement les négociations et à passer au crible tout ce qu'elles entraînent comme conséquences pour la souveraineté." Pour M. Corcuff, "l'angoisse" du PDP face à l'approfondissement des relations Chine-Taïwan a pour pendant "le contexte idéologique d'attachement à la Chine dans lequel évolue le KMT".

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 14.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 14 Janvier 2012 23h46
D'une Chine à l'autre

Le Monde | 13.01.12 | 14h33


A l'aéroport de Pékin, on embarque pour Taipei dans le hall des "vols internationaux, Hongkong, Macao, Taïwan". Adieu le smog et la neige, le vent des steppes, les intérieurs surchauffés. Bonjour la pluie, l'air conditionné en hiver, 15 ° dehors comme dedans. Trajet Pékin-Taipei : trois heures dix. De la République populaire de Chine à la République de Chine, il fallait, avant 2008, une journée entière via Hongkong. Depuis l'instauration des liaisons directes cette année-là, haut fait de l'administration du président Ma Ying-jeou, alors tout juste élu, près de cinq cents vols relient désormais, chaque semaine, des dizaines de villes de part et d'autre du détroit de Formose.

Et trois millions de touristes chinois ont pu, en trois ans et demi, découvrir l'autre Chine - en groupe, essentiellement. Les voyages en solo ne sont autorisés que depuis l'été 2011 - et pour une minorité de fortunés. L'accueil des visiteurs chinois à Taïwan est un secteur d'avenir : de trente à quarante millions de Chinois du continent visitent désormais Hongkong chaque année. Les Taïwanais, eux, voyagent librement en Chine depuis plus de deux décennies, et entre un et deux millions d'entre eux y sont installés.

Le vol CA 189 d'Air China est loin d'être plein : en période électorale à Taïwan, les passagers sont essentiellement des Taïwanais qui rentrent voter pour le double scrutin du 14 janvier (présidentielle et législatives). Un savant système de quota a réduit le nombre de groupes de touristes chinois la semaine précédant le suffrage. Il fallait tout faire pour que les Taïwanais de Chine qui désirent mettre leur bulletin dans l'urne puissent trouver des billets disponibles. Un coup de pouce de Pékin à son "poulain", le président Ma : une majorité de Taishang - les Taïwanais habitant en Chine - seraient des supporteurs du Kouomintang (KMT), le parti au pouvoir.

A Taipei, les voyageurs chinois trouvent souvent à la "province renégate" des attraits insoupçonnés. Au tout début, les groupes de touristes devaient participer à des réunions d'information avant de partir, où on leur expliquait ce qu'ils devaient éviter de faire - parler fort, cracher, répondre aux sollicitations de membres du Falun Gong (le mouvement interdit par Pékin) postés à proximité des étapes obligées du circuit touristique des ressortissants de RPC, comme le Musée national ou la Tour 101. Désormais, "c'est moins strict", dit une jeune accompagnatrice de groupe, une Pékinoise, qui s'est prise d'affection pour la deuxième Chine.

Au mémorial de Tchang Kaï-chek, quatre jeunes gens de Xi'an filment avec leurs iPhone le changement de la garde. Ils représentent la crème de la crème, le fer de lance de la Chine pop mondialisée : venus dans le cadre d'un voyage organisé par Novartis Chine pour ses vendeurs, ils ont à peine 30 ans et logent au Grand Hyatt... Leurs impressions ? "Qu'est-ce que les gens sont polis !" Gao Dong est, lui, épaté par le sens du service : "Même quand on n'achète pas, on ne se fait pas houspiller. On vous sourit." Et pour le reste, Taïwan ? "On fait attention aux gens, ici. A l'humain. Et puis les élections, ça crée de la concurrence, ça pousse à servir le peuple", poursuit le jeune cadre, en référence à la devise de Mao Zedong qui orne les bâtiments publics en Chine - et dont les internautes dénoncent régulièrement la vacuité au pays du parti unique.

Les touristes chinois, quand on leur pose la question, avancent, sans une hésitation, qu'ils voteraient Ma Ying-jeou à la présidentielle du 14 janvier : au moins lui ne veut pas "séparer Taïwan de la Chine". Et il appartient au KMT - un parti cousin, quand bien même il fut l'ennemi juré du PCC. Quant à Tsai Ing-wen, la candidate du parti d'opposition, assimilée au camp de l'indépendance, ils savent d'instinct qu'elle pourrait bien finir couverte d'injures dans la presse officielle chinoise, comme le dalaï-lama.

La démocratie taïwanaise et les élections attisent la curiosité des plus engagés de la République populaire. Certains d'entre eux font le voyage jusqu'à l'ancienne Formose, comme Bei Feng, célèbre blogueur de Canton, exilé à Hongkong depuis la vague de répression de février 2011. Arrivé il y a quelques jours à Taipei avec une petite équipe, il tweete à tout-va ses impressions, excité comme une puce.

Chen Sile, une étudiante de Nankin, a, elle, trouvé le moyen de décrocher un stage à l'Apple Daily de Taïwan, un quotidien très lu, célèbre pour son impertinence. A son arrivée, elle s'intéresse au mouvement Occupy Taipei et rencontre de jeunes "indignés" locaux. Grâce à leur aide, elle se retrouve ensuite en immersion dans un groupe de soutien de la campagne de Tsai Ing-wen. Elle décrira alors, dans de longs reportages sur son blog, la mécanique de la campagne, le dévouement des bénévoles, et le professionnalisme de la candidate à la présidentielle. Rien, dit-elle, qui ressemble au "chaos" auquel la presse chinoise fait référence chaque fois qu'elle parle de la démocratie à Taïwan.

Invitée à visiter le mémorial de Chen Nan-jung, un éditeur indépendant qui s'est immolé par le feu en 1989 à Taipei, sous la dictature du Kouomintang, pour défendre la liberté d'expression, Chen Sile n'a pu se retenir d'éclater en sanglots. Autour d'elle, les autres étudiants taïwanais lui semblaient peu concernés. "Pour vous, a-t-elle écrit sur son blog, la persécution politique fait partie d'une époque révolue. Pour moi, non, je vis dedans. J'ai des amis qui se font frapper, d'autres qu'on menace."

Ses billets ont fait mouche... parmi les étudiants Taïwanais, qui se les échangent sur Facebook. Pour une fois, ce sont eux qui se sont sentis dépassés par cette étrange visiteuse de l'autre Chine.

brice@gol.com

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 14.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Janvier 2012 15h32
Megalopolis

No 6

QUOTE
Dossier. La communauté chinoise dans le Grand Paris. Un entrepreneur à succès, des marchands de tabac, une famille de sans papiers…

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Janvier 2012 15h36
Les cahiers de L'Express

No 10, jan 2012

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 17 Janvier 2012 19h27
Huan Huan, le win-win et nous

Le Monde| 17.01.12 | 14h26


Lorsque Joyeuse, alias Huan Huan, a tourné le dos pour offrir son postérieur aux caméras de son nouveau pays, la France, on a senti comme un mauvais présage. La porte du Panda Express, l'avion de la compagnie FedEx qui transportait le couple de pandas chinois, venait de s'ouvrir. Sur le tarmac de l'aéroport Charles-de-Gaulle, dimanche 15 janvier, outre les médias, pas moins d'un ministre et d'un ambassadeur battaient la semelle pour les accueillir.

Le ministre, certes, était celui de la ville, Maurice Leroy, et l'on ne comprit que plus tard que c'est sa qualité de président du conseil général de Loir-et-Cher, où se trouve le zoo de Beauval, qui lui avait valu de passer le dimanche en si bonne compagnie. Quant à l'ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, il est si dévoué à l'amélioration des relations franco-chinoises que sa présence paraissait naturelle. N'a-t-il pas assuré, emporté par l'émotion, que les deux pandas allaient très vite apprendre le français, qu'il parle lui-même à la perfection ?

A Chengdu, capitale du pandaland, d'où Huan Huan et son compagnon Yuan Zi (Rondouillard) avaient décollé, la France avait dépêché son consul général, Emmanuel Rousseau, pour les saluer à l'aéroport. Ce qui ne veut pas dire que notre ambassadeur en Chine, Sylvie Bermann, sous-estime le poids des pandas : elle avait dûment participé, le 4 décembre 2011 à Pékin, à la signature de l'accord portant sur le prêt des deux animaux à la France, aboutissement de huit ans d'efforts diplomatiques, sur lesquels la presse fut soigneusement briefée.

C'est qu'en ces temps de perte du triple A, il ne s'agit pas de badiner avec les pandas, et encore moins avec les investissements chinois. La Chine, rappelons-le, n'est pas seulement le pays qui abrite la plus grande réserve de pandas - c'est ancien -, elle est aussi celui qui dispose des plus importantes réserves de change - c'est plus récent. Même si le montant de ces réserves vient de diminuer de 0,6 % sous l'effet de la baisse de la demande occidentale affectée par la crise, il s'élève toujours à quelque 3 180 milliards de dollars. Ces milliards doivent trouver à se placer, et pas seulement en bons du Trésor américain. De plus en plus, l'Europe intéresse le capitalisme chinois comme terre d'investissement.

A l'automne 2011, au moment où se bouclait l'épineux dossier de Chengdu, et alors que la France, économiquement fragilisée par la tempête de l'euro, accueillait à Cannes le président Hu Jintao et ses autres partenaires du G20, la fièvre s'était de nouveau emparée des Européens : la Chine, riche de ses milliards, allait-elle sauver l'Europe ? Ou, selon le point de vue duquel on se place, la Chine allait-elle dévorer l'Europe ? Depuis, le débat public s'est recentré sur la dette, l'euro et la situation économique interne des pays de l'Union européenne. Mais les termes de l'équation chinoise en Europe restent les mêmes.

D'abord, l'Europe, même dans l'état où elle se trouve, intéresse la Chine, sans doute même plus que les Etats-Unis. Son marché de 500 millions de consommateurs, son avance technologique, son savoir-faire et sa tradition industrielle sont, pour l'empire du Milieu toujours avide de croissance, des atouts considérables. Observateur aguerri de la politique économique chinoise, Arthur Kroeber, directeur de l'institut d'études Dragonomics à Pékin, en est convaincu : "L'Europe, dit-il, est la première cible de la Chine."

Comme ils l'ont fait jusqu'ici, les Chinois agiront, dans ce domaine, en suivant leur propre intérêt. Et leur intérêt, de plus en plus, n'est pas tant de racheter de la dette européenne que d'acquérir du solide, du concret, du tangible : en d'autres termes, des entreprises. "Des actifs réels", comme dit Arthur Kroeber. Ils n'en font pas mystère. Dès 2012, a averti le ministre chinois du commerce, Chen Deming, Pékin enverra une délégation d'investisseurs chinois pour "acquérir des entreprises européennes".

A Pékin, où les banquiers d'affaires français s'activent, de plus en plus nombreux, pour préparer l'arrivée des investisseurs chinois en France, on déplore volontiers la "schizophrénie" des Européens à cet égard. Les banquiers, eux, sont pragmatiques - c'est leur métier. Mais la classe politique et l'opinion publique restent méfiantes.

La récente tendance des dirigeants chinois à faire la leçon aux incorrigibles Européens, qui, comme l'a expliqué le président du fonds souverain chinois CIC, Jin Liqun, dans une interview désormais célèbre à Al-Jazira, "se traînent sur la plage à 65 ans" au lieu de travailler, n'aide pas forcément. "Chaque fois qu'un responsable européen vient en Chine, note un de ces responsables, il se fait remonter les bretelles par ses interlocuteurs chinois, qui lui font la morale et lui demandent comment son pays va protéger leurs investissements. Le ton a radicalement changé." Pour un pays habitué à tout diriger d'en haut, les problèmes de gouvernance européenne sont simplement incompréhensibles, et source d'un certain agacement.

Un Français, très pragmatique lui aussi, a réussi à gagner la confiance des Chinois et pense avoir tiré son épingle du jeu par un coup majeur, ourdi de longue date. Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, a présidé en 2011 au plus gros investissement chinois jamais réalisé en Europe. Le CIC (China Investment Corporation) a décidé de consacrer 3 milliards d'euros à l'acquisition de 30 % du pôle d'exploitation-production du groupe énergétique français.

Ce type de partenariat, qui permet aussi à GDF Suez d'accélérer son développement en Asie, est considéré comme "win-win" (gagnant-gagnant) dans les milieux d'affaires. Comment, politiquement, gère-t-on ce genre de prise de participation chinoise dans un secteur stratégique européen ? En choisissant le 8 août 2011 pour l'annoncer, lorsque les Français sont, précisément, "à la plage". Calme plat sur le front médiatique, absence de vagues garantie.

Au zoo de Beauval, tout va bien. Le mouvement d'humeur de Huan Huan n'est plus qu'un mauvais souvenir. On parle même d'une visite prochaine du président Nicolas Sarkozy.

kauffmann@lemonde.fr

Sylvie Kauffmann (L'air du monde)
Article paru dans l'édition du 18.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 18 Janvier 2012 21h23
La Chine resserre son contrôle sur les dissidents et multiplie les menaces

Le Monde | 18.01.12 | 16h08 • Mis à jour le 18.01.12 | 18h43

La Chine est entrée dans sa période la plus festive, celle du Nouvel An lunaire et de ses retrouvailles familiales. Mais, pour de nombreux dissidents, ces fêtes ont un goût amer de répression. Et cette année du Dragon devrait être marqué par un renforcement du contrôle en raison de la période sensible de transition politique qui verra à l'automne le numéro un chinois Hu Jintao laisser sa place à la tête du Parti communiste chinois (PCC) à son probable successeur, Xi Jinping, lors du XVIIIe Congrès .

Depuis plusieurs semaines, les convocations policières se multiplient, tout comme les harcèlements et autres brimades envers ceux qui osent défier le PCC au pouvoir depuis 1949.

Yu Jie, ami de Liu Xiaobo, le Prix Nobel de la paix 2010 emprisonné, a fini par craquer et a fui Pékin. En compagnie de sa femme et de son fils, il est arrivé aux Etats-Unis il y a quelques jours. "J'avais un passeport depuis plusieurs années et je me suis rendu discrètement à l'ambassade des Etats-Unis pour obtenir un visa ", explique-t-il au Monde depuis Washington, où il devait donner mercredi 18 janvier une conférence de presse.

La fin 2010 et 2011 resteront pour lui une période noire, car, affirme-t-il, le pouvoir lui a fait payer son amitié avec Liu Xiaobo.

"La veille de la cérémonie de remise du Nobel à Liu Xiaobo (le 9 décembre 2010), j'ai été emmené par la police secrète dans la périphérie de Pékin, j'ai subi des tortures physiques et psychologiques, j'ai été drogué, battu jusqu'à perdre conscience, laissé presque mort ", poursuit Yu Jie, qui en 2010 avait publié à Hongkong un livre très critique envers le premier ministre Wen Jiabao, "Meilleur acteur de Chine ". A l'époque, il avait eu maille à partir avec l'appareil de sécurité qui avait tenté de le dissuader de sortir son ouvrage, mais les agents s'en étaient tenus à des menaces verbales.

Cette fois, les pressions ont été plus violentes, dans un contexte de déploiement sécuritaire en raison des appels lancés sur le Net en faveur d'une "révolution du jasmin ", inspirée des révoltes arabes. "En 2011, j'ai passé la moitié de l'année privé de liberté, soit j'étais éloigné de force de Pékin, soit j'étais placé sous résidence surveillée illégale."

Sa famille n'a pas été épargnée. "La police secrète a également menacé de s'en prendre à ma femme et à mon fils, ils ont forcé l'entreprise de mon épouse à la licencier, nous n'avions même plus le strict minimum pour survivre. Quand il n'y a plus de garantie pour la sécurité, la seule solution est de quitter la Chine ", explique le dissident de 38 ans, qui, depuis son arrivée aux Etats-Unis, a sorti d'une longue hibernation son compte Twitter.

En revanche, celui de Hu Jia, une autre figure de la dissidence, est muet depuis le 11 janvier. Les policiers l'ont menacé de le renvoyer en prison après une peine pour subversion entre 2007 et 2011. Deux ordinateurs qui se trouvaient chez lui à Pékin ont été saisis. Il menait une campagne de mobilisation, via les réseaux sociaux, en faveur de l'avocat emprisonné Gao Zhisheng, du militant aveugle Chen Guangcheng, en résidence surveillée, et de Liu Xiaobo.

De son côté, l'artiste contestataire Ai Weiwei, détenu pendant quatre-vingt-un jours en 2011, a également été menacé par la police et interrogé pendant cinq heures, soupçonné d'avoir lancé des pierres vers les caméras de surveillance placées près de chez lui, et d'avoir effectué un geste grossier... Enfin, un dissident de longue date, Zhu Yufu, a été inculpé pour subversion pour avoir écrit un poème début 2011 perçu par les autorités comme un appel à la révolte.

Depuis les Etats-Unis où il prépare la visite en février du vice-président chinois Xi Jinping, l'ambassadeur américain Gary Locke a fait une sortie peu diplomatique lundi en évoquant une "répression importante ".

"Il y a toujours eu en Chine des hauts et des bas, mais il semble que nous soyons dans une période basse et cela s'aggrave", a-t-il dit. "De telles déclarations sont fausses", a répondu mardi le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères Liu Weimin, soulignant que "le progrès de la Chine en matière de droits de l'homme (est) évident aux yeux de tous" et dénonçant les "ingérences dans les affaires intérieures chinoises ".

Pour la sinologue Marie Holzman, le pouvoir est "schizophrène ". Si M. Hu peut se targuer d'avoir réussi son mandat avec les Jeux olympiques de Pékin et l'Exposition universelle de Shanghaï, "il n'a pas conquis le coeur des Chinois et sa seule solution est de tenir jusqu'à la passation ". "Le pouvoir est dans une spirale de violences, je n'avais jamais vu cela", affirme-t-elle.

François Bougon
Article paru dans l'édition du 19.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 18 Janvier 2012 21h24
Chine : "Une logique de reprise en main de l'expression critique sur le Net"

LEMONDE.FR | 18.01.12 | 17h27 • Mis à jour le 18.01.12 | 18h45



Entretien avec Nicholas Bequelin, division Asie de Human Rights Watch. Il revient sur le durcissement par les autorités chinoises du contrôle des dissidents.

Comment expliquer le tour de vis actuel des autorités chinoises, avec les menaces à l'encontre de Hu Jia et de Ai Weiwei, la mise en examen de Zhu Yufu et le départ vers les Etats-Unis de Yu Jie ?

Chacun des cas mentionnés a sa dynamique propre, mais ensemble ils traduisent la volonté ferme des autorités chinoises de nier aux dissidents la possibilité d'acquérir une influence à travers Internet et les réseaux sociaux. La leçon que Pékin a tiré des soulèvements populaires en Afrique du nord et au Proche-Orient est que ces derniers constituent une menace encore plus grande que préalablement envisagé, parce qu'ils peuvent sui generis créer de larges mouvement sociaux.

En réponse, le gouvernement a lancé à partir de février 2011 une très vaste campagne de répression visant à expulser les critiques les plus fortes de la blogosphère chinoise. C'est cette campagne dont Ai Weiwei a fini par faire les frais avec son arrestation puis sa mise sous contrôle judiciaire sous prétexte de fraude fiscale. De nombreux avocats des droits de l'homme et critiques du gouvernement, comme Yu Jie, ont été placés en détention secrète, torturés et se sont vu intimer de cesser leurs activités. Cette technique extra-légale brutale a porté ses fruits, avec un recul très marqué de l'activisme sur internet des cercles les plus critiques du gouvernement. Les dissidents historiques, comme Chen Xi, Chen Wei, ou maintenant Zhu Yufu paient un prix très lourd avec des condamnations et des inculpations pour crime contre la sécurité nationale pour des essais publiés sur Internet. L'obligation d'enregistrement sous nom propre des utilisateurs des services de microblogging weibo, tout autant que l'avertissement donné à Hu Jia de cesser de s'exprimer – pourtant très prudemment – sur Twitter font partie de cette même logique de reprise en main de l'expression critique sur le net.

L'approche de la réunion annuelle en mars de l'Assemblée nationale populaire (ANP) et la perspective de la transition de l'équipe dirigeante en 2012, avec le XVIIIe congrès du parti communiste chinois à l'automne, conduiront sans doute à la poursuite de ces efforts de contrôle tout au long de l'année.

Dans le même temps, on voit le meneur des "indignés de Wukan", dans le sud du pays, être nommé chef du parti local dans l'attente d'élections. Comment comprendre des prises de décision aussi paradoxales ?

L'annonce de cette nomination au poste du secrétaire du parti communiste de Wukan [de Lin Zulian] est très surprenante et reflète sans doute une décision théâtrale à des fins politiques de la part de Wang Yang, l'ambitieux secrétaire du parti du Guangdong (sud de la Chine), qui cultive ainsi sa veine populiste "proche du peuple". C'est un pari risqué, car, en admettant le bien-fondé de la révolte de Wukan, il risque d'encourager d'autres foyers de protestation, comme le montre la manifestation mardi de villageois de Wanggang (également situé dans le Guangdong). Ceux-ci ont menacé de créer "un autre Wukan" si leurs dirigeants locaux, qu'ils accusent également de confiscations illégales de terres, n'étaient pas remplacés.



Propos recueillis par François Bougon

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 18 Janvier 2012 21h26
Le dissident Yu Jie quitte la Chine pour les Etats-Unis

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 13.01.12 | 11h26


L'un des dissidents chrétiens (protestant) chinois les plus connus, Yu Jie, affirme avoir été torturé lors de la vague de répression qui a entouré la remise du prix Nobel de la paix 2010 à un autre dissident Liu Xiaobo et a choisi de s'exiler aux Etats-Unis, avec sa famille.

Dans une interview accordée à Reuters par téléphone, l'écrivain de 38 ans fait savoir qu'il fera prochainement un compte rendu détaillé des sévices qu'il a subis en Chine où plusieurs centaines de militants, dissidents et manifestants ont été arrêtés en 2011 par la police. "Ma situation s'est dégradée de façon dramatique [après l'annonce de la remise du prix Nobel à Liu Xiaobo en décembre 2010] et j'ai fait l'objet d'actes de torture, raconte-t-il au téléphone, près de Washington DC. Quelques jours avant la cérémonie de remise du prix Nobel, j'ai été enlevé et plusieurs personnes m'ont battu au point que je me suis évanoui et j'ai été transporté à l'hôpital pour y être sauvé."

"Ils étaient furieux que Liu Xiaobo reçoive le prix et ils ont reporté leur colère sur moi. Ils ont cru qu'étant donné que j'étais l'un de ses meilleurs amis, je partageais une responsabilité dans ce qu'il avait fait." Liu Xiaobo, l'un des plus fervents critiques de la répression religieuse en Chine, a été condamné en 2009 pour incitation à la subversion et condamné à onze ans de prison.

"L'année dernière, j'ai été privé de liberté sur de longues périodes et j'ai été assigné à résidence, a dit Yu Jie au micro de Radio Free Asia (financée par les Etats-Unis), dans une interview publiée sur le site internet de la radio jeudi soir. Sans aucune liberté pour m'exprimer […], j'ai choisi de partir vivre ailleurs."

Converti au christianisme en 2002-2003, Yu, qui vivait dans la banlieue de Pékin, s'est élevé à de nombreuses reprises contre la fermeture par le gouvernement des "églises de maison" qui refusaient d'être contrôlées par l'Etat. "Avant de partir, un haut responsable de la sécurité d'Etat m'a dit que j'étais autorisé à me rendre aux Etats-Unis et que je pourrais revenir mais que je devais savoir que si je faisais des choses aux Etats-Unis qui déplaisaient à Pékin, je ne serais pas autorisé à revenir", rapporte Yu Jie, auteur en 2010 d'un livre critique sur le premier ministre Wen Jiabao intitulé Wen Jiabao : le meilleur acteur de Chine malgré des menaces d'emprisonnement.

M. Yu a aussi déclaré que les autorités chinoises lui avaient interdit de publier un nouvel ouvrage à l'étranger et de pratiquer sa religion. Le département d'Etat américain, dans une brève déclaration, a reconnu être au courant de l'arrivée de M. Yu sur le territoire états-unien mais "n'avoir eu aucun contact avec les autorités chinoises à propos de cette arrivée". M. Yu s'est déjà rendu plusieurs fois aux Etats-Unis mais il était toujours rentré dans son pays.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 18 Janvier 2012 21h31
Crise financière : la Chine doit trouver "d'autres ressorts de croissance"

LEMONDE.FR | 17.01.12 | 18h29 • Mis à jour le 17.01.12 | 18h43


Danielle Schweisguth, économiste à l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) et spécialiste de la Chine, estime que celle-ci doit diriger ses exportations vers les pays émergents pour continuer à entraîner la croissance mondiale.

La croissance de la Chine s'est établie à 9,2 % en 2011, enregistrant un léger recul par rapport à 2010 (10,4 %). Quels sont les facteurs qui expliquent cette baisse ?

Il y a tout d'abord un facteur externe : le ralentissement des exportations. Cette année, les exportations chinoises en valeur ont augmenté de seulement 15 % contre 30 % en 2010. La baisse de la demande américaine et européenne, liée à la crise, en est la cause principale. Mais cette baisse est toutefois beaucoup moins importante qu'en 2009, où l'effondrement de la demande mondiale avait entraîné une chute de 17 % des exportations chinoises. A ce moment-là, tous les pays ont été affectés en même temps par la crise, notamment en Europe, où ils sont tous entrés en récession.

Aujourd'hui, le cas de figure n'est pas le même : les Etats-Unis ne s'en sortent pas si mal et en Europe, la récession s'annonce moindre. Le commerce extérieur est donc toujours dynamique – même s'il l'est moins qu'avant la crise – et tire la croissance du pays.

Il existe en outre un facteur interne : les mesures de resserrement monétaire et de restriction du crédit mises en place par le gouvernement en 2011 pour freiner la hausse des prix. Ces mesures ont permis de limiter l'inflation dans l'alimentaire. Mais Pékin a également mis moins de liquidités en circulation dans l'économie, ce qui a freiné l'investissement.

La croissance de la Chine va-t-elle continuer à jouer un rôle d'"amortisseur" de la crise mondiale ?

Le produit intérieur brut de la Chine représente en dollars plus de la moitié du PIB américain, donc le pays est en mesure de peser suffisamment lourd pour amortir la crise et continuer à jouer un rôle de moteur pour la croissance mondiale. Mais pour cela, elle va devoir trouver d'autres ressorts de croissance, notamment en basculant ses exportations vers l'Amérique latine, l'Afrique et les pays émergents en général.

Son rôle de "locomotive" se fera sentir pour les pays dont la Chine représente une part importante dans les exportations, comme les pays africains, asiatiques ou détenteurs de matières premières. En revanche, pour les pays de l'Eurozone, il ne faut pas compter sur la Chine pour résoudre la crise de la dette. Elle peut aider, mais son rôle reste marginal. Pékin n'est pas officiellement impliqué dans l'apport au capital du Fonds européen de stabilité financière (FESF), même si l'on sait qu'il fait partie des acheteurs de dette souveraine.

Quels sont les enjeux du modèle économique chinois à terme ?

La Chine paye aujourd'hui les conséquences du plan de relance de 2009. Pékin avait alors injecté beaucoup de liquidités dans l'économie, ce qui a généré un grand nombre de créances douteuses. A terme, cela peut être une bombe à retardement et entraîner une crise financière. Tout dépendra de la manière dont le gouvernement va gérer ces prêts.

A l'avenir, tout l'enjeu pour la Chine réside dans sa capacité à migrer vers un modèle économique où la demande intérieure est plus forte, notamment en passant par l'augmentation des salaires. L'instauration d'un système plus généreux de protection sociale permettrait également de diminuer l'épargne des ménages chinois, et favoriserait ainsi la consommation.

Propos recueillis par Anna Villechenon

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 18 Janvier 2012 21h48
Paix, sérénité et business entre Chine et Taïwan

Le Monde | 17.01.12 | 14h11


Ce lieu fut souvent synonyme de tension stratégique. Mais le détroit de Formose, qui sépare la Chine continentale de Taïwan, vit aujourd'hui à l'heure de l'apaisement. Et les élections qui se sont tenues samedi 14 janvier dans l'île nationaliste confirment cette évolution : les relations entre Pékin et Taipei ne cessent de se réchauffer.

Le président sortant, Ma Ying-jeou, chef du Kouomintang (KMT), artisan d'un rapprochement avec la Chine, a empoché une victoire aisée, avec 51,6 % des voix. Son adversaire, Tsai Ing-wen, du Parti démocrate progressiste (PDP), plus soucieuse de tenir la République populaire à distance, est nettement devancé (45,6 %).

Même s'ils se sont abstenus de commentaires officiels, Pékin et Washington ont accueilli ces résultats avec satisfaction. La donne politico-stratégique n'est pas changée ; elle évolue en douceur.

La Chine considère toujours Taïwan comme une province renégate - un morceau du territoire national qui a fait sécession en 1949, au moment de la victoire du Parti communiste sur le KMT, et qu'il faut reconquérir, par la force si besoin. Et Taïwan, devenue une démocratie bien réelle à la fin des années 1980, entend, pour le moment, rester une entité séparée et cultiver son particularisme politique.

Héritier du vieux parti nationaliste chinois, M. Ma s'est laissé séduire par la nouvelle attitude de Pékin à l'adresse de Taipei. Après des années d'intimidation guerrière et rhétorique, les dirigeants chinois ont changé de registre : le charme, plutôt que les armes. Il y a beau temps que les tycoons taïwanais sont parmi les plus gros investisseurs en Chine. Mais, sous le mandat de M. Ma, les échanges dans les deux sens ont connu un bond en avant.

Les liens économiques et financiers n'ont cessé de se resserrer de part et d'autre du détroit. A tel point que le bien-être de l'île (23 millions d'habitants) est de plus en plus dépendant de sa relation avec la deuxième économie du monde (1,3 milliard d'habitants).

Avec l'interdépendance économique, se sont développés les échanges culturels et touristiques. Pas moins de 500 vols par semaine relient les grandes villes de Chine à Taipei. Le nombre de ressortissants de Taïwan installés en Chine ne cesse d'augmenter. Tout comme celui des touristes continentaux à Taïwan - et qui reviennent chez eux en ayant pu constater que la démocratie, ce n'est pas le "chaos", comme le matraque la langue de bois officielle entendue à Pékin.

Il ne faut pas se tromper sur le sens du vote de samedi. Les Taïwanais sont, certes, attachés au maintien de leurs bonnes relations avec la Chine. Mais ils le sont tout autant à celui de leur singularité politique, que les Etats-Unis sont engagés à préserver.

A une écrasante majorité, ils estiment que la question de la réunification ne se pose pas, tant que le système n'a pas changé à Pékin... Ils ont voté pour le statu quo. Ils restent convaincus, à raison, que la démocratie "aux caractéristiques chinoises", c'est eux qui la pratiquent.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 20 Janvier 2012 01h56
Jerry Yang, cofondateur de Yahoo!, démissionne

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 18.01.12 | 06h43 • Mis à jour le 18.01.12 | 11h47

Le portail internet Yahoo!, en plein effort de repositionnement stratégique, a annoncé, mardi 17 janvier,le départ immédiat de son cofondateur Jerry Yang, qui cristallisait le divorce entre le groupe et les investisseurs. M. Yang "a démissionné du conseil d'administration et de toutes ses autres fonctions" chez Yahoo!, a annoncé le groupe, sans fournir d'explication. "Le temps est venu pour moi de poursuivre des intérêts hors de Yahoo!", a seulement déclaré M. Yang, cité dans un communiqué. "Je respecte sa décision, tout comme l'ensemble du conseil d'administration, mais sa perspective remarquable, sa vision et ses conseils avisés nous manqueront", a commenté le président du conseil d'administration, Roy Bostock.

Cette annonce intervient deux semaines après la nomination d'un nouveau directeur général en la personne de Scott Thompson, qui était jusqu'ici à la tête de Paypal, filiale de paiement électronique en ligne du groupe eBay. Le titre prenait 3,4 %, à 15,97 dollars, en échanges d'après-Bourse.

Connu notamment pour s'être opposé à un rachat de la société par Microsoft en 2008, M. Yang, qui possède 3,6 % du groupe, avait été remplacé à la direction générale dès janvier 2009, gardant toutefois le titre non orthodoxe de "Chef Yahoo!", ainsi qu'une très forte influence. Le cours du titre a durement souffert pendant la crise et la capitalisation boursière de Yahoo! s'élève à environ 20 milliards de dollars.

"C'est bien, mais cela ne suffit pas", a commenté Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, pour qui "le conseil d'administration actuel doit être dissous : il est déconnecté des tendances du secteur Internet". La chaîne financière CNBC indiquait en soirée qu'il pourrait y avoir d'autres démissions à court terme.

Jerry Yang avait fondé Yahoo! avec David Filo en 1995, et avait siégé au conseil d'administration sans discontinuer depuis cette date. Il avait assumé la direction générale entre 2007 et 2009.
Yahoo! a précisé que M. Yang démissionnait également des conseils d'administration de Yahoo! Japan et du groupe chinois Alibaba, les deux grands partenaires asiatiques du groupe américain qui, selon de nombreux analystes, représentent la plus grande partie de la valeur du groupe.

"En démissionnant des conseils d'administration d'Alibaba et de Yahoo! Japan, il va permettre au groupe de mieux monétiser ces actifs", estime l'analyste Jon Ogg sur le site spécialisé 247WallSt.com. Le fonds d'investissements Third Point, qui se dit deuxième actionnaire du portail Internet, était de ceux qui réclamaient depuis novembre l'éviction de M. Yang, craignant notamment qu'il prépare une prise de contrôle de la société avec M. Filo, qui a également le titre de Chef Yahoo!.

Yahoo!, qui vient de nommer son troisième directeur général en trois ans, revendique encore 700 millions d'utilisateurs, ce qui en fait l'un des tout premiers groupes Internet au monde, mais il est en butte à la stagnation de son chiffre d'affaires, surtout comparé à ses rivaux plus jeunes Google, et désormais Facebook. De nombreux investisseurs n'ont jamais pu pardonner à M. Yang d'avoir repoussé l'offre d'achat de Microsoft à 33 dollars par action, alors que le titre cote aujourd'hui la moitié, et d'avoir échoué à redéfinir la mission du groupe alors que les usages d'Internet évoluaient.

M. Yang de son côté a rendu hommage mardi au nouveau directeur général, Scott Thompson, ancien dirigeant de la société de paiements en ligne PayPal (groupe eBay), qui a pris ses fonctions la semaine dernière. Trip Chowdhry (Global Equities), qui estime que le salut de Yahoo! viendra d'une réorientation sur les paiements mobiles, a appelé M. Thompson à "penser en grand, avec audace et courage". Parmi les autres conditions nécessaires selon lui à un possible bond de 400 % des actions Yahoo! en deux ans, l'analyste a estimé que le groupe devait "surtout prendre totalement ses distances d'avec Microsoft", aujourd'hui son partenaire clé dans la recherche.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 20 Janvier 2012 02h00
Plus de 500 millions d'internautes chinois

LEMONDE.FR avec AFP | 16.01.12 | 12h35

la fin de l'année 2011, la Chine comptait 513 millions d'internautes, soit 55,8 millions de plus (+ 12,2 %) en un an, a rapporté, lundi 16 janvier, le Centre d'information sur l'Internet en Chine (CNNIC). "En 2011, les micromessages ont connu un développement rapide, et près de la moitié des internautes (48,7 %) les utilisent", soit 250 millions de personnes, précise CNNIC dans un rapport. A la fin de 2010, ils n'étaient que 63 millions (13,8 %). Ces sites de micromessagerie, appelés "weibo" en Chine, "sont devenus un canal important des internautes pour obtenir des informations", souligne cet organisme.

Le développement de ces plates-formes pose un problème de contrôle de l'information au gouvernement, qui parvient à censurer les sites Internet assez efficacement, mais ne peut empêcher la diffusion rapide de nouvelles sensibles à travers les weibo. A la fin du mois de décembre, les autorités ont demandé aux sites de micromessagerie enregistrés dans la capitale chinoise d'exiger auprès de leurs utilisateurs leur vrai nom pour que ceux-ci puissent ouvrir un compte.

Depuis l'été, les internautes utilisent les sites de micromessagerie pour se plaindre d'abus de pouvoir de fonctionnaires corrompus ou dénoncer de nombreux scandales, allant des aliments frelatés aux mesures de pollution atmosphérique. A la fin du mois de juillet, la collision de deux TGV, près de la ville de Wenzhou, qui a fait 40 morts, a ainsi été signalée en premier par un utilisateur de ces sites.

FORTES DISPARITÉS RÉGIONALES

D'après les données du CNNIC, le taux de pénétration de l'Internet en Chine s'élève à 38,3 %, en progression de quatre points sur un an. Une augmentation à comparer aux six points de hausse enregistrés en moyenne depuis 2007, qui fait dire à l'auteur du rapport que le développement de la Toile a atteint un "palier". Les différences régionales sont, par ailleurs, très marquées : le taux de pénétration varie entre 70,3 % à Pékin et 24,2 % dans la province du Guizhou, dans le sud du pays.

Les internautes chinois sont 73,4 % à utiliser un ordinateur de bureau pour se connecter à Internet, tandis que 69,3 % se servent de leur téléphone portable et 46,8 % d'un ordinateur portable. Plus de quatre internautes sur cinq sont âgés de 10 à 39 ans. Par ailleurs, si plus de 30 % des élèves et étudiants surfent sur la Toile, seuls 0,7 % des cadres dirigeants des entités gouvernementales et du Parti communiste le font.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 20 Janvier 2012 02h08
Le destin du golfe Persique en mains chinoises

Le Monde | 19.01.12 | 14h08


Un pays détient l'une des clés de la crise du nucléaire iranien : la Chine. Si elle devait s'en servir, dans le bon sens, elle gagnerait sa place de grande puissance responsable dans le concert des nations ; elle montrerait qu'elle prend au sérieux la lutte contre la prolifération nucléaire.

Malheureusement, il n'est pas sûr que la Chine soit décidée à abandonner l'attentisme égoïste qu'elle a manifesté jusqu'ici. Bouclant ce jeudi 19 janvier une tournée de six jours dans les pays arabes du Golfe, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a, en public au moins, défendu la ligne traditionnelle de Pékin : pas d'ingérence dans les affaires de l'Iran.

Paradoxalement, les dirigeants chinois, qui portent haut et fier les succès économiques de leur pays, n'aiment guère prendre de risques dans la gestion des crises internationales. On peut les comprendre quand il s'agit du Proche-Orient, tant la région a, plus que jamais, des allures de champ de mines.

Mais la fuite devant les problèmes ne règle rien : la course de Téhéran à l'arme nucléaire se poursuit. Elle recèle un potentiel de déstabilisation majeur dans la région.

Or, si une puissance est en mesure d'exercer une pression décisive sur la République islamique d'Iran, c'est bien la Chine. Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) sollicitent son soutien - comme l'a dit au début du mois le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, à Pékin.

Américains et Européens sont inquiets. Le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique est sans appel : le programme nucléaire iranien, quoi qu'en dise Téhéran, a bel et bien des fins militaires. Et Washington et l'UE ont décidé de mettre en oeuvre un dispositif sans précédent contre l'Iran : un embargo pétrolier.

Pour qu'il soit effectif, la collaboration de la Chine est déterminante. Enlevant 22 % de la production pétrolière iranienne, la Chine est, de loin, le premier client de la République islamique. A elle seule, elle achète plus de pétrole à l'Iran que la totalité des pays de l'UE.

Au cours de sa visite dans les pétro-monarchies du golfe Persique, M. Wen a réitéré l'opposition de Pékin à un embargo sur le pétrole iranien. Mais à elle seule, la visite de M. Wen donne à penser que la Chine prend des distances vis-à-vis de l'Iran. Elle redoute l'instabilité de la République islamique. Elle est échaudée par ce qui est arrivé aux trois autres pays du Proche-Orient dont elle était très proche : Yémen, Libye, Syrie...

Dans l'hypothèse d'un embargo effectif, elle se trouverait être le dernier gros client de l'Iran. Elle serait alors en mesure de peser sur les prix du brut iranien et de participer ainsi, indirectement, à une forme de pression économique sur Téhéran.

La Chine dépend du pétrole proche-oriental. Elle a intérêt à la stabilité de la région. Si l'Iran n'est pas arrêté, le Proche-Orient sera le théâtre d'une course à l'arme nucléaire - un cauchemar stratégique. Dans l'affaire iranienne, la Chine doit choisir son camp.

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h20
Hollande et Guéant saluent chacun à leur manière le Nouvel an chinois

LEMONDE.FR avec AFP | 29.01.12 | 16h23 • Mis à jour le 30.01.12 | 17h15

François Hollande et Claude Guéant ont tous deux participé, chacun à leur manière, aux festivités célébrant le Nouvel an chinois dans le 13e arrondissement de Paris, dimanche 29 janvier.

Le premier, candidat du Parti socialiste, a plaidé pour un rééquilibrage des relations avec la Chine, aant de prendre la tête du cortège. Le second, ministre de l'intérieur, a salué la "remarquable capacité d'intégration de la communauté asiatique".

"La question monétaire devra être posée avec les autorités chinoises le moment venu", a déclaré M. Hollande dans une allocution aux associations dans le 13e arrondissement, l'un des quartiers asiatiques de la capitale. "Je veux dire combien nous avons besoin de la Chine, de son prestige, de sa puissance économique et en même temps nous avons besoin de relations équilibrées. Si les Français m'en donnaient mandat, j'aurais à m'en expliquer avec les autorités chinoises dans les meilleurs délais".

Le candidat PS a exprimé sa "grande considération" pour la communauté asiatique, "sa réussite et sa sagesse", rappelant le candidat Sarkozy en 2007 qui avait aussi tenté de séduire cette communauté. "Nous sommes attachés à ce que cette intégration se fasse dans le creuset républicain", a ajouté le candidat PS.

M. Hollande a ensuite pris la tête du cortège avenue d'Ivry, dans une cohue gérée tant bien que mal par plusieurs service d'ordre (police, haute personnalité, PS...). Des députés PS – Jean-Marie Le Guen, Serge Blisko, Claude Bartolone – l'accompagnaient, mais pas le maire de Paris, Bertrand Delanoë.

"IL FAUT QUE LES ÉTRANGERS S'INTÈGRENT POUR RÉUSSIR"

La tension était d'autant plus forte que le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, se trouvait à quelques mètres.

Les deux hommes ne se sont pas croisés, mais M. Hollande a fait des allusions à l'actuelle politique migratoire et sécuritaire, évoquant les Chinois "qui voudraient devenir français et se heurtent à des contraintes nombreuses qu'il conviendra de lever en fonction de critères qui doivent être les mêmes pour tous".

De son côté, Claude Guéant a rendu hommage à la "communauté asiatique de France qui a tant apporté à notre pays" et qui "intègre la valeur travail". Il a ajouté qu'il "n'y a que le travail et l'activité qui créent la richesse". "Il faut que les étrangers s'intègrent pour réussir et avoir une relation paisible avec le reste de la population", a-t-il ajouté, saluant "la remarquable capacité d'intégration de la communauté asiatique".

"Le signe du dragon d'eau de cette nouvelle année est favorable à la fécondité", a relevé M. Guéant qui a assuré: "Le renouveau pour moi, c'est un nouvel élan de la France qui doit continuer à se moderniser".



Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h30
Les illusions perdues des jeunes Chinois de France

Le Monde | 30.01.12 | 16h51 • Mis à jour le 30.01.12 | 17h31



De la Chine, Daniel Chen est finalement revenu, il y a à peine six mois. Avec ses 29 ans, son physique de dandy-intello et un goût amer, mélange de désillusion du miracle économique chinois et de tiraillement identitaire.

Depuis une semaine, avec les festivités du nouvel an chinois, qui se terminaient dimanche 29 janvier, Daniel a enchaîné les repas de famille. Des lampions ont surgi partout dans le quartier autour de la dalle des Olympiades, dans le 13e arrondissement de Paris où il tente de refaire sa vie. Et c'est là qu'il accepte de se raconter.

Daniel est un enfant de l'immigration chinoise. Et comme beaucoup de jeunes de sa génération - des gamins de Wenzhou, cette ville de l'est du pays dont est originaire la majorité de la diaspora qui vit en France -, il a longtemps eu la tentation de la Chine. Ce "fantasme", avoue-t-il, de son pays natal, cette idée que là-bas ses envies de dépaysement et ses ambitions de jeune homme devenu adulte seraient plus faciles à satisfaire qu'en France, où la croissance reste désespérément fébrile et l'ascenseur social grippé.

Cette attirance pour la Chine a été renforcée par un parcours scolaire difficile, lui ouvrant peu de perspectives en France. Daniel est arrivé clandestinement à l'âge de 13 ans, six ans après ses parents. Une fois à Paris, il a passé un an dans une classe pour non-francophones. Puis il a été orienté en lycée professionnel où il a finalement raté son baccalauréat.

Durant toutes ces années, il a toujours dû aider ses parents après les cours dans l'atelier de confection puis au restaurant. ""Tous les Chinois font comme ça !", hurlaient-ils quand je me plaignais, raconte Daniel. Je leur répondais : "Il faut vivre comme des Français !"" Un conflit classique. Ses parents, travailleurs acharnés, sont aujourd'hui propriétaires de trois restaurants alors qu'ils étaient encore sans-papiers en 1989 (la famille a été régularisée en 1997). "A part le travail, pour eux, ça a toujours été dodo et rien d'autre", moque-t-il.

Après quelques boulots "épuisants" chez les grossistes chinois, et à la suite d'une ultime dispute avec ses parents, Daniel a donc sauté le pas en 2009 : il est parti tenter sa chance en Chine. L'aventure, sur le papier, s'annonçait prometteuse.

Là-bas, Daniel a rejoint un vieil oncle, "artiste reconnu", spécialiste des bonzaïs. Avec son avance sur héritage, le jeune homme a ensuite monté une galerie d'art. Une façon d'assouvir sa passion frustrée pour le dessin.

Mais très vite, il découvre ceux qu'il appelle les "Chinois d'aujourd'hui". Des "nouveaux riches" qui "voulaient juste acheter les tableaux les plus chers". Il réalise aussi l'influence de l'association nationale des artistes de Chine qui "contrôle tout". "Moi, j'aurais pu vendre pour le plaisir, (...) on n'avait pas les mêmes codes." Alors, en juin 2011, il abandonne et préfère rentrer.

A l'automne 2011, c'est donc à Paris, sur la dalle des Olympiades, qu'il a ouvert avec ses derniers deniers un "Institut d'éducation française". Un ancien fonds de commerce qu'il a transformé en centre d'apprentissage du français pour les jeunes Chinois désireux de poursuivre leurs études en France. Restera-t-il longtemps ici ? Pour l'instant, il s'y est en tout cas résolu.

Ce décalage avec le pays d'origine, Sacha Lin, président de l'Association des jeunes chinois de France (AJCF), le connaît bien. Que ce soit pour ceux nés en France ou pour ceux qui sont nés là-bas. "Contrairement à ce que l'on croit, la Chine n'est pas un marché si accessible pour eux, les offres de travail sont quasi-inexistantes, sauf s'ils sont recrutés par des grands groupes français."

Sacha voit là un des effets "contre-productifs" de "l'assimilation à la française". "Ces jeunes ont certes la double culture, mais ils ont perdu leur langue et manquent de réseau." Quand il a créé l'AJCF, il envisageait qu'elle serve à aider ceux qui veulent monter leur boîte en Chine, "mais on a laissé tomber, c'était trop complexe".

Nicolas Lin a 28 ans, et il se confie pour sa part dans le restaurant de sa soeur, en banlieue parisienne, où il travaille en attendant de pouvoir monter sa propre affaire. Comme Daniel, il est arrivé en France clandestinement, à l'âge de 10 ans. Comme ceux de Daniel, ses parents sont restés longtemps sans papiers, à trimer dans les ateliers de confection illégaux pour rembourser leurs passeurs.

Mais son aventure chinoise a eu lieu dans le secteur de l'industrie et de la finance. Ce grand jeune homme propre sur lui dit s'être laissé tenté à force d'entendre à la radio, qu'en Chine "tout va très vite". Il s'était pourtant hissé jusqu'à un master de gestion, à la Sorbonne. Mais la crise des subprimes a éclaté. Et à force de candidatures sans réponse, Nicolas, qui " lit mieux le chinois que le français", a prospecté auprès d'entreprises chinoises.

Quand il débarque à Wenzhou, en 2009, dans une société qui fabrique des produits chimiques et qui l'a recruté "pour se développer en Europe", il déchante rapidement. Ce ne sont pas, comme Daniel, les "valeurs" qui l'effrayent, mais les conditions de travail. Car s'il se retrouve auréolé du titre de "cadre", il s'aperçoit vite que c'est à la mode chinoise.

Sa rémunération équivaut alors à 400 euros par mois. "Avec l'inflation, ce n'était pas formidable", considère-t-il. Quant aux 35 heures et à l'assurance accident, il doit rapidement admettre que c'est une coutume française. Son entreprise finit par couler, faute d'avoir obtenu un label lui permettant de répondre aux normes européennes.

Nicolas travaille ensuite pour une société spécialisée dans les prêts immobiliers. Mais cette fois, il est édifié par la comptabilité "pas très nette" de l'entreprise. "J'étais censé m'occuper de la gestion des risques et sélectionner les projets, explique-t-il. Je pensais que ça me permettrait de revenir dans ma branche initiale. Mais la spéculation était telle que ça n'avait plus rien à voir avec mes études et perdait tout sens."

Aujourd'hui, il a toujours un peu les yeux qui brillent quand il écoute les témoignages "d'entrepreneurs qui ont réussi" sur BFM radio. " Mais mon expérience en Chine m'a permis d'ouvrir les yeux (...). Et il y a certaines valeurs comme la liberté qui me sont apparues plus fondamentales." Il le dit par ailleurs timidement mais, comme Daniel, il a aussi ramené de Chine une jeune et jolie épouse.

Elise Vincent
Article paru dans l'édition du 31.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h31
La presse chinoise se déchaîne contre les Occidentaux et le dalaï-lama

LEMONDE.FR avec AFP | 30.01.12 | 10h48 • Mis à jour le 30.01.12 | 15h27


La presse chinoise a tiré à boulets rouges lundi 30 janvier sur les pays occidentaux, leur reprochant de "travestir les faits", ainsi que sur le dalaï-lama, qu'elle a accusé de "trahir" sa religion, après des manifestations de Tibétains violemment réprimées dans le sud-ouest de la Chine. "Il n'est pas rare que des gouvernements occidentaux ainsi que le soi-disant gouvernement tibétain en exil gonflent et déforment des incidents, a assuré dans un éditorial le quotidien officiel China Daily. Le dalaï-lama trahit sa position religieuse dans les régions à population tibétaine. […] Lui et ses partisans prennent en otage l'intérêt général des habitants de ces régions afin de satisfaire leurs propres intérêts : ceux de la clique des Tibétains en exil."

Les policiers chinois sont accusés par des associations d'avoir ouvert le feu par trois fois la semaine dernière contre des manifestants dans une région tibétaine de la province du Sichuan, faisant des morts et des dizaines de blessés. Les Etats-Unis se sont dits "très inquiets" par ces violences. Pékin a admis que deux Tibétains avaient été tués, dont l'un abattu par sa police. Le pouvoir communiste a affirmé que les forces de sécurité avaient riposté contre des "gangs" notamment formés de moines, qui auraient saccagé des commerces et attaqué la police.

"UN MANIPULATEUR"

Les autorités chinoises ont empêché la presse étrangère de se rendre sur place et ont fortement entravé l'Internet et les communications téléphoniques. "Le dalaï-lama n'est ni plus ni moins qu'un manipulateur représentant le groupe exilé. Pour eux, les gens ordinaires des régions tibétaines ne sont que des outils qu'ils continueront à exploiter, en les exposant même à un plus grave danger", a de son côté jugé le journal Global Times. "Dans notre monde actuel, il suffit de quelques extrémistes pour ébranler une région, il suffit de voir le camp mené par le 'leader spirituel' dalaï-lama, largement soutenu par l'Occident", a ajouté ce quotidien nationaliste.

Le dalaï-lama ne s'oppose pas à ce que le Tibet reste dans le giron chinois, contrairement aux affirmations de Pékin, qui l'accuse d'être un dangereux "séparatiste". Mais le chef spirituel tibétain, exilé en Inde, a accusé le pouvoir communiste de "génocide culturel" dans les régions tibétaines. Les Tibétains accusent aussi les Hans, ethnie dominante en Chine, de coloniser inexorablement leur territoire et de faire disparaître leur culture.

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h35
Le millionnaire chinois expulsé du Canada va faire appel de sa condamnation en Chine

LEMONDE.FR avec AFP | 30.01.12 | 09h14


Zeng Hanlin, un millionnaire chinois qui s'était réfugié en 2004 au Canada, d'où il avait été extradé en 2011 pour être finalement condamné le 20 janvier dernier en Chine à quinze ans de prison pour fraude, a fait appel de sa sentence.

>> Lire : "Un homme d'affaire chinois qui avait fui au Canada condamné pour fraude"

"Nous avons fait appel du jugement de première instance et nous souhaitons un nouveau procès", a déclaré Sam Zeng, le fils de Zeng Hanlin. L'avocat de l'homme d'affaires, Yang Zhaodong, a confirmé avoir interjeté appel, en précisant attendre la réponse du tribunal. Il y a dix jours, M. Zeng a été reconnu coupable par le tribunal de Chengdu de malversations lors de la fusion d'une entreprise. Son fils s'est dit lundi convaincu de son "innocence".

Zeng Hanlin, 66 ans, s'était vu refuser l'asile au Canada. Au moment de l'extradition de M. Zeng vers la Chine, son défenseur au Canada s'était dit convaincu que son client serait condamné à mort en Chine. Le Canada interdit le renvoi de prisonniers vers des pays où ils pourraient être condamnés à la peine capitale.

Dans une affaire similaire, Ottawa a expulsé en juillet 2011 vers Pékin l'homme d'affaires chinois Lai Changxing, au terme d'une bataille judiciaire de douze ans. Il avait fui la Chine, où il était accusé d'être le cerveau d'un réseau ayant écoulé de 6 à 10 milliards de dollars de marchandises de contrebande et corrompu des responsables locaux. La Chine a promis de ne pas exécuter M. Lai s'il est jugé et reconnu coupable.


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Un homme d'affaire chinois qui avait fui au Canada condamné pour fraude

LEMONDE.FR avec AFP | 20.01.12 | 09h36

Un tribunal chinois a condamné, vendredi 20 janvier, à 15 ans de prison pour fraude un millionnaire qui avait fui la Chine en 2004 pour se réfugier au Canada, d'où il avait été finalement extradé en février 2011.

Zeng Hanlin, 66 ans, a été reconnu coupable par un tribunal de Chengdu de malversations lors de la fusion d'une entreprise, a indiqué son avocat, Yang Zhaodong. "Il n'a pas encore décidé s'il allait faire appel [du jugement]", a déclaré par téléphone l'avocat.

Zeng Hanlin s'était vu refuser l'asile au Canada. Au moment de l'extradition de M. Zeng vers la Chine, son défenseur au Canada s'était dit convaincu que son client serait condamné à mort en Chine.
Le Canada interdit le renvoi de prisonniers vers des pays où ils pourraient être condamnés à la peine capitale.

Dans une affaire similaire, Ottawa a expulsé en juillet 2011 vers Pékin l'homme d'affaires chinois Lai Changxing, au terme d'une bataille judiciaire de douze ans. Il avait fui la Chine où il était accusé d'être le cerveau d'un réseau ayant écoulé de six à dix milliards de dollars de marchandises de contrebande et corrompu des responsables locaux. La Chine a promis de ne pas exécuter M. Lai s'il est jugé et reconnu coupable.




Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h36
Un manifestant tibétain tué par la police dans le Sichuan

LEMONDE.FR avec AFP | 27.01.12 | 13h22

Un autre manifestant tibétain a été abattu jeudi par la police chinoise dans la préfecture d'Aba, dans la province du Sichuan, rapportent séparément vendredi deux associations de défense des droits des Tibétains. Ce manifestant, au moins le troisième tué par la police cette semaine dans la région, faisait partie d'une foule s'opposant à l'arrestation d'un jeune recherché par la police pour avoir distribué des tracts appelant au retour du dalaï-lama, a déclaré Kate Saunders, porte-parole de International Campaign for Tibet (ICT).

Au moins 136 Tibétains ont été interpellés par les autorités chinoises ou ont disparu dans les districts de Seda, Aba et Luhuo, a déclaré pour sa part à un chercheur d'International Campaign for Tibet (ICT) nommé Zorgyi. "Certaines interpellations ont été confirmées parce que les Tibétains ont été placés en état d'arrestation par les forces armées chinoises", selon M. Zorgyi. "C'est comme en mars 2008" lors du dernier grand soulèvement contre la domination chinoise, "parce que la police ne donne aucun document aux familles pour leur dire où sont les membres de leur famille", a-t-il ajouté. Il a ajouté que 30 Tibétains interpellés dans le district de Banma, dans la préfecture de Guoluo, avaient également disparu.

Au moins sept manifestations ont eu lieu en janvier dans les zones tibétaines de Chine, dont au moins deux ont fait des morts, rapporte de son côté Human Rights Watch. En plus des manifestations du début de la semaine a Seda et Luhuo, qui étaient déjà connues et au cours desquelles la police a ouvert le feu, un mouvement de protestation a notamment éclaté dans le district de Banma, dans la province du Qinghai à la suite de l'immolation d'un moine le 18 janvier, puis à nouveau quelques jours plus tard, selon HRW. Les autorités locales n'étaient pas joignables par téléphone vendredi pour confirmer ces manifestations.

L'ouest de la province du Sichuan, qui compte 1,5 million de Tibétains, a été le théâtre cette semaine des troubles les plus graves dans les provinces de Chine peuplées de Tibétains depuis les grandes manifestations de 2008 contre les autorités chinoises. Les forces de l'ordre ont tiré au cours de deux incidents séparés lundi et mardi dans les localités de Luhuo et de Seda, dans la préfecture de Ganzi de la province du Sichuan, qui borde la Région autonome du Tibet. Selon des ONG, ce tirs de la police ont fait au moins trois morts, tandis que le gouvernement chinois en reconnaît deux, dont l'un par balle à Seda. La vague de manifestations fait suite à 16 immolations ou tentatives d'immolation dans les régions tibétaines chinoises depuis mars 2011. HRW a demandé vendredi au gouvernement chinois d'"enquêter immédiatement" sur les tirs de la police cette semaine et d'ouvrir les régions concernées à des observateurs extérieurs.

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h40
Quand un universitaire chinois traite des Hongkongais de "chiens"

LEMONDE.FR | 24.01.12 | 12h10 • Mis à jour le 24.01.12 | 15h01

Le sage Confucius prônait l'harmonie, mais son descendant Kong Qingdong, professeur à l'Université de Pékin (Beida) et célèbre pour ses prises de position nationalistes, a provoqué un scandale en insultant les Hongkongais, les traitant notamment de "chiens" et de "voleurs", ravivant le vieil antagonisme avec l'ancienne colonie britannique malgré son retour dans le giron chinois en 1997. Dans son émission diffusée le 19 janvier sur la télévision par Internet Vodone, le professeur, qui n'en est pas à sa première provocation, a eu des paroles très dures envers ses "frères" de l'île, dignes de la rhétorique en vogue pendant la Révolution culturelle pour attaquer Hongkong.




“Ceux qui refusent de parler mandarin [la langue officielle du continent, alors que les Hongkongais parlent cantonais] ce sont des fils de putes, s'est-il emporté. Beaucoup de Hongkongais pensent qu'ils ne sont pas chinois. Ces personnes sont des caniches britanniques, ce ne sont pas des humains. A Hongkong, il y a beaucoup de gens biens, mais il y a beaucoup de Hongkongais qui sont des chiens. Ce sont des résidus de la colonie”, a-t-il poursuivi.

Le professeur Kong a également utilisé le terme de erguizi (traîtres), qui désigne les Chinois ayant collaboré avec les envahisseurs japonais dans les années 1930-1940. Il réagissait à une vidéo amateur qui a abondamment circulé sur les réseaux sociaux, montrant une famille chinoise du continent aux prises avec des Hongkongais pour avoir laissé son enfant manger dans le métro. C'est courant en Chine continentale mais punissable d'une amende de 2000 yuans (243 euros) à Hongkong.




Cette vidéo et la prise de position caricaturale de M.Kong font ressurgir l'antagonisme croissant entre les Chinois du continent et leurs concitoyens de l'ex-colonie britannique.

Ces derniers mois, les incidents se sont multipliés, certains habitants de l'île se plaignant de la présence croissante des continentaux accusés de venir dans l'île pour profiter de services publics de qualité ou de peser sur le marché immobilier.

Le 8 janvier, un millier de personnes avaient manifesté devant un magasin de la marque de luxe Dolce&Gabbana, qui interdisait aux habitants de prendre des photos de ses vitrines mais qui le permettait aux Chinois continentaux et aux étrangers.




Cependant, M.Kong, qui, sur son blog, affirme appartenir à la 73e génération des descendants du vieux sage et revendique son appartenance au Parti communiste chinois, a accusé certains médias du sud de la Chine, avec lesquels il a déjà eu maille à partir, d'avoir déformé ses propos, soulignant qu'il n'a jamais accusé tous les Hongkongais d'être des “chiens”.

Une manifestation dénonçant ses propos a réuni 200 personnes dimanche devant la représentation du Zhonglianban (Bureau de liaison centrale), qui fait office de représentation de Pékin dans un territoire régi par le "un pays, deux systèmes". Et une page Facebook réclamant des excuses du professeur a été lancée.

Pour un éditorialiste du China Daily, journal en anglais basé à Pékin, ces tensions révèlent surtout la difficulté des Hongkongais d'admettre que leur position a changé. "Alors que la richesse croissante du continent a été une aubaine pour l'économie de Hongkong, les Hongkongais ressentent de plus en plus un sentiment de privation à mesure que leur ville perd son statut avantageux de passerelle unique entre la Chine et le monde extérieur", écrit Huang Xiangyang, qui a vécu cinq ans à Hongkong. Selon lui, l'incident dans le métro "n'a pas été déclenché par le sentiment de supériorité des habitants de Hongkong mais plutôt par leur sentiment d'infériorité de plus en plus fort".

François Bougon

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h47
NOUVEL AN – Année du Dragon et baby-boom astrologique en Asie

s : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/23/nouvel-an-annee-du-dragon-et-baby-boom-astrologique-en-asie/#xtor=RSS-32280322

23 janvier 2012


L'année 2012 sera-t-elle synonyme de pic des naissances en Asie ? Lundi 23 janvier marque le début de l'année du Dragon. Or, selon la tradition chinoise, il est le plus puissant des douze signes du zodiaque et la croyance veut qu'un enfant né sous ses auspices porte chance à sa famille.


A Shanghaï, le 23 janvier. Crédits : AFP/Peter Parks
"Dans la Chine impériale, le dragon était le symbole de l'empereur, explique l'astrologue John Lok au journal singapourien The Straits Times. Comparer une personne à un dragon revient à dire qu'elle a les qualités d'un roi. Cette croyance traditionnelle s'est transmise aux Chinois modernes qui sont très attachés à ce que leur enfant soit différent des autres." Autant saisir sa chance, sous peine d’avoir à attendre douze ans.

En Chine, une hausse de 5 % des accouchements est prévue en 2012, rapporte l'agence de presse officielle Chine nouvelle. Les autorités s'attendent également à un pic des naissances dans d'autres pays de la région qui suivent le calendrier lunaire, comme Taïwan, le Japon, la Corée du Sud, le Vietnam ou Hongkong. Dans l'ancienne colonie britannique, la dernière année du Dragon, en 2000, avait provoqué une hausse des naissances de 5,6 %. Un sondage réalisé dans le territoire indiquait que près de 70 % des couples voulaient un enfant né sous ce signe. Les autorités taïwanaises anticipent quant à elles un pic de naissances de près de 20 % en 2012.


Hongkong, le 23 janvier. Crédits : AFP/Aaron Tam
Ce "baby-boom astrologique" est une aubaine pour certains pays comme Singapour, affecté depuis plusieurs années par un recul de sa natalité. Avec 1,15 bébé par femme en moyenne, la cité-Etat est très loin du taux de renouvellement de sa population (2,1 enfants). Aujourd'hui, un quart de ses 5,2 millions d'habitants sont étrangers. Lors de la dernière année du Dragon, il y eut 46 000 naissances contre environ 42 000 en 1999 et 2001. Et en 1988, 52 957 enfants virent le jour contre 43 616 en 1987 et 47 669 en 1989. Pour 2012, Tan Kok Hian, président du département obstétrique à l'hôpital KKH, prédit 8 % de naissances en plus. Plusieurs mesures ont même été prises en ce sens comme la rénovation de certaines maternités.

L'année du Dragon prendra fin le 9 février 2013.

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h48
La police chinoise ouvre le feu sur des manifestants tibétains

LEMONDE.FR avec AFP | 23.01.12 | 16h21



Les forces de l'ordre chinoises ont ouvert le feu, lundi 23 janvier, sur une manifestation pro-tibétaine, faisant au moins un mort et des dizaines de blessés, a annoncé l'ONG Free Tibet. La fusillade, la plus grave depuis les émeutes antichinoises de 2008 au Tibet, s'est produite dans la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine.

"Selon des témoins, un Tibétain nommé Yonten, âgé de 49 ans, a été tué par balle", a précisé l'organisation de défense des Tibétains, et une trentaine d'autres blessés. "Ils ont peur de transporter les blessés à l'hôpital car ils redoutent d'y être arrêtés", a déclaré par téléphone Stéphanie Brigden, directrice de Free Tibet.

"La situation pourrait se dégrader", a-t-elle ajouté, en précisant que de nombreux Tibétains tentaient de se rassembler vers le monastère de Draggo, dans la préfecture de Ganzi, théâtre de la manifestation violemment réprimée.

DISTRIBUTION DE TRACTS

Le gouvernement tibétain en exil, dont le siège est à Dharamsala en Inde, a confirmé sur son site Internet la mort de Yonten ainsi que les nombreux blessés après que la police a ouvert le feu. D'autres témoins parlent de six morts, a ajouté le gouvernement en exil.

Selon Free Tibet, la manifestation constituait une riposte à l'arrestation plus tôt lundi de Tibétains accusés d'avoir distribué des tracts portant le slogan "le Tibet a besoin d'être libre". Ces tracts affirmaient aussi que de nombreux Tibétains se déclaraient prêts à s'immoler par le feu. En moins d'un an, plus de quinze Tibétains ont ainsi mis fin à leurs jours ou ont tenté de le faire pour protester contre la répression de la liberté de culte dans les régions tibétaines en Chine.

Le rassemblement s'est déroulé lundi aussi alors que de nombreux Tibétains refusaient de prendre part aux festivités du Nouvel An chinois, alors que la Chine est entrée lundi dans l'année lunaire du Dragon.

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h50
Pékin cherche à mieux contrôler les microblogs

Le Monde | 20.01.12 | 14h49 • Mis à jour le 21.01.12 | 09h31


Le gouvernement chinois veut renforcer son contrôle des microblogs - les "Weibo" -, ces plates-formes d'échange de messages inspirées de Twitter, en imposant aux usagers du pays de décliner leur identité réelle. Cette réglementation s'appliquera d'abord aux nouveaux inscrits, avant de concerner chaque utilisateur. Aucun délai n'a été annoncé.

Le pouvoir chinois testait cette mesure depuis décembre 2011 à Pékin, Shanghaï, Canton, Shenzhen et Tianjin sur ces "Weibo", dont l'usage connaît une croissance fulgurante. Selon Wang Chen, le directeur du bureau d'information du Conseil d'Etat, les microblogs ont attiré 330 millions d'internautes depuis 2010. Ils s'y échangent quotidiennement 150 millions de messages.

Ces Weibo "favorisent les voix irrationnelles, l'opinion publique négative, la dissémination rapide d'informations nuisibles", a assuré M. Wang, estimant que la gestion des microblogs est inadaptée et pose un défi à "l'harmonie sociale et à la stabilité".

L'avènement de l'Internet mobile, qui porte le succès des microblogs, est un nouveau test pour des autorités, habituées jusqu'alors à gérer les affaires du pays à huis clos, et qui jouent davantage en mode réactif que par anticipation sur ce terrain.

Au cours de l'été 2011, les réactions relatives à l'accident d'un train rapide, ou les rumeurs sur le décès de l'ancien président Jiang Zemin, véhiculées à travers ces microblogs, ont conduit Pékin à adapter en urgence la censure. En novembre 2011, une quarantaine de dirigeants d'entreprises influentes du Web chinois avaient ainsi été conviés à un stage d'un week-end visant à s'assurer de leur entière loyauté.

Pékin réussira-t-il à généraliser l'enregistrement des noms réels ? A l'été 2009, ses efforts pour imposer l'installation sur chaque ordinateur d'un filtre des contenus, baptisé "Barrière verte d'accompagnement de la jeunesse", avaient échoué, face aux critiques des internautes et des gouvernements étrangers.

La nouvelle trouvaille des censeurs risque de dissuader les usagers de microblogs de rédiger les messages les plus affriolants, mais en matière de réseaux sociaux, cet accès à l'identité personnelle pourrait être synonyme de valorisation commerciale. "Sympathiser sous le nom réel apporte davantage de valeur que de le faire anonymement. Si l'on regarde Facebook ou LinkedIn, cela représenterait 110 milliards de dollars", constate Dominic Penaloza, cofondateur du site Ushi.

Harold Thibault

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h52
La condamnation de la Chine sur les exportations de matières premières confirmée en appel
LEMONDE.FR avec AFP | 30.01.12 | 19h37

L'OMC avait, le 5 juillet dernier, jugé illégales des restrictions qu'impose la Chine sur les exportations de neuf matières premières cruciales pour l'industrie européenne, comme la bauxite.AFP/GEORGES GOBET
La condamnation de Pékin par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour les restrictions qu'elle a imposées sur ses exportations de matières premières a été confirmée en appel, selon la décision rendue publique lundi 30 janvier.

Cette décision fait suite à un appel de la Chine déposé le 31 août, de sa condamnation en première instance, selon laquelle que ces restrictions étaient illégales du point de vue des règles de l'OMC.

Les membres du panel d'appel ont indiqué qu'ils approuvaient "les recommandations du panel de première instance selon lesquelles la Chine doit mettre en conformité avec les règles de l'OMC ses mesures concernant les droits d'exportations et les quotas" frappant les matières premières, comme la bauxite, le zinc, le coke et le magnésium.

"ACCÈS JUSTE AUX MATIÈRES PREMIÈRES"

Dès l'annonce du résultat de l'appel, les Etats-Unis et l'Union européenne ont crié victoire. "La décision annoncée aujourd'hui est une très grande victoire pour les Etats-Unis, en particulier pour son industrie manufacturière et pour ses travailleurs", a déclaré le ministre américain du commerce extérieur, Ron Kirk. Selon les Américains, les restrictions chinoises sur les matières premières avaient de lourdes conséquences pour des industries telles que la sidérurgie, l'aluminium et la chimie.

De son côté, le commissaire européen en charge du commerce, Karel de Gucht, s'est également félicité de la décision d'appel de l'OMC. "C'est un grand succès, qui sanctionne nos efforts pour assurer un accès juste aux matières premières dont l'industrie européenne a besoin", a déclaré le commissaire européen.

"DISTORSION DE LA CONCURRENCE"

L'OMC est saisie depuis 2009 de cette affaire de restrictions chinoises aux exportations de matières premières. L'UE, les Etats-Unis et le Mexique dénonçaient notamment des taxes sur ces exportations, des quotas d'importation et un régime de prix minimum. Les Européens et les Américains estimaient que ces mesures contribuaient à faire grimper les prix des produits finis, créant ainsi "une distorsion de la concurrence".

Ces matières premières sont utilisées dans énormément de domaines : des équipements médicaux, aux CD, en passant par le secteur automobile, des réfrigérateurs, la métallurgie non ferreuse, des batteries de voitures ou encore des cannettes de boisson.

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 01h54
Apple, gendarme et accusé sur les conditions de travail en Chine
LEMONDE.FR | 27.01.12 | 21h31 • Mis à jour le 27.01.12 | 21h37



Tout allait bien pour Apple depuis le début de l'année jusqu'à la publication, vendredi 27 janvier, dans le New York Times, d'une longue enquête qui dénonce les conditions de travail de ses sous-traitants en Chine. Leur "indifférence pour la santé des travailleurs" y est décrite comme "inquiétante", tandis que l'article énumère les heures supplémentaires, les dortoirs, les employés qui ne sont pas encore en âge de travailler, les "jambes qui enflent jusqu'à ce qu'elles puissent à peine marcher".

Alors qu'au même moment Apple surfe sur la bonne nouvelle de ses résultats financiers, ces accusations, publiées le même jour, lui font l'effet d'une douche froide. "Apple ne s'est jamais soucié d'autre chose que d'augmenter la qualité de ses produits et de réduire ses coûts de production", estime Li Mingqi, ancien cadre à l'usine Foxconn, l'un des partenaires principaux d'Apple.

Courroucé, Tim Cook, nouveau patron d'Apple, envoie illico un courriel à ses collaborateurs, soit 45 000 salariés dans le monde, dont certains en Chine : "Nous nous soucions de nos travailleurs partout dans le monde (...). Toute tentative de dire que nous ne nous y intéressons pas est ouvertement fausse et insultante." Il venait, juste avant, de leur envoyer un courrier bien plus réjouissant, offrant un nouveau programme de ristournes sur les produits Apple. En l'occurrence, des réductions de 500 dollars sur les ordinateurs et de 250 dollars sur les iPad pour tout employé depuis plus de 90 jours. Un programme qui, s'il est justifié par un bénéfice net qui a plus que doublé au dernier trimestre 2011, pour atteindre 13,1 milliards de dollars, paraît déplacé à la lumière des révélations du New York Times.

STRATÉGIE HYPOCRITE ?

Dans la journée, Apple a une nouvelle fois dépassé ExxonMobil à la première place des capitalisations boursières mondiales pour revenir, à la clôture, à 416,4 milliards de dollars (contre 418 pour Exxon), avec une action à 446 dollars.

Mais la firme de Cupertino, grâce à son savoir-faire marketing inégalé, a déjà pris les choses en main pour ne pas troubler son image "cool et créative". Tim Cook peut désormais se vanter d'avoir, en effet, des engagements auprès d'une association indépendante de défense du travail, la Fair Labor Association (FLA), basée à Washington, qu'Apple a rejoint en janvier. "La première visite d'usine devrait avoir lieu au deuxième ou au troisième trimestre", précise la FLA.

Par ailleurs, Apple s'est paré d'un code de conduite publié sur son site et revendique faire des inspections, depuis 2007, aussi bien planifiées que surprise. En 2011, elle en aurait conduit 229, contre 127 en 2010 et 109 en 2009. En cas de manquement au code de conduite, le fournisseur dispose de trente jours pour se reprendre, ou Apple "met un terme à la relation commerciale", assure le dernier rapport.

Stratégie hypocrite de la part de la firme à la pomme ou démarche sincère ? "C'est un geste intelligent de leur part, estime Pauline Overeem, qui coordonne le réseau international Good Electronics (notamment chargée de la campagne "Make IT Fair"). On se demande juste si cela va changer les choses ou si c'est un coup marketing."

L'image d'Apple est en jeu, au-delà de leurs profits. D'ailleurs, Apple, longtemps fermé sur la question, tente de se dépeindre en pionnier, "premier du secteur électronique" à rejoindre la FLA. Mais selon Pauline Overeem, Dell, Hewlett-Packard et Philipps se sont pliés à une initiative équivalente aux Pays-Bas, l'Initiative pour le commerce durable (IDH), alors qu'Apple "a toujours refusé avant de répondre aux ONG".

17 SUICIDES DANS L'EMPIRE FOXCONN

L'organisation d'étudiants chinois Sacom a publié une étude en septembre. A Foxconn, atelier géant qui emploie près d'un million d'ouvriers sur plusieurs sites, les scandales se succèdent. En 2010, après le suicide de neuf travailleurs, un reporter du magazine Wired observait l'emprise d'un véritable "Etat-nation" sur ces ouvriers à la chaîne logés en dortoirs.

Même en Chine, des réactions abondent dans le sens de l'article du New York Times, traduit en chinois par le magazine Caixin. "Quand les gouvernements locaux essaient d'attirer de nouveaux investissements dans leur région, ils mettent toujours en avant les bas salaires qui y ont cours. C'est pathétique !", s'exclame Jiangsu.

Et si les conditions s'améliorent chez certains sous-traitants, on peut craindre "un mouvement continu des entreprises là où les salaires sont bas, vers l'ouest de la Chine ou le Vietnam", estime Pauline Overeem, le tout étant assuré par l'absence de vrais syndicats. La solution trouvée par Foxconn privilégie une alternative à l'amélioration des conditions de travail : à l'été 2011, l'entreprise a ainsi annoncé préparer un plan géant d'automatisation, dans le but de remplacer, à l'horizon 2013, 500 000 employés par des robots.

Laureen Ortiz

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 31 Janvier 2012 02h00
La Chine n'a pas gagné la bataille de la culture

La Chine | 30.01.12 | 15h05


H u Jintao, le président chinois, a salué l'année avec un texte majeur mettant en garde contre "une conspiration stratégique visant à occidentaliser et à diviser la Chine", ajoutant que "la culture occidentale sur la scène internationale est forte alors que la nôtre est faible".

Pour se défendre contre le soft power occidental, la Chine limite les films étrangers à vingt par an, subventionne les entreprises qui créent des produits culturels et restreint les émissions télévisuelles chinoises qui copient les programmes de divertissement occidentaux. En plus de ces mesures défensives, la Chine est passée à l'offensive en développant son propre soft power : la capacité d'engendrer des résultats grâce à la persuasion et à l'attractivité plutôt que par la coercition ou la rétribution.

Durant la dernière décennie, la puissance économique et militaire de la Chine s'est accrue de façon impressionnante, mais cela a affolé ses voisins, les poussant à tisser des alliances pour équilibrer ce hard power grandissant. Or, quand un pays peut dans le même temps augmenter son pouvoir de séduction, ses voisins ressentent moins la nécessité de contrebalancer sa puissance.

Par exemple, le Canada et le Mexique ne cherchent pas à s'allier avec la Chine pour compenser la puissance américaine, contrairement aux pays asiatiques, qui veulent une présence américaine pour faire contrepoids à la Chine. Ainsi, en 2007, Hu Jintao a déclaré, lors du 17e congrès du Parti communiste chinois, que la Chine devait investir davantage dans sa faculté de soft power.

Aussi la Chine dépense-t-elle des milliards de dollars dans une offensive de charme. Les programmes chinois d'aide à l'Afrique et à l'Amérique latine ne sont pas entravés par les problèmes institutionnels ou de droits de l'homme qui freinent l'aide occidentale. La méthode chinoise privilégie des opérations de grande envergure comme la reconstruction du Parlement cambodgien ou celle du ministère des affaires étrangères du Mozambique. Les Jeux olympiques de Pékin en 2008, subtilement organisés, ont renforcé la notoriété de la Chine, et l'Exposition universelle de Shanghaï en 2010 a attiré plus de 70 millions de visiteurs. Quant au Forum de Boao pour l'Asie sur l'île de Hainan, qualifié de "Davos asiatique", il réunit près de 2 000 personnalités politiques et chefs d'entreprise asiatiques.

En 2009, Pékin a annoncé des projets de plusieurs milliards de dollars pour développer de gigantesques médias planétaires afin de concurrencer Bloomberg, Time Warner et Viacom, cela dans le but d'user du soft power plutôt que de la puissance militaire pour se faire des amis à l'étranger. En 2009-2010, la Chine a investi 8,9 milliards de dollars (6,7 milliards d'euros) dans des opérations publicitaires destinées à l'étranger, en créant notamment une chaîne câblée d'information continue, Xinhua, conçue pour imiter Al-Jazira.

Les talents de la société civile

Or, en comparaison de tous ses efforts, la Chine n'a eu qu'un faible retour sur investissement. Selon un récent sondage de la BBC, la vision de l'influence chinoise est positive dans la plus grande partie de l'Afrique et de l'Amérique latine, mais majoritairement négative aux Etats-Unis, partout en Europe, de même qu'en Inde, au Japon et en Corée du Sud. De façon similaire, un sondage réalisé en Asie après les JO de Pékin a montré que l'opération de charme chinoise avait été peu fructueuse. Les grandes puissances tentent d'utiliser la culture et les récits pour créer un soft power, mais cela n'est pas chose aisée lorsque ceux-ci sont en contradiction avec leurs réalités nationales.

Les JO de 2008 ont été une réussite, mais la répression chinoise au Tibet, au Xinjiang et à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme a miné ces avancées. L'Exposition de Shanghaï a également remporté un grand succès, mais a été suivie de l'emprisonnement du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo et de l'artiste Ai Weiwei. Aujourd'hui, dans la foulée des révolutions au Moyen-Orient, la Chine s'en prend à Internet et emprisonne des défenseurs des droits de l'homme, torpillant une fois encore sa campagne de soft power.

Ainsi que l'a rapporté récemment The Economist, "le parti n'a pas souscrit à la thèse de M. Nye selon laquelle le "soft power" découle des individus, du secteur privé et de la société civile. Dès lors, le gouvernement a entrepris de promouvoir les icônes culturelles ancestrales dont il pense qu'elles peuvent avoir un pouvoir de séduction mondial". En décembre, Han Han, romancier et blogueur très populaire, a soutenu que "les restrictions appliquées aux activités culturelles rendent la Chine incapable d'avoir une influence sur la littérature et le cinéma au niveau mondial, ou, pour nous, gens de culture, de redresser la tête avec fierté". Pour que la Chine réussisse, il lui faudra libérer les talents de sa société civile. Hélas, il semble que cela ne soit pas près d'arriver.

Traduit de l'anglais par Isabelle Chérel

Joseph S. Nye, professeur à Harvard et auteur de "The Future of Power" (Public Affairs, 2011)
Article paru dans l'édition du 31.01.12

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 01 Février 2012 10h56
La Chine, dictature sous ecstasy ?

Créé le 31-01-2012 à 13h12 - Mis à jour à 17h13


Par Le Nouvel Observateur

Un roman iconoclaste de Chan Koonchung, édité à Hongkong et interdit par le Parti, triomphe sur le web. Le bonheur chinois y est décrit comme un effet de la présence d'ecstasy dans l'eau potable. Explications de ce dissident du 3e type.

*


Le Nouvel Observateur Votre livre, « les Années fastes », est une saisissante politique-fiction. Nous sommes en 2013, la Chine a réussi à se hisser à la première place mondiale en mettant à profit un second krach financier qui a emporté les économies occidentales. Les Chinois sont euphoriques et applaudissent leur gouvernement à poigne - qui, lui, n'a pas changé d'un iota. Mais cette réussite doit beaucoup à l'ecstasy présente dans l'eau du robinet, et à l'amnésie collective qui a fait « disparaître » un mois entier de répression sauvage juste avant l'avènement de cet âge d'or.

Chan Koonchung J'ai voulu développer un « assez bon » scénario pour la Chine de 2013 confrontée à une seconde crise qui risquerait de balayer le pouvoir. Mais ce pouvoir a une longue expérience de la gestion des chocs : il commence toujours par une campagne sans merci contre les « fauteurs de troubles ». Puis il prend des mesures radicales de réajustement économique, ce qui lui permet de s'en sortir. Et pour finir, il « achète » les gens par des avancées purement matérialistes. Il existe des scénarios bien pires, où le pays pourrait sombrer dans le fascisme après une période de chaos. Mais la Chine réussira à résoudre certains de ses problèmes internes tout en restant intraitable vis-à-vis des dissidents. Le pouvoir ne voudra jamais rendre compte de ses crimes passés.

Le système que vous décrivez dans le livre n'est pas une dictature pure et simple...

En effet, le pouvoir n'est plus capable de faire taire toutes les voix dissidentes, il y en a trop. Mais ses méthodes sont de plus en plus sophistiquées. Voyez les universitaires ou les artistes, longtemps dans la rébellion, et aujourd'hui couverts d'argent, de bourses, de perspectives alléchantes... Du coup, ils sont tout à fait acquis au système. Les dirigeants ont compris que ce n'est pas nécessaire d'être aimé. L'obéissance suffit. Bien sûr, il leur arrive aussi de pécher par excès : en 2008, après les JO, ils ont pensé qu'ils étaient « arrivés », que rien ne devait leur résister, et ils ont voulu donner une bonne leçon aux dissidents. D'où la lourde condamnation de Liu Xiaobo, et l'affaire Ai Weiwei. Echaudés par la réaction internationale, ils se tournent de nouveau vers des méthodes plus douces : ils veulent à présent « séduire » les journalistes - un groupe qui leur donne du fil à retordre...

L'ecstasy dans l'eau rappelle pourtant « le Meilleur des mondes ».

En fait, c'est le scandale du « lait mélaminé » en 2008 qui m'en a donné l'idée. On a appris plus tard que l'annonce avait été sciemment retardée pour ne pas ternir les JO ! La nourriture est très frelatée ici, avec une foule de substances plus ou moins toxiques qui sont ajoutées illégalement. Et on voit qu'il est très difficile de stopper la tendance car la bureaucratie en retire trop de profit. Même chose avec la drogue dans l'eau de mon livre : prévue à l'origine pour « calmer les gens » pendant quelques jours au moment le plus critique de la crise, elle devient un ingrédient habituel. Pourquoi s'en priver, si tout le monde en profite ?

Vous développez une idée dérangeante, celle d'un peuple capable d'effacer de sa mémoire un mois entier de son histoire récente.

Je suis persuadé que tout peuple mérite ses dirigeants. Entre un « superbe enfer » et un « paradis frelaté », les Chinois préfèrent toujours le second. Bien sûr, il y a la propagande qui serine chaque jour « C'est le PC ou le chaos ». Il y a un pouvoir qui sait ménager très habilement les classes moyennes en leur offrant quelques friandises en récompense de leur soumission. Mais c'est volontairement que les Chinois ont « oublié » le printemps de Pékin de 1989. Les jeunes n'en ont jamais entendu parler, pas plus que de toute la série de catastrophes, comme la Révolution culturelle ou les 30 millions de personnes mortes de faim après les délires du Grand Bond en avant...

Un de vos personnages les plus fascinants, membre du Bureau politique, est le concepteur des mesures qui permettent ce « triomphe » chinois. Vous êtes-vous inspiré d'exemples réels ?

Il existe aujourd'hui un groupe de conseillers qui cherchent à résoudre les problèmes de la Chine tout en maintenant le pouvoir du Parti. Ils proposent des solutions assez innovantes. Le problème, c'est que les dirigeants n'ont pas, contrairement à ce qui se passe dans mon livre, une force de volonté suffisante pour prendre les décisions radicales qui permettraient d'éviter les scénarios les plus noirs.

Propos recueillis par Ursula Gauthier

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 02 Février 2012 01h10
Des Bédouins égyptiens prennent en otage 25 travailleurs chinois

LEMONDE.FR avec AFP | 31.01.12 | 16h25
Des Bédouins égyptiens ont pris en otage 25 travailleurs chinois, mardi 31 janvier, dans une usine de ciment au Sinaï pour réclamer la libération de cinq des leurs détenus en lien avec des attentats dans la péninsule entre 2004 et 2006.

Les travailleurs chinois, des techniciens et des ingénieurs employés dans cette usine appartenant à l'armée à Lehfen, dans le centre du Sinaï, ont été enlevés mardi matin alors qu'ils se rendaient à leur travail. Ils sont pour l'instant retenus dans une tente à Lehfen, où des manifestants bédouins bloquent depuis trois jours l'autoroute reliant le nord et l'est de la péninsule. Un responsable de la sécurité a précisé que des discussions étaient en cours avec des sages bédouins pour trouver une solution à la crise.

LIBÉRATION PLUSIEURS FOIS PROMISE

Selon les ravisseurs, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis la chute il y a près d'un an du président Hosni Moubarak, a déjà plusieurs fois promis de libérer les prisonniers bédouins.

Entre 2004 et 2006, les stations balnéaires égyptiennes de Charm el-Cheikh, Taba et Dahab sur la mer Rouge avaient été visées par des attentats qui avaient fait 130 morts au total. Ces attentats, qui avaient fortement nui au tourisme, l'une des principales sources de devises pour le pays, avaient été revendiqués par un groupe islamiste jusqu'alors inconnu, Al-Tawhid Wal-Jihad.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 02 Février 2012 01h18
CRASH – Un satellite allemand à deux doigts de tomber sur Pékin

s : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/02/01/crash-un-satellite-allemand-a-deux-doigts-de-tomber-sur-pekin/


En octobre 2011, le satellite allemand Rosat se désintégrait dans l'atmosphère et ses débris chutaient vertigineusement sur la planète Terre. En évitant de justesse une catastrophe – si tant est que leur plongeon final dans le golfe du Bengale n'en est pas une. Selon un scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA), si ces bolides, filant à 450 kilomètres/heure, étaient tombés "7 à 10 minutes" plus tard, ils auraient atteint Pékin et ses quelque 20 millions d'habitants. La capitale chinoise était pile dans leur trajectoire, rapporte Der Spiegel. En général, seulement 20 à 40 % d'un satellite qui sombre dans l'atmosphère atteint le sol. Dans le cas de Rosat, engin particulièrement résistant et pesant 2,5 tonnes, la proportion devait atteindre 60 %. On n'ose imaginer les cratères fumant dans les quartiers peuplés de la mégapole ou sur la vaste place Tiananmen.

Les scientifiques de l'ESA gardaient un œil sur le satellite depuis 1999, date à laquelle il cessa ses activités et commença à dévier de son orbite, échappant à tout contrôle. Mais cette surveillance a une efficacité limitée, le point de chute n'étant calculable qu'au dernier moment. Rosat avait pris son envol le 1er juin 1990, et l'Allemagne était fière de ce petit bijou composé des "technologies les plus modernes", s'émeut le quotidien allemand Der Spiegel. Pendant neuf ans, il a scanné l'univers en quête de rayons X, détectant des dizaines de milliers de sources de radiations, dont des galaxies lointaines et des trous noirs. Mais le destin de ces objets volants reste problématique.

En effet, nos rêves d'exploration spatiale ont jonché de débris l'orbite de la Terre. La NASA en a comptabilisé 22 000, auxquels viennent s'ajouter des millions de fragments trop petits pour être enregistrés. Cette décharge en apesanteur met en péril satellites et astronautes. Quand elle ne menace pas notre bas monde : en septembre, le suspense est monté autour d'un satellite de la NASA qui menaçait de tomber sur les Etats-Unis. En janvier, c'est un engin russo-chinois qui plongeait sur l'Amérique du Sud. Les deux ont finalement terminé leur course dans l'océan Pacifique. En France, l'armée de l'air veille en tout cas au grain. Dans les colonnes du Monde, le lieutenant-colonel Gardien rappelait les efforts déployés pour tenter de prévoir ces chutes aléatoires, très difficiles à suivre par les radars, et qui entraînent "impacts violents et incendies, parfois matières dangereuses".


Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 02 Février 2012 01h24
Les douanes saisissent 5 tonnes et demi d'aliments chinois

le 27/01/2012 à 16h22

Alors que les Chinois fêtent l'année du dragon, les services des douanes françaises ont effectué une saisie record de 5 tonnes de produits alimentaires en provenance de l'Empire du Milieu, importés en dehors de tout circuit légal de contrôle sanitaire. Il y avait de la viande, du poisson, des canards, des oeufs de 100 ans, des friandises. Ces produits n'auraient pas dû entrer dans l'Union européenne.

La saisie s'est faite le dimanche 15 janvier dans un supermarché et un entrepôt de Seine Saint-Denis. C'est ici que de nombreux traiteurs, restaurateurs mais aussi des particuliers viennent se fournir.

Les produits sont arrivés en Europe par bateau, cachés dans des containers et ensuite dispatchés dans les différents pays de l'Union Européenne.

Il y avait notamment 2.500 canards laqués au sésame, de la préparation pour pâte de crevette, des cacahuètes à base d'arachide chinoise et du thé au lait.

Les douaniers ont trouvé aussi des oeufs de cent ans, qui sont en fait des conservés sous une croûte de boue, de riz, de cendre et de feuilles de thé. Depuis 2005, ce produit est totalement interdit à l'importation.

Les services français ont aussi découvert des confiseries jugées dangereuses. "Il y a un effet ventouse dans la gorge et l'enfant risque l'étouffement", explique les douanes dans Le Parisien - Aujourd'hui en France.

"L'arachide chinoise est susceptible de contenir un champignon extrêmement toxique pour le foie", comme le précise la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED).

Une perquisition a été menée contre la famille qui dirigeait ce supermarché.



s : http://www.rtl.fr/actualites/alimentation/article/les-douanes-saisissent-5-tonnes-et-demi-d-aliments-chinois-7742787608

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 02 Février 2012 01h28
A Pékin, Centrale vend son modèle d'ingénieur à la française

le Monde | 01.02.12 | 20h52 • Mis à jour le 01.02.12 | 20h53

Lionel, 26 ans, a reçu, le 7 janvier, son diplôme de l'Ecole centrale et s'apprête à débuter une carrière d'ingénieur dans l'aéronautique. Bref, un centralien comme un autre... A cela près que Lionel ne s'appelle pas Lionel et qu'il est différent de tous ceux qui, depuis 1829, ont suivi la prestigieuse formation d'ingénieurs.

"Lionel" s'appelle en réalité Tiefeng Wu, et il fait partie des 75 premiers diplômés de l'Ecole centrale de Pékin (ECP). La Chine, intéressée par la formation d'ingénieurs "à la française", a invité le groupe des écoles Centrale (Lille, Lyon, Marseille, Nantes, Paris) à reproduire son cursus au sein de l'université Beihang de Pékin, avec le soutien dans un premier temps de professeurs français : une année d'apprentissage linguistique intensif, deux années de prépa et trois de formation d'ingénieur. Cerise sur le gâteau, les étudiants sont invités à choisir un prénom français...

Lundi 7 janvier, la remise des diplômes - ayant la même valeur qu'en France - a donné lieu à une cérémonie officielle. La Chine y a mis du lustre, ouvrant le Palais du peuple, édifice monumental qui donne sur la place Tiananmen. Miao Wei, ministre chinois de l'industrie et des techniques de l'information, s'est félicité des "succès avérés et encourageants" de l'ECP, faisant notamment référence à l'insertion professionnelle prometteuse des premiers diplômés. Sept sur dix ont déjà trouvé un emploi. "Cette école jouera un rôle actif dans la réforme de notre système d'enseignement supérieur, a-t-il assuré. La Chine est entrée dans une ère d'innovation. Et nous voulons former les talents qui nous permettront de réaliser cette vision."

Passer du statut d'"usine du monde" à celui de "puissance innovante", tel est l'enjeu. D'où l'attrait de la formation d'ingénieurs à la française, réputée pour être généraliste, ouverte sur l'international et les entreprises, et fondée sur l'initiative et le travail d'équipe.

Le système éducatif chinois est beaucoup plus académique, basé sur la répétition et la toute-puissance paralysante du professeur. "Il existe une certaine difficulté à réfléchir, constate Marc Pauly, professeur de mathématiques au lycée parisien Louis-le-Grand, venu à Pékin pour enseigner au sein du cycle préparatoire de l'ECP. Quand les élèves sèchent, leur réaction typique est d'attendre que le professeur donne la solution. Or, pour faire des sciences sérieusement, il faut prendre des initiatives, tester et faire des erreurs, car c'est d'elles que l'on apprend. Eux ne veulent pas faire d'erreurs."

"TRÈS CONFIANT"

Le projet, initié par Centrale Lyon, est donc une occasion pour les Français de valoriser leur savoir-faire et de renforcer les liens économiques entre les deux pays. Mais ils ne sont pas les seuls. Anglo-Saxons et Allemands sont présents sur le même créneau. Au reste, confie Liu Jinghui, secrétaire générale du China Scholarship Council, qui délivre des bourses d'études aux Chinois, "l'objectif est de créer un système de formation d'ingénieurs à la chinoise".

Les écoles Centrale savent que leur enracinement à Pékin n'est pas joué. Le programme doit assurer son avenir financier. La première étape a été achevée grâce à un investissement de 12 millions d'euros. Pour la suite, Hervé Biausser, directeur de Centrale Paris, se dit "très confiant". Début janvier, les Chinois ont décidé de prendre à leur charge le coût des professeurs de prépa, se réjouit-il. Et si certaines entreprises se sont retirées du projet, "il faut en trouver d'autres, répond Pierre Dreux, de Centrale Lyon. On se met au travail !"

Benoït Floc'h
Article paru dans l'édition du 02.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 03 Février 2012 01h33
L'année du Dragon menace les Bourses et Mme Merkel

Le Monde | 02.02.12 | 13h51



La 4709e année du calendrier chinois, une année du Dragon d'eau noir, vient de commencer. Cet animal mythique a longtemps symbolisé l'empereur et est d'excellent augure malgré son caractère imprévisible et sa férocité. Mais il est aussi associé à d'importants changements, des expériences dévastatrices et de grosses déceptions.

Quelques jours avant le changement de lune, l'analyste Philip Chow, spécialiste de l'industrie maritime dans la maison de courtage CLSA, enfile sa veste en soie dorée et joue les maîtres de feng shui. Il doit prédire, en se basant sur la science de divination ancestrale, l'avenir économique des douze prochains mois...

Premier avertissement : l'association du dragon à l'eau est moins propice que si le feu ou le métal avaient dominé la carte feng shui. Au premier semestre, le dragon gardera la tête sous l'eau, la Bourse va baisser sans cesse. Fin juillet, la tendance s'inversera sous l'influence du métal et du feu avant que le dragon ne s'essouffle encore fin novembre et replonge en janvier 2013... Certes, la science ancestrale du feng shui a été mise au point pour déterminer les lieux d'enterrement les plus propices. L'appliquer à une stratégie boursière est hasardeux. En 2011, d'ailleurs, le lapin n'a guère tenu ses promesses. Au lieu des "petits sautillements" annoncés, il a fait une grande chute. A Hongkong, le Hang Seng a perdu 19 % ...

M. Chow indique aussi que cette année risque d'être abominable pour tous les "chevaux de bois", ce signe de la détermination, de la force, de la patience, et de la persuasion sous lequel est née, entre autres, la chancelière allemande Angela Merkel.

Les flux financiers seront orientés de l'est vers l'ouest. Les richesses chinoises devraient continuer à s'investir dans le vieux monde. Dans une année dominée par l'eau et le bois, les secteurs du jeu (liquidités), du transport maritime, du tourisme et de la mode devraient bien s'en sortir. Le bâtiment, alliage d'eau et de terre, pourrait triompher.

Florence de Changy (Hongkong, correspondance)

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 03 Février 2012 09h12
À Pékin, Angela Merkel est en mission VRP pour l'Europe mais aussi pour l'Allemagne


Angela Merkel a entamé jeudi une visite en Chine, où elle a tenté de rassurer son allié commercial sur la crise de la zone euro. Une visite également utile pour les relations sino-allemandes, selon le président d’Asia Centre Jean-François Di Meglio.


Quand la première puissance de la zone euro rencontre la deuxième économie mondiale, la défense de l’économie européenne s’immisce forcément dans les discussions. Escortée par une délégation de patrons allemands, la chancelière allemande Angela Merkel a entamé jeudi 2 février une visite de trois jours à Pékin dans le but affiché de solliciter le soutien de la Chine dans la crise de la zone euro. Le gouvernement chinois a d’ailleurs déclaré le jour même qu’il pourrait accroître sa participation au Fonds européen de stabilité financière (FESF) et au nouveau fonds de secours intitulé Mécanisme européen de stabilité (MES).

Mais pour la chancelière allemande comme pour ses homologues chinois, les enjeux de la visite ne s’arrêtent pas aux frontières de la zone euro. En dépit des déclarations de Berlin selon lesquelles la négociation de contrats commerciaux n’est pas à l’ordre du jour, la délégation allemande compte plusieurs grands patrons dans ses rangs. Alors, pour qui roule Angela Merkel ? Décryptage avec Jean-François Di Meglio, économiste spécialiste de la Chine et président d’Asia Centre à Paris.

FRANCE 24 : Lors de cette visite, a-t-on à faire à Angela Merkel l’Allemande ou l’Européenne ?

Jean-François Di Meglio : Aux deux. Angela Merkel travaille sa stature de représentante de la zone euro. Jusqu’à présent, les discours sur la crise de la dette étaient portés par d’autres leaders. Mais Berlin n’ayant pas perdu son triple A, la chancelière incarne la vertu ultime. Cependant, Angela l’Allemande profite certainement de ce déplacement à des fins électoralistes en vue de 2013.

Quel est le réel enjeu de cette visite ?

J.-F.D.M. : Derrière la démarche multilatérale annoncée, cette rencontre revêt un aspect davantage bilatéral. La Chine va devenir le premier partenaire économique de l’Allemagne, devant la France. C’est un symbole fort. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 132 milliards d’euros en 2011 [six fois plus que dans les années 2000 ndlr]. La présence de l’industrie automobile germanique continue de s’accroître sur le sol chinois. Les relations économiques entre les deux sont donc très bonnes. Mais quelques nuages pointent à l’horizon.

Le marché allemand, premier partenaire de la Chine en matière d’exportation, est menacé. La Chine ayant subi un ralentissement de ses exportations, conséquence de la crise des dettes européenne et américaine, se trouve dans un mode de repli sur elle-même et a tendance à privilégier son marché intérieur. Une attitude potentiellement dangereuse pour les débouchés allemands.

Dans la démarche de Merkel, on peut voir un coup préemptif. Même si le succès allemand est déjà au rendez-vous en Chine, l’artillerie lourde déployée pour l’occasion - une vingtaine de patrons de grandes entreprises - laisse deviner les intentions de Berlin, qui sont de faire mieux que la réussite actuelle.

Évoquer les relations économiques entre l’Allemagne et la Chine à l’heure où la zone euro vacille, n’est-ce pas révélateur d’un manque de solidarité envers les autres pays européens?

J.-F.D.M.: Il ne faut pas caricaturer, Angela Merkel fait son travail. D'ailleurs on n'a jamais vu plusieurs chefs d’Etat européens aller ensemble faire une visite de ce type-là. Il ne faut pas oublier que nos dirigeants sont aussi les représentants commerciaux de leur propre pays.

Et puis, si les succès des entreprises allemandes en Chine peuvent profiter par extension à la protection de la zone euro... Pourquoi pas !


s : http://www.france24.com/fr/20120202-chine-allemagne-angela-merkel-economie-diplomatie-crise-dette-zone-euro-partenariat

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 03 Février 2012 09h13
Chine : Merkel rencontre le président Hu


Par Europe1.fr avec AFP

La chancelière allemande Angela Merkel a rencontré vendredi le président chinois Hu Jintao après avoir plaidé la veille à Pékin la cause de l'euro, puis est partie pour Canton (sud) où elle doit participer à un forum économique.

Hu Jintao a relevé que Mme Merkel et M. Wen étaient "parvenus à un consensus sur de nombreux sujets", alors que le Premier ministre Wen Jiabao a indiqué que la Chine pourrait s'impliquer davantage pour aider l'Europe à surmonter la crise de la dette.

A son arrivée dans la capitale chinoise jeudi matin, la chancelière allemande s'était efforcée de rassurer ses hôtes chinois sur la viabilité de l'euro et la capacité de l'Europe à surmonter cette crise.

Elle avait aussi plaidé pour un meilleur accès au marché chinois pour les entreprises allemandes, et un renforcement du "partenariat stratégique" entre les deux premières puissances exportatrices de la planète.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 03 Février 2012 09h17
Pau
L'université a trouvé sa jumelle en Chine


Les deux universités ont signé un accord qui aboutira à la création d'un diplôme.

Qu'on se rassure, l'université de Pau-pays de l'Adour ne sera pas délocalisée en Chine et hier, la présence de trois personnalités chinoises était plutôt le signe d'un rayonnement certain de l'établissement que d'une réaction à une crise budgétaire (voir ci-après).

L'UPPA accueillait les représentants de l'université du Nord-Ouest de Xi'an pour signer un accord de coopération interuniversitaire avec l'UPPA. Ce premier accord vise la création d'un diplôme universitaire accessible aux étudiants chinois « destiné à faciliter leur intégration aux études scientifiques et techniques », a énoncé le président de l'université française, Jean-Louis Gout. Un dessein qui mobilise le service des relations internationales de l'UPPA, l'UFR sciences et techniques et l'institut d'études françaises pour les étudiants étrangers (IEFE).

*

Budget 2012 retoqué
Comme il fallait s'y attendre, le budget 2012 de l'UPPA, adopté à l'unanimité du Conseil d'administration le 12 janvier, a été désapprouvé par le recteur de l'académie de Bordeaux, Jean-Louis Nembrini. « Le recteur nous demande des explications sur notre façon de présenter le budget, on va les donner », explique le président de l'UPPA, Jean-Louis Gout. Les administrateurs avaient en effet voté un budget insincère. Dans la colonne des recettes, en effet, figuraient, pour près de deux millions d'euros, des sommes attendues de l'État. Attendues mais pas promises, au contraire.

Pour le recteur, ce budget reste en déséquilibre donc non applicable. L'UPPA doit présenter un nouveau budget. Si l'UPPA ne plie pas, elle risque d'être placée sous surveillance comme d'autres universités de France.

Le bras de fer engagé avec l'État a peut-être permis de débloquer 400 000 euros tombés depuis le 12 janvier. Le ministre Laurent Wauquiez lui-même s'en est fait l'écho mardi en pleine séance de l'assemblée nationale, répondant à une question orale de Martine Lignières-Cassou sur le transfert de compétence lié à la LRU. « Ce que nous avons reçu correspond à la compensation boursière », précise Jean-Louis Gout.

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Jumelage réactivé


Le président de l'université du Nord-Ouest de Xi'an a quant à lui trouvé l'accord opportun pour des universités « qui se ressemblent, pluridisciplinaires toutes les deux (1). » Le président chinois compte aussi accueillir des professeurs et des « experts » palois pour venir résoudre « les problèmes de pétrole et de charbon ».

Le jumelage de Pau et de Xi-an a été réactivé l'année dernière grâce au voyage organisé par Total développement là-bas.

Total s'intéresse en effet aux ressources contenues dans le sous-sol chinois. La société avait invité des entreprises et des élus à venir découvrir la troisième ville universitaire de Chine et deuxième ville touristique du pays (elle possède notamment la fameuse armée de soldats enterrés. Xi'an possède 50 universités et compte 7 millions d'habitants !

La coopération est donc au beau fixe. La polémique concernant le trafic de diplômes à l'université de Toulon, déjà vieille de deux ans, n'a pas entaché les relations entre les universités de France et de Chine. « Notre université est très sérieuse en terme d'échange. C'est l'une des cent meilleures de Chine, nos étudiants sont excellents », argumente le président Fang Guanghua.

(1) L'université chinoise accueille 22 000 étudiants contre 11 000 à l'UPPA et dispose d'un budget de 150 millions d'euros contre 107 millions à l'UPPA.

s : http://www.sudouest.fr/2012/02/03/l-universite-a-trouve-sa-jumelle-en-chine-623574-4344.php

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 03 Février 2012 09h19
La Chine reste hors de portée pour Facebook

Par RFI

Au moment d’être introduit en Bourse en battant des records selon les prévisions des spécialistes, Facebook ne parvient toujours pas à revenir sur la Toile chinoise dont il a été exclu en 2009. Echaudées par le rôle joué par les réseaux sociaux lors des émeutes dans le Xinjiang en 2009 et au cours des révolutions arabes de 2011, les autorités de Pékin sont plus que jamais arqueboutées sur la censure.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Zuckerberg assurait en novembre 2011 ne pas vouloir s’implanter en Chine… Le créateur du premier site communautaire estimait alors qu’il y avait « tellement d’espace pour se développer dans de nombreux autres pays, que ce n’était pas la première chose qui le préoccupait ». On veut bien le croire mais il n’en reste pas moins que la Chine compte un demi milliard d’internautes et pour Facebook qui se donne pour mission de « connecter le monde entier », faire comme si la Chine n’existait pas, ne semble pas tenable à long terme.

Mais pour franchir le cap chinois, Facebook devrait se plier aux exigences de la censure chinoise. A moins qu’il ne mise sur un assouplissement des autorités de Pékin, une éventualité qui n’est pas dans l’air du temps, à quelques mois du XVIIIè congrès du Parti communiste et d’importants changements à la tête du pays. Echaudé par le rôle joué par Facebook autant dans le Xianjang que lors des soulèvements dans les pays arabes, Pékin n’est pas près en effet de relâcher la pression exercée auprès des internautes.

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02/02/2012 - ECONOMIE/FACEBOOK
Facebook en Bourse : spéculation ou raison ?
Le site internet Facebook a déposé mercredi 1er février le dossier de ce qui s'annonce comme la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée par la net-économie. Pour certains, il s’agirait de l’entrée en Bourse de la décennie.
Mark Zuckerberg, a beau surfer sur les milliards, il a beau s’être mis au chinois en 2010, l’empire du Milieu lui résiste. Bloqué en Chine comme Twitter depuis les émeutes meurtrières du Xinjiang de 2009, l’expansion phénoménale de Facebook se heurte ici au Great Firewall, une censure redoutablement efficace de l’internet mise en place par Pékin.

s : http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20120202-chine-reste-hors-portee-facebook-0


Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 10 Février 2012 00h08
Disparition rocambolesque d'un "superflic" en Chine

Le Monde | 09.02.12 | 16h13 • Mis à jour le 09.02.12 | 16h56




Lutte de pouvoir, purge ou tentative de défection au sommet ? Les circonstances qui entourent la mise à pied de Wang Lijun, le "superflic" et vice-maire de Chongqing, et sa possible arrestation, mercredi 8 février, par la Commission centrale de discipline du Parti communiste après qu'il s'est rendu au consulat américain de Chengdu, alimentent en Chine toutes les spéculations.

M. Wang est célèbre pour avoir mené à Chongqing, métropole du Sud-Ouest, une croisade anti-mafia en 2009, sous les ordres de Bo Xilai, secrétaire du parti. Dans ce cadre, le numéro un de la police locale et une poignée d'hommes d'affaires avaient été condamnés à mort et exécutés.

Les procédures judicaires parfois expéditives avaient toutefois fait tiquer dans les milieux libéraux à Pékin. Personnalité montante de la cinquième génération de dirigeants, M. Bo (il est le fils d'un "immortel" du parti, révolutionnaire de la première heure, Bo Yibo) a ensuite lancé une campagne de "chants rouges" aux accents très maoïstes.

Le 2 février, Wang Lijun a subitement été démis de toutes ses fonctions dans la sécurité et la justice pour se voir attribuer le portefeuille de l'éducation et de l'environnement. Un hommage officiel a alors mis en alerte les internautes. M. Wang s'est forgé "une excellente réputation dans l'opinion publique", était-il écrit. Mais cet "homme de principe discipliné, qui n'hésite pas à s'attaquer de front aux difficultés a un tempérament chaud et ne fait pas assez attention aux formes quand il s'agit de critiquer les autres", a rapporté la presse.

Mardi soir, un déploiement inexpliqué de forces de police autour du consulat américain de Chengdu, dans la province du Sichuan, voisine de Chongqing, a fait naître une autre rumeur sur Weibo, le Twitter chinois. Wang Lijun y aurait apporté des documents compromettants en échange de l'asile politique.

Le Bureau de l'information de Chongqing a publié le lendemain sa propre explication sur Weibo. En raison du "surmenage et du stress psychologique immense" dont il souffre, le vice-maire Wang Lijun a eu droit à "une thérapie de type vacances". L'expression faisait partie des plus échangées, mercredi, sur les microblogs chinois, tant elle est lourde de sens.

Tout ne s'arrête pas là. A Washington, Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat, a confirmé, mercredi, lors d'un point de presse que M. Wang avait demandé un rendez-vous au consulat de Chengdu et y avait bien été reçu (lundi ou mardi). Elle n'a pas souhaité s'exprimer sur une éventuelle demande d'asile, soulignant cependant qu'il était reparti "de sa propre volonté ".

L'incorruptible "héros de la vérité" (son nom en mongol, l'ethnie d'origine de Wang Lijun) a-t-il tenté de se retourner contre son patron ? Le zèle de Bo Xilai à moraliser Chongqing a épargné au moins un parrain présumé, lié à de très puissants intérêts militaro-industriels. Et l'affaire de l'avocat Li Zhuang, malmené et emprisonné en violation des procédures, alors qu'il tentait de défendre un des parrains arrêtés, a nui aux intérêts du cabinet qui l'employait, lié au fils de Peng Zhen, un autre "immortel" du parti.

Selon le politologue chinois Zhang Ming, le sort de Wang Lijun pourrait être le résultat d'un règlement de comptes avec Bo Xilai, candidat non déclaré au premier cercle du pouvoir, le comité permanent du bureau politique, lors de la transition programmée pour fin 2012. "Il s'est servi du modèle de Chongqing pour faire sa promotion. C'est allé trop loin et cela a créé trop de tensions, déstabilisant et divisant sans doute son propre camp. Bo Xilai a donc dû se séparer de Wang Lijun", selon Zhang Ming.

Or le superflic "avait pris des précautions", poursuit le politologue. En effet, une lettre attribuée à Wang Lijun a fait surface sur le site dissident Boxun, hébergé aux Etats-Unis. Il y dénonce "la révolution culturelle de Bo Xilai", un "show pour servir ses ambitions de pouvoir". "Ce tyran tue ceux qui ne lui obéissent pas, et force ceux qui sont en dessous de lui à faire l'impossible", peut-on lire.

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 10.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 10 Février 2012 00h11
Fronde locale en Chine contre un projet de centrale nucléaire
LEMONDE.FR avec AFP | 09.02.12 | 13h20


Les autorités locales d'un district de l'est de la Chine, situé le long du Yangzi Jiang, a demandé l'arrêt de la construction d'une centrale nucléaire dans un district voisin, estimant que ce projet met sa population en danger, a rapporté, jeudi 9 février, la presse chinoise. S'il est rare que les projets de centrale nucléaire soient contestés en Chine, il l'est encore plus que des autorités locales se mobilisent contre un projet qui a obtenu l'aval du gouvernement central.

Dans un document officiel, le gouvernement du district de Wangjiang, dans la province de l'Anhui, affirme que des données du rapport d'impact environnemental pour la construction de la centrale de Pengze, de l'autre côté du Yangzi Jiang, sont fausses. La population résidant à moins de dix kilomètres a ainsi été très nettement sous-estimée. Une enquête d'opinion a été réalisée sans que les habitants soient mis au courant de son enjeu, ajoute le texte. Or, les autorités de Wangjiang estiment que "des gaz et des liquides nocifs émis par la centrale vont gravement affecter les habitants en aval" du fleuve. Par ailleurs, un grand nombre d'entreprises industrielles se trouvent à proximité de la future centrale. Enfin, un séisme de magnitude 5,7 s'est produit dans la région en 2006, et un autre de magnitude 4,6 en septembre 2011, selon ce document.

La Chine veut augmenter la part du nucléaire dans son mix énergétique. Elle possède actuellement quatorze réacteurs en activité et a entrepris la construction de vingt-cinq autres, avec l'objectif de multiplier par cinq ou six sa production d'électricité d'origine nucléaire d'ici à 2020, selon la World Nuclear Association. A la suite de l'accident de Fukushima, Pékin avait annoncé une révision des normes de sûreté et des procédures d'urgence des centrales nucléaires chinoises.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 10 Février 2012 00h12
"L'immolation est, pour les Tibétains, le seul moyen de s'exprimer"
LEMONDE.FR | 09.02.12 | 13h14 • Mis à jour le 09.02.12 | 15h35

L'intégralité du débat avec Katia Buffetrille, ethnologue et tibétologue, coauteure de l'ouvrage "Le Tibet est-il Chinois ?", jeudi 9 février 2012 | LEMONDE.FR | 09.02.12 | 13h14 • Mis à jour le 09.02.12



Guest : Au regard de la puissance actuelle, et à venir, de la Chine, pensez-vous que le Tibet recouvrira un jour sinon l'indépendance au moins l'autonomie telle que la réclame le dalaï-lama ?

Je pense qu'en l'état actuel les Tibétains n'obtiendront ni l'indépendance, ni l'autonomie. Car le parti contrôle tout, veut tout contrôler et ne lâchera rien.

Flip de Peiping : Quand vous parlez du Tibet, de quelle aire géographique parlez-vous ? Par exemple, une grande part des dernieres manifestations ont eu lieu au Sichuan voire au Gansu...

Quand je parle du Tibet, c'est ce que les Tibétains appelaient traditionnellement les trois provinces du Tibet qui sont le Utsang, la région centrale, le Kham, la province orientale, et l'Amdo, la province nord-est. C'est un ensemble qui recouvre 2,5 millions de kilomètres carrés, soit un quart de la Chine. Et ces provinces du Kham et de l'Amdo ont été intégrées depuis le 18e siècle sous des modalités diverses dans les provinces chinoises du Sichuan, du Gansu, du Qinghai et du Yunnan. Ce que les Chinois appellent la région autonome du Tibet, qui couvre environ 1,2 million de kilomètres carrés, a été fondé en 1965. Il faut préciser que le Kham et l'Amdo n'étaient traditionnellement pas sous le contrôle du gouvernement central tibétain. Il y avait différentes formes de gouverments qui étaient des gouvernements locaux, avec des princes, des ducs, parfois des chefs locaux... Mais tous ces habitants de ce grand Tibet ont toujours partagé un sentiment très fort d'appartenance à un même ensemble, fondé sur le respect de la souveraineté spirituelle du dalaï-lama, une même religion, une culture très particulière et une langue savante écrite commune.

Cédric : Bonjour, je voudrais comprendre la stratégie réelle du pouvoir chinois derrière l'assimilation du Tibet. Est-ce que l'objectif principal est de sécuriser l'approvisionnement de la Chine en eau, de sécuriser les frontières en prenant de la hauteur, de supprimer l'influence spirituelle des Tibétains, ou d'étendre l'espace de vie (Lebensraum) de la Chine ?

Il y avait tout d'abord des considérations idéologiques. Mao rejetait très fortement la dynastie mandchoue des Qing considérée comme étrangère (parce que non Han, l'ethnie chinoise proprement dite). Comme ses adversaires nationalistes du Kouomintang, il adhérait totalement à cette politique impérialiste. Le nationalisme chinois était important : chez Mao, il y avait un désir viscéral de reprendre tous les territoires qui avaient été impliqués dans des relations avec des puissances étrangères pour se venger de l'humiliation que ces dernières avaient infligée à la Chine. Ce qui était important également, c'était la position géostratégique du Tibet. Il y avait aussi un enjeu économique, avec des forêts immenses que les Chinois ont d'ailleurs exploitées très vite. Il y a de grandes richesses minières et six des plus grands fleuves d'Asie y prennent leur source.

Martin : Y a-t-il au Tibet une "Hannisation" comme au Xinjiang ? On est frappé, là-bas, qu'en dépit d'un conrôle sévère, les Tibétains peuvent faire leurs dévotions de façon quasi normale au Potala en particulier. N'y a-t-il pas là une contradiction ?

Il y a une sinisation en cours au Tibet poussée par les autorités chinoises. Il y a des actions contre la langue tibétaine. Par exemple, dans la région autonome du Tibet, on ne peut apprendre la langue tibétaine qu'à l'école maternelle et ensuite, tout l'enseignement se fait en chinois. Dans les régions tibétophones (Kham et Amdo), on peut avoir un enseignement en tibétain. Mais, pour la suite, à l'université, c'est un gros problème, puisque tout l'enseignement, à l'exception des cours de tibétain, est en chinois. Il faut aussi noter, si vous allez au Tibet, que lorsque les panneaux de signalisation sont en chinois et en tibétain, la taille des caractères chinois est plus du double de celle des caractères tibétains. La langue administrative est toujours le chinois. Toutes les réunions officielles sont en chinois. Or, dans les lois, le tibétain est au même rang que le chinois. Donc les régions autonomes ne le sont que de nom. Un décret paru en 2002 stipulait que les personnes bilingues, chinoises et tibétaines, sont recrutées en priorité dans les administrations. On apprend de plus en plus cependant qu'une discrimination est pratiquée. Les annonces d'emploi comportent de plus en plus la mention "Priorité aux Hans". Ou alors les salaires sont inférieurs pour les Tibétains.

Anne-Marie : Les langues tibétaine et chinoise sont-elles très éloignées l'une de l'autre ?

Les langues sont très éloignées et l'écriture est très différente, puisque les Chinois ont des idéogrammes et les Tibétains ont un alphabet de trente consonnes et de quatre signes voyelles.

Jerome : Que signifie l'immolation chez les moines tibétains. Et pourquoi ont-ils recours un mode de protestation aussi extrême ?

Arthur Giry : Bonjour à vous. La pratique de l'immolation au Tibet est-t-elle due à un syncrétisme d'origine païenne ou "simplement" un moyen choisi de contestation n'ayant aucune origine locale ?

On peut interpréter les immolations comme des sacrifices faits jusqu'à très récemment, seulement par des religieux(es) ou des ex-religieux. Mais il y a quelques jours, trois laïcs se sont immolés dont l' un est décédé d'après nos sources. Ils cherchent à exprimer par leurs sacrifices, leur volonté de voir le Tibet rester tibétain. Pour eux, c'est un geste définitif qu'ils perçoivent cependant comme constructif. En effet, son but, c'est d'arriver à revenir à un Tibet tibétain et à améliorer la situation des Tibétains. Etre capable de s'immoler montre bien une détermination totale à la cause d'un Tibet tibétain. Dans l'histoire tibétaine, il existe quelques rares immolations, mais qui étaient toujours accomplies pour montrer leur dévotion au Bouddha. Aujourd'hui, les immolations par le feu comme moyen de protestation politique sont un acte tout à fait nouveau. En 1998, à New Delhi, un Tibétain exilé s'est immolé alors que la police indienne intervenait pour faire cesser une grève de la faim observée par des membres du Tibetan Youth Congress. En 2009, le premier Tibétain qui s'est immolé au Tibet appartenait au monastère de Kirti. A ce jour, 21 Tibétains du Tibet se sont immolés.

Lem : En dehors de l'immolation, quels moyens ont les Tibétains pour protester ? Peuvent-ils organiser des réunions ? Ont-ils un réseau de propagation des idées ?

Ils n'ont pas de moyen de s'exprimer. Tous ceux qu'ils ont utilisés, comme les manifestations pacifiques, sont aussitôt réprimés par la force. Il semble effectivement que l'immolation reste leur seul moyen de s'exprimer. Tous les écrivains, les intellectuels, les artistes qui ont cherché à s'exprimer par leur art, leur écriture, ont été arrêtés. A ce jour, 65-70 intellectuels sont en prison. Si un Tibétain téléphone pour donner une information à l'étranger, il est passible d'une grosse peine de prison qui peut aller jusqu'à au moins dix ans. Les rares photos que nous possédons demandent aux Tibétains qui les envoient un grand courage puisque c'est passible de prison et de lourdes peines.

Gab : Pourquoi le dalaï-lama reste-t-il silencieux ?

Sur les immolations, le dalaï-lama avait exprimé son opposition à la suite de l'immolation de 1998 à New Delhi. Il est vrai que depuis le dalaï-lama s'est simplement exprimé pour déplorer que les Tibétains soient conduits à de tels extrêmes. Il a mis en cause l'efficacité d'un tel geste. Mais il n'a pas réitéré son opposition comme il l'avait fait en 1998. Il préfère ne pas s'exprimer plutôt que d'être désobéi.

Julie : Quel type d'exactions subissent les Tibétains au quotidien ?

Ils ont déjà une marginalisation au niveau du travail. Ils ont des restrictions sur la pratique de leur culture, une folklorisation des danses, des chants de la grande épopée tibétaine de Gesar. Ils ont des restrictions religieuses très importantes avec des attaques systématiques contre le dalaï-lama. Ce qui est très mal vécu par les Tibétains. On pouvait voir encore en 2011 des photos du dalaï-lama. Cela est totalement interdit dans la région autonome. Les monastères sont excessivement contrôlés, les cours de "rééducation patriotique" sont quotidiens ou habituels. Il y a eu également l'arrestation, en 1995, du panchen lama reconnu par le dalaï-lama. En 2007, les autorités communistes ont promulgué une loi selon laquelle toute réincarnation doit avoir leur aval si elle ne veut pas être qualifiée d'illégale. Loi qui a pour but, bien évidemment, de permettre aux autorités chinoises de désigner le futur dalaï-lama. Mais l'attitude des Tibétains par rapport au panchen lama "chinois", c'est-à-dire celui qui a été désigné par les autorités chinoises, montre bien que les Tibétains ne reconnaîtront jamais un dalaï-lama désigné par Pékin.

Christophe : Pensez-vous que Pékin puisse être sensible à la pression internationale au sujet du Tibet, d'autant plus que la la Chine souhaite être reconnue comme une économie de marché ?

Si tous les gouvernements internationaux faisaient pression, cela aurait un impact. La Chine n'aime pas les critiques qu'ils qualifient d'ingérence dans les affaires intérieures. Si les gouvernements n'étaient pas aussi timides face à la Chine, de peur de perdre d'éventuels contrats, et s'ils exerçaient une pression, il y aurait certainement une réaction qui pourrait aider les Tibétains.

Guest : Quelles sont les positions de l'UE, des Etats-Unis et de la Russie quant à l'autonomie ou à l'indépendance du Tibet ?

Tous les pays se sont alignés sur l'affirmation chinoise que le Tibet est partie intégrante de la Chine.

Anthelme : Que sait-on du "regard" des Chinois sur le Tibet et les Tibétains ?

Les Chinois sont informés du Tibet par la presse chinoise qui est totalement contrôlée. Et la presse chinoise - on l'a très bien vu en 2008 - n'a montré à ce moment-là que les incidents violents du 14 mars qui ont tourné en boucle sur les télévisions chinoises alors que les multiples manifestations pacifiques n'ont même pas été mentionnées. Il faut ajouter que beaucoup de subventions viennent du gouvernement central et que les Chinois ignorent totalement que ces subventions profitent essentiellement aux Chinois hans et non aux Tibétains. Les Chinois, après les événements de 2008, ont vu les Tibétains non seulement comme des gens arriérés à qui on apporte la civilisation et la richesse mais également comme des ingrats incapables de reconnaître tout ce qu'on leur donne. Actuellement, et face aux immolations, pour le peu de Chinois qui doivent être au courant et s'y intéresser, on peut remarquer leur grande indifférence. Je pense que la grande majorité des Chinois ignorent totalement la situation actuelle au Tibet, car la presse relaie assez peu les immolations et les protestations. Et quand elle en parle, c'est toujours présenté comme venant de la part de quelques "séparatistes".

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 11 Février 2012 01h49
L'affaire qui dévoile les luttes de clans en Chine

Le Monde | 10.02.12 | 14h50 • Mis à jour le 10.02.12 | 20h23


Que diable un "incorruptible" chinois est-il allé faire dans un consulat américain ? Le ministère des affaires étrangères chinois a confirmé, jeudi soir 9 février, que Wang Lijun, l'ex-superflic de Chongqing et lieutenant de Bo Xilai, le secrétaire du parti de la mégalopole du sud-ouest de la Chine, a bien passé la nuit du lundi 6 au mardi 7 février au consulat américain de Chengdu, la capitale de la province voisine du Sichuan. Le ministère des affaires étrangères chinois a précisé que "les départements concernés continuent d'enquêter sur l'incident". M. Wang, qui était vice-maire de Chongqing, aurait été transféré mercredi à Pékin sous escorte.

La Chine se passionne pour cette intrigue qui se déroule à Chongqing, dont M. Bo a fait son laboratoire politique. Seule certitude, Wang Lijun, que M. Bo avait fait venir du Liaoning, province du nord-est, pour diriger une vaste campagne antimafia en 2009, serait tombé en disgrâce. Sa fuite au consulat américain laisse entendre qu'il a pu livrer aux diplomates des informations importantes sur le numéro un de Chongqing. Et peut-être sollicité, en vain, l'asile, comme le spéculaient jeudi les internautes chinois.

Des sources diplomatiques ont en tout cas fait état d'une "négociation tendue", à Chengdu, entre au moins trois parties, un émissaire de Chongqing, les Américains et les autorités de Pékin. Le déploiement spectaculaire de la police de Chengdu, mardi soir, autour du consulat, dont ont témoigné des internautes, visait à s'assurer du transfert sans incident de M. Wang aux policiers venus de la capitale.

L'affaire Wang Lijun pourrait fragiliser Bo Xilai, rendu célèbre par ses campagnes néomaoïstes. Elle est embarrassante pour Pékin à quelques jours de la visite officielle aux Etats-Unis de Xi Jinping. Le futur numéro un chinois s'y rend le 14 février pour un voyage déterminant. Il n'a pas le droit à l'erreur, à huit mois de son accession programmée à la tête du parti.

M. Bo n'est marqué ni comme un adversaire, ni comme un allié de Xi Jinping. Mais l'incident de Chongqing reflète les tensions croissantes entre les franges les plus libérales et les plus conservatrices du régime, alors que les personnalités en vue de la "cinquième génération" de dirigeants, comme M. Bo, ou son rival de Canton, le libéral Wang Yang, ont fait campagne, ces dernières années, pour s'assurer leur accession, en octobre 2012, au Comité permanent du bureau politique, le cockpit à neuf sièges du pouvoir chinois. Sept sièges sont à pourvoir, pour environ deux fois plus de prétendants. "Si cet incident n'est pas le signe d'une lutte de pouvoir, alors je me demande bien ce qui peut l'être", a dit au Monde Li Cheng, directeur de recherches du China Center de la Brookings Institution à Washington.

Deux coalitions s'équilibrent, le Tuanpai (la Ligue de la jeunesse communiste, d'où était issu Hu Jintao), et celle des "fils de princes", comme Bo Xilai ou Xi Jinping. Cependant, chacune est animée de courants différents. Le chercheur soutient l'analyse assez partagée dans les milieux intellectuels en Chine que les tactiques extrêmes de M. Bo lui ont aliéné une grande partie de son propre camp : des cadres dirigeants, en exercice ou à la retraite, auraient été horrifiés par sa rhétorique empruntée au maoïsme, ses méthodes expéditives et ses illusions de grandeurs. Certains seraient donc prêts à le lâcher, malgré sa popularité.

Né en 1949, Bo Xilai a fait partie du "comité d'action unie", l'une des factions les plus extrémistes et violentes des gardes rouges, composée à l'époque de fils de dignitaires (son père, Bo Yibo, était un "immortel" du parti). Le jeune Bo, dont la mère se suicida pendant la Révolution culturelle, finit d'ailleurs par faire de la prison.

"Bo Xilai revendique bien une tradition maoïste. Même si ça n'a rien à voir avec ce que Mao voulait, ses façons de gouverner sont très traditionnelles ", estime Michel Bonnin, directeur du centre franco-chinois de l'université de Tsinghua à Pékin et auteur de Génération perdue (éd. EHESS), un ouvrage sur les jeunes instruits envoyés dans les campagnes sous Mao. "Xi Jinping est né en 1953, il était trop jeune pour participer aux violences. Il a toujours été relativement neutre dans les batailles de clans, ce qui explique qu'il soit numéro un potentiel. Wang Yang est très nettement marqué dans la tradition de Guangdong : il projette une image de réformateur, audacieux, attaché à des solutions plus modernes de résolution des problèmes", poursuit-il.

Selon M. Bonnin, l'arrivée des anciens gardes rouges et jeunes instruits au pouvoir va bouleverser le paysage politique chinois : "Ils n'ont pas eu la possibilité de faire des études, mais ont plus de force de caractère. Sans légitimité absolue des nouveaux dirigeants, (Hu Jintao avait été désigné par Deng Xiaoping), il faut donc s'attendre à des bagarres. C'est ce qui est en train de se manifester. Je suis persuadé que leur style de gouvernement ne sera pas le même que celui d'un pur produit du socialisme à la soviétique comme l'était Hu Jintao. D'un côté, ça veut dire que ce sera plus ouvert", estime le chercheur.

A Pékin, les nouvelles d'une éventuelle sortie de course de Bo Xilai galvanisaient ces derniers jours la mouvance des intellectuels libéraux, dont certains ont annoncé la "fin du modèle de Chongqing" et le triomphe du "modèle de Guangdong", l'expérience de gouvernement un peu plus ouverte menée dans le Sud par Wang Yang.

En réalité, les deux modèles sont moins concurrents que complémentaires : Chongqing et le Guangdong n'en sont pas à la même phase de développement et leurs besoins sont différents. Pour l'historien libéral Wu Si, rédacteur en chef de Chroniques historiques, il serait ainsi fâcheux que les ennuis éventuels de Bo Xilai mettent fin à l'expérience : "Si moins de gens explorent des voies différentes, ce n'est pas une bonne nouvelle pour les réformes en Chine. Certaines des expérimentations de Chongqing sont positives, il y a des projets dans le domaine des élections directes, et toutes sortes d'efforts autour des systèmes de protection sociale ", explique-t-il au Monde. Selon cet observateur très au fait des luttes de pouvoir, "ceux qui se disent libéraux doivent savoir être tolérants. S'il ne reste que des libéraux en Chine, alors ce ne peut pas en être d'authentiques !".

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 11.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 11 Février 2012 01h59
Mort à crédit pour la reine des tontines

Le Monde | 10.02.12 | 14h32 • Mis à jour le 10.02.12 | 14h32



La génération de Chinois nés après 1980 est connue pour son impétuosité : ce sont les enfants de l'ère Deng Xiaoping, celle de l'ouverture et des réformes. Bref, les bébés de la Chine mondialisée. Dans tous les domaines, ils font feu de tout bois. Wu Ying a figuré parmi les jeunes femmes d'affaires les plus prometteuses de son époque. En 2003, la jeune femme, alors âgée de 22 ans, ouvre à Dongyang, une petite ville du Zhejiang (au sud de Shanghaï), un salon de beauté. Puis une chaîne entière : un de ses produits, à base de placenta de mouton, fait fureur.

Elle investit ensuite dans le leasing automobile avec son mari. Et dans du prêt-à-porter en provenance de Corée du Sud. Le couple place des fonds sur les marchés à terme, au bon moment. Et réinvestit les profits dans l'hôtellerie et l'immobilier. A la tête du holding Bense, Wu Ying tire si bien son épingle du jeu qu'elle figure, en 2006, au palmarès des six femmes les plus riches de Chine.

Mais l'irrésistible ascension tourne court en 2007, quand l'entrepreneuse est arrêtée pour "levée illégale de fonds". On l'accuse d'avoir rassemblé l'équivalent de 80 millions d'euros auprès d'une dizaine d'investisseurs. Et d'en avoir dilapidé une partie. Une cour locale la condamne à mort en 2009 après qu'elle eut toutefois révélé, en échange de l'indulgence des juges, que des officiels et responsables de banque - dont trois seront condamnés - lui ont confié des fonds. Le dossier est mince et les avocats de la jeune femme font appel. Mais le tribunal supérieur du Zhejiang confirme le verdict, le 18 janvier. Depuis, Wu Ying est dans l'attente d'une décision de la Cour suprême à Pékin.

Entre-temps, une mobilisation sans précédent s'est créée autour de Mme Wu. Elle ne mérite pas la mort pour un tel "crime" économique ; avec elle, c'est l'économie de marché qu'on assassine, clament ses défenseurs. Très répandues dans le Zhejiang, les tontines sont souvent l'unique source de financement pour les entrepreneurs privés, car les banques les ignorent. Et Wu Ying n'était pas à la tête d'un schéma à la Ponzi, à la manière d'un Bernard Madoff : ses contributeurs la finançaient en toute connaissance de cause.

Les lundi 6 et mardi 7 février, un colloque, réunissant à l'Université des sciences politiques et juridiques de Pékin des dizaines de professeurs et d'avocats chinois, s'est penché sur cette affaire. Se faisant l'écho des discussions, le professeur d'économie Hu Xingdou a fait remarquer, sur son microblog, que la saisie des biens de l'accusée à ce stade du procès - des bijoux, une dizaine de voitures de luxe, une quarantaine de propriétés - et leur vente à vil prix ces derniers jours, était une pratique répandue en Chine : elle permettrait aux officiels et à leurs familles de se servir. Reste alors à expédier l'exécution du suspect.

Ailleurs, sur le microblog chinois, le procès passionne l'opinion : 94 % de 190 000 usagers qui ont répondu au sondage lancé sur le Web par le professeur de droit Xu Xin considèrent que Wu Ying ne mérite pas la peine capitale. Surtout, nombre des entrepreneurs chinois les plus connus ont fait part de leur solidarité. "Enlevons-lui le couteau de la gorge !", a écrit le magnat de l'immobilier Pan Shiyi. Pour Ren Zhiqiang, autre promoteur célèbre, "la route des réformes est encore longue : sauver Wu Ying, c'est nous sauver nous-mêmes".

Car le syndrome du guojin mintui ("l'Etat avance, le privé recule") est devenu le cheval de bataille de tous les esprits réformistes que compte l'empire du Milieu : la collusion entre groupes d'Etat et officiels asphyxie le secteur privé. Même la presse abonde dans ce sens depuis que l'agence Xinhua a publié, le 6 février, une tribune affirmant que "les débats autour de l'affaire Wu Ying montrent l'urgence d'une réforme du système financier chinois".

Ces derniers jours, la rumeur selon laquelle le président de la cour supérieure du Zhejiang, qui a rejeté l'appel de Wu Ying, avait déclaré en privé être contre le recours à la peine de mort dans ce cas précis, n'a cessé d'enfler. Lui a-t-on forcé la main ? Il faut dire, révèle l'avocat Teng Biao sur son blog, que bien des zones d'ombre subsistent. D'abord, Wu Ying a été enlevée et brutalisée, quelques semaines avant son arrestation, par des usuriers. La police a refusé d'enquêter. Ensuite, elle aurait fourni durant l'enquête une liste d'une centaine de contributeurs sur laquelle figureraient bon nombre d'officiels - et pas seulement trois - ayant détourné des fonds publics pour les investir dans ses projets. Leur plus grand souci serait donc de la faire taire. En Chine, tous les coups sont permis : régulateur, investisseur, juge, banquier, l'officiel chinois a souvent le bras long. Le procès de la reine des tontines vire à celui de... la corruption.


pedroletti@lemonde.fr

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 11.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 11 Février 2012 02h05
Pékin, champion contesté de l'énergie solaire
LEMONDE.FR | 10.02.12 | 12h34 • Mis à jour le 10.02.12 | 17h10


L'éclipse menace de devenir totale. Marquées par le placement en redressement judiciaire du constructeur français Photowatt, et plombées par les mauvais résultats du fabricant allemand Q-cells, les perspectives du marché européen de l'énergie solaire ont viré au noir ces derniers mois. La baisse des tarifs de rachat de l'électricité photovoltaïque décidée par plusieurs gouvernements a contribué à cette déprime. Mais c'est la concurrence "féroce" de l'empire du milieu qui est aujourd'hui décriée. Accusé de casser les prix dans un contexte de surproduction mondiale, Pékin est devenu en quelques années le champion très contesté d'une filière en pleine crise.

"Les Chinois ont fait un pari, et ils l'ont gagné", observe Paolo Frankl, responsable de la division énergies renouvelables à l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Inexistant sur le marché du photovoltaïque il y a encore cinq ans, Pékin a su tirer parti des mesures d'incitation prises dans les pays occidentaux pour développer leur parc photovoltaïque. Grâce aux dizaines de milliards d'euros investis, le pays est devenu en 2007 le premier producteur de modules au monde. Aujourd'hui, la majorité des cellules installées en Europe sont d'origine chinoise. Sur les dix plus gros fabricants de panneaux solaires, cinq sont Chinois, comme Suntech, Yingli ou encore Trina Solar.

Résultat : Pékin a produit en 2010 plus de la moitié des panneaux solaires commercialisés sur la planète, selon une étude de Photon international. Fabriqués à grande échelle et à bas coût, "leurs modules coûtent moins cher que ceux de leurs concurrents pour un niveau de qualité acceptable", explique Paolo Frankl. Mais en inondant le marché de produits à prix cassés, les Chinois ont contribué gonfler une offre aujourd'hui deux fois supérieure à la demande. La surproduction est telle que pour un marché estimé à 26 gigawatts en 2011, 50 gigawatts sont sortis des usines.

"CONCURRENCE DÉLOYALE"

Incapables de faire face, nombre de fabricants occidentaux accusent les constructeurs asiatiques de "concurrence déloyale". Ils leur reprochent surtout d'emprunter sans limite auprès de banques détenues majoritairement par Pékin, profitant ainsi d'un accès illimité au crédit sans aucune prise en considération du risque. Les facilités offertes par les autorités locales, qui mettent à leur disposition des terrains vendus à des prix dérisoires, jouent également en leur faveur. D'après le directeur du programme de prêts du ministère de l'énergie américain, les banques chinoises ont ainsi prêté 30 milliards de dollars (22,6 milliards d'euros) aux fabricants de panneaux solaires locaux en 2010.

>> Lire : "Solaire : la bataille s'intensifie entre la Chine et les Etats-Unis" (édition abonnés)

Premier visé par l'ire des occidentaux, le constructeur de modules photovoltaïques Suntech est accusé d'avoir bénéficié de 7,3 milliards de dollars (5,5 milliards d'euros) de prêts bonifiés de la part de la banque chinoise de développement. Des chiffres totalement erronés, selon son directeur général, Zhengrong Shi, qui dément dans un entretien au Figaro avoir profité d'aides publiques déguisées. "Les crédits que nous avons effectivement reçus de l'Etat sont dix fois moins importants que cette enveloppe et les taux d'intérêt ne sont pas spécialement bas, et parfois supérieurs aux taux des pays occidentaux", assure le dirigeant.


Pékin a produit en 2010 plus de la moitié des panneaux solaires commercialisés sur la planète.AFP/AFP
Mais Américains et Européens persistent, dénonçant "des concurrents sous perfusion de subventions". Outre-Atlantique, sept constructeurs réunis au sein de la Coalition for American Solar Manufacturing ont remis le 19 octobre 2011 une pétition au département du commerce des Etats-Unis pour réclamer une hausse des droits de douane sur les importations de modules chinoises. Après enquête, une plainte anti-dumping a été déposée début novembre par la commission américaine pour le commerce international. Le jugement devrait être rendu en juillet 2012. D'ici là, le producteur allemand SolarWorld envisage de saisir la Commission européenne.

"LE MARCHÉ LE PLUS IMPORTANT AU MONDE EN 2013"


Menacé, l'empire du milieu n'a pas tardé à répliquer. Le ministère du commerce chinois a lancé en représailles une enquête sur les subventions américaines pour les importations de silicium polycristallin. Le principaux acteurs de la filière solaire ont tenu fin novembre une conférence de presse pour dénoncer une plainte anti-dumping qui "risque de gravement entraver le développement des énergies vertes". "Les avantages compétitifs des sociétés chinoises sont d'abord dus à la concentration de la chaîne de fabrication en Chine" et non à des subventions, a insisté le vice-président de la chambre de commerce pour l'import-export de machines et de produits électroniques.

C'est également l'avis de Nicolas Musy, responsable du Swiss Center à Shanghai, cité par le quotidien suisse Le Temps. S'il ne nie pas l'existence d'une aide de l'Etat chinois à des secteurs jugés prioritaires, l'analyste estime que le succès des compagnies asiatiques tient à d'autres facteurs. "L'ensemble des coûts de production est inférieur, et il y a aussi une masse critique importante qui fait baisser le coût par unité produite", explique-t-il. Par ailleurs, estime Anton Szpitalak, président et cofondateur de Pan Asia Solar, "l'industrie du solaire est fortement subventionnée dans tous les pays, et il sera donc difficile de faire une distinction entre l'accès à des crédits quasi gouvernementaux ou à des terrains au rabais en Chine, et d'autres politiques de soutien public mises en place ailleurs."

Pékin a de toute manière les moyens de compenser d'éventuelles mesures de rétorsion internationales. Concentrés aujourd'hui sur leurs exportations, les fabricants chinois pourraient bientôt miser sur le développement de leur marché intérieur. En août 2011, les autorités ont annoncé l'introduction de tarifs de rachat de l'électricité photovoltaïque pour stimuler la demande dans le pays. Les installations des panneaux photovoltaïques sur le sol chinois permettaient déjà de produire 800 mégawatts en 2008. Elles en ont fourni entre 2 500 et 3 000 en 2011."La Chine est devenu en deux ans le troisième marché mondial, derrière l'Allemagne et l'Italie", observe Paolo Frankl. Elle sera "le marché le plus important au monde en 2013", promet le patron de Suntech.

Elise Barthet

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 11 Février 2012 02h20
Les professionnels de l'acupuncture ont désormais leur fédération officielle
LEMONDE.FR avec AFP | 10.02.12 | 20h38


Les professionnels de l'acupuncture ont fondé, vendredi 10 février, leur "Fédération des professionnels de santé et des vétérinaires utilisant l'acupuncture et ses techniques associées". Une manière de lutter contre ceux qui, de plus en plus nombreux, exercent cette médecine chinoise sans diplôme reconnu, a expliqué Michel Fauré, président du Syndicat national des médecins acupuncteurs français (SNMAF).

Cette fédération a pris naissance au terme d'une assemblée réunissant une trentaine de représentants d'organisations professionnelles liées à l'acupuncture, dans les locaux de l'Assemblée nationale. Elle devrait rassembler environ 10 000 personnes qui pratiquent l'acupuncture et qui disposent d'un diplôme d'Etat, dont environ 4 000 médecins qualifiés en acupuncture et 2 000 masseurs kinésithérapeutes pratiquant le massage Tui Na, qui s'appuie sur les points d'acupuncture. Elle rassemblera également des sages-femmes, qui pratiquent l'acupuncture pour soulager les douleurs et nausées liées à la grossesse et à l'accouchement, ainsi que des vétérinaires – environ 200 en France – qui pratiquent cette technique sur les animaux.

"CONFUSION DANS L'ESPRIT DES MALADES"

Il existerait en France 4 000 à 6 000 personnes qui "exercent illégalement l'acupuncture", sans diplôme reconnu de santé, selon le Dr Fauré. "Cette pratique pose un problème de sécurité sanitaire" et "ces non-professionnels de santé risquent de provoquer une confusion dans l'esprit des malades", a-t-il souligné. "Face à cela, nous devons réagir et faire en sorte que les pouvoirs publics réagissent à leur tour, alors que l'acupuncture a de plus en plus de preuves scientifiques d'efficacité", a-t-il ajouté.

Selon le Dr Denis Colin, président du Collège français d'acupuncture, l'acuptuncture offre "un haut niveau de preuve" de son efficacité pour quatorze pathologies, en particulier pour les traitements de la douleur. "Il y a cent onze pathologies pour lesquels des méta-analyses montrent une efficacité plus ou moins grande de l'acupuncture. Sur ces cent onze pathologies, quatorze pathologies ont un haut niveau de preuve et quarante-sept ont un niveau de preuve modéré mais acceptable", a précisé le Dr Colin. "L'acupuncture est très efficace pour les nausées et vomissements" et a aussi "fait preuve de son efficacité pour les douleurs liées à l'arthrose, aux lombalgies chroniques ou migraines", a-t-il indiqué.

Les professionnels de l'acupuncture voudraient éviter une "dérive" à la manière de l'ostéopathie, une thérapie par manipulation dont la pratique est aujourd'hui éclatée entre des médecins et kinésithérapeutes diplômés et de nombreux praticiens sans diplôme d'Etat et issus d'écoles privées.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 12 Février 2012 01h45
Les Etats-Unis enregistrent un déficit commercial record avec la Chine

LEMONDE.FR avec AFP | 10.02.12 | 19h17

Les Etats-Unis ont accusé en 2011 un déficit commercial record avec la Chine, qui a représenté plus de la moitié du trou dans leurs échanges, et ce malgré l'appréciation de la monnaie chinoise.

Le déficit annuel global (biens et services compris) du pays a atteint son niveau le plus élevé depuis 2008 : 558 milliards de dollars. Celui avec la Chine (dans les biens uniquement) a grimpé à 295,5 milliards, battant largement le record établi en 2010.

"UNE MENACE POUR LA SÉCURITÉ ÉCONOMIQUE DE LA NATION"

Le déséquilibre dans les échanges entre la première et la deuxième économie mondiale reste toujours aussi criant. Les Etats-Unis ont importé 3,8 fois plus de biens depuis la Chine qu'ils n'en ont exporté vers ce pays.

En cette année électorale, la nouvelle ne va pas manquer de susciter quelques froncements de sourcils. L'Alliance pour l'industrie manufacturière américaine (AAM), un lobby de Washington qui regroupe patronat et syndicats, a ainsi vivement critiqué la classe politique. "Le déficit commercial avec la Chine montre le peu d'autorité dont font preuve le Congrès et le président sur les questions économiques internationales", écrit-elle dans un communiqué, estimant que "les électeurs sont convaincus dans leur immense majorité que les pratiques commerciales de la Chine sont une menace pour la sécurité économique de la nation".

OBAMA ET LA "RELOCALISATION"

L'irrésistible ascension du "made in China" est un débat récurrent aux Etats-Unis. Il devrait de nouveau faire les gros titres avec la visite à Washington du successeur annoncé au poste de président chinois, Xi Jinping, à partir de mercredi.

La réponse du président Barack Obama a été de promouvoir la "relocalisation". Dans son discours sur l'état de l'Union en janvier, il a proposé la suppression des avantages fiscaux qui incitent les entreprises à délocaliser leur production à l'étranger et la création d'un crédit d'impôt pour celles qui rapatrient leur production.

Des parlementaires militent pour des sanctions contre Pékin au motif que sa monnaie est sous-évaluée. Mais ils ne sont pas en majorité suffisante, et le gouvernement s'oppose à cette idée. Le yuan s'est apprécié de 7,1 % en termes nominaux face au dollar depuis la décision de la Chine en juin 2010 de laisser le taux de change de sa monnaie flotter plus librement. D'après le Fonds monétaire international, l'appréciation en termes réels vis-à-vis des principaux partenaires commerciaux a été de 6 % en 2011.

Cette appréciation censée rendre les produits chinois plus chers aux Etats-Unis, et donc limiter la croissance des exportations chinoises, n'a produit que des effets minimes. Washington, qui souhaiterait que le mouvement s'accélère, a du mal à se faire entendre.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 13 Février 2012 02h14
Levée de boucliers contre une condamnation à mort

La peine de mort a été confirmée en appel contre une jeune millionnaire chinoise, Wu Ying. Le verdict suscite la colère du public, et l'agence de presse officielle Xinhua relaie même une demande de révision.

10.02.2012 | Tian Jing | Courrier international


L'appel de Wu Ying, 31 ans, ayant fait fortune dans les salons de beauté et les karaokés – elle était sixième dans le classement des femmes les plus riches de Chine en 2006 – , devant la Haute Cour populaire de la province orientale du Zhejiang a été rejeté le 18 janvier. Motif : "Ses graves crimes [une collecte de fonds illégale] ont provoqué d'énormes pertes pour la nation et le peuple et elle devait par conséquent être sévèrement punie", a justifié Shen Xiaoming, le juge qui présidait la cour, sur le site du magazine Caijing.

La jeune femme avait été arrêtée en mars 2007, accusée d'avoir détourné 770 millions de yuans (92 millions d'euros). En décembre 2009, elle avait été condamnée à la peine capitale par le tribunal populaire intermédiaire de Jinhua (province du Zhejiang).

Si la justice chinoise se veut unanime, l'agence officielle Xinhua a publié le 6 février deux articles demandant une révision du verdict. Huit spécialistes (professeur, juriste, économiste et sociologues) ont analysé le cas de Wu Ying et appellent à la clémence. Qian Shuitu, professeur à l'Université d'industrie et du commerce du Zhejiang, constate que "trente ans après les réformes économiques, le secteur financier de la Chine continentale reste sous la coupe d'un monopole et demeure très contrôlé. Il est difficile pour les entreprises privées d'avoir recours à un financement légal, alors elles sont obligées de trouver d'autres moyens."

La condamnation a aussi provoqué un tollé général. De nombreux internautes ont pris position en faveur de cette femme aux cheveux courts et au teint clair. Sur le microblog Weibo, certains utilisateurs ont posté des photos de Wu à côté d'images d'autres condamnés qui, pour des délits financiers portant sur des montants plus élevés, ont échappé à la peine de mort.

Teng Biao, avocat défenseur des droits de l'homme, a écrit un très long article sur son blog intitulé : "La vie de Wu Ying nous concerne, toi et moi". Il souligne que dans le système financier actuel en Chine, il est impossible pour le secteur privé de ne pas avoir recours à un financement illégal. En d'autres termes, la plupart des entreprises privées chinoises prospères ont probablement commis le même "crime" que Wu Ying.

L'écrivain blogueur Li Ming, lui, souligne que Wu Ying ne mérite pas de mourir. "Si Wu doit être exécutée, alors les patrons lâches de Wenzhou [ville du Zhejiang, berceau du capitalisme privé chinois, frappée par une crise financière qui a conduit une vague d'entrepreneurs à "disparaître"] doivent l'être aussi ; les joueurs qui empruntent de l'argent à des usuriers et ces patrons qui étalent leur richesse avec l'argent de l'entreprise doivent également être exécutés."

Pendant sa détention, Wu a divulgué une liste de membres du gouvernement provincial du Zhejiang qui lui avait prêté illégalement de l'argent. Trois d'entre eux ont été condamnés à une longue peine d'emprisonnement. Puis, le site d'information Zhongguo Jingji Wang a dévoilé que Wu avait fourni une liste de 137 noms de membres du gouvernement local, dont 103 lui avaient prêté plus de 500 000 yuans (60 000 euros). Des fonctionnaires ayant reçu des pots-de-vin ou obtenu des fonds par des moyens illégaux sont suspectés d'accorder des prêts à taux d'intérêt élevés aux entreprises privées. Les rumeurs se sont transformées en soupçons lorsque les membres du gouvernement de la ville de Dongyang, dans la province du Zhejiang, ont communiqué une lettre commune à la cour recommandant l'exécution de Wu Ying.

Fille d'un paysan d'une petite ville du Zhejiang, Wu Ying a commencé par ouvrir un petit salon de beauté à l'âge de 22 ans, en 2003. Lorsqu'elle a été arrêtée, quatre ans plus tard, elle était déjà propriétaire de sept sociétés regroupant 780 salariés.

s : http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2012/02/10/levee-de-boucliers-contre-une-condamnation-a-mort

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 13 Février 2012 02h22
Présidentielle : la campagne se poursuit... en Chine

Le Point.fr - Publié le 11/02/2012 à 18:28 - Modifié le 11/02/2012 à 19:12

Jean-François Copé a défendu Nicolas Sarkozy à Pékin, samedi. Il en a profité pour fustiger la "faible expérience internationale" de François Hollande.


La route vers l'Élysée fait des détours jusqu'en Chine. À Pékin depuis jeudi dernier - officiellement pour "donner un contenu concret" à l'accord signé entre l'UMP et le Parti communiste chinois en 2009 -, le patron de la majorité Jean-François Copé n'a pas hésité à soutenir le quasi-candidat Sarkozy devant ses hôtes chinois.

Il a ainsi expliqué à ses interlocuteurs que "dans son esprit, le chef d'État était le seul à pouvoir incarner la qualité des relations franco-chinoises". Qu'il semble loin le temps où Paris et Pékin s'écorchaient à propos du Tibet et des Jeux olympiques ! Mais les Chinois sont pragmatiques. Pour Jean-François Copé, ils ont apprécié que la France les attire dans le G20, multiplie les consultations avec Pékin et prenne l'initiative de réformes structurelles pour l'Europe et la gouvernance financière mondiale. "De fortes convergences de vue existent entre les deux capitales", assure-t-il. Avant de citer comme un atout Jean-Pierre Raffarin, "sherpa" de Sarkozy en Chine.

"Bravitude"

Et Copé de conclure, sans trembler, qu'il s'est "bien gardé d'étaler les divisions existant entre la droite et la gauche". Ouf. Devant les journalistes français, le patron de l'UMP a pris moins de gants. "François Hollande a une très faible expérience internationale. Il est bien temps de se mettre à découvrir le monde trois mois avant une présidentielle !" a-t-il lancé, en profitant pour tacler les propositions selon lui "un peu ridicules" du candidat socialiste de renégocier l'accord signé à 27 sur la dette européenne, ou de demander la convertibilité du yuan chinois... "C'est tragi-comique et cela montre son manque de connaissance de la Chine", a conclu le patron de l'UMP.

Jusqu'à présent, François Hollande s'est abstenu de venir en Chine. Le candidat socialiste redouterait, aux dires de ses proches, de marcher dans les traces de Ségolène Royal, dont la "bravitude" sur la Grande Muraille lors de la présidentielle de 2007 avait marqué le début de la descente dans les sondages. François Hollande enverra donc un émissaire, Laurent Fabius, attendu à Pékin le 20 février. "Il part avec un gros passif, compte tenu de ce que François Hollande raconte sur la Chine... Il va devoir rassurer pour compenser cette erreur d'analyse", considère Jean-François Copé. Qui élève donc la Chine au rang d'arbitre de la présidentielle française.


s : http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/presidentielle-la-campagne-se-poursuit-en-chine-11-02-2012-1430486_324.php


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Pour Le Roux (PS), Copé a "gravement déraillé" en Chine

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a "gravement déraillé" en Chine, a dénoncé samedi l'un des porte-parole de François Hollande, Bruno Le Roux. "Monsieur Copé a cru responsable d'aborder depuis l'étranger, contrairement à toutes nos traditions républicaines, en l'occurrence en Chine, les élections présidentielles françaises en mettant en cause personnellement François Hollande."

Un peu plus tôt, à Pékin, Jean-François Copé avait affirmé que le candidat socialiste a une "méconnaissance profonde de la nature des relations internationales et en particulier de la Chine". "Quand vous entendez M. Hollande expliquer qu'il exigera la convertibilité du yuan [la monnaie chinoise], on en est presque à regretter la bravitude", a déclaré le numéro un de l'UMP à des journalistes, en référence au néologisme très moqué de Ségolène Royal lors d'une visite en Chine en 2007.

s : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/breve/2012/02/12/pour-le-roux-ps-cope-a-gravement-deraille-en-chine_1642295_1471069.html

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 14 Février 2012 01h21
Les Etats-Unis, Les Etats-Unis, passage obligé pour le futur numéro un chinois Xi Jinping

Le Monde | 13.02.12 | 16h24 • Mis à jour le 13.02.12 | 20h58

C'est l'une des dernières épreuves du parcours obligé des futurs "numéro un" chinois, et pas la moindre : le voyage officiel aux Etats-Unis. Appelé à prendre la tête du Parti communiste chinois (PCC) en octobre et à devenir président de la Chine en 2013, Xi Jinping, 58 ans - prononcer "chi" -, se rend dans la première puissance économique mondiale du 13 au 17 février pour une visite qui sera examinée à la loupe.

Entré au comité permanent du bureau politique du PCC en 2007, confirmé comme dauphin en 2010 après avoir accédé à la vice-présidence de la Commission militaire centrale, le vice-président quitte Pékin à un moment où les luttes de pouvoir se sont invitées sans crier gare sur la scène politique, avec la tentative de défection, le 7 février au consulat américain de Chengdu, du bras droit d'un des barons du régime. Or ce dernier aspirait à rejoindre le premier cercle du pouvoir autour de M. Xi.

Autre ombre au tableau, les manifestations et les immolations par le feu qui se multiplient au Tibet, un sujet de préoccupation pour une partie de l'opinion publique américaine. Le niveau du yuan, qui s'est continuellement apprécié face au dollar, obsède moins les Américains que par le passé. Mais les relations sino-américaines sont marquées par un "déficit de confiance", a déclaré jeudi un vice-ministre des affaires étrangères chinois.

Si aucune décision importante n'est attendue lors de ce voyage, la comparaison avec 2002 est intéressante : George Bush avait alors reçu un Hu Jintao - à l'époque vice-président et futur numéro un du PCC - qui n'avait pas dévié d'un iota de la ligne officielle. C'était d'ailleurs son premier voyage aux Etats-Unis. Xi Jinping a, lui, découvert l'Amérique en 1985 : il avait alors visité l'Iowa à la tête d'une délégation agricole du Hebei.

Les Américains ont prévu, cette semaine, une étape dans cet Etat du Middle West. Son père, Xi Zhongxun, l'un des réformistes du parti sous Deng Xiaoping, s'y était en outre déjà rendu en 1980. Et M. Xi a une fille, Xi Mingze, âgée de 18 ans, qui étudie en premier cycle à Harvard, sous un nom d'emprunt.

Les filiations personnelles et politiques donnent quelques éléments de décryptage du parcours de Xi Jinping, dans un pays où les informations sur les cadres dirigeants - et a fortiori, le futur président - sont contrôlées de très près. Quand Xi Zhongxun, un révolutionnaire chinois et vice-premier ministre, est victime d'une purge en 1962, la famille abandonne le milieu privilégié dans lequel elle évoluait jusqu'alors. Trop jeune pour être garde rouge, Xi Jinping, dont l'école ferme pendant la Révolution culturelle, est cependant assez âgé pour être envoyé à la campagne en 1969. Entre 15 et 22 ans, il se retrouve à vivre dans une habitation troglodytique d'un village reculé du Shaanxi. "Les enfants des autres hauts fonctionnaires entraient souvent dans l'armée à cette époque, mais Xi Zhongxun avait été exclu des différentes factions du parti et n'a pas pu aider son fils", explique un professeur de sciences politiques chinois.

Toutefois, la région est l'ancienne base révolutionnaire de son père, et le jeune Jinping y est plutôt bien reçu. Cette expérience de l'indigence et du dur labeur va le marquer. Elle a certainement servi à rendre acceptable, aux yeux de certains décideurs du parti, la désignation de ce "fils de prince" comme possible successeur à Hu Jintao, issu, lui, d'un milieu très modeste. Dans le Shaanxi, Xi Jinping devra s'y reprendre à huit reprises pour être intégré à la Ligue de la jeunesse. Il deviendra le secrétaire du parti du village en 1974.

Après le retour en grâce de son père à la mort de Mao - Xi Zhongxun est chargé par Deng Xiaoping de lancer les zones économiques spéciales du Guangdong à partir de 1978 -, Xi Jinping s'inscrira en chimie organique à l'université de Tsinghua, puis deviendra le secrétaire d'un dirigeant de la Commission militaire centrale.

La première affectation du jeune cadre sera, en 1982, celle de premier secrétaire d'un comté du Hebei connu pour l'élevage des porcs. En 1987, il se marie en secondes noces avec Peng Liyuan, célèbre chanteuse de l'armée.

Il exerce ensuite d'importantes responsabilités dans les provinces côtières : le Fujian, dont il deviendra gouverneur - un poste d'observation de Taïwan, dont il cherche alors à attirer les investissements ; et le Zhejiang, où, secrétaire du parti de 2002 à 2007, il combat la corruption et promeut l'écologie. Cette province de l'est de la Chine, qui compte beaucoup d'entreprises privées, est aussi un laboratoire pour les élections rurales.

"Xi Jinping a toléré tous ces développements dans le Zhejiang", estime Li Fan, le directeur d'une ONG pékinoise qui y mène depuis plusieurs années des expériences de meilleure gouvernance. M. Li voit Xi Jinping comme un dirigeant pragmatique, qui peut faire évoluer les choses sans le claironner.

A un moment où les appels à des réformes politiques se font entendre de toutes parts en Chine, Xi Jinping représente une nouvelle génération de dirigeants communistes - la cinquième - qui pourrait jouer un rôle clé dans la modernisation politique. Dans un essai publié en janvier par la revue Washington Quarterly, deux éminents professeurs chinois, Liu Yu et Chen Dingding, estiment d'ailleurs que le pays a toutes les chances de se démocratiser à l'horizon 2020, soit lors du double mandat de cinq ans du futur président. Ils signalent, à l'appui de leur thèse, les "défis énormes" qui vont se poser à l'autorité de Xi Jinping et de son futur premier ministre et "la difficulté croissante pour les dirigeants suprêmes chinois d'innover sans traiter de la question des réformes politiques".

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 14.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 14 Février 2012 01h26
Washington mise sur M. Xi pour renforcer les liens avec Pékin

Le Monde | 13.02.12 | 16h24 • Mis à jour le 13.02.12 | 20h55



Un "investissement". C'est par ce terme direct que la Maison Blanche décrit la visite du vice-président chinois Xi Jinping aux Etats-Unis. Si pour la partie chinoise, la visite est un jalon dans l'ascension vers la présidence de M. Xi, pour Washington, c'est une promesse d'amélioration de la communication entre les deux pays.

"C'est un voyage très important. C'est l'occasion d'en apprendre davantage sur lui et de lui permettre d'élargir sa compréhension des Etats-Unis", a expliqué Daniel Russel, le responsable de l'Asie au Conseil national de sécurité, en présentant la visite à la presse.

En trois ans, Barack Obama a rencontré une dizaine de fois le président Hu Jintao sans réussir à percer sa cuirasse. Les responsables veulent croire que son héritier présomptif sera moins difficile d'accès, ne serait-ce que parce qu'il connaît déjà les Etats-Unis. "Ils espèrent qu'il sera finalement le dirigeant chinois qui acceptera la vision américaine selon laquelle la Chine se portera mieux en adoptant les règles du jeu "made in America"", résume Daniel Blumenthal dans Foreign Policy.

Les Américains rappellent volontiers que Xi Jinping a passé quelques jours dans l'Iowa en 1985, alors qu'il faisait partie d'une délégation agricole. Le quotidien local, le Des Moines Register, a même publié des photos de son père, Xi Zhongxun, gouverneur de la province de Guangdong, venu lui aussi en visite dans l'Iowa cinq ans plus tôt.

Le vice-président sera reçu par Barack Obama et aussi par le ministre de la défense, Leon Panetta. Le déplacement au Pentagone est considéré comme "très significatif" par la Maison Blanche. Là aussi, les militaires entendent "exposer la doctrine américaine" en Asie autant que "répondre aux questions que M. Xi pourrait poser", a indiqué M. Russel.

Séances photos

Vingt-sept ans après sa première visite, M. Xi va retourner dans l'Iowa, dans la famille où il avait été reçu. Il va visiter une ferme et participer à un symposium. A Los Angeles, il va entendre les hommes d'affaires qui travaillent en Chine exposer leurs difficultés d'accès au marché local. Les officiels entendent rappeler que M. Obama insiste sur le respect des règles de la concurrence, et qu'il a annoncé la création d'une "police" des échanges commerciaux.

Le vice-président chinois devait participer à nombre de séances photos destinées à le faire connaître du public américain. Joe Biden, qui avait été accueilli à grands frais en août 2011par M. Xi, espère retourner la politesse et avoir de "vraies conversations, directes, interactives et extensives" avec son homologue, a indiqué son conseiller diplomatique Antony Blinken. Y compris sur la question des droits de l'homme.

C. Ls
Article paru dans l'édition du 14.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 14 Février 2012 01h30
Conditions de travail : Apple ouvre les usines Foxconn en Chine à une ONG

LEMONDE.FR avec AFP | 13.02.12 | 17h53


Le géant informatique américain Apple a indiqué, lundi 13 février, qu'une ONG de défense des droits des ouvriers internationale avait commencé à inspecter les usines de son sous-traitant Foxconn en Chine.

Le groupe avait annoncé à la mi-janvier qu'il allait ouvrir les usines de ses fournisseurs à l'organisation américaine Fair Labor Association (FLA) et avait publié la liste de ses sous-traitants, après avoir été accusé d'y laisser perdurer des conditions de travail déplorables.

Cette association internationale de défense des droits des ouvriers, dont le siège se trouve à Washington, va conduire des "audits spéciaux" à Shenzhen et Chengdu, "à la demande d'Apple", écrit le fabricant dans un communiqué.

SÉRIE DE SUICIDES

"Nous estimons que les ouvriers partout dans le monde ont droit à un environnement de travail sûr et juste, et c'est pourquoi nous avons demandé à la FLA d'évaluer de manière indépendante la performance de nos plus gros sous-traitants", a commenté Tim Cook, directeur général d'Apple, cité dans le communiqué. M. Cook juge ces inspections "sans précédent dans l'industrie électronique".

Les fournisseurs chinois d'Apple avaient été accusés d'organiser des conditions de travail inhumaines dans leurs ateliers en 2010, à la suite d'une série de suicides dans une usine de Foxconn en Chine. Dans une longue enquête parue en janvier 2012, le New York Times avait de nouveau affirmé que les ouvriers assemblant des iPhone, iPad et autres produits Apple en Chine travaillaient "souvent dans des conditions difficiles" et à des rythmes "excessivement élevés".

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 14 Février 2012 01h32
En Chine, la chute des prix de l'immobilier met à mal les finances locales


Le monde | 13.02.12 | 14h27


La chute du marché immobilier chinois met à rude épreuve les gouvernements locaux dont les comptes sont abondés par le transfert de terrains publics aux promoteurs privés. A Hefei, capitale provinciale de 3,3 millions d'habitants, avec ses nouvelles barres de logement grisâtres qui ont poussé comme des champignons, il a ainsi fallu repousser au 10 février des enchères prévues le 6 janvier et qui avaient déjà été décalées une première fois. Des trois lots mis en vente vendredi 10 février, dans une salle aux trois quarts vide, l'un n'a pas trouvé preneur et un autre est parti au prix de réserve.

Depuis avril 2010, le gouvernement central a imposé des restrictions à l'achat d'appartements, notamment sur la part de paiement comptant, afin d'endiguer la spéculation. Au même moment, la banque centrale a resserré ses crédits pour contenir l'inflation. Cette rigueur est en conflit avec l'exigence des provinces, municipalités et autres collectivités locales, de tenir la vitesse de croisière d'une économie assise en partie sur des investissements financés par la cession des terres.

Song Weidong, le chef des opérations de transfert du bureau des terrains d'Hefei, préfère invoquer pudiquement les perturbations du Nouvel An chinois pour expliquer ces ajournements. Il reconnaît que l'économie locale est affectée - "C'est la tendance générale" - depuis que le gouvernement central s'est décidé à dégonfler la bulle. Il assure que la croissance est toujours au rendez-vous grâce au slogan : "Stimuler notre ville par l'industrie !" Puis il concède que les prix des terrains ont dégringolé de 30 % en un an.

Selon Chen Sheng, sous-directeur de China Index Academy, le nombre de ces opérations de "transfert" a chuté de moitié depuis janvier 2011 dans les 300 principales villes du pays. Les prix des terrains ont baissé de 29 % en un an, selon lui, un chiffre plus vertigineux que la baisse des prix des logements, car les promoteurs dans l'incertitude cessent d'acquérir les terrains en amont.

M. Chen constate que les gouvernements locaux accentuent la pression pour que Pékin lâche du lest. Dans des remarques publiées dimanche 12 février, le premier ministre a annoncé que le gouvernement "affinera" sa politique macroéconomique tout en balayant les rumeurs d'un assouplissement des contrôles sur l'immobilier.

Sous le regard attentif d'un cadre du Bureau de la propagande, Song Weidong répète qu'il adhère à la politique du gouvernement central : "Les logements doivent servir à héberger des gens, leurs prix doivent redescendre à des niveaux normaux." Mais il espère que Pékin "pourra apprendre de l'expérience des derniers mois pour réaliser de petits ajustements".

Certaines villes ne sont plus si révérencieuses. Wuhu, une préfecture de 2,2 millions d'habitants à 140 kilomètres d'Hefei, a tenté, vendredi 10 février, d'introduire une nouvelle subvention à l'achat pour réanimer le marché alors que les revenus municipaux des cessions de terrains ont chuté de 18 % en 2011. Cette fronde a été suspendue dès le lendemain, signe de la réprobation du "centre".

Les autorités locales sont peu enclines à évoquer les conséquences directes de ces baisses de revenus, mais dans un article publié en janvier, le magazine Caixin évoquait le report d'un projet de ligne de métro à Shanghaï et citait un cadre du grand constructeur ferroviaire chinois affirmant que "des villes qui n'ont jamais eu de soucis de liquidité auparavant, telles que Canton, Shenzhen et Shanghaï, sont toutes contraintes en capitaux".

Les ventes de terrains devaient représenter la garantie infaillible des crédits souscrits massivement par les gouvernements locaux dans le cadre du plan de relance déployé après l'automne 2008. Leur encours s'élevait, fin 2010, à 10 700 milliards de yuans, près de 1 300 milliards d'euros, et ont permis aux autoroutes et aux gares de se multiplier.

Pour éviter les défauts, les banques publiques sont invitées à revoir les échéances au cas par cas. Nombre de prêts sont fondés sur un marché immobilier systématiquement en hausse, explique Patrick Chovanec, professeur à l'université de Tsinghua, à Pékin : "Un pilier du système, dit-il, est qu'il sera toujours possible de vendre d'autres terrains au cas où. Cela se révèle faux." Pour Yang Zhiyong, un spécialiste des finances publiques à l'Académie des sciences sociales, "les gouvernements locaux doivent à terme se financer autrement".

La solution pourrait être de créer une nouvelle taxe foncière qui permettrait aussi de freiner la spéculation. Elle est à l'essai depuis un an à Shanghaï, où sont visées les résidences secondaires, et à Chongqing, où elle concerne les logements onéreux. Mais il faudra que la cible soit élargie, car à Shanghaï la nouvelle taxe a rapporté seulement 22 milliards de yuans en 2011, contre 400 milliards issus des transferts de terrains. Il faudra aussi que tous les cantons de Chine disposent d'évaluations du prix des parcelles, ce qui est loin d'être le cas.

Harold Thibault

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 14 Février 2012 01h34
13 février 2012
ASPHYXIE – Reportage dans la ville au cœur de la vague d’immolations tibétaines, sous pression

C'est un reportage osé, d'autant plus rare qu'il comporte une vidéo. Un journaliste du Guardian a réussi à déjouer les barrages policiers et à atteindre la ville tibétaine d'Aba, Ngaba en tibétain, dans cette région du Sichuan totalement fermée aux étrangers, surtout quand ils sont journalistes. Il témoigne de l'étroit contrôle des autorités chinoises, et de la tension qui parcourt ses rues :

"Tous les vingt mètres sur la route principal d'Aba, (...), des officiers de police et des fonctionnaires communistes portant des brassards rouges surveillent de potentiels manifestants. Des douzaines de paramilitaires sont assis en rangs devant les restaurants et les magasins, dans une démonstration de force visant à intimider la population", rapporte Jonathan Watts. Ils sont équipés de bâtons munis de pointes, d'armes semi-automatiques et d'extincteurs.

D'extincteurs ? Si cette ville subit une telle pression des autorités chinoises, c'est qu'elle est au cœur de la vague d'immolations par le feu qui parcourt le peuple tibétain depuis plusieurs mois, et que Pékin tente d'étouffer. A Ngaba et alentours, Internet et réseau téléphonique sont coupés. La ville se situe à proximité du monastère de Kirti, où plusieurs moines et nonnes ont commis ce geste radical en protestation contre l'oppression du régime chinois.

La dernière immolation en date ne remonte pas plus loin que dans la nuit du dimanche au lundi 13 février et a eu lieu, comme dans la majorité des cas, au monastère de Kirti. Selon l'ONG Free Tibet, c'est un moine de 19 ans, Lobsang Gyatso, qui a tenté de s'immoler. Deux jours plus tôt, dans la même région, une nonne de 18 ans, Tenzin Choedron, a crié des slogans contre le régime chinois avant de s'asperger d'essence et de s'enflammer, rapportent des ONG dont International Campaign for Tibet. Ces derniers cas font monter à plus de vingt le nombre d'immolations, selon les associations tibétaines.



s : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/02/13/asphyxie-reportage-dans-la-ville-au-coeur-de-la-vague-dimmolations-tibetaines-sous-pression/

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 10h03
La Chine représenterait un tiers de l'économie mondiale en 2050
LEMONDE.FR | 15.02.12 | 09h42 • Mis à jour le 15.02.12 | 09h42


Si l'on en croit les projections de croissance à l'horizon 2050, publiées mardi 14 février par le Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII), la Chine pourrait représenter au milieu du siècle 33 % de l'économie mondiale, soit presque autant que l'Union européenne (12 %), les Etats-Unis (9 %), l'Inde (8 %) et le Japon (5 %) réunis.

A prix constants 2005, les économies chinoise et indienne seraient chacune multipliées par huit de 2008 à 2050, alors que l'américaine et l'européenne progresseraient seulement de 80 % à 90 %.

LA FRANCE 23 FOIS INFÉRIEURE À LA CHINE

"Nous avons évité d'extrapoler les taux de croissance actuel, explique Agnès Benassy-Quéré, directrice du CEPII. Par exemple, pour la Chine, un taux de croissance de 8 % aurait multiplié son économie par 21. Nous avons proposé un scénario pour 147 pays qui repose sur les facteurs capital, travail et énergie, couplés avec la démographie, et qui tiennent compte de deux formes de progrès technologique. Rappelons qu'il ne s'agit pas de prévisions, mais de projections".

Ainsi la Chine décélérerait-elle de +7,2 % en moyenne sur la période 2008-2025 à +4,3 %, car "sa population va diminuer rapidement, commente Agnés Benassy-Quéré, son énorme taux d'épargne aussi et les investissements y deviendraient moins performants. Son excédent commercial pourrait même disparaître vers 2030".

Les Etats-Unis, qui perdraient, au profit de la Chine, leur titre de première économie mondiale vers 2020, afficheraient une croissance médiocre de 1,6 % en moyenne, loin de leur tendance historique, et à peine supérieure à celle de l'Europe (plus1.gif,5 %), où la France serait dans cette moyenne, mais l'Allemagne nettement en dessous (+0,8 %).

A ces rythmes, la France, qui est sept fois plus petite que la Chine aux prix de 2005, lui deviendra vingt-trois fois inférieure… La Pologne ferait mieux (+3,4 %) et les pays d'Europe centrale et orientale également.

L'AFRIQUE SUB-SAHRIENNE LA PLUS DYNAMIQUE

Ces projections contiennent une surprise et une confirmation. La surprise, "c'est la performance très moyenne du Brésil qui progresserait de 3,3 % de 2008 à 2025 et de 2,6 % de 2025 à 2050", explique la directrice du CEPII. Son décollage ne date que du milieu des années 2000.

La confirmation, "c'est que la force de travail est un paramètre qui écrase les autres, dit-elle, et qui va fortement avantager l'Afrique sub-saharienne en croissance démographique rapide, au point qu'à partir de 2040, elle sera la zone la plus dynamique du monde avec une croissance moyenne de 5 % par an".

Précisons que les aléas de ce genre d'exercice sont importants. En effet, sur une aussi longue période, il n'est pas possible d'anticiper des innovations technologiques comparables à internet ou au téléphone portable, ni la mise en exploitation de découvertes énergétiques comme les gisements géants d'hydrocarbures au large du Brésil.

Enfin, ces projections peuvent être bouleversées par la prise en compte ou non de profondes évolutions sociales. C'est ainsi que le CEPII a notamment corrigé à la hausse la croissance projetée de l'Inde (6,4 %, puis 5,1 %) et du Maroc (4,4 %, puis 4 %), en intégrant dans ses calculs l'hypothèse d'une élévation du niveau d'éducation des femmes, donc une baisse du nombre d'enfants et, en conséquence, une hausse du taux d'emploi féminin qui sera la cause d' un enrichissement accru. Mais le rythme de cette mutation peut être freiné par des facteurs culturels, religieux ou budgétaires et demeure une inconnue majeure.

Alain Faujas

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 10h07
Obama rencontre le futur numéro un chinois, Xi Jinping
LEMONDE.FR avec AFP | 14.02.12 | 18h06 • Mis à jour le 14.02.12 | 22h42

Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a rencontré mardi 14 février le vice-président chinois, Xi Jinping, probable futur dirigeant de son pays. M. Xi s'est réuni avec M. Obama dans le Bureau ovale à l'issue d'entretiens avec son homologue américain, Joe Biden, qui l'avait accueilli plus tôt à la Maison Blanche, conformément au protocole.

Barack Obama a affirmé que la Chine devait respecter les "règles en vigueur" dans l'économie mondiale. Tout en saluant le "développement extraordinaire de la Chine ces deux dernières décennies", M. Obama a estimé face aux journalistes qu'"avec davantage de puissance et de prospérité viennent davantage de responsabilités" pour Pékin.

Les Etats-Unis et la Chine "doivent chercher à obtenir plus d'équilibre au niveau du commerce et des investissements entre les deux pays, a déclaré de son côté M. Xi. Nous devrions répondre à nos préoccupations économiques et commerciales respectives par le dialogue et la consultation, et non pas par le protectionnisme."

Le taux de change du yuan, que Washington accuse Pékin d'encadrer pour s'offrir une compétitivité commerciale à bon compte à l'exportation, constitue l'un des principaux sujets de discorde entre les deux grandes puissances économiques.

DROITS DE L'HOMME

Barack Obama a par ailleurs promis que son pays continuerait à parler de la question des droits de l'homme en Chine. Nous continuerons à insister sur ce que nous pensons être important, la concrétisation des aspirations et des droits de tous", a déclaré M. Obama face aux journalistes. M. Obama a salué les réalisations de Pékin et Washington dans les dossiers iranien et de la péninsule coréenne. Mais il n'a pas directement évoqué la Syrie, un sujet de discorde entre les deux puissances après que la Chine eut opposé avec la Russie son veto à une résolution de l'ONU condamnant la répression sanglante d'une révolte par le régime de Bachar Al-Assad.

La Chine "continuera à prendre des mesures concrètes et efficaces pour encourager l'équité sociale, la justice, l'harmonie et améliorer la situation des droits de l'homme en Chine", a répondu M. Xi.



Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 10h08
La Chine veut aider l'UE à résoudre la crise de la dette
LEMONDE.FR avec AFP | 14.02.12 | 11h51 • Mis à jour le 14.02.12 | 14h32


"La Chine est prête à participer davantage à la recherche d'une solution à la crise de la dette en Europe", a déclaré, mardi 14 février, son premier ministre, Wen Jiabao. Dès l'ouverture du sommet Union européenne-Chine, la crise de la dette est, une fois de plus, au cœur des débats. Initialement prévu en octobre mais repoussé à cause de la crise des dettes souveraines, le sommet réunit à Pékin, jusqu'à mercredi Wen Jiabao, le président de l'Union, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Les deux dirigeants européens seront également reçus mercredi par le chef de l'Etat, Hu Jintao. La Chine "s'inquiète" de la crise de la dette, qui "en est à un moment crucial", a déclaré lundi le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Liu Weimin, tandis que les exportateurs chinois craignent de voir se réduire les commandes sur leur premier marché.

LA CHINE "FAVORABLE À L'UNION EUROPÉENNE DE A À Z"

La Chine a indiqué à plusieurs reprises sa volonté de participer au Fonds européen de stabilité financière, puis à son successeur, le Mécanisme européen de stabilité, qui doit être mis en place en juillet. Mais la deuxième économie mondiale, dont les réserves de change frôlent les 3 200 milliards de dollars, n'a pris aucun engagement chiffré.

Pékin détiendrait plus de 550 milliards de dollars de dette souveraine européenne, selon des informations d'experts non confirmées officiellement. Face aux inquiétudes que soulève en Europe une dépendance accrue de la Chine, un éditorial du Quotidien du peuple lundi assurait pour sa part que Pékin n'avait aucune intention de "racheter l'Europe".


"La crise de la dette est en train d'être résolue par ses membres", a assuré M. Van Rompuy dans un entretien accordé au China Daily de lundi, dans lequel il souligne que l'Europe contribue à la croissance chinoise en lui achetant ses produits. Il a d'ailleurs demandé à Pékin "un meilleur accès au marché (chinois) pour les entreprises de l'UE et une meilleure protection des droits de la propriété industrielle".

UN SOMMET DES AFFAIRES SINO-EUROPÉEN

Un "sommet des affaires" sino-européen se tient également mardi dans la capitale chinoise, à l'initiative de la Chambre de commerce européenne en Chine. "Nous voudrions que l'Europe parle à la Chine de la nouvelle force de ses entreprises, qui devrait permettre une plus grande ouverture du marché chinois" aux sociétés européennes, a déclaré son secrétaire général, Dirk Moens.

"Nos marchés sont ouverts et les Chinois ont accès à nos principales industries", a-t-il ajouté. Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, qui a annoncé fin janvier la préparation d'un projet de loi contre le protectionnisme chinois dans le domaine des marchés publics, sera également présent au sommet.

Par ailleurs, les discussions sur le statut d'économie de marché, que réclame la Chine depuis longtemps, pourraient bien avancer. Lors du Forum économique de Dalian, en septembre, M. Wen avait demandé que l'UE reconnaisse ce statut à la Chine avant 2016, date prévue par le calendrier de l'Organisation mondiale du commerce. Ce statut offrirait à Pékin de meilleures garanties d'accès au marché européen pour ses produits, en les mettant à l'abri de clauses anti-dumping. A ce sujet, M. Van Rompuy a assuré qu'il y avait "une volonté politique de chercher des solutions".

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 10h09
Le budget de la défense chinois va doubler d'ici à 2015
LEMONDE.FR avec AFP | 14.02.12 | 09h45


Le budget chinois de la défense, qui était de 119,8 milliards de dollars en 2011 (91 milliards d'euros), atteindra les 238,2 milliards de dollars en 2015, soit une progression annuelle moyenne de 18,75 %, selon des chiffres du groupe américain de recherche IHS, qui peuvent différer des données officielles chinoises.

En 2015, les dépenses militaires chinoises dépasseront ainsi les budgets combinés des douze autres plus grandes puissances de l'Asie-Pacifique, qui devraient atteindre un total de 232,5 milliards de dollars. Le budget chinois devrait être près de quatre fois supérieur à celui du Japon, numéro deux dans la région en termes de dépenses militaires, a précisé l'IHS dans une étude publiée mardi 14 février à Singapour.

"Pékin est en mesure de consacrer une part toujours plus importante de son budget global à la défense et renforce de manière continue ses capacités militaires depuis plus de vingt ans", a expliqué Rajiv Biswas, économiste en chef pour l'Asie-Pacifique chez IHS Global Insight. "Cette tendance va se poursuivre, à moins d'une catastrophe économique", a-t-il prédit.

Le budget militaire chinois, et sa progression accélérée, inquiète depuis longtemps nombre de capitales, de la région ou d'ailleurs, et en particulier Washington. La Chine maintient que sa technologie militaire accuse vingt à trente ans de retard sur celle des Etats-Unis. La modernisation de son armée, assure-t-elle, a pour unique but la "défense" du pays, or Pékin se dote désormais d'outils de projection de puissance.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 10h11
La femme de Gao Zhisheng s'inquiète du sort de son mari
LEMONDE.FR avec AFP | 14.02.12 | 09h26


La femme de Gao Zhisheng, un des dissidents chinois les plus emblématiques, a déclaré craindre pour la vie de son mari en raison du manque d'information disponible à son sujet.

"Le gouvernement [chinois] a menti tellement de fois à notre famille au cours des dernières années... Il se moque de nous", a déclaré au cours du week-end la femme de M. Gao, Geng He, réfugiée depuis 2009 avec ses enfants aux Etats-Unis, où le vice-président et probable prochain numéro un chinois, Xi Jinping, est arrivé lundi pour une visite clé d'une semaine. "Je n'ai aucun moyen de savoir s'il est toujours en vie", a-t-elle ajouté.

M. Gao, défenseur des pauvres, des chrétiens ou des cyberdissidents, avait été arrêté en février 2009 et, en dehors d'une brève réapparition en mars 2010, personne n'a eu de nouvelles de lui depuis des mois.

Début janvier, son frère Gao Zhiyi avait indiqué avoir reçu un courrier d'un tribunal de Pékin annonçant la détention de Gao Zhisheng dans l'ouest du Xinjiang, région du nord-ouest de la Chine, située aux confins de l'Asie centrale. Mais ses proches, qui s'étaient rendus sur place, n'ont pas été autorisés à le voir.

Interrogée sur le message qu'elle aimerait transmettre à M. Xi, Geng He a déclaré : "Pourquoi mon mari, qui a toujours essayé de travailler pour la justice et les droits des gens – des choses considérées comme importantes aux Etats-Unis et dans plein d'autres pays – a-t-il été persécuté et a même disparu ?" Geng He a prévu de témoigner mardi sur le cas de son mari devant une commission américaine, juste après la visite de M. Xi à la Maison Blanche.


Geng He, la femme de Gao Zhisheng, lors d'une conférence de presse, le 18 janvier 2011 :


Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 10h11
Nouvelle immolation d'un moine tibétain au Sichuan

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 14.02.12 | 08h36


Un jeune moine bouddhiste a tenté de s'immoler par le feu dans la province du Sichuan, rapportent International Campaign for Tibet (ICT) et Free Tibet, deux organisations de défense des Tibétains.

Le moine est originaire du monastère de Kirti, dans la préfecture autonome d'Aba, où la révolte contre la tutelle de la Chine est particulièrement active. Les policiers ont violemment frappé le moine tout en éteignant les flammes qui le dévoraient, puis l'ont emmené dans un endroit inconnu, a précisé ICT.

L'agence de presse Chine nouvelle confirme par ailleurs la mort d'une nonne qui s'est immolée samedi. Vingt-trois tentatives d'immolation, qui se seraient soldées par quinze morts, ont été recensées au cours de l'année écoulée en Chine.

Les autorités chinoises ont empêché ces dernières semaines la presse étrangère de se rendre sur place. De nombreux Tibétains ne supportent plus la répression de leur religion et de leur culture et ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.

Cette nouvelle tentative de suicide d'un Tibétain intervient alors que Xi Jinping, le vice-président et probable futur numéro un chinois, doit être reçu mardi par le président Barack Obama à la Maison Blanche. La police américaine a interpellé lundi des militants de la cause tibétaine qui avaient accroché sur un pont de Washington une banderole sur laquelle était inscrit : "Tibet will be Free" (Le Tibet sera libre).

Chen Quanguo, le plus haut responsable au Tibet, a appelé la semaine dernière à renforcer la lutte contre "la clique du dalaï-lama", selon la terminologie utilisée par le pouvoir chinois pour parler du chef spirituel des bouddhistes tibétains.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 10h29
Les citadins ont la nostalgie de leur province

Si, pour des millions de Chinois, le nouvel an lunaire sonne l'heure du "retour à la maison", beaucoup s'en mordent les doigts. Car le village de leur enfance a cédé sous les coups de boutoir de la ville moderne.

24.01.2012 | Liu Yanxun | Zhongguo Xinwen Zhoukan (China Newsweek)


Rentrer dans sa famille pour le réveillon du nouvel an est un choix indiscutable. Pourtant, pour la plupart des Chinois, c’est un sujet d’affliction : beaucoup ne peuvent pas rentrer chez eux ou, quand ils y parviennent, ne reconnaissent plus leur terre natale. Xiong Peiyun est originaire de la province du Shanxi [nord-est de la Chine]. Il a écrit un livre sur son pays natal dans lequel il affirme que l’arrachage de certains arbres anciens constitue pour lui le changement le plus insupportable parmi tous ceux intervenus dans son village.

Sans ces arbres, sa terre risque de perdre son âme. “Dans les années 1980, c’est à côté de ces arbres que je coupais le riz en écoutant la chanson de Cui Jian Rien en mon nom[qui a rendu célèbre ce pionnier du rock chinois]. Avec mes parents, nous travaillions comme des forcenés dans les rizières à cause de la double récolte. Maintenant, même si je donne l’impression d’être dans mon élément en ville et si je n’ai plus rien d’un 'bouseux', je souffre au fond d’avoir perdu le pays natal que j’aimais”, écrit Xiong Peiyun.

La population s’est enrichie

Il est rentré dans son village au printemps 2008 dans la voiture d’un ami d’enfance. C’était juste pour aller voir les grands trous laissés par les arbres arrachés. On entend souvent les gens dire que leur village natal ressemble désormais à un champ de bataille tombé aux mains de l’ennemi et Xiong Peiyun adhère complètement à cette formule. Dans certaines régions comme le sud du Jiangsu [province côtière], les villages et les petites villes, après avoir attiré les investissements extérieurs, se sont transformés en forêts d’usines. La population locale s’est sensiblement enrichie ; les jeunes peuvent désormais travailler dans des usines à proximité de chez eux sans avoir besoin de partir au loin.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils peuvent rester dans leur village natal tel qu’il était. Quand nous les avons interrogés, beaucoup ont déploré les changements intervenus dans leur environnement immédiat, qui ont tellement transformé leur pays natal. Les villes démolissent et reconstruisent à tour de bras et de nouveaux villages poussent comme des champignons. En réponse à de nouvelles directives et de nouvelles politiques, les villages comme les petites villes s’empressent de se métamorphoser. On voit surgir de nouvelles rues, de nouveaux immeubles, des supermarchés, des digues, des ponts… Les endroits familiers deviennent des lieux complètement inconnus. L’une des personnes interrogées nous a confié, sans exagération aucune, avoir désormais besoin d’un plan quand elle rentre chez elle !

Des zones résidentielles uniformisées

Selon un journaliste qui a enquêté à Kunshan, dans le sud de la province du Jiangsu, les pouvoirs publics locaux comptent reloger tous les habitants du village dans des immeubles. De ce fait, les villages font les uns après les autres l’objet de plans d’urbanisme visant à créer de nouvelles zones résidentielles bien ordonnées et uniformisées. Cependant, la première chose que font les villageois forcés de déménager brusquement dans ces grands ensembles consiste à démonter leur plaque de cuisson au gaz, à maçonner un fourneau à l’ancienne directement sur le carrelage de la cuisine, puis à percer un trou dans le mur pour y installer une cheminée d’aération. En effet, ils ne peuvent se passer du plaisir de voir les flammes lécher l’intérieur du fourneau. C’est cela le vrai bien-être pour eux ! Ils continuent également à accrocher des panneaux de bambou portant des inscriptions de bon augure à l’extérieur de leurs fenêtres ou un miroir tout en haut de leurs immeubles [censé chasser les mauvais esprits].

Pour abstrait que soit le terme de “pays natal”, il évoque des scènes très concrètes, comme celles des funérailles. Liang Hong, universitaire à la faculté de chinois de l’Institut d’études politiques de la jeunesse chinoise, explique que, dans ces villages et petites villes complètement reconstruits, les villageois continuent parfois de procéder aux funérailles comme autrefois, sauf que la cérémonie, qui se déroulait jadis en pleine campagne, ne peut désormais avoir lieu qu’au beau milieu du flot ininterrompu des voitures du centre-ville. Chaque fois qu’elle voit ce genre de scènes, Mme Liang ne peut s’empêcher de lui trouver un côté absurde


*


NOUVEL AN Plus de 3 milliards de voyages

Comme d’habitude, avant les congés du nouvel an chinois, les 153 millions de migrants s’arrachent les cheveux pour acheter un ticket de transport. Cette année, pour la première fois, le nombre de déplacements en Chine à l’occasion de ce nouvel an a franchi le cap des 3 milliards. Le service des chemins de fer a estimé que 235 millions de passagers empruntent le train à cette occasion. Quant aux voyageurs qui ont le portefeuille mieux garni, l’Administration générale de l’aviation civile en a compté 34,9 millions pour ce nouvel an du Dragon, soit une augmentation de 7 % par rapport à 2011.

Cette année, le ministère des Chemins de fer a lancé pour la première fois les réservations de billets par téléphone et sur le web, espérant faciliter leur achat. Cependant, la majorité de ces migrants étant des ruraux qui ne maîtrisent pas l’informatique, cette nouvelle mesure s’est transformée en épreuve supplémentaire pour

eux. Elle a même réduit leurs chances d’accéder à un titre de transport par les moyens traditionnels, à savoir faire la queue ! Sans compter que, dès l’ouverture des réservations, le nombre de visites du site a dépassé un milliard par jour – jusqu’à le paralyser !



Rentrer pour le nouvel an est une tradition pour les Chinois. Certains cherchent par tous les moyens à y arriver. Un ouvrier a fait la queue dans une gare pendant six jours et six nuits. Li Senlin, étudiant à l’Université de Suzhou (province orientale du Jiangsu), a parcouru 400 kilomètres à pied en neuf jours pour rejoindre sa famille pour le réveillon. Dans la province méridionale du Guangdong, où nombre de migrants travaillent dans des usines, une vague de 10 000 motos s’est dirigée vers les provinces voisines du Guangxi et du Hunan.




s : http://www.courrierinternational.com/article/2012/01/24/les-citadins-ont-la-nostalgie-de-leur-province

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 12h58
Télérama N° 3240 du 15 Février 2012



Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 23h37
Apple choisit une ONG controversée pour défendre ses sous-traitants iPhone

LEMONDE.FR | 15.02.12 | 07h53 • Mis à jour le 15.02.12 | 19h07

Il n'aura pas fallu vingt-quatre heures pour que les premières critiques tombent. Lundi 13 février, Apple avait annoncé que la Fair Labor Association (FLA), une ONG basée aux Etats-Unis, allait débuter des inspections dans la principale usine de son sous-traitant Foxconn, en Chine. Une réponse directe aux critiques récurrentes sur la manière dont sont traités les salariés chinois fabriquant les iPhones et autres iPads de l'entreprise, peu après la publication d'une enquête du New York Times et l'essor d'une pétition en ligne signée par plus de 200 000 personnes, demandant au géant des technologies de changer sa politique concernant les conditions de travail de ses sous-traitants.

Mais mardi, plusieurs ONG – dont Change.org, qui avait soutenu la pétition en ligne – critiquaient dans Wired le choix de la FLA, accusant l'organisation de manquer d'efficacité et d'être engoncée dans des conflits d'intérêts. "La FLA n'a pas un bilan très brillant concernant ses inspections", note dans le magazine Wired l'un des responsables de Sumofus.org, une ONG qui avait lancé une importante campagne de protestation contre Apple.

Au cœur des reproches adressés à la FLA se trouve son mode de fonctionnement. Lancée dans la foulée d'une initiative du président américain Bill Clinton, la FLA associe en effet les industriels aux militants : son conseil d'administration est composé à parts égales de représentants de l'industrie, de responsables associatifs et de représentants d'universités. Le Worker Rights Consortium, une autre association américaine, lui reprochait d'avoir choisi un code de conduite trop limité, qui ne comportait pas à l'origine d'engagements sur les droits des femmes – un manquement comblé depuis (PDF). D'autres organisations critiquent le choix de la FLA de ne pas rendre publique la liste des usines inspectées, à la demande des industriels, ce qui, avancent-elles, complique singulièrement leur travail de vérification.

INSPECTIONS SUR DEMANDE

La FLA n'est pourtant pas un simple paravent. L'ONG est dirigée par Auret van Heerden, un militant sud-africain torturé et incarcéré en raison de son engagement contre l'apartheid. L'ONG conduit chaque année plus d'une centaine d'inspections et publie tous les ans des rapports d'activité. Mais elle ne détaille pas pour quelle entreprise travaillaient les usines prises en flagrant délit de non-respect de son code – et si elle procède à des inspections-surprises, la plupart de ses enquêtes de terrain sont réalisées à la demande des entreprises, qui souhaitent s'assurer que leurs fournisseurs respectent les accords conclus.

C'est dans le cadre de ces "inspections sur commande" que les inspecteurs de la FLA ont commencé, lundi, leur visite à Foxconn. "Nous avons demandé à la FLA d'évaluer de manière indépendante la performance de nos plus gros sous-traitants", avait déclaré dans un communiqué, lundi, le PDG d'Apple, Tim Cook. "Ces inspections sont sans précédent dans le secteur de l'électronique, à la fois par leur ampleur et leur périmètre, et nous apprécions que la FLA ait accepté de déroger à sa règle et de nommer les usines concernées dans son rapport", se félicitait-il.

Tout juste un mois plus tôt, le 13 janvier, Apple avait annoncé une autre première : l'entreprise devenait la "première entreprise de l'électronique à rejoindre les rangs de la FLA". Apple s'engageait ainsi à respecter le code de l'organisation. Mais si l'entreprise est la première société du secteur des nouvelles technologies à rejoindre la FLA, ce n'est pas tant parce que le reste du secteur n'est pas impliqué dans la question des droits des travailleurs, mais parce que la FLA, comme la plupart des autres ONG américaines du même type, est née des suites d'un mouvement politique qui concernait… les équipementiers sportifs.

TRAVAIL DES ENFANTS ET BASKETS

A la fin des années 1990, les campus américains se passionnent pour la question de la sous-traitance : des reportages dévoilent les conditions de travail honteuses chez les sous-traitants qui fabriquent des baskets pour les géants du secteur. Or, Nike ou Adidas disposent d'accords de promotion avec la plupart des universités américaines : ces marques sponsorisent les équipes universitaires de basket-ball ou de football américain, et en échange peuvent afficher leur logo sur les uniformes et dans les stades.

Des groupes d'étudiants y voient un moyen de pression idéal pour forcer les géants du sport à améliorer leurs pratiques et organisent des campagnes de boycott, font circuler des pétitions, organisent des sit-in… La United Students Against Sweatshops (USAS, Union des étudiants contre les sweatshops) obtient un écho national, et parvient à fédérer plus de 250 universités qui acceptent de soutenir sa plateforme – axée notamment sur l'interdiction du travail des enfants. L'USAS participera ensuite à la création du Worker Rights Consortium.

En parallèle, les équipementiers réagissent… Et participent à la création de la FLA, ce qui explique pourquoi les autres organisations la considèrent avec une grande méfiance ; des représentants d'Adidas et de Nike siègent toujours aujourd'hui au conseil d'administration de la FLA. Mais malgré la volonté affichée des équipementiers de mettre fin aux mauvais traitements des employés de leurs sous-traitants en Chine, au Vietnam ou en Indonésie, la marge de progression est encore élevée. La presse américaine et l'USAS se font régulièrement l'écho de licenciements abusifs, de refus de primes de licenciement ou de conditions de travail illégales chez des sous-traitants des équipementiers sportifs.

Cet héritage historique des usines de baskets reste très présent au sein de la FLA. Au sortir de sa première inspection des usines Foxconn, mercredi, le président de la FLA a estimé que les conditions de travail étaient "très au-dessus de la moyenne chinoise". Il s'est aussi étonné des différences qu'il a constatées avec les usines textiles : "j'ai été très supris, lorsque j'ai visité l'usine, de voir combien elle était calme par rapport à une usine de vêtements (...). Les risques principaux ne semblent pas être l'intensité et la pression que l'on ressent dans une usine de vêtements. Ils portent plus probablement sur la monotonie, l'ennui, ou peut-être l'aliénation", a-t-il déclaré.

Puissant et bien organisé, le mouvement anti-sweatshops continue de peser dans la vie politique américaine, mais restait, jusqu'à récemment, très concentré sur les producteurs de matériel sportif. Mais si le mouvement s'est symboliquement emparé des baskets dans les années 1990 – un objet que possédaient tous les étudiants – il se tourne de plus en plus vers Apple : outre l'omniprésence des iPods et iPhones dans les chambres d'étudiants, la marque à la pomme partage, avec Nike et Adidas, l'autre condition qui a fait le succès des campagnes de l'USAS : des liens financiers avec les universités, gros consommateurs des ordinateurs Mac de l'entreprise.

Damien Leloup

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 15 Février 2012 23h48
Mais qui est donc ce Jérémy Lin qui enflamme la NBA et les Etats-Unis ?

Basket-ball mardi 14 février 2012


s : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Mais-qui-est-donc-ce-Jeremy-Lin-qui-enflamme-la-NBA-et-les-Etats-Unis-_53907-2044636_filDMA.Htm


Connaissez-vous Jérémy Lin ? Il y a une semaine, ce jeune basketteur de 23 ans était encore inconnu aux yeux des Américains. Il fait aujourd’hui la « Une » de quasiment tous les journaux outre-atlantique et fait figure de nouvelle tête de gondole de la NBA. Portrait d’un phénomène sportif et médiatique…

Une ascension éclair

C’est une histoire comme les aiment les Américains. L’histoire d’un jeune inconnu, sur qui personne n’aurait parié, mais qui a su surmonter les obstacles pour atteindre ses objectifs. C’est l’histoire de Jeremy Lin, diplômé d’Harvard et premier Américain d’origine asiatique à jouer en NBA, alors que tout s’y opposait…
Il n’aura fallu à Jérémy Lin qu’une poignée de matches pour réveiller New-York et enflammer les Etats-Unis. Une opportunité qu’il doit à un concours de circonstance malheureux. Lui, le remplaçant, du remplaçant, du remplaçant… au poste de meneur de jeu a vu sa chance arriver le 4 février dernier. Cette chance, il la doit à la malchance des trois autres meneurs de l’équipe qui se sont blessés tour à tour. Lui laissant le champ libre.

Pour son « véritable » premier match, face aux New Jersey Nets, Lin est étincelant. Il score 25 points et délivre 7 passes décisives. Suffisant pour que son entraîneur le titularise pour le match suivant. De nouveau, Lin est brillant (28 points et 8 passes décisives). Le buzz commence à « monter ». D’Autant que se profile un choc au Madison Square Garden (la salle de New York) face aux Los Angeles Lakers et leur star Kobe Bryant.




C’est véritablement lors de ce match que Lin crève l’écran. Dans un Madison Square Garden surchauffé, il surpasse Kobe Bryant en inscrivant 38 points et en délivrant 7 passes décisives pour une victoire de New York (92-85). Le match suivant, face à Minnesota, il confirme en inscrivant 20 nouveaux points.
Sous sa houlette, les Knicks ont remporté leurs cinq derniers matches. Et, à lui tout seul, en l’absence des deux stars de l’équipe (Stoudemire et Anthony) Jérémy Lin a ressuscité les espoirs de tout New York de voir les Knicks participer aux phases finales de la NBA.

Une « success story » à l’américaine

Il y a une semaine, Jeremy Lin était un illustre inconnu aux yeux du grand public américain. Et il aurait pu (du ?) en rester ainsi. Bon joueur de basket au lycée de Palo Alto, en Californie, il ne reçoit pourtant pas de bourse pour poursuivre le basket au niveau universitaire (le sésame pour espérer intégrer la NBA un jour). Élève brillant, il parvient, tout de même, à intégrer l’université de Harvard (pas vraiment réputée pour son programme de basket universitaire). Il y poursuit des études d’économie tout en jouant au basket.



Comme au lycée ses performances sont très bonnes, parfois même brillantes. Il devient le premier joueur de sa conférence (aux Etats-Unis les universités sont regroupées en conférence et s’affrontent dans différents sports) à cumuler au moins 1450 points, 450 rebonds et 400 passes décisives. Et lors de sa dernière année, Harvard bat son record de victoires en une saison. Un joli pied de nez aux chants racistes qu’il peut entendre, parfois, lors de ses matches.
Mais tout cela n’est toujours pas suffisant pour attirer l’œil des recruteurs de la NBA, qui le snobent. Il sort d’Harvard un diplôme d’économie en poche… mais toujours sans équipe de basket. « Être asiatique, non drafté, et sortir de Harvard, cela limitait mes chances d’aller en NBA. Mais je n’avais pas de plan B », explique-t-il.
Pourtant il persévère. Et rejoint une Summer League (Ligue d’été), l’équivalent français des détections, où des joueurs viennent se « vendre » devant les recruteurs des principales équipes NBA. Il y est repêché, in-extremis, par les Golden State Warriors, à l’été 2010.

Mais ces derniers ne lui donnent pas vraiment sa chance et décident de le « couper » (virer) le 9 décembre dernier… Le 12 du même mois, il est embauché par les Houston Rockets. La fin de la galère ? Pas du tout, il est viré le 24. Avant de finalement, atterrir aux Knicks trois jours plus tard… Les joies du « sport-business » américain ! Vagabond du basket, Lin n’a même pas de logement à New York, à son arrivée. Il dort soit sur le canapé de son frère, soit chez un coéquipier.
Et sa situation au Knicks n’incite guère à l’optimisme : arrivé avec le statut de quatrième meneur, il cire le fond du banc et joue peu (ne dépassant qu’à une seule reprise les 10 minutes passées sur le parquet). Il est même envoyé pour jouer en équipe réserve. Et puis les multiples blessures des autres meneurs font qu’il est rappelé pour le match face au New Jersey Nets, début février. Vous connaissez la suite…


Lin peut-il tenir la distance ?


Voilà la question à un million d’euros… Celle que se posent tous les analystes de la NBA en ce moment. Pendant combien de temps Lin va-t-il pouvoir maintenir un tel niveau de performance ? D’autant que les deux stars de son équipe, Amare Stoudemire et Carmello Anthony, vont bientôt retrouver les parquets. Lin, qui a tenu l’équipe à bout de bras pendant leur absence, va-t-il pouvoir faire durer le rêve ?
En préalable à cette question, il faut s’en poser une autre : pourquoi Jeremy Lin a-t-il explosé si soudainement ? Au-delà du simple concours de circonstance, pour Kobe Bryant, la réponse est simple : « Les qualités [de Lin] étaient pourtant là auparavant, il fallait juste savoir les repérer. »

John Hollinger, grand gourou de la NBA, pour le site spécialiste du sport américain ESPN, lui, ne cherche pas d’explication : « Parfois, les choses les plus extraordinaires qui se produisent dans le sport (ou dans la vie) sont celles qui ne peuvent s’expliquer de manière rationnelle. »

Mais alors : « Can he keep this up (Va-t-il pouvoir maintenir ce niveau) », comme se le demande ESPN ? Les exemples de joueurs « météores » qui se sont écrasés aussi vite qu’ils ne s’étaient envolés sont nombreux dans le sport. En particulier aux Etats-Unis. Et comme le fait remarquer, malicieusement, Tony Parker dans l’Equipe, ce mardi : « S’il jouait n’importe où ailleurs [qu’à New York] on n’en aurait pas parlé autant ».
Pour l’instant, alors que les spéculations vont bon train, les spécialistes de la NBA sont réservés. Comme tous les acteurs et observateurs de la NBA, ils n’ont pas su déceler le talent de Lin. Résultat, ils préfèrent se garder, de donner des avis trop hâtifs sur la question. Reste l’opinion de l’intéressé : « J’essaie de jouer avec cœur et émotion. Mais je n’ai rien prouvé pour l’instant. » Et de conclure tout simplement : « Pour l’instant je veux juste continuer à vivre mon rêve ».


Romain Lecompte




Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 17 Février 2012 13h39
Elections à Hongkong : le candidat soutenu par Pékin sème la consternation

LEMONDE.FR avec AFP | 17.02.12 | 11h19 • Mis à jour le 17.02.12 | 11h28


Critiqué pour des travaux illégaux réalisés dans une de ses propriétés, le candidat soutenu par Pékin pour diriger le territoire de Hongkong à partir de mars a semé la consternation parmi ses partisans en rendant sa femme responsable de tout. "C'était l'idée de ma femme et je savais que c'était illégal. Mais comme notre mariage traversait un passage difficile, je n'ai pas agi assez rapidement. J'assume toute la responsabilité de cet incident", a déclaré à la presse, jeudi 16 février, Henry Tang Ying-yen, actuel numéro deux du gouvernement de Hongkong, avec à ses côtés son épouse en larmes. Il a indiqué qu'il n'abandonnerait pas la course.

Depuis plusieurs jours, la presse de Hongkong rapportait des détails sur les aménagements luxueux conduits dans un des logements du couple, sans permis des autorités : cave à vin, bain japonais, salle de gym, sur plus de 200 m2... Les déclarations de M. Tang ont fait lever quelques sourcils.

"Il avait dit [précédemment] qu'un homme doit avoir les épaules solides, mais son attitude – rejeter la faute sur sa femme – est inadmissible", a déclaré au South Morning China Post le député représentant la Fédération des syndicats, Wong Kwok-kin.

CRITIQUÉ

Henry Tang, héritier d'une fortune acquise dans le textile, avait été très critiqué pour avoir réprimé les manifestations pacifistes à Hongkong lors de la visite d'un haut dirigeant chinois en août 2011. Lors du lancement de sa campagne, il avait dû avouer avoir trompé sa femme, Lisa Kuo Yu-chin, épousée il y a vingt-sept ans. La presse estime depuis plusieurs mois que Pékin a choisi Henry Tang pour succéder à Donald Tang au poste de chef de l'exécutif de Hongkong, dont le mandat expire fin mars. L'élection se déroulera le 25 mars, au sein du comité électoral, une instance forte de 1 200 membres supposés représenter les 7 millions de Hongkongais et dont beaucoup sont fidèles à Pékin.

Hongkong, ancienne colonie britannique, a été rendue à la Chine en 1997. Le territoire a conservé sa propre devise et son système politique et judiciaire, selon un modèle baptisé "un pays, deux systèmes". Ses habitants jouissent d'une liberté de parole inconnue sur le continent, mais les activistes se plaignent d'une tolérance en recul ces dernières années.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 17 Février 2012 13h46
Le textile chinois est concurrencé par les produits du Bangladesh et du Vietnam
LE Monde | 16.02.12 | 16h15


Peut-on faire fabriquer en France, en moins de quinze jours, près de 15 000 tee-shirts à l'effigie d'un candidat à l'élection présidentielle ? A en croire les professionnels, les délais seraient plutôt de trois à quatre semaines. Une agence spécialisée, mandatée par un candidat, sonde en ce moment plusieurs industriels, aussi bien dans le Nord que dans l'Ouest, mais aucun choix n'est encore arrêté.

Dans l'Hexagone, les plus de 61 millions de tee-shirts importés entre janvier et décembre 2011 étaient fabriqués majoritairement au Bangladesh (à 28 %), mais aussi en Chine (13 %), en Turquie (12 %) et en Inde (11 %), selon une étude de la fédération de la maille et de la lingerie, réalisée à l'occasion du Salon Zoom by Fatex, qui a eu lieu à Villepinte (Seine-Saint-Denis) du 14 au 16 février.

Directement liée au prix du coton et au coût de la main-d'oeuvre spécialisée dans le textile, la provenance d'un tee-shirt met en évidence les effets de la mondialisation et des aléas de la politique internationale sur le "sourcing" (l'approvisionnement et la confection textile à l'étranger).

Selon cette étude, les tendances du sourcing mondial en 2012 vont évoluer au détriment de la Chine, même si ce pays reste, de loin, le principal exportateur de textile en Europe (avec 31 milliards d'euros en 2011). "Il va devenir de plus en plus difficile de travailler avec la Chine", affirme l'une des auteurs de l'étude, Anne-Laure Linget.

L'augmentation du coût de la main-d'oeuvre chinoise est l'une des raisons essentielles : le salaire mensuel oscille entre 188 et 300 euros, loin devant ce qui se pratique au Bangladesh, qui reste le moins cher de la planète, à près de 80 euros par mois en moyenne.

La question de la disponibilité de la main-d'oeuvre pourrait se poser rapidement, dans la mesure où l'industrie textile ne fait pas partie des secteurs prioritaires du plan quinquennal chinois. "Après chaque Nouvel An chinois, les industriels savent qu'entre 20 % et 50 % de leurs ouvriers ne reviennent pas", souligne Mme Linget. Ce qui engendre forcément des incertitudes sur les délais de livraison des collections.

De plus, les industriels chinois se concentrent, plus qu'avant, sur la demande nationale. La consommation de coton en Chine a plus que doublé en dix ans. Face à l'accroissement de la demande interne, les industriels chinois ont tendance à délaisser les clients internationaux qui ne commandent pas des volumes suffisants.

D'autres pays profitent de cette remise à plat. Au niveau européen, l'étude souligne que les importations de textile en provenance du Bangladesh, du Pakistan et du Vietnam ont "considérablement augmenté". L'Egypte, malgré sa révolution, a continué à exporter davantage en Europe.

"ON A SAUVÉ LES MEUBLES"

En France, la même tendance est constatée entre janvier et novembre 2011: le Bangladesh enregistre une hausse de 26 %, le Pakistan de 29 % et la Bulgarie, même si elle reste très faible en valeur, enregistre une belle progression de 56 %.

De même, le "printemps arabe" n'a apparemment pas affecté les commandes. "On a sauvé les meubles", affirme l'industriel tunisien Habib Miled. Même si, sans ces événements, "la Tunisie aurait gagné 20 % de commandes françaises en plus, prises aux Chinois", selon lui.

Sur le Salon, une délégation de confectionneurs tunisiens a fait part de son agacement vis-à-vis de son grand concurrent, la Turquie, qui bénéficie d'un accord d'union douanière avec l'Europe : les tissus achetés en Chine et cousus en Turquie sont exemptés de droits de douane quand ils arrivent en Europe. Pour les Tunisiens, cette situation est "inéquitable et très pénalisante". Tout comme la récente autorisation, par l'Union européenne, d'exempter le Pakistan de droits de douane sur l'importation de textile en Europe, pour l'aider à surmonter un préjudice lié à une catastrophe naturelle. "C'est un scandale", juge Jean-François Limantour, président du cercle euro-méditerranéen des dirigeants du textile-habillement, qui rappelle que les inondations datent de... juillet 2009.

Nicole Vulser
Article paru dans l'édition du 17.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 17 Février 2012 13h59
L'Amérique veut plus de Chine

Le Monde | 16.02.12 | 13h59 • Mis à jour le 17.02.12 | 10h14

Avant même d'être intronisé à Pékin, l'homme qui va diriger la Chine passe par Washington. C'est devenu une tradition. Elle relève de la visite à la belle famille, geste de courtoisie et d'hommage à la seule superpuissance que reconnaissent les Chinois. Elle est aussi à usage intérieur : l'entretien à la Maison Blanche achève de donner sa stature impériale au candidat désigné.

Xi Jinping est cette semaine à Washington. A 58 ans, l'actuel vice-président chinois est programmé pour le pouvoir suprême, celui qu'occupe encore pour quelques mois le discret Hu Jintao. M. Xi doit être nommé secrétaire général du Parti communiste chinois en octobre, à l'occasion du dix-huitième congrès. Il présidera alors la Commission militaire centrale, puis sera appointé à la présidence du pays en 2013. Fort de ce triple imprimatur - celui du parti, de l'armée et de l'Etat - il dirigera la Chine, le temps de deux mandats quinquennaux.

L'étape de Washington est le prélude à cette lente accession aux commandes de la deuxième puissance économique mondiale. Elle marque la relation privilégiée qui unit la Chine aux Etats-Unis, le drôle de tango que dansent ces deux-là : embrassade obligée du fait d'une interdépendance économique et financière croissante, succédant à d'inévitables moments de défiance, voire de franche hostilité, entre la superpuissance installée et celle qui pourrait guigner sa place.

M. Xi a beaucoup pour séduire l'Amérique. L'allure générale est à l'opposé de celle du président Hu, caricature d'apparatchik policé, fines lunettes, coiffure au cordeau, maintien discret. Le futur président chinois a une dégaine à la John Wayne, haute silhouette, une certaine nonchalance cultivée, des épaules de costaud, l'humeur volontiers joviale.

Il appartient à l'aristocratie de ceux qu'on appelle à Pékin les princelings, les enfants des ex-dirigeants maoïstes. Il est né après la création de la République populaire de Chine en 1949. Il a voyagé, il s'est déjà rendu plusieurs fois aux Etats-Unis, sa fille est étudiante à Harvard. Un frère vit à Hongkong, une sœur au Canada.

Méfiance : pareil CV est la marque d'une nouvelle génération de dirigeants, pas nécessairement la promesse de nouvelles orientations. Avec Xi Jinping, les Etats-Unis ne s'attendent pas à un Gorbatchev chinois ; ils aimeraient sortir de l'immobilisme qui a marqué le mandat de M. Hu. Sur les dossiers économiques et stratégiques, M. Xi arrive au pouvoir à un moment où les relations sino-américaines traversent une phase difficile.

Depuis quelques années, les campagnes électorales aux Etats-Unis résonnent d'une volée de slogans antichinois. La Chine est accusée d'avoir dérobé des millions d'emplois aux Américains et d'être, à tous points de vue, un concurrent déloyal. Cité par Fareed Zakaria dans Time (28 novembre 2011), un récent sondage Pew estime que "plus de la moitié des Américains voient la croissance de la Chine comme une mauvaise chose pour les Etats-Unis".

Mais il y a, cette fois, un élément nouveau : "Les milieux d'affaires, qui plaident traditionnellement pour de bonnes relations avec la Chine, sont en train de changer de camp." "A un état d'émerveillement béat vis-à-vis de la Chine succède chez les gensd'affaires américains, écrit Zakaria, un état d'inquiétude devant la politique menée à Pékin" - firmes chinoises privilégiées par rapport aux autres, marchés publics hermétiques, refus de faire respecter la propriété intellectuelle, doutes sur la protection des investissements étrangers, etc.

Le volet stratégique de la relation n'est plus apaisé. Paradoxalement, Washington reproche à Pékin trop de timidité sur la scène internationale. La diplomatie Hu a été celle que préconisait le père de l'ouverture économique chinoise, Deng Xiaoping : profil bas et non-interventionnisme. Elle a d'abord pour objet d'assurer l'approvisionnement énergétique du pays.

La Chine est à l'extérieur une puissance du statu quo, hyperconservatrice. La scène internationale idéale pour Pékin : un monde où aucun régime ne change ! Héritière du maoïsme, la République populaire de Chine abhorre révoltes, révolutions et autres guérillas, tout ce qui, d'une façon ou d'autre, peut venir perturber l'ordre international et, par ricochet, son propre développement.

La Chine a sacralisé le principe de souveraineté des nations : elle est contre les sanctions économiques (à de très rares exceptions près) et contre toute ingérence militaire. Ce n'est pas seulement le désir de se protéger elle-même des critiques contre la politique qu'elle mène à l'intérieur de ses frontières, au Tibet et au Xinjiang, notamment. C'est aussi une vraie prudence, le souci de digérer une puissance économique si rapidement acquise et qu'elle ne sait, ni ne semble d'ailleurs vouloir transformer en prépondérance politique (sauf en mer de Chine méridionale).

C'est encore le privilège qu'elle s'accorde ainsi de bénéficier d'un ordre international qui lui a profité sans qu'elle ait à y contribuer : qu'il s'agisse de la lutte contre le terrorisme, du combat contre la prolifération nucléaire ou de la stabilité du Proche-Orient, la Chine ne fait rien, ou presque.

Elle s'étonne qu'on ose lui reprocher cette passivité succédant à l'activisme révolutionnaire maoïste. "Il y a certains étrangers au ventre plein qui n'ont rien de mieux à faire que de nous pointer du doigt", a lancé M. Xi, à un parterre d'Occidentaux lors d'une conférence à Mexico, en février 2009. "La Chine n'exporte pas la révolution, ni la faim ni la pauvreté, pas plus qu'elle ne vous flanque la migraine", a-t-il poursuivi, avant de lancer : "Alors, qu'est-ce que vous voulez de nous ?"

Barack Obama lui dira gentiment qu'il veut une Chine plus active sur la scène internationale, notamment au Proche-Orient ; une Chine qui participe à la lutte contre la prolifération nucléaire en ne torpillant pas les sanctions contre l'Iran ; une Chine moins suiviste à l'égard de la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU ; une Chine plus enthousiaste dans la lutte contre le réchauffement climatique, etc. L'Amérique veut plus de Chine, pas moins.

frachon@lemonde.fr

Alain Frachon (International)
Article paru dans l'édition du 17.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 19 Février 2012 12h33
L’opéra cantonais de Hong Kong va survivre


Par RFI

L’opéra cantonais n’a pas dit son dernier mot à Hong Kong. Le théâtre Sunbeam qui accueillait des spectacles d’opéra cantonais depuis 40 ans et qui devait fermer ses portes vient d’être sauvé par un accord de toute dernière minute.



Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy

Les adieux au théâtre de Hong Kong qui accueillait depuis quarante ans des spectacles d’opéra de Canton étaient pour ainsi dire terminés. « Le rideau est tombé pour la dernière fois au théâtre de North point » titre dimanche un magazine du week-end, imprimé avant qu’un accord de dernière minute ne permette de continuer les représentations au théâtre Sunbeam, seule salle de Hong Kong où cet art classé patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco était présenté.

L’immeuble qui abritait cette salle vétuste mais indéniablement historique devait être transformé en centre commercial. C’est le lot de nombreuses institutions que rien ne protège de la spéculation immobilière. Pas même l’attachement populaire profond ou l’indignation publique. Le gouvernement qui avait modestement aidé le théâtre par le passé n’est pas intervenu pour le sauver mais selon le directeur de la compagnie de théâtre, Li Kui-ming, le propriétaire lui a finalement offert un nouveau bail, au tarif, dit « raisonnable » de 100 000 euros par mois.

La spéculation immobilière à Hong Kong fait sans cesse disparaître des icônes de la ville, qu’il s’agisse de restaurants historiques ou de pharmacies traditionnelles. Les centres commerciaux et les magasins de montres offrent des rendements bien meilleurs aux propriétaires fonciers.

Un art centenaire

L'opéra cantonais, auquel les Chinois vouent une véritable passion est issu de plusieurs formes de musiques et d’opéra. Le Yueju est pratiqué depuis trois siècles dans le sud de la Chine, à Canton, Hong Kong et Macao. Ses acteurs, richement grimés, sont accompagnés par les cinq instruments à cordes traditionnels chinois, ainsi que par le tambour et le gong, typiquement cantonais. Basé également sur les arts martiaux, l’opéra cantonais s’inspire de récits épiques, de l’histoire impériale, mais aussi de la vie quotidienne d’une Chine que les Chinois rêvaient éternelle.



Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 19 Février 2012 12h34
L’OPÉRA CANTONAIS DE HONGKONG NE VERRA PAS LE PRINTEMPS

Publié le 19 février 2012



WEBASIES.COM avec BEH Lih Yi (AFP) | 19.2.12 |



Le dernier opéra cantonais de Hongkong, condamné à devenir un centre commercial, donne ses ultimes coups de gong. Un « drame » pour les amateurs de cet art séculaire, patrimoine immatériel de l’humanité, qui sera sans lieu dédié pendant plusieurs années.

Symbole de la permanence des traditions chinoises sur cet ancien territoire britannique devenu un sanctuaire de la finance mondiale, le Sunbeam Theatre (théâtre du rayon de soleil) faisait salle comble à chaque représentation depuis son ouverture en 1972.

Mais après des années de résistance contre la spéculation immobilière, le rideau tombe. La dernière, à guichet fermé, est programmée pour dimanche. Et les premiers coups de pioche dans la foulée.

« C’est un drame pour l’opéra cantonais », se lamente le célèbre acteur et metteur en scène Yuen Siu-fai.

« Nous perdons un trésor culturel, notre principal théâtre. Où allons-nous aller? C’est une nouvelle illustration de notre incapacité à préserver nos bâtiments historiques », dénonce-t-il.

L’opéra cantonais, ou « Yueju », est pratiqué depuis trois siècles dans le sud de la Chine, à Canton (Chine continentale), Hongkong et Macao, où se parle le cantonais.

Issu de plusieurs formes de musique et d’opéra, il est joué par des acteurs richement grimés et costumés, accompagnés par les cinq instruments à corde traditionnels chinois, ainsi que par le tambour et le gong qui représentent l’apport cantonais.

Il fait également appel aux arts martiaux et s’inspire de récits épiques, de l’histoire impériale mais aussi de la vie quotidienne d’une Chine que les Chinois rêvaient éternelle.

Le Yueju figure depuis 2009 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, au même titre que le théâtre d’ombres chinoises (2011), l’opéra de Pékin (2010) et la calligraphie (2009).

Le Sunbeam Theatre est désormais la propriété d’un riche homme d’affaires, Francis Law, qui l’a acquis en 2003 via sa société d’investissement Toyo Mall, dans l’intention d’en faire un temple du shopping dans une ville qui ne les compte plus.

La direction du théâtre est parvenue à repousser les bulldozers à plusieurs reprises mais elle n’a pas pu éviter une flambée de son loyer: en 2009, il a été multiplié par deux, pour atteindre 700 000 dollars de Hongkong (68 000 euros) par mois.

Un porte-parole de Toyo Mall a affirmé qu’aucune décision définitive n’avait été arrêtée quant à la conversion du site, démentant les informations évoquant l’érection d’un centre commercial.

La direction du théâtre a refusé les demandes d’interview, estimant que la fermeture était une « décision purement commerciale ».

« La valeur patrimoniale et historique d’un bien devrait primer sur sa valeur commerciale », affirme Yuen Siu-fai. « New York et Londres ont aussi des loyers astronomiques, mais vous savez combien de théâtres ils ont ? ».

Les billets pour les dernières représentations au Sunbeam Theatre sont partis comme des petits pains, témoignant de l’intacte popularité du Yueju.

La pièce finale raconte l’histoire de Bao, un magistrat honnête qui défend une justice intègre.

Après la fermeture du Sunbeam Theatre, les troupes de Yueju joueront dans des salles pluridisciplinaires de Hongkong, en attendant l’ouverture en 2016 d’un grand centre culturel qui comprendra un opéra de 1 100 places.


Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 19 Février 2012 12h35
LA CHINE PÈSE DE PLUS EN PLUS LOURD SUR LES MARCHÉS AGRICOLES

Publié le 19 février 2012


WEBASIES.COM avec Marion THIBAUT (AFP) | 19.2.12 |


La Chine, qui est déjà un acteur majeur des échanges mondiaux de soja et de coton, était encore jusqu’à peu autosuffisante en céréales mais la situation change et bouleverse les équilibres des marchés agricoles, selon les experts.

« La Chine est un pays majeur dont la moindre intervention sur la scène internationale fait bouger les cours et cela devrait encore se renforcer dans les années à venir », estime Benoît Labouille, analyste pour Offre et Demande Agricole (ODA), société française de conseil aux professionnels du secteur.

L’ex-empire du Milieu a déjà renversé le marché du soja avec des importations qui ont triplé depuis 2004 pour atteindre aujourd’hui 60% des échanges mondiaux.

Jusqu’ici, la Chine a tout mis en oeuvre pour ne pas devenir importateur net en céréales.

Mais « elle arrive au bout d’un modèle et nous assistons aujourd’hui à une cassure comme le montre clairement le récent accord conclu avec l’Argentine », constate Joséphine Hicter, analyste matières premières chez Oaks Fields Partners.

Pékin et Buenos Aires ont signé cette semaine un accord pour l’exportation de maïs argentin. Une première puisque la Chine, deuxième producteur mondial derrière les Etats-Unis, n’importait jusqu’à l’an dernier quasiment pas de maïs.

Tout a changé avec la hausse de la consommation de viande des Chinois.

« Comme il faut sept protéines végétales pour produire une protéine animale, la multiplication des troupeaux entraîne mécaniquement une envolée de la consommation de maïs notamment », explique Mme Hicter.

Pour tous les experts, cette arrivée de la Chine dans les échanges mondiaux de maïs est « irréversible ».



Raréfaction des terres disponibles


« Pour l’instant, les volumes que la Chine importe », évalués pour 2011-12 à 4 millions de tonnes, « restent minimes au regard des échanges mondiaux (92 millions de tonnes) mais c’est plutôt leur progression qui nous met en alerte d’autant plus que la situation mondiale en maïs est extrêmement tendue », explique Hélène Morin de la société Agritel.

La situation en blé est moins inquiétante puisque le pays disposerait de 60 millions de tonnes de réserves stratégiques, un chiffre qui équivaut à la moitié de sa production annuelle et surtout à 30 % des réserves mondiales.

Toutefois, certains analystes estiment qu’après le maïs, c’est l’approvisionnement en blé qui pourrait devenir problématique.

Avec plus de 1,3 milliard d’habitants et une consommation alimentaire qui évolue, la Chine se heurte à un problème de plafonnement de sa production agricole.

Le pays a déjà nettement amélioré ses rendements notamment grâce à une importante consommation d’engrais mais Pékin est confronté à un problème de raréfaction des terres agricoles disponibles.

En effet, la pollution des sols et l’érosion liée à la déforestation rend une partie des terres impropres à la production agricole et le pays se heurte à un problème de gestion de l’eau.

Seule solution pour le pays: aller chercher des terres arables hors de Chine, d’où une course aux terres en Afrique, en Nouvelle-Zélande et aux Philippines.

Dans ce contexte, le pays a encore dû concéder l’an dernier une brèche dans sa politique d’autosuffisance en important du blé fourrager d’Australie, de nouveau pour l’alimentation animale.


Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 19 Février 2012 12h39
Comment la Chine développe son armée à marche forcée

LEMONDE.FR | 17.02.12 | 20h29 • Mis à jour le 17.02.12 | 20h39

Le budget de défense chinois devrait atteindre 238,2 milliards de dollars en 2015, soit 180,8 milliards d'euros : c'est le chiffre avancé par le groupe américain de recherche IHS dans une étude parue mardi 14 février. Le budget actuel atteignant 119,8 milliards de dollars (91 milliards d'euros), l'IHS estime donc qu'il aura une progression annuelle de 18,5 %. Des chiffres qui peuvent surprendre, puisque, d'après Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), le taux croissance le plus élevé jamais atteint par le budget de défense chinois est de 17 %, et qu'actuellement il doit avoisiner les 13 %.

Pour autant, la Chine essaie bien de moderniser son armée depuis plusieurs années. En août 2011, le rapport annuel du Pentagone sur l'armée chinoise (PDF) soulignait la modernisation accélérée de l'appareil militaire chinois. Amélioration ses systèmes radar, accroissement de sa flotte de sous-marins d'attaque et rénovation de ses navires de guerre : les mesures prises par Pékin inquiètent le ministère de la défense américain, qui craint un futur bouleversement des équilibres géopolitiques en Asie.

UN DÉSÉQUILIBRE RÉGIONAL

D'après l'étude de l'IHS, en 2015, les dépenses militaires chinoises dépasseront les budgets combinés des douze autres plus grandes puissances de l'Asie-Pacifique, qui devraient atteindre un total de 232,5 milliards de dollars. En réaction, la plupart des pays de la région ont également décidé d'améliorer leur appareil militaire, à l'image de l'Inde, qui a présenté son nouveau missile balistique Agni-4 le 26 janvier, et qui teste déjà un nouveau missile balistique intercontinental qui devrait lui permettre de transporter l'arme nucléaire comme la Russie, les Etats-Unis et la Chine.

Mais ce sont surtout les petits pays comme le Laos, le Vietnam et les Philippines qui devraient s'inquiéter de la montée en puissance de Pékin. Son objectif est d'étendre son hégémonie dans le sud de la mer de Chine. Dans cette zone, plusieurs heurts ont déjà éclaté avec l'armée américaine. Des incidents jusque-là sans trop d'importance, mais qui risqueraient de se multiplier, avec la modernisation de l'armée chinoise. "Pour le moment, la Chine a une grande volonté de puissance, mais peu de capacité opérationnelle, et c'est cela qui mène à des incidents qu'auraient évités de vrais professionnels. L'armée chinoise a un petit côté Robin des Bois, le petit malin qui s'attaque aux grands", analyse Jean-Vincent Brisset.

UNE ARMÉE OBSOLÈTE

Toutefois, "les Chinois sont dans un programme de rattrapage ; ils viennent de très loin", précise Jean-Vincent Brisset. En effet, l'armée populaire de libération chinoise (PLA) date de l'ère maoïste, et dispose d'un matériel assez obsolète. "En 2002, l'armée chinoise équivalait à la moitié de l'armée espagnole en termes de matériel et de formation. Aujourd'hui, elle a seulement rejoint son niveau. Les pilotes, en particulier, ne sont pas très bien formés", précise le chercheur.

Par ailleurs, le budget actuel de l'armée représente 40 000 dollars par an et par militaire, soit dix fois moins qu'un militaire américain. "La Chine doit avant tout améliorer le niveau de vie de ses soldats, pas tant la qualité du matériel". Pas vraiment de quoi inquiéter la puissance militaire américaine, qui dispose du budget le plus important au monde, avec 768 milliards de dollars (552,11 milliards d'euros) en 2011.

Delphine Roucaute

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 19 Février 2012 12h47
Yu, artiste chinoise, a tout quitté pour vivre à Denain avec l'homme de sa vie

dimanche 19.02.2012, 05:34 - PAR YVELINE COPIN


LE VISAGE DU DIMANCHE
Elle a tout quitté : son pays, sa famille, son boulot, pour suivre l'homme de sa vie. Yu Ai Hua a 34 ans. Elle est originaire de Nankin, l'ancienne capitale de Chine. En 2003, elle convole en justes noces avec un Français puis vient s'installer dans le Nord, à Denain. Depuis octobre 2011, l'artiste peintre a créé son entreprise.


Lorsque Yu a rencontré celui qui allait devenir son époux, elle venait de finir ses études et allait démarrer une belle carrière professionnelle dans la décoration intérieure et le design. Le destin en a voulu autrement.

Là-bas en Chine, elle rencontre Christophe Colette qui y travaille depuis un an pour le compte de la société Alstom de Raismes. Des liens forts se créent.
La belle histoire se termine par un mariage. Les deux tourtereaux convolent en justes noces le 26 décembre 2003.
« J'ai tout quitté, mon pays, ma famille, mon travail pour suivre mon mari en France, à Denain. J'ai eu l'impression de débarquer dans un autre monde. Le pays, la langue, les gens, la culture, tout était si différent » raconte Yu.
La naissance de leur fils, Florian, 7 ans, aujourd'hui, va lui permettre de mieux s'intégrer dans sa nouvelle famille et de retrouver une place dans la société.
Auto-entrepreneur
Grâce à la BGE de Denain et Marc-Henry Delzenne, près duquel, elle trouve écoute et conseils, elle crée son entreprise. Elle s'installe à son compte le 25 octobre 2011 en tant qu'artiste et se spécialise dans la réalisation de portraits. Elle vient d'ailleurs d'obtenir son certificat d'adhésion auprès de la maison des artistes de Paris. « J'ai commencé à faire des portraits pour la famille, les amis. Grâce au bouche à oreille, je me fais connaître. Maintenant, je travaille beaucoup sur commandes. Les personnes qui me contactent désirent faire un cadeau ou veulent garder un souvenir d'un proche disparu. Je peins des portraits à partir de photographies mais également des paysages, des fleurs... Là j'aime apporter ma petite touche asiatique. Ça plaît beaucoup. ». L'artiste a choisi un pseudo et signe ses toiles du nom de Lenna.
Elle voudrait maintenant prendre encore plus son envol et se faire connaître dans la toute la région et au-delà. Elle parle parfaitement l'anglais, un peu moins le français. Mais elle fait de gros progrès grâce à son mari et son fils qui lui donnent des cours particuliers.
Yu est une femme dynamique et moderne. Son souhait ? Passer le permis de conduire. La première étape est franchie. Elle vient de réussir le code, la conduite c'est pour dans quelques mois.
« Cela n'a pas été simple, je suis très heureuse de l'avoir obtenu du premier coup. Avec une voiture, je vais pouvoir être plus autonome. Grâce à ce job, je me sentirai plus utile. J'espère aussi gagner un peu d'argent. »
Contact : Tél : 03 27 24 13 90 ou 06 33 02 88 49.


s : http://www.lavoixpourlesfemmes.fr/actualites/portraits/2012/02/19/article_yu-artiste-chinoise-a-tout-quitte-pour-v.shtml

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 19 Février 2012 12h49
Apple : 25% de hausse des salaires en Chine, merci le New York Times

s : http://www.rue89.com/2012/02/19/apple-25-de-hausse-des-salaires-en-chine-merci-le-new-york-times-229524



Les ouvriers chinois qui fabriquent l'iPad et d'autres produits de consommation peuvent remercier le New York Times : trois semaines après une longue enquête dénonçant les conditions de travail chez Foxconn, sous-traitant d'Apple, HP, Amazon, Sony, Microsoft, ils vont avoir des hausses de salaire allant jusqu'à 25% !

La compagnie taiwanaise, qui emploie des dizaines de milliers d'ouvriers en Asie, en particulier en Chine continentale, a annoncé des hausses de salaire entre 16 et 25%, pour arriver à l'équivalent de 300 euros avant les heures supplémentaires. Celles-ci seront par ailleurs limitées.

L'enquête approfondie du New York Times, le mois dernier, ne révélait rien qui ne soit déjà connu, mais lui a donné une résonance sans précédent. Apple a aussitôt répondu en demandant à la Fair Labor Association, une ONG spécialisée, de procéder à un audit des conditions de travail chez Foxconn.

Cette démarche a été critiquée en raison des méthodes et des déclarations initiales de cette ONG.

Sans attendre l'audit

Sans attendre les résultats de cet audit, qui seront rendus publics dans les prochains jours, Foxconn a pris les devants en augmentant les salaires et en limitant les heures supplémentaires, deux des critiques soulevées par l'enquête du quotidien américain.

Foxconn a connu ces dernières années une série de suicides d'ouvriers, d'accidents du travail et de grèves en Chine qui sont venus contredire l'image cool projetée par Apple et les autres marques qui utilisent les services de ce sous-traitant.


D'autant qu'une analyse de la structure des prix d'un iPad, le dernier produit phare d'Apple, montre que le coût des salariés chinois pèse très faiblement dans la fabrication du produit : 2% à peine, selon The Economist !

Même avec les fortes augmentations promises, cela ne devrait pas peser exagérément sur le prix du produit livré aux consommateurs, surtout si l'on considère la part du profit d'Apple au passage : 30%.

Main d'œuvre plus chère

La situation à Foxconn a une plus grande visibilité que d'autres entreprises opérant en Chine en raison de l'identité de ses clients, des marques très grand public qui ont besoin de soigner leur image et sont particulièrement sensibles aux pressions de groupes d'opinion.

Elle n'est toutefois que le reflet d'une situation plus large en Chine, où les coûts salariaux sont en hausse, en raison des revendications des travailleurs et la difficulté de fidéliser une main d'œuvre d'origine rurale qui prend progressivement conscience de ses droits.



Coût et bénéfices d'un iPad (en anglais) (The Economist) :

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 19 Février 2012 12h52
Le samedi 18 février 2012
La Chine ouvrira son marché aux films américains

Associated Press
Washington


L'industrie cinématographique américaine et l'administration Obama ont toutes deux salué, samedi, la décision de la Chine visant à amenuiser les obstacles qui empêchaient les films tournés aux États-Unis de profiter du marché chinois en pleine croissance.

Le vice-président Joe Biden a parlé de «percée» et déclaré que l'accord «permettrait aux studios américains et aux réalisateurs indépendants d'accéder plus facilement que jamais au public chinois de plus en plus nombreux». Il a ajouté que cela viendrait soutenir «des milliers d'emplois américains dans l'industrie et autour de celle-ci».

L'entente a été annoncée vendredi lors de la visite californienne du vice-président chinois Xi Jinping, reçu par M. Biden. Obtenir un droit d'entrée sur le marché chinois est une priorité depuis longtemps pour Hollywood, et le chef de file du lobby de l'industrie, la Motion Picture Association of America, a fait savoir que l'accord «historique» ferait fortement augmenter l'ensemble des exportations américaines à destination de la Chine.

Il s'agit également d'une rare bonne nouvelle dans une relation commerciale qui s'est transformée en champ de bataille. L'administration américaine a fait pression à plusieurs reprises sur la Chine pour que celle-ci soit plus ouverte aux exportations américaines, particulièrement en laissant s'apprécier la valeur de sa monnaie, et d'en faire davantage pour lutter contre le piratage de films et d'autres propriétés intellectuelles.

Des responsables américains se sont plaints pour la première fois à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2007 à propos des restrictions sur l'importation de films, et l'OMC a tranché en faveur de Washington deux ans plus tard.

En vertu de l'accord, les réalisateurs américains pourront davantage distribuer leurs films à l'extérieur du monopole cinématographique géré par l'État chinois, obtiendront des conditions plus intéressantes en ce qui concerne les films en 3D et autres films en grand format, et recevront une plus grande part des profits pour les films distribués par des compagnies chinoises.

Le marché en question croît rapidement. Les revenus du box-office chinois ont atteint 2 milliards $ l'an dernier, indiquent des responsables américains.



s : http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/nouvelles/nouvelle-cinema/16730-la-chine-ouvrira-son-marche-aux-films-americains.html

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 20 Février 2012 01h30
Devenir une femme moderne en 240 heures chrono

La prestigieuse université Tsinghua à Pékin propose une formation sérieuse pour devenir une "femme du monde à la page", le tout à un prix exorbitant. Ce programme, qui fait des adeptes, a suscité une tempête sur la Toile.

17.02.2012 | Beijing Qingnian Bao


Les études durent une année et comportent 240 heures de cours portant notamment sur les matières suivantes: arts locaux, chefs d’œuvre classiques, critères d'appréciation des belles poteries et joyaux, éducation des enfants, cours de bonnes manières féminines ou encore se vêtir avec élégance. Les frais de scolarité s’élèvent à 48 000 yuans (environ 5 800 euros). Cette "formation supérieure pour femmes du monde à la page", proposée par l’Institut des Beaux Arts de la célèbre université Tsinghua à Pékin, est en train de recruter discrètement les étudiantes de sa deuxième promotion. Des internautes ont réagi à cette nouvelle publiée sur le microblog chinois Weibo en constatant avec amertume qu’"il est vraiment facile de gagner de l’argent avec les femmes !"

Sur le site de l’Institut des Beaux Arts de Tsinghua, nous avons consulté une brève présentation du cursus. La formation consiste en quatre jours de séminaires une fois tous les deux mois, à l’issue de laquelle les participants se voient remettre un diplôme de fin d’études délivré et certifié par le centre de formation pédagogique de l’université Tsinghua et portant également le cachet de l’Institut des Beaux Arts de l’université Tsinghua. Les cours se divisent en six catégories, dont "comment mener une vie heureuse", "comment devenir une femme lettrée", "comment être une femme à la page", "musique et danse", "culture artistique"…, et abordent pêle-mêle des sujets tels que "la condition féminine dans la société moderne", "l’optimisation des investissements réalisés pour l’éducation de ses enfants", "la culture traditionnelle et le savoir-vivre féminin", "l’art féministe", "l’opéra moderne et traditionnel", "comment devenir un fin connaisseur et collectionneur de peintures et calligraphies", "comment savoir reconnaître un beau bijou", "les règles de savoir-vivre d’une femme du monde", "le choix des couleurs dans sa tenue vestimentaire et les critères d’une toilette bien assortie", "les bons plans lors d’une réunion mondaine" et “comment se construire une bonne image".

Les responsables de l’Institut des Beaux Arts nous ont confirmé que cette formation était bien assurée par leur centre. La première promotion regroupe 35 élèves qui suivent des cours depuis plus de trois mois déjà. Les inscriptions de la deuxième promotion ont débuté, avec déjà une dizaine de personnes inscrites. Quant à l’identité de ces "étudiantes", l’Institut n’a pas souhaité communiquer sur ce sujet. Sur l’emploi du temps du mois de février que l’Institut a bien voulu nous remettre, nous avons pu constater que les cours étaient concentrés sur quatre journées entre le 23 et le 26 février, et étaient assurés notamment par le célèbre cinéaste et professeur à l’université Tsinghua, Deng Wei.

A propos des frais de scolarité élevés demandés pour ce genre de formation, un internaute au pseudonyme de Boya se demande avec amertume: "Les femmes sont-elles de bonnes vaches à lait ou la renommée de Tsinghua fait-elle vraiment toute la différence?" Un autre internaute se montre beaucoup plus caustique: "La moitié des participantes à ce genre de formation sont des concubines professionnelles et l’autre moitié est constituée des adversaires de ces dernières (sous-entendu les épouses légitimes)." Cependant, on trouve également des internautes qui ont été séduits par la présentation de cette formation: "j’envie celles qui ont les moyens de se payer ce genre de cours et qui peuvent recevoir les conseils de tant de chercheurs et célébrités en matière d’élégance, et ce, uniquement par pur intérêt, sans avoir la pression des examens!" Néanmoins, une majorité d’internautes prend la nouvelle avec indifférence comme le résume ce commentaire: "48 000 yuans, cela ne représente sans doute pas grand-chose pour ces gens-là ! Si elles veulent dépenser leur argent pour se faire les relations sociales qui leur plaisent, quel mal à cela?"


s : http://www.courrierinternational.com/article/2012/02/17/devenir-une-femme-moderne-en-240-heures-chrono

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 20 Février 2012 01h43
C'est en Chine que ça se passe, les amis !

Un jeune universitaire américain installé depuis un an à Pékin appelle ses contemporains à venir le rejoindre dans le nouveau pays où tout est possible.

16.02.2012 | Jonathan Levine | The New York Times

DE PÉKIN

Il n'y a pas si longtemps, j'étais coincé dans un boulot sans avenir près de Greenwich, dans le Connecticut. J'avais la petite vingtaine, j'étais bardé de diplômes inutiles obtenus à l'Université de New York (NYU) et à Columbia et j'avais la rage. Quand j'ai vu à la télé les manifestants du mouvement Occupy Wall Street dire leur ras-le-bol du statu quo économique aux Etats-Unis, je me suis vu moi-même. Ou plutôt mon ancien moi-même, celui que j'étais avant de trouver une solution.

Aux manifestants et aux sympathisants du mouvement Ocupy Wall Street, je dis : votez ! Pas avec un bulletin, mais avec vos pieds. Maintenant que votre campement a été démantelé, ne vous contentez pas de quitter Zuccotti Park [l'esplanade que les manifestants occupaient près de Wall Street], quittez les Etats-Unis. Partez en Chine. C'est en tout cas ce que j'ai fait et c'est la meilleure décision que j'ai jamais prise dans ma vie.

Je me suis installé à Pékin en février dernier après avoir obtenu un poste à l'université Tsinghua pour enseigner la civilisation américaine et l'anglais. Si j'avais déjà un peu baroudé, je n'avais jamais mis les pieds en Asie. La Chine compte 1,3 milliard d'habitants et je n'en connaissais pas un seul.

Mais à présent, après presque une année passée en Chine, je m'y sens comme chez moi. Mon travail est gratifiant et la charge de travail me laisse le temps de voyager. Je me suis fait des amis au sein de la grande communauté des expatriés, parmi mes collègues et bien sûr parmi mes étudiants avides d'apprendre. Et surtout mon séjour ici a été enrichi par les Chinois eux-mêmes. Leur patience, leur courtoisie et leur hospitalité font que je ne suis pas près de rentrer au pays de sitôt. Et vous savez quoi ? Mon cas n'a rien d'exceptionnel.

La Chine a besoin de vous. Il y a de l'emploi à foison. La crise de 2008 fera peut-être sentir ses effets pendant des années aux Etats-Unis, mais c'est à peine si elle a effleuré la Chine. On s'arrache les gens de langue maternelle anglaise. Pour trouver du travail, vous n'avez qu'à essayer entre autres ChinaJob.com, TheBeijinger.com et Dave's ESL Cafe.

Bien sûr, tout n'est pas rose ici. La Chine est un pays qui rejette sans complexe la démocratie occidentale et, pourtant, je suis surpris de découvrir la liberté dont disposent les citoyens et les médias chinois. Certains pointent à juste titre les failles du système de sécurité alimentaire chinois, qui ont permis des scandales dont le plus célèbre est celui du lait contaminé à la mélamine en 2008, mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que les coupables ont été traduits en justice sans délai On ne peut pas en dire autant des Etats-Unis, où beaucoup d'entreprises ayant nui à la santé des consommateurs n'ont jamais été condamnées.

Nous vivons une triste époque mais la fortune sourit aux audacieux. Alors si vous lisez ce texte dans un campement de manifestants, un box déprimant dans un bureau paysager, le sous-sol de chez vos parents ou ailleurs aux Etats-Unis, songez peut-être à me rendre visite.

Note : Jonathan Levine est maître de conférences à l'université Tsinghua de Pékin


s : http://www.courrierinternational.com/article/2012/02/16/c-est-en-chine-que-ca-se-passe-les-amis

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 21 Février 2012 01h25
Ai Weiwei : "Ils sont au-dessus des lois"

LEMONDE.FR | 20.02.12 | 14h02 • Mis à jour le 20.02.12 | 15h22


L'exposition des photos et textes d'Ai Weiwei, au Jeu de paume, à Paris (du 21 février au 29 avril), raconte l'histoire d'une (re)connexion. Entre l'artiste et sa propre histoire, avec la Chine, avec l'art et avec une émotion politique que les réseaux sociaux feront résonner dans le monde entier. Jeune étudiant, il part aux Etats-Unis en 1981, pense ne jamais revenir en Chine. A son retour à Pékin en 1993, il multiplie les expériences.

D'abord "Conte de fées", exposition vivante de 1 001 Chinois transportés à Cassel, puis les Jeux olympiques où il collabore à la conception du stade "Nid d'oiseau". Ses prises de position contre l'incurie du gouvernement lors du séisme du Sichuan le mèneront en prison. Aujourd'hui en semi-liberté, il a accordé, le 16 février, un entretien au Monde dans son studio de Caochangdi à Pékin.






*



Depuis votre libération, le 22 juin 2011, après 81 jours de détention secrète, on vous convoque régulièrement au poste... Quelle est votre situation ?

Je suis toujours sous un régime de liberté sous caution, jusqu'au 22 juin prochain. En Chine, cela se traduit par du harcèlement, du lavage de cerveau, toutes sortes de "règles" qu'on vous impose. Ce n'est pas en soi très dur, contrairement à la détention, qui avait été extrêmement difficile à supporter. D'une certaine manière, ils ont reculé. Mais bien sûr, ils veulent continuer à exercer une forme de contrôle.

Ce qui les inquiète, ce sont mes échanges avec les médias étrangers. Et mes activités sur l'Internet. Je ne peux pas lutter contre les régulations qu'ils m'ont imposées, mais j'en ai violé quelques-unes. Je considère que j'avais la responsabilité d'expliquer ma position quand je suis sorti. J'ai alors rencontré des journalistes et fait quelques apparitions sur l'Internet. Mais j'essaie de ne pas en faire trop, de ne pas aller au-delà... Ils s'efforcent de vous faire comprendre qu'ils sont au-dessus des lois. Que vous êtes vulnérable, que vous pouvez être broyé à n'importe quel moment.

Cela vise à détruire votre foi dans la rationalité, dans la communication, toute la compréhension que vous avez de la Constitution, de tout ce qui garantit en principe vos droits personnels. Le choix devient alors très simple : vous vous demandez si ça vaut le coup de lutter contre quelque chose qui peut vous détruire immédiatement. Et puis vous réalisez que d'autres gens ont été condamnés à plus de dix ans ces derniers mois, certains pour avoir écrit de la poésie, d'autres pour avoir exprimé leur opinion, tous de la manière la plus pacifique qui soit...

Qu'est-ce qui vous a poussé à partir aux Etats-Unis en 1981 ? Votre père, le poète Ai Qing, exilé à votre naissance puis persécuté pendant la révolution culturelle, est pourtant réhabilité, la Chine s'ouvre...

C'est l'arrestation de Wei Jingsheng [en 1979], ça a été un vrai choc pour moi. Il avait collé ce dazibao sur le Mur [de la démocratie] pour demander la cinquième modernisation, la démocratie. Pas plus d'une centaine de personnes l'ont lu.

Puis il avait écrit un autre article pour dire que le peuple avait fait revenir Deng Xiaoping au pouvoir, mais qu'il avait le droit de lui retirer, sinon, les mêmes tragédies se répèteraient. C'était fort. Ce jeune homme très brillant avait écrit ces deux articles et rien que pour ça, on allait l'enfermer si longtemps en prison.

J'avais grandi dans des conditions très difficiles, mais je me disais que tout ça concernait mon père. J'avais souffert parce qu'il avait souffert, que toute la famille avait souffert. Et puis au moment de devenir adulte, je réalisais que quelqu'un juste à coté de moi, pas si différent de moi, pouvait se faire arrêter. J'ai donc décidé de partir, pour ne plus jamais revenir.

Que vous apprennent vos expérimentations artistiques aux Etats-Unis ?

J'avais une formation artistique, j'avais essayé plein de choses à New York, la peinture, la sculpture. Mais j'ai fini par abandonner l'idée de faire de l'art. Je continuais à me présenter comme un artiste car je n'avais pas d'autre métier. En fait, je comprenais que je n'avais aucune chance de percer à New York, dans ce système de galeries et de collectionneurs. Grâce à Allen Ginsberg. Il était venu dans mon appartement lire un poème, ça m'avait beaucoup touché. Je lui ai montré mon portfolio, ce que j'avais fait. Il a regardé, il m'a dit qu'il aimait bien. Mais il a ajouté : "Weiwei, je n'arrive pas à imaginer qu'aucune galerie puisse jamais montrer à New York un artiste chinois, ou de l'art chinois".

Je me suis senti découragé. C'était les années 1980, c'était impossible pour lui de voir les choses autrement. Il avait été très franc. Alors j'ai commencé à vivre autrement, à prendre du bon temps. Je faisais un peu de commerce d'antiquité, je jouais aux cartes, je faisais de l'architecture. Ensuite en Chine, j'ai organisé des expositions d'artistes, mais on ne m'acceptait pas non plus comme un artiste...


D'où vient cette envie de la provocation, du doigt d'honneur, du "fuck-off" après votre retour en Chine dans les années 1990 ?

En 1993, je revenais des Etats-Unis avec une compréhension bien plus vaste du monde et de moi-même, mais j'étais déconnecté de la Chine. Puis il y a quelques chose que m'a dit mon père, qui était mourant, dont je me souviens très bien : "Weiwei, tu es ici chez toi. Tu n'es pas obligé d'être si poli. Fais ce que tu as envie de faire". Je pense qu'il me trouvait timide, timoré, décalé par rapport à ce qui se passait.

C'est à ce moment que je me suis lancé dans ce livre sur les milieux artistiques underground, que j'ai commencé à organiser des expositions comme "Fuck-Off". Mon état d'esprit à l'époque, c'était le sentiment négatif que j'avais en moi à l'égard de cette société autoritaire.

La photo avec Lu Qing sur la place Tiananmen ?

Après mon retour en Chine, chaque année, j'allais sur la place Tiananmen, ça me faisait mal tout ce qui était arrivé. Et puis toute la Chine avait l'interdiction d'en parler. J'ai demandé à Lu Qing de faire avec sa robe comme Marylin, avec cette volonté de libération, c'est ce que ça symbolise. Autour, personne n'en a cure, cela créé un contraste. Elle a l'air innocent. Il y avait beaucoup de policiers en civil. On l'a fait très vite, quelques secondes.

Aux Etats-Unis, je m'étais senti très concerné en 1989, j'avais tout suivi, j'avais participé à des manifestations de soutien, donné des interviews. J'étais content de voir tous ces jeunes se mobiliser.

Avec "Conte de Fées", en 2007, votre travail prend une dimension collective et participative. Qu'est-ce que cela va changer pour vous ?

Ç'a été la première fois que je me suis senti de nouveau enthousiaste à l'idée d'un projet artistique. J'ai eu l'impression de trouver une forme qui me convenait. J'avais décidé d'inviter 1 001 Chinois à aller à l'étranger. Mon expérience en Amérique m'avait changé, je me disais que c'était ça dont ont besoin les gens. J'ai utilisé l'Internet pour tout organiser.

Ç'a été un miracle. Je ne pourrais plus le refaire aujourd'hui, car on me l'interdirait. Mais à l'époque, personne d'autre ne l'avait fait, tout le monde pensait que c'était infaisable. J'avais écrit un questionnaire. J'ai rencontré chacun des 1 001 candidats pour créer un lien entre eux et moi. J'ai tout filmé. Traditionnellement, les artistes sont dans leur monde, se prennent pour des génies. Je me suis dit alors que si j'ai un talent pour la communication, il fallait que j'apprenne des gens et que je porte cette expérience à un autre niveau. Donc ç'a été un processus d'apprentissage pour moi.

Qu'est-ce qui vous a amené à critiquer en 2008 les Jeux olympiques juste avant leur ouverture, alors que vous aviez participé à la conception du "Nid d'oiseau", le stade olympique ?

On avait conçu deux ou trois autres projets en Chine avec Herzog & de Meuron, dans lesquels on s'était énormément investis, mais ils n'avaient pas abouti : soit un officiel était muté, un responsable disparaissait, il n'y avait pas d'explications, c'était très frustrant. Donc je me sentais de plus en plus découragé, et en même temps, je me retrouvais impliqué dans ce qui se passait politiquement dans ce pays. On ne peut pas faire de l'architecture sans s'en rendre compte. Puis le projet du "Nid d'oiseau" a commencé à être critiqué et tout s'est arrêté pendant un an et demi ! Les critiques venaient de la vieille école d'architecture. Ils étaient furieux de n'avoir pas remporté le contrat, on les entendait dire que la Chine était un laboratoire pour les étrangers, que c'était dangereux de construire un tel stade, que c'était du gaspillage. Je me suis retrouvé le seul à me battre, car j'étais chinois et personne n'osait dire quoi que ce soit.

Ensuite, un an avant les Jeux olympiques, quand le compte à rebours a été lancé, il y a eu une cérémonie à la télévision. J'ai trouvé ça d'extrêmement mauvais goût, c'était typiquement communiste. Je me suis dit que ces JO n'allaient pas être très marrants. Le [quotidien anglais] Guardian m'a alors demandé si je participerais à la cérémonie d'ouverture, j'ai dit que non, que tout cela sonnait faux. Ils ont titré là-dessus, les médias ont commencé à m'appeler, je me suis retrouvé sur la ligne de front, tout seul, protégé certes par ma fonction de designer du stade... Je dois dire que ce moment a été assez excitant, je me suis aperçu que j'avais tellement de choses à dire sur cette société, sur ce qui allait mal, sur le genre de JO qu'on allait avoir, avec la censure, le contrôle permanent.

Autre tournant, votre enquête citoyenne sur les enfants disparus dans le Sichuan, en 2009...

C'était triste, bien sûr, mais ç'a aussi été une expérience miraculeuse. Avant de la lancer, on a averti qu'on n'avait aucune intention politique : on se concentrerait sur les noms des disparus. L'enquête a été très bien accueillie par la société, ça s'est répandu comme un feu de prairie. Les bénévoles qui ont participé n'avaient pas eu l'occasion de faire ce genre de choses. Je suis devenu alors une personnalité symbolique sur le Net, les jeunes considéraient que j'étais capable d'initier ce genre de mouvement, que j'avais la capacité de mobiliser les gens, de stimuler l'individualisme. C'est là que j'ai compris que les réseaux sociaux étaient si importants, et que ça pouvait fonctionner dans une telle société. Désormais mon nom est complètement interdit sur l'Internet, et je ne peux plus participer à rien.


**


"Entrelacs", d'Ai Weiwei. Musée du Jeu de paume, 1, place de la Concorde, Paris 8e. Mardi de 11 heures à 21 heures. Du mercredi au dimanche de 11 heures à 19 heures. Tél. : 01-47-03-12-50. Entrée : 8,50 euros et 5,50 euros. Jusqu'au 29 avril. Sur le Web : http://www.jeudepaume.org.

Propos recueillis par Brice Pedroletti


s : http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/02/20/ai-weiwei-ils-sont-au-dessus-des-lois_1645817_3246.html


Ecrit par: P'tit Panda Mardi 21 Février 2012 09h21
Libération du 21 février 2012

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 23 Février 2012 01h10
Textile : les marques françaises séduisent les investisseurs asiatiques
LEMONDE.FR | 22.02.12 | 19h16

Fast Retailing, Fung Brands, Shaw-Lan Wang... Ces groupes inconnus du grand public mettent de plus en plus la main sur les marques de textile haut de gamme et de luxe françaises.

C'est Princesse Tam-Tam qui a ouvert le bal en 2005, en cédant, pour 70 millions d'euros, 95 % de son capital au japonais Fast Retailing, avec pour objectif d'assurer son développement à l'international. Un an plus tard, c'est au tour de Comptoir des cotonniers d'être racheté par la multinationale japonaise du textile. La maison Lanvin est de son côté passée dans le giron du taïwanais Shaw-Lan Wang en 2001.

Redynamiser ses ventes à l'international, c'est également, depuis un an, le souhait de la maison de couture Sonia Rykiel, dont la moitié des ventes s'effectue à l'étranger. La créatrice de mode à la célèbre tignasse rousse a cédé, lundi 20 février, 80 % de sa maison de prêt-à-porter au fonds d'investissement hongkongais Fung Brands (édition Abonnés), bien loin de la "participation minoritaire" évoquée au départ.

Il faut dire que, depuis cinq ans, la marque était rattrapée par la crise, avec un tassement de son chiffre d'affaires à 82,5 millions d'euros fin 2010 (contre 104 millions en 2007) et un bénéfice en berne de 1,5 million d'euros (contre 5,1 millions en 2007, chiffres du tribunal de commerce de Paris).

"UNE RENTABILITÉ QU'ON TROUVE DIFFICILEMENT AILLEURS"

Une aubaine pour Fung Brands, qui met une fois de plus la main sur une grande maison de luxe française, l'une des dernières indépendantes, dans un marché très concentré, dominé par les grandes familles, comme Hermès, qui prennent soin de verrouiller le capital. Le hongkongais n'est pas novice en la matière : il possède déjà le chausseur de luxe Robert Clergerie et le maroquinier belge Delvaux.

Pour Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet Asterès, il y a deux raisons principales à cet engouement. "Ce sont les fonds d'investissements des pays émergents qui détiennent les plus gros montants d'épargne. Quant aux marques de luxe, elles appartiennent à des groupes qui brassent beaucoup d'argent", explique-t-il. "Le secteur du luxe est un très bon placement, puisqu'il génère une rentabilité qu'on trouve difficilement ailleurs", renchérit Danièle Clutier, directrice Etudes & Conseil à l'Institut français de la mode. L'équation est imparable.

"UN VÉRITABLE MOUVEMENT"

"C'est un véritable mouvement, mais il s'inscrit dans le long terme", constate Mme Clutier. "Depuis plus de vingt ans, les entreprises et les capitaux asiatiques se tournent vers les marques de mode françaises. Au début, ils étaient majoritairement japonais. Un exemple bien connu est celui de la marque Chantal Thomass, dont le groupe japonais World a pris une participation majoritaire en 1985. Aujourd'hui, ce sont plutôt les fonds d'investissements chinois et hongkongais qui se montrent les plus dynamiques dans ce secteur", ajoute-t-elle.

"Les marques de mode haut de gamme et de luxe françaises ont une double plus-value : elles permettent aux investisseurs et aux opérateurs d'apprendre à travailler sur nos marchés et à les pénétrer en même temps qu'elles offrent de bonnes perspectives de développement global et de rentabilité", souligne-t-elle encore.

Une stratégie qui s'explique, selon elle, par "le changement de logique économique des investisseurs chinois. Ils ne raisonnent plus en tant qu'atelier du monde – statut qu'ils sont en train de céder petit à petit au Bangladesh notamment –, ils cherchent avant tout à générer de fortes valeurs ajoutées, comme le font les grandes marques françaises".

"Ce qui est fascinant, c'est que ce sont les pays émergents qui, via leurs fonds d'investissement, donnent aux vieilles marques européennes les moyens de se développer", s'amuse M. Bouzou. Après avoir proposé son aide à l'Europe en crise et commencé à y implanter sa production, la Chine mise sur les faiblesses économiques du modèle occidental pour solidifier le sien, en pleine mutation.

Anna Villechenon

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 23 Février 2012 01h14
Quand le "made in China" se transforme en "made in Europe"
LEMONDE.FR | 21.02.12 | 18h34 • Mis à jour le 21.02.12 | 20h16

A l'heure où la Chine se positionne en ami de l'Europe face à la crise de la dette, le géant des pays émergents place ses pions, doucement mais sûrement, au sein du marché unique. Même si l'implantation chinoise en Europe est balbutiante, Pékin, qui produit principalement en Asie et en Afrique, s'intéresse de plus en plus à l'Union européenne – particulièrement depuis trois ans.

C'est d'abord sur la Grèce que la Chine a jeté son dévolu, en voulant faire du port du Pirée, près d'Athènes, le principal centre de transit des marchandises vers le marché européen. Aujourd'hui, celui-ci est largement dominé par la présence du géant chinois du transport maritime China Ocean Shipping Company (Cosco), qui y contrôle deux terminaux depuis 2009. En 2010, le premier ministre, Wen Jiabao, y entamait une tournée européenne, rencontrant tout à tour dirigeants politiques et chefs d'entreprises français, portugais, italiens, belges mais aussi, et surtout, grecs.

Depuis l'arrivée de Cosco en Grèce, les exportations du pays vers la Chine ont augmenté de 50 % en 2011 et Pékin ne compte pas s'arrêter là. Le géant souhaite accroître ses investissements en Grèce, notamment dans les secteurs des télécommunications, services bancaires, automobile, équipements ferroviaires, immobilier, brasserie, électronique, textile et verre. Mais, au-delà des investissements liés aux difficultés financières d'un pays – dont les banques centrales offrent des emprunts à haut rendement mais risqués – ou des rachats d'entreprises, la Chine veut plus que tout implanter sa production en Europe.


LA RÉPUTATION DU "MADE IN CHINA" EN QUESTION

Le constructeur automobile chinois Great Wall Motors a ouvert mardi 21 février une usine d'assemblage en Bulgarie. "C'est la première usine d'un constructeur automobile chinois qui produira en Europe pour l'Europe", a expliqué à cette occasion un responsable du partenaire bulgare de l'entreprise.

>> Lire : "Les constructeurs automobiles chinois misent sur l'Europe"

De son côté, si la France n'accueille pas encore de site de production chinois, elle a fait un premier pas dans cette direction avec l'ouverture dans trois ans, près de Châteauroux, d'une zone d'activités franco-chinoise. Pour l'instant, le "Châteauroux Business District" (édition Abonnés) a pour vocation d'assembler des pièces et des sous-ensembles fabriqués à faible coût en Chine. Ce partenariat permettra aux produits de bénéficier d'un label "made in Europe", plus à même de rassurer que le "made in China".

Les auteurs d'un rapport intitulé "L'implantation des firmes chinoises et indiennes en Europe", paru en 2009, soulignent ainsi que ces "firmes doivent surmonter le fait que leurs marques sont peu ou pas connues à l'étranger et construire une image de qualité autour de leurs produits qui soit au moins comparable à celle de leurs concurrents européens ou étrangers présents en Europe. Ils doivent dépasser une image souvent négative qui colle à leurs produits, d'autant que pour les consommateurs européens, bas prix et mauvaise qualité vont souvent de pair".

Un avis partagé par Hervé Solignac Lecomte, directeur du commerce international chez HSBC France. "Les entreprises chinoises veulent contrecarrer l'image 'bas de gamme' de leur production. Pour cela, elles essaient de monter dans la chaîne de valeur, et de relocaliser tout ou partie de leurs produits en Europe", estime-t-il.

Avant de réussir à s'implanter en Europe, les constructeurs automobiles chinois avaient essuyé plusieurs échecs retentissants après des crash tests désastreux. En 2011, un contrat signé par la Pologne et le chinois Covec pour la construction d'une autoroute entre Varsovie et Berlin avait été résilié, un an seulement après le début du chantier : la direction des routes en Pologne avait invoqué des "retards".

"PROXIMITÉ IMMÉDIATE DES VOIES DE DISTRIBUTION"

Entravée dans son développement à l'international, la Chine est donc en train d'opérer un changement de stratégie. Plus question pour elle de se cantonner à son rôle d'"atelier du monde" en se tenant à l'écart des marchés – et des consommateurs – qu'elle souhaite justement conquérir. "Le site bulgare de Great Wall Motors se situe à proximité immédiate de ces clients potentiels et des voies de distribution", souligne à ce titre M. Solignac Lecomte.

En témoigne selon lui la volonté de "la Chine d'investir prioritairement dans les secteurs permettant de développer son commerce extérieur, mais aussi facilitant le commerce international en général, à savoir le transport (aérien, maritime, portuaire, ferroviaire), les infrastructures et toute la logistique qui va avec, comme la construction d'espaces de stockage de marchandise".

"La Chine veut assurer à ses produits des points d'accès multiples au marché européen. C'est une stratégie plus proactive et potentiellement moins chère, surtout avec le prix élevé du pétrole qui augmente considérablement le coût du fret", analyse-t-il. Une logique que suit également la France. "En délocalisant la production de ses voitures low cost au Maroc, Renault se rapproche du port de Tanger, d'où il peut expédier plus facilement sa marchandise vers ses clients des pays du Sud", cite-t-il en exemple.

Mais délocalisation d'usine n'est pas forcément synonyme de délocalisation du pouvoir. "Les sièges des entreprises chinoises sont souvent implantés à Londres, qui est le grand centre financier européen. Mais les prises de décision se font encore en Chine, le système reste centralisé. La référence est toujours la maison-mère chinoise", constate M. Solignac Lecomte. "Nous sommes aujourd'hui dans une phase d'installation des sites de production chinois en Europe, estime-t-il. Je pense qu'à terme, la Chine va implanter en Europe des entreprises plus intégrées et complètes, c'est-à-dire avec le pouvoir décisionnaire en plus de la main-d'œuvre."

Anna Villechenon

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 23 Février 2012 01h16
Les constructeurs automobiles chinois misent sur l'Europe

Le Monde | 21.02.12 | 15h32


Cette fois, les constructeurs automobiles chinois franchissent un cap. Après d'importants déboires au milieu des années 2000, ils s'invitent de nouveau sur le marché européen. Mardi 21 février, Great Wall et son partenaire bulgare Litex Motors ont lancé officiellement la production de trois modèles dans une usine de Bahovitsa, au nord du pays.

Le constructeur chinois veut y produire à terme 50 000 véhicules par an. Dans l'immédiat, la direction de l'usine ne prévoit que "quelques milliers" de citadines, de berlines et de pick-ups, qui seront vendues de 8 200 à 14 600 euros. Elles seront importées en kits de Chine et montées en Bulgarie, ce qui permet un accès sans droit de douane au marché européen.

DÉPRIME

A l'image des constructeurs occidentaux, qui veulent tous leur part du gâteau chinois, les constructeurs chinois veulent tous venir en Europe, même si le marché est aujourd'hui en pleine déprime.

Formellement, l'usine de Great Wall n'est pas la première chinoise en Europe, puisque MG, détenu depuis 2005 par Nanjing-SAIC, produit ses MGTF et MG6 dans son usine de Longbridge, au Royaume-Uni. De même, le constructeur chinois Geely, qui détient depuis 2010 Volvo et Manganese Bronze, lance en Europe sa berline EC7.

General Motors en revanche a refusé de vendre Opel au chinois BAIC en 2009, et Saab à Pang Da et Youngman fin 2011. Ce dernier pourrait toutefois parvenir à ses fins alors que la marque suédoise, est aujourd'hui en liquidation.

En investissant 80 millions d'euros dans son usine, Great Wall ne se contente pas de reprendre un outil industriel existant. Il veut aussi effacer les déboires passés de ses compatriotes. Jusqu'à peu, les divers constructeurs chinois s'étaient en effet tous cassé les dents. En 2011, ils n'ont vendu que 2 462 véhicules (sur plus 15 millions) sur le Vieux Continent.

Le cas de crash tests désastreux de voitures chinoises est encore dans toutes les mémoires. Mais fin novembre 2011, lors de la présentation des derniers résultats de tests de sécurité, Euro NCAP, un organisme européen de référence, annonçait deux voitures chinoises à quatre étoiles (sur cinq), la MG6 et la Geely EC7. Pour l'organisme, "ces résultats montrent que les constructeurs chinois ont appris de leurs expériences passées". D'ailleurs, ils copient moins souvent qu'à leurs débuts les modèles occidentaux.

Outre Great Wall, d'autres groupes chinois annoncent leur venue en Europe. L'italien DR Motors veut assembler fin 2012, dans l'ancienne usine sicilienne de Fiat, des petits modèles de Chery. Ce même constructeur chinois, associé à Israel Corp., développe aussi une nouvelle marque, Qoros, pour les marchés occidentaux. Brilliance, le partenaire de BMW en Chine, s'interroge, lui, sur l'ouverture d'une usine en Catalogne. Et Chang'an, partenaire de PSA, veut exporter des véhicules en Europe.

Les Européens sont-ils prêts à acheter chinois ? "Si les véhicules répondent aux normes européennes, les consommateurs se disent ouverts, assure Flavien Neuvy de l'Observatoire Cetelem. Mais il ne faut pas s'attendre à un raz-de-marée dans l'immédiat."

Philippe Jacqué
Article paru dans l'édition du 22.02.12

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 23 Février 2012 01h24
La visite de Fabius en Chine fait un flop

Publié le 21.02.2012, 11h24 | Mise à jour : 12h26

s : http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/le-flop-de-fabius-en-chine-21-02-2012-1870943.php


Vingt-quatre heures et puis s'en va. Laurent Fabius a écourté sa visite en Chine où il n'a été reçu par aucun des hauts dirigeants en tant que représentant du candidat socialiste à la présidentielle François Hollande. Arrivé lundi à la mi-journée à Pékin, l'ancien Premier ministre PS est reparti mardi en milieu d'après-midi pour Tokyo au lieu de mercredi matin, annulant une conférence de presse prévue en soirée.

Au Japon, «il sera reçu par le Premier ministre» Yoshihiko Noda, souligne son entourage à l'AFP.


Il a eu à Pékin des entretiens avec des responsables du Bureau du liaison du Parti communiste chinois (PCC) et un vice-gouverneur de la Banque centrale, mais «il n'a pas été possible (...) pour des raisons qui (nous) échappent» que Laurent Fabius rencontre «l'un des principaux responsables chinois», indique son entourage. «L'explication appartient aux Chinois», a-t-on ajouté.

Le message de Fabius à la Chine : une relation «politiquement et économiquement équilibrée»

Les proches du socialiste rappellent qu'il a récemment été reçu au plus haut niveau lors de ses déplacements à l'étranger : en Israël début février, il s'était entretenu avec le président Shimon Pérès et le Premier ministre Benjamin Netanyahou, avant de rencontrer de hauts responsables au Liban, au Qatar et à Abou Dhabi.

Fabius a néanmoins fait passer le message au PCC que le PS souhaite avec la Chine une relation «positive» qui soit «politiquement et économiquement équilibrée». Pas plus que les autres candidats à la présidentielle, François Hollande n'a apparemment prévu de déplacement en Chine, un pays à haut risque pour tout prétendant à l'Elysée, notamment en raison du dossier ultra-sensible des droits de l'Homme et où la visite de Ségolène Royal en 2007 avait donné lieu à quelques impairs qui ont laissé un mauvais souvenir au PS.

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 24 Février 2012 09h55
Les marathoniens chinois élèvent leurs propres poulets

Créé le 24-02-2012 à 08h01 - Mis à jour à 08h01

SHANGHAI (Reuters) - En pleins préparatifs pour les Jeux olympiques de Londres cet été, les marathoniens chinois élèvent leurs propres poulets pour éviter d'ingérer des produits chimiques interdits que l'on peut trouver dans la viande en Chine, rapporte le Shanghai Daily.

Les athlètes, qui s'entraînent dans le Yunnan (sud-ouest), se procurent également de la viande de yack directement auprès des éleveurs, ajoute le quotidien anglophone.

Le clenbutérol, substance chimique interdite par l'Agence mondiale antidopage, est parfois utilisée par des agriculteurs peu scrupuleux afin de nourrir le bétail et produire une viande plus fine, vendue plus cher sur le marché.

"Etant donné que nous n'avons pas de cantine pour nous fournir de la nourriture sûre, nous devons préparer nos plats nous-mêmes parce que c'est risqué de manger dans un restaurant", explique un membre de l'équipe au journal.

La Chine est régulièrement secouée par des scandales alimentaires.

L'un des plus retentissants, en 2008, a provoqué la mort de six enfants et l'intoxication de près de 300.000 autres à du lait en poudre mélangé à de la mélamine, un produit industriel servant à augmenter artificiellement la teneur en protéines.

Melanie Lee; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

s : http://www.challenges.fr

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 24 Février 2012 09h57
23/02 | 16:21 | mis à jour à 16:53 | Gabriel Gresillon

La Chine doit vite repenser son modèle économique

La décélération de l'économie chinoise s'annonce sévère. Du « Quotidien du peuple » à la Banque mondiale, les appels à des réformes urgentes -techniques mais aussi politiques -se multiplient.


Pas une semaine ne s'écoule actuellement sans qu'un nouveau nuage vienne assombrir le ciel de l'économie chinoise. Début février, c'était le commerce extérieur qui décevait : on découvrait qu'en janvier, les importations et les exportations avaient diminué sur un an, ce qui prouvait à quel point le ralentissement économique européen pesait sur la deuxième économie mondiale.
Quelques jours plus tard, la Banque centrale diminuait le niveau de réserves que les banques commerciales sont sommées de lui confier, pour tenter de dynamiser le crédit. Puis ce fut au tour de la production industrielle de décevoir : mercredi, l'indicateur de HSBC pour le mois de février s'est situé sous la barre des 50, traduisant une activité en contraction pour le quatrième mois consécutif. Les perspectives moroses du secteur exportateur y sont pour beaucoup. Et hier matin, on apprenait que le niveau de dépôts dans les grandes banques du pays était à la baisse. Lassés de confier leurs économies à des banques incapables de les rémunérer correctement, certains ménages seraient-ils en train d'opter pour des placements alternatifs échappant à tout contrôle ?
Peu à peu, c'est donc l'ampleur du défi qui attend les autorités chinoises qui apparaît au grand jour. Hier, le « Quotidien du peuple », journal le plus représentatif des débats qui animent le pouvoir, a osé un éditorial sans ambiguïté. Plutôt que de prendre le risque d'une crise, mieux vaut être à l'écoute des critiques et enclencher des réformes, aussi imparfaites soient-elles, plaide l'auteur de ce texte. D'après un sondage effectué par l'agence Bloomberg, une majorité d'analystes s'attendent désormais à ce que Pékin fixe délibérément un objectif de croissance inférieur à 8% pour 2012, donnant la priorité au rééquilibrage d'une économie dopée au surinvestissement et aux exportations.
Echapper à « la trappe à revenus moyens »

Arrivant à point nommé, le « Wall Street journal » a révélé, hier, les grandes lignes d'un rapport que doit bientôt publier la Banque mondiale. Bien que plusieurs points de ce rapport aient fait l'objet d'intenses tractations avec certaines officines chinoises, il semble qu'il n'ait rien perdu, au final, de sa pugnacité.
Alors que la Chine s'approche d'un stade de développement intermédiaire (5.000 dollars de PIB par habitant), l'institution juge que le pays va devoir faire preuve d'audace s'il veut échapper à la « trappe à revenus moyens » qu'ont connue avant lui d'autres pays émergents. Il lui faudra libérer le potentiel d'innovation des entreprises, et pour cela, repenser le périmètre et le management de son secteur public, qui représente aujourd'hui une charge excessive pour l'économie chinoise (estimée autour de 45% du PIB).
Sur-financées, hypertrophiées, souvent mal gérées et tuant la concurrence du secteur privé, les entreprises publiques bénéficient, de plus, de l'indulgence excessive du pouvoir central qui n'exige d'elles que de faibles dividendes. Autre chantier jugé prioritaire par la Banque mondiale : il faut revoir le système fiscal et permettre aux collectivités locales de lever plus d'impôts, afin de casser la dépendance malsaine qu'elles entretiennent avec le marché immobilier. Ce qui revient à transférer certains revenus de Pékin vers les provinces.
Les réformes qui s'imposent ne sont donc pas seulement techniques, mais aussi politiques, puisqu'elles impliquent de toucher à l'équilibre des pouvoirs. Alors que la Chine va connaître, en fin d'année, un changement décennal d'équipe dirigeante, et que des troubles sociaux isolés mais réguliers viennent prouver la fragilité de l'équilibre social chinois, tous les signaux émis actuellement pointent donc vers la même conclusion : il va falloir énormément de doigté aux prochains leaders chinois pour maintenir le cap du développement.

GABRIEL GRÉSILLON, CORRESPONDANT À PÉKIN

Ecrit par: P'tit Panda Vendredi 24 Février 2012 10h02
L'artiste chinois Zhang Daqian devient No 1 des enchères mondiales et détrône Picasso

s : http://www.lemainelibre.fr/actualite/lartiste-chinois-zhang-daqian-numero-un-des-encheres-mondiales-en-2011-23-02-2012-29663



L'artiste chinois Zhang Daqian (1899-1983) est devenu numéro un au hit parade des enchères mondiales en 2011, détrônant Pablo Picasso, relégué à la quatrième place derrière le Chinois Qi Baishi et l'Américain Andy Warhol, a annoncé jeudi Artprice à l'AFP.

"La Chine, qui a pris la première place sur le marché des enchères d'oeuvres d'art depuis 2010, a hissé en 2011 deux de ses artistes phares en tête du classement annuel des artistes" élaboré par Artprice, a indiqué Thierry Ehrmann, président-fondateur de cette société.

Pour la première fois depuis 21 ans, Pablo Picasso (1881-1973) n'est pas présent sur les trois marches du podium. Numéro un en 2010, il n'arrive qu'en quatrième position en 2011.

Six artistes chinois figurent dans le "Top 10" établi par Artprice, société française leader des données sur le marché mondial de l'art, qui publiera lundi son bilan annuel du marché de l'art.

Zhang Daqian, peintre respectueux des traditions de la peinture chinoise, qui occupait la troisième place en 2010, a réalisé un produit de ventes aux enchères d'un montant cumulé de 554,53 millions de dollars en 2011 (contre 314,94 millions d'euros en 2010), avec 1.371 lots vendus.

Son compatriote Qi Baishi (1864-1957) conserve sa place de numéro deux, avec des ventes de 510,57 millions de dollars (contre 352,31 millions un an plus tôt) pour 1.350 lots à la vente.

Andy Warhol (1928-1987), qui avait déjà dammé le pion à Picasso en 2007, arrive en troisième position sur le marché des enchères, avec des ventes de 325,88 millions de dollars en 2011 (contre 313,76 millions de dollars) pour 1.624 lots.

Pablo Picasso, qui avait été 13 fois en tête du classement au cours des 14 dernières années (depuis 1997), est même le seul artiste du Top 10 d'Artprice à voir ses ventes baisser en 2011. Après avoir été de 362,71 millions de dollars en 2010, elles ont reculé l'an dernier à 314,69 millions de dollars, pour 3.387 lots.

L'artiste chinois Zhang Daqian (1899-1983) est devenu numéro un au hit parade des enchères mondiales en 2011, détrônant Pablo Picasso, relégué à la quatrième place derrière le Chinois Qi Baishi et l'Américain Andy Warhol, a annoncé jeudi Artprice à l'AFP.

"La Chine, qui a pris la première place sur le marché des enchères d'oeuvres d'art depuis 2010, a hissé en 2011 deux de ses artistes phares en tête du classement annuel des artistes" élaboré par Artprice, a indiqué Thierry Ehrmann, président-fondateur de cette société.

Pour la première fois depuis 21 ans, Pablo Picasso (1881-1973) n'est pas présent sur les trois marches du podium. Numéro un en 2010, il n'arrive qu'en quatrième position en 2011.

Six artistes chinois figurent dans le "Top 10" établi par Artprice, société française leader des données sur le marché mondial de l'art, qui publiera lundi son bilan annuel du marché de l'art.

Zhang Daqian, peintre respectueux des traditions de la peinture chinoise, qui occupait la troisième place en 2010, a réalisé un produit de ventes aux enchères d'un montant cumulé de 554,53 millions de dollars en 2011 (contre 314,94 millions d'euros en 2010), avec 1.371 lots vendus.

Son compatriote Qi Baishi (1864-1957) conserve sa place de numéro deux, avec des ventes de 510,57 millions de dollars (contre 352,31 millions un an plus tôt) pour 1.350 lots à la vente.

Andy Warhol (1928-1987), qui avait déjà dammé le pion à Picasso en 2007, arrive en troisième position sur le marché des enchères, avec des ventes de 325,88 millions de dollars en 2011 (contre 313,76 millions de dollars) pour 1.624 lots.

Pablo Picasso, qui avait été 13 fois en tête du classement au cours des 14 dernières années (depuis 1997), est même le seul artiste du Top 10 d'Artprice à voir ses ventes baisser en 2011. Après avoir été de 362,71 millions de dollars en 2010, elles ont reculé l'an dernier à 314,69 millions de dollars, pour 3.387 lots.

L'artiste chinois Zhang Daqian (1899-1983) est devenu numéro un au hit parade des enchères mondiales en 2011, détrônant Pablo Picasso, relégué à la quatrième place derrière le Chinois Qi Baishi et l'Américain Andy Warhol.

"La Chine, qui a pris la première place sur le marché des enchères d'oeuvres d'art depuis 2010, a hissé en 2011 deux de ses artistes phares en tête du classement annuel des artistes" élaboré par Artprice, a expliqué jeudi à l'AFP Thierry Ehrmann, président-fondateur de cette société.

Pour la première fois depuis 21 ans, l'Espagnol Pablo Picasso (1881-1973) n'est pas présent sur les trois marches du podium. Numéro un en 2010, il n'arrive qu'en quatrième position en 2011.

Six artistes chinois figurent dans le "Top 10" établi par Artprice, société française leader des données sur le marché mondial de l'art, qui publiera lundi son bilan annuel définitif du marché de l'art.

Mondialisé, le marché de l'art est également très régionalisé. Les ventes aux enchères d'oeuvres de Zhang Daqian et de Qi Baishi se sont faites à 99% sur les places asiatiques. A l'inverse, celles d'Andy Wahrol et de Pablo Picasso ont eu lieu à 99% dans le reste du monde (Etats-Unis et Europe essentiellement).

Zhang Daqian, peintre respectueux des traditions de la peinture chinoise, qui occupait la troisième place en 2010, a réalisé un produit de ventes aux enchères d'un montant cumulé de 554,53 millions de dollars en 2011 (contre 314,94 millions d'euros en 2010), avec 1.371 lots vendus.

L'artiste chinois figuratif Qi Baishi (1864-1957) conserve sa place de numéro deux, avec des ventes de 510,57 millions de dollars (contre 352,31 millions un an plus tôt) pour 1.350 lots à la vente.

Le maître du Pop Art Andy Warhol (1928-1987), qui avait déjà dammé le pion à Picasso en 2007, arrive en troisième position sur le marché des enchères, avec des ventes de 325,88 millions de dollars en 2011 (contre 313,76 millions de dollars) pour 1.624 lots.

Rattrapage

Pablo Picasso, qui avait supplanté l'impressionniste Claude Monet en 1997 et pris la tête du classement treize fois au cours des quatorze dernières années, se fait largement distancer en 2011. Il est même le seul artiste du Top 10 d'Artprice à voir ses ventes baisser l'an dernier. Après avoir été de 362,71 millions de dollars en 2010, elles ont reculé l'an dernier à 314,69 millions de dollars, pour 3.387 lots.

Le palmarès d'Artprice ne prend en compte que les ventes aux enchères publiques. En ventes privées, les prix des oeuvres se sont également envolés et l'art occidental reste puissant. Une version des "Joueurs de cartes" de Paul Cézanne aurait été achetée 250 millions de dollars par la famille royale du Qatar, selon le magazine Vanity Fair.

En outre, plus que le montant cumulé des ventes -qui dépend notamment du nombre de lots mis en vente-, c'est la cote de l'artiste qui compte. Celle de Picasso comme de Warhol s'est bien comportée en 2011.

La montée en puissance des artistes chinois n'en reste pas moins éclatante. "Jusqu'à une période relativement récente, il n'y avait pas officiellement de collectionneurs privés car la propriété privée était interdite par le régime communiste", rappelle Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazine Beaux Arts, interrogé par l'AFP. Il y a donc un phénomène de rattrapage.

"A cela s'ajoute une volonté nationaliste d'acheter des artistes chinois. C'est un phénomène que l'on observe dans d'autres pays émergents comme l'Inde ou le Brésil, attachés à promouvoir leurs propres créateurs", déclare M. Bousteau.

En outre, "les nouveaux riches de ces pays éprouvent la nécessité de se valoriser socialement en achetant des oeuvres d'art", ajoute-t-il.

L'artiste chinois Zhang Daqian (1899-1983) est devenu numéro un au hit parade des enchères mondiales en 2011, détrônant Pablo Picasso, relégué à la quatrième place derrière le Chinois Qi Baishi et l'Américain Andy Warhol.

"La Chine, qui a pris la première place sur le marché des enchères d'oeuvres d'art depuis 2010, a hissé en 2011 deux de ses artistes phares en tête du classement annuel des artistes" élaboré par Artprice, a expliqué jeudi à l'AFP Thierry Ehrmann, président-fondateur de cette société.

Pour la première fois depuis 21 ans, l'Espagnol Pablo Picasso (1881-1973) n'est pas présent sur les trois marches du podium. Numéro un en 2010, il n'arrive qu'en quatrième position en 2011.

Six artistes chinois figurent dans le "Top 10" établi par Artprice, société française leader des données sur le marché mondial de l'art, qui publiera lundi son bilan annuel définitif du marché de l'art.

Mondialisé, le marché de l'art est également très régionalisé. Les ventes aux enchères d'oeuvres de Zhang Daqian et de Qi Baishi se sont faites à 99% sur les places asiatiques. A l'inverse, celles d'Andy Wahrol et de Pablo Picasso ont eu lieu à 99% dans le reste du monde (Etats-Unis et Europe essentiellement).

Zhang Daqian, peintre respectueux des traditions de la peinture chinoise, qui occupait la troisième place en 2010, a réalisé un produit de ventes aux enchères d'un montant cumulé de 554,53 millions de dollars en 2011 (contre 314,94 millions d'euros en 2010), avec 1.371 lots vendus.

L'artiste chinois figuratif Qi Baishi (1864-1957) conserve sa place de numéro deux, avec des ventes de 510,57 millions de dollars (contre 352,31 millions un an plus tôt) pour 1.350 lots à la vente.

Le maître du Pop Art Andy Warhol (1928-1987), qui avait déjà dammé le pion à Picasso en 2007, arrive en troisième position sur le marché des enchères, avec des ventes de 325,88 millions de dollars en 2011 (contre 313,76 millions de dollars) pour 1.624 lots.

Rattrapage

Pablo Picasso, qui avait supplanté l'impressionniste Claude Monet en 1997 et pris la tête du classement treize fois au cours des quatorze dernières années, se fait largement distancer en 2011. Il est même le seul artiste du Top 10 d'Artprice à voir ses ventes baisser l'an dernier. Après avoir été de 362,71 millions de dollars en 2010, elles ont reculé l'an dernier à 314,69 millions de dollars, pour 3.387 lots.

Le palmarès d'Artprice ne prend en compte que les ventes aux enchères publiques. En ventes privées, les prix des oeuvres se sont également envolés et l'art occidental reste puissant. Une version des "Joueurs de cartes" de Paul Cézanne aurait été achetée 250 millions de dollars par la famille royale du Qatar, selon le magazine Vanity Fair.

En outre, plus que le montant cumulé des ventes -qui dépend notamment du nombre de lots mis en vente-, c'est la cote de l'artiste qui compte. Celle de Picasso comme de Warhol s'est bien comportée en 2011.

La montée en puissance des artistes chinois n'en reste pas moins éclatante. "Jusqu'à une période relativement récente, il n'y avait pas officiellement de collectionneurs privés car la propriété privée était interdite par le régime communiste", rappelle Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazine Beaux Arts, interrogé par l'AFP. Il y a donc un phénomène de rattrapage.

"A cela s'ajoute une volonté nationaliste d'acheter des artistes chinois. C'est un phénomène que l'on observe dans d'autres pays émergents comme l'Inde ou le Brésil, attachés à promouvoir leurs propres créateurs", déclare M. Bousteau.

En outre, "les nouveaux riches de ces pays éprouvent la nécessité de se valoriser socialement en achetant des oeuvres d'art", ajoute-t-il.

L'artiste chinois Zhang Daqian (1899-1983) est devenu numéro un au hit parade des enchères mondiales en 2011, détrônant Pablo Picasso, relégué à la quatrième place derrière le Chinois Qi Baishi et l'Américain Andy Warhol.

"La Chine, qui a pris la première place sur le marché des enchères d'oeuvres d'art depuis 2010, a hissé en 2011 deux de ses artistes phares en tête du classement annuel des artistes" élaboré par Artprice, a expliqué jeudi à l'AFP Thierry Ehrmann, président-fondateur de cette société.

Pour la première fois depuis 21 ans, l'Espagnol Pablo Picasso (1881-1973) n'est pas présent sur les trois marches du podium. Numéro un en 2010, il n'arrive qu'en quatrième position en 2011.

Six artistes chinois figurent dans le "Top 10" établi par Artprice, société française leader des données sur le marché mondial de l'art, qui publiera lundi son bilan annuel définitif du marché de l'art.

Mondialisé, le marché de l'art est également très régionalisé. Les ventes aux enchères d'oeuvres de Zhang Daqian et de Qi Baishi se sont faites à 99% sur les places asiatiques. A l'inverse, celles d'Andy Wahrol et de Pablo Picasso ont eu lieu à 99% dans le reste du monde (Etats-Unis et Europe essentiellement).

Zhang Daqian, peintre respectueux des traditions de la peinture chinoise, qui occupait la troisième place en 2010, a réalisé un produit de ventes aux enchères d'un montant cumulé de 554,53 millions de dollars en 2011 (contre 314,94 millions d'euros en 2010), avec 1.371 lots vendus.

L'artiste chinois figuratif Qi Baishi (1864-1957) conserve sa place de numéro deux, avec des ventes de 510,57 millions de dollars (contre 352,31 millions un an plus tôt) pour 1.350 lots à la vente.

Le maître du Pop Art Andy Warhol (1928-1987), qui avait déjà dammé le pion à Picasso en 2007, arrive en troisième position sur le marché des enchères, avec des ventes de 325,88 millions de dollars en 2011 (contre 313,76 millions de dollars) pour 1.624 lots.

Rattrapage

Pablo Picasso, qui avait supplanté l'impressionniste Claude Monet en 1997 et pris la tête du classement treize fois au cours des quatorze dernières années, se fait largement distancer en 2011. Il est même le seul artiste du Top 10 d'Artprice à voir ses ventes baisser l'an dernier. Après avoir été de 362,71 millions de dollars en 2010, elles ont reculé l'an dernier à 314,69 millions de dollars, pour 3.387 lots.

Le palmarès d'Artprice ne prend en compte que les ventes aux enchères publiques. En ventes privées, les prix des oeuvres se sont également envolés et l'art occidental reste puissant. Une version des "Joueurs de cartes" de Paul Cézanne aurait été achetée 250 millions de dollars par la famille royale du Qatar, selon le magazine Vanity Fair.

En outre, plus que le montant cumulé des ventes -qui dépend notamment du nombre de lots mis en vente-, c'est la cote de l'artiste qui compte. Celle de Picasso comme de Warhol s'est bien comportée en 2011.

La montée en puissance des artistes chinois n'en reste pas moins éclatante. "Jusqu'à une période relativement récente, il n'y avait pas officiellement de collectionneurs privés car la propriété privée était interdite par le régime communiste", rappelle Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazine Beaux Arts, interrogé par l'AFP. Il y a donc un phénomène de rattrapage.

"A cela s'ajoute une volonté nationaliste d'acheter des artistes chinois. C'est un phénomène que l'on observe dans d'autres pays émergents comme l'Inde ou le Brésil, attachés à promouvoir leurs propres créateurs", déclare M. Bousteau.

En outre, "les nouveaux riches de ces pays éprouvent la nécessité de se valoriser socialement en achetant des oeuvres d'art", ajoute-t-il.

L'artiste chinois Zhang Daqian (1899-1983) est devenu numéro un au hit parade des enchères mondiales en 2011, détrônant Pablo Picasso, relégué à la quatrième place derrière le Chinois Qi Baishi et l'Américain Andy Warhol.

"La Chine, qui a pris la première place sur le marché des enchères d'oeuvres d'art depuis 2010, a hissé en 2011 deux de ses artistes phares en tête du classement annuel des artistes" élaboré par Artprice, a expliqué jeudi à l'AFP Thierry Ehrmann, président-fondateur de cette société.

Pour la première fois depuis 21 ans, l'Espagnol Pablo Picasso (1881-1973) n'est pas présent sur les trois marches du podium. Numéro un en 2010, il n'arrive qu'en quatrième position en 2011.

Six artistes chinois figurent dans le "Top 10" établi par Artprice, société française leader des données sur le marché mondial de l'art, qui publiera lundi son bilan annuel définitif du marché de l'art.

Mondialisé, le marché de l'art est également très régionalisé. Les ventes aux enchères d'oeuvres de Zhang Daqian et de Qi Baishi se sont faites à 99% sur les places asiatiques. A l'inverse, celles d'Andy Wahrol et de Pablo Picasso ont eu lieu à 99% dans le reste du monde (Etats-Unis et Europe essentiellement).

Zhang Daqian, peintre respectueux des traditions de la peinture chinoise, qui occupait la troisième place en 2010, a réalisé un produit de ventes aux enchères d'un montant cumulé de 554,53 millions de dollars en 2011 (contre 314,94 millions d'euros en 2010), avec 1.371 lots vendus.

L'artiste chinois figuratif Qi Baishi (1864-1957) conserve sa place de numéro deux, avec des ventes de 510,57 millions de dollars (contre 352,31 millions un an plus tôt) pour 1.350 lots à la vente.

Le maître du Pop Art Andy Warhol (1928-1987), qui avait déjà dammé le pion à Picasso en 2007, arrive en troisième position sur le marché des enchères, avec des ventes de 325,88 millions de dollars en 2011 (contre 313,76 millions de dollars) pour 1.624 lots.

Rattrapage

Pablo Picasso, qui avait supplanté l'impressionniste Claude Monet en 1997 et pris la tête du classement treize fois au cours des quatorze dernières années, se fait largement distancer en 2011. Il est même le seul artiste du Top 10 d'Artprice à voir ses ventes baisser l'an dernier. Après avoir été de 362,71 millions de dollars en 2010, elles ont reculé l'an dernier à 314,69 millions de dollars, pour 3.387 lots.

Le palmarès d'Artprice ne prend en compte que les ventes aux enchères publiques. En ventes privées, les prix des oeuvres se sont également envolés et l'art occidental reste puissant. Une version des "Joueurs de cartes" de Paul Cézanne aurait été achetée 250 millions de dollars par la famille royale du Qatar, selon le magazine Vanity Fair.

En outre, plus que le montant cumulé des ventes -qui dépend notamment du nombre de lots mis en vente-, c'est la cote de l'artiste qui compte. Celle de Picasso comme de Warhol s'est bien comportée en 2011.

La montée en puissance des artistes chinois n'en reste pas moins éclatante. "Jusqu'à une période relativement récente, il n'y avait pas officiellement de collectionneurs privés car la propriété privée était interdite par le régime communiste", rappelle Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazine Beaux Arts, interrogé par l'AFP. Il y a donc un phénomène de rattrapage.

"A cela s'ajoute une volonté nationaliste d'acheter des artistes chinois. C'est un phénomène que l'on observe dans d'autres pays émergents comme l'Inde ou le Brésil, attachés à promouvoir leurs propres créateurs", déclare M. Bousteau.

En outre, "les nouveaux riches de ces pays éprouvent la nécessité de se valoriser socialement en achetant des oeuvres d'art", ajoute-t-il.

PARIS (AFP)

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 25 Février 2012 12h45

INSOLITE
Une forêt enfouie sous les cendres depuis des millions d’années a été découverte en Chine
par Laura Béheulière, Vendredi 24 février 2012

s : http://www.zegreenweb.com/sinformer/une-foret-enfouie-sous-les-cendres-depuis-des-millions-d%E2%80%99annees-a-ete-decouverte-en-chine,49545


Des chercheurs ont découvert une forêt tropicale enfouie sous les cendres depuis près de 300 millions d’années. Un véritable « Pompéi végétal ».

Il y a 298 millions d’années, l’éruption d’un volcan recouvrait de cendres une forêt tropicale dans ce qui est aujourd’hui le nord de la Chine. Enfouie depuis tout ce temps, elle vient d’être découverte et analysée par des scientifiques américains et chinois. Publiée cette semaine dans la dernière édition du journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), leur étude permet d’en savoir davantage sur l’écologie et le climat d’alors…

Comme le souligne l’Université de Pennsylvanie, qui a fait état de cette incroyable découverte, cette forêt fossilisée est unique car elle révèle un instantané dans un lieu et un moment donné. Cette mise au jour fait aussi penser à la ville de Pompéi (Italie), recouverte par les cendres du Vésuve avec tous ses habitants en l’an 79, et aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les cendres ayant recouvert une large partie de la forêt en seulement quelques jours, les plantes ont été retrouvées telles qu’elles étaient il y a trois cents millions d’années. « C’est merveilleusement préservé », s’est réjoui le paléobotaniste Hermann Pfefferkorn qui a participé à l’étude de cette forêt fossilisée. Les chercheurs ont en effet découvert de petits arbres avec leurs feuilles, des branches et des troncs intacts, conservés dans leur intégralité. Au total, ils ont déjà examiné plus de 1 000 mètres carrés de forêt fossilisée dans trois sites différents, soit une zone considérée comme suffisamment importante pour déterminer de façon précise la paléoécologie locale.

« Une capsule de temps »

Les scientifiques ont estimé que la forêt remonte à la période du Permien, au cours de laquelle les plaques tectoniques étaient toujours en mouvement l’une vers l’autre pour former le supercontinent appelé la Pangée. Car, rappelons-le, l’Amérique du Nord et l’Europe étaient alors collées, tandis que la Chine existait sous la forme de deux continents plus petits. Par ailleurs, à cette date, le climat était comparable à celui d’aujourd’hui, ce qui devrait être une aide précieuse pour M. Pfefferkorn, qui étudie les modèles climatiques anciens afin de comprendre les variations climatiques contemporaines. Aussi spectaculaire et utile soit-elle, cette découverte ne suffirait cependant pas à elle seule à expliquer comment le réchauffement climatique affecte aujourd’hui la Terre. « C’est comme avec Pompéi, qui nous donne un aperçu en profondeur de la culture romaine, mais qui ne dit rien sur l’histoire romaine en soi. Toutefois, il s’agit d’une fenêtre vers le passé qui nous permet d’interpréter ce qui s’est passé avant ou après, de façon plus exacte».

Cette trouvaille amène enfin à s’interroger : combien d’autres éruptions dans le monde ont permis de conserver quasi-intacts des sites vieux de plusieurs millions d’années ?

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 25 Février 2012 12h49
SFR inclut les appels vers les mobiles chinois



La Chine devient une destination incluse (pour les fixes comme pour les mobiles) pour tous les abonnés Neufbox.


Focalisée depuis des semaines sur les forfaits mobiles et la TV à la demande, la guerre des fournisseurs d'accès se déplacerait-elle de nouveau sur le terrain de la téléphonie IP ?

Après des mois sans nouveautés, le service de téléphonie de la Neufbox accueille une nouvelle destination. SFR annonce que les appels depuis un téléphone branché sur la Neufbox vers un mobile en Chine sont désormais inclus.

SFR confirme, par ailleurs, que cette nouveauté concerne tous les clients (anciens comme nouveaux), qu'ils soient abonnés à une offre neufbox ou neufbox Evolution.

Tout comme ses concurrents, SFR proposait déjà depuis longtemps les appels "illimités" vers les fixes en Chine. Mais seuls Bouygues Télécom et Numericable ne facturaient pas les communications vers les mobiles chinois.

Rappelons qu'un appel vers un mobile chinois était jusqu'à présent facturé 0.57€ la minute par SFR (plus un coût de mise en relation de 0.12€). Les abonnés Neufbox, qui appellent leurs correspondants chinois une heure par mois, réaliseront ainsi une économie conséquente de plus de 34€.

En ce qui concerne la Chine, SFR fait donc mieux que Free (0.12€ la minute), qu'Orange (0.45€) et que Darty (0.50€). En revanche, la marque au carré rouge reste toujours en retrait sur des destinations stratégiques comme l'Algérie (incluse dans l'offre Freebox) par exemple.

SFR prodfite de cette occasion pour améliorer également son forfait mobile Edition Spéciale Carré Absolu International en y ajoutant les appels inclus vers les mobiles chinois. Rendez-vous sur notre comparateur des tarifs de la téléphonie à l'international pour en savoir plus sur les destinations incluses (ou non) dans les services de téléphonie Voix sur IP des fournisseurs d'accès.

s : http://www.ariase.com/fr/news/appels-mobiles-chine-inclus-telephonie-neufbox-article-2684.html

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 25 Février 2012 12h51
A la Une : la réforme du permis de résidence

Par Stéphane Lagarde
Tous les jours, la revue de la presse chinoise préparée par le bureau de RFI à Pékin.

s : http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20120224-une-reforme-permis-residence

La déception est à la mesure de l’espérance qu’avait entraîné l’annonce d’une réforme il y a un an. Le Conseil des affaires d’Etat a publié hier jeudi les premiers éléments d’information concernant cette réforme attendue par des millions de travailleurs migrants dans le pays. La réforme ne sera pas appliquée « aux villes directement subordonnées à l’autorité centrale » ainsi qu’aux chefs-lieux de province, nous apprend le Jinghua Shibao.

L’appel des 13

C’est une déception pour les parents d’élèves de Pékin, Shanghai, Chongqing, Tianjin et des plus grandes agglomérations du pays. Introduit dans les années 50, le système du « Hukou » enregistre chaque citoyen en fonction de son origine géographique : paysan, citadin… Et les possibilités de changement sont extrêmement limitées. Or depuis l’ouverture de la Chine, plus de 250 millions de travailleurs ont quitté les campagnes pour construire les villes. Le permis de résidence devient alors discriminant puisqu’il limite l’accès aux services sociaux et à l’éducation pour les enfants de ces migrants. 13 journaux avaient ainsi publié en mars 2010 un éditorial commun réclamant son abolition.

Statu quo sur le Hukou

Les propositions faites par le Conseil des affaires d’Etat proposent d’accorder un permis de résidence aux personnes qui ont un travail stable depuis au moins trois ans et un logement dans les villes moyennes. Les optimistes considèrent que le verre est désormais à moitié plein : « C’est la première fois que le système de Hukou est si ouvert en Chine » affirme ainsi Duan Chengrong, directeur des études démographiques à l’Université du peuple à Pékin. Pour d’autres au contraire le verre est encore à moitié vide. « La porte est entre-ouverte mais elle est toujours là » estime Yuan Chongfa. Pour le vice-directeur de l’Institut de recherche et de développement sur la ville, « les paysans ouvriers peuvent désormais s’installer dans les villes, mais ce ne sont pas les grandes villes dont ils rêvent puisqu’il s’agit d’agglomérations de deuxième rang. » Pour le Quotidien du Peuple, il n’est cependant pas possible de forcer les personnes qui ont migré en ville d’abandonner leurs terres en échange du statut de citadin donnant droit à la protection sociale.

Statu quo sur la Syrie

La plupart des journaux reviennent également sur la décision de Pékin de ne pas assister à la conférence internationale de Tunis sur la Syrie. La plupart se contentant de reprendre la dépêche de l’agence Chine Nouvelle et de citer, comme le Shanhai Morning Post les propos du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères : « La Chine n'est pas préparée à participer à cette conférence car elle a encore besoin d'étudier l'objectif, les effets et le mécanisme de celle-ci et n'a pas connaissance des préparatifs de cette conférence ».

Mais pour le Huanqiu Shibao l’affaire est pliée. Pékin n’ira pas à Tunis car « il s'agit en fait d'une réunion des ‘amis de l'opposition en Syrie’. » Dans sa version Global Times et donc anglophone, le même quotidien poursuit sa démonstration dans un éditorial intitulé : « La Chine a une tâche difficile en tant que médiateur en Syrie ». « Il est inutile pour la Chine de se précipiter indique la plume du journal. L’opposition syrienne n’est pas encore prête à accepter un compromis. Mais si l'administration continue Assad à s’accrocher, les chances d'une négociation pacifique vont augmenter (…) Les négociations en Syrie étant au point mort aujourd'hui. La Chine doit rester confiante dans sa position sur la question ».

Pékin se « mur »

Ce n’est pas la muraille de Chine, mais les murs de Pékin qui sont tombés en 1949 avec l’arrivée au pouvoir du Parti communiste. La municipalité va bientôt entamer le plus grand projet de restauration du patrimoine de l’histoire récente de la ville, affirme le Xinjingbao. La capitale chinoise s’apprête en effet à reconstruire six tours marquant les anciennes portes de la ville : Youanmen, Yongdingmen, Zuoanmen, Tianqiao, Xibianmen et Dianmen. Aujourd’hui, seule la tour sud-est au croisement de l’avenue Jianguomen sud et la rue Chinwenmen a été conservée. Un projet accueilli avec des doutes par les défenseurs du patrimoine. « Le patrimoine a été détruit, ce sont les symboles qui vont être reconstruits, mais pas ce qui faisait la beauté des remparts », explique le conservateur Xie Zhensheng.

A genou pour les ours

La Chine n’a pas fini de se faire de la bile pour ses ours. Pour la deuxième fois cette semaine, la société de pharmacopée Guizhentang a ouvert ses portes aux journalistes. L’entreprise très contestée fait l’objet d’une intense campagne de mobilisation pour sa fermeture. La compagnie fabrique des médicaments traditionnels à partir de la bile de 600 ours noirs élevés sur place. Visiblement, certains gardiens du centre ont craqué. Selon le site d’information China news l’un d’entre eux se serait mis à genou afin de s’excuser pour la souffrance infligée aux animaux lors du processus de récupération de la bile.

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 25 Février 2012 12h53
Un petit verre de bile d'ours ?

24.02.2012 | Courrier international

Guizhentang, le plus grand producteur de médicaments à base de bile d’ours, a exceptionnellement accueilli des journalistes dans sa ferme de la province méridionale du Fujian, en réponse à une intense campagne de mobilisation sur Internet, selon le Xinjing Bao.

La presse internationale n’étant pas invitée, les journalistes chinois ont été autorisés à visiter l’une des fermes de la société mais sans pouvoir poser de questions. Les premières images ont montré des ours noirs, rasés au niveau de l’abdomen, et des techniciens dans des blouses blanches portant un masque médical et prélevant la bile à l’aide d’un cathéter relié à la vésicule biliaire des ours.

La barbarie de la technique d’extraction est dénoncée depuis longtemps par les associations de défense des animaux et trouve de l’écho dans le pays. La candidature de la société Guizhengtang à une entrée en bourse a relancé la contestation. Sur la Toile chinoise, des dizaines de milliers d’internautes ont réagi pour condamner "la torture" subie par ces ours.

En Chine, plus de 7 000 ours selon les chiffres officiels, et bien plus selon les ONG, seraient prisonniers dans ces fermes. Deux à trois fois par jour, on leur prélève de la bile, revendue à un prix d’or pour les qualités thérapeutiques qu’on lui prête. Elle est réputée pour "refroidir" les affections "chaudes" comme les inflammations, ainsi que pour dissoudre les calculs biliaires et rénaux.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 26 Février 2012 09h21
Avec « Crampe », Cédric Beau fait du chinois une simple gymnastique mentale

dimanche 26.02.2012, 05:32 - La Voix du Nord

Dans le langage courant, l'expression « c'est du chinois » n'est pas un gagede facilité. Cédric Beaudhuin entend prouver le contraire. Cet enseignant vient de lancer le site du-chinois.com avecsa propre méthode d'apprentissage de la langue de Confucius. Simple comme« Ni hao », selon lui.

PAR PAULINE DROUET


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« Vous pouvez vous déchaussez s'il vous plaît ? C'est une habitude que j'ai pris là-bas », s'excuse Cédric Beaudhuin. Thé vert à volonté, chaîne régionale shanghaïenne en fond sonore, chez ce jeune homme de 25 ans, on vit un peu sur le fuseau horaire de Pékin. Professeur à la ville (de Dunkerque) Cédric Beau - « Beaudhuin, c'est trop compliqué pour tout le monde » - est un passionné de l'Empire du milieu.

Et d'enseignement : « Pendant deux ans, j'ai été cadre dans l'import », mais il raccroche vite les bons de commandes pour se tourner vers l'éducation nationale. Plus qu'une vocation, l'enseignement semble être un sacerdoce pour Cédric, Li Shuai Qing, son second nom d'emprunt, hérité de ses trois années passées en Chine.

Quand il n'exerce pas au lycée Jean-Bart, Cédric ne déconnecte pas : « Des élèves me disaient qu'il fallait que j'écrive un livre, des collègues voulaient que je fonde un club... » Finalement, ce sera un site, du-chinois.com, et une méthode originale que Cédric lance le 7 février. Bilingue, le jeune papa est persuadé que le chinois est à la portée de tous les cerveaux. Mais seulement voilà, c'est l'apprentissage qui pêche selon lui : « Quand j'ai appris le chinois, ce n'était que du par coeur. » Une technique rébarbative qui démotive nombre d'élèves voulant apprendre cette langue « atout ». Germe alors l'idée de partager son savoir, et sa passion. « J'ai pris le problème à l'envers en apprenant de mes élèves. Je leur demandais ce qu'ils trouvaient difficile, et ce sont toujours les mêmes problèmes qui revenaient.

» Un jour, il les couche sur le papier : « Les caractères rapidement », « Apprendre à mémoriser » et « Prononcer efficacement ». « Sans que j'y réfléchisse, cela donnait l'acronyme CRAMPE et je me suis dit que c'était un peu ça. Par les méthodes traditionnelles, certains pouvaient avoir une "crampe au chinois", un blocage qu'avec des gestes simples on pouvait faire passer, un peu comme une crampe. » La méthode Crampe tente de varier les efforts, en travaillant sur les différentes mémoires - visuelle, auditive et mécanique - et sur la répétition : « C'est un de mes profs de seconde qui m'a appris cette technique. On apprend une leçon, puis on la relit le lendemain, puis trois jours après, puis cinq. On réactive les connaissances et petit à petit, elles sont totalement assimilées. » En une cinquantaine de diapositives, chaque vidéo de Cédric permet à l'élève d'avancer. Des fichiers sons, qu'il enregistre avec son épouse, alternent avec des exercices de calligraphie ou encore « la minute culture », « parce qu'il faut bien se reposer aussi ». Une méthode qui donne des résultats selon Cédric - « tous les trois mois, on valide un niveau du HSK, c'est l'équivalent du TOIC anglais » - et accessible financièrement. « Je voulais d'abord la faire au prix d'un café par jour. Et puis je me suis rendu compte que ça faisait tout de même 50 euros par mois, alors du coup c'est 20 euros.

» Simple comme « Ni hao » ? À vous de tester. •

www.du-chinois.com/formation

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 26 Février 2012 09h27
Courrier international détourné par la propagande chinoise

Un site officiel chinois nous a attribué un reportage dénonçant les menées sécessionnistes des Tibétains en exil. Une pure manipulation puisque cet article était une traduction... d'un quotidien de Pékin !

21.02.2012 | Courrier international


"L'harmonie et le développement, désirs les plus ardents des Tibétains, selon un média français" : le titre fleure bon le Tibet enchanté que veulent tant vendre les autorités chinoises à l'étranger - a fortiori quand des Tibétains s'immolent par le feu quasi quotidiennement pour dénoncer la normalisation imposée par Pékin. Sauf que le "média français" en question n'est autre que Courrier international ! Victime en l'occurrence d'un détournement piloté par un site web de propagande, basé dans la capitale chinoise.

Récit d'une manipulation : vendredi 16 février, China Tibet Online met en ligne un article citant un reportage publié par Courrier international. Selon le site (qui s'appelait auparavant China Tibet Information Center), les reporters de Courrier international auraient mené des entretiens dans des zones reculées du Tibet établissant que "l'harmonie et le développement" restaient les aspirations les plus ardentes des "gens ordinaires"... Une description du quotidien des Tibétains que les services de la propagande ne pourraient que féliciter.

Sauf que le reportage que China Tibet Online prétend citer n'existe pas et que le site tripatouille la réalité pour l'arranger à ses vues. Le 1er février, Courrier international publie sur son site la traduction en français d'un éditorial du quotidien Huanqiu Shibao, qui appartient au groupe Renmin Ribao (Quotidien du peuple).

Ce texte est consacré au Tibet où des manifestations contre l'oppression de Pékin dégénèrent et des moines s'immolent : nous avons estimé intéressant de le porter à la connaissance de nos lecteurs car il donne, avec virulence, le point de vue chinois sur les événements en cours dans les zones de peuplement tibétain et dénonce les agissements de la diaspora et des pays occidentaux. Nous le titrons "Tibet : la clique du dalaï-lama veut saper l'unité de la Chine", en reprenant des "éléments de langage" couramment utilisés par la Chine ("clique", etc.), pour témoigner du ton véhément de l'éditorial. Le "chapeau" de l'article rappelle que des moines s'immolent et que des manifestants tibétains ont été tués par les forces de sécurité chinoises. Nous l'accompagnons enfin d'un encadré, qui évoque "Une région sous contrôle policier", faisant état des derniers incidents et citant Phayul, un site d'information de la communauté tibétaine en exil.

Ce qui n'a donc pas empêché China Tibet Online de mettre sous la plume de Courrier international la violence des mots de Huanqiu Shibao... Une petite manœuvre de propagande qui tord les faits pour les adapter au discours de Pékin et qui n'a pas manqué d'émouvoir des militants pro-Tibet en France et ailleurs. Beaucoup, ayant découvert avec stupeur "l'article" de China Tibet Online, ont contacté Courrier international pour l'informer de ce détournement.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 08h33
Les indispensables réformes de l'économie chinoise

LEMONDE.FR | 29.02.12 | 12h32 • Mis à jour le 29.02.12 | 14h06



La Chine a atteint un tournant dans son développement économique et va devoir mettre en œuvre de profondes réformes, avec un rythme de croissance qui va diminuer de près de moitié en vingt ans, estime la Banque mondiale dans un rapport établi en collaboration avec un think tank étatique chinois.

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a présenté lui-même cette étude, lundi 27 février. Le vice-président Xi Jinping, qui devrait, sauf coup de théâtre, prendre les reines du pays à l'automne 2012, et le vice-premier ministre Li Keqiang ont annoncé qu'ils le soutenaient.

Premier constat : la deuxième économie mondiale, qui croît encore à environ 9 % annuellement, va voir sa croissance ralentir aux alentours de 5 ou 6 % dans les vingt prochaines années. Un chiffre optimiste, contrebalancé par une incertitude sur le rythme de ce ralentissement, dont les auteurs du rapport disent "[ignorer] s'il sera régulier ou non". Or, toute chute brutale de croissance pourrait révéler "des zones d'inefficacité et des pertes dans les banques, les entreprises et à différents échelons du gouvernement — aujourd'hui cachés sous le voile de la croissance rapide — et pourrait précipiter une crise fiscale et financière".

CHANGER DE MODÈLE

Pour élargir ces perspectives de croissance, l'économie chinoise ne peut plus seulement compter sur ses exportations et ses investissements massifs, a affirmé lundi M. Zoellick, selon qui "le modèle de croissance actuelle du pays n'est pas soutenable." Il préconise donc, notamment, de réduire la taille du secteur étatique et de mettre fin aux situations de monopole dans des secteurs stratégiques (automobile, énergie, finance, télécommunications).

Plus de dix ans après l'accession de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les entreprises d'Etat profitent toujours des restrictions aux investissements étrangers dans ces secteurs. Elles profitent aussi de financements avantageux, tandis que leurs concurrents étrangers se plaignent d'un manque de transparence dans l'accès au marché chinois.

>> Lire notre décryptage : "Pékin a bien profité de son adhésion à l'OMC" (lien abonnés)

"Souvent, ces entreprises ne se posent pas la question de savoir si elles sont rentables ou non," analyse Danielle Schweisguth, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). "Elles ont un accès quasi-garanti aux finances de l'Etat", ce qui n'encourage pas la recherche de l'efficacité et pèse sur l'économie chinoise.

La Banque mondiale et ses partenaires chinois renvoient l'essentiel de ces réformes à la fin des années 2020, mais de premières "victoires rapides" sont encouragées à court terme, pour le début de mandat de M. Xi Jinping. Il s'agira notamment d'augmenter les dividendes versés par les entreprises publiques, afin d'aider à financer les dépenses sociales.


ASSOCIATED PRESS/EUGENE HOSHIKO
LA CHINE QUI CONSOMME

Deuxième axe de ce rapport : les dirigeants chinois devraient cesser de mettre l'accent uniquement sur les aspects quantitatifs de la croissance pour prendre également en compte ses aspects qualitatifs. La Chine a déjà cessé d'évaluer ses performances en gardant l'oeil rivé sur le compteur du pourcentage annuel de croissance. Son plan quinquennal en cours, le douzième, affiche un objectif de 7 %, "mais sans en faire un absolu indépassable", précise Fabienne Clérot, chercheuse à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Il s'agit également de faire en sorte que les Chinois consomment, afin qu'ils compensent le ralentissement des ventes à l'étranger. La Banque mondiale en fait un impératif pour l'avenir de l'économie chinoise.

Pour cela, l'Etat devra augmenter les salaires (lien abonnés) et mettre en place un système de sécurité sociale, qui permettrait aux Chinois, selon Danielle Schweisguth, "de ne pas mettre de côté 50 % de leur paye pour le jour où ils auront besoin d'être hospitalisés". Fabienne Clérot relève également la nécessaire réforme du "hukou", le permis de résidence qui prive les migrants chinois d'une partie de leurs droits s'ils vont chercher du travail dans d'autres provinces sans autorisation. Selon la chercheuse, "environ un quart de la population de Shanghaï serait ainsi constituée d'ouvriers qui n'ont pas accès légalement aux hôpitaux ni aux écoles. Cela créée une société à deux vitesses" dans laquelle les moins favorisés offrent, certes, une main d'œuvre bon marché, mais ne tirent pas la consommation vers le haut.

LE RÔLE DU PARTI PASSÉ SOUS SILENCE

Parmi les autres recommandations permettant une croissance "durable" à la Chinoise, le document appelle à renforcer l'innovation, à améliorer la protection sociale et les incitations pour protéger l'environnement, ainsi qu'à une meilleure garantie des droits sur la terre des paysans.

Reste une inconnue dans cette série de réformes libérales : le rôle du parti. Rien n'est dit des nominations officielles de dirigeants des entreprises d'Etat ni de la formation des politiques monétaires au sein du parti avant leur transmission à la Banque de Chine.

M. Zoellick, qui a proposé ce rapport commun aux dirigeants chinois à la fin de l'année 2010, selon le Wall Street Journal, n'a pas souhaité aller jusque-là : "Je m'attends à ce qu'on voie la nouvelle génération de dirigeants expérimenter avec ces idées", déclarait-il lundi.

Louis Imbert, avec agences

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 08h35
Chine : au moins vingt morts dans les violences au Xinjiang
LEMONDE.FR avec AFP | 29.02.12 | 08h42 • Mis à jour le 29.02.12 | 14h06


Des violences ont fait au moins vingt morts dans la région autonome chinoise du Xinjiang, mettant une nouvelle fois en lumière les tensions entre les Ouïghours turcophones et les Chinois "Han", que les premiers accusent de coloniser leur espace et d'opprimer leur culture.

Treize "personnes innocentes" ont été tuées à coups de couteau mardi à Kargilik (Yecheng en chinois), dans la préfecture de Kashgar à l'extrême-ouest de la Chine, tandis que la police a abattu sept personnes qualifiées de "terroristes", a rapporté le portail officiel d'informations Tianshan. Deux "terroristes" ont aussi été arrêtés par la police, précise le site, en ajoutant que l'enquête se poursuit.

La brusque poussée de fièvre a été déclenchée par l'attaque d'un marché par des membres de la minorité ouïghoure, selon les autorités. "Vers 17 h 30 ou 18 heures, une douzaine d'émeutiers porteurs d'armes blanches ont surgi dans le marché d'un quartier habité majoritairement par des Han" (Chinois au sens ethnique), a déclaré mercredi à l'AFP un policier nommé Tuo.

"La plupart des victimes étaient des Han, mais parmi elles se trouvaient aussi des Ouïghours. Cinq émeutiers ont été abattus, et ils étaient tous Ouïghours", a-t-il encore relaté.

RÉPRESSION SYSTÉMATIQUE MENÉE PAR LA CHINE

Selon Dilxat Raxit, porte-parole d'une organisation de la dissidence en exil, le Congrès ouïghour mondial, dont le siège est en Allemagne, les affrontements ont opposé des Ouïghours à des membres des forces de l'ordre. "Ces faits se sont produits car les Ouïghours ne supportent plus la répression systématique menée par la Chine, et qu'ils ont recours à des méthodes primitives de lutte pour résister", a-t-il affirmé.

"En ce moment la région autonome du Xinjiang connaît un fort développement. La situation y est bonne en général", a affirmé mercredi Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères. "Nous nous opposons fermement à une poignée de terroristes aux agissements séparatistes qui viennent saboter une telle unité et un tel développement pacifique".

Comme souvent en Chine quand il s'agit d'affaires sensibles, la censure est entrée en action : les requêtes comportant les mots "Xinjiang Yecheng" étaient bloquées mercredi sur Sina Weibo, le principal service de microblogging chinois.

DÉPLOIEMENT POLICIER

Nombre des Ouïghours, qui sont près de neuf millions, dénoncent la répression culturelle et religieuse à leur encontre ainsi que l'immigration massive de Han qui procèdent au développement économique de cette région encore pauvre, mais possédant d'abondantes ressources naturelles.

Les régions de Kashgar et de Hotan, dans le sud-ouest du Xinjiang, avaient en particulier connu des troubles fin juillet et début août 2011, à la suite desquels Pékin avait envoyé une brigade d'élite de la police antiterroriste. Les attaques officiellement attribuées à des Ouïghours et les ripostes de la police avaient fait plus de vingt morts. Fin janvier, les autorités chinoises ont annoncé le recrutement de 8 000 policiers supplémentaires dans le Xinjiang.

Des violences bien plus meurtrières avaient éclaté au Xinjiang en juillet 2009. Plus de 1 600 personnes avaient alors été blessées et près de 200 tuées à Urumqi, capitale de la région autonome. "On nous a rapporté de façon régulière ce type d'événements depuis les années 1990 environ. Il est difficile de dire s'il y en a davantage depuis 2009. Mais depuis 2009 ces événements ont été davantage spectaculaires, comme l'attaque de postes de police ou de policiers", a assuré à l'AFP Barry Sautman, professeur à la Hong Kong University of Science and Technology.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 08h38
Un Chinois entre au panthéon de l'architecture

Le Monde| 29.02.12 | 13h49 • Mis à jour le 29.02.12 | 17h03

Petit bonhomme extrêmement cultivé, Wang Shu, 48 ans, a obtenu "le" Pritzker Prize mardi 28 février. Ce prix, décerné par la fondation américaine Hyatt, est, pour simplifier, le Nobel de l'architecture.

Avec Wang Shu se trouvent honorés son épouse et collaboratrice, Lu Wenyu, ainsi que son atelier - Amateur Architecture Studio, ramassis (hiérarchisé) d'élèves, de maçons (son atelier fonctionne en osmose avec eux) et de professeurs qu'il a rassemblés depuis 1998 à Hangzhou, capitale du Zhejiang. Il est le premier Chinois à obtenir ce prix. Il s'en est déclaré "très touché". "Car, a-t-il ajouté, même si j'ai été bien entouré toutes ces années, j'ai été seul au départ dans toute cette exploration. Pour dire les choses simplement, j'ai réfléchi, j'ai travaillé dur, j'ai essayé d'appliquer mes idéaux."

Homme à la fois discret, modeste, talentueux, profondément soucieux de l'éthique du métier, il est le représentant d'une minuscule fraction d'architectes chinois qui ont choisi la voie étroite de la qualité dans un pays où les commandes se chiffrent parfois en millions de mètres carrés.

Wang Shu a étudié l'architecture à l'université du Sud-Est à Nankin, avant d'obtenir un doctorat en architecture à l'université Tongji de Shanghaï en 2000. Outre son atelier de Hangzhou, il dirige le département d'architecture de l'Ecole supérieure des beaux-arts de la ville depuis 2003.

Il aurait pu devenir homme de lettres ou peintre classique - comme Hangzhou, l'ancienne capitale des Song du Sud, pas très loin de Shanghaï, en a produit tant. Wang Shu y a construit l'un de ses premiers bâtiments, l'université des beaux-arts Xiangshan, située un peu en dehors de la ville, au pied d'une montagne couverte d'un des thés les plus précieux de Chine. Un campus d'exception, sur le plan architectural, dans un cadre idyllique.



Une des caractéristiques du travail de Wang Shu, depuis ses débuts, est l'étude des techniques traditionnelles et durables. Ainsi, il a recours aux systèmes de ventilation naturelle. Un principe ancestral qui utilise la montée de l'air, classique en Asie. Il aime le bois, mais n'a aucun scrupule à utiliser le béton quand il le faut. Il ne s'interdit aucun matériau et intègre généreusement des éléments de récupération : des anciennes briques, des tuiles provenant des villes et villages détruits à marche forcée par la modernisation...

"Je n'ai pas inventé la réutilisation de matériaux recyclés, dit-il, cela se retrouve dans notre tradition constructive... Par ailleurs, en tant qu'architecte, on ne peut pas ne pas réagir à autant de matériaux laissés par les destructions de bâtiments anciens. Comment réutiliser ces matériaux sur des réalisations contemporaines, c'est cela l'attitude que devrait avoir l'architecte contemporain."

Il a construit en 2005 un premier musée, consacré aux beaux-arts, à Ningbo, important port du Zhejiang, qui ne ressemble à rien de ce qui avait été bâti précédemment en Chine. Il y reprend des techniques connues, des matériaux comme le bois, la pierre, la tuile, avec autant de souffle que d'esprit d'équilibre, en résonance avec le fleuve. Il y trouve une reconnaissance internationale qui l'a aidé à s'ancrer dans le petit milieu des architectes chinois - pas plus d'une vingtaine sur des dizaines de milliers actifs - qui ne pratique pas l'élevage intensif des tours et du béton.

Car le système commercial chinois permet de construire des millions de mètres carrés, processus répétitif qui fait tourner d'énormes instituts de construction sans pour autant faire la fortune des architectes qui y sont salariés. Wang Shu a toujours refusé d'y adhérer. Il a également refusé cette pratique, très fréquente en Chine, où des architectes ont une petite production de qualité, à côté d'une agence énorme qui construit des tours, voire des villes entières.

D'autres bâtiments sont importants dans son oeuvre. L'un lui a été demandé par Ai Weiwei pour une sorte de monument qu'il a consacré à son père, le poète Ai Qing, sur les deux rives du fleuve de Jinhua, sa ville natale. Il a sollicité une quinzaine d'architectes, dont Herzog et De Meuron, ou Toshiko Mori, qui enseigne à Harvard, pour qu'ils imaginent des "fabriques", des petits édifices. Cet ensemble a été malheureusement volontairement laissé à l'abandon par les autorités, mais le bâtiment de Wang Shu garde une forme de fierté. Il y avait utilisé des carreaux de céramique qu'on produisait en très grande série dans la Chine de l'après-Mao.

Ainsi, cet homme, longtemps perçu comme un artiste isolé, avait déjà, très tôt, un certain nombre de liens avec les grands noms de l'architecture internationale.

Ses projets ont été diffusés à travers le monde dans de nombreuses revues et expositions, comme "Alors la Chine ?", en 2003, "Positions", en 2008, "Architecture as Resistance", en 2009, et lui ont valu plusieurs distinctions dès 2003 en Chine, mais aussi à l'étranger, parmi lesquelles le Global Award for Sustainable Architecture en 2007 et la Grande médaille d'or de l'Académie d'architecture en 2011.

Il a également construit le musée d'histoire de la ville de Ningbo. Très grand bâtiment, déconcertant, avec un côté plus mésopotamien que chinois, là aussi dans un immense parc. Une architecture aussi libre que celle d'un Le Corbusier ou d'un Luis Kahn, et un ensemble qui contraste avec un centre d'affaires construit non loin par un autre architecte, Ma Qing Yun, dans un style "flashy", très américain.

Mais l'une de ses interventions majeures, toujours en cours, trouve sa place à Hangzhou, où les anciennes cités Qing, Ming et les traces archéologiques de la capitale des Song risquaient d'être rasées. Le maire de la ville a pris la décision de lui confier l'ensemble du quartier autour de la rue Zhongshan Lu, épine dorsale de la ville. Tout un ensemble de bâtiments demeurait intact, parmi lesquels de vastes pharmacies traditionnelles, bousculées par l'arrivée de blocs de béton au XXe siècle. Wang Shu a pris le parti de préserver l'Histoire, sa grandeur antique et ses médiocrités récentes.

Pour retrouver la forme de la rue, faire oublier la laideur intemporelle des casemates de l'ère post-maoïste, il s'est ingénié à poser des implants dans les dents creuses. Il a imaginé des éléments modernes, dont le profil étrange pourrait avoir été inspiré par celui des ouvertures de la région de Suzhou, connue comme la "Venise chinoise".

Ce processus a déconcerté nombre de Chinois, aussi bien les architectes "occidentalisés" que les défenseurs du patrimoine : les premières réactions, mitigées, à l'annonce de son prix montrent qu'il n'est pas prophète en son pays. Au premier rang d'entre elles, celle du professeur et historien de l'architecture Ruan Yisan, de Shanghaï, pionnier courageux de la défense du patrimoine : il a vivement condamné l'irruption de signes modernes dans un ensemble ancien.

Mais Wang Shu n'est pas un passéiste : "Ce qui m'intéresse, c'est plutôt d'observer, à partir de l'histoire, la question de l'expérimentation ; la distinction nette entre "tradition" et "modernité" est abstraite et simpliste, et ne reflète pas la réalité. On sait que les deux dernières décennies en Chine ont été extrêmement marquées par la destruction des centres anciens, avec beaucoup de grands immeubles construits, et trop peu de réflexions avant démolitions. Même si, au vu de la population chinoise, on ne peut nier le besoin d'immeubles élevés, il est important de prendre en compte les expériences tirées de siècles de constructions."

De la tradition architecturale chinoise, il préserve la mémoire cachée dans les fragments de tuile, mais aussi ce qui relève de l'organisation de l'espace et des éléments structurels qui ont fait leurs preuves. Il se soucie de l'humain, pratique une architecture naturellement écologique, avec un réel souci de l'échelle, dans un pays qui semble perdre le sens de la mesure.

En octobre 2011, Hu Jintao, le président chinois, s'est montré très offensif, mettant en garde contre l'"occidentalisation" de la Chine dans le domaine culturel (Le Monde du 6 janvier 2012). Dans ce contexte, l'attribution du Pritzker est un événement paradoxal, car Wang Shu, sans rejet des influences étrangères, ouvre les voies d'un renouveau possible de l'architecture chinoise.

S'il fait école à Hangzhou, il ne cherche pas à se présenter comme unique référence. Il se montre serein. Il a trois projets en construction à Ninghai, Jinhua et Kunming. Deux autres sont encore en phase de conception à Zhoushan Hangzhou. Il ne changera ni ses méthodes de travail, ni le temps consacré à ses projets, "pour préserver un niveau de qualité suffisant".

Sur le Web : www.pritzkerprize.com.

Frédéric Edelman (avec Jérémie Descamps à Hangzhou)
Article paru dans l'édition du 01.03.12

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 08h40
Un pôle d'affaires Chine-Europe implanté dans la Moselle d'ici à 2014
LEMONDE.FR avec AFP | 27.02.12 | 15h36 • Mis à jour le 27.02.12 | 16h03


Le président du conseil général de la Moselle, Patrick Weitten, a annoncé, lundi 27 février, qu'environ deux mille entreprises technologiques chinoises s'implanteront d'ici à 2014 sur un pôle d'affaires à Illange-en-Moselle. Trois mille emplois devraient y être créés, en partenariat avec des sociétés européennes.

Financé, sans subventions publiques, à hauteur de 150 millions d'euros par la Sicar – une société de capital-risque domiciliée au Luxembourg – ce pôle s'étendra sur 130 hectares totalement aménagés, a précisé M. Weitten, à Yutz, près de Thionville, non loin du futur site retenu.

Le centre d'affaires sera destiné aux professionnels européens – allemands, néerlandais, italiens, autrichiens – désireux d'exporter vers la Chine et/ou de construire avec des investisseurs chinois des partenariats vers des pays tiers, a expliqué Frédéric Basset, président de la Comex Holdings, un fonds d'investissement international assurant en Chine un lien permanent avec les autorités de Pékin.

"COOPÉRATION POUR SOUTENIR LES ENTREPRISES FRANÇAISES"

La construction des deux cent trente mille mètres carrés du centre doit débuter à l'automne pour offrir aux entreprises chinoises les infrastructures nécessaires à leur marketing et à leur gestion financière, administrative et comptable ainsi que leur service après-vente, a précisé M. Basset. Quarante expositions thématiques internationales doivent en outre s'y tenir chaque année.

Selon le conseil général de la Moselle, qui entretient depuis 2008 un bureau de représentation permanent à Pékin, des pourparlers "approfondis" avec Ubifrance, organisme public chargé d'accompagner les entreprises françaises à l'exportation, ont débouché sur "une volonté affirmée de coopération pour soutenir les entreprises françaises" qui souhaitent créer des partenariats à Illange.

L'Agence française pour les investissements internationaux, outil public de stimulation et d'accueil des investissements étrangers en France, a également été associée au projet. Une centaine d'entreprises lorraines exportent pour un milliard d'euros en Chine, soit 10 % de la valeur totale des exportations françaises vers ce pays.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 08h42
La Chine aidera l'Europe si celle-ci assouplit ses règles antidumping
LEMONDE.FR avec AFP | 23.02.12 | 13h26

La volonté de la Chine d'aider l'Europe à résoudre la crise de la dette pourrait être remise en question. Le ministère du commerce chinois a rapporté sur son site, jeudi 23 février, que le pays avait décidé de conditionner son aide à deux enquêtes lancées par l'Union européenne (UE).

L'UE a lancé le 21 décembre une première enquête antidumping sur les importations de certains aciers revêtus de matière organique venant de Chine, à laquelle est venue s'ajouter, mercredi, une enquête antisubvention sur les mêmes produits.

"UN MAUVAIS SIGNAL PROTECTIONNISTE"

Ces enquêtes font suite à la plainte d'Eurofer, qui représente plus de 70 % des producteurs européens des produits concernés, qui estime que ses concurrents chinois bénéficient de subventions sous forme d'exemptions de taxes et d'achats effectués par le gouvernement chinois au-dessus du prix du marché.

"Alors que l'économie mondiale n'est toujours pas sortie de la crise financière, que plusieurs pays européens sont enfoncés dans la crise de la dette souveraine, tous les pays devraient adopter une attitude coopérative, ouverte et tolérante pour surmonter ensemble cette crise", a estimé le ministère chinois sur son site.

Selon le ministère, "l'enquête antisubvention européenne envoie au monde extérieur un mauvais signal protectionniste qui jette non seulement une ombre sur le commerce régulier entre l'Europe et la Chine en matière d'acier, mais va nuire aux efforts conjoints sino-européens pour répondre à la crise" de la dette.

"VIF MÉCONTENTEMENT"

Les professionnels chinois du secteur ont quant à eux exprimé leur "vif mécontentement" face à ces enquêtes, rapporte encore le ministère, qui juge qu'elles "contreviennent aux règlements de l'OMC". Ce dernier indique qu'il suivra "avec grande attention le développement de cette affaire".

La Chine, qui dispose des plus grandes réserves de change du monde – 3 200 milliards de dollars à la fin de décembre –, a fait savoir à plusieurs reprises qu'elle pourrait en utiliser une partie pour participer au Fonds de secours européen. Selon des estimations d'experts européens non confirmées officiellement, la Chine détiendrait plus de 500 milliards de dollars de dette souveraine européenne.

De passage à Pékin à la fin d'octobre, le directeur du Fonds européen de stabilité financière, Klaus Regling, avait pour sa part indiqué que 40 % des obligations émises par le Fonds depuis janvier 2011 avaient été acquis par des pays asiatiques, refusant de donner la part de la Chine. De son côté, le Japon avait indiqué en détenir environ la moitié, soit 20 %.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 08h49
Pourquoi les puissances émergentes se réarment-elles ?

s : http://www.lemonde.fr/idees/ensemble/2012/02/29/pourquoi-les-puissances-emergentes-se-rearment-elles_1649421_3232.html

Cinq think tanks et centres de recherche ont répondu à cette question. En quelques semaines, la plupart des puissances émergentes, notamment celles de la zone Asie-Pacifique (Chine, Russie et Inde) ont annoncé une augmentation considérable de leur budget militaire pour la décennie 2012-2022. Faut-il y voir une relance de la course aux armements imposée en particulier par la Chine ? La situation est plus complexe qu'on ne le pense, écrit Jean-Pierre Maulny (IRIS) ; elle reflète plus les paradoxes des Brics qu'une réelle course aux armements. Cet effort chinois, explique Valérie Niquet (FRS), est propre à son attitude agressive qui elle-même correspond en fait à un sentiment d'incertitude du régime. Pour Renaud Bellais (ISAD), ce réarmement des Brics constitue moins un risque de nouvelle course aux armements que le reflet de leur poids économique croissant et de leur affirmation sur la scène internationale. Effectivement, ajoute Aude-Emmanuelle Fleurant (IRSEM), on est donc encore loin d'une course aux armements, mais la somme des gestes posés par les Brics et de leurs interactions conduit à une militarisation accrue des relations interétatiques, donc de l'Occident. Voilà pourquoi, analyse Pierre Hassner (Ceri), l'Europe, qui fait office de seule sage parmi les fous, devrait faire attention à ne pas inspirer un dédain narquois ou apitoyé de la part des empires messianiques ou militaristes.
Dernière mise à jour le 29.02 | 11h01


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L'attitude agressive de la Chine correspond à un sentiment d'incertitude du régime
FRS | 29.02.12 | 11h00 • Mis à jour le 29.02.12 | 12h04


Un rapport récent publié par Jane's Defense prévoit que le budget de défense de la République populaire de Chine (RPC) aura doublé en 2015, pour atteindre 238,2 milliards de dollars, avec un taux de croissance annuel de 18,75 %. Il s'agit là du prolongement d'une tendance lourde. La Chine connaît, depuis le début des années 1990, un taux d'augmentation annuel moyen de son budget de la défense à deux chiffres proche de 15 % par an.

Mais au-delà du budget, deux éléments sont à prendre en compte dans l'analyse de la montée en puissance sur le long terme des capacités militaires de la RPC. Le premier élément est l'imbrication très étroite, revendiquée par les autorités, des industries civiles et militaires, qui mettent au service des capacités militaires toutes les ressources de la recherche et des progrès accomplis dans l'industrie civile de haute technologie.

Le second élément réside dans l'attitude des autorités chinoises qui, en réponse aux demandes de "transparence", ont adopté une position beaucoup plus offensive quant à la légitimité de cette montée en puissance. Si le chiffre officiel du budget de la défense pour 2011, de 91,5 milliards de dollars, demeure inférieur aux estimations publiées à l'étranger, il situe sans complexe la Chine au deuxième rang des dépenses militaires dans le monde, loin derrière les Etats-Unis, mais aussi loin devant l'ensemble de ses voisins asiatiques, Japon compris, pris individuellement ; très loin devant la Russie, et de plus en plus loin aussi devant les grandes puissances militaires européennes. L'effort chinois est donc impressionnant et, plus préoccupant, il s'accompagne d'un manque de transparence non pas tant sur les chiffres que sur une posture stratégique généralement perçue comme agressive.

Signe de cette évolution sensible depuis la fin des années 2000, la RPC ne renonce pas au concept d'intérêt vital, élargi aujourd'hui à un espace maritime sur lequel Pékin aimerait pouvoir imposer son contrôle, si ce n'est sa souveraineté, défiant par ses déclarations, la multiplication des incidents et des manœuvres militaires, à la fois l'ensemble de ses voisins de l'Asie orientale mais également les puissances soucieuses du maintien d'un droit de libre passage dans la région, à commencer par les Etats-Unis. Cette assurance nouvelle, et les revendications nationalistes qui l'accompagnent, bien plus que le discours officiel sur la protection des voies de communication et la globalisation des intérêts et du rôle de la puissance chinoise sur la scène internationale, dessinent la carte des ambitions de Pékin et des nouvelles missions confiées à l'APL par le président Hu Jintao en 2004. Ce sont ces éléments qui déterminent les efforts accomplis par la RPC en matière de développement de ses capacités militaires.

Mais cette attitude plus agressive est aussi paradoxale et correspond en réalité à un sentiment croissant d'incertitude qui pèse sur le régime chinois. Incertitudes internes, auxquelles répond un budget de la sécurité qui dépasse aujourd'hui que celui de la défense. Incertitudes externes, face à la stratégie de retour en Asie prônée par les Etats-Unis, qui répond aux attentes de la majeure partie des pays de la région. Face à ce retour des Etats-Unis, et pour dans le même temps accroître sa marge de manœuvre face à Taiwan en cas de nécessité, Pékin a choisi de mettre en œuvre une stratégie asymétrique d'interdiction, dont l'objectif est d'augmenter considérablement le coût éventuel pour Washington d'une intervention en Asie. Si cet objectif demeure pour une très large part illusoire, c'est pour y parvenir que la RPC consacre une part majeur de ses efforts budgétaires au développement de ses capacités militaires. A ceci s'ajoutent le rôle joué par les éléments les plus nationalistes au sein du Parti et de l'armée, et les intérêts catégoriels, qui influent aussi sur l'augmentation du budget de la défense de la RPC.

Face à ces évolutions, on voit émerger en Asie une forme de course aux armements, ou au moins de rattrapage, dont le premier objectif est bien de répondre à cette montée en puissance des capacités militaires de la RPC. C'est le cas au Vietnam, c'est le cas aussi en Inde, où le "facteur Chine" constitue une motivation importante des efforts budgétaires de New Delhi en matière militaire.

Pour l'Inde, il s'agit aujourd'hui de crédibiliser la capacité dissuasive de ses forces nucléaires face à la Chine tout en préservant son statut de puissance leader dans l'océan indien. Les efforts que l'Inde doit accomplir en la matière sont ainsi bien plus considérables que si les objectifs de sa défense demeuraient cantonnés au cadre strictement sous-régional. Si l'ensemble des pays émergents semblent décidés à consacrer une part croissante de leurs nouvelles capacités d'investissement au développement de leurs capacités militaires, il existe toutefois en Asie, qui est également le lieu de la plus forte croissance économique dans le monde une dynamique spécifique, autour de la montée en puissance de la RPC, particulièrement préoccupante et potentiellement déstabilisatrice pour l'ensemble du globe.

Valérie Niquet, responsable du pôle Asie de la FRS


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Le réarmement des Brics est le reflet de leur poids économique croissant

Point de vue | ISAD | 29.02.12 | 11h00 • Mis à jour le 29.02.12 | 12h05

par Renaud Bellais, chercheur associé à l'ENSTA Bretagne et enseignant à l'ISAD (Université Panthéon Assas)


L'accélération des dépenses militaires des BRICS est indéniable, mais elle constitue moins un risque de nouvelle course aux armements que le reflet de leur poids économique croissant et de leur affirmation sur la scène internationale.
Les pays émergents s'engagent dans des politiques massives d'armement. L'annonce par Vladimir Poutine d'un plan d'investissement de 590 milliards d'euros sur dix ans ou l'envolée des dépenses militaires de la Chine, qui pourraient dépasser 230 milliards en 2015, soulèvent de nombreuses questions. Il est indéniable que les puissances émergentes que sont les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) prennent un poids croissant dans les dépenses militaires mondiales.



La croissance vertigineuse de leurs dépenses laisse craindre une nouvelle course aux armements. Si le budget de la Chine connaît une croissance annuelle à deux chiffres depuis une décennie, le Brésil, l'Inde et la Russie ont plus que doublé leurs dépenses hors inflation entre 1997 et 2010 selon le SIPRI. Même l'Afrique du Sud a accru son effort de défense de près de 50% en dépit de la fin de l'apartheid.

Toutefois, il faut relativiser cette évolution. Les dépenses des BRICS restent somme toute modestes au regard de leur importance économique, démographique ou géopolitique. Le Brésil a un budget de 25 milliards d'euros, inférieur à celui de l'Allemagne pourtant deux fois moins peuplée. A 44 milliards, le budget de la Russie est au même niveau que celui du Royaume-Uni. Le budget de l'Inde est du même ordre que celui de la France. Seule la Chine se distingue avec un quadruplement des dépenses depuis 1997. Cependant cette évolution doit être mise en perspective avec son poids démographique et économique.

En part du PIB, ces dépenses restent faibles. Ceci est particulièrement vrai pour la Chine : son budget de défense représentait 2,2% du PIB en 2009, un accroissement modeste par rapport à 1997 (1,7%) et surtout par rapport au budget du Pentagone (qui absorbait 4,8% du PIB américain en 2009).

De même, le part des dépenses militaires dans le PIB du Brésil et de l'Inde n'a pratiquement pas changé entre 2009 et 1997 : 1,6% et 2,8% respectivement. L'Afrique du Sud a même vu une réduction de son effort de défense, passé de 1,6% en 1997 à 1,3% en 2009. Seule la Russie atteint 4,3% en 2009, mais qu'il faut comparer à l'effort de 4,1% en 1997.

Les inquiétudes sur une nouvelle course aux armements mondiale apparaissent donc exagérées. Nous sommes loin de la course aux armements de la guerre froide. Il est néanmoins certain que ces pays s'affirment militairement et diplomatiquement, ce qui explique leur effort croissant dans la défense.

Pour comprendre les dynamiques à l'œuvre, au-delà des situations particulières (course aux armements Inde-Pakistan, volonté de la Chine d'égaler les Etats-Unis), il est possible de distinguer des quatre traits communs dans l'effort de défense des BRICS.

- Ces pays renouvellent aujourd'hui leurs équipements vieillissants. Les acquisitions d'armement ne sont linéaires mais cycliques, avec des phases liées du cycle de vie des équipements. Ces cycles ont une durée de 20-25 ans. Les pays de l'OTAN remplacent aujourd'hui les équipements achetés dans les années 1980 ; il en est de même pour les BRICS.

- Il y a un "effet richesse" pour les BRICS. La vraie différence avec les pays de l'OTAN dans cette phase haute du cycle d'investissement est que ces pays ont aujourd'hui des moyens bien plus importants. Ceci leur permet à la fois d'acheter plus et d'acheter les équipements les plus performants. Ceci explique pourquoi les BRICS sont d'importants importateurs d'armement (hormis la Russie, qui est essentiellement un exportateur).

- Plus que le reflet de menaces croissantes (caractérisant la course aux armements), leurs dépenses reflètent une volonté d'affirmation de leur puissance croissante. Certains équipements constituent des achats de prestige, comme l'acquisition d'un porte-avions par l'Inde ou de sous-marins nucléaires par le Brésil.

- Ces dépenses constituent enfin un moyen d'acquérir une réelle autonomie stratégique, qui nécessite une industrie nationale de défense. Devenus plus riches, les BRICS ne veulent plus être dépendants de fournisseurs étrangers comme par le passé. L'investissement dans la défense permet de constituer une base industrielle qui leur donnera, à terme, les moyens d'agir librement au niveau international. Ceci explique leurs demandes croissantes en termes de transferts de technologie et de production locale lors des négociations avec des fournisseurs étrangers.

Les dépenses militaires des BRICS révèlent un basculement géostratégique vers ces puissances émergentes. Seront-ils capables d'être des acteurs de la stabilité mondiale et non une source d'instabilité ? Il y a un risque non négligeable, à moyen terme, que cet effort militaire aboutisse à une course aux armements si des rivalités se feront jour entre BRICS.


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L'Europe, seule sage parmi les fous ?
Point de vue | CERI | 29.02.12 | 11h01 • Mis à jour le 29.02.12 | 12h03

par Pierre Hassner, chercheur associé Sciences Po au CERI


L'augmentation des dépenses militaires de la Chine, de la Russie et de l'Inde a des causes et, sans doute, des conséquences différentes dans chaque cas, mais aboutit à une configuration globale, surtout si on ajoute le réarmement de pays émergents comme celui du Brésil et si on la compare à la tendance américaine et surtout européenne à la diminution des mêmes dépenses.

Le cas le plus simple est celui de la Chine. Celle-ci poursuit son ascension à la fois économique et militaire. Cette dernière s'accélère en même temps que la rhétorique qui l'accompagne. Le but lointain, pour la Chine, est de se rapprocher de la parité avec les Etats-Unis et le but immédiat de s'assurer le contrôle de son environnement maritime, défini de manière aussi large que possible. Mais la part des dépenses militaires, difficile à chiffrer exactement, semble encore rester relativement modeste.

Le cas de la Russie est beaucoup plus complexe. Elle poursuit depuis 2008 un plan de modernisation de ses forces armées dont la guerre de Géorgie avait montré l'état assez piteux. Mais l'annonce récente par Poutine du doublement du budget militaire et la rhétorique martiale et anti-occidentale qui l'accompagne ont une signification doublement politique. Sans doute, en présence de la crise de confiance interne à laquelle il fait face, et de la proximité des élections, Poutine veut-il apparaître comme l'homme fort face à un monde hostile, protecteur de la patrie en danger et restaurateur de la puissance passée. Mais cela correspond, plus profondément, à son tempérament et à son ambition constante d'obliger l'Occident à compter avec lui, ne fût-ce que par sa force de nuisance. Il montre aussi le caractère limité, sinon illusoire, du "reset" avec les Etats-Unis, du "partenariat stratégique" de la Russie avec la France et de la musique européenne de Dmitri Medvedev. Plus concrètement, c'est une mauvaise nouvelle pour la Syrie, ainsi que pour les voisins ex-soviétiques de la Russie.

Le cas de l'Inde est très différent. Comme l'Europe, l'Inde est une grande puissance économique mais dont l'efficacité en matière de défense et de sécurité n'est pas à la hauteur de son potentiel. Contrairement à l'Europe et aussi à la Chine et à la Russie qui ne sont aujourd'hui menacées par personne, elle doit faire face à des défis multiples en matière de sécurité : des relations ambiguës avec la Chine et franchement antagonistes avec le Pakistan, y compris, dans les deux cas, l'héritage de plusieurs guerres et de nombreuses escarmouches de territoires disputés ou en état de sécession virtuelle, une défense anti-terroriste mal organisée. En même temps, comme la Russie et la Chine, elle est jalouse de sa souveraineté et souhaite s'affirmer comme puissance mondiale et pas seulement régionale. Mais ce qui lui manque ce sont moins les armements qu'une organisation étatique et sociale plus efficace et moins corrompue.

Les Etats-Unis restent de très loin la puissance la mieux armée et la plus dépensière en matière d'armement. Cependant, la tendance y est à se désengager des expéditions lointaines comme celles de l'Iran et de l'Afghanistan. Le président Obama cherche à diminuer les dépenses militaires, l'une des causes principales de l'énormité du déficit budgétaire américain, mais se heurte à la résistance des candidats républicains et des industries d'armement. Les Etats-Unis pourraient par ailleurs se trouver entraînés dans d'autres aventures militaires en cas de conflit avec l'Iran.

L'Europe est seule, donc, à connaître majoritairement une diminution rapide de ses dépenses militaires. Faut-il sonner le tocsin ou l'appel aux armes ? Il est certain que globalement elle n'est exposée à la menace directe d'aucun Etat étranger, n'a pas de conflits territoriaux, et se trouve avant tout face à de grands problèmes économiques et sociaux, qui peuvent entraîner de sérieuses violences mais intérieures ou transnationales plutôt qu'interétatiques. Elle aurait bien tort d'essayer de se lancer à la poursuite de la Chine (dont la poussée rapproche ses voisins des Etats-Unis et incite Obama à se réinvestir en Asie), de Poutine (dont les forfanteries rappellent celles de Khrouchtchev qui ont fourni aux Etats-Unis l'occasion de lancer une course aux armements dont l'U.R.S.S. est sortie dépassée et ruinée), de l'Inde (qui serait mieux servie par un renforcement de sa sécurité intérieure et par une approche régionale plus constructive), voire des Etats-Unis endettés et démoralisés par leurs aventures extérieures.

Elle a, mieux que d'autres, appris la vanité des conquêtes et de l'exportation militaire de la démocratie. Elle a raison de vouloir représenter un modèle et un facteur de modération. Mais, comme disait Pascal, "celui qui est seul sage parmi les fous est plus fou que les fous". Plus exactement, l'Europe n'a de chances d'être écoutée, de jouer son rôle politique et même économique, que si elle n'est pas exposée au chantage de ses concurrents ou de ses partenaires. Elle ne peut se sentir à bon droit en sécurité si elle se désintéresse des conflits sanglants dont elle est entourée. Dans un monde d'ambitions concurrentes et déchaînées, une puissance purement civile, "soft", sans une dimension "hard", peut certes inspirer confiance par opposition aux empires messianiques ou militaristes, mais risque, au moins autant, d'inspirer un dédain narquois ou apitoyé.

Pierre Hassner, chercheur associé Sciences Po au CERI

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Entre volonté de rattrapage et ambitions régionales des Brics
Point de vue | IRSEM | 29.02.12 | 11h01 • Mis à jour le 29.02.12 | 12h03

par Aude-Emmanuelle Fleurant, directrice, domaine d'études Armement et économie de défense, IRSEM


Il est tentant de détecter des ambitions hégémoniques, voire agressives derrière les augmentations spectaculaires des dépenses militaires du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine (BRIC) depuis le début de la décennie 2000. Il est vrai que :
1) les hausses de 50% (B), 102% ®, 60% (I) et 256%© entre 2000-2010, se matérialisant dans des contextes régionaux et bilatéraux parfois tendus,
2) les projets de modernisation accélérée de leurs industries de défense et de leurs arsenaux rendus possibles par l'injection massive de fonds, n'incitent pas spontanément à pronostiquer un avenir pacifié pour les relations internationales. Ceci mène d'ailleurs plusieurs observateurs à qualifier les processus à l'œuvre de course aux armements, particulièrement en Asie, une approche qui nous paraît un peu réductrice. En focalisant l'attention sur les tensions politico-militaires caractérisant les rapports entre États rivaux, elle tend à reléguer au second plan des facteurs explicatifs d'ordre économique susceptibles de jeter un éclairage plus riche sur le sens des démarches entreprises par ces pays et sur leurs motivations.



UNE VOLONTÉ DE RATTRAPAGE

Rappelons d'entrée de jeu que le pôle économique de défense mondial est toujours incarné par l'Amérique du Nord et l'Europe. Sur le plan budgétaire, les États des deux rives de l'Atlantique Nord concentrent près des 2/3 des dépenses militaires de la planète et dans cette optique, la forte hausse des années 2000 est en partie attribuable aux efforts significatifs consentis (+ 80 %) par les États-Unis. C'est moins le cas pour l'Europe dont les 7 pays leaders sur ce plan, avec une augmentation de 5 % pour la période, n'ont pas suivi la tendance globale. Sur le plan industriel, ce sont aussi les États de la zone transatlantique qui entretiennent les firmes dépositaires des technologies les plus avancées et aptes à piloter les projets les plus audacieux dans le domaine.

Aucune entreprise d'une autre région ne se classe parmi les dix premiers fournisseurs mondiaux.
Bien que leurs profils individuels soient contrastés, les BRICs ne construisent pas sur ce type d'acquis. Avant 2000, ils ont en effet tous connu une période de désinvestissement dans leur défense peu propice au lancement de projets d'envergure et encore moins capables d'alimenter une base industrielle de défense sophistiquée. La fin de la guerre froide, des croissances économiques considérables et l'arrivée en fin de vie de plusieurs de leurs familles d'armements, rassemblent les conditions de formulation de stratégies ambitieuses en économie de défense. Celles-ci comprennent des politiques d'industrialisation militaire arrimées à des programmes d'acquisition majeurs assortis de demandes de transferts technologiques qui soulèvent des inquiétudes grandissantes chez les puissances industrielles militaires établies, confrontées à ce qui pourrait se traduire comme une érosion de leur avance dans le domaine.

Or, comme pour ces dernières, les investissements en défense sont aussi envisagés par les BRICs comme un levier de politique industrielle. Exclus de l'OMC, les marchés militaires leur permettent d'injecter des ressources dans des filières prioritaires et d'intégrer plus rapidement des compétences clés par le biais contrats colossaux octroyés à des fournisseurs étrangers, dont plusieurs sont européens. Ces politiques sont dessinées en vue d'assurer une autonomie stratégique à l'État, mais pas uniquement. Elles servent aussi à stimuler certains domaines d'activités de haute-technologie ayant un profil double-usage, dont la stratégie d'intégration civile-militaire menée par la Chine pour le spatial constitue un exemple.

UN CHANGEMENT DU RAPPORT DE FORCE INTERNATIONAL

Les processus propres à l'économie de défense incarnent une partie intégrante des stratégies de montée en puissance des BRICs. Ils s'enracinent dans les visions que ces pays ont développées de leur rôle sur la scène internationale qui se matérialisent aussi à travers l'acquisition d'armements et de compétences, et par l'établissement de partenariats entre industriels. Ils sont nourris et justifiés par des dynamiques régionales fluctuantes où ces coopérations naissantes côtoient des rivalités plus anciennes, ce qui force des ajustements et crée de la volatilité dans des zones charnières, comme en Asie. Globalement, les approches déployées par les BRICs visent clairement à les doter de la panoplie complète des leviers de la puissance, de la diplomatie à la projection de la force militaire en passant par le dynamisme économique, et jouent la zone grise entre confrontation et compromis avec les États-Unis pour éviter un conflit frontal dans les zones de croisement d'influence. Un des enjeux au cœur de cette approche est le même que celui qui a poussé les pays occidentaux à se donner ces mêmes outils : créer et maintenir les conditions de leur prospérité et de leur sécurité à plus long terme.

Cependant, une conséquence possible de ces choix est un changement des rapports de force internationaux. En stimulant un processus global de réarmement, la dynamique actuelle rehausse le niveau de sophistication des équipements disponibles dans le marché et multiplie le nombre d'utilisateurs potentiels, ce qui crée des effets d'entraînement à l'échelon régional. Ainsi, même s'il est un peu restrictif de ramener les processus à une course aux armements, la somme des gestes posés et de leurs interactions conduit à une militarisation accrue des relations interétatiques à laquelle l'Occident contribue et avec laquelle il devra composer.


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Les paradoxes du réarmement des Brics

Point de vue | LEMONDE.FR | 29.02.12 | 11h00 • Mis à jour le 29.02.12 | 12h03

par Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS



L'Asie s'arme, l'Europe désarme. Tel est le bilan lapidaire que l'on pourrait tirer des annonces faites ou rapports publiés sur les dépenses militaires dans le monde. Vladimir Poutine prévoit d'affecter 590 milliards d'euros à la défense entre 2012 et 2020 avec un effort conséquent sur les trois prochaines années qui représenterait un doublement du budget de la défense russe. Le groupe de presse Jane's a publié un rapport indiquant que la Chine doublerait son budget militaire d'ici 2015. L'Inde continue à conduire un effort de défense important avec une croissance en moyenne de près de 10% par an du budget de la défense. De leur côté les dépenses militaires européennes diminuent : 180 milliards d'euros en 2010 alors que ce chiffre était de 200 milliards d'euros en 2008.

Faut-il en tirer la conclusion que la Russie, la Chine et l'Inde mènent une course à l'armement et menacent une Europe qui agit à contre-courant en désarmant ? La réalité est plus complexe que cela. Tout d'abord on oublie trop souvent que, ainsi que l'a démontré une étude du FMI dans les années 1990, le moteur principal des dépenses militaires est la croissance économique et non la situation internationale. 4/7/9, voilà le triptyque du taux de croissance respectif de la Russie, de l'Inde et de la Chine. Le déficit du PIB était en Russie de -1% en 2011 et la dette publique de 20% : des chiffres à faire pâlir d'envie les Européens.

Au-delà des explications générales, il y a des explications spécifiques à chaque pays. L'Inde fait face à la double menace pakistanaise et chinoise. Le conflit de Kargill puis les attentats de Bombay ont incité les dirigeants à augmenter le budget de la défense qui a doublé en 5 ans. Le pays veut aussi s'afficher comme une puissance régionale, il revendique d'ailleurs une place de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies, et le développement de son industrie d'armement est des objectifs de New Delhi tant en terme de puissance que de développement industriel.

La Chine tente pour sa part de rattraper son retard technologique en matière de défense. La croissance économique est forte et soutenue depuis plusieurs années. Le désir de puissance est réel dans un environnement régional plus tendu que le continent européen. Le pays reste pourtant à la traine sur le plan militaire par rapport au seul pays que les Chinois veulent réellement concurrencer : les Etats-Unis. Dans les années 90, les Chinois ont dû acheter massivement du matériel russe pourtant en déclin car ils n'arrivaient pas à développer des équipements performants.

Si les Chinois ont révélé l'existence d'un prototype d'avion de combat de la 5ème génération récemment, on ne s'attend pas à ce que celui-ci entre en service avant plusieurs années. La montée en puissance est donc réelle mais pas si immédiate qu'on ne pourrait le penser La Russie est un cas encore plus atypique. Vladimir Poutine est aujourd'hui en campagne électorale. L'un des axes de sa campagne est la fierté de la nation russe retrouvée. Le bouclier anti-missile de l'OTAN, dont les phases de déploiement ultérieures sont susceptibles de remettre en cause la crédibilité de la force de dissuasion russe, fournit un bon prétexte au dirigeant russe pour tenir un discours martial sur la défense. Les promesses de campagne seront-elles tenues ? C'est peu probable tout au moins concernant le niveau de croissance du budget de la défense affiché à court terme. L'état de l'industrie de défense russe ne permet pas de développer de nouveaux matériels performants en si peu de temps. Pour autant la volonté de remontée en puissance militaire de la Russie ne peut être niée.

Enfin il y a un paradoxe dans la situation actuelle car ce qui peut paraitre d'un côté comme une menace… est aussi peut-être une chance pour notre industrie de défense. Bâtiment de projection Mistral, avions de combat Rafale, les dernières annonces de vente d'armes de notre pays concernent la Russie et l'Inde. Et il en irait peut être de même pour la Chine si ce pays n'était pas soumis à un embargo sur les exportations d'armes de l'Union européenne depuis 1989.

Pour simplifier on pourrait dire que ces pays ont l'argent pour acheter des armes alors que nous avons les équipements qu'ils souhaitent acquérir et les technologies qu'ils souhaitent développer. L'Inde et la Russie peuvent donc être les marchés d'exportation qui permettront à nos entreprises de défense de traverser sans encombre la période actuelle de pénurie budgétaire. Cela n'est toutefois pas sans risque et il sera nécessaire de renforcer le dialogue, notamment avec la Russie, sur les grands sujets de politique internationale et de sécurité qui sont susceptibles de nous diviser ou qui nous séparent déjà fortement : Syrie, Iran et défense anti-missiles.

Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h03
Un poème contre l'oppression chinoise

Alors que les Tibétains célèbrent leur nouvel an depuis le 22 février, les zones tibétaines de Chine vivent toujours sous la répression chinoise. Nous publions la traduction d'extraits d'un long poème en tibétain - tiré d'un site web que nous gardons anonyme afin d'en protéger l'auteur. Ce "traité", genre classique en littérature tibétaine, n'épargne personne.

24.02.2012 | Courrier international

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"Traité de l'humanité"



Ils serrent leurs pots-de-vin contre leur corps

Ils rabâchent avec leur bouche qu'ils seront fermes

Ils ne se battent en pensée que pour leur poste

Quel malheur cette bande de dirigeants pourris !



Dans cette société où se sont évanouis le courage et la sincérité

Les bons et les justes ont disparu dans le lointain

Les lamas* et les réincarnations pourries sont esclaves de l'économie

Et ils feignent la compassion.

* Réincarnation, en théorie maître accompli et érudit.



Ces chefs arrogants qui ne connaissent pas le contenu de la Constitution

Rendent la justice, merveille !

Ces gros lamas qui ne comprennent rien à l'essence de la religion

Font des sermons, merveille !

Ces soi-disant érudits qui sont totalement ignares

Se livrent à l'exégèse des traités, merveille !

Ces vagabonds qui ne savent pas lire

Parlent de la "dignité des Tibétains", merveille !



Ils disent avec la bouche qu'il faut combattre le séparatisme

Tout ce qu'ils tiennent entre leurs mains ce sont des bouteilles d'alcool

Ce sont des chiens courants qui reçoivent leur pitance d'en haut

Leur postérieur est soulevé par une chaise qui les protège temporairement



Le secrétaire du Parti* est endormi dans le bureau

Le secrétaire du Parti est endormi dans le cabaret

Le secrétaire du Parti est endormi chez lui

Quand le secrétaire du Parti travaille-t-il vraiment ?

* Le Parti communiste chinois.



Ils frappent pendant les festivals

Les jours de fête sont plongés dans les ténèbres

Cette année où le peuple a le cœur glacé

Les coups des puissants ne s'arrêtent pas.



Dans les nouvelles villes, il y a des rues à la chinoise

Ces rues chinoises sont belles à l'extérieur, vides à l'intérieur

Dès qu'un petit tremblement de terre les touche

Elles tuent des vies et s'effondrent en poussière



Tentative d'uniformiser toutes les langues

Politique d'uniformisation de toutes les nationalités*

Combines pour la destruction des religions

Politique pour uniformiser toutes les consciences

* La population chinoise est classée en "nationalités", de fait des "ethnies", les Han en représentant 92 %.



Les contradictions entre les nationalités brûlent partout

Les militants pour les droits s'agitent comme le vent

Espérez donc que la croissance économique va tout résoudre

Espérez donc que des coups et des heurts vont tout repousser

Quel système digne d'un esprit enfantin



Les chefs aiment les flatteries

Les flatteurs bénéficient d'une protection particulière

Pour ceux qui agissent mais ne flattent pas

"Egalité" et "justice" sont des mystifications



Ils font mine de croire dans le marxisme-léninisme

Ils répètent partout leur rengaine de l'aide aux pauvres

Cette bande de menteurs qui prétendent dire la vérité

Ne sont pas des dirigeants mais des destructeurs

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h04
Apple sous pression
L’examen des conditions de travail de milliers d’employés de Foxconn a démarré. L’auditeur est accusé de collusion avec Apple.

27.02.2012 | Anouch Seydtaghia | Le Temps

C'est sur un iPad que 35  000 collaborateurs de Foxconn ont commencé à répondre à un questionnaire concernant leurs conditions de travail. Réunis par groupes de trente, les employés chinois du sous-traitant d'Apple sont audités durant trois semaines par la Fair Labor Association (FLA). Jamais Apple n'avait autorisé un auditeur externe à venir inspecter ses usines de production de Mac, d'iPhone et d'iPad. La décision, annoncée le 13 février par le fabricant, était une première. Mais insuffisante pour éteindre des critiques qui se sont multipliées cette semaine. D'autant que la FLA est accusée de connivence avec la firme dirigée par Tim Cook.

L'affaire des conditions de travail précaires des sous-traitants d'Apple a été relancée à la fin de janvier par une série de reportages du New York Times. Dans le détail, le quotidien évoque, chez Foxconn, des horaires de travail à rallonge, la présence d'enfants sur les chaînes d'assemblage, des dortoirs bondés et l'utilisation de produits toxiques. Le 13 février, Apple réplique : la firme annonce qu'elle devient membre de la FLA et qu'elle la mandate pour un audit immédiat de ses sous-traitants. Le lendemain, Tim Cook prend la parole : oui, Apple prend ces problèmes très au sérieux, il y a une tolérance zéro concernant le travail des enfants, et le code de conduite de la société interdit des semaines de plus de soixante heures de travail. Le directeur d'Apple défend son audit 2012 publié en janvier, arguant que, sur plus d'un demi-million de personnes travaillant pour Apple, les règles étaient respectées dans 84 % des cas. Détaillé, le rapport fait tout de même état, par exemple, de tests de grossesse imposés à des employées dans 24 usines.

Le 15 février, les inspecteurs de la FLA arrivent à Shenzen. Immédiatement leur président, Auret Van Heerden, parle aux médias. Il évoque des "usines de première classe", des "conditions nettement au-dessus de la moyenne". "Les problèmes ne sont pas l'intensité, le burn-out ou la pression que vous avez dans une usine d'habits. Il s'agit plutôt de monotonie, d'ennui ou peut-être d'aliénation."

Des propos qui font bondir Scott Nova, le directeur de Workers Rights Consortium : "Je suis stupéfait que la FLA donne son blanc-seing à l'une des usines violant le plus de droits, sur la base, apparemment, d'une visite guidée réalisée par le propriétaire", dit-il au New York Times.

Autre souci : des représentants de Nike et d'Adidas siègent au sein du conseil de la FLA. "Même si la FLA est souvent trop proche des entreprises, c'est tout de même un progrès qu'elle ait été mandatée par Apple, car cette dernière a été très critiquée pour son opacité et sa culture du secret. De plus, des universitaires œuvrent au sein de la FLA", relève Chantal Peyer, responsable de la campagne "High Tech - No Rights" de l'association Pain pour le prochain et action de Carême. Et de poursuivre : "Mais, en parallèle, Apple fait de grands effets d'annonce alors qu'ils ne sont pas toujours pionniers, HP formant, par exemple depuis 2009, des employés chinois à leurs droits." Chantal Peyer insiste sur un autre point : "Il faut qu'Apple baisse la pression sur ses sous-traitants lors de ses appels, sachant que, pour un téléphone à 500 dollars, la main-d'œuvre lui coûte moins de 10 dollars. Entre satisfaire ses clients et respecter les droits des travailleurs, Foxconn fait vite son choix."

Les résultats de l'audit de la FLA seront disponibles en mars. En attendant, le 17 février, Foxconn a annoncé une nouvelle hausse générale des salaires de 16 à 25 %, la troisième depuis 2010. Le salaire d'un employé junior de Shenzhen passe ainsi à 1 800 yuans (290 dollars) par mois. Il y a trois ans, le montant était de 900 yuans.

*

Foxconn
L'entreprise taïwannaise est spécialisée dans la fabrication de produits électroniques et l'un des plus grands fabricant de matériel informatique au monde. Implantée en Chine continentale, et notamment à Shenzen, elle fournit entre autres Nokia, Dell, Sony Ericsson, Microsoft, Amazon, Hewlett-Packard (HP) ou Apple.


Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h06
Une répression hors de la vue des journalistes
Alors que les immolations par le feu se multiplient dans les zones tibétaines, la Chine cherche à faire taire les contestataires. Pékin sort ses vieilles recettes : sécurité, propagande et “rééducation”.

22.02.2012 | Jonathan Watts | The Guardian

Sur le Toit du monde, les forces paramilitaires chinoises tentent d’éliminer la résistance tibétaine au pouvoir de Pékin à coups de bâtons pointus, d’armes semi-automatiques et d’extincteurs. Tous les vingt mètres, le long de la route principale vers Aba [Ngawa en tibétain], ville perdue sur le plateau du Tibet [dans le nord-ouest de la province du Sichuan] qui se trouve au cœur de la nouvelle vague de contestation, des policiers et des responsables communistes munis de brassards rouges font le guet, à la recherche de manifestants éventuels. Des dizaines d’autres, dans le cadre d’une démonstration de force impressionnante, sont assis en rangs devant les boutiques et les restaurants. Dans le monastère voisin de Kirti, des soldats chinois montés sur des camions de pompiers surveillent de près les pèlerins qui se prosternent, au cas où leur dévotion se transformerait en immolation.

Autant de choses que les étrangers ne sont pas censés voir. Les autorités chinoises ont fait tout leur possible pour interdire l’accès à Aba, où vivait plus de la moitié des 23 moines, nonnes et bouddhistes laïcs qui, ces deux dernières années, se sont immolés par le feu en signe de protestation contre le Parti communiste. Pékin a bloqué Internet et les téléphones portables. Des barrages ont été dressés sur les routes des environs pour tenir à l’écart les observateurs extérieurs.



Mais, au bout de dix heures de voyage par des vallées montagneuses et des plateaux enneigés, une équipe du Guardian a été en mesure de pénétrer dans Aba, où elle a pu voir comment les autorités ­chinoises s’efforçaient de neutraliser la dissidence à l’aide d’une campagne de sécurité, de propagande et de “rééducation”. Sans grand succès : elles ont eu beau multiplier les effectifs de sécurité dans la ville, les manifestations se poursuivent.

Les suicides et les automutilations se multiplient. Les tensions font tache d’huile. A Chengdu, la capitale de la province, des unités de police antiémeute équipées d’extincteurs ont placé la foule sous surveillance dans le quartier commerçant de Chunxi. Hors de leur vue, un moine tibétain de la province du Qinghai nous a glissé que la situation s’était aggravée. “Maintenant, c’est difficile pour les ­Tibétains. Les contrôles sont très stricts. Il y a beaucoup plus de police.”

“C’est difficile de parler. C’est très délicat. Ils disent que des gens sont morts”, raconte un commerçant d’Aba. Ailleurs dans la région, les gens attendent désespérément des informations en provenance des zones verrouillées sur le plateau tibétain. “Ma mère, mon père et mon mari sont encore là-bas. Ça m’inquiète. Ça fait plus d’une semaine que je ne peux plus les appeler”, confie la propriétaire d’un restaurant de Seda [dans la province du Sichuan]. “Le gouvernement dit qu’il n’y a eu qu’une personne de tuée, mais on a appris que des dizaines avaient été emmenées et on ne sait pas ce qui leur est arrivé.”

Chen Quanguo, chef du Parti communiste du Tibet, a ordonné aux membres des forces de sécurité de se préparer à “une guerre contre le sabotage sécessionniste”, d’après un article récent du [quotidien ­officiel] Tibet Daily. La violence fait apparemment partie intégrante de la panoplie des mesures prises par les autorités. Des troubles ont éclaté dans plusieurs endroits, mais les plus durs ont eu lieu dans la préfecture d’Aba, qui résiste au pouvoir communiste depuis des décennies. En 2008, elle a été le théâtre d’affrontements sanglants avec les forces de sécurité.

Mais, ici, la violence est pour l’essentiel auto-infligée. Et l’on ne se bat pas pour un territoire, mais pour conquérir les cœurs et les esprits. Les habitants sont poussés à manifester leur loyauté envers les autorités. Tous les édifices publics sont pavoisés de drapeaux chinois. Des affiches clament que le développement économique passe par la stabilité et l’harmonie. Quant à la communauté tibétaine, elle est divisée.

“Nous sommes tous bouddhistes, mais je n’approuve pas les immolations. Ce sont des actes extrémistes, nous affirme un moine sur la route près d’Aba. Nous avons besoin de paix.” D’autres, en revanche, sont exaspérés par le durcissement des restrictions et la perspective d’un règlement négocié qui s’éloigne. Le dialogue est rompu entre Pékin et les émissaires du dalaï-lama depuis 2010. Dans l’intervalle, les autorités ont renforcé la sécurité et les contrôles dans les monastères. De longues “campagnes de rééducation” visent les moines, qui sont contraints de renoncer publiquement au dalaï-lama, présenté comme un traître réactionnaire, et de professer leur patriotisme et leur loyauté envers la Chine. Ces mesures sont justement l’une des principales sour­ces du mécontentement. “Ils appellent ça de la rééducation, mais en réalité ça veut dire des menaces et de l’intimidation. Les moines préféreraient mourir plutôt qu’accepter ça”, assure Kanyag Tsering, un moine qui vit en exil depuis treize ans. “Je redoute que, sans un changement de politique, on n’assiste à une augmentation des immolations, et même à des formes de contestation plus terrifiantes.” Aba a toujours abrité la plus forte concentration de moines et de monastères du plateau tibétain. Compte tenu de son importance, le régime tient la région d’une main de fer, explique Kate Saunders, de la Campagne internationale pour le Tibet (ICT). “Au Tibet, les monastères jouent le rôle d’universités. Ce qui se passe, c’est comme si Oxford et Cambridge étaient victimes d’un blocus militaire. Comme si le Royaume-Uni cherchait à empêcher les étudiants d’étudier autre chose que ce que veut le gouvernement.”

Du côté chinois, on maintient que ces mesures sont nécessaires car les troubles sont fomentés par le dalaï-lama et ses partisans. “Du fait de la violence des incidents, des émeutes et des déprédations, le gouvernement chinois a pris des mesures appropriées pour répondre au désir de stabilité des communautés tibétaines”, déclare Liu Weimin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois.

Il semble peu probable que le calme revienne. Un professeur de l’université des Minorités, qui a préféré garder l’anonymat, nous a avoué que les forces de sécurité étaient plus nombreuses cette année que lors du soulèvement meurtrier de 2008. “Il y a de graves problèmes dans les relations entre les Hans [qui représentent 92 % de la population chinoise] et les Tibétains. En quatre ans, ça a empiré.”


Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h11
La Chine veut une mesure plus fine de la pollution atmosphérique


PEKIN (AFP) - Le gouvernement chinois a ordonné mercredi la mise en place d'ici la fin de l'année dans les principales villes chinoises de mesures de pollution atmosphérique prenant en compte les particules les plus dangereuses pour la santé.

L'obligation de mesurer la concentration en particules d'un diamètre de 2,5 microns s'appliquera cette année à toutes les capitales de provinces et de régions ainsi qu'à Shanghai et Pékin, soit 31 agglomérations.

L'année prochaine, cette mesure deviendra obligatoire dans 113 villes à travers le pays, a ajouté le gouvernement sur son site internet.

La plupart des villes chinoises ne mesurent encore que les particules d'un diamètre de 10 microns, qui pénètrent moins profondément dans les poumons, mais Pékin, dont l'air est particulièrement vicié dès que le vent cesse de souffler, a déjà commencé depuis janvier à mesurer celles d'un diamètre de 2,5 microns.

La municipalité de la capitale chinoise était sous pression de l'opinion publique locale alors que beaucoup d'habitants utilisaient un indice de pollution prenant en compte les particules les plus fines publié quotidiennement par l'ambassade des Etats-Unis en Chine.

Seules 20% des villes chinoises auraient une qualité de l'air considérée comme satisfaisante en prenant en compte les particules de 2,5 microns, contre 80% avec les mesures actuelles, selon le quotidien gouvernemental de langue anglaise China Daily.

"Nos émissions polluantes sont plutôt prononcées et le problème de la pollution de l'air est grave dans certaines régions", reconnaît le gouvernement.

"Nous devons être plus déterminés et adopter des normes plus élevées et des mesures plus précises pour renforcer pleinement la prévention de la pollution atmosphérique", poursuit le communiqué officiel.

Greenpeace s'est aussitôt félicité de la décision de Pékin.

"La publication de ces nouvelles normes envoie un signal particulièrement fort au pays, d'autant qu'elles seront incluses dans les critères retenus pour évaluer les gouverneurs locaux à partir de 2016", selon Zhou Rong, directeur de campagne Climat et Energie de l'organisation écologiste en Chine.

AFP

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h13
Chine: un village teste la démocratie

De notre correspondant Arthur Henry, publié le 01/03/2012 à 07:06

s : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/chine-un-village-teste-la-democratie_1088021.html


Après une révolte anticorruption, à l'automne dernier, les habitants d'un petit port du sud-est de la Chine ont obtenu de désigner librement leurs représentants. Une première suivie de très près à Pékin.
Au rond-point qui marque l'entrée de Wukan, un village côtier de 12 000 âmes, dans le sud-est de la Chine, un graffiti noir menace: "Les officiels seront punis pour avoir vendu nos terres arables!" Voila une promesse en passe d'être tenue. Car les habitants de ce petit port de la province du Guangdong s'apprêtent à mettre en oeuvre une expérience inédite: le suffrage universel. Pour en arriver là, il aura fallu en découdre avec le pouvoir local. Le 21 septembre dernier, dénonçant la corruption de cadres qui avaient cédé les terres de la commune pour des projets immobiliers dont les dividendes devaient échapper au petit peuple, Wukan s'est soulevé.
Après avoir "pétitionné" pendant deux ans, sans être entendus, selon le système traditionnel de recours au gouvernement central, les habitants descendent dans la rue pour manifester. Au fil des semaines, le mouvement prend de l'ampleur: le 9 décembre, à l'issue d'une journée de protestation, cinq meneurs sont placés en détention - "par des agents en civil qui refusèrent de montrer la moindre carte de police", se souvient l'un d'eux, Hong Ruichao. Trois jours plus tard, les autorités annoncent le décès de l'un de ses codétenus, Xue Jinbo. "Personne n'a jamais cru à la version officielle de l'attaque cardiaque", précise Hong.
Tandis que les villageois menacent de marcher vers la commune la plus proche, la police bloque les accès au bourg: le siège de Wukan commence. Les vivres ne parviennent plus que par des chemins détournés. Les habitants crient leur colère et brandissent des banderoles chaque jour plus longues et plus insolentes. Face à la police armée, la tension monte. Les révoltés fixent un ultimatum, à l'issue duquel ils comptent marcher sur le quartier général du gouvernement du district.
C'est alors qu'intervient Wang Yang. Ce secrétaire du Parti de la riche province du Guangdong - 110 millions d'habitants - est réputé pour ses penchants progressistes. Au lieu de réprimer la jacquerie, comme c'est l'habitude, il envoie son n°2 discuter avec les insurgés. Surprise! Ce dernier reconnaît le bien-fondé des demandes et consent à l'organisation d'élections libres.


Un suffrage démocratique en Chine? Des scrutins locaux y sont déjà organisés afin d'élire les membres des comités de district et chacun est, en théorie, libre de s'y présenter. En pratique, toutefois, l'opération est toujours pilotée par le Parti communiste. En 2011, les candidats indépendants faisant campagne sur Weibo, le Twitter chinois, ont vu leur démarche méthodiquement entravée.
Ces jours-ci, tout Wukan s'affaire à cet exercice politique, qui s'achèvera le 4 mars. "Je verrai bien ce que je dirai à la veille de l'élection", raconte, un peu léger, Xun Wenliang, qui compte parmi la vingtaine de candidats déclarés. Quant à son programme, il promet seulement de nommer les personnalités les plus honnêtes et compétentes pour décider à l'avenir: "C'est déjà assez nouveau, ici". Alors que la presse internationale évoque désormais le "modèle de Wukan", les habitants du village se veulent plus terre à terre. "Tout ce que nous voulons, c'est récupérer ce qui nous a été volé", explique le candidat Xun. Ce ne sera pas simple: les terrains ont déjà été cédés. "C'est pour cette raison que nous sommes allés jusqu'au bout, poursuit-il. Donc c'est possible!"
Bon orateur, plutôt aisé, sévère mais proche du peuple qui l'apprécie, Lin Zuluan fait figure de favori. Membre du Parti depuis 1965, il a été nommé chef du comité local, le 15 janvier, lorsque l'homme qui trônait à la tête du village depuis quarante-deux ans a été remercié et mis en examen pour corruption. C'est Lin qui haranguait les foules pendant le siège. "Il est peut-être le dirigeant qu'il nous faut, confie Hong Ruichao, l'un des contestataires détenus en décembre. Il fait ses courses comme tout le monde."
D'ailleurs, le sage Lin cite déjà le très respecté Deng Xiaoping, architecte des principales réformes menées en Chine à partir des années 1980: "Traversons la rivière en tâtant les pierres." Le processus électoral, complexe, doit voir émerger un comité de gestion et un leader à l'issue de trois tours, entamés début février. "Le plus important est de récupérer la terre du peuple, ajoute Lin. Et le plus difficile est de le faire de manière pleinement démocratique."
Le PC espère convaincre les paysans qu'il saura, à l'avenir, sanctionner les corrompus
L'expérience en cours à Wukan est suivie de près à Pékin, où la lutte est acharnée entre les candidats aux neuf postes du Comité permanent, le gouvernail du Parti, renouvelés à l'automne prochain. S'il ne fait guère de doute que Xi Jinping et Li Keqiang deviendront respectivement président et Premier ministre dès le printemps 2013, la mêlée reste ouverte pour les autres nominations. Le pragmatisme du secrétaire du Parti de la province, Wang Yang, lui-même candidat, peut être un atout décisif. "Sa promotion est quasi assurée", pronostique Willy Lam. Selon ce politologue de la fondation américaine Jamestown, le PC espère convaincre les paysans qu'il saura désormais jouer un rôle d'arbitre lors des conflits ruraux, et qu'il n'hésitera pas à sanctionner les corrompus. "Le modèle du Guangdong est d'ores et déjà vanté comme une expérience réussie par l'aile progressiste du Parti" estime Willy Lam. Les plus rétrogrades craignent toutefois qu'avec ses élections démocratiques, Wang Yang n'ouvre la boîte de Pandore au pays du Parti unique.
Sur une affiche rouge collée en face du bureau de police de Wukan, des caractères calligraphiés appellent à "élire un bon comité afin de promouvoir le développement et la stabilité". Une autre promet l'accès à terme à la "petite prospérité" - selon le terme qui désigne la classe moyenne inférieure. Tous incitent les 7.688 citoyens en âge de voter à se mobiliser. Ce qui n'est pas chose aisée. "Enregistrer tout le monde prend du temps et le peuple n'a pas un sens du scrutin très développé, constate Han Tianbin, membre du comité électoral. La majorité pense, malgré tout, que nous sommes sur la bonne voie".
L'affaire a rendu Zhou Xiaojie bien curieux de démocratie en général. Cet enseignant d'un collège proche constate cependant que le suffrage n'est pas le remède à tous les maux de la société: "A Taïwan, les élections n'empêchent pas la corruption, car il faut bien financer les campa-gnes, souligne-t-il. Et vous, votre Sarkozy, il est corrompu ou il est propre?"

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h15
Le Limousin parle chinois

s : http://www.pros-du-tourisme.com/actualites/detail/50541/le-limousin-parle-chinois.html

Publié le 29/02/2012 16:03:00 |

Le Limousin à l'assaut de la Chine. La ville de Limoges, le Comité régional du tourisme Limousin et l'OT de Limoges ont uni leurs forces et décidé de développer la région sur le marché chinois. Un site internet vient ainsi de voir le jour : www.tourismelimousin.asia.

La plateforme informe sur les hébergements disponibles, les possibilités de restauration, les sites culturels à découvrir, et met des photos et des vidéos à disposition des internautes chinois. Mais selon un communiqué, elle a surtout pour objectif de mettre en avant "les atouts du Limousin" tels que la fabrication de "la porcelaine, l'émail et le vitrail", le travail du bois et du cuir, la mode, la gastronomie, mais aussi le golf.

Edith Zhang, rédactrice du site mais aussi consultante et interprète, déclare ainsi que "c'est la qualité de l'environnement naturel et l'absence de pollution, le cadre de vie préservé, l'industrie dédié au luxe, au raffinement et à l'élégance (…) qui retiennent l'attention des chinois".

Le Limousin n'est pas à sa première action pour conquérir le marché chinois. En 2010, la région a invité une cinquantaine de responsables d'agences de voyages chinoises à participer à un éductour et un workshop. En 2011, le présentateur vedette d'une chaîne publique chinoise s'est déplacé pour réaliser une émission de 30 minutes diffusée à quatre reprises en novembre dernier. Le reportage présentait les golfs testés et les produits touristiques de la région.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h15
Accor révise sa stratégie en Chine

Le groupe hôtelier français lance «Mei Jue», une version sinisée de son enseigne Grand Mercure, pour développer une chaîne haut de gamme. Il réfléchit à une adaptation d'Ibis face à la vive concurrence locale dans l'hôtellerie économique.


Dans un pays où la symbolique compte éminemment, 2012, année du dragon, sera, pour Accor, décisive au regard de son expansion en Chine. Vingt-sept ans après le début de ses opérations dans l'Empire du Milieu, le groupe hôtelier français, numéro cinq mondial, révise en effet sa stratégie afin d'y accélérer sa croissance.
Le premier volet de cette remise à plat a été dévoilé ce mardi, à Shanghai, avec le lancement par Accor de «Mei Jue», une adaptation locale de l'enseigne haut de gamme Grand Mercure. Au-delà de la nouvelle signature calligraphiée en chinois apposée sur l'un des trois Grand Mercure de la mégalopole chinoise, l'établissement entièrement revisité se distingue notamment par un accueil à tonalité locale, avec un personnel portant la «qipao», une élégante tenue traditionnelle, une restauration bien davantage adaptée aux attentes des clients locaux, mais aussi une séance de tai-chi proposée quotidiennement ou encore le bar à vin, boisson dont les Chinois sont friands. Autant de référents qui seront désormais déclinés. A court terme, une dizaine de Grand Mercure en exploitation sont concernés, dix autres se profilant par ailleurs à l'horizon.
Mieux coller à la demande

Le projet, décidé en avril 2011 et finalisé l'été dernier, vise à mieux coller à la demande et à accélérer la croissance du groupe. «Le marché chinois s'est segmenté à une vitesse que je n'imaginais pas il y a plusieurs années. Quand on revient en arrière, il se résumait au très haut de gamme et à l'hôtellerie économique. Cette évolution ne s'explique pas seulement par la croissance économique de la Chine. Le consommateur chinois a également changé», observe le patron de la zone Asie-Pacifique d'Accor, Michael Issenberg. «Grand Mercure est notre marque la plus flexible dans le haut de gamme. Sofitel, c'est l'élégance à la française dans l'hôtellerie de luxe. Pullman est une marque internationale cosmopolite», complète le directeur général marketing du groupe, Grégoire Champetier. Selon ce dernier, «Mei Jue» est aussi l'illustration que «le segment haut de gamme et le luxe est une priorité stratégique» pour Accor en Chine.
De fait, l'opérateur, qui oeuvre dans ce domaine via des contrats de management, compte notamment porter à 65 le nombre de Grand Mercure à l'horizon 2015, sachant que le nombre total d'hôtels Accor passerait simultanément de 114 -soit plus de 29.000 chambres -, selon le dernier pointage, à au moins 400. Au passage, Grégoire Champetier souligne qu'Accor «a perdu du temps en Chine». «Une centaine d'hôtels, ce n'est pas suffisant», ajoute-t-il, alors que l'opérateur entend rééquilibrer le poids de l'Europe, le marché chinois étant à ce titre capital. Sofitel, dont la Chine est désormais le premier pays d'implantation, a également un rôle à jouer. D'ici à 2015, la chaîne de luxe d'Accor verrait déjà sa taille quasiment doubler avec plus d'une trentaine d'établissements à terme. Celle de Pullman serait, en parallèle, multipliée par six avec une soixantaine d'hôtels.
Pour autant, Accor n'a pas renoncé à ses ambitions dans l'hôtellerie économique. Et là aussi, l'heure est à la révision stratégique, cette fois-ci pour Ibis qui réunit aujourd'hui un peu plus de 50 établissements. Après avoir porté son développement, le groupe français mise désormais sur la franchise dans le cadre de sa politique de moindre détention d'actifs immobiliers. Selon Michael Issenberg, ce changement de pied expliquerait une pause dans l'expansion de l'enseigne pour laquelle Accor visait, il y a quelques années, la barre de la centaine d'unités. Surtout, compte tenu de l'âpreté de la concurrence dans l'hôtellerie économique, du fait d'opérateurs chinois extrêmement agressifs sur le plan tarifaire, l'opérateur français réfléchit à une adaptation de son offre. Deux options se proposent à lui : d'une part, faire évoluer Ibis ; d'autre part, introduire l'une de ses marques complémentaires créées l'an dernier, Ibis Style ou Ibis Budget. Il revient au premier patron d'Accor pour la «Grande Chine», Sam Shih, nommé en septembre dernier après avoir travaillé pour Pepsico puis Red Bull, de faire des propositions. Selon Grégoire Champetier, celles-ci sont attendues pour avril, et la direction d'Accor prendra «une décision au cours de l'été».
CHRISTOPHE PALIERSE, À SHANGHAI

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 09h17
Pourquoi la guérilla Airbus-Boeing à l'OMC profite surtout à la Chine
Créé le 29-02-2012 à 15h43 - Mis à jour à 16h22

s : http://www.challenges.fr/entreprise/20120229.CHA3681/pourquoi-la-guerilla-airbus-boeing-a-l-omc-profite-surtout-a-la-chine.html

Par Vincent Lamigeon
DECRYPTAGE L'Organisation mondiale du commerce a transmis ce mercredi aux deux parties les conclusions d'un appel concernant les aides américaines à Boeing, énième épisode du différend qui, depuis 2004, oppose vainement les Etats-Unis et l’Union européenne.


C’est l’un des spectacles les plus désolants de l’industrie aéronautique mondiale. L’OMC vient de transmettre aux deux parties les conclusions d'un appel concernant les aides américaines à Boeing, énième épisode du différend qui oppose les Etats-Unis et l’Union européenne depuis octobre 2004. L’affaire fait partie de ces guéguerres aussi ruineuses qu’inutiles qui enflamment les gazettes avec la régularité d’une montre suisse. Le document restera encore confidentiel quelques semaines, le temps de laisser les parties déposer leurs remarques, mais on connaît d’avance les réactions : Airbus se proclamera vainqueur, Boeing se dira gagnant. Et on repartira pour un tour dans cette lutte kafkaïenne où personne ne veut céder un pouce de terrain.

Tout ça pour quoi ? Faisons simple : pour rien. Cette guérilla juridique, lancée en 2004, est absurde. Que l’industrie aéronautique soit financée à fonds perdus par les Etats, c’est tout sauf un scoop : du B787 à l'A380, du B747 à l'A300, du Superjet russe au C-919 chinois, du CSeries canadien de Bombardier à la gamme E-Jets du brésilien Embraer, il en a toujours été ainsi. Il est impossible de lancer un programme aéronautique de 10 ou 12 milliards d'euros sans l’appui de la puissance publique.

Une pratique généralisée

Le Brésil et le Canada le font, la Russie aussi, la Chine finance à fonds perdus son champion Comac via la holding Avic. Seules les modalités divergent vraiment. L'Europe accorde des avances remboursables, qu’elle récupère en royalties en cas de succès du programme, ce qui est souvent le cas. Les Etats-Unis financent Boeing par des études confiées à la Nasa, des contrats militaires. Les deux ennemis se retrouvent sur les subventions via la construction de routes, les aides à l’installation d’usines, des incitations fiscales.

Est-ce condamnable ? Certainement pas. Ce volontarisme économique crée des dizaines de milliers d'emplois à Toulouse, Seattle, Hambourg, Montréal ou San José Dos Campos. Il a abouti à la montée en puissance de géants exportateurs, à une émulation technologique qui pousse l’industrie vers le haut. L’enjeu est juste de savoir où placer le curseur de ce qui est permis et de ce qui ne l’est pas, à l’image de l'accord de 1992, où Etats-Unis et Europe s'étaient mis d'accord pour encadrer leurs subventions à leurs champions aéronautiques. Celui-ci prévoyait que les avances remboursables accordés par les gouvernements européens soient limités à 33% des frais de R&D et que l'industrie américaine ne puisse bénéficier d'aides de la NASA et du Pentagone que jusqu'à hauteur de 3% de son chiffre d'affaires annuel.

Les vrais gagnants de cette guérilla sont la Chine et les avocats des constructeurs

Quand le camp américain réclame qu'Airbus rembourse des milliards d' "aides indues" sur l'A380, c'est donc avant tout du folklore. Idem quand Airbus affirmait l’année dernière que l'Europe pourrait réclamer 45 milliards de dollars de compensation suite aux subventions de Boeing. L'OMC n'est pas un tribunal, il ne demande jamais aucun remboursement, et aucun pays ni aucune entreprise n'a jamais payé un traître euro à la concurrence suite à un de ses rapports. L'OMC clarifie des points de droit du commerce international, offre une jurisprudence pour l'avenir, peut éventuellement autoriser un Etat à rétablir certaines barrières douanières pour compenser un préjudice (procédure de "retaliation", ou rétorsion).

Qui sont finalement les vrais gagnants dans cette affaire ? Les cabinets d'avocats anglo-saxons, d'abord : Wilmerhale, le conseil de Boeing, Sidley Austin, celui d'Airbus, qui peuvent compter sur des dizaines de millions de dollars d'honoraires dépensés en pure perte. Les constructeurs des pays émergents, surtout : la Chine a pu accéder, via les dossiers de la procédure à l'OMC, à des informations sensibles sur le business model et les technologies des deux leaders mondiaux. Et personne n'osera lui chercher des noises sur la façon dont elle finance son industrie nationale : celui qui tirera le premier pourra faire une croix sur les méga-contrats chinois…

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 01 Mars 2012 18h41
GEO , No 397 - Mars 2012


Ecrit par: P'tit Panda Samedi 03 Mars 2012 08h50
Chine : Danba, vallée modèle pour le Sichuan ?

Ulysse | 25.11.11 | 18h50 • Mis à jour le 28.11.11 | 15h03

s : http://www.lemonde.fr/voyage/article/2011/11/25/danba-vallee-modele-pour-le-sichuan_1607382_3546.html


Jiaju, le "plus beau village de Chine" si l'on en croit l'écriteau campé à l'entrée du hameau, les habitants racontent volontiers ce coup de baguette magique qui a transformé leur vallée peu commode et difficile d'accès. "On est coincés entre cinq rivières et cinq chaînes de montagnes. Mais au début des années 2000, Jiaju a été photographié par un satellite américain. La photo a dû parvenir à des journalistes du National Geographic qui sont venus y faire un reportage ", raconte Wu Donghua, une jeune femme prolixe sur les mérites de son village.


Il est vrai que ce petit hameau de 150 familles offre un décor enchanteur. Agriculture et tourisme fonctionnent en tandem, la première fournissant au second les champs et les vergers d'une ambiance bucolique à souhait : parcelles de blé et de maïs, vergers de pommiers et de noyers, autour desquels on a planté pommes de terre, soja, choux, carottes, tomates, aubergines et même quelques treilles pour le raisin. Les guesthouses y ont fleuri et, avec le temps, même les buffles se sont habitués à croiser les cars de touristes qui grimpent jusque là-haut.


Village modèle ou Shangri-la ?

Jiaju pourrait bien être le village modèle de la vallée de Danba, carrefour routier perché entre 2 000 et 2 600 m. Dans ce coin de l'ouest du Sichuan, des gorges étroites et une myriade de petites sources irriguent les villages surmontés de sommets culminant à plus de 6000 m, annonçant les contreforts de l'Himalaya. C'est là que dans les années trente, l'explorateur botaniste américain Joseph Rock est missionné par le National Geographic pour trouver un sommet encore plus haut que l'Everest.

Rock, aventurier de la première heure devenu grand botaniste à Hawaï, y trimbalera son excentricité jusqu'en 1949… jamais sans son gramophone et ses disques d'opéra, sa baignoire gonflable et ses vins français. Ses contemporains eux, sont emmitouflés dans des peaux de félins, et vivent de l'élevage mais aussi du commerce de la laine, des herbes médicinales et de briques de thé. L'Américain s'y fait une place, lui qui écrira un jour que "l'homme blanc fera la perte de notre monde". Sa misanthropie était célèbre, probablement liée à une enfance triste et solitaire, dont le seul refuge fut celui des langues, notamment du chinois, grâce à un manuel piqué dans la bibliothèque du comte polonais pour lequel travaillait son père à Vienne. C'est à lui que l'on doit la fameuse légende du Shangri-la, cette contrée paradisiaque où l'on ne vieillirait jamais, imaginée par James Hilton dans le best-seller Horizons perdus, et plus tard adapté au cinéma.

L'envers du décor de cette Chine éternelle ne démérite pas moins. Sur les sentiers de Jiaju, les paillettes de mica étincellent au soleil. Sur la roche, sur la terre. Jadis réputé pour l'or que charriaient ses rivières et, il n'y a pas si longtemps encore, une intense production de micaschiste blanc – roche précieuse puisque entrant dans les composants des pièces d'avion – le coin fait désormais l'objet d'un intense développement. Les affluents des plus grands fleuves du sud-est asiatique y serpentent dans ses vallées profondes. A la clef donc, l'énergie hydraulique, atout majeur dans la politique de développement du Grand Ouest menée depuis plus de dix ans.


Resté fortement tibétaine dans sa culture, l'ancien royaume du Kham figure parmi les trois provinces historiques du Tibet, avec l'Amdo et l'U-Tsang. Il occupe aujourd'hui l'est de la région autonome du Tibet, le nord-ouest du Yunnan et le sud-ouest du Sichuan, où se trouve la vallée de Danba. Les habitants vénèrent les dieux des montagnes sacrées, selon les préceptes de la religion prébouddhique Bon. Le lamaïsme s'y est bien développé et, jusqu'à présent, le morcellement des paysages a semblé préservé des îlots de société nomade sur les hauteurs et paysanne dans les basses vallées.

A Rome, fais comme les Romains !

Même au fin fond de la Chine, une phrase latine peut servir à expliquer certains usages. Wu Donghua, bien que Han, porte la coiffe et la jupe de la minorité d'origine tibétaine Jiarong. Sa veste arbore en revanche les motifs d'un dragon d'or brodé sur de la soie rouge, syncrétisme oblige… Mais, dit-elle, "à Rome, fais comme les Romains !". Et peu importent les origines. Ici, dans le Sichuan de l'ouest, les habitants sont Jiarong ou Tibétains, différentiables par leur habillement et leur langue. Comme l'explique l'archéologue française Frédérique Darragon, "nombre de ces 'Tibétains' du Sichuan étaient probablement des peuples Qiang, devenus depuis longtemps bouddhistes ou 'Bon' et qui par conséquent ont inclus plus de 30% de mots tibétains dans leurs langues non tibétaines et qualifiées de 'qiangtiques'".

Les mariages interethniques y sont fréquents, de même que le phénomène de "tibétanisation", avec emprunt de noms tibétains plutôt que Han, afin de bénéficier des avantages alloués aux minorités. La minorité est donc Han, plus importante dans les petites villes que dans les villages hauts perchés. Une chose est sûre : leur présence ne cesse d'augmenter. Pour preuve, la "hanisation" de la diète locale, désormais à l'heure sichuanaise. On mange épicé et parfumé dans les montagnes de l'ancien Kham. La sainte trinité chinoise – légumes, riz et viande de porc – a conquis les bols de la vallée. Quelques traditions locales ont subsisté, tels le thé au lait de yak et une sorte de pain-gâteau à la farine de maïs, légèrement sucré et croustillant.


Les champs ou l'usine

Le maïs sèche donc toujours sur les balustrades. On laboure dans les villages en chantant sous le soleil. Si la région se développe à grande vitesse, elle mise également beaucoup sur la persistance d'une image bucolique de la vie rurale tibétaine à offrir aux touristes. A Suopo et Zhonglu, deux hameaux non loin de Jiaju, les maisons ont toutes été restaurées ou reconstruites. Les habitants expliquent que les bâtisses anciennes étaient plus vétustes et que les portes et fenêtres étaient plus petites à cause des esprits. De ces croyances sont restées trois couleurs peintes sur les maisons : le rouge pour la joie, le blanc pour le bonheur, tous deux enserrant le noir symbolisant les démons.



Le troc entre les nomades des hauteurs et les paysans des vallées existe encore : laine, beurre et fromage sont par exemple échangés contre orge et légumes. Mais pour combien de temps ? Les frais de scolarité et de santé restent un souci majeur et le seul argent liquide provient des travailleurs migrants partis vers les usines de la côte ou de ceux qui vivent près des villes, c'est-à-dire la majorité. Le bois a longtemps été une source de revenus complémentaires mais, à cause de la déforestation et de l'érosion des sols, son exploitation a été bannie. Hormis le travail aux champs, qui nécessite du cash pour acheter fertilisants et pesticides, que faire pour gagner de l'argent dans ces vallées retranchées de l'ouest de la Chine ?

L'eau et la pierre

D'après la légende, la montagne Mu'erdo, qui domine le petit village de Zhonglu, serait la mère des 56 sommets de la région. Montagne sacrée donc, et désormais respectée. On ne la creusera plus comme ce fut le cas par le passé. Désormais, on la protège et on peut même visiter ses entrailles, creusées jadis pour en extraire le micaschiste. Mais peut-on en dire autant du paysage entre Danba et Luding, ville du fameux pont où l'Armée Rouge résista héroïquement aux Nationalistes ? Tout le long de la route qui suit le cours de la rivière Dadu, une symphonie industrielle se prépare avec fracas. Chantier sur chantier, barrages sur barrages, files de camions transportant des pierres : on construit des routes, des voies de chemin de fer, des ponts parfois à 80 ou 100 m de haut, des tunnels pouvant atteindre 12 km de long avec embranchements souterrains. Souvent, à même le béton nu, des numéros de portable tagués par les loueurs de pelleteuse appelés en catastrophe lorsque des machines tombent dans le fleuve… Dantesque. Pendant la Longue Marche, ce paysage escarpé avait permis à l'Armée Rouge d'échapper au contrôle du Guomindang. Il est désormais le théâtre d'un chantier à l'infini dénommé xibu dakaifa, le Grand développement de l'Ouest.




Emma Tassy




Ecrit par: P'tit Panda Lundi 05 Mars 2012 10h30
La Chine réduit son objectif de croissance et veut relancer les réformes
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 05.03.12 | 09h29 • Mis à jour le 05.03.12 | 09h53


Croissance réduite, stabilité sociale dans les campagnes et efforts militaires : le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a tracé le cap, devant le Parlement, de cette année pour une Chine confrontée aux difficultés économiques mondiales, aux révoltes de ses paysans et aux rivalités en Asie.

Lors de son traditionnel discours de politique générale devant l'Assemblée nationale populaire réunie au grand complet dans le décor imposant du Palais du peuple à Pékin, Wen Jiabao a esquissé pendant près de deux heures, lundi 5 mars, les défis à relever pour une Chine où se profile l'arrivée de nouveaux dirigeants. Le Parti communiste chinois renouvellera les cadres du pays d'ici la fin de l'année et Wen et le président Hu Jintao démissionneront à l'occasion d'une session du Parlement au début de l'an prochain.

RALENTISSEMENT EN EUROPE

Prenant en compte la crise persistante en Europe et la timidité de la reprise aux Etats-Unis, ses deux plus gros partenaires, la deuxième puissance économique mondiale a réduit cette année son objectif de croissance à 7,5 %, contre 8 % l'an dernier, a annoncé le premier ministre.

L'objectif de croissance pour 2012 est le plus bas depuis 1990. Dans les faits, il se présente plutôt comme une barre destinée à être franchie, l'objectif de 8 % fixé lors des huit années précédentes ayant été systématiquement et aisément dépassé, même durant la crise financière de 2008-2009.

"Ces dernières années, l'objectif de PIB a à l'évidence toujours été un minimum acceptable plutôt qu'un plafond, et je pense donc que la pensée intime du gouvernement est que la croissance dépassera un peu 8 %", explique Paul Cavey, analyste chez Macquarie Bank, à Hongkong. "Il est fort peu probable que de gros progrès soient accomplis sur les réformes structurelles étant donné la transition politique", ajoute-t-il. Après un tassement à 9,2 % l'an dernier, la croissance devrait enregister en 2012 un ralentissement durable et se situer, selon les économistes, aux alentours de 8 à 8,5 %, les objectifs gouvernementaux étant régulièrement dépassés.

Devant quelque 3 000 délégués attentifs, certains en tenue militaire ou en costume ethnique, M. Wen a confirmé la volonté de Pékin de relancer des réformes économiques, qui, selon nombre d'observateurs, stagnent depuis deux ou trois ans, notamment en limitant le poids, toujours énorme, du secteur d'Etat. La Chine souhaite "briser les monopoles" et "encourager les capitaux privés à entrer dans les chemins de fer, les municipalités, la finance, l'énergie, les télécommunications, l'enseignement et les soins médicaux", a dit le chef du gouvernement, au diapason des dernières recommandations de la Banque mondiale.

L'inflation, même si elle a reculé, sera suivie de près et Wen Jiabao a annoncé le même objectif que l'an dernier : 4 % pour 2012, après un taux réel de 5,4 % l'an passé.

A l'approche du congrès du Parti communiste qui entérinera en octobre l'arrivée des dirigeants de ce pays de 1,35 milliard d'habitants pour les dix prochaines années, le premier ministre a souligné l'importance du maintien de la paix sociale, notamment dans les campagnes secouées par des révoltes contre les expropriations de terres abusives.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 05 Mars 2012 10h31
Le fonds souverain chinois doté de 30 milliards de dollars pour investir en Europe
LEMONDE.FR avec AFP | 05.03.12 | 06h38 • Mis à jour le 05.03.12 | 09h52
Le fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) a reçu à la fin de l'an dernier 30 milliards de dollars (22,7 milliards d'euros) pour investir en Europe, selon son directeur général adjoint Wang Jianxi cité lundi 5 mars par le China Daily.

La CIC a été fondée en 2007 pour investir dans des entreprises étrangères une partie des colossales réserves de change de la Chine, qui frôlaient à la fin de 2011 les 3 200 milliards de dollars (2 425,7 milliards d'euros). "L'an dernier, le fonds a reçu des nouveaux financements de la part de l'administration d'Etat des changes [SAFE] pour 30 milliards de dollars", a déclaré M. Wang au quotidien de langue anglaise.

Les avoirs de la CIC se montaient à près de 410 milliards de dollars (310,8 millirads d'euros) fin 2010, selon des chiffres officiels, mais "les fonds reçus précédemment ont été pour l'essentiel investis", a ajouté M. Wang, sans plus de précisions. Le dirigeant de la CIC a expliqué que les difficultés traversées par l'Europe à cause de la crise de la dette créent des opportunités pour y racheter des entreprises."Lorsque l'économie va bien", les pays développés "préfèrent lier les propositions d'investissement chinoises à des conditions politiques. Mais lorsqu'elle va mal, il y a moins de restrictions", a encore dit M. Wang. Mais dans les cinq à dix ans à venir, l'objectif de la CIC est "principalement de cibler les marchés émergents", a-t-il ajouté.

Le site Internet Caixin avait pour sa part annoncé en février que la CIC avait reçu 50 milliards de dollars (37,9 milliards d'euros) de la Banque centrale après le Nouvel An chinois, qui tombait cette année le 23 janvier. La CIC restait injoignable lundi matin tandis qu'un porte-parole de la SAFE a refusé de commenter l'injection de fonds reçue par la CIC. Parmi les investissements récemment effectués par le fonds souverain chinois figure une prise de participation de 8,68 % dans la première compagnie de distribution d'eau et de traitement des eaux usées britannique, Thames Water, annoncée en janvier.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 05 Mars 2012 10h35
Les habitants de Wukan ont élu leur chef
LEMONDE.FR avec AFP | 04.03.12 | 13h09


Les habitants de Wukan, bourgade du Sud de la Chine, ont voté samedi et dimanche lors d'un scrutin municipal inédit et à forte valeur symbolique dans un pays de parti unique. "Nous avons tous le sentiment que c'est un succès. Ça a eu une grande influence sur les gens et je crois que ça a contribué à augmenter la conscience des habitants de Wukan", a déclaré Hong Tianbin, chef d'un comité désigné pour superviser l'élection.

Les habitants avaient chassé les cadres accusés d'avoir saisi des terres pour les vendre à des promoteurs, avant que la répression ne se déchaîne. La bourgade avait été soumise à un blocus, les leaders de la révolte arrêtés. L'un d'eux est mort en prison dans des circonstances suspectes. Contre toute attente, le gouvernement du Guangdong avait finalement fait des concessions, acceptant notamment l'organisation de cette élection singulière dont une première étape s'est déroulée le 11 février. Ce samedi-là, les habitants avaient élu une centaine de représentants qui devaient présenter à leur tour des candidats pour l'élection de ce week-end.

Quelque 6 800 villageois se sont déplacés dans les bureaux de vote, soit 81 % des inscrits mais deux candidats seulement ont atteint le nombre de votes requis pour être élus. Sous le regard de nombreuses mais relativement discrètes forces de l'ordre, les villageois ont formé de longues file d'attente devant des isoloirs de fortune dans la cour d'une école, pour écrire les sept noms sur un bulletin et le glisser dans une urne métallique.

Lin Zuluan, un des leaders de la révolte, a été élu chef du comité du village avec 6 205 voix, et chef du parti communiste pour Wukan, remplaçant l'homme d'affaires véreux qui avait occupé ce poste pendant 42 ans. Yan Semao a été élu chef adjoint avec 3 609 voix, a rapporté l'agence de presse officielle Chine nouvelle. Les cinq autre membres devaient être élus dimanche mais les résultats n'étaient pas encore connus en début de soirée.

En Chine, où les dirigeants ne sont pas élus directement par le peuple, les villageois peuvent voter au niveau local pour un comité. Mais en général les candidats sont présentés par le Parti, sans opposition. Et quand il y a plusieurs candidats, les fraudes sont fréquentes. Même si cette élection a attiré moins l'intérêt de la presse chinoise, plutôt discrète, qu'internationale, elle a inspiré de nombreux pétitionnaires d'autres régions venus à Wukan tenter de profiter de la publicité pour faire valoir leurs propres doléances. Sur les microblogs, les Chinois suivaient aussi l'expérience avec intérêt.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 05 Mars 2012 10h35
Le budget militaire chinois flambe
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.03.12 | 10h22


Les dépenses militaires de la Chine vont progresser de 11,2 % cette année, annonce, dimanche 4 mars, Li Zhaoxing, ancien ministre des affaires étrangères devenu porte-parole de l'Assemblée populaire. L'enveloppe, qui avait progressé de 12,7 % en 2011, atteindra 670,2 milliards de yuans (80,5 milliards d'euros).

Cette hausse à deux chiffres, supérieure à la croissance du Produit intérieur brut (PIB) de la Chine (+9,2% en 2011), confirme que Pékin met les bouchées doubles pour combler son retard militaire sur Washington et Moscou. La nouvelle progression pourrait aviver les tensions dans l'ouest du Pacifique où Pékin affirme de plus en plus ses ambitions, en particulier autour d'archipels disputés notamment avec le Japon, le Vietnam et les Philippines.


"La Chine est décidée à rester sur la voix du développement pacifique et suit une politique de militaire nationale défensive", a déclaré Li Zhaoxing, s'adressant à la presse avant l'ouverture de la session annuelle du Congrès du peuple, au cours de laquelle le budget sera approuvé. "La Chine compte 1,3 milliard d'habitants, nous avons un grand territoire et de longues côtes, mais nos dépenses militaires sont relativement faibles comparées à celles d'autres pays", a-t-il poursuivi.

Le montant officiel du budget militaire de la Chine est, selon des experts, une sous-estimation des dépenses militaires vraiment effectuées. "Le budget réel est environ le double", assure par exemple Willy Lam (Chinese University, Hong Kong). La hausse officielle de ce budget avait été de 12,7 % en 2011 et de 7,5 % en 2010, mais il a dépassé 10 % dans la majorité de ces vingt dernières années.

INQUIÉTUDE À WASHINGTON

Le Pentagone accorde de plus en plus d'importance à la région Asie-Pacifique où il s'inquiète de la montée en puissance de l'Armée populaire de libération, la plus grande du monde et dont les programmes restent entourés du plus grand secret. En novembre, le président américain Barack Obama a annoncé que son pays allait consolider sa présence militaire en Australie, une décision dans laquelle Pékin a vu le signe d'une "mentalité de guerre froide". Washington envisage aussi de stationner des navires de guerre à Singapour et de renforcer ses effectifs aux Philippines et en Thaïlande.
La Chine maintient que sa technologie militaire accuse 20 à 30 ans de retard sur celle des Etats-Unis. La modernisation de son armée, assure-t-elle, a pour unique but la "défense" du pays.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 05 Mars 2012 10h38
Les indignés de Wukan
Le Monde| 03.03.12 | 16h01 • Mis à jour le 04.03.12 | 10h23


C'est une topographie bénie des dieux et les gens de Wukan en sont fiers : le mont de la Tête-du-Tigre verrouille l'estuaire qui protège le gros village et son port de pêche des périls de la mer de Chine. On est ici en pays teochew, cette communauté de l'est du Guangdong connue pour ses traditions séculaires, ses pirates et sa diaspora. Aujourd'hui, Hutoushan ("la tête du tigre") fait, elle aussi, partie des terres collectives dont les quelque 15 000 habitants de Wukan ont été dépossédés, le plus souvent à leur insu, ces vingt dernières années, par une clique de dirigeants corrompus.

En attendant le jour où elles reviendront aux gens de Wukan, Zhuang Liehong se plaît à imaginer, là-haut, une statue de la liberté, le bras levé, comme à New York. Ce serait une attraction touristique idéale pour le "village de la démocratie", comme Wukan est désormais désigné sur des sites Internet chinois. "Sauf qu'on ne pourrait pas prononcer le mot démocratie, se reprend-il. Mais les gens savent bien de quoi il s'agit !"

A 28 ans, Zhuang Liehong est l'un de ceux qui ont mené la fronde des habitants de Wukan contre un abus du pouvoir local, qu'ils accusent de détourner des biens collectifs à des fins privatives. Il a toujours une plaisanterie en réserve, et chaque fois qu'il reçoit un appel sur son portable, c'est une version tonitruante et rock de L'Internationale qui retentit. Malgré la tragédie de décembre 2011 - lorsque Xue Jinbo, l'un des quatre représentants du village arrêtés au côté de Zhuang Liehong, est mort en détention -, Wukan bruisse d'une effervescence joyeuse en ce mois de février où les habitants se préparent à aller aux urnes pour désigner un nouveau comité du village. Le processus se déroule en plusieurs étapes : l'élection d'une commission électorale début février, puis d'une centaine de délégués villageois, et enfin, samedi 3 mars, de l'équipe dirigeante, le tout au suffrage direct.

L'échelon du village est le seul en Chine où les élections libres sont autorisées depuis les années 1990. Mais l'exercice est vite devenu, en l'absence de garde-fou, une parodie de démocratie : ainsi à Wukan où l'ancien chef du village et secrétaire du Parti est resté au pouvoir pendant quarante et un ans, "protégé" par les échelons administratifs supérieurs. Chassé lors des manifestations de l'automne, il est actuellement détenu par la commission disciplinaire du Parti.

A Wukan, fin février, les 109 délégués réunis dans la salle des fêtes, un théâtre surélevé qui fait face à un temple orné de deux dragons, examinaient sur un plan distribué à chacun la délimitation des terres collectives du village. Et quelques-uns des contrats secrets passés par l'administration précédente. Les villageois n'ont jamais rien touché à l'occasion de ces ventes - sauf lors de la construction de la principale route (50 euros par habitant). Parfois, des terres cultivées étaient préemptées : "On nous disait que cela deviendrait une zone de développement industriel et qu'on aurait des actions. Mais rien ne venait !", explique Zhang Bingchai, un père de famille de 45 ans. Ces terrains gelés auraient permis aux cadres du village et aux sociétés avec lesquelles ils faisaient affaire d'obtenir des prêts bancaires, dénoncent les villageois. L'enjeu du scrutin du 3 mars, pour eux, c'est donc de recouvrir leurs droits sur ces terres. Ils veulent notamment que soient appliquées au plus vite les clauses des contrats prévoyant que les terrains restés inoccupés plus de deux ans retournent au village.

Si le village d'insurgés a échappé à la normalisation à la mode chinoise - répression, diabolisation, déni -, c'est grâce à l'intervention, le 21 décembre, de l'émissaire du chef du Parti de la province du Guangdong. Dans une sorte de "Je vous ai compris", celui-ci a publiquement reconnu, fait extrêmement rare en Chine, que les demandes des villageois étaient "raisonnables". Et dans les jours qui ont suivi, les "meneurs", promis à de lourdes peines, étaient libérés.

Cette approche, qui a eu un grand retentissement dans le pays, s'inscrit dans une dynamique politique nouvelle : Wang Yang, le chef du Parti du Guangdong, une figure montante appelée à rejoindre les plus hautes instances du Parti à Pékin fin 2012, cherche à promouvoir des réformes de gouvernance. Et début février, le premier ministre, Wen Jiabao, s'est rendu dans un autre village du Guangdong, pour en appeler à "respecter les droits des villageois sur leurs terres", notamment au moyen de "procédures électorales justes et transparentes" - un message de soutien évident à l'expérience de Wukan. "Wukan a montré la voie d'une résolution pacifique et rationnelle des conflits. Pour l'instant, le résultat est gagnant-gagnant : les violences ont cessé, et les villageois sont revenus dans un cadre juridique existant", se félicite Xiao Bin, un professeur d'administration publique de l'université Zhongshan, à Canton, qui ausculte les réformes de la province.

Pour les villageois, le chemin est semé d'embûches. Les échelons administratifs qui séparent le village de la province - comme le bourg de Donghai et la ville de Lufeng - et qui sont soupçonnés d'avoir profité du pillage des terres, cherchent à reprendre la main : au moins l'un des 109 délégués s'est vu proposer un "salaire" secret de la part du gouvernement local pour servir d'informateur. Les autorités de Lufeng veulent en outre empêcher Xue Jianwan, 22 ans, la fille de Xue Jinbo, meneur mort dans des conditions à ce jour suspectes, de se présenter aux élections au motif qu'elle est institutrice. Aucun dispositif de recours n'a été mis en place pour garantir le bon déroulement du scrutin, le "groupe de travail" envoyé à Wukan par la province se bornant à "observer".

Faire valoir leurs droits les plus élémentaires a longtemps paru illusoire aux gens de Wukan : "On savait tous qu'il y avait des problèmes avec les terres. Quand je demandais à ma mère, elle me disait : "Ils sont violents et trop nombreux." Finalement, ce sont les jeunes qui ont pris les choses en main", explique Chen Suzhuan, une jeune femme de 30 ans qui a fait partie du comité provisoire du village insurgé et a depuis été élue déléguée. La colère a commencé à frémir en avril 2009, quand un tract distribué la nuit dans les boîtes aux lettres, et signé par un mystérieux "Patriote n°1", a dénoncé pour la première fois les ventes illégales de terres. Un numéro de QQ, le service de messagerie en ligne, y était inscrit. Très vite, l'espace en ligne animé par Patriote n°1, et baptisé "Les jeunes au sang chaud", est devenu un lieu de débat animé pour les jeunes adultes du village, souvent employés dans les grandes villes de la région - Canton, Foshan, ou Shenzhen - dans les services ou le petit commerce.

En juin 2009, plusieurs d'entre eux, à l'initiative de Zhuang Liehong, tentent de porter en haut lieu leurs doléances. "On voyait bien qu'ailleurs, les terres, ça rapporte", explique Hong Ruichao, un beau gaillard de 26 ans, l'un des quatre meneurs emprisonnés en décembre. Aucune de leurs démarches auprès du bourg, de la préfecture et de la province n'aboutit. "On était des boules de billard que tout le monde se renvoie", poursuit Hong Ruichao. Leurs familles reçoivent des visites intimidantes en pleine nuit. Parfois, on cherche à les acheter : "Ils m'ont dit, tu vas te marier. Alors on t'offre une maison. Et puis de l'argent. J'ai tout refusé", raconte Zhuang Liehong.

Tout s'accélère en septembre 2011, avec le chantier d'un complexe touristique sur l'une des dernières terres vierges du village. Les villageois organisent des marches de protestation. Mais la police intervient, sous les objectifs des téléphones portables, qui montrent les policiers s'en prendre violemment aux habitants. Vieux, jeunes, femmes et enfants canardent alors la police qui se retire, puis mettent à sac le commissariat. Wukan est aux mains de ses habitants, mais sera assiégé jusqu'au 21 décembre. Lin Zuluan, 67 ans, un cadre du bourg à la retraite très respecté dans le village, rejoint la direction du mouvement après l'arrestation de plusieurs organisateurs. "J'ai appelé un ami qui avait une clinique et me suis porté garant pour tous les frais des blessés. A ce moment, on n'avait aucune réponse de la part des autorités, l'incident était présenté comme instigué par "des forces hostiles" et moi, un manipulateur à leur service", raconte-t-il.

Quand le gouvernement provincial choisit la conciliation en décembre, Lin Zuluan est l'interlocuteur idoine : il sera nommé en janvier chef du Parti de Wukan, en remplacement de l'ancien chef démis. Il est aujourd'hui le favori aux élections pour le poste-clé de chef de village.

La manière dont les gens de Wukan ont su exploiter Internet et les médias a été décisive dans leur combat. Wu Jijin, un fils de pêcheur de 16 ans qui a quitté l'école, fait partie de ceux dont les messages et les photos tweetés ont touché le plus d'utilisateurs sur Weibo, le site de microblogging chinois. Et alors que la presse chinoise n'a jamais été autorisée à couvrir librement ces événements, les gens de Wukan ont courtisé les médias étrangers et d'Hongkong, ouvrant même un centre de presse. "C'est la première fois que je vois une telle conscience et une telle ouverture d'esprit", explique, à Canton, la documentariste Ai Xiaoming, chroniqueuse de la prise de parole citoyenne en Chine par les nouveaux médias.

A Wukan, personne n'a oublié le rôle de deux "anges gardiens" de la révolte. Xue Jinbo, dont la mort, à 42 ans, a galvanisé la résistance de la population. Et le Patriote n°1, qui s'est tu en décembre, quand Internet a été nettoyé des références à Wukan. Est-il caché ? Arrêté ? Personne ne sait. "Son esprit est parmi nous", assure Zhuang Liehong.

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 02.03.12

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 05 Mars 2012 10h39
La Chine renforce sa surveillance de l'Internet au Tibet
LEMONDE.FR | 01.03.12 | 16h51


Le plus haut responsable du Parti communiste chinois au Tibet a ordonné, jeudi 1er mars, un renforcement de la surveillance de l'Internet et des réseaux téléphoniques dans la région autonome, a annoncé la presse locale.

Cette décision est prise dans un contexte déjà tendu, Pékin réagissant par la répression à la contestation populaire. "Les mesures de contrôle des téléphones portables, de l'Internet et des nouveaux médias doivent être mises en œuvre de façon complète", a déclaré Chen Quanguo, cité par le quotidien du Tibet. "Il nous faut encore davantage faire passer dans toute la région l'idée que la stabilité est cruciale. Les éléments de déstabilisation doivent être tués dans l'œuf", a-t-il ajouté.

Une annonce qui précède également de quelques jours l'ouverture de la session annuelle du Parlement chinois, le lundi 5 mars, à Pékin, une période au cours de laquelle le pouvoir redoute encore plus d'éventuelles manifestations. La période est aussi un moment sensible pour les Tibétains : c'est en mars 1959 que Tenzin Gyatso, quatorzième dalaï-lama, leur chef spirituel, avait pris le chemin de l'exil, traversant à pied l'Himalaya pour arriver en Inde. En 2008, à l'occasion du quarante-neuvième anniversaire du soulèvement tibétain et de cet exil, des manifestations de moines bouddhistes avaient dégénéré en émeutes à Lhassa, la capitale du Tibet.

SUICIDES PUBLICS

Au moins vingt-deux Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire en moins d'un an dans les zones tibétaines chinoises. Ces suicides publics sont un phénomène relativement nouveau, qui illustre le désespoir dû à la répression accrue menée par le pouvoir central.

Les Tibétains supportent de plus en plus mal les entraves à leurs pratiques religieuses et culturelles et la présence grandissante dans leurs zones d'implantation historique des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine. Les autorités chinoises ont empêché ces dernières semaines la presse étrangère de se rendre dans les régions tibétaines de Chine.

(avec AFP)

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 10 Mars 2012 10h24

Taxe pollution aérienne : l'UE prête à riposter

s : Le Point.fr AFP - Publié le 09/03/2012 à 14:37 - Modifié le 09/03/2012 à 23:54

Les mesures discriminatoires prises par la Chine touchent 45 Airbus long-courriers. La Commission européenne compte réagir.



L'Union européenne est prête à riposter en cas de représailles commerciales de la Chine contre sa taxe sur la pollution aérienne et veut parvenir à un accord dans le cadre de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), a-t-on appris vendredi à Bruxelles. Cette position a été exprimée au cours d'une réunion des ministres de l'Environnement de l'UE, en réponse à la décision du gouvernement chinois de geler des commandes d'appareils passées au groupe européen Airbus.

"La décision de Pékin a déjà un impact industriel : elle frappe 45 Airbus long-courriers, dont 10 A380 et 35 A330", avait déclaré jeudi Louis Gallois, président exécutif d'EADS-Airbus. Vendredi, la commissaire chargée du Climat, Connie Hedegaard, a dit aux ministres de l'Environnement suivre "très attentivement" ces informations et a averti que "si des pays décident des mesures discriminatoires contre des sociétés européennes, la Commission prendra immédiatement les mesures appropriées, en étroite collaboration avec les autorités des États membres concernés" par ces rétorsions, selon le texte de son intervention.

Connie Hedegaard a reçu le soutien appuyé de tous les ministres qui se sont exprimés, a-t-on précisé. L'Union européenne refuse de céder aux menaces et "maintiendra son système tant qu'une solution internationale n'aura pas été trouvée pour réduire les émissions du secteur du transport aérien", a pour sa part affirmé à la presse le ministre danois chargé du Climat, Martin Lidegaard, qui préside la réunion. La législation européenne, entrée en vigueur sur le papier le 1er janvier 2012, oblige les compagnies opérant dans l'Union européenne, quelle que soit leur nationalité, à acheter l'équivalent de 15 % de leurs émissions de CO2, soit 32 millions de tonnes, pour lutter contre le réchauffement climatique. 26 des 36 membres de l'assemblée de l'OACI, dont la Chine, les États-Unis et la Russie, contestent la mesure.

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 10 Mars 2012 10h50
La Chine recule sur la légalisation des "disparitions forcées"
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 08.03.12 | 17h00


La Chine aurait finalement reculé cette semaine sur son projet d'adopter une loi permettant aux autorités de détenir des personnes dans un endroit secret, des "disparitions forcées" fortement critiquées par les organisations de défense des droits humains.

Ces détentions cachées, sans aucune information transmise aux proches par les autorités, devaient trouver un cadre légal grâce au vote d'un amendement au code pénal chinois lors de la session annuelle du Parlement, en cours cette semaine. Mais cette clause, qui concernait notamment les personnes suspectées de terrorisme ou de mise en danger de la sécurité nationale, a disparu du dernier projet de texte. "Le retrait de [cette] clause est une victoire pour les réformistes et une défaite de l'appareil de sécurité, qui voulait encore davantage consolider son pouvoir", a commenté Nicholas Bequelin, chercheur à l'organisation Human Rights Watch.

Cette dernière version officialise toutefois la détention en résidence surveillée, c'est-à-dire hors commissariat de police ou prison, mais l'assortit d'une obligation de prévenir la famille dans les vingt-quatre heures. "D'une façon générale cette notification inclura la raison [de l'interpellation] et l'endroit [de la détention]", a affirmé jeudi Lang Sheng, le chef-adjoint de la commission parlementaire chargée des affaires juridiques.

DISPARITIONS FORCÉES DE MILITANTS DES DROITS DE L'HOMME

Ces dernières modifications marquent un recul par rapport au projet initial des autorités chinoises, qui avaient en effet émis l'an dernier le souhait de modifier la législation afin d'autoriser la détention, sans qu'aucune charge ne soit annoncée, de personnes pour une période allant jusqu'à six mois, dans des endroits secrets.

En avril 2011, l'ONU avait exprimé son inquiétude face aux disparitions forcées de militants des droits humains et d'avocats chinois, rappelant qu'elles "constituent un crime en droit international". Le célèbre artiste chinois contestataire Ai Weiwei a, par exemple, été détenu au secret du début d'avril à la fin juin 2011, officiellement pour des infractions d'évasion fiscale.

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 10 Mars 2012 10h51
En Chine, la grogne monte contre le capitalisme d'Etat

Le Monde | 07.03.12 | 15h40


La pression monte contre les grandes entreprises publiques chinoises, accusées de profiter amplement des ressources de l'Etat sans reverser leur dû à la société en contrepartie. L'influente patronne de presse progressiste Hu Shuli a donné le ton, au moment où se tient la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, occasion de faire entendre les griefs de saison : "A défaut de redressement, le capitalisme d'Etat chinois pourrait bien devenir un capitalisme de copinage."

Un autre assaut est venu de Zong Qinhong, le patron du groupe privé Wahaha, qui a appelé à briser les monopoles étatiques au profit du secteur privé. "Le gouvernement reçoit trop et le peuple trop peu", a lancé, samedi 3 mars, sur la chaîne Bloomberg, M. Zong, qui est tout de même la deuxième fortune du pays.

Trois décennies de réformes ont vu des pans entiers de l'économie passer aux mains du privé, le Parti communiste chinois (PCC) prenant soin d'intégrer en parallèle les nouveaux entrepreneurs pour en faire des membres plutôt que des concurrents aigris. Le PCC a en revanche gardé le contrôle direct dans de multiples domaines qualifiés de "stratégiques", selon l'acception la plus extensive possible du terme, tels que les banques, les opérateurs de téléphonie mobile ou les partenaires imposés aux marques étrangères dans l'automobile. Le département de l'organisation du PCC nomme les cadres dans ces entreprises aux noms commençant par "China" autant qu'il attribue les postes dans les ministères et gère les passerelles. Les grands groupes opèrent souvent en oligopoles.

La question devient des plus politiques dès lors que les "masses" se sentent exclues. "Le peuple commence à être un peu agacé de voir ces entreprises donner peu à la société en retour de leurs privilèges", constate Zhang Jun, le directeur du Centre d'études économiques de l'université de Fudan, à Shanghaï. Selon lui, le PCC doit se faire à l'idée qu'il a plus à gagner à maintenir une économie efficace et à régler les mécontentements qu'à conserver ce contrôle. "Au fond, la décennie écoulée n'a pas vu la seconde vague de réformes économiques attendue", estime le professeur Zhang.

Le débat est relancé suite à la publication par la Banque mondiale, le 27 février, d'un rapport de 464 pages insistant sur la nécessité de réformes économiques, dont une "diversification graduelle de la propriété" des entreprises publiques. L'institution pourra toujours être soupçonnée de se faire le chantre d'un libéralisme économique malvenu en terre socialiste, le rapport a toutefois reçu le soutien de Li Keqiang, l'homme promis au poste de premier ministre au printemps 2013, illustration de la prise de conscience du besoin de changement au sein du PCC.

SCANDALES DE CORRUPTION

Le rapport appelle notamment à augmenter les dividendes reversés à l'Etat par ces groupes publics dont le gouvernement central garde systématiquement la majorité des parts. Peu compétitifs au lendemain des réformes engagées par Deng Xiaoping, il fut longtemps toléré qu'ils ne reversent qu'environ 10 % de leurs gains - et parfois rien - au budget national, le temps de se renforcer. Mais les voilà désormais aptes à investir massivement jusqu'en Afrique ou au Brésil.

Pour Gao Xu, analyste chez Everbright Securities, les cadres placés dans ces entreprises "peuvent toujours prétendre qu'ils ont besoin de liquidités pour bloquer tout changement". Sans risquer d'être démis de leurs fonctions puisque "les affectations sont politiques". Un autre économiste, dans une banque publique, relève : "Le système est réticent à la réforme pour la simple raison que c'est par le biais de ces entreprises que le Parti conserve la mainmise sur l'économie."

Il n'en faut pas moins donner des gages. Le patron de China Mobile, Wang Jianzhou, a ainsi déclaré, lundi 5 mars, qu'il n'était "pas opposé" à transférer un peu plus à l'Etat que les 15 % de dividendes actuels. Empêtré depuis deux ans dans des scandales de corruption, l'opérateur aux 655 millions de cartes SIM est bien placé pour connaître les limites de la relation incestueuse entre l'Etat et les affaires. Dernier en date à tomber, son directeur exécutif est détenu depuis le 28 février. Avant lui, le vice-président du groupe a déjà été condamné pour avoir reçu l'équivalent de 900 000 euros de pots-de-vin. Au sein de son entreprise, il était également secrétaire du PCC.

Harold Thibault
Article paru dans l'édition du 08.03.12

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 10 Mars 2012 10h55
Sept millions de skieurs chinois en 2020
LEMONDE.FR | 09.03.12 | 12h44


Le marché des sports d'hiver ne souffre pas de la crise. C'est ce que montre une enquête du cabinet suisse Laurent Vanat Consulting (PDF) réalisée auprès de deux mille grandes stations dans le monde (de plus de cinq remontées mécaniques). Malgré le ralentissement économique, l'activité est restée stable en 2011, avec un total de 110 millions de pratiquants réguliers et pas moins de 400 millions de journées-skieur sur la planète.

PRÈS DE LA MOITIÉ DES SKIEURS DANS LES ALPES

Sans surprise, les Alpes concentrent l'essentiel du marché. La France, l'Autriche, la Suisse, l'Allemagne et l'Italie, où se concentrent les grands domaines skiables, captent à eux seuls 46 % des journées-skieur à travers le monde. Suivent l'Amérique, principalement du Nord (23 %), la zone Asie-Pacifique (15 %), les autres régions montagneuses d'Europe, dont la Scandinavie (11 %) et les anciens pays de l'Est (5 %).

Ce paysage est appelé à évoluer dans les années qui viennent. La Chine et la Russie constituent les deux principaux réservoirs de croissance à l'échelle planétaire. Etonnant, quand on sait que la Chine n'a aucune culture du ski. Les premières stations sont apparues dans la région d'Harbin (nord-est du pays) dans les années 1980 et étaient essentiellement dédiées à l'entraînement des athlètes. Aujourd'hui, le pays compte près de 350 stations (un peu plus qu'en France), mais celles-ci sont souvent très mal équipées. Seule une vingtaine s'approchent des standards occidentaux.

"L'EXPÉRIENCE" CHINOISE

Les domaines skiables chinois sont essentiellement consacrés au débutants (80 % du marché). Le ski ne s'y pratique pas dans la durée, mais est plutôt vécu comme une "expérience" à tenter. Comme le relate l'étude, des employés sont même là pour aider les skieurs à se relever après leurs chutes et à les assister pour retirer leurs équipements. On dénombrait en 2011, 3 millions de skieurs chinois, totalisant 5 millions de journées-skieur. D'après les spécialistes, le pays comptera 7 millions de skieurs en 2020, et à terme jusqu'à 120 millions de pratiquants.

La Russie est l'autre terre d'avenir du ski mondial. Avec seulement 2,5 % de skieurs dans le pays, contre 37 % en Suisse, 36 % en Autriche ou 19 % en France, la marge de progression est forte. D'autant que les hivers durent plus longtemps qu'en Europe de l'Ouest.

OUVERTURE DE STATIONS DANS LE CAUCASE

La pratique du ski russe devrait être dopée par la tenue des Jeux olympiques à Sochi en 2014. Cinq nouvelles stations devraient également voir le jour dans le Caucase. La plus grande d'entre elles, Arkhyz, doit justement ouvrir en mars 2012. Elle comprendra 270 km de pistes étendues sur trois villages. Les experts estiment que les stations du pays pourront à terme attirer 5 à 10 millions de skieurs par an, contre un million aujourd'hui.

A l'échelle du globe, l'étude prévoit une augmentation de 20 millions du nombre de journées-skieur d'ici à 2020, et ainsi une progression de 5 % du marché mondial.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 12 Mars 2012 08h43
Anne Cheng : Confucius réinventé, un produit d'exportation chinois

Bertrand Mialaret | Mychinesebooks.com

s : http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/03/11/anne-cheng-confucius-reinvente-un-produit-dexportation-chinois-229916


Depuis 2008, Anne Cheng, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure, effectue au Collège de France ses travaux de recherche et d'enseignement sur l'histoire intellectuelle de la Chine, après les avoir menés dans le cadre du CNRS puis de l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO).

Sa traduction des « Entretiens » de Confucius et son « Histoire de la pensée chinoise » sont devenus des classiques.

Elle a bien voulu nous parler de l'actualité de Confucius tant dans le monde chinois qu'en Occident et en France.



Rue89 : On est frappé par l'actualité de Confucius dans le monde chinois : déclarations d'intellectuels, d'hommes politiques, livres, sites internet, statues dans les universités, films à gros budget …

Anne Cheng : Ce retour est net depuis dix ou quinze ans mais il évolue, instrumentalisé qu'il est par le discours politique qui s'approprie aussi le passé impérial de la Chine.. Après le délire utopique de la Révolution Culturelle (1966-1976), il s'agissait pour les dirigeants de se redonner une légitimité et, à la suite du massacre de la place Tian'anmen de 1989, de proclamer la nécessité du Parti unique comme ciment de la nation et garant de l'intégrité du territoire chinois. Légitimité politique mais aussi idéologique, le communisme étant remplacé par le culte de l'argent. Cela ne suffisant pas, le passé glorieux de la Chine impériale est sollicité et c'est dans ce cadre que Confucius est pris comme symbole unique de cette gloire et de cette unité impériales.

On a statufié Confucius après l'avoir démoli à coup de masse pendant la Révolution Culturelle, il est devenu le symbole de ce que l'on appelle les « études nationales » dont le socle est le confucianisme, mais qui peuvent inclure le « taoïsme philosophique », ainsi que certains pans du bouddhisme, en somme tout ce qui est récupérable et consensuel dans la tradition chinoise. Confucius a été choisi comme symbole de cette récupération idéologique et nationaliste à l'usage de la consommation interne chinoise mais aussi vis-à-vis du marché international.


Cette « renaissance » se limite-t-elle à certains cercles intellectuels ou est ce beaucoup plus profond ?


D'après ce que j'ai pu observer des mutations de la société chinoise à partir de ma position à la fois dehors et dedans (étant née en France de parents chinois et fière de me revendiquer comme fille de la République française, mais aussi mariée à un Chinois de Chine populaire), il y a eu pendant la période maoïste une transformation nette dans les rapports hommes/femmes et dans la relation parents/enfants. Cependant, la véritable rupture vient de la politique de l'enfant unique. La famille entière, grands parents compris, cède aux caprices du « petit empereur », surtout si c'est un garçon, et l'on voit aussi maintenant de plus en plus d'enfants en surpoids … C'est pour tenter de contrer ces effets pervers que l'on a remis au goût du jour la valeur confucéenne de la piété filiale qui s'affiche partout…

L'étau du système scolaire joue un rôle important pour formater les esprits et les placer dès le plus jeune âge dans un système de compétition féroce. On essaie toutefois de réintroduire certains éléments de culture classique, par exemple l'apprentissage par cœur des poèmes de la dynastie des Tang (618-907) et dans certaines écoles et de manière timide, des textes de Confucius et Mencius.

On trouve aussi des écoles privées qui prétendent revenir à la tradition classique et qui sont inspirées de ce qui s'est fait à Taïwan, mais elles sont en nombre limité, et plus ou moins tolérées par les autorités locales.

A Singapour, on parlait il y a quelques années de confucianisme et de « valeurs asiatiques »…


Statue de Confucius, temple de Confucius, Pékin. (Pierre Haski/Rue89)
C'est surtout un thème des années 1980 qui est apparu au moment du « miracle » économique des « petits dragons » (Singapour, Corée du Sud, Taiwan et Hong Kong). On notera que la notion de « valeurs asiatiques » comme facteur d'explication culturaliste de ce miracle économique a d'abord été émise par des économistes occidentaux.

Après la crise de 1997, la Chine a occupé le centre de la scène, puis la scène tout entière. Lorsqu'elle décide de considérer Taïwan comme partie intégrante de la Chine, le monde accepte sans broncher en suivant le comportement des Etats-Unis qui sont très dépendants économiquement de la Chine. Actuellement on a entre la Chine et les Etats-Unis une sorte de réseau d'échanges donnant-donnant que le reste du monde appelle globalisation.

Beaucoup d'universitaires européens ignorent encore que les élites chinoises sont actuellement formées en grande partie aux Etats-Unis où elles s'installent plus ou moins à demeure. Par exemple, dans le système universitaire américain, de nombreux départements sont investis par les Chinois de Chine continentale qui ont désormais supplanté ceux de Taïwan !

De plus, certaines universités américaines ouvrent des « succursales » en Chine, cela forme une « autoroute » de l'information, quasiment un marché commun des personnes et des idées…

On a l'impression que malgré des moyens importants, il y a relativement peu de traductions du chinois aux Etats-Unis…

En réalité, les sinologues américains traduisent beaucoup, mais leurs travaux sont confinés à des milieux universitaires et à un public restreint, car il n'y a pas comme en France un public élargi qui s'intéresse depuis longtemps à la Chine.

C'est cela qui a justifié et permis la création de la collection que je dirige avec Marc Kalinowski aux Editions des Belles Lettres.

Cette « Bibliothèque chinoise » reprend l'esprit de la collection des « Budé » grecs et latins, ainsi que leur format qui permet de donner les textes en chinois classique avec, en regard, la traduction française annotée. Près d'une dizaine de volumes est déjà parue, l'ambition étant d'en publier quatre par an. C'est un formidable pari dans lequel l'éditeur s'est engagé avec une belle conviction. Certains volumes bénéficient de subventions, entre autres du Collège de France dont une des missions est de défendre les « humanités ».

Nous avons l'impression d'être pionniers en la matière dans la mesure où même nos collègues américains n'ont pas réussi à nous devancer, et nos publications commencent à être connues même en dehors du monde francophone, notamment en Espagne et en Italie.

L'actuel slogan du Parti Communiste de « société harmonieuse » et les références à Confucius, n'est ce pas un moyen d'escamoter le débat sur la démocratie ?

Si, bien sûr, la « société harmonieuse » est une manière de récupérer des éléments du vocabulaire confucéen, mais pour donner du confucianisme une interprétation très nettement autoritaire. En réalité, cette « société harmonieuse » est une manière assez paternaliste de concevoir les rapports entre dirigeants et dirigés. Cela permet aussi de faire l'impasse sur des alternatives qui sont rejetées par référence à une tradition chinoise considérée de manière très essentialiste, en soulignant que la démocratie est d'origine occidentale et donc totalement étrangère à la culture chinoise.

Le nationalisme en Chine est un élément important, mais à l'extérieur, on continue à exploiter l'image consensuelle de Confucius comme marque de fabrique de cette « société harmonieuse » que les dirigeants voudraient bien exporter et qui rencontre parfois un accueil favorable : aux Etats Unis, certains groupes de réflexion soulignent qu'une éducation un peu plus autoritaire pourrait produire des citoyens bien formatés, en se référant explicitement à des sources confucéennes dont il existe de très nombreuses traductions en anglais depuis au moins un siècle.

Ce n'est pas par hasard que les Instituts Confucius sont ainsi nommés…

L'image de Confucius devient une valeur d'exportation. Contrairement à ce qui est souvent dit, les Instituts Confucius (déjà une quinzaine en France) diffèrent des Alliances Françaises dans la mesure où ils s'implantent au cœur de nos universités qui ont eu tendance à les accueillir d'autant plus favorablement que l'Etat tend à se désengager du financement des universités, et plus particulièrement des département d'études asiatiques.

Derrière les Instituts Confucius, il y a un organisme qui s'appelle le Hanban, un organisme gouvernemental chargé de la diffusion de la langue et de la culture chinoises à l'étranger dans lequel il est aisé de voir un des outils de la propagande chinoise.

De plus ces Instituts s'abritent derrière l'aura de Confucius pour diffuser une certaine image de la Chine qui cadre avec le discours officiel, mais qui se trouve aussi confortée par les discours que nous entendons chez nous sur « l'altérité chinoise » et qui font que nombre d'idéologues chinois ont beau jeu de nous retourner le message :

« C'est vrai, nous ne pensons pas comme vous, nous avons une tradition radicalement autre, en conséquence vos valeurs démocratiques ne nous concernent pas… »

L'intérêt pour Confucius se développe t-il en France ? Il y a eu l'exposition du musée Guimet, il y a votre cours au Collège de France qui réunit plusieurs centaines de personnes depuis trois ans…

Mon cours répond aux exigences du service public, mais je suis surtout heureuse qu'il soit maintenant disponible en traduction chinoise sur Internet, ayant eu des échos positifs sur ce qui est considéré comme un espace d'expression libre. De même, une traduction est assurée en anglais, et de nombreux auditeurs suivent d'ores et déjà le cours en français sur Internet.

Dès qu'il s'agit de culture chinoise, les médias ne connaissent guère autre chose que Confucius qui, selon eux, est vendeur ! Pour ma part, je m'efforce de faire entendre un autre son de cloche que ce que l'on peut lire sur Confucius et l'harmonie…

Le « phénomène Yu Dan » en dit long : cette femme d'une quarantaine d'années, spécialiste de la communication médiatique, a présenté de nombreuses émissions télévisées sur Confucius avec un grand succès d'audience. Le livre qu'elle en a tiré s'est vendu à des millions d'exemplaires en Chine et a été traduit en France sous le titre « Le bonheur selon Confucius. Petit manuel de sagesse universelle ».

On ignore sans doute que ce livre, du fait de son utilisation de certains passages des « Entretiens » de Confucius dans l'optique de la propagande officielle, a été violemment critiqué en Chine et qualifié de « bouillon de poulet pour l'âme » !

On parle peu de l'art de gouverner selon Confucius, de la rectitude, de l'exemplarité du souverain qui lui permettent de s'imposer naturellement et qui légitiment moralement son pouvoir et son autorité…

On a peut-être un peu oublié ces passages au profit des grandes thématiques du discours officiel chinois. Ce sont des aspects de l'enseignement confucéen qui peuvent être gênants ; on préfère parler de l'autorité du chef devant laquelle le peuple doit se plier sans discuter, et c'est pourquoi j'estime que le consensus créé autour du livre de Yu Dan n'est pas acceptable.

Pour mon cours de l'an prochain, après le temps de la déconstruction viendra celui de la reconstruction : maintenant que nous avons traité de la question : « Confucius n'a-t-il pas été depuis le début une invention ? », il faudra bien répondre à la suivante : « Pourquoi est-ce lui qui a été choisi pour incarner l'unité et la continuité de toute une culture ? »

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 12 Mars 2012 08h45
Chine : établissement d'une zone franche culturelle à Beijing

La construction d'une zone franche culturelle a débuté dimanche à proximité de l'aéroport international de Beijing dans l'arrondissement de Shunyi de la capitale chinoise.

Financée par le comité de gestion de la zone de libre échange Tianzhu de Beijing (ZIETB) et l'entreprise Beijing Gehua Cultural Development Group, cette zone franche, d'une superficie de 510 000 mètres carrés, dépendra de la ZIETB, a déclaré Wang Jianqi, président du groupe Gehua, lors de la cérémonie d'inauguration des travaux.

La zone de libre échange sera composée de trois parties fonctionnelles, à savoir le centre international d'exposition et de commerce pour les produits culturels, la zone spéciale pour les entreprises culturelles et le centre logistique et d'entreposage international, a-t-il poursuivi.

Le projet sera achevé en 2015 et sera partiellement opérationnel en 2013, a précisé M. Wang.

Une fois les travaux achevés, la zone franche servira de plate-forme publique offrant des services d'entreposage sous contrôle douanier pour les entreprises culturelles et devrait réaliser un chiffre d'affaires de 50 milliards de yuans (7,92 milliards de dollars), a-t-il annoncé.

La zone franche culturelle mettra à profit les politiques préférentielles de la ZIETB afin d'offrir des services commerciaux pour la collection d'antiquités et d'oeuvres d'art, la conception et la production culturelles, les expositions culturelles haut de gamme et le design de mode, a indiqué Li Danyang, directeur général du groupe Gehua.

s : http://www.chine-informations.com/actualite/chine-etablissement-une-zone-franche-culturelle-a-beijing_40302.html

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 12 Mars 2012 15h48
Michaël Llodra mis à l'amende pour un "fucking Chinese"


Par Clément Daniez, publié le 12/03/2012 à 11:52, mis à jour à 14:39



L'ATP a infligé une amende de 2500 dollars au tennisman Français. Llodra a, entre autres, insulté une supporteur asiatique d'Ernests Gulbis lors du Masters 1000 d'Indian Wells.
Michaël Llodra a reçu une amende de 2500 dollars, soit un peu plus de 1900 euros, dimanche au tournoi d'Indian Wells. "Fucking Chinese", soit "putain de Chinois" en Français, aurait lancé vendredi le joueur de tennis à l'encontre d'une fan asiatique un peu sonore du Letton Ernests Gulbis, qu'il a battu au premier tour.
"L'Open BNP Paribas a appris que Michaël Llodra avait prononcé des propos déplacés à l'attention d'un ou de plusieurs supporteurs assistant à son match de simple vendredi. Il s'en est également pris verbalement à des ramasseurs de balle et à leur responsable. Son comportement est en infraction avec les règles du circuit mondial ATP. Il a été mis à l'amende et le tournoi a demandé à ce qu'il s'excuse auprès des parties concernées", ont indiqué les organisateurs dans un communiqué.
"J'étais assis au premier rang (...) et j'ai pu constaté le comportement déplorable de Llora," a ecrit sur son compte twitter Tom Tebbutt (@Tom_Tebbutt), un journaliste bien connu du circuit. Et d'ajouter, dans le tweet suivant: "Michaël Llodra a frappé une balle en dehors du court, a jeté sa raquette et interpellé la supporteur de Gulbis dans les tribunes d'un 'putain de Chinois'. Ce que m'a confirmé plus tard le frère de cette femme."
Précédent dérapage à Roland-Garros
"Michael Llodra est raciste. Il a crié 'putain de chinois' à ma soeur alors que nous encouragions Ernests Gulbis," avait auparavant écrit ledit frère, Daniel Lee, sur son compte twitter (@danielstation). "J'ai dit ça dans le feu de l'action," s'est défendu plus tard Michael Llodra, s'excusant auprès d'un journaliste chinois.
Selon un récent tweet de Daniel Lee, il ne s'était toujours pas excusé par téléphone auprès de sa soeur - comme promis par l'organisation du tournoi - après son abandon pour une blessure au genou face à Jo-Wilfried Tsonga dans la nuit de dimanche à lundi.
Llodra, 31 ans, avait déjà dérapé en mai 2011 à Roland-Garros lorsqu'il s'était plaint des déplacements intempestifs en tribune d'une hôtesse pendant son match contre le Belge Steve Darcis. "On n'est pas au souk ici, on ne vend pas des tapis sur un marché," avait-il dit à l'arbitre marocain Mohammed El Jennati.
L'actuel 41e mondial avait démenti toute connotation raciste. "Mohammed est un copain, on rigole ensemble. J'ai l'habitude de lui sortir ça depuis que j'ai fait un tournoi à Casablanca où c'était vraiment le bordel!," avait-il expliqué. "Je voulais juste lui dire qu'il n'avait pas fait son job en n'intervenant pas."


s : http://www.lexpress.fr/actualite/sport/tennis/michael-llodra-mis-a-l-amende-pour-un-fucking-chinese_1092362.html

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 13 Mars 2012 09h41
ASIES No4 Mars 2012

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 13 Mars 2012 10h37
Chine, Inde et Pakistan se disputent l'eau de l'Himalaya
Le Monde| 12.03.12 | 17h29 • Mis à jour le 13.03.12 | 08h06


"La guerre de l'eau" : le scénario alarmiste figure désormais en bonne place dans les analyses prospectives sur la sécurité en Asie du Sud. En février 2011, le Sénat américain avait publié un rapport intitulé "Eviter les guerres de l'eau", centré sur les risques pesant sur le Pakistan et l'Afghanistan. L'étude s'inscrit dans une littérature déjà abondante sur la montée des conflits géopolitiques attisés par la raréfaction de la ressource hydrique dans une région où le triangle Pakistan-Inde-Chine est déjà éminemment instable. En butte à des besoins croissants en énergie, les Etats agrégés autour de l'Himalaya - surtout la Chine et l'Inde aux économies émergentes - sont embarqués dans d'ambitieux projets de barrages hydroélectriques, attisant d'inévitables tensions avec les pays voisins situés en aval.

Le réchauffement climatique et son impact sur la fonte des glaciers himalayens, qui accroît les risques d'inondation à court terme, ajoutent aux inquiétudes ambiantes. L'Inde se situe au coeur de ce puzzle "hydropolitique". Dès que l'on décortique les contentieux avec ses voisins, le partage de l'eau de l'Himalaya s'impose comme une source majeure de frictions.

Avec la Chine, la controverse n'a cessé de s'aiguiser ces dernières années. Elle se focalise sur les projets chinois le long du Brahmapoutre (appelé aussi de son nom tibétain Yarlung Zangbo par les Chinois), lequel prend sa source au Tibet, ainsi que sur la plupart des grands fleuves d'Asie.

En sortant du Tibet, le Brahmapoutre traverse les Etats indiens de l'Arunachal Pradesh et de l'Assam (Nord-Est) avant de sillonner le Bangladesh. Aussi le gouvernement de New Delhi voit-il avec beaucoup de suspicion la construction de tels barrages qui risquent d'altérer la course du fleuve sur ses terres du Nord-Est. Les passions se sont récemment embrasées à propos de rumeurs sur un prétendu projet pharaonique de Pékin visant à détourner l'eau du Brahmapoutre pour la canaliser vers les régions assoiffées de la Chine du Nord.

Ce plan de diversion massive relève toutefois plus d'un fantasme indien que d'une réalité chinoise, en tout cas pour l'instant.

Amère ironie : l'Inde reproche à la Chine un égoïsme de l'eau qu'elle inflige elle-même à ses voisins situés en aval. Car le Bangladesh aussi se plaint amèrement des projets indiens de barrages ou de retenues d'eau sur le Brahmapoutre comme sur le Gange. Dans cette affaire, la tâche de New Delhi est compliquée par les intérêts particuliers de ses propres Etats fédérés, comme l'a illustré l'attitude récalcitrante du Bengale-Occidental qui a fait capoter en 2011 un projet d'accord indo-bangladais sur la rivière Teesta. Cette question du partage de l'eau alimente également au Népal des sentiments hostiles à New Delhi.

Le Népal est certes un pays situé en amont, mais son arriération technologique l'a conduit à coopérer avec l'Inde pour la construction de ses barrages en vertu d'accords dénoncés comme "inégaux" par certains partis népalais.

Plus à l'ouest de la chaîne himalayenne, l'Inde "en amont" se heurte aussi au Pakistan "en aval", selon le scénario de type bangladais. A la différence près que la discorde est exacerbée par la rivalité historique opposant les deux Etats nés en 1947 sur les décombres de l'Empire britannique des Indes.

La trentaine de barrages construits, ou en passe de l'être, par New Delhi alimente les pires accusations au Pakistan, notamment de certains groupes djihadistes lançant des menaces terroristes sur le thème : "l'eau ou le sang". La ressource en eau se raréfie dans les deux pays : la moyenne disponible par habitant a chuté à 1 700 m3 en Inde et à 1 000 m3 au Pakistan. D'où l'enjeu de ce partage de l'eau de l'Indus et de ses cinq affluents qui traversent le Cachemire indien avant d'irriguer la plaine du Pendjab pakistanais.

Bien que les deux Etats se soient déjà livrés quatre guerres, la querelle de l'eau a pour l'instant été globalement endiguée grâce au traité de l'Indus signé en 1960 sous les auspices de la Banque mondiale. Cet accord alloue au Pakistan les trois cours d'eau dits "occidentaux" (l'Indus et ses deux affluents Jhelum et Chenab) - près de 75 % de l'ensemble du débit - et à l'Inde les trois dits "orientaux" (Ravi, Beas, Sutlej, autres affluents de l'Indus). L'Inde se voit en outre reconnaître le droit à usage limité (irrigation, hydroélectricité) en amont sur l'Indus et ses deux affluents "occidentaux" confiés au Pakistan. New Delhi s'est toujours réclamé de ce traité pour défendre la légalité de ses projets de barrage au Cachemire. En réalité, l'affaire est moins juridique que stratégique, le Pakistan se sentant fragilisé face à la capacité que les Indiens s'arrogent à réguler éventuellement le cours de ses cours d'eau.

Frédéric Bobin
Article paru dans l'édition du 13.03.12

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 14 Mars 2012 00h30
Terres rares : les Etats-Unis ont déposé plainte à l'OMC
LEMONDE.FR avec AFP | 13.03.12 | 16h01 • Mis à jour le 13.03.12 | 17h05


Le représentant américain au commerce extérieur a confirmé mardi que les Etats-Unis avaient déposé une plainte contre la Chine auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La plainte porte sur les exportations "déloyales" de métaux appelés "terres rares".

>>> Lire le post de blog "Le recyclage des terres rares, un enjeu stratégique"

"La Chine restreint de plus en plus ses exportations, ce qui provoque des distorsions massives et des interruptions dommageables de la chaîne d'approvisionnement de ces matériaux sur le marché mondial", a indiqué le représentant américain dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont donc requis de l'OMC des "consultations" avec la Chine concernant les restrictions imposées aux exportations de ces 17 métaux indispensables à la fabrication des produits de haute technologie, mais aussi à celles de tungstène et de molybdène, précise le communiqué. L'Union européenne et le Japon ont également saisi mardi l'OMC de ce cas, ajoute le document.

La Chine est aujourd'hui en situation de quasi-monopole avec un tiers soit 35 % des réserves accessibles et 97 % du marché de ces minéraux aux propriétés chimiques et électromagnétiques, comme le cérium ou le lithium, indispensables pour fabriquer les éoliennes ou les téléphones portables.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 14 Mars 2012 00h32
Nouvelle immolation d'un moine tibétain dans le Sichuan
LEMONDE.FR avec AFP | 13.03.12 | 08h22 • Mis à jour le 13.03.12 | 14h22

Un jeune moine tibétain s'est immolé par le feu dans le sud-ouest de la Chine. Le bonze, âgé de 18 ans, était originaire du monastère de Kirti, haut lieu de la résistance tibétaine. Il s'est transformé en torche humaine dans la ville d'Aba, dans l'ouest de la province du Sichuan, à forte population tibétaine, a indiqué l'organisation Free Tibet, dont le siège est à Londres. L'immolation, confirmée également par Radio Free Asia, a en revanche été niée par la police locale.

>> La carte des immolations de Radio Free Asia

Au moins vingt-six Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire en moins d'un an dans les zones tibétaines chinoises.

De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine. La session annuelle du Parlement chinois se déroule actuellement à Pékin et le pouvoir redoute encore plus d'éventuelles contestations.

Le mois de mars est aussi un moment sensible pour les Tibétains. Le dalaï-lama, leur chef spirituel, avait en mars 1959 pris le chemin de l'exil, traversant à pied l'Himalaya pour arriver en Inde.

Et en mars 2008, des manifestations de moines bouddhistes à Lhassa, la capitale du Tibet, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement et de l'exil du dalaï-lama, avaient dégénéré en émeutes et gagné les provinces voisines à forte population tibétaine.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 14 Mars 2012 00h33
Le Japon va acheter des obligations chinoises
LEMONDE.FR avec AFP | 13.03.12 | 08h55 • Mis à jour le 13.03.12 | 17h46


Le Japon a annoncé l'acquisition prochaine d'obligations d'Etat chinoises, un achat inédit qui symbolise le renforcement des échanges financiers entre les deux puissances asiatiques. "Nous avons reçu l'accord des autorités chinoises pour acheter des obligations d'Etat pour 65 milliards de yuans, soit environ 10,3 milliards de dollars", a expliqué, mardi 13 mars, le ministre des finances nippon, Jun Azumi, lors d'une conférence de presse.

Le montant annoncé semble peu important mais témoigne d'une volonté de renforcer la coopération entre les deux pays. "C'est symbolique, le Japon montre qu'il soutient la croissance de la Chine", estime Akio Takahara, professeur de politique chinoise à l'université de Tokyo. Cet achat entre dans le cadre d'une série d'accords financiers conclus entre Tokyo et Pékin à la fin de décembre, à l'occasion d'un sommet entre les premiers ministres nippon, Yoshihiko Noda, et chinois, Wen Jiabao.

A la suite de cette rencontre, les autorités japonaises ont formellement demandé la permission de pouvoir acheter des obligations du gouvernement chinois à Pékin, qui vient de donner son feu vert.

Contrairement à d'autres pays, la Chine n'autorise pas les investisseurs à acheter librement sa dette et ne délivre ce droit que par autorisation spéciale, qu'aucune puissance économique majeure n'avait obtenue jusque-là. Assises sur de colossales réserves de changes, Pékin et Tokyo ont observé avec inquiétude les développements de la crise d'endettement européenne. Les deux principaux détenteurs de titres de la dette américaine tentent désormais de diversifier leur portefeuille.

La Chine a ravi au Japon la place de deuxième économie mondiale en 2010, mais l'archipel profite grandement de la croissance de son voisin, qui assure d'importants débouchés à ses entreprises.

Les accords nippo-chinois de décembre ont pour objectif de développer l'usage de leur monnaie respective, le yen et le yuan, dans les transactions commerciales et les investissements entre les deux pays, au lieu de passer par le dollar comme actuellement (60 % des échanges sino-japonais utilisent le billet vert). Utiliser directement leur monnaie respective permettra aux entreprises chinoises et japonaises de réduire leurs coûts et de se prémunir des aléas monétaires liés aux fluctuations de la devise américaine. Pékin et Tokyo y voient une garantie de stabilité financière pour la région asiatique.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 14 Mars 2012 00h48
Terres rares: pourquoi l'Occident attaque la Chine

Par Sébastien Julian - publié le 13/03/2012 à 18:31

s : http://lexpansion.lexpress.fr/economie/terres-rares-pourquoi-l-occident-attaque-la-chine_287317.html#xtor=AL-189


La Chine, qui réalise plus de 90% de la production mondiale, a décidé de réduire ses exportations. Résultat: les prix flambent, ce qui a poussé l'Europe, les Etats-Unis et le Japon à l'attaquer à l'OMC. Les clés pour comprendre ce conflit.


Une fois de plus, c'est l'union sacrée contre la Chine. L'Union européenne, les Etats-Unis et le Japon s'aprêtent à déposer devant l'OMC une plainte contre l'Empire du Milieu au sujet de ses exportations de terres rares, des minerais jujés indispensables à l'industrie. Le président américain Barack Obama a pris lui même la parole aujourd'hui, accusant la Chine de violer les règles du commerce international en imposant des restrictions à ses exportations de terres rares. "Si la Chine laissait tout simplement le marché fonctionner par lui-même, nous n'aurions aucune objection, mais sa politique empêche actuellement cela et va à l'encontre des règles que la Chine a accepté de suivre", a-t-il déclaré lors d'une intervention retransmise en direct à la télévision. L'Expansion.com passe en revue les points clés de ce contentieux.

Les terres rares, c'est quoi ?
Il s'agit de 17 métaux aux noms obscurs, mais aux propriétés uniques. Un petit marché de 130.000 tonnes annuelles, qui permet de fabriquer des moteurs d'éoliennes, des batteries d'automobiles, des écrans LCD, ou des lampes basse consommation. Pour chacun de ces produits, les quantités de terres rares utilisées sont négligeables, mais sans le cérium ou le lithium, par exemple, il n'est pas possible de fabriquer les éoliennes ou des téléphones portables.

Pourquoi la Chine domine-t-elle le marché ?
Parce que l'empire du milieu réalise plus de 90% de la production mondiale, alors qu'elle représente moins de 40% des réserves. Comment cela est-il possible ? La Chine a profité de la faiblesse de ses coûts de production mais aussi de son désintérêt pour l'environnement pour extraire un maximum de terres rares et dominer le marché en cassant les prix. "Durant les dernières décennies, l'exploitation des terres rares a été excessive à cause de l'absence d'une stratégie de développement durable. Ces métaux "étaient vendus à des prix très bas, et de graves problèmes environnementaux étaient apparus en de nombreux endroits"", confirme l'agence Chine nouvelle dans un communiqué récent.

Aujourd'hui Pékin utilise l'argument de l'environnement pour limiter la production. En février, le gouvernement chinois a indiqué vouloir renforcer l'utilisation des terres rares pour sa propre industrie. En 2010, déjà, la Chine avait déjà décidé de réduire ses quotas de production de 40%. Cette nouvelle politique de l'Empire du Milieu fait flamber les prix. Fin 2011, les cours des terres rares affichaient des hausses comprises entre 500 et 2000 % sur un an, selon une enquête de L'Expansion. En 2012, on peut s'attendre à une nouvelle flambée. D'autant que la Chine ne respecte pas ses engagements. L'an dernier elle a fixé ses quotas d'exportation à 30.000 tonnes. Or les exportations ont à peine atteint la moitié du chiffre annoncé.

Y a-t-il une solution pour calmer les prix ?
Pas à court terme. Certes certaines terres rares sont plus abondantes que l'argent ou le cuivre. Le problème est qu'elles sont souvent présentes en très faible concentration dans les gisements, et associés parfois à des éléments radioactifs. Bien sûr, avec la hausse des cours, l'exploitation de nouveaux gisements devient économiquement rentable. Rhodia a ainsi passé un accord avec le minier Lynas pour l'exploitation de terres rares en Australie. D'autres projets émergents dans les pays où il existe des réserves (Inde, Brésil, ex URSS, etc). Mais il faudra du temps pour que cette offre pèse sur le marché. Au final, il va donc falloir apprendre à économiser les terres rares, ou à les recycler, même si c'est extrêmement coûteux, explique Chloé Depigny, consultante chez SIA-Conseil.

Le consommateur va-t-il payer les pots cassés ?
Pas de panique pour les possesseurs de smartphones. Le prix de leur appareil de va pas souffrir à court terme de la flambée du prix des terres rares. Celles-ci sont en effet utilisées en très petites quantités. A plus long terme en revanche, une flambée incontrôlable du prix des terres rares est envisageable. La Chine pourrait très bien décider de ne plus exporter la majorité de ses ressources, ce qui mettrait l'ensemble de l'industrie mondiale en difficulté. La spéculation pourrait aussi déstabiliser le marché des terres rares. Elle l'a déjà fait pour le Paladium. "Il n'y a pas si longtemps, des fonds se sont mis à acheter des stocks physiques de ce métal pour les revendre plus tard avec des bénéfices", rappelle Chloé Depigny. La rareté engendrée par ces fonds a fait flamber les prix. Les pays occidentaux voudraient bien faire en sorte que ce scénario ne s'applique pas aux terres rares.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 01h08
Pourquoi la Chine restreint ses exportations de terres rares


Le Monde.fr | 14.03.12 | 13h01 • Mis à jour le 14.03.12 | 15h01


Les États-Unis, l'Union européenne et le Japon ont porté plainte, mardi 13 mars, contre la Chine auprès de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour ses pratiques "déloyales" sur les exportations de métaux appelés "terres rares".

Les États-Unis ont requis de l'OMC des "consultations" avec Pékin concernant les restrictions imposées sur le commerce international "des terres rares", ces 17 métaux indispensables à la fabrication de nombreux produits de haute technologie : ampoules basse consommation, disques durs, téléphones portables, éoliennes, voitures hybrides... Les terres rares sont également des composants essentiels de l'industrie de la défense, ce qui inquiète particulièrement les Etats-Unis.

En 2009, les Etats-Unis, l'Union européenne et le Mexique avaient déjà déposé plainte contre la Chine à l'OMC pour entrave à l'exportation sur plusieurs produits miniers. Le 1er février dernier, le géant asiatique, qui avait été jugé coupable en 2011, a vu sa condamnation confirmée en appel, ce qui a incité les pays gros consommateurs à s'attaquer, cette fois, aux terres rares.

DES RAISONS ÉCOLOGIQUES ET STRATÉGIQUES

Depuis 2006-2007, la Chine a en effet intensifié le contrôle sur la production de ces métaux si précieux. D'abord pour des raisons écologiques : leur exploitation est très polluante, elle libère des matières radioactives et de l'acide. "Pendant trente ans, la Chine ne s'est pas souciée des conséquences environnementales, mais depuis quelques années, la situation évolue, et les autorités sont en train de mettre en place des normes encadrant cette industrie", estime John Seaman, chercheur à l'Institut français des relations internationales, spécialiste de la politique énergétique en Chine et des terres rares.

"Mais les raisons principales de ce resserrement des exportations sont stratégiques. Le dernier plan quinquennal chinois montre une très forte volonté de développer des industries de plus en plus sophistiquées, des produits à haute valeur ajoutée", analyse Christian Hocquard, spécialiste des terres rares au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

La Chine se considère trop dépendante aux exportations, elle veut favoriser sa consommation intérieure, qui ne représente que 30-40 % de son PIB (contre 70 % aux Etats-Unis). Et la pression de la société chinoise pour que les salaires augmentent est forte.

95% DU MARCHÉ JUSQU'EN 2015

"Les Chinois ne veulent pas augmenter la production de terres rares, or ils prévoient d'en consommer une part croissante. Les quantités disponibles pour l'exportation vont donc diminuer, analyse Christian Hocquard. Il n'y aura peut-être plus d'entrave à l'exportation, puisqu'il n'y aura plus d'exportation. La procédure de l'OMC va durer des années, et la Chine pourra encore faire appel. D'ici là, peut être que la plainte n'aura même plus lieu d'être", estime l'économiste.

"Il y a des réserves de terres rares un peu partout dans le monde, mais seuls les Chinois ont compris l'importance de ces matériaux, et ce dès les années 1980", estime John Seaman. Les autres pays ayant des réserves ont longtemps considéré qu'il était moins cher – et moins polluant – de se fournir en Chine.

Or, la chaîne de production est longue à développer : il faut réaliser des études géologiques, mettre en place les règles environnementales, etc. En 2012, seules deux nouvelles mines devraient ouvrir, une en Australie et une aux Etats-Unis, mais aucune des deux ne va produire les 17 métaux des terres rares. Elles ne produiront que les composants les plus légers, qui sont les plus communs. Jusqu'en 2015, la Chine jouira ainsi d'un quasi-monopole, avec un tiers des réserves accessibles et plus de 95 % du marché.

>>> Lire le post de blog "Le recyclage des terres rares, un enjeu stratégique"

Anne-Gaëlle Rico

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 01h09
Le premier ministre chinois pointe le besoin urgent de réformes

Le Monde.fr avec AFP | 14.03.12 | 12h23


Le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a insisté, mercredi 14 mars, sur l'"urgence" de réformes politiques au sommet de l'Etat et du Parti communiste, afin de poursuivre le développement de la deuxième économie mondiale. "Il nous faut aller de l'avant à la fois dans nos réformes structurelles économiques et politiques, en particulier la réforme de notre système de gouvernance de notre parti et de notre pays", a déclaré Wen Jiabao à l'issue de la session plénière annuelle du Parlement. C'est une "tâche urgente", a ajouté le plus "réformiste" des dirigeants, lors d'une conférence de presse de trois heures au Grand Palais du peuple, place Tiananmen, au cœur de Pékin.

M. Wen, le plus populaire des dirigeants, se pliait pour la dernière fois à cet exercice rare et emblématique alors qu'il vient d'entamer sa dernière année de mandat. Une "tragédie historique comme la Révolution culturelle pourrait se reproduire" en Chine si des réformes politiques et économiques ne sont pas mises en œuvre, a martelé le premier ministre. "Si la réforme politique n'aboutit pas, la réforme économique ne pourra pas être menée à bien" et "les problèmes apparus dans la société ne pourront pas être fondamentalement résolus", a-t-il aussi averti, après avoir évoqué les disparités criantes de revenus et la corruption endémique.

"DÉMOCRATISER AU NIVEAU LOCAL"

Ces dernières années, Wen Jiabao a appelé à plusieurs reprises à des réformes politiques, sans en préciser les contours. Des analystes et commentateurs ont relevé que ces déclarations, qui laissaient espérer davantage de libertés pour le peuple, étaient loin de s'être matérialisées. Alors qu'un scrutin municipal inédit s'est déroulé ce mois-ci dans une bourgade du sud du pays, où les habitants ont voté librement quelques semaines après s'être rebellés contre leurs cadres communistes corrompus, M. Wen a assuré que la Chine pourrait se démocratiser peu à peu à travers des expériences au niveau local.

"Si le peuple est capable d'administrer un village, alors il peut administrer les affaires d'une commune et d'un district, donc nous devons encourager le peuple à poursuivre avec audace sur cette voie en lui permettant de se roder", a assuré le premier ministre. "Nous sommes persuadés que la démocratie à la chinoise va continuer à progresser en ligne avec le développement du pays, c'est un processus qu'on ne peut stopper", a-t-il poursuivi, alors que le Parti communiste règne sans partage depuis plus de soixante ans.

Dans le même ordre d'idée, il a assuré qu'il fallait répondre aux aspirations démocratiques qui se sont manifestées lors du Printemps arabe. "Les aspirations à la démocratie des populations arabes doivent être respectées et obtenir une vraie réponse. Et je pense que cette évolution vers la démocratie ne peut être jugulée par aucune force", a déclaré M. Wen. Interrogé sur la situation en Syrie, le chef du gouvernement a toutefois rappelé la position de Pékin qui prône une solution politique de cette crise et refuse toute intervention étrangère.


Wen Jiabao :

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 01h12
Le yuan s'internationalise à petits pas

Le Monde | 14.03.12 | 10h23



Le montant est faible, mais à haute valeur symbolique. Le Japon a indiqué, mardi 13 mars, qu'il finalisait l'achat d'obligations d'Etat chinoises, conformément à des accords paraphés fin décembre 2011.
Certes, cette acquisition, qui s'élèvera au maximum à 10,3 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros), ne représente que 0,53 % des 1 900 milliards de dollars de dette publique de l'Etat central chinois (27 % du produit intérieur brut). Mais, pour la première fois, une grande puissance étrangère investit dans des obligations d'Etat libellées en yuans. "C'est un signe d'autant plus fort que la Chine et le Japon sont les deux premiers pays détenteurs de bons du Trésor américains", note Xu Bei, économiste chez Natixis.

Cette opération marque une étape de plus dans le processus d'internationalisation de la monnaie chinoise, également appelée "renminbi". "Pour que le yuan parvienne au statut de devise de réserve, il est essentiel que les banques centrales clés considèrent les actifs en renminbi comme une des composantes fondamentales de leurs portefeuilles", explique Donna Kwok, économiste de la HSBC.

"Ce ne sont plus seulement les pays émergents, mais également les pays développés qui cherchent désormais des actifs en yuans", constate Ma Jun, chef économiste de la Deutsche Bank en Chine.

OBLIGATIONS "DIMSUM"

Depuis 2009, Pékin a multiplié les petits pas pour que l'utilisation du yuan ne soit plus seulement circonscrite à l'intérieur de ses frontières ou aux zones frontalières. La Chine a d'abord permis peu à peu à ses entreprises d'utiliser le yuan lors de transactions commerciales avec des sociétés étrangères. Le montant des transactions de commerce extérieur réglées en yuans est ainsi passé de 18 milliards de yuans (2,18 milliards d'euros) au premier trimestre 2010 à 539 milliards lors des trois derniers mois de 2011, selon Natixis.

Parallèlement, Pékin s'est attaché à développer l'utilisation d'un yuan offshore depuis Hongkong. D'abord en permettant à des non-résidents d'ouvrir des comptes en yuans dans certaines banques, ensuite en développant un marché obligataire où les sociétés peuvent emprunter des fonds dans la devise chinoise à travers des obligations baptisées "dimsum", du nom des raviolis.

Une possibilité qui séduit les entreprises étrangères : après McDonald's, en août 2010, ont suivi l'américain Caterpillar, le britannique Tesco, le français Air liquide ou, début mars, le groupe Alstom. Cette diplomatie du yuan est censée réduire l'hyperdépendance du pays au dollar, fragilisé par les déficits chroniques de Washington et la politique monétaire très accommodante de la Réserve fédérale américaine. "L'idée des Chinois n'est pas de remplacer le dollar au niveau mondial, mais de faire en sorte que l'Asie devienne une zone où les Etats-Unis aient moins d'importance et où la Chine joue un rôle pivot", note Michel Aglietta, professeur à Paris-X Nanterre.

Reste que Pékin n'est pas disposé à lever les barrières aux flux de capitaux, de peur de voir arriver massivement et soudainement des liquidités déstabilisatrices. Pour conserver un levier sur les exportations, l'Etat ne laisse pas non plus fluctuer librement le yuan, pourtant un paramètre incontournable pour qu'une devise obtienne le statut de grande monnaie internationale. A fortiori alors que la demande mondiale ralentit et que les hausses de salaires rendent l'économie chinoise moins compétitive.

Selon l'assureur-crédit Coface, l'excédent commercial du pays devrait tomber à 2,5 % du PIB en 2012 et 1,5 % en 2013, après 3,9 % en 2011. La Chine a d'ailleurs enregistré un déficit commercial de 31,5 milliards de dollars en février, un record depuis l'entrée de la Chine dans l'OMC en 2001.

La banque centrale ne tolère donc qu'un flottement de 0,5 % par rapport au taux-pivot qu'elle établit tous les jours pour le yuan, même si la devise s'est appréciée de 30 % face au dollar depuis 2005, quand Pékin a décidé de ne plus indexer sa devise sur le billet vert.

"Les autorités chinoises restent encore prises en étau entre les préoccupations à court terme, comme les risques sociaux, et le besoin de rééquilibrer à long terme l'économie, qui exige une appréciation importante du yuan", juge Constance Boublil, économiste Asie à la Coface.

Depuis début janvier, le yuan n'a d'ailleurs guère progressé face au dollar. HSBC table ainsi sur une appréciation limitée de 3 % en 2012. Le premier ministre, Wen Jiabao, a pour sa part jugé, mercredi à l'issue de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, que le renminbi est désormais "proche de son niveau d'équilibre".

Le gouverneur de la banque centrale, Zhou Xiaochuan, avait fait le même constat lundi, et conclu qu'il appartiendrait à la Banque populaire de Chine, une fois cet équilibre atteint, de réduire ses interventions "de façon ordonnée".

Clément Lacombe et Harold Thibault (à Shanghaï)
Article paru dans l'édition du 15.03.12

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 09h15
Limogeage de Bo Xilai, qui aspirait à diriger la Chine

publié le 15/03/2012 à 06:34, mis à jour à 07:58

s : http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/limogeage-de-bo-xilai-qui-aspirait-a-diriger-la-chine_1093714.html


PEKIN - Bo Xilai, chef charismatique mais controversé du Parti communiste de la mégapole de Chongqing, étiqueté conservateur, a été limogé, a annoncé jeudi l'agence Chine nouvelle, alors qu'il aspirait à devenir membre du cénacle des plus hauts dirigeants chinois cet automne.
Bo Xilai avait été fragilisé en février par la chute de son adjoint, Wang Lijun, sanctionné après sa rocambolesque visite dans un consulat américain où il aurait tenté d'obtenir l'asile politique. L'agence officielle a également officialisé jeudi le limogeage de Wang de ses fonctions de maire-adjoint de Chongqing (sud-ouest).
La chute de Wang avait été perçue par les analystes comme le signe que la carrière nationale de Bo Xilai, qui ambitionnait de devenir l'un des membres du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) -- neuf actuellement -- était fortement compromise.
Son limogeage au lendemain de la clôture de la session plénière annuelle du parlement, un temps fort de la vie politique chinoise, n'en constitue pas moins une "surprise", selon un diplomate occidental en poste à Pékin.
"On pensait qu'il n'aurait aucune chance de rentrer au comité permanent, mais que d'ici là (le congrès du Parti communiste à l'automne: ndlr), pour calmer le jeu, on le laisserait à son poste", a-t-il déclaré à l'AFP.
Il y a une semaine, Bo avait été absent d'une session parlementaire consacrée à la réforme du code de procédure pénale, où se trouvaient les autres membres du Bureau politique, dont il fait partie. Il avait justifié cette absence par une grippe.
Il a été remplacé par Zhang Dejiang, un vice-Premier ministre réputé conservateur plus orthodoxe. Le changement d'hommes a été décidé "après mûre réflexion" par le Comité central du PCC, a précisé Chine nouvelle.
Ce limogeage emblématique intervient alors que l'équipe au pouvoir à Pékin doit être remplacée par des dirigeants plus jeunes lors du XVIIIe congrès du Parti en octobre, une transition politique qui s'accompagne de luttes intenses en coulisse pour les postes clés au sommet.
Les observateurs s'interrogeaient jeudi pour savoir si le limogeage de Bo Xilai allait bénéficier aux conservateurs ou aux réformateurs.
"Est-ce que cela veut dire que Xi Jinping (le probable futur numéro un chinois) va épouser les réformes de Wen Jiabao (l'actuel Premier ministre) et accélérer le processus de réformes politiques ' C'est trop tôt pour le dire", estime Jean-Pierre Cabestan, directeur du département d'études politiques de la Hong Kong Baptist University.
Bo Xilai est connu pour avoir été le maître d'oeuvre de la spectaculaire transformation de Chongqing, municipalité-laboratoire de 33 millions d'habitants avec en son centre une ville de 12 millions d'habitants, l'une des cinq plus grandes de Chine, devenue sous la direction de Bo un pôle économique majeur.
Cet ancien ministre du Commerce, qui a mené une vigoureuse campagne antimafia dans son fief, est aussi réputé pour avoir souhaité faire revivre à Chongqing l'idéal révolutionnaire, plus de 30 ans après la mort de Mao Zedong.
Cette campagne contre le crime organisé, assortie de nombreuses exécutions, lui a valu un grand nombre d'ennemis.
"Sa campagne antimafia a été extrêmement féroce et s'est faite au mépris des règles juridiques, y compris en Chine", observe M. Cabestan.
Cette lutte était notamment menée par Wang Lijun, que Bo a cherché à protéger jusqu'au bout, en le faisant transférer "du poste-clé de responsable de la Sécurité publique à un poste moins important du gouvernement (de Chongqing), celui de responsable de l'Education et de la culture. Il l'a conservé sous son aile, il l'a protégé et cette décision l'a condamné", selon le politologue.
Son style atypique dérangeait également.
"Il est très ouvert, a beaucoup de confiance en lui et est charismatique, ce n'est pas comme cela que la plupart des dirigeants chinois se comportent", relève Patrick Chovanec, un analyste qui enseigne à l'Université Tsinghua de Pékin.
"Bo Xilai a toujours mis mal à l'aise une grande partie de la direction. Ils prenaient ombrage de sa manière de faire campagne pour un siège au comité permanent" notamment en courtisant la presse, ajoute M. Chovanec.

Par AFP

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 09h21
Tennis: "je ne suis pas raciste", assure Llodra

INDIAN WELLS (Etats-Unis) (AFP) - Le Français Michaël Llodra s'est excusé mercredi sur son site internet pour les propos qui lui ont valu 2500 dollars (environ 1900 euros) d'amende lors du tournoi d'Indian Wells.

Llodra, 41e mondial, avait été sanctionné pour "abus verbal" et "obscénité audible" par l'ATP, l'organe qui gère le circuit mondial masculin de tennis, pour avoir prononcé les mots "Fucking Chinese" à l'endroit d'une supportrice américaine de type asiatique du Letton Ernests Gulbis, qu'il avait battu au 1er tour.

"Je souhaiterai m'expliquer sur la polémique et certifier par dessus tout que je ne suis bien entendu pas raciste. Toutes les personnes qui me connaissent personnellement le savent très bien", écrit le Français sur son site internet dans un article intitulé: +Je tiens à m'excuser!+.

"Sur un terrain, parfois, lorsque les choses ne se passent pas exactement comme je l'envisage, mon agacement me fait commettre (sic) des jurons bêtes, ajoute-t-il. Un sportif de haut niveau qui a valeur d'exemple ne peut pas dire tout ce qui lui passe par la tête, encore moins lorsqu'il s'agit de jurons."

"Mon immense frustration m'a fait déraper par les mots", écrit le Parisien. "Je tiens vraiment à m'excuser d'avoir pu blesser la communauté chinoise."

Les propos du Français, qui avait abandonné au 2e tour, avaient été répercutés sur Twitter par un journaliste assis au bord du court.

Llodra, 31 ans et tenant du titre du tournoi de Pékin en double avec le Serbe Nenad Zimonjic, avait présenté ses excuses auprès d'un journaliste chinois présent à Indian Wells, qui l'interrogeait sur le sujet. Mais selon le New York Times, il les aurait maladroitement exprimées, disant notamment qu'il "pouvait tout à fait faire l'amour avec une Chinoise".

En mai à Roland-Garros, Llodra s'était plaint des déplacements intempestifs d'une hôtesse en tribune lors d'un match et avait dit à l'arbitre marocain Mohammed El Jennati: "On n'est pas au souk ici, on ne vend pas des tapis sur un marché". Le Français avait démenti toute intention raciste. "Mohammed est un copain, on rigole ensemble. J'ai l'habitude de lui sortir ça depuis que j'ai fait un tournoi à Casablanca où c'était vraiment le +bordel+ !", avait-il expliqué à l'AFP. "Je voulais juste lui dire qu'il n'avait pas fait son job en n'intervenant pas (pour régler cette situation)".

© 2012 AFP

s : http://www.liberation.fr/depeches/01012396100-tennis-je-ne-suis-pas-raciste-assure-llodra

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 09h23
"Putain de chinoise" : Llodra se justifie... mal

15/03/2012 | ALC.

Non, Michael Llodra n'est pas raciste.

Le tennisman français a lancé un "putain de chinoise" à une américaine d'origine asiatique (coréenne, en réalité) en plein match à Indian Wells. Il a écopé d'une amende de 2500 dollars, infligée par l'ATP pour violence verbale. La spectatrice insultée, à qui le Français reprochait de soutenir un peu trop fort son adversaire, voudrait que cette sanction soit assortie d'une suspension internationale.

Mais Llodra a tenu à se justifier, auprès d'un média chinois, Sina.com, rapporte le New York Times , qui raconte longuement les frasques du joueur. "J'aime la Chine - j'ai très envie de faire l'amour à une chinoise", aurait-il déclaré avant d'être coupé par un officiel de l'ATP.

Pas raciste, peut-être, mais pas très fin non plus.

...
s : AujourdhuiChine

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 09h32
Chine : l'ascension brisée de Bo Xilai

Le Monde.fr avec AFP et AP | 15.03.12 | 06h57 • Mis à jour le 15.03.12 | 07h46


Bo Xilai, chef charismatique mais très controversé du Parti communiste de la municipalité autonome de Chongqing, l'une des plus grosses villes de Chine, a été limogé, annoncé l'agence Chine nouvelle.

Bo Xilai a été remplacé par Zhang Dejiang, un vice-premier ministre réputé conservateur. La décision de le nommer a été prise par le Comité central du Parti communiste chinois (PCC), a précisé Chine nouvelle au lendemain de la fin de la session plénière annuelle du Parlement.

Ce limogeage emblématique intervient alors que l'équipe au pouvoir à Pékin doit être remaniée à l'automne prochain, une transition politique qui s'accompagne de luttes intenses en coulisse pour les postes-clés au sommet.



Bo Xilai, 62 ans, ancien ministre du commerce connu pour ses ambitions politiques, espérait intégrer le comité permanent du bureau politique, saint des saints de la politique chinoise, dont la composition sera connue à l'automne lors de XVIIIe congrès du Parti communiste. Il était dans la tourmente, à la suite de la fuite en février de son bras droit Wang Lijun, super-flic de Chongqing qui avait pris brusquement la fuite pour trouver mystérieusement refuge dans le consulat américain de Chengdu. L'affaire, qui a provoqué une tempête politique, avait été largement commentée sur Weibo – le Twitter chinois –, certains affirmant qu'elle handicapait désormais ses chances d'ascension.

Bo Xilai est connu pour avoir été le maître d'œuvre de la spectaculaire transformation de Chongqing, ville-laboratoire de 33 millions d'habitants devenue un pôle économique majeur de la Chine et parfois présentée comme la plus grande mégalopole du monde. Il a mené une vigoureuse campagne antimafia dans son fief, est aussi réputé pour avoir souhaité faire revivre à Chongqing l'idéal révolutionnaire, plus de 30 ans après la mort de Mao Zedong.

Vendredi dernier, lors d'une conférence de presse au Parlement ayant rencontré un énorme écho en Chine vu les spéculations sur son sort, Bo Xilai avait balayé les "rumeurs" selon lesquelles il serait en disgrâce à Pékin. La veille, il avait été absent d'une session parlementaire où se trouvaient les autres membres du bureau politique du PCC, dont il fait partie. Il avait justifié cette absence au motif qu'il se sentait grippé.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 15 Mars 2012 09h38
Des fossiles révèlent l'existence d'une espèce humaine jusque-là inconnue

Le Monde.fr avec AFP | 14.03.12 | 18h29 • Mis à jour le 15.03.12 | 09h25


Les ossements fossilisés des trois individus découverts en 1989 dans la grotte du Cerf rouge, en Chine, appartiennent-ils à une espèce humaine jusque-là inconnue ? C'est ce que laissent penser les conclusions d'une étude menée par une équipe internationale de paléoanthropologues et publiée mercredi 14 mars dans la revue scientifique américaine PloS One. Les restes datés de l'âge de pierre et dotés de caractéristiques anatomiques humaines très variées apportent un éclairage rare sur une étape de l'évolution humaine et le début du peuplement de l'Asie.

D'après les chercheurs, ces hommes auraient vécu entre 14 500 à 11 500 ans avant notre ère. Le groupe est donc contemporain des hommes modernes du tout début de l'agriculture en Chine, l'une des plus anciennes du monde. Les paléoanthropologues, dirigés par les professeurs Darren Curnoe, de l'université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, et Ji Xueping, de l'Institut d'archéologie du Yunnan en Chine, se montrent cependant très prudents quant à la classification de ces fossiles, en raison de la mosaïque rare des traits anatomiques qu'ils révèlent.

LE "PEUPLE DU CERF ROUGE" ÉTUDIÉ DEPUIS 2008

"Ces nouveaux fossiles pourraient bien être ceux d'espèces inconnues jusqu'alors, ayant survécu jusqu'à la fin de l'âge glaciaire, il y a environ 11 000 ans, relève le professeur Curnoe. Ils pourraient bien aussi descendre de peuplades d'humains modernes inconnues auparavant qui auraient émigré d'Afrique beaucoup plus tôt et qui n'auraient pas contribué génétiquement aux populations actuelles."

Les restes fossilisés ont été mis au jour par des archéologues dans la grotte de Maludong – grotte du Cerf rouge en Chinois –, située près de Mengzi, dans la province du Yunnan. Ils ont commencé à être étudiés en 2008 par une équipe de six chercheurs chinois et de cinq australiens.

Bien que l'Asie compte aujourd'hui plus de la moitié de la population du globe, les paléoanthropologues savent peu de choses de la manière dont les humains modernes y ont évolué après que leurs ancêtres se furent installés en Eurasie il y a 70 000 ans. "La découverte de ces nouveaux humains baptisés 'peuple du cerf rouge' – qu'ils chassaient pour se nourrir – ouvre le prochain chapitre dans l'histoire de notre évolution, celui de l'Asie, et cette histoire n'en est qu'à ses débuts", juge le professeur Curnoe.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 18 Mars 2012 23h57
Un lexique culinaire pour mieux manger

Lorsque vous demandez à quelqu'un qui compte pour vous de sortir avec vous, vous choisissez sans aucun doute soigneusement un restaurant chic, vous réservez une table près de la fenêtre et vous espérez une belle soirée.

Ensuite, tout semble annoncer une atmosphère romantique, du moins jusqu'à ce qu'un serveur vous demande poliment : « Voulez-vous essayer nos 'tranches de poumon mari et femme' ? C'est la spécialité du jour ».

« C'est l'un des termes culinaires chinois les plus horriblement traduits. J'ai entendu beaucoup de mes amis étrangers se plaindre à ce sujet », a dit Chen Lin, professeur à l'Université des langues étrangères de Beijing.

« Si vous vous fiez au seul nom, vous ne saurez pas ce qu'il y a dans le plat, et vous n'oserez certainement pas essayer ».

Ce plat, en chinois Fuqi feipian, en effet littéralement « tranches de poumon mari et femme », est en fait composé de fines tranches de viande et de langue de bœuf dans une sauce au piment, un plat froid célèbre dans la Province du Sichuan.

Des traductions similaires de plats chinois ont dérouté les touristes étrangers venant à Beijing pendant des années. Mais aujourd'hui, le bureau municipal des affaires étrangères tente de mettre fin à ce désordre en publiant un opuscule sur la traduction des plats en anglais. Chen Lin, chef du comité d'experts qui a écrit le livre, a dit que c'était un nouvel effort destiné à promouvoir la culture chinoise.

« La cuisine chinoise est une partie importante de la culture chinoise, et les plats chinois sont devenus populaires dans le monde entier ces dernières années, il est donc grand temps pour nous de standardiser la traduction, de nommer précisément les ingrédients, la façon dont c'est cuisiné et le contenu culturel », a dit M. Chen.

Selon M. Chen, certains plats ont une histoire derrière leurs noms. Ainsi du poulet kung pao (宫保鸡丁), par exemple. « Kung Pao » était un titre officiel durant la dynastie des Qing (1644-1911), et l'inventeur du plat, Ding Baozhen (1820-1886) était titulaire de ce titre. Et c'est ainsi que son titre a été utilisé pour baptiser le plat.

« Dans le livre, nous conservons autant que possible les informations historiques, de sorte que les histoires qui sont derrière les noms seront complètes », a dit M. Chen.

Le gouvernement municipal de Beijing a tenté de réglementer les menus en anglais des restaurants depuis 2006. Cette année-là, le gouvernement a publié sa première traduction officielle et l'a distribuée aux restaurants, sans que cependant son utilisation soit obligatoire.

En 2008, pour améliorer le service pour les visiteurs étrangers, le gouvernement a encouragé la traduction des menus dans plus de 1 300 restaurants situés à proximité des sites olympiques.

Selon des documents écrits publiés par le China Daily, le bureau des affaires étrangères a modifié l'ancienne version, et a ajouté 310 nouveaux plats et davantage de photos dans le nouveau guide, mais son utilisation n'est toujours pas obligatoire.

Zi Yunxiao, responsable des communications de l'hôtel Westin, à Beijing, dit que cette traduction standard sera une bonne référence pour son établissement.

« Toutefois, nous n'utiliserons pas toutes les traductions, parce que notre chef créée parfois de nouveaux plats, ce qui fait que nous devons donc penser parfois à des noms différents », a dit M. Zi.

« Je pense que ce guide pourrait être d'une grande aide pour les personnes qui ne parlent pas bien chinois, comme moi », a déclaré Olinkend K.R. Green, un jeune Canadien âgé de 21ans.

« Quand je vais dans un restaurant chinois, je trouve parfois les noms un peu compliqués, et ce ne sont pas tous les restaurants qui disposent d'un menu en anglais. Je dois donc regarder le tableau dans le menu pour deviner ce qui est dans le plat, et dire au serveur, je veux ceci, ceci et cela ».

Le nom de plat qui a attiré le plus d'attention des internautes chinois est le tongziji (littéralement « bébé poulet »), qui a été mal traduit en « poulet sans vie sexuelle » sur les menus de certains restaurants. Le guide l'a baptisé « poulet printanière ».

Les internautes chinois ont été fascinés par ce nom. Mercredi après-midi, il y avait en effet 22 377 messages sur ce sujet sur Sina Weibo, l'équivalent chinois de Twitter.

« Il serait bon que chaque restaurant utilise la même orthographe, ainsi vous serez en mesure d'obtenir le plat que vous voulez », a déclaré Simon Betz, un jeune Allemand âgé de 23 ans.

« Mais je pense que c'est est aussi assez drôle de laisser les restaurants décider de la façon dont ils veulent nommer les plats. Vous ne trouvez pas ça cool qu'un jour vous commanderez peut-être un 'poulet sans vie sexuelle' quelque part ? »

Voici quelques exemples de mauvaises traductions et de traductions officielles :

- Tongziji (童子鸡). Mauvaise traduction : Poulet sans vie sexuelle. Officielle : Poulet printanière.

- Hongshao shizitou (红烧狮子头). Mauvaise traduction : Tête de lion brûlée rouge. Officielle : Boulettes de viande de porc braisées à la sauce brune.

- Fuqi feipian (夫妻肺片). Mauvaise traduction : Tranches de poumon mari et femme. Officielle : Tranches de viande et de langue de bœuf à la sauce pimentée.

- Mapo doufu (麻婆豆腐). Mauvaise traduction : Tofu de la vieille aux taches de rousseur. Officielle : Mapo tofu (tofu sauté à la sauce piquante et épicée)

- Ludagunr (驴打滚儿). Mauvaise traduction : Ane roulant. Officielle : Ludagunr (petits pains de riz gluant farcis à la pâte de haricots rouges)

- Muxurou (木须肉). Mauvaise traduction : Viande à la moustache de bois. Officielle : Porc Muxu (sauté de porc en tranches, avec œufs et champignons noirs).

s : http://french.peopledaily.com.cn/Tourisme/7760542.html


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Fuqi feipian (夫妻肺片). Mauvaise traduction : Tranches de poumon mari et femme. Officielle : Tranches de viande et de langue de bœuf à la sauce pimentée.
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Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 18 Mars 2012 23h58
Le Parti communiste secoué par la chute d’un prétendant

L'éviction du "parrain" de Chongqing marque un règlement de comptes entre factions rivales. Elle témoigne aussi que le duo formé par le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao tient fermement la barre.

16.03.2012 | Zhang Zhulin | Courrier international


"Le comité du Parti communiste chinois et le gouvernement de Chongqing doivent réfléchir et tirer sérieusement les leçons de l'affaire Wang Lijun [chef de la police et ex-bras droit de Bo Xilai, secrétaire tout puissant du Parti communiste de la ville-province du sud-ouest, qui s'était "enfui" en février au consulat américain de la ville voisine de Chengdu]." La déclaration du Premier ministre Wen Jiabao, lors de sa longue conférence de presse tenue mercredi dernier au terme de la session des deux assemblées chinoises, n'est pas passée inaperçue. En se montrant éminemment et publiquement sévère sur ce dossier, il a aussi sonné l'hallali de Bo Xilai et annoncé indirectement qu'un séisme politique intervenait en Chine.

Le limogeage de Bo Xilai, annoncé ensuite par une dépêche de l'agence officielle Xinhua, "montre que la paire composée du président Hu Jintao et de son premier ministre Wen Jiabao n'est pas en position de faiblesse, mais que les perspectives quant à la réforme politique en Chine ne sont guères optimistes", analyse Jin Zhong, rédacteur en chef du magazine Kaifang de Hong Kong, sur le site d'information taïwanais Lianhe Xinwen Wang.

Li Feng, secrétaire général du Centre de recherche sur l'Asie-Pacifique de Hongkong estime, dans un point de vue donné au journal de Taïwan Wangbao, qu'"il est trop tôt pour dire que l'avenir de Bo Xilai s'arrêtera là". "L'article du site de l'agence officielle Xinhua, l'appelle toujours 'camarade'", relève-t-il.

L'affaire Wang Lijun, devenue l'affaire Bo Xilai, impose une réflexion sur la très complexe conjoncture pour le Parti communiste. "Il est possible que réapparaissent d'autres affaires comparables à celle de Wang Lijun à la veille du XVIIIe congrès du Parti communiste chinois [à l'automne 2012]", estime un expert anonyme cité par le journal Wangbao.

Parallèlement, plusieurs sites web chinois dits "de gauche" considérés comme des outils de lutte pour promouvoir un retour aux valeurs de Mao - comme celui de Wuyou Zhixiang ou bien encore La Chine rouge -, ont été bloqués depuis l'annonce du limogeage de Bo Xilai, principal promoteur de ces "valeurs", relate le quotidien Mingpao de Hongkong.

La célèbre et (très) controversée personnalité de gauche, Kong Qingdong, professeur de l'Université de Pékin, a affirmé sur web que, si le pouvoir central a limogé Bo Xiliai et qu'il ne le nomme pas à un autre poste, "le cœur de millions de Chinois se briserait".

Pourquoi le Premier ministre Wen Jiabao a-t-il rappelé à deux reprises "la Résolution sur certaines questions dans l'histoire du Parti depuis la fondation de la République populaire de Chine [texte en date du 27 juin 1981 qui condamne les fautes commises précédemment]" lors de sa conférence de presse, s'interroge Hu Shuli, rédactrice en chef de Caijing. "La réforme doit avancer ; reculer ou faire du surplace sont des voies sans issue", note Hu Shuli à propos du discours du Premier ministre.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 18 Mars 2012 23h59
Des Tibétains manifestent après une nouvelle immolation

Le Monde.fr avec AFP | 18.03.2012 à 09h58 • Mis à jour le 18.03.2012 à 09h58


Des milliers de personnes, moines et laïcs, ont bravé les forces de l'ordre samedi en se rassemblant sur les lieux d'une nouvelle immolation d'un Tibétain dans l'ouest de la Chine, a annoncé dimanche une ONG. Des forces de police armées se sont déployées avant de se retirer.

Sonam Dargye, 43 ans, un agriculteur père de trois enfants s'est transformé en torche humaine à Tongren, dans la province chinoise du Qinghai, voisine de la Région autonome du Tibet et qui compte une importante population tibétaine. Il s'agit de la troisième immolation par le feu d'un Tibétain en quatre jours en Chine.

Selon l'ONG Free Tibet, Sonam Dargye était un ami proche de Jamyang Palden, un moine qui s'est immolé à Tongren mercredi, jour anniversaire des émeutes qui avaient ensanglanté Lhassa en 2008 avant de s'étendre à d'autres villes du plateau tibétain. L'ONG Tibetan Centre for Human Rights and Democracy a confirmé l'immolation de Dargye "en signe de protestation contre le gouvernement chinois".

Le gouvernement et la police de la préfecture de Huangnan, dont dépend Tongren, ainsi que des propriétaires de restaurants, d'hôtels et des responsables de centres d'art de la ville ont refusé de s'exprimer. Un restaurateur a affirmé que les communications étaient écoutées et qu'il n'était pas "approprié" de parler. Près de 30 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises.

De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.
Le mois de mars est une période sensible pour les Tibétains. Le dalaï lama, leur chef spirituel, avait en mars 1959 pris le chemin de l'exil après l'échec d'un soulèvement contre la Chine, traversant à pied l'Himalaya pour arriver en Inde.

Et en mars 2008, des manifestations de moines bouddhistes à Lhassa, la capitale du Tibet, à l'occasion du 49e anniversaire de ce ce soulèvement, avaient dégénéré en émeutes et gagné les provinces voisines à forte population tibétaine.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 19 Mars 2012 00h01
De futures guérillas himalayennes fomentées par l'Inde contre la Chine ?

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 17.03.2012 à 16h37 • Mis à jour le 17.03.2012 à 16h37

Par Frédéric Bobin

Et si une guerre éclatait entre l'Inde et la Chine ? Les Indiens doivent se préparer dès maintenant à cette hypothèse, notamment en envisageant de fomenter des guérillas locales le long de la frontière himalayenne que partagent les deux géants d'Asie. Ce scénario théorique est l'une des recommandations contenues dans un rapport rendu public le 28 février.

Le document n'a certes aucun caractère officiel. Titré "Non alignment 2.0", il est le fruit d'une réflexion menée par un groupe d'experts indiens indépendants, parmi lesquels des analystes de renom tels Rajiv Kumar, Sunil Khilnani ou Pratap Bhanu Mehta. Son but : préparer l'Inde aux nouveaux défis stratégiques du XXIe siècle. L'environnement semi-officiel (présence d'un conseiller du premier ministre pour la sécurité nationale) qui a présidé à la présentation publique du rapport à New Delhi lui confère néanmoins un éclat particulier. Cet exercice prospectif doit être pris au sérieux.

D'où l'intérêt que suscitent les (brefs) paragraphes consacrés à la Chine, rivale de l'Inde en Asie subhimalayenne. Les auteurs du rapport ne sont pas naïfs. Ils sont conscients de la supériorité de la Chine dans bien des domaines touchant à la puissance militaire. Mais l'Inde n'est pas dénuée d'atouts. Si un conflit éclate, ce pays se déploiera dans deux zones géographiques : l'océan Indien et l'Himalaya. Sur chacune d'elles, la partie n'est pas jouée.

Dans la première, l'Inde dispose d'une longueur d'avance (géographie oblige) que la Chine lui conteste désormais. Mais Pékin demeure pour l'instant absorbé par la consolidation de son influence maritime en Extrême-Orient, tâche rendue compliquée par la mobilisation d'une coalition d'Etats inquiets (Etats-Unis, Japon, Vietnam, Indonésie, Australie...) s'efforçant de bâtir des digues. Aussi les contraintes de ce théâtre en Asie-Pacifique risquent-elles, notent les auteurs, de "ralentir, voire de dissuader, la projection de la force navale de la Chine dans l'océan Indien". L'Inde doit s'engouffrer sans tarder dans cette "fenêtre d'opportunité" pour renforcer sa propre marine dans l'océan Indien.

Sur le front de l'Himalaya, les choses se présentent moins bien. L'Inde et la Chine, qui partagent une frontière de 4 057 km le long de hautes montagnes escarpées, s'y sont déjà livré une guerre en 1962, gagnée par Pékin. Deux aires demeurent litigieuses. A l'est, l'Arunachal Pradesh, Etat indien peuplé de tribus tibéto-birmanes, est revendiqué par la Chine. A l'ouest, le Ladakh, région de peuplement tibétain au Cachemire indien, est aussi l'objet de tensions sur certains segments frontaliers. Dans l'hypothèse d'un conflit, la réponse de l'Inde, suggèrent les auteurs du rapport, devra être "asymétrique", faute de pouvoir être "proportionnée". Il s'agira de "déclencher une insurrection" dans les zones éventuellement appropriées par les Chinois. Aussi faudrait-il dès maintenant intégrer les locaux - Tibétains du Ladakh et Tibéto-Birmans de l'Arunachal - dans les unités de police et paramilitaires afin de les "entraîner à passer au mode de la guérilla en cas de nécessité". Ou comment l'Inde songe à user de l'"asymétrie" contre la puissance chinoise.

Frédéric Bobin

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 19 Mars 2012 00h05
L'anonymat proscrit des réseaux sociaux à Pékin

Le Monde.fr | 16.03.2012 à 17h11 • Mis à jour le 16.03.2012 à 17h11

Par Laurent Checola et Damien Leloup



Avant de s'enregistrer sur les sites de micromessagerie, les internautes chinois, doivent, depuis vendredi 16 mars, indiquer leur vrai noms. Cette fin de l'anonymat sur les réseaux sociaux avait été annoncée à la fin de l'année 2011 par les autorités chinoises.

Pour l'heure, la mesure, appliquée par arrêté municipal, ne concerne que les services hébergés à Pékin, mais d'autres villes, comme Shanghaï et Guangzhou devraient suivre. "Les sites Internet gérant des microblogs doivent mettre en place et améliorer le système de censure de leurs contenus", selon les nouvelles règles publiées par le site officiel de la municipalité de Pékin. Le nombre d'utilisateurs de ce genre de site, qui permet de mettre en ligne des micromessages- sur le modèle de Twitter - ont explosé.

Si la Chine compte un peu plus de 500 millions d'internautes, Sina Weibo revendique à lui seul 300 millions de comptes ouverts. A la fin 2010, ils n'étaient que 63 millions d'utilisateurs. Les services chinois bénéficient de l'interdiction sur le territoire de concurrents américains, comme Twitter. D'après les analystes, Sina Weibo est valorisé à près de 5 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros), sur l'indice américain du Nasdaq.

Ce n'est pas la première fois que les autorités chinoises marquent leur défiance à propos des réseaux sociaux et des sites de micromessagerie. Fin octobre, les autorités avaient déjà ordonné un renforcement du contrôle de l'Internet afin d'empêcher la publication de "rumeurs" et de matériel "vulgaire".

LIEU DE CONTESTATION

Ces sites sont de plus en plus souvent utilisés par les Chinois pour se plaindre d'abus de pouvoir de fonctionnaires corrompus ou dénoncer de nombreux scandales, allant des aliments frelatés aux dangers de la pollution atmosphérique. A la fin du mois de juillet, la collision de deux TGV près de la ville de Wenzhou, qui a fait 40 morts, a ainsi été signalée en premier par un utilisateur de ces sites.

Officiellement, Sina Weibo indique dans ses conditions générales d'utilisation que les internautes ont droit à la liberté d'expression, mais une série d'alinéas vient amender la déclaration de principe. "Le fait que des formules comme 'portant atteinte à l'honneur ou aux intérêts de l'Etat' ne sont pas clairement définies fait partie du système de censure chinois", indique le site wagingnonviolence.org, qui suit le fonctionnement de la censure chinoise.

La censure des micromessages, qui n'est que l'une des nombreuses méthodes utilisées par les autorités pour contrôler Internet, n'est pas directe. Les censeurs ne suppriment pas directement les messages contraires à la loi. En revanche, la fonction "recherche" de ces sites est soumise à une censure automatique : lorsque l'internaute cherche un mot interdit, le site lui renvoie un message d'erreur.

Les mots clés à censurer font l'objet d'une mise à jour hebdomadaire, et c'est ensuite aux fournisseurs des services de la mettre en œuvre. Cette technique de filtrage, relativement flexible, permet de rendre peu visible du contenu, sans pour autant effacer directement les messages incriminés, ce qui réclamerait davantage de moyens.

PERSONNALITÉS DU PARTI ET PORNOGRAPHIE BLOQUÉES

Un étudiant de l'université de Pittsburgh, Jason Q. Ng., s'est appuyé sur le fonctionnement du système de censure pour élaborer une liste, mise à jour régulièrement, des termes censurés par les autorités chinoises. En utilisant un robot informatique, il a testé automatiquement l'ensemble des mots de la version chinoise de Wikipédia dans le moteur de recherche de Sina Weibo, et élaboré une liste des mots qui ne "passaient pas", qu'il compile et analyse au fur et à mesure sur un blog.


Pas de nécrologies sur les réseaux sociaux chinois : a priori, le terme est interdit pour éviter la propagation de rumeurs de décès. Le blocage du mot est tributaire de l'actualité : Blockedonweibo note que "nécrologie" a été interdit et réautorisé à plusieurs reprises ces derniers mois. De nombreuses rumeurs avaient circulé sur les conditions de la mort de Kim Jong-il, dont plusieurs évoquant un assassinat.
Crédits : http://blockedonweibo.com/ /
1 sur 9
D'après les premières observations, la majorité des mots bloqués concernent des membres du Parti - de peur que les réseaux sociaux ne soient utilisés pour les critiquer - et la pornographie, interdite par la loi chinoise.

De nombreux sujets politiques, comme le Tibet, l'islam, Falun Gong et les références à des dissidents complètent le tableau, qui comporte aussi des mots pour lesquels la raison du blocage est parfois difficile à comprendre, comme celui du mot "Deauville".

Le filtrage est toutefois relativement "souple" : certains mots se retrouvent bloqués temporairement, en fonction de l'actualité, et sont réautorisés après quelques jours ou semaines.

Le système n'est pas "particulièrement sophistiqué", indiquent les auteurs du site wagingnonviolence, décrivant les limites du dispositif. Si un utilisateur tape la requête "Nintendo 64", celle-ci renverra à un message d'erreur, car "64" fait référence au 4 juin 1989, jour des révoltes de la place Tiananmen. Les internautes se livrent donc à un jeu du chat et de la souris permanent avec les autorités, rivalisant d'ingéniosité pour modifier les mots clés de leurs messages.

Laurent Checola et Damien Leloup



http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/video/2012/03/16/les-internautes-chinois-ont-deploye-toute-une-panoplie-pour-contourner-la-censure_1671190_3216.html

http://www.lemonde.fr/technologies/portfolio/2012/03/16/florilege-de-mots-bloques-sur-sina-weibo_1670396_651865.html



Ecrit par: P'tit Panda Lundi 19 Mars 2012 00h06
Pékin met fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux

LE MONDE | 16.03.2012 à 16h15 • Mis à jour le 17.03.2012 à 09h00

Par François Bougon


Dans le jeu du chat et de la souris entre censeurs et internautes chinois, Pékin a durci encore un peu plus les règles, depuis le vendredi 16 mars, en obligeant les utilisateurs des "weibo" (microblogs), les versions locales de Twitter, à donner leur identité et leur numéro de téléphone portable. Officiellement, cette décision vise à lutter contre la propagation de rumeurs dans un souci de "maintien de la stabilité sociale", cher au régime communiste. Mais elle a un but politique indéniable en pleine période sensible de transition.

Ceux qui n'auront pas obtempéré ne pourront plus diffuser des messages ou les retweeter, ils devront se contenter d'observer. Durant la session annuelle du parlement qui s'est achevé mercredi, l'ancien ministre de l'industrie et des technologies de l'information, Li Yizhong, a défendu la fin de l'anonymat, "pour le bien du développement ordonné et sain de l'Internet et pour protéger la vie privée et la confidentialité des personnes, des entreprises et du pays". "Selon nos recherches, l'enregistrement sous son vrai nom pour l'Internet se fait dans de nombreux pays", a-t-il ajouté.

Le réseau de microblogs de Sina, le plus populaire du pays avec plus de 300 millions d'utilisateurs, compte pourtant déjà "une zone d'exposition des rumeurs", où elles sont régulièrement décryptées et combattues. La semaine dernière, la "brigade" anti-rumeurs de Sina évoquait, dans le Liaoning, une explosion ayant fait plus de 60 morts. "C'est faux", annonçait le service. Et, récemment, l'annonce de l'assassinat du numéro un Nord-Coréen Kim Jong-un s'est propagé sur les réseaux.

La nouvelle contrainte que constitue la fin de l'anonymat suscite cependant une certaine irritation au sein des entreprises chinoises de l'Internet. Charles Chao, directeur général de Sina, a fait part de ses craintes fin février. Cette obligation, a-t-il mis en garde, aura un impact sur son activité, sans donner plus de détails. Dans le même temps, il annonçait que 60 % des usagers avaient répondu aux nouvelles obligations et qu'il serait difficile de respecter la date fatidique du 16 mars.

"Ces mesures de contrôle coûtent énormément d'argent et dans le cas de l'enregistrement sous savraie identité, cela suppose une mise en oeuvre technique extrêmement compliquée", juge Renaud de Spens, spécialiste des nouveaux médias en Chine, basé à Pékin. De plus, on ne sait pas qui, de l'Etat ou des entreprises, supportera les coûts supplémentaires.

Pour contrôler l'explosion des microblogs et une parole de plus en plus libre sur l'Internet, potentiellement dangereuse pour le Parti communiste au pouvoir depuis 1949, le régime chinois a sous-traité une partie de la censure aux acteurs nationaux du secteur de l'Internet. Leurs puissants rivaux étrangers, comme Facebook et Twitter, sont bloqués sur l'un des premiers marchés au monde, mais, en contrepartie, Sina ou Tencent doivent faire le ménage politique sur leurs plates-formes, bannissant toute référence au Falungong ou au dalaï-lama par exemple.

Intimidation

Cependant, de nombreux observateurs doutent de l'application effective d'une telle mesure. "Cesont des mesures qui sont pour moi classiques. La principale question est : seront-elles vraiment mises en pratique ?", se demande Séverine Arsène, spécialiste de l'Internet chinois.

Si les internautes donnent un faux numéro de téléphone, le système sera-t-il en mesure de contrôler des centaines de millions de personnes ? "On est plus dans le domaine de l'intimidation pour pousser les internautes à l'autocensure", juge Mme Arsène, auteur en 2011 du livre Internet et politique en Chine (Karthala).

Ces résistances peuvent également profiter à la frange la plus réformiste au sein du parti, qui plaide pour une gestion plus intelligente des réseaux sociaux, devenus un contre-pouvoir et "un outil de mobilisation d'initiatives citoyennes", selon Renaud de Spens. Le secrétaire du parti communiste de la province de Guangdong (sud), Wang Yang, qui devrait faire son entrée au comité permanent du bureau politique, le coeur du pouvoir, à l'automne, a même appelé les cadres à se débarrasser de "la maladie de l'Internet". C'est d'ailleurs dans cette province que les villageois rebelles de Wukan avaient obtenu le départ de leurs dirigeants corrompus et de nouvelles élections, utilisant pour communiquer weibo.

François Bougon

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 19 Mars 2012 00h08
La Chine est "dans une période sensible de transition politique"

Le Monde.fr | 15.03.2012 à 17h05 • Mis à jour le 15.03.2012 à 17h05


François Bougon : Bonjour.

Bilout : Comment faut-il interpréter la mise à l'écart de Bo Xilai ?

Il y a deux aspects à prendre en compte. Le premier, purement local, lié à la situation de Chongqing. Le second, lié à la situation politique nationale et à la prochaine transition au pouvoir, à l'occasion du 18e congrès du Parti communiste à l'automne. Sur le plan local, l'action de Bo Xilai a soulevé énormément de critiques, notamment pour sa gestion de la lutte contre la mafia. Certains avocats ont dénoncé des bavures, des cas de torture à l'encontre d'entrepreneurs locaux. Selon les avocats, Bo Xilai se serait servi de cette lutte pour à la fois consolider ses ambitions de pouvoir au niveau national et spolier les richesses des entrepreneurs locaux.

Guest : Que peut-il arriver à Bo Xilai ?

Il y a deux scenarii possibles. Soit le pouvoir central a décidé de le priver uniquement de son poste de numéro 1 de Chongqing. Dans ce cas, il peut réapparaître et conserver son poste pour l'instant au bureau politique. Mais sa carrière de premier plan sera terminée. L'autre scénario est beaucoup plus inquiétant pour lui. Si les enquêtes en cours menées depuis la tentative de défection de son ancien bras droit, Wang Lijun, montrent que Bo Xilai a été impliqué dans des affaires, de corruption par exemple, dans ce cas, il pourrait éventuellement avoir affaire avec la justice. C'est ce qui s'est passé en 2006 avec le secrétaire du Parti communiste de Shanghai, Chen Liangyu, qui est tombé pour corruption, a été exclu du Parti, et condamné à 18 ans de prison pour corruption.

Paul : Je n'ai pas bien saisi les tenants et les aboutissants de la fuite de son bras droit...

Actuellement, nous ne disposons que de peu d'éléments. Ce que nous savons, ce sont les informations délivrées à la fois sur les réseaux sociaux, par des sources qui ne sont pas forcément fiables, dans la presse de Hongkong et, bien sûr, par les médias officiels. Ce qui semble sûr à l'heure actuelle, c'est que Wang Lijun s'est fortement opposé à Bo Xilai et qu'il aurait menacé de dévoiler un certain nombre de dossiers gênants. Il faudra attendre les résultats de l'enquête officielle, qui seront bien évidemment très parcellaires, et aussi la version des fonctionnaires américains qui se trouvaient au consulat de Chengdu. Donc beaucoup d'interrogations mais peu de réponses satisfaisantes.

Michel : Le limogeage d'un chef local peut-il constituer un élément en faveur d'une transition démocratique ?

Non. Ce n'est qu'une péripétie d'un paysage politique très opaque. Nous sommes dans une période sensible de transition politique, où les luttes de pouvoir et les ambitions sont démultipliées. Ce qui est intéressant d'un point de vue strictement démocratique, c'est de voir à quel point, premièrement, les réseaux sociaux ont joué un rôle assez intéressant, en particulier pour diffuser l'information et réclamer que la lumière soit faite. Deuxièmement, on peut voir aussi que la fraction la plus "ouverte" du Parti communiste a pu imposer son point de vue, car personne ne s'attendait au limogeage de Bo Xilai.

jessy : Pensez-vous réellement que le régime chinois montre des signes encourageants pour une transition démocratique ?

Le régime en lui-même, non ; cependant, la société civile, elle, montre qu'elle a une soif de liberté et d'expression sur des sujets qui l'intéressent, comme l'environnement, le droit de donner son avis dans des débats d'intérêt général.

titi : Y a t'il un ou des mouvements réformateurs dans l'appareil politique ?

C'est très difficile de répondre à cette question. Le Parti communiste est très opaque, mais on peut supposer qu'il existe, au sein de ce parti, un mouvement d'hommes politiques qui sont prêts à ouvrir un peu plus le jeu politique en direction de la société, et donc d'accepter un certain degré de démocratie.

Francois : Quels sont les candidats au bureau politique pour le prochain congrès ?

Il n'y a pas de candidat. Ce qu'on sait actuellement, c'est qu'il y a deux personnes qui vont accéder au Comité permanent du bureau politique : Xi Jinping et Li Keqiang. Le premier doit normalement devenir le secrétaire général du Parti communiste, puis président ; le deuxième, n° 2 du Comité permanent et premier ministre. Quant aux autres noms, des listes circulent à l'heure actuelle, mais on ne connaîtra officiellement la composition du Comité permanent qu'à l'occasion du congrès du Parti communiste. Généralement, dans les mois qui précèdent le congrès, il y a énormément de spéculations, des noms circulent, mais les heureux élus ne sont pas forcément au sein de ces listes.

ben : Quelles qualités faut-il avoir pour accéder aux hautes sphères du pouvoir ?

Il faut être endurant ;-) Nous ne sommes plus à l'époque où la Chine était dirigée uniquement par une seule personne. Depuis les excès du maoïsme et la fin de l'ère Deng Xiaoping, le système fonctionne de manière collégiale et consensuel. C'est le Comité permanent du bureau politique qui dirige le pays. Les décisions sont l'objet de négociations entre les différentes factions, entre les différentes personnalités. Donc cela suppose, de la part de ceux qui accèdent à ce niveau de pouvoir, une capacité à gérer les oppositions, à ne pas se faire trop d'ennemis, et en même temps, à se constituer de solides réseaux, non seulement au sein du parti, mais aussi dans l'armée, par exemple.

Félix : Les membres du Comité permanent du bureau permanent sont-ils élus ?

Officiellement, ils sont élus par les membres du bureau politique, qui est en gros le Parlement du Parti communiste. Mais dans les faits, c'est quand même beaucoup plus compliqué.

Lam : On dit que Xi Jinping est moins conservateur que Hu, est-ce vrai ?

Difficile à dire. Une chose est sûre, c'est qu'on a tendance à considérer en Occident que chaque nouveau dirigeant chinois va être beaucoup plus réformateur que son prédécesseur. Quand Hu Jintao et Wen Jiabao sont arrivés au pouvoir, on a vu le même type de discours, les présentant comme les prochains Gorbatchev de la Chine. L'histoire nous a montré que ce n'était pas le cas et qu'ils avaient avant tout pour objectif d'assurer la continuité du régime communiste.

Thomas : Xi Jinping et Li Keqiang sont déjà dans le comité permanent du bureau politique, non ?

Oui, ils sont entrés au Comité permanent lors du 17e congrès, en 2007. C'est une manière de préparer la succession en douceur.

sylvie : Comment qualifier le tandem Hu Jintao et Wen Jiabao ?

On pourrait, en plaisantant, les présenter comme le "méchant flic" et le "bon flic". L'un beaucoup plus conservateur, et l'autre plus ouvert. Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont réussi à rester au pouvoir pendant dix ans, à organiser les Jeux olympiques et à gérer des crises économiques. C'est ce qu'on peut retenir de leur bilan.

LB : Pouvez vous nous présenter succinctement les deux factions principales au sein du PC et leurs relais dans la nouvelle génération de leaders attendus cette année ?

Il est assez difficile de répondre à cette question. Il est évident qu'il existe au sein du Parti communiste une génération de dirigeants qui ont envie que le système évolue et qu'il prenne en compte l'ouverture croissante de la société. Ils existent à tous les niveaux. Cependant, il est difficile de donner des noms actuellement, car le système et la période ne leur permettent pas de véritablement s'exprimer. En période de transition politique, la règle primordiale pour un homme politique chinois est de ne pas faire de vagues. Bo Xilai vient de l'apprendre à ses dépens.

Noob : Pourriez-vous expliquer à un novice pourquoi parle-t-on d'une guerre des chefs en Chine ?

Tout simplement parce que, comme dans n'importe quel pays, qu'il soit autoritaire ou démocratique, nous sommes en présence de personnalités qui se battent pour avoir le pouvoir. Mais dans un système opaque comme celui du Parti communiste, cela donne lieu parfois à des purges ou à des limogeages comme celui de Bo Xilai. Souvent, ils sont présentés comme des affaires de corruption, mais leur caractère politique est évident aux yeux de nombreux observateurs.

Francois : La mise à l'écart de Bo Xilai est-elle plutôt une victoire pour le camp réformiste ou conservateur ?

A première vue, elle constitue plutôt une victoire pour le camp réformiste. Bo Xilai s'était caractérisé par un non-respect des règles de droit en vigueur en Chine dans sa lutte contre la mafia.

SWB : On dit que le premier ministre Wen est un réformateur, est-ce vrai ?

Je serais tenté de répondre par l'affirmative. Wen Jiabao a été proche des dirigeants réformateurs des années 1980, qui ont été victimes de limogeage : Hu Yaobang et Zhao Ziyang. Ses discours s'attachent à la défense d'une démocratie au sein du parti, et par conséquent, on peut le qualifier comme réformateur.

HRG : Pensez vous qu'une révolution style Gorbatchev est possible en Chine ? Et quel est le scenario probable pour le processus démocratique ?

C'est la question à 1 million de dollars ! Je n'y crois pas beaucoup dans l'immédiat, car comparer l'Union soviétique de Gorbatchev et la Chine de Hu et de Wen n'a aucun sens, à mon avis. L'Union soviétique se trouvait en situation de faillite économique face à un monde occidental triomphant. La Chine actuelle est la deuxième économie mondiale face à un Occident qui doute de son modèle. Je pense qu'on assistera à une évolution démocratique qui ne passera pas forcément par l'adoption immédiate d'un système multipartite comme en France, par exemple. Mais l'évolution de Taïwan montre qu'on peut avoir à terme un système de démocratie dans un pays marqué par le confucianisme.

pierre : D'après vous, il faut encore combien de temps pour voir réellement se mettre en place une gestion démocratique en Chine ?

Donner une échelle temporelle est impossible. On voit émerger des phénomènes en Chine qui permettent de penser qu'on arrivera un jour ou l'autre à un système beaucoup plus ouvert, voire démocratique. Mais l'expérience, concernant les affaires de la Chine, me pousse à rester prudent en matière de prévision.

Canu : Compte tenu des dispositions autoritaires du régime chinois, n'est-il pas un peu hâtif de parler de "transition démocratique" ?

Il est certainement hâtif de parler de transition démocratique. Cependant, une partie de la société chinoise n'a plus envie qu'on lui dicte ce qu'elle doit regarder à la télévision, n'a plus envie qu'on lui supprime des messages sur les réseaux sociaux, bref, a envie de participer à des discussions sans tabous et librement. Cela dit, on ne peut pas nier qu'il existe au sein du régime chinois une composante autoritaire et des systèmes de sécurité, que ce soit la police ou l'armée, qui, eux, prônent le renforcement des contrôles.

giuseppe : Le printemps arabe peut-il faire tâche d'huile en Chine ?

On a vu l'année dernière que les tentatives de reproduire les appels à manifester sur le modèle du "printemps arabe" ont échoué. Il existe un mécontentement populaire en Chine, on assiste tous les jours à des "incidents de masse", à des protestations de villageois contre des phénomènes de corruption, mais ces manifestations restent très localisées. Et le Parti communiste fait en sorte qu'il n'existe pas d'opposition organisée pour pouvoir fédérer ces mécontentements.

giuseppe : Y a-t-il des risques d'éclatement aux confins de la Chine, à savoir au Tibet et au Xinjiang ?

Pour l'instant, on ne peut pas dire qu'il existe des risques d'éclatement. Les situations au Tibet et au Xinjiang sont très différentes. Autant au Xinjiang on peut voir certains mouvements extrémistes et armés, autant au Tibet ce n'est pas le cas. Ces deux régions frontalières ont une valeur stratégique primordiale pour la Chine, et par conséquent, on y observe une forte présence militaire qui, pour l'heure, exclut tout risque d'éclatement. De plus, ses voisins et la communauté internationale en général ne soutiennent pas les mouvements séparatistes.

Chat modéré par Domitille Hazard

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 21 Mars 2012 00h23
Que les Chinois du continent aillent conduire ailleurs !

L'afflux de touristes chinois a déjà du mal à passer ; du coup, certains Hongkongais sont remontés contre un accord qui autorise les conducteurs de Chine populaire à se rendre au volant de leur voiture sur l'île.

20.03.2012 | Wang Xinyi et Wang Tao | Nanfang Zhoumo



Mille cinq cents manifestants appartenant à 22 organisations ont défilé en un rassemblement impressionnant jusqu'au nouveau siège du gouvernement de Hong Kong, le 19 février dernier, pour y déposer une pétition. Avec une seule et unique revendication : que le projet d'autoriser le passage en voiture particulière à des fins touristiques de la frontière entre la province [méridionale] du Guangdong et Hong Kong soit reporté sine die.

Ce projet mené à titre expérimental, assorti de quotas, puise ses racines dans l'accord-cadre de coopération signé en 2010 entre les autorités du Guangdong et celles de Hong Kong. En fait, il existait déjà le système des doubles plaques d'immatriculation valables à Hong Kong et au Guangdong, mais les conditions à remplir pour les obtenir étaient assez restrictives : le propriétaire du véhicule devait absolument être un haut fonctionnaire ou un homme d'affaires pouvant justifier d'investissements supérieurs à 400 000 dollars [300 000 euros] dans la province du Guangdong. De plus, il fallait six mois pour accomplir les formalités.

Avec le nouveau projet, à compter du 30 mars, n'importe quel Hongkongais, pourvu qu'il soit propriétaire d'un véhicule de moins de cinq places avec conduite à droite et dispose d'un permis de conduire valable en Chine et d'un laissez-passer pour le Guangdong, pourra en théorie demander l'autorisation de se rendre dans la province pour un séjour d'une durée maximale de sept jours. La délivrance d'autorisations sera limitée à cinquante par jour.

Sur le principe de la réciprocité, si les automobilistes hongkongais peuvent monter dans le Guangdong, cela veut dire que sous peu les Chinois de Chine populaire pourront descendre en voiture à Hong Kong. Or, c'est précisément ce que redoutent par-dessus tout les Hongkongais.

Ceux-ci sont surtout préoccupés par le fait que le code de la route n'est pas le même de part et d'autre de la frontière [héritage de la colonisation britannique, les Hongkongais circulent à gauche], et par les problèmes d'embouteillage et de pollution que ces mesures pourraient entraîner. C'est ce qui a poussé les organisations environnementales et les associations d'usagers des transports à se mobiliser en masse lors de ce rassemblement.

Cependant, le monde associatif n'est pas le seul à s'insurger contre le projet : les réactions les plus virulentes proviennent en fait de la population. Les groupes et fils de discussion d'opposants se sont multipliés sur les grands réseaux sociaux hongkongais.

"Comme je l'ai toujours dit, notre mouvement n'a pas de visées discriminatoires. Nous souhaitons seulement que les décideurs politiques respectent mieux l'espace hongkongais." Une des personnes à l'origine de la manifestation, le pasteur Chen Ka-leung, qui travaille comme bénévole à la Hong Kong Cycling Alliance (HKCAll, Union cycliste de Hong Kong), nous explique patiemment dans un chinois rudimentaire que cette manifestation se distingue des controverses antérieures avec la Chine continentale. "Nous n'avons jamais utilisé le mot 'criquet' dans nos slogans [référence à une publicité publiée en février dans un journal de Hong Kong, représentant un criquet géant - insecte ravageur - perché sur une montagne dominant la ville, censée dénoncer la menace que représente l'afflux de Chinois du continent]. D'ailleurs, personnellement, je pense que ce n'est pas forcément une mauvaise chose que les Chinoises de Chine populaire viennent accoucher à Hong Kong. Le seul problème est que si elles sont trop nombreuses, la Région autonome spéciale (RAS) ne pourra pas assumer cette charge."

La question des transports et de l'environnement urbain préoccupe aussi les citoyens de Hong Kong depuis longtemps. Les gaz d'échappement y sont considérés comme l'une des principales causes de la pollution atmosphérique. Selon Liu Su, directrice de la section Grande Chine au centre de recherches sur les politiques du groupe de réflexion hongkongais Civic Exchange, "cela fait plusieurs années que la population réclame une amélioration de la qualité de l'air, mais, jusqu'à présent, cette demande n'a jamais été traitée efficacement".


La Hong Kong Cycling Alliance est à la pointe des associations militant pour une réduction des émissions nocives. L'organisation a lancé l'idée de la construction d'une piste cyclable le long du front de mer, sur une distance de 16 kilomètres, afin d'encourager la pratique du vélo en toute sécurité pour un nombre croissant de citadins, mais les pouvoirs publics ont répondu que l'organisation actuelle de la circulation ne fournissait pas les conditions idéales pour la réalisation d'un tel projet. "On peut se demander si le gouvernement, qui, tout en évoquant le problème des embouteillages, laisse entrer sur la RAS des véhicules étrangers, a bien évalué les conséquences d'une telle décision !" s'interroge, amer, Chen Ka-leung.

L'absence de concertation publique préalable à l'adoption du projet de libre passage de la frontière aux véhicules particuliers explique en grande partie son rejet par les citoyens. "Le réseau routier hongkongais ne s'étend que sur un peu moins de 2 000 kilomètres, et la densité du trafic est l'une des plus élevées au monde, juste après Monaco", souligne Paul Zimmerman, le directeur néerlandais de l'organisation environnementale Designing Hong Kong, dans un mémoire pamphlet remis récemment au Conseil législatif (Legco) de Hong Kong. "Les embouteillages ne gêneront pas forcément les touristes chinois en visite sur la RAS, mais ils feront payer un lourd tribut aux Hongkongais qui devront mettre beaucoup plus de temps pour vaquer à leurs moindres occupations..."



Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 21 Mars 2012 00h25
Pékin censure le mot "Ferrari" sur le Web chinois

LE MONDE | 20.03.2012 à 15h20 • Mis à jour le 20.03.2012 à 16h38

Par François Bougon


Lundi 19 mars en Chine, "Ferrari" ("Falali" en mandarin) a fait une entrée remarquée dans le corpus des mots et expressions "harmonisés", c'est-à-dire soumis à la censure du régime communiste. La marque italienne de voitures de sport, tant prisée par les milliardaires de la deuxième économie mondiale, a rejoint des termes politiquement sensibles comme "événement de Tiananmen" ou "Falungong" depuis un mystérieux accident qui s'est produit dimanche à Pékin.

Au petit matin, sur l'un des périphériques de la capitale que la jeunesse dorée prend parfois en pleine nuit pour une piste de vitesse, une Ferrari noire est allée s'écraser contre la pile d'un pont, tuant son conducteur, âgé d'une vingtaine d'années, et blessant grièvement deux femmes.

Les réseaux sociaux ont relayé l'information, certains utilisateurs indiquant que le garçon pourrait être un des fameux "taizi" (princes), ces enfants de hauts dirigeants dont les frasques passionnent les internautes chinois, mais indisposent les parents soucieux officiellement d'"harmonie sociale" et de lutte contre les inégalités.

Lundi, sur Sina weibo, le principal site de microblogs, la plupart des commentaires avaient disparu. "Les recherches concernant "Ferrari" n'ont pas été affichées conformément aux lois, réglementations et politiques en vigueur", était-il indiqué. Les quelques articles de presse avaient également été supprimés d'Internet.

Si aucune explication n'a été donnée, le contexte politique peut expliquer cette disgrâce. Il y a plus de dix jours, lors de sa dernière apparition publique, Bo Xilai, "prince" lui-même, ancien numéro un de la métropole de Chongqing connu pour ses campagnes néomaoïstes, avait démenti que son fils eût été vu au volant d'une Ferrari, comme l'avait affirmé en 2011 le Wall Street Journal. "C'est un non-sens", avait-il lancé, avant d'être limogé une semaine plus tard.

Au même moment, un internaute juxtaposait la photo du tailleur-pantalon rose porté en pleine session parlementaire par la fille de l'ancien premier ministre Li Peng, un vêtement Emilio Pucci, autre marque italienne, estimé à 12 000 yuans (1 435 euros), à celle d'enfants de paysans pauvres pieds nus. Un photomontage rapidement "harmonisé".

François Bougon

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 21 Mars 2012 00h28
L'UE et la Chine lancent des actions conjointes sur la sécurité des produits

Le Monde.fr avec AFP | 20.03.2012 à 13h50

L'Union européenne et la Chine sont convenues mardi à Pékin de lancer des actions de surveillance commune pour renforcer la sécurité des produits exportés, notamment alimentaires, afin d'améliorer l'accès des Chinois au marché européen et inversement.

De telles actions "couvriront toute la chaîne de production, du fabricant des produits jusqu'au consommateur", a assuré le commissaire européen à la Santé John Dalli lors d'une conférence conjointe avec le chef de l'administration chinoise chargée de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine, Zhi Shuping.

L'UE et la Chine avaient déjà signé un accord en 2008 pour améliorer la sécurité des produits chinois exportés en Europe, à la suite de problèmes de sécurité concernant des jouets, des meubles, des chaussures, des vêtements et des produits pharmaceutiques chinois.

Dans les domaines des textiles, des produits pour enfants ainsi que des appareils électriques, "nous relevons que nos efforts pour imposer les normes de sécurité les plus strictes sur l'ensemble de la chaîne de production portent leurs fruits", s'est félicité M. Dalli.

"PROCÉDURES D'AUTORISATION COMPLEXES"

"La part des produits dangereux d'origine chinoise dans nos contrôles a diminué durant les deux dernières années", a-t-il indiqué.

Selon un rapport publié en mai dernier par la Commission européenne, de plus en plus de produits dangereux sont retirés de la circulation avant d'arriver sur le marché européen. D'après ce document, 58 % des produits présentant des problèmes à l'entrée sur le marché unique étaient d'origine chinoise.

Dans l'autre sens, "il n'est pas facile d'atteindre les tables chinoises" pour les produits alimentaires européens en raison "de procédures d'autorisation complexes", d'après le commissaire européen, qui s'est toutefois félicité de la progression des exportations européennes de vins et spiritueux vers la Chine.

Les produits concernés par les inspections communes représentent plus de la moitié des exportations chinoises vers l'Europe et plus du tiers des exportations européennes vers la Chine, selon M. Dalli. L'UE est le premier marché à l'exportation pour les produits chinois, tandis que la Chine représente le deuxième débouché extérieur pour les produits européens derrière les Etats-Unis.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 21 Mars 2012 00h34
Les immolations et les manifestations continuent dans les régions tibétaines

LE MONDE | 20.03.2012 à 12h39 • Mis à jour le 20.03.2012 à 22h07

Par Brice Pedroletti

Rien ne filtre dans les médias locaux et la population chinoise ignore ce qui se passe à Rebkong (Tongren en chinois), petite ville tibétaine au commencement des hauts plateaux, à quelque 200 km au sud de Xining, la capitale de l'immense province du Qinghai. Seuls les riverains de la route qui longe le fleuve Jaune avant d'atteindre ce centre renommé de thangkas, les peintures religieuses tibétaines, ont pu voir les convois de camions militaires frappés des slogans d'usage ("Maintenir la solidarité entre nationalités! Soutenir la direction du parti!"), les bus remplis de soldats et les blindés anti-émeutes.

Ce silence imposé a lieu alors que les événements de Rebkong montrent que la crise dans les régions tibétaines est en train de se généraliser. En quelques jours la semaine dernière, la petite ville a connu des manifestations de collégiens, l'immolation par le feu d'un moine de 34 ans, Jamyang Palden, au grand monastère de Rongwo gönchen mercredi 14 mars. Puis celle, samedi 17, d'un agriculteur de 43 ans, père de trois enfants. Ce jour-là, plusieurs milliers de moines, d'étudiants et d'habitants ont manifesté tandis que le corps du défunt, méconnaissable, était disposé sur la grande place Drolma thangchen au milieu de portraits du dalaï-lama. C'est le trentième Tibétain à s'être immolé par le feu depuis 2009. Au moins 20 n'ont pas survécu.

Si un sentiment aigu de détresse est perceptible, on sent aussi une forte solidarité, exprimée par les intellectuels tibétains rencontrés à Xining, très fragilisés par la persécution brutale dont ils sont l'objet depuis 2008. C'est l'ensemble de la société tibétaine qui semble aujourd'hui soudée contre un arsenal de mesures punitives. "Ces immolations sont extrêmement douloureuses. Ça me fait mal, mais c'est une manière pour les moines de défendre leurs droits et leur dignité", explique une intellectuelle tibétaine de Xining.

TENTATIVE D'ORGANISATION DE CÉRÉMONIES SECRÈTES

Comme dans les autres foyers de tension des régions tibétaines, le monastère de Rongwo gönchen était désigné par les Chinois comme potentiellement "rebelle". Des incidents avaient eu lieu dès février 2008, au tout début du soulèvement généralisé, suivis par des arrestations puis de nouvelles manifestations afin de réclamer la libération des moines considérés comme injustement ciblés.

Cette année, plusieurs monastères, dont Rongwo, ont tenté d'organiser des cérémonies secrètes pour célébrer, le 10 mars, l'anniversaire du soulèvement de Lhassa en 1959, qui avait précédé la fuite en exil en Inde du dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains. Ont-elles entraîné des mesures de représailles qui ont poussé Jamyang Palden à s'immoler? Ailleurs, à Tongde, un peu plus au nord de Rebkong, près d'un millier de Tibétains ont manifesté le 16 mars afin de demander la libération de moines arrêtés la veille pour avoir hissé un drapeau tibétain, tandis qu'une autre confrontation tendue dans l'est du Tibet, entre moines et militaires, a suivi une commémoration interdite du 10 mars par les moines.

Le contexte de reprise en main des monastères "rebelles" les place sur la ligne de front de la bataille menée par Pékin contre l'influence du dalaï-lama. La nouvelle stratégie mise en place depuis 2010 vise à noyauter les comités de gestion des monastères en y plaçant des cadres et des policiers.

"LES CHINOIS SONT EN TRAIN DE DÉFAIRE CE QU'ILS ONT CONSTRUIT"

Samedi 17 mars, dans un des grands monastères qui surplombent le fleuve Jaune, à une cinquantaine de kilomètres de Rebkong, trois voitures de police sont visibles. "Ouvrez les yeux. Ne parlez pas trop", conseille un moine revenu d'Inde en 2011 pour des raisons familiales. Il souffre, dit-il, du manque de liberté et du fait que personne n'ose s'exprimer dans le monastère.Un autre moine a mis en place, depuis plusieurs années, un système d'enseignement du tibétain pour les enfants d'un comté voisin afin de compenser le manque d'écoles en tibétain. Il est très surveillé et doit agir discrètement, pour ne pas être accusé "d'endoctriner" les enfants.

La mobilisation des jeunes collégiens de Rebkong et de deux autres comtés proches, Tsekhog et Kangtsa, en mars, n'étonne personne. Ils avaient déjà manifesté en octobre 2010 après l'annonce par les autorités du Qinghai que l'enseignement en tibétain devait céder le pas à celui en chinois. L'adoption de ces mesures avait alors été repoussée.


Or les collégiens ont découvert à la rentrée en mars que seuls des manuels en chinois étaient disponibles pour l'ensemble des matières. "Le souhait des Tibétains a toujours été de faire leurs études d'abord en tibétain et accessoirement en chinois. Or non seulement cette demande n'a pas été satisfaite, mais plus de matières passent en chinois", explique un intellectuel tibétain de Xining.
Le Qinghai est le plus grand centre de traduction en tibétain de Chine. Mais, aujourd'hui, certains services de traductions spécialisées sont démantelés. "Les Chinois sont en train de défaire ce qu'ils ont construit", déplore cette figure de l'intelligentsia tibétaine locale, consciente de ce qu'avait apporté à la culture tibétaine son désenclavement par le biais de l'ouverture à la Chine et au monde.

Le désarroi des écoliers tibétains lui fait se remémorer un classique des manuels scolaires chinois et tibétains: La Dernière Classe, d'Alphonse Daudet. "Ce texte m'a toujours marqué et c'est ce que je ressens aujourd'hui", dit-il, au sujet de ce jour de 1871 où l'instituteur Hamel annonce à ses élèves que "l'ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l'allemand dans les écoles de l'Alsace et de la Lorraine"...

Brice Pedroletti


s : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/03/20/la-crise-continue-dans-les-regions-tibetaines_1672568_3216.html

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 21 Mars 2012 00h37
Pékin se hâte lentement

LE MONDE ECONOMIE | 19.03.2012 à 15h21 • Mis à jour le 20.03.2012 à 10h38

Par Martin Wolf, éditorialiste économique


La prochaine grande crise financière mondiale viendra de Chine. Ce n'est pas une prédiction infaillible, mais rares sont les pays qui ont évité les crises après une libéralisation financière et une intégration mondiale, comme les Etats-Unis dans les années 1930, le Japon et la Suède au début des années 1990, le Mexique et la Corée du Sud à la fin de la même décennie, ou encore les Etats-Unis, le Royaume-Uni et une grande partie de la zone euro aujourd'hui. Les crises financières touchent les pays de toute nature.

Il existe en ce domaine une authentique "égalité des chances", remarquent Carmen Reinhart du Peterson Institute for International Economics et Kenneth Rogoff d'Harvard. Les choses se passeront-elles mieux dans le cas de la Chine ? C'est possible, à condition que les décideurs chinois continuent à faire preuve de la même prudence qu'aujourd'hui.

Cette prudence transparaît dans la façon dont il a été récemment annoncé que la Banque populaire de Chine (BPC) recommandait une ouverture accélérée du système financier chinois. Vu ce qui est en jeu, aussi bien pour la Chine que pour le monde, il est essentiel d'examiner ce que cela entraînera.

Le projet de la BPC a été rendu public par l'agence d'information officielle Xinhua, et non par le site Web de la banque. Il est d'ailleurs paru sous la signature de Sheng Songcheng, responsable du département statistiques, et non sous celle d'un gouverneur.

POLITIQUE OFFICIELLE

Cela signifie probablement qu'il s'agit plus de lancer un ballon d'essai que d'exposer une politique officielle. Le texte a toutefois été publié avec l'approbation de la BPC et, sans doute, avec l'aval de personnes beaucoup plus haut placées.

L'article énumère trois étapes pour la réforme.

La première, qui se déroulerait durant les trois années à venir, ouvrirait la voie à un accroissement des investissements chinois à l'étranger, puisque "la contraction des banques et des entreprises occidentales libère de la place pour les investissements chinois" et constitue donc "une occasion stratégique".

La deuxième phase, qui pourrait intervenir entre la troisième et la cinquième année, accélérerait les prêts de yuans à l'étranger. A plus long terme enfin, d'ici cinq à dix ans, les étrangers pourraient investir dans les actions, les obligations et l'immobilier chinois.

La libre convertibilité du yuan constituerait "la dernière étape", envisageable à une date non spécifiée. Elle s'accompagnerait de certaines restrictions sur les flux de capitaux "spéculatifs" et les emprunts étrangers à court terme. Bref, l'intégration complète serait reportée... à une date indéfinie.

Quels sont les avantages et les risques de ce projet pour la Chine et pour le monde ?

DÉSASTRE

Les arguments en faveur d'une telle ouverture sont étroitement liés à ceux en faveur de la réforme intérieure. En réalité, la première ne pourra être entreprise avant la seconde : ouvrir le système financier actuel hautement régulé est, comme le savent très bien les dirigeants chinois, la recette assurée pour aboutir à un désastre. C'est pour cette raison que, comme l'indique le projet, la convertibilité complète n'interviendrait qu'à une date éloignée.

Par bonheur, les arguments en faveur de la réforme intérieure sont puissants. Des marchés financiers dynamiques sont un élément essentiel dans une économie qui souhaite à la fois soutenir la croissance et commencer à rivaliser avec les pays riches en matière de compétitivité, ce à quoi la Chine, sans nul doute, aspire.

Mais dans l'immédiat, note Nicholas Lardy du Peterson Institute for International Economics dans une étude récente, "les taux négatifs réels de rémunération des dépôts imposent une taxe implicite élevée sur les ménages, qui représentent de gros déposants nets dans le système bancaire, et entraînent un investissement excessif dans le logement résidentiel. Les taux négatifs réels de prêt subventionnent l'investissement dans les industries à forte proportion de capital, ce qui contrecarre l'objectif de redresser l'économie en faveur des industries légères et des services" ("Sustaining China's Economic Growth After the Global Financial Crisis", Peterson Institute for International Economics, 2012).

Pourtant, ce régime financier distordu participe d'un système plus vaste destiné à taxer l'épargne, promouvoir l'investissement et restreindre la consommation, ce qui a conduit à des interventions massives sur les marchés des monnaies étrangères et l'accumulation d'immenses réserves de devises.

Un argument sans doute plus pertinent en faveur de la réforme est que le système actuel ne contribue plus à un schéma de développement souhaitable. Mais il est tellement enraciné dans l'économie que la réforme est politiquement délicate et économiquement risquée. La question est même de savoir si une telle réforme est réalisable. Ce sera en tout cas un processus lent.

Dans ces conditions, comment les étapes vers l'ouverture définies par la BPC peuvent-elles accompagner une telle réforme ? On peut supposer que la plus grande liberté envisagée pour les sorties de capitaux compenserait en partie les accumulations de devises.

Mais si cela intervenait parallèlement à une augmentation des taux d'intérêt réels, les excédents chinois d'épargne et de comptes courants pourraient exploser, ce qui détériorerait encore plus les déséquilibres extérieurs.

L'épargne chinoise brute atteint un montant annuel bien supérieur à 3 000 milliards de dollars, soit 50 % de plus que l'épargne brute aux Etats-Unis. L'intégration complète de tels flux aura forcément d'énormes conséquences mondiales.

Les établissements financiers chinois, déjà énormes, deviendront presque certainement les plus importants du monde au cours de la prochaine décennie. Il suffit de repenser à l'intégration puis à l'implosion financière qu'a connues le Japon dans les années 1980 pour avoir une idée des risques possibles. Nous devons donc nous féliciter de voir la Chine adopter une approche prudente.

VERS UNE CROISSANCE PLUS ÉQUILIBRÉE

Le monde a grand intérêt à ce que la Chine oriente son économie vers une croissance plus équilibrée. Il est également concerné par la façon dont la Chine gère sa réforme intérieure et l'ouverture de son système financier. Car la régulation financière, la politique monétaire et les régimes de taux de change doivent être coordonnés.

Si cela est correctement exécuté, la crise que connaissent aujourd'hui les pays à haut revenu ne sera pas aussitôt suivie par la "crise chinoise" des années 2020 ou 2030. Si au contraire les choses sont mal menées, les Chinois eux-mêmes pourraient perdre le contrôle de la situation, ce qui aurait des résultats dévastateurs.

La BPC propose un calendrier de réformes qui répondrait aux besoins de la Chine et du monde. Mais si ce calendrier doit être mis en application, il faut procéder dès maintenant à une discussion approfondie de toutes les conséquences éventuelles. La politique chinoise ne concerne pas seulement les Chinois. C'est cela, être une super-puissance... (cette chronique est publiée en partenariat exclusif avec le "Financial Times". © FT. Traduit de l'anglais par Gilles Berton).

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 21 Mars 2012 00h39
La construction du TGV chinois entachée de fraudes

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 19.03.2012 à 10h45

Fraudes, erreurs de gestion, gaspillage et irrégularités comptables ont entaché le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Pékin et Shanghai, déclare le Bureau national d'audit de Chine (CNAO) dans un rapport publié lundi 19 mars. Quelque 490 millions de yuans (59 millions d'euros) de fonds destinés à compenser les expropriations de terrains liées à la construction de la ligne ont été détournés, rapporte le CNAO.

Cette ligne de 1 318 kilomètres de long, d'un coût de 21,76 milliards de yuans, est présentée comme un symbole de la politique chinoise d'investissements dans les infrastructures. Elle avait déjà fait l'objet d'un audit l'an dernier qui avait révélé des détournements de fonds pour un montant de 187 millions de yuans (22,5 millions d'euros).

La plus grande partie des fonds de compensation a été "retenue" par des responsables de l'arrondissement de Beichen de la ville de Tianjin, pour un montant de 340 millions de yuans, précise le Bureau national d'audit.

Ce dernier a également calculé qu'à la date du 31 mai 656 fournisseurs de matériel et 1 471 équipes de chantier travaillant dans le terrassement ou la construction de nouvelles gares le long de la ligne Pékin-Shanghai n'avaient pas été payés, le montant des arriérés s'élevant à 8,25 milliards de yuans (991 millions d'euros).

MULTIPLICATION DES AFFAIRES DE CORRUPTION

Les affaires de corruption dans les chemins de fer chinois se multiplient depuis le limogeage, au début de 2011, de l'ancien ministre des chemins de fer, Liu Zhijun, accusé d'avoir reçu des pots-de-vin de 800 millions de yuans dans le cadre de gros contrats pour l'expansion du réseau de lignes à grande vitesse en Chine.

Le réseau ferré à grande vitesse chinois, lancé en 2007, est déjà le plus long du monde : 13 000 kilomètres de voies devraient être posées cette année et 16 000 kilomètres en 2016. Mais la sécurité des TGV chinois a été mise en doute l'été dernier à la suite de la collision meurtrière de deux trains à Wenzhou. La vitesse d'exploitation a été limitée à environ 300 km/h après cet accident, contre 350 km/h prévus initialement sur certains tronçons.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 21 Mars 2012 01h09
L'industrie européenne à l'heure sino-indienne

LE MONDE ECONOMIE | 19.03.2012 à 15h23 • Mis à jour le 20.03.2012 à 10h26

Par Joël Ruet, économiste au CNRS, associé à l'Iddri-Sciences Po (avec Thomas Eymond-Laritaz, ingénieur des Mines)


Ces dernières semaines, si l'Europe monétaire inquiète, l'Europe industrielle attire.

L'indien Tata Communications envisage le rachat du britannique Cable & Wireless (C&W), valorisé à 1 milliard d'euros.

Le chinois Great Wall, premier constructeur de véhicules utilitaires, ouvre une usine d'assemblage automobile en Bulgarie, avec aujourd'hui un investissement mesuré - 97 millions d'euros - mais un objectif de 50 000 véhicules vendus en Europe en 2015. Signe d'un mouvement de fond, la China Investment Corporation (CIC), le fonds souverain chinois, a fléché 30 milliards d'euros pour des investissements dans l'Europe "en crise".

Cette vague d'investissements chinois et indiens ne manquera pas de soulever des questions auprès de l'opinion publique et des décideurs européens : quels intérêts stratégiques présentent-ils pour l'industrie européenne ?

Tata ne cache pas qu'il veut profiter de la crise en Europe, et son concurrent indien Infosys (technologies de l'information) recherche en France et en Allemagne des actifs de niche avec une bonne valorisation, c'est-à-dire... dépréciés, car leurs modèles économiques sont à bout de souffle.

CHEVAL DE TROIE

Le modèle chinois de Great Wall - qui consiste à assembler en Bulgarie des pièces made in China - pourrait par ailleurs inciter certains à croire qu'il s'agit d'un cheval de Troie pour contourner les régulations douanières européennes.

La véritable question qu'il convient de se poser est en fait de nature différente : dans une Europe en crise où les Occidentaux rechignent à investir, l'arrivée d'investissements chinois et indiens permettrait-elle de sauvegarder ou même de créer des emplois sur notre Vieux Continent ? Les exemples parlent d'eux-mêmes.

En 2008, Tata Motors rachetait Jaguar Land Rover sous perfusion et, aujourd'hui, ces marques fleurissent quand le suédois Saab, qui n'a pas pu l'être par les Chinois, a dû fermer. Les investissements portuaires de Cosco (China Ocean Shipping Company) en Grèce ont présidé à une augmentation de 50 % en deux ans des exportations grecques vers la Chine.

Le groupe automobile Chery souhaite rouvrir une ancienne usine de Fiat en Sicile avec l'italien DR Motor. Great Wall prévoit de créer 2 000 emplois en Bulgarie. Car qui dit création de valeur industrielle dit aussi création d'emplois.

RASSURER LES DÉCIDEURS

Cela suffira-t-il pour autant à convaincre les gouvernements et les opinions publiques européennes d'ouvrir leur porte à ces nouveaux venus ? Rien n'est moins sûr.

Si la Pologne, la Bulgarie ou le sud de l'Italie applaudissent à tout nouvel investissement, même venu de la lointaine Asie, le coeur de l'Europe industrielle reste plus frileux. Même à la City, Tata veut s'allier à des grands du capital-investissement pour partager les risques dans C&W, et rassurer ses clients gouvernementaux.

La situation ne manque pas de piquant : les puissances occidentales, qui ont prêché pendant des années, notamment par la voix du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, que les pays émergents devaient ouvrir leur marché du capital aux investisseurs étrangers, se voient maintenant accusées par ces acteurs émergents devenus riches de fermer leurs portes !

Le FMI et la Banque mondiale restant aux mains des Occidentaux, les Chinois et les Indiens vont devoir redoubler d'efforts de communication pour rassurer les décideurs et opinions publiques occidentales. Ces investisseurs du nouveau monde devront montrer qu'ils créent non seulement des emplois sur le court terme, mais aussi qu'ils investissent sur le long terme et partagent un système de valeur avec la Vieille Europe.

Malheureusement, un grand investisseur institutionnel chinois déclarait récemment qu'en Europe "les lois du travail sont dépassées (et) induisent la paresse, l'indolence". Ce n'est probablement pas avec ce type d'argument que l'Europe s'ouvrira...


Joël Ruet, économiste au CNRS, associé à l'Iddri-Sciences Po (avec Thomas Eymond-Laritaz, ingénieur des Mines)

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 22 Mars 2012 08h34
Shell signe un accord d'extraction de gaz de schiste en Chine

AFP - Le groupe anglo-néerlandais Shell a signé avec le chinois CNPC le premier accord d'exploration, de développement et de production de gaz de schiste en Chine, selon un communiqué.

Ce contrat signé mardi, pour lequel auquel détail financier n'a été rendu public, concerne une région de 3.500 km2 dans le bassin du Sichuan (sud-ouest de la Chine).

"Nous sommes ravis de franchir cette nouvelle étape dans notre coopération stratégique avec CNPC", a déclaré Peter Voser, le PDG de la Royal Dutch Shell, à l'occasion de la signature du contrat mardi.

"La Chine a un énorme potentiel dans les gaz de schiste et nous nous sommes engagés à contribuer à transformer ce potentiel en réalité", a poursuivi M. Voser.

Aucun responsable de CNPC ni de Shell en Chine n'était joignable dans l'immédiat.

Le PDG du groupe français Total Christophe de Margerie avait pour sa part indiqué le week-end dernier au Wall Street Journal qu'il discutait avec Sinopec, le concurrent de CNPC en Chine, de la création d'une co-entreprise d'exploration et de production de gaz de schiste.

L'exploitation des gisements de schiste, formations rocheuses riches en hydrocarbures, est montée en puissance ces dernières années grâce au forage à l'horizontale et à la fracturation hydraulique, cette dernière technologie étant accusée par les défenseurs de l'environnement de polluer les nappes phréatiques et l'air.

Le bassin du Sichuan est une région à très forte densité de population.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 22 Mars 2012 08h36
Dead loft story
Publié le 21 mars 2012

s : http://www.atlantico.fr/decryptage/interview-avant-execution-confessions-televisees-criminels-chinois-bbc-ding-yu-314097.html


La sinistre téléréalité à la chinoise... dans le couloir de la mort

Extrêmement populaire en Chine, l'émission "Interviews avant exécution" vient d'être supprimée après cinq ans d'existence. On pouvait y suivre les dernières confessions de condamnés à mort juste avant leur exécution.


C'était un rituel, chaque samedi soir : 40 millions de Chinois allumaient leur poste de télévision pour regarder un programme diffusé par la télévision du Hénan, une province du centre du pays, sobrement baptisé "Interviews avant exécution."

Pourtant, courant mars, le programme a disparu des ondes. Les familles chinoises ne pourront plus profiter des regrets exprimés par les condamnés quelques jours, voire quelques instants, avant leur exécution. Cinq ans après sa création, le programme était pourtant toujours très populaire.

C'est un tournage de la BBC qui semble avoir précipité sa chute : les autorités chinoises ont interrompu l'émission quelques jours avant la diffusion du documentaire, le 12 mars, sur BBC Two, craignant probablement une mauvaise publicité.

Maquillage impeccable et visage dur, la présentatrice Ding Yu était une véritable star. Mais ce n'est pas son sens de la compassion qui l'a rendue célèbre : comme le raconte le journal suisse Le Matin, Madame Ding a déjà déclaré à un condamné sur le point de mourir qu'il était "de la merde.gif" à ses yeux.

L'interview débutait en général par des questions anodines : quels genres de films regardez-vous ? Quels sont vos groupes de musique préférés ? Selon une technique bien rôdée, Ding Yu poussait ensuite ses interlocuteurs à confesser les détails les plus violents de leurs crimes. Les prisonniers, qui ne peuvent généralement pas recevoir la visite de leur famille avant l'exécution, finissaient par transmettre un dernier message à leurs proches, avant de s'éloigner vers le peloton d'exécution.

En Chine, il existe 55 crimes relevant de la peine de mort, allant du vol au crime d'Etat. Le but de cette émission : édifier les citoyens, les décourager de se livrer à ce genre de crimes.

"Certains peuvent trouver cela cruel d'interviewer un criminel alors qu'il s'apprête à être exécuté. Mais au contraire, ils veulent être entendus", déclare Ding Yu au début du documentaire. Le film la montre ensuite en train d'interviewer un homme qui a poignardé sa femme avant de brûler leur maison. "Quand je suis face à eux, je suis denisot25ux.jpge et je regrette pour eux. Mais je n'éprouve pas de sympathie. Ils doivent payer le prix fort pour ce qu'ils ont fait. Ils le méritent." Devant un condamné pour le meurtre d'un enfant, elle a un jour déclaré "tout le monde devrait vous haïr", raconte le quotidien britannique Daily Mail.

Depuis l'interruption du programme, Madame Ding s'est retranchée dans le silence. Avant cela, elle a tout de même rappelé que les personnes interviewées ont toujours donné leur accord pour participer à l'émission. Sur plus de 200, seuls cinq condamnés ont refusé l'entretien.

Trois épisodes ont été consacrés à l'histoire de Bao Rongting, un homosexuel condamné à mort pour avoir tué sa mère avant de violer le cadavre. Dans sa bande-annonce, le programme annonçait qu'il allait enfin "faire la lumière sur un mystérieux groupe de gens dans notre pays". Ces épisodes ont été les plus regardés de l'émission.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 22 Mars 2012 15h54
Bo Xilai aurait tenté de faire obstacle à une enquête criminelle sur sa famille

Le Monde.fr avec Reuters | 22.03.2012 à 09h45 • Mis à jour le 22.03.2012 à 09h45



Le gouvernement chinois a évincé l'ambitieux homme politique Bo Xilai parce qu'il avait tenté de faire obstacle à une enquête criminelle concernant sa famille, ont déclaré à Reuters deux anciens haut responsables. Selon ces deux anciens responsables, qui ont requis l'anonymat, les autorités centrales ont fait circuler ce week-end une note sur les tensions entre Bo et son ancien bras droit, Wang Lijun, maire adjoint et chef de la police de Chongqing jusqu'à récemment.

Ce document confirme pour la première fois que des divergences entre les deux hommes à propos de cette enquête ont conduit ce dernier à fuir et à demander l'asile au consulat des Etats-Unis de Chengdu, le 6 février. Selon les deux anciens responsables, cette note interne apparemment fondée sur le témoignage de Wang Lijun ne laisse pas de doutes sur le fait que Bo n'avait plus aucune chance d'accéder au comité permanent du bureau politique, le cénacle du pouvoir chinois, alors qu'il aurait pu faire l'objet d'une accusation d'abus de pouvoir . "Les autorités centrales ont déclaré que Bo portait une lourde responsabilité dans l'affaire Wang Lijun" a dit l'un des anciens responsables qui entretient des relations avec la direction du parti et citait des sources à Chongqing.

Selon lui, l'enquête criminelle de Wang portait notamment sur des accusations visant la femme de Bo Xilai, Gu Kailai. Peu après la confrontation entre les deux hommes, Bo a transféré Wang de son poste à la sécurité publique pour le placer à l'éducation, selon le premier ex-responsable.

Le brusque limogeage de Bo de son poste de chef du parti communiste de la municipalité de Chongqing la semaine dernière a mis au jour les tensions à l'œuvre au sein du parti avant la grande transition prévue à l'automne. "Même sans l'incident Wang Lijun, beaucoup de personnes étaient opposées à ce que Bo rejoigne le comité permanent. Il était ambitieux et sans scrupules, ce qui va à l'encontre de la façon dont les dirigeants chinois sont censés apparaître", a ajouté le second ex-responsable. Aucun commentaire n'a été fait par le bureau d'information du conseil des affaires de l'Etat.

Bo se trouve toujours à Pékin et n'a pas fait d'apparition publique, tandis que l'enquête sur Wang se poursuit. Bo avait riposté aux accusations portées contre lui lors d'une conférence de presse organisée en marge de la session annuelle du Parlement qui s'est achevée la semaine dernière. Il avait notamment affirmé que les personnes qui relayaient des accusations sur sa femme et son fils servaient les intérêts des criminels qu'il avait combattus à Chongqing.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h15
La Chine va arrêter les dons d’organes des condamnés à morts


Le recours aux prisonniers condamnés à mort chinois pour le don d'organes devrait être progressivement supprimé et remplacé par un système de donation volontaire étendu au pays, annonce The Guardian.

Les associations de défense des droits de l'homme dénoncent ce système depuis longtemps et accusent le gouvernement de faire pression sur les prisonniers pour qu'ils donnent leurs organes. Les autorités chinoises répliquent que le don est volontaire et que le système est abandonné, car les prisonniers sont en moins bonne santé que la population en général.

La population carcérale est particulièrement touchée par les infections bactériennes et fongiques, a déclaré le vice-ministre de la santé, Huang Jiefu, cité par l'agence officielle Xinhua. "Par conséquent, le taux de survie à long terme des personnes transplantées en Chine est encore en-dessous de celui d'autres pays", a-t-il regretté. Le haut fonctionnaire a annoncé que les hôpitaux pourraient bientôt compter sur un système national de dons d'organes qui est déjà testé dans seize provinces.

Pékin refuse de donner les chiffres, mais Amnesty International estime que les condamnés sont plusieurs milliers à être exécutés chaque année en Chine, soit plus que dans le monde entier. La Fondation Dui Hua, basée à San Francisco, pense quant à elle que ce nombre a atteint 5 000 personnes en 2009.


s : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/03/23/droits-la-chine-va-arreter-les-dons-dorganes-des-condamnes-a-morts/#xtor=RSS-32280322

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h16
Quand le béton trahit le fer
LE MONDE | 24.03.2012 à 13h21 • Mis à jour le 24.03.2012 à 13h21

Par Alain Faujas

Les mineurs ne savent plus trop à quel fer se vouer. Mardi 20 mars, lors d'une conférence réunie à Perth (Australie) sur les prévisions en matière de minerais de fer et d'acier, Ian Ashby, président de la division minerai de fer du géant BHP Billiton, a indiqué qu'il le voit devenir tout mollasson. Il anticipe une croissance de la demande chinoise retombant à un seul chiffre, "parce que la croissance de la Chine est en train de changer et son besoin en acier de ralentir".

Il faut dire que le premier ministre chinois, Wen Jiabao, a annoncé que la croissance de l'empire du Milieu ne serait cette année "que" de 7,5 %. Car Pékin a appuyé sur le frein pour assagir la spéculation immobilière qui a, peu à peu, déclenché une inflation généralisée provoquant des émeutes. Or, moins de crédits immobiliers veut dire moins de béton, donc moins de fer à béton, etc.

Pas du tout, a rétorqué dans la même enceinte David Joyce, patron des projets de la division minerai de fer de Rio Tinto. "D'ici à 2020, a-t-il prédit, la consommation d'acier prévue en Chine atteindra 1 milliard de tonnes (700 milliards en 2010), soit la moitié de la consommation mondiale et huit fois la consommation indienne."

Que nenni, a renchéri le rapport trimestriel du Bureau australien des ressources minières. Les mines chinoises s'appauvrissent, et Pékin va devoir trouver outre-mer plus de fer de qualité "qu'il importera d'Australie et du Brésil".

LES MINIÈRES EN BAISSE

Cette querelle d'experts a eu deux effets. Les cours des actions des grandes sociétés minières ont trébuché aussi sec, les boursicoteurs oubliant qu'elles s'apprêtent à leur verser, ce printemps, de copieux dividendes en raison des dizaines de milliards de dollars de bénéfices réalisés en 2011. Et le prix de la tonne de minerai de fer, qui végète depuis l'automne 2011, s'est inscrit, vendredi 23 mars, en baisse à Londres, à 146,50 dollars.

"En fait, le marché est stable malgré une demande soutenue, explique Guillaume Perret, directeur de Perret Associates à Londres. Ce paradoxe tient au fait que les compagnies minières peuvent désormais répondre à la demande sans difficulté, car elles ont fait sauter les goulots d'étranglement logistique qui les handicapaient. Les ports ont été modernisés, des voies ferrées ont été créées et elles ont l'embarras du choix pour trouver des bateaux sur un marché surcapacitaire. De ce fait, le marché était déficitaire ; il est aujourd'hui en léger surplus, et les prix sont appelés à baisser."

Jusqu'à 120 dollars la tonne, comme le prédit Ian Ashby ? A ce prix, les Chinois pourraient se porter à nouveau acheteurs pour équiper le béton, qui demeure une de leurs passions. Et le fer pourrait bien remonter derechef. Certes, mais quand ?

Alain Faujas

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h17
Pékin exerce sa tutelle sur l'élection à Hongkong
LE MONDE | 24.03.2012 à 14h27 • Mis à jour le 24.03.2012 à 16h03

Par Brice Pedroletti (Hongkong Envoyé spécial)


Menaces contre promesses de vote, alliances contre nature, services secrets, triades... Un drôle de théâtre d'ombres se joue autour de la sélection du chef de l'exécutif de Hongkong, ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997, qui a lieu dimanche 25 mars.

Seuls 1 200 électeurs triés sur le volet ont voix au chapitre et la composition du Comité électoral est telle que celui-ci ne peut faire abstraction des volontés de Pékin : sur les trois candidats, deux, Henry Tang et CY Leung, peuvent l'emporter. Le troisième, Albert Ho, qui représente le camp démocrate, ne peut compter que sur un maximum de 200 soutiens. Il reste un "choix interdit" aux yeux de Pékin, malgré l'autonomie accordée à la région administrative spéciale en vertu du principe "un pays, deux systèmes".

Le combat s'est compliqué depuis que le favori, Henry Tang, 59 ans, l'homme de la continuité - il était numéro deux de l'administration sortante - a été rattrapé par les scandales : plusieurs infidélités à sa femme et, surtout, des aménagements non autorisés dans l'une de ses résidences. Pékin, qui dit vouloir se conformer à la volonté populaire, a reporté son soutien sur CY Leung, 57 ans, passé en tête des sondages. Ce self-made-man, patron d'un cabinet d'expertise foncière et ancien secrétaire général du gouvernement, représente une autre facette des liens entre Hongkong et la Chine, plus idéologique et plus directe que celle des élites traditionnelles. M. Leung est décrit comme un serviteur zélé, voire un membre caché du Parti communiste (qui n'a pas de représentation officielle à Hongkong). "Il était écrit que la partie se jouerait à deux, mais au lieu d'un match entre gentlemen, on se retrouve avec une bataille entre les milieux d'affaires et les communistes", ironise Audrey Eu, une députée du Parti civique, l'une des composantes du camp démocrate.

Les enjeux politiques du moment à Hongkong sont le contrôle de Pékin, l'influence des milieux d'affaires et le passage à des élections au suffrage universel pour le chef de l'exécutif et le Parlement, inscrit dans la mini-Constitution de Hongkong mais sans cesse repoussé par Pékin. La nouvelle date putative, 2017, semble à beaucoup être un leurre.

Pour les défenseurs des acquis démocratiques de Hongkong (multipartisme, presse libre et justice indépendante), l'heure est grave : "Jusqu'à maintenant, l'inertie de la bureaucratie nous protégeait d'un bon nombre de dérives. Mais le contrôle chinois s'étend : vous avez partout des "organisations miroirs" contrôlées ou infiltrées par Pékin", dit Law Yuk Kai, directeur de Hong Kong Human Rights Monitor.

DOSE D'INCERTITUDE

Le retournement de la campagne a introduit une dose d'incertitude : Pékin craint qu'aucun candidat n'atteigne 601 voix, ce qui obligerait à recommencer le scrutin, avec de nouveaux candidats, en mai. "Cela montrerait que la main de Pékin n'est pas aussi efficace que les Chinois le souhaitent", souligne la députée Audrey Eu. La "main de Pékin" s'est donc faite plus lourde depuis que ce risque est avéré : des électeurs présumés d'Henry Tang ont été convoqués à Shenzhen, d'autres ont reçu des appels du bureau de liaison chinois à Hongkong. Même Li Kashing, l'homme le plus riche de Hongkong et soutien déclaré de M. Tang, a, selon la presse locale, été incité à voter pour CY Leung lors d'une rencontre avec Xi Jinping, le futur président chinois, à Pékin. D'une pichenette, Pékin a cru clouer le bec à la société civile : un vote parallèle en ligne organisé par l'Université de Hongkong a été suspendu en raison d'une cyberattaque vendredi.

En réponse, des milliers de gens ont voté dans des bureaux de vote improvisés. Le pari, pour les organisateurs de ce "vote de la rue", est d'atteindre au moins 50 000 participants. Assez pour ridiculiser le cercle restreint appelé à désigner dimanche le chef de l'exécutif.

Brice Pedroletti (Hongkong Envoyé spécial)



Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h18
Les Hongkongais se mobilisent pour un vote parallèle

Le Monde.fr | 24.03.2012 à 22h40 • Mis à jour le 24.03.2012 à 22h52

Par Brice Pedroletti


Vendredi soir 23 mars, 20 h 30, une longue queue serpente à la sortie de la station du MRT de Tai Wai (RER local), dans les Nouveaux territoires à Hongkong. Certains attendront plus d'une heure, ils frissonnent stoïquement dans le froid devant un minibus garé le long du trottoir. Il faut alors montrer sa carte d'identité, puis insérer dans l'urne la feuille de papier sur laquelle l'électeur aura coché l'une des cases correspondant à l'un des trois candidats officiels pour le poste de chef de l'exécutif à Hongkong (Henry Tang, CY Leung, ou Albert Ho), ou bien la case vide, l'équivalent d'un bulletin blanc. Ce vote "pirate" est organisé par le programme d'Opinion publique de l'Université de Hongkong et piloté par un spécialiste des sondages et poil à gratter de l'autoritarisme, le professeur Robert Chung. Il a eu lieu juste avant la véritable élection, dimanche 25 mars, du numéro un de Hongkong, par un "cercle restreint" de 1200 électeurs, dont près de 80% sont automatiquement acquis au choix de Pékin.

A l'origine, l'opération de M. Chung, destinée à sonder le désir du public pour le suffrage universel promis aux Hongkongais par la Chine mais sans cesse repoussé, devait avoir lieu en ligne, sur un site appelé popvote. Or, vendredi matin, après plusieurs tests réussis la veille, et un départ prometteur, le site s'est retrouvé submergé par des "dénis d'accès", près d'un million à la seconde, typique des cyber-attaques chinoises. Alertés par Facebook, par la presse et le bouche à oreille, plusieurs milliers de personnes se rendent donc depuis lors sur les 15 bureaux de votes fixes ou mobiles mis en place par les bénévoles et étudiants de l'université de Hongkong.

Avec un succès qui dépasse déjà les espérances des organisateurs : samedi à 12 h, alors que le scrutin avait été prolongé jusqu'à 16 heures et que le site a finalement été rétabli, plus de 100 000 personnes avaient déjà participé au "vote pirate" - dont plus de 10 000 dans la rue. "C'est une vraie-fausse élection", plaisante Law Yuk Kai, directeur de l'ONG Hongkong Human Rights Monitor, une organisation qui surveille les évolutions de la société civile à Hongkong. "Le vote réel, lui, est complètement bidon", insiste-t-il au sujet du scrutin de dimanche, cet observateur et co-organisateur des grandes manifestations qui ont rythmé la vie politique hongkongaise depuis la rétrocession à la Chine il y a bientôt 15 ans. Plusieurs partis du "camp démocrate", limité à un strapontin dans l'actuel processus électoral de Hongkong, et leurs dirigeants, soutiennent l'initiative popvote : ainsi du Parti civique, qui a appelé à "voter blanc" lors du scrutin citoyen.

"AVOIR SON MOT À DIRE DANS CES ÉLECTIONS"

Dans la file d'attente, vendredi soir à Tai Wai, on croisait quelques retraités, des gens d'âge moyen, des couples, mais surtout beaucoup de jeunes : "C'est notre responsabilité de nous exprimer par un vote. Et de montrer qu'on est tout à fait capable de choisir [celui qui va nous diriger] ", explique Yu Chin, un jeune instituteur en formation de 23 ans. Il a patienté 1 h 15 minutes avant de pouvoir mettre son bulletin dans l'urne. Le vote officiel du 25 mars est "pitoyable", dit-il. " Les candidats s'attaquent les uns les autres, mais ils sont totalement indifférents à ce qui nous préoccupe. Je vote blanc, aucun ne me convient", poursuit-il. Même pas Albert Ho, le candidat du camp démocrate, qui est dans l'impossibilité de gagner car plus des 80% du comité électoral de 1200 membres sont acquis aux deux autres candidats avec la bénédiction de Pékin : "sa candidature est symbolique, donc il n'est pas réellement prêt pour être le chef de l'exécutif. Les autres ? Ils ne représentent que des groupes d'intérêt et puis Pékin", dit-il.

Yick Man Kin, un jeune activiste de 25 ans qui collabore à un site de défense de la liberté d'expression appelé In-media, souhaite que l'expérience ait valeur de "référendum" : " le but est de faire fonctionner le mécanisme du référendum citoyen. Il y a déjà eu plusieurs tentatives, mais cela n'a pas suffi" poursuit-il. Il a été indigné d'apprendre que des hackers - dont personne ne peut à ce stade déterminer l'origine, même si tout le monde pense aux "services" chinois - avaient neutralisé le système de vote en ligne. Une étudiante-infirmière qui ne donne que son surnom, OI, dit qu'elle veut "avoir son mot à dire dans ces élections" : "je viens d'une famille modeste. Dans mon cas, par exemple pour les questions liées au système médical, je n'ai absolument pas le sentiment que ces candidats peuvent me représenter", dit-elle. A ses côtés, Edward Lau, 19 ans, étudiant, renchérit : "si on arrive à démontrer avec ce vote que l'opinion des gens diffère de celui des 1200 électeurs, alors ça prouvera qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans leur système". 1200 électeurs, c'est, dit-il, 0,02 % de la population de Hongkong (7 millions).

Brice Pedroletti

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h20
Hong Kong: un self-made man proche de Pékin élu à la tête de l'exécutif

HONG KONG (AFP) - Leung Chun-ying, un self-made man terne, réputé proche de Pékin, a été élu dimanche à la tête de l'exécutif de Hong Kong face à l'ancien numéro deux du gouvernement, Henry Tang, à l'issue d'un scrutin sans grand enjeu dénoncé par des milliers de manifestants pro-démocratie.

Cette élection au suffrage indirect était sans suspense, le chef de l'exécutif étant choisi sur sa capacité à ménager à la fois les autorités chinoises et les milieux d'affaires du territoire autonome.

A cette aune, Leung Chun-ying, 57 ans, présentait un profil idéal: ancien secrétaire général du gouvernement local, ce fils de policier formé au Royaume-Uni dirige un cabinet d'expertise foncière et conseille plusieurs provinces chinoises sur la réforme agraire.

Son ascension fulgurante au sein de l'appareil exécutif hongkongais a jeté une ombre sur cet homme dont l'effacement confine au secret: à 34 ans, il était catapulté secrétaire général du comité consultatif chargé de dessiner le statut de Hong Kong après sa rétrocession à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.

Malgré ses dénégations, cette nomination a nourri la rumeur accusant Leung, familièrement appelé "CY", d'être membre du Parti communiste chinois alors que le code électoral interdit au chef de l'exécutif toute appartenance partisane.

La Chine a félicité Leung dont l'élection "s'est déroulée conformément à la loi fondamentale (constitution, ndlr)" de Hong Kong, a déclaré un représentant chinois dans la mégapole financière.

Une fois en fonction, M. Leung dirigera Hong Kong "de façon à rassembler toutes les composantes de la société", a-t-il souligné.

L'ambassade américaine a publié un communiqué pour féliciter Leung et l'encourager à "poursuivre les progrès engagés en faveur du suffrage universel complet".

Leung Chun-ying, qui succède à Donald Tsang, s'est engagé à "tracer la voie pour plus de démocratie avec un système électoral ouvert et juste" d'ici 2017.

Il a été désigné avec une majorité de 57,4% des suffrages par un collège de 1.200 grands électeurs représentant l'élite locale, dont Li Ka-shing, l'homme le plus riche d'Asie.

Son rival, Henry Tang, 59 ans, ancien numéro deux de l'exécutif hongkongais, a recueilli 23,75% des voix et le candidat pro-démocratie, Albert Ho, dont la candidature était purement symbolique, 6,3%.

Des milliers de personnes s'étaient rassemblées aux abords du Centre des congrès de Hong Kong où se tenait le scrutin pour réclamer la démocratie et le suffrage universel direct aux cris de "Ne votez pas, ne votez pas"!.

Défait, Henry Tang, héritier d'un empire du textile, était perçu comme l'homme de Pékin jusqu'à une série de faux pas qui lui ont valu de dégringoler dans les enquêtes d'opinion et d'être lâché par ses soutiens chinois.

L'homme a d'abord dû s'amender publiquement et reconnaître, tête basse, des infidélités conjugales. Puis il a été sommé de s'expliquer sur des travaux réalisés sans permis dans l'une de ses résidences cossues et qu'il a mis sur le dos de sa femme.

Pékin s'était bien gardé d'intervenir de front dans la campagne.

Mais le Premier ministre Wen Jiabao avait fait subtilement connaître, quelques jours avant l'élection, sa préférence pour un candidat recueillant l'adhésion "d'une vaste majorité" des sept millions de Hongkongais. Une sentence qui sonnait le glas pour Tang et les matines pour Leung.

Région administrative spéciale (RAS), Hong Kong bénéficie en principe d'un large statut d'autonomie en vertu du modèle "un pays, deux systèmes".

Ses habitants jouissent d'une liberté de parole inconnue sur le continent mais Pékin garde la haute main sur la politique locale.

Une élection populaire officieuse organisée en ligne par l'université de Hong Kong a attiré plus de 220.000 personnes, dont 54% ont voté blanc.

© 2012 AFP


Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h24

Obama appelle Pékin à convaincre Pyongyang sur le nucléaire


par Alister Bull et Matt Spetalnick

SEOUL (Reuters) - Barack Obama a souhaité dimanche que la Chine use de son influence auprès de la Corée du Nord pour que Pyongyang renonce à se doter de l'arme nucléaire.

Lors d'une conférence de presse à Séoul, à la veille d'un sommet international sur la sécurité nucléaire, le président américain a exhorté les Nord-Coréens à abandonner leur projet de lancer le mois prochain un satellite d'observation, projet qui pourrait dissimuler en fait un test de missile à longue portée capable de transporter des têtes nucléaires.

L'attitude des Chinois, qui "récompensent les mauvais comportements et ferment les yeux sur les provocations délibérées des Nord-Coréens", ne mène de toute évidence à rien, a dit Barack Obama, qui entend évoquer ce problème lors de sa rencontre lundi avec le président Hu Jintao.

"Je pense que la Chine est vraiment sincère quand elle dit qu'elle ne veut pas voir la Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire", a dit le chef de la Maison blanche. "Mais il faut qu'elle le montre par des actes."

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé en début de semaine avoir été invitée par Pyongyang à se rendre en Corée du Nord, trois ans après l'expulsion de ses inspecteurs du pays.

Fin février, les Nord-Coréens ont décidé un moratoire sur les armes nucléaires, les tirs de missiles et les activités d'enrichissement d'uranium, en échange d'une reprise de l'aide alimentaire des Etats-Unis.

Mais ils ont aussi annoncé le lancement entre le 12 et le 16 avril d'un satellite pour marquer le centième anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, fondateur du régime communiste nord-coréen.

VISITE DANS LA ZONE DÉMILITARISÉE

Face à ces signaux contradictoires, Obama estime que Pyongyang doit prouver son véritable désir d'une reprise des négociations à six (les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie) sur son programme nucléaire.

Dans la matinée, le président américain s'était rendu dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées, à la fois pour manifester la solidarité de Washington à l'égard de l'allié sud-coréen et pour adresser un message de fermeté au nouveau dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Il a gagné en hélicoptère la base américaine de Camp Bonifas, tandis que de l'autre côté de la frontière la Corée du Nord observait une journée de recueillement en hommage à son "cher dirigeant" Kim Jong-il, décédé il y a cent jours.

"Vous êtes à la frontière de la liberté", a dit Barack Obama à une cinquantaine de militaires entassés dans le mess du Camp Bonifas.

"Le contraste entre la Corée du Sud et la Corée du Nord ne peut être plus évident, plus net, à la fois en termes de liberté et de prospérité", a ajouté le président américain, dont les prédécesseurs se sont aussi rendus le long de cette frontière, qualifiée par Bill Clinton d'"endroit le plus effrayant sur Terre".

Il a ensuite passé dix minutes sur une plate-forme d'observation donnant sur la DMZ, échangeant quelques mots avec les soldats de faction tandis que les drapeaux des Etats-Unis, de la Corée du Sud et des Nations unies claquaient bruyamment dans un vent froid.

Posté derrière une vitre blindée, il a observé à la jumelle la Corée du Nord.

La DMZ, créée le 23 mars 1953 lors de la signature de l'armistice de Panmunjeom, est une bande de terre d'une longueur de 238 km et d'environ 4 km de large, entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Elle coupe la péninsule coréenne de part et d'autre du 38e parallèle.

JOURNÉE DE RECUEILLEMENT EN CORÉE DU NORD

Elle est surveillée par 700.000 soldats nord-coréens et 410.000 soldats sud-coréens appuyés par la 2e division d'infanterie américaine.

La Maison blanche a présenté ce premier déplacement de Barack Obama le long de la DMZ comme une démonstration de la solidité des liens entre les Etats-Unis et la Corée du Sud mais aussi comme un message de gratitude adressé aux plus de 20.000 militaires américains déployés dans ce pays.

Plus de 50 dirigeants doivent participer lundi au sommet de Séoul, qui fait suite à la première rencontre de ce type organisée par Barack Obama en 2010 à Washington afin de lutter contre la menace du terrorisme nucléaire.

Ni la Corée du Nord ni l'Iran n'ont été invités et ils ne figurent pas non plus au programme officiel de ce sommet. Les programmes nucléaires de ces deux pays devraient toutefois être au coeur des entretiens bilatéraux qu'aura le président des Etats-Unis en marge de ce sommet de deux jours.

La visite de Barack Obama le long de la DMZ coïncide avec la fin du deuil de 100 jours observé en Corée du Nord après le décès en décembre de Kim Jong-il. Des dizaines de milliers de Nord-Coréens se sont rassemblés sur la place Kim-Il-sung dans le centre de Pyongyang.

Les drapeaux ont été mis en berne dans "chaque coin et recoin" du pays et des sirènes ont retenti en milieu de journée, ont rapporté les médias d'Etat. Les Nord-Coréens "accablés de douleur" ont observé trois minutes de silence.

Fils et successeur de Kim Jong-il, Kim Jong-un s'est incliné devant un portrait de son père au cours d'une cérémonie à laquelle participaient aussi son oncle Jang Song-thaek et le chef de l'armée, Ri Yong-ho.

Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h26
La Chine agitée par les spéculations politiques


Par Arnaud de La Grange

s : http://www.lefigaro.fr/international/2012/03/23/01003-20120323ARTFIG00645-la-chine-agitee-par-les-speculations-politiques.php

Pékin bruisse de rumeurs sur les rivalités et les intrigues entre les deux principaux clans au pouvoir.

La plus forte tempête politique chinoise depuis deux décennies, avec la chute de Bo Xilai, n'en finit pas de faire des vagues. Spéculations sur la guerre de succession en cours, rumeurs de coups d'État même, agitent les internautes, malgré la censure qui s'évertue à calmer le jeu.

Quelques informations, et beaucoup de potins, circulent, notamment via la presse de Hongkong ou des sites chinois basés à l'étranger. «Beaucoup sont certainement fantaisistes, explique un universitaire chinois, mais toute cette agitation inhabituelle atteste qu'il se passe quelque chose. Quand en Chine, les choses filtrent un peu, c'est que c'est sérieux…» Les dernières et plus folles rumeurs datent du début de semaine et concernent un «coup d'État militaire» dont l'instigateur aurait été Zhou Yongkang, s'appuyant sur la police armée populaire (PAP), une force paramilitaire. Proche de Bo Xilai, protégé de l'ancien président Jiang Zemin, l'homme supervise l'appareil de sécurité au sein des «Neuf», les membres du Comité permanent du Politburo. On parle même d'un échange de tirs entendus à Zhongnanhai, la «nouvelle Cité interdite», le complexe qui abrite les hauts dirigeants chinois au cœur de Pékin.

Tout est possible. Mais Pékin n'est pas Bamako, et l'on voit mal ce genre de sport putschiste pratiqué en Chine. En revanche, que les couteaux soient tirés entre les deux principaux clans politiques rivaux est beaucoup plus vraisemblable. Entre le camp du président Hu Jintao et celui des protégés de l'ancien président Jiang Zemin. Diverses sources, non confirmées une fois de plus, assurent qu'un violent différend aurait ainsi opposé Zhou Yongkang et le premier ministre, Wen Jiabao, au sujet du sort de Bo Xilai. On dit même que l'on aurait demandé au «tsar de la sécurité» de se faire discret, voire que ses faits et gestes seraient déjà «étroitement contrôlés». Wen Jiabao se serait aussi heurté à ses pairs, en évoquant de nouveau une relecture des événements de Tiananmen de 1989.

Mystérieux accident de Ferrari
Les «mystères de Chongqing» , qui ont tout déclenché, suscitent évidemment les plus fortes interrogations. Des éléments, non vérifiés semblent montrer que Bo Xilai et ses proches étaient l'objet d'enquêtes, avant même les événements. Bo aurait ainsi voulu intervenir dans une enquête impliquant quelqu'un de sa famille. Il en aurait été informé par Wang Lijun, l'ancien chef de la police de Chongqing, qui a tenté de se réfugier au consulat américain de Chengdu le 6 février dernier. Le «superflic» lui aurait déconseillé de se mêler de ce cas sensible. Furieux, Bo lui aurait retiré la charge des questions de sécurité, pour le cantonner aux questions d'éducation. Wang se serait alors senti menacé, et l'on connaît la suite.

Aujourd'hui, on avance que la femme de Bo Xilai elle-même, Gu Kailai, était visée par ces enquêtes. Qu'elle aurait été emmenée par des agents de sécurité. Que le couple serait en résidence surveillée. À Pékin, voire à Beidaihe, la station balnéaire de la nomenklatura, pour être interrogé par la Commission pour la discipline du Parti. Et que plusieurs proches de Bo Xilai au sein de l'armée ont été placés sous surveillance. Il est aussi avancé que, plus que la ligne politique rouge et «néomaoïste» de Bo Xilai, ce sont ses intrigues et sa manière de faire rompant avec les usages de la République populaire qui auraient causé sa perte. On le soupçonne ainsi, avec Zhou Yongkang, d'avoir cherché des «billes» sur le fils de Wen Jiabao et sa relation aux affaires. Ils auraient aussi travaillé à mettre des obstacles sur la route du futur président Xi Jinping, mettant en doute sa capacité à diriger le pays. «En ce sens, la mise à l'écart de Bo Xilai, personnage peu contrôlable, peut arranger beaucoup de monde, dans les deux camps», confie un observateur.

Enfin, dans ce contexte d'intrigues de palais, un spectaculaire et mortel accident de voiture survenu à Pékin intrigue les internautes. Le crash d'une Ferrari, dans lequel le conducteur a trouvé la mort tandis que deux jeunes femmes étaient blessées. L'identité des occupants de la voiture est pour l'heure un mystère. Le bruit court que le mort est le fils d'un haut dirigeant, un des «Neuf», le nom de Jia Qinglin étant évoqué. Une énigme qui ajoute encore à l'impression que la période est agitée dans l'arrière-scène politique chinoise.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h27
Chine: pour les paysans pauvres, le microcrédit passe par internet

Publié le 23.03.2012, 00h36


s : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/chine-pour-les-paysans-pauvres-le-microcredit-passe-par-internet-23-03-2012-1920112.php



Productrice laitière dans le nord de la Chine, Deligeerma a besoin de 4.000 yuans (480 euros) pour acheter du fourrage pour ses vaches pendant les rudes mois d'hiver. Grâce à un site internet , elle a déjà reçu un tiers de cette somme de quatre prêteurs dans le monde.
La paysanne de 37 ans fait partie des centaines de ruraux chinois pauvres qui recourent à un réseau social inspiré de Facebook pour emprunter de l'argent à des personnes qu'elles ne connaissent pas, en Chine et à l'étranger, afin de financer leur entreprise.

L'organisation américaine "Wokai" - "Je commence" en chinois - a lancé en 2008 ce site de microfinance qui a jusqu'à présent distribué 5,5 millions de yuans (660.000 euros) au bénéfice de plus de 900 personnes dans la région de Mongolie intérieure (nord), ainsi que dans la province du Sichuan (sud-ouest).
"C'est vraiment leur donner une opportunité de sortir de la pauvreté, de se constituer des moyens de subsistance durables", explique à l'AFP Casey Wilson, la cofondatrice de Wokai.
Pour sélectionner les dossiers des emprunteurs, Wokai travaille avec deux institutions chinoises de microcrédit, un système qui consiste à attribuer des prêts de faible montant à des entrepreneurs ou artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques.
Levier pour lutter contre la pauvreté dans les pays en développement, il a été développé par le professeur d'économie bangladais Muhammad Yunus, "le banquier des pauvres", récompensé par un prix Nobel de la paix en 2006.
Des centaines d'organisations de micro-crédit existent en Chine, mais elles sont bien insuffisantes par rapport à la demande de financement qui est énorme, notamment chez les petits exploitants ruraux.
Les agriculteurs sont souvent dans l'incapacité d'obtenir un financement bancaire parce que l'emprunt qu'ils demandent est trop faible et qu'ils n'ont pas d'actifs à offrir en garantie.
L'originalité du fonctionnement de Wokai est sa mise en relation directe entre celui qui emprunte et celui qui finance.
Le site web de Wokai affiche les profils de centaines d'emprunteurs potentiels soigneusement sélectionnés par les agents locaux de crédit. Ce sont principalement des agriculteurs qui ont besoin d'argent pour acheter du fourrage et des commerçants qui doivent réapprovisionner leurs rayons.
Multiplier l'argent
Les internautes du monde entier peuvent consulter ces profils et choisir ceux qu'ils souhaitent soutenir. L'argent est canalisé par des groupes locaux de microcrédit et les donateurs reçoivent des nouvelles régulières sur les emprunteurs, via le site internet.
Une fois le prêt remboursé, l'argent est redistribué à un autre emprunteur choisi par le donateur.
Dans les dix prochaines années, Wokai a l'objectif de sortir de la pauvreté 100.000 personnes, en étendant son concept à travers les régions centrales et occidentales de la Chine peuplées encore de millions de pauvres.
"Avec 200 millions de personnes qui vivent encore avec moins de 1,25 dollar par jour, il reste beaucoup à faire pour le développement et il faut inventer un modèle qui ne soit pas basé sur la charité, mais qui permette à l'argent de se multiplier", souligne Casey Wilson.
Ce fossé béant entre riches et pauvres, qui témoigne de l'envers du décor d'une Chine deuxième puissance économique mondiale, inquiète les dirigeants qui y voient une source d'instabilité sociale.
Le micro-crédit pourrait justement aider ces millions de Chinois qui ont été largement privés des bénéfices des 30 dernières années de croissance économique rapide, estime Du Xiaoshan, un expert de la micro-finance.
"Il est nécessaire d'aider ces gens vulnérables afin de réduire les écarts de revenu, leur obtenir un emploi et améliorer leur qualité de vie", souligne M. Du, un ancien chercheur à l'Académie chinoise des sciences sociales, un groupe de réflexion gouvernemental.
Le site qui met en relation des individus permet aux prêteurs de voir l'impact que leur générosité a sur l'emprunteur, relève Emily Davis, une responsable de Wokai.
Et le micro-crédit fonctionne bien avec les traditions chinoises. "Il y a une culture économique (chez les Chinois) de rembourser leurs dettes", a-t-elle assuré. "S'ils contractent une dette, ils veulent s'en défaire".

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h28
Ouganda: des jeunes filles envoyées par centaines se prostituer en Orient

Assise à une table, dans un bar décrépit des faubourgs de Kampala, Stella Kobusingye - un pseudonyme, à sa demande - a les yeux vides quand elle raconte le cauchemar qu'elle a vécu en Asie.

S'occupant difficilement d'un jeune fils et d'une mère malade avec les maigres revenus de son petit magasin, Stella entend un jour parler par un ami d'un emploi dans une boutique tenue par un Ougandais en Malaisie, payé 800 dollars par mois.

Après avoir vérifié que l'emploi existe bien, elle vend son magasin, se fait établir un passeport et achète un visa pour la Chine, par laquelle des intermédiaires, qui lui remettent un billet d'avion, lui affirment qu'elle doit transiter.

A son arrivée en Chine, elle est accueillie par une Ougandaise, emmenée dans un hôtel où elle découvre des dizaines d'autres jeunes compatriotes. On lui annonce qu'elle doit rembourser 7.000 dollars, prix de son voyage.

"Il n'y avait pas de travail là-bas, ils m'avaient menti. La seule raison pour laquelle ils m'avaient emmenée là-bas, c'est pour la prostitution", explique-t-elle.

Cette nuit-là, un Nigérian frappe à sa porte et lui dit qu'il a payé pour avoir un rapport sexuel avec elle. Gardée prisonnière dans sa chambre d'hôtel, privée de passeport, Stella est contrainte, parfois brutalement, de coucher avec jusqu'à cinq Nigérians chaque nuit.

Ses geôliers l'emmènent chez un sorcier ougandais, qui lui coupe des ongles et des poils pubiens et s'en sert pour des rituels censés lui valoir le mauvais sort si elle rompt le silence.

Le parcours de Stella est emblématique de celui d'un nombre croissant de jeunes Ougandaises contraintes de se prostituer après avoir été frauduleusement attirées à l'étranger, principalement au Moyen-Orient et en Extrême-Orient.

Alors que le pays connaît un chômage massif et que les emplois sont rares, des affichettes dans les centres commerciaux autour de Kampala proposent des emplois bien payés ou des études à l'étranger.

Il est impossible de dire combien d'Ougandaises ont été victimes de ce trafic, mais les responsables estiment que 600 d'entre elles sont contraintes à se prostituer rien qu'en Malaisie, un pays où elles peuvent entrer sans visa.

Au cours d'un récent séjour à Kampala, Hajah Noraihan, consule honoraire d'Ouganda en Malaisie, a montré une série de photos terrifiantes quant au sort des filles qui refusent la prostitution: celle du visage d'une jeune fille jetée du troisième étage, celle du corps d'une autre, assassinée, gisant sur le sol d'une chambre.

Des réseaux très organisés

Au cours des deux dernières années, au moins trois jeunes Ougandaises ont été tuées en Malaisie, selon elle. Depuis fin 2011, la police malaisienne a commencé à sévir, et au cours d'une descente en octobre, 21 jeunes Ougandaises ont été découvertes au même endroit.

Une soixantaine sont actuellement sous la protection des autorités malaisiennes, et quatorze ont été rapatriées vers l'Ouganda au cours des quatre derniers mois, selon Mme Noraihan.

Cette dernière, originaire de Kuala Lumpur, presse les autorités ougandaises d'agir à la source du problème. "Nous devons voir des actes, pas simplement des paroles, pas simplement des rapports", insiste-t-elle.

Une pression qui semble porter ses fruits. Jusqu'ici, en dépit de quelques arrestations de suspects, les autorités ougandaises ne s'étaient pas réellement attaqué aux réseaux.

Depuis peu, des responsables de l'immigration, de la police ou de la présidence se rencontrent à ce sujet et un groupe de députés demande à aller enquêter en Malaisie.

Mais ils font face à des réseaux de trafiquants très bien organisés, estime Asan Kasingye, directeur du bureau d'Interpol à Kampala.

"Au lieu de prendre dix filles, ils vont en prendre une par semaine, et si à l'aéroport l'une d'elle va en Malaisie, elle aura des documents disant qu'elle part pour des études", explique M. Kasingye.

L'Ouganda n'est qu'un pays parmi d'autres en Afrique sub-saharienne touchés par ce trafic d'êtres humains.

Stella, elle, a finalement pu rentrer chez elle, mais elle restera marquée à vie. Après avoir tenté de trouver un moyen de fuir la Chine, ses ravisseurs l'ont mise dans un avion pour la Malaisie, où elle devait être récupérée. Mais à l'aéroport de Kuala Lumpur, elle a été arrêtée par les responsables de l'immigration. Durant ses plusieurs mois de détention, elle a fait une fausse couche. Et a appris qu'elle était séropositive.

"Je veux retrouver ces gens et les faire mettre en prison pour le reste de leur vie, parce qu'à cause d'eux, je suis malade. Mais je dois aussi prendre soin de mon fils et de ma mère", dit-elle.


s : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120325.AFP1343/ouganda-des-jeunes-filles-envoyees-par-centaines-se-prostituer-en-orient.html

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h30
Le capitalisme d'Etat chinois a créé une classe de super riches

Quand les privilèges obtenues de l'Etat et non le marché permettent d'amasser des fortunes.

s : http://www.slate.fr/story/52083/parti-communiste-chinois-super-riches


omme chaque année, le magazine Forbes a publié son classement des personnes les plus riches du monde . Le hasard fait que, au même moment, bien loin des bureaux newyorkais de ce prestigieux magazine économique, se déroulait un autre événement annuel: la réunion de l’Assemblée nationale populaire (ANP) de Chine. Il s’agit officiellement de l’organe suprême de l’Etat chinois, qui représente le pouvoir législatif du pays. Curieusement, ces deux faits sont liés. La liste des délégués de l’ANP comprend presque toutes les plus grosses fortunes de Chine. D’ailleurs certaines d’entre elles figurent aussi au classement annuel de Forbes.

Un immense parlement
Composé de 2.987 députés, l’ANP est le plus gros parlement du monde. Ses réunions dans le Grand Palais du peuple, situé sur la légendaire Place Tiananmen de Pékin, font couler beaucoup d’encre. Non pas pour les décisions qui y sont prises, car cet organisme est plus symbolique qu’autre chose et n’a guère de pouvoir dans la pratique. Il se trouve que sa séance plénière annuelle coïncide avec la réunion d’une autre institution dont le nom est très prestigieux, mais le pouvoir très restreint: la Conférence consultative politique du peuple chinois .

Si ces rencontres annuelles sont importantes, c’est parce que les véritables dirigeants du pays y prononcent des discours pour partager leurs priorités et leurs inquiétudes avec les Chinois et le monde entier. Ainsi, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a fait savoir lors de cette réunion que la Chine devait mener d’urgence des réformes. Il a reconnu que les inégalités et la corruption étaient des problèmes majeurs en Chine et que son pays allait maintenant entrer dans une phase de croissance plus lente.

La «semaine de la mode pékinoise»
La réunion de l’ANP a également fait parler d’elle en raison de l’élégance de ses représentants. La journaliste Louisa Lim a attiré notre attention sur le magnifique ensemble de la déléguée Li Xiaolin (un Emilio Pucci d’une valeur de 2.000 dollars) ou encore le sac Alma, un modèle de la maison Louis Vuitton (2.500 dollars), de la députée Cheng Ming Ming. Il me semble pertinent de préciser que madame Li est la fille de l’ancien Premier ministre Li Peng et que madame Cheng, qui avait assorti à son sac Vuitton un ostentatoire manteau de fourrure, est la patronne d’une des plus grandes entreprises chinoises de cosmétiques.

Des députés de certaines minorités ont même combiné une tenue traditionnelle à de petits sacs Burberry à 800 dollars. La blogosphère chinoise, en pleine effervescence et de plus en plus audacieuse, n’a pas manqué de qualifier l’événement de «semaine de la mode pékinoise».

La probabilité que ces sacs, tailleurs ou ceintures soient des contrefaçons est plutôt faible: les députés de l’Assemblée nationale populaire de Chine peuvent s’offrir le luxe des originaux. Leur opulente élégance reflète leur immense fortune. Selon l'agence Bloomberg , en 2011, le patrimoine personnel des 70 délégués les plus riches a atteint les 90 milliards de dollars – soit 11,5 milliards de dollars de plus qu’en 2010.

L’Etat permet d’amasser des fortunes
Les délégués à la Conférence consultative politique du peuple chinois sont encore plus riches: le patrimoine personnel de chacun d’entre eux dépasse le milliard et demi de dollars (une hausse de 14% en comparaison de l’année dernière). Pour remettre ce chiffre en contexte, il suffit de savoir que le revenu moyen par habitant en Chine est de seulement 4.200 dollars par an. Bien que le revenu par habitant en Chine ait doublé par rapport à l’an 2000, il reste inférieur à celui de pays pauvres comme l’Afrique du Sud ou le Pérou.

La présence des Chinois super-riches dans ces organes de l’Etat date d’une décision délicieusement ironique: il y a dix ans, le secrétaire du Parti communiste, Jiang Zemin, a décidé de permettre aux «capitalistes» de devenir membres du parti. Si de nombreux riches y ont adhéré, il est également vrai que beaucoup de membres du parti se sont enrichis.

«C’est l’histoire de l’œuf et la poule: sont-ils puissants politiquement parce qu’ils sont riches, ou sont-ils riches parce qu’ils ont une forte influence politique?»

C’est la réflexion que se fait Rupert Hoogewerf, l’éditeur du magazine Hurun Report qui publie une liste annuelle des 1.000 Chinois les plus fortunés. Le magazine Forbes et sa liste des personnes les plus riches peut aider monsieur Hoogewerf à répondre à la question qu’il se pose. En étudiant comment les personnes les plus riches ont amassé leur fortune, il apparaît clairement qu’elles l’ont fait sous l’égide (pour dire le moins) des gouvernements. Dans beaucoup de pays, l’Etat, et non le marché, demeure la voie d’accès des richesses colossales. A cet égard, la Chine ne fait pas figure d’exception.

Moisés Naím

Traduit par Micha Cziffra

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h31
Des entreprises de l'Ouest se fédèrent pour exporter en Chine

vendredi 23 mars 2012

s : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Des-entreprises-de-l-Ouest-se-federent-pour-exporter-en-Chine-_22039-avd-20120323-62492590_actuLocale.Htm


Il y avait du beau monde, jeudi, chez Olmix à Lintan. Pierre Lellouche, secrétaire d'État au commerce extérieur, a visité l'entreprise en compagnie d'une brochette de personnalités. Une cinquantaine de chefs d'entreprise du Grand Ouest avec également été invités.

« Les Chinois ont un problème de mycotoxine », explique Hervé Balusson, le bouillant PDG d'Olmix. Il s'agit de toxines élaborées par certaines espèces de champignons microscopiques, comme les moisissures. « Nous sommes les seuls au monde à avoir la solution pour les neutraliser. »

Il y aurait donc un énorme marché à prendre en Chine. Mais la société Olmix (250 salariés, dont 150 à l'étranger) ne peut pas y aller seule. Elle propose donc à ses partenaires de les accompagner. Associée à PRP, autre entreprise bréhannaise, et à Sersia (Pacé, en Ille-et-Vilaine), spécialiste de la génétique bovine, elle veut lancer « un pôle d'excellence franco-chinois de la filière laitière ».

L'export, c'est l'emploi

Le secrétaire d'État est emballé. « En Allemagne, 400 000 PME et PMI travaillent à l'export. En France, il n'y en a que 100 000 », dit-il. Pour Pierre Lellouche, exporter vers l'Europe ne suffit plus. « La croissance, il faut aller la chercher là où elle est. C'est-à-dire en Asie, et en particulier en Chine. L'export, c'est l'emploi, c'est notre richesse de demain. »

Il se félicite de voir se créer « une sorte de cluster de sociétés autour d'Olmix. Nos entreprises ne savent pas travailler en réseau. Pourtant, ce qui marche, c'est d'y aller en groupe, en filières ». Tous les participants le savent, c'est ce que font très bien d'autres pays, comme la Hollande ou l'Allemagne.

Hervé Balusson a profité de la venue de Pierre Lellouche pour lui demander l'appui de l'État. Avec les patrons de PRP et de Selsia, il voudrait « faire venir ici les cinq plus gros industriels chinois qui représentent 80 % du marché du lait ». Il pense « louer un château ». Ce serait une « invitation officielle de la France ». Et, « en contrepartie de l'aide de Bercy, la porte est ouverte à d'autres PME ».

Le Vietnam aussi

Olmix a aussi profité de cette visite ministérielle pour signer une convention qui l'unit à quatre partenaires, sous l'égide d'Oséo, agence de l'innovation. Ce sont PRP, la Sica de Saint-Pol-de-Léon (légumes) et deux centres de recherches universitaires : l'UBS et le CNRS. Il s'agit de traiter 20 000 tonnes d'algues vertes (fraîches).

Une séparation de leurs molécules permet notamment de créer des « bio-matériaux pour la substitution des farines de poissons ». Ce process intéresse des chercheurs au Vietnam. « Ceci nous laisse espérer d'importants débouchés », affirme Hervé Balusson.

Claude LEMERCIER.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h33
Les lois de l'économie s'appliquent aussi à la Chine

LE CERCLE. (par Jeffrey Frankel) - La Chine s'est-elle préparée à un atterrissage en douceur pour son économie en surchauffe, parviendra-t-elle à un taux de croissance plus durable à long terme, ou bien le dragon chinois va-t-il s'écraser comme plusieurs de ses voisins dans le passé ?


Bahreïn – C'est la question que se posent les observateurs. Mais certains, notamment les hommes politiques américains en cette année d'élection présidentielle, ne s'intéressent qu'à une chose : la balance commerciale de la Chine.

Il est vrai que jusqu'à il y a peu le yuan était nettement sous-évalué et l'excédent commercial chinois était considérable. Cette situation change. Les forces du changement étant à l'œuvre au sein de l'économie chinoise, il faudrait qu'à l'étranger la perception s'ajuste à cette nouvelle donne.

L'excédent commercial de la Chine a culminé à hauteur de 300 milliards de dollars en 2008, mais depuis il est à la baisse (les chiffres officiels indiquent même un déficit de 31 milliards de dollars en février, le plus important depuis 1998). On sait exactement ce qui s'est passé. Depuis que la Chine a rejoint l'économie mondiale il y a 30 ans, ses partenaires commerciaux se sont rués sur les produits manufacturés qu'elle exporte, leurs prix étant super-compétitifs du fait des bas salaires chinois. Or depuis quelques années on assiste à un réajustement des prix relatifs.

Ce changement peut se mesurer à l'aune de l'appréciation du taux de change réel du yuan, dû en partie à l'appréciation nominale du yuan par rapport au dollar et en partie à l'inflation. Le gouvernement chinois aurait dû s'appuyer davantage sur le taux de change, mais comme il ne l'a pas fait, cette appréciation s'est manifestée sous forme d'inflation.

Le processus d'ajustement naturel des prix a été retardé. D'une part en 1995-2005 les autorités sont intervenues pour maintenir pratiquement fixe le taux de change du yuan par rapport au dollar, d'autre part les ouvriers des usines de plus en plus productives de la côte est de la Chine n'étaient pas payés à leur juste valeur (il est vrai que l'économie n'a pas achevé sa transition du maoïsme au capitalisme). Ainsi la Chine a continué à vendre à prix cassé au reste du monde.

C'est alors que les autorités ont finalement laissé le yuan s'apprécier par rapport au dollar (au total d'environ 25% pendant les périodes 2005-2008 et 2010-2011). Par ailleurs la main d'œuvre s'est faite plus rare et les salaires ont commencé à augmenter. Au cours des trois dernières années le salaire minimum a fortement augmenté (en moyenne de 22% en 2010 et 2011) à Pékin, à Shenzhen et à Shanghai. Mais durant la même période les autres coûts (les charges des entreprises et le prix des terrains) ont augmenté encore davantage.

C'est ce qui explique que la sous-évaluation substantielle du yuan a fortement diminué depuis quelques années. Une comparaison des prix en Chine avec ceux des pays disposant d'un niveau de revenu analogue montre que le yuan était sous-évalué de 25% par rapport au dollar en 2009 (l'effet Balassa-Samuelson). Mais son appréciation réelle depuis trois ans a été de 12%, ce qui a réduit presque de moitié sa sous-évaluation.

L'ajustement des prix devrait se poursuivre, car les salaires relatifs continuent de progresser. Le taux de change réel du yuan est déjà plus proche de sa valeur d'équilibre que celui de la plupart des autres devises.

Comme les coûts augmentent dans les régions côtières, différents ajustements ont lieu. Certaines usines se déplacent vers l'ouest où le prix des terrains et le montant des salaires sont plus faibles et certaines entreprises exportatrices se délocalisent dans des pays comme le Vietnam où ils sont encore plus bas. Autre facteur d'ajustement, les entreprises chinoises commencent à s'automatiser (substituant ainsi le capital à la main d'oeuvre) et produisent des biens de plus en plus sophistiqués. Elles suivent en cela le chemin ouvert par le Japon, la Corée et d'autres pays asiatiques (le modèle asiatique parfois qualifié de schéma de croissance en "vol d'oies sauvages"). Finalement, les multinationales qui se sont délocalisées en Chine depuis les USA ou tout autre pays riche font maintenant le chemin inverse pour des raisons de productivité.

Les spécialistes de la Chine savent cela depuis longtemps. Mais beaucoup de dirigeants occidentaux (et pour être équitable, leur électorat) sont incapables de sortir du syllogisme qui semblait incontestable il y a seulement 10 ans :
- La Chine a rejoint l'économie mondiale.
- Les salariés chinois sont payés 0,5 euro de l'heure.
- Il y a un milliard de Chinois.
- Leurs salaires n'évolueront jamais selon les lois économiques communément admises, aussi les exportations chinoises vont-elles augmenter sans limite.
Mais en fin de compte il s'avère que les lois fondamentales de l'économie s'appliquent aussi à la Chine.

A l'image d'autres aspects des relations économiques sino-américaines, les changements auxquels procède la Chine rappellent ceux du Japon, avec 30 ans de décalage. En 2011 le Japon a connu son premier déficit commercial depuis 1980. Des facteurs spécifiques ont joué un rôle l'année dernière, notamment le prix du pétrole et les conséquences du tsunami de mars 2011. Mais la tendance est évidente. La balance des comptes courants elle aussi affichait un déficit en janvier.

Cette évolution n'a guère attiré l'attention des USA et des autres partenaires commerciaux du Japon. C'est curieux, car il y a 20 ans ils s'inquiétaient du formidable excédent commercial japonais - exactement comme pour la Chine aujourd'hui. A cette époque certains commentateurs influents clamaient que le Japon avait trouvé un modèle économique supérieur aux autres et que le reste du monde serait bien inspiré de suivre son exemple. C'était cela, ou alors les Japonais "trichaient" - auquel cas il fallait les arrêter.

La plupart des économistes rejetaient ces thèses "révisionnistes", estimant que l'excédent des comptes courants japonais était dû à un taux d'épargne publique élevé, lié à la démographie et non à des différences culturelles ou à la politique du Japon. La population japonaise était relativement jeune comparée à celle d'autres pays avancés, mais elle vieillissait rapidement en raison de l'allongement de la longévité et de la baisse de la natalité depuis les années 1940.

Ce point de vue s'est trouvé justifié. En 1980, 9% de la population japonaise était âgée de plus de 64 ans et ce taux s'élève aujourd'hui à 23%, l'un des plus élevé du monde. En conséquence les Japonais qui il y a 30 ans économisaient pour leur retraite cassent maintenant leur tirelire, exactement ce que prévoit la théorie économique. Et l'excédent des comptes courants a baissé parallèlement au taux d'épargne publique.

La Chine est confrontée à une tendance démographique analogue et elle encourage aussi la consommation des ménages pour soutenir la croissance du PIB. De même qu'au Japon, la tendance à la baisse de l'épargne se traduira sur ses comptes courants. Les lois de l'économie internationale continuent à s'appliquer !

Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz


s : http://lecercle.lesechos.fr/economistes-project-syndicate/autres-auteurs/221144914/lois-leconomie-sappliquent-aussi-a-chine

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h34
Quand la Chine.com se prend à rêver de l'international

Le gratin de l'Internet chinois s'est donné rendez-vous pour deux jours à Paris, l'occasion de montrer les nouvelles ambitions d'entreprises tentées par le grand large.


Attention, opération séduction de la high-tech chinoise en France. Les grands noms de l'Internet chinois se sont donné rendez-vous, hier et aujourd'hui à Paris, pour faire connaître leur activité à l'occasion du Salon China Connect. Une démarche qui illustre bien la situation paradoxale dans laquelle se trouvent les Baidu, Sina, Tencent et autres Renren : géants aux patrons stars dans leur pays, ils peinent aujourd'hui à apparaître sur le radar au niveau mondial.
La raison, il faut la chercher dans les spécificités de l'Internet chinois. Fortement surveillé, mais aussi protégé par certaines régulations, le Web chinois s'est avéré être une forteresse imprenable pour les grands noms internationaux du secteur. Google , Facebook ou Twitter s'y sont cassé les dents à cause de la censure ; eBay ou Yahoo! ne sont pas parvenus à percer commercialement. Un monde à part, donc, dont les principaux acteurs chinois ont vite été étiquetés, en Occident, simples copies des géants américains. Aujourd'hui pourtant, cette vision condescendante est remise en cause (lire en encadré). Conscients de leurs capacités d'adaptation, et même d'innovation, les groupes chinois se débarrassent peu à peu de leur complexe d'infériorité et regardent vers l'étranger, non sans ambitions. Baidu tente de prendre pied au Japon et à Taiwan. Tencent a ouvert une filiale à Boston. Et le volontariste Jack Ma, le patron d'Alibaba, s'est personnellement installé à San Francisco, bien décidé à américaniser sa société et même, si Washington ne s'y oppose pas, à absorber Yahoo!, son encombrant actionnaire.
Forte composante culturelle

Cet attrait du grand large tient à plusieurs causes. D'une part, « le marché chinois se caractérise aujourd'hui par une concurrence féroce », note Franck Nazikian, qui organise à Pékin le forum ChinICT consacré à l'Internet chinois. D'autre part, ajoute Mark Natkin, fondateur de la société Marbridge Consulting, « la nécessité de diversifier le risque devient une évidence, surtout pour un groupe comme Baidu, en situation de quasi-monopole en Chine » . A quoi s'ajoute, note un bon connaisseur de ce milieu, « un contexte réglementaire qui exaspère les entrepreneurs en Chine ». Face aux règles changeantes et parfois absurdes qui régissent l'Internet chinois, l'Occident représente donc une alternative tentante.
La stratégie payera-t-elle ? Sur ce point, les tout premiers retours d'expérience ne sont pas encore très convaincants. Au Japon, Baidu aurait bien du mal à percer. Cela n'étonne guère Mark Natkin, qui note que « répliquer à l'étranger ce qu'ils ont su faire en Chine risque de s'avérer difficile ». Et de citer l'exemple de Taobao, supermarché du low cost où pullulent les produits contrefaits, « qui n'aurait presque aucune chance, en l'état, sur un marché occidental ».
« Ce sont des métiers de service », ajoute Ben Cavender, qui dirige CMR Consulting à Shanghai, en insistant sur « la forte composante culturelle et l'impératif de comprendre finement le marché ». « Rares sont les équipes dirigeantes parlant un anglais correct », ajoute Franck Nazikian. Autant de raisons qui font dire à Mark Natkin, résumant l'opinion générale, que « ce processus prendra très probablement du temps, à l'image de la démarche très progressive qu'ont dû adopter les équipementiers télécoms chinois pour percer, peu à peu, sur les marchés étrangers ». Mais une fois de plus, attention à la condescendance : « Il ne faut pas sous-estimer l'ambition de ces entrepreneurs », remarque Ben Cavender. Partis souvent de rien, déterminés à tout sacrifier pour la réussite de leur projet, « la plupart ne voient pas de raison de ne pas devenir numéro un mondial »...

Gabriel Grésillon, Les Echos


s : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0201965707625-quand-la-chine-com-se-prend-a-rever-de-l-international-304965.php

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h35
Chine: des rumeurs de coup d'Etat sur l'internet illustrent la nervosité publique

De Marianne BARRIAUX (AFP) –

PEKIN — Des rumeurs de coup d'Etat se sont propagées ces derniers jours à Pékin, illustrant selon des experts la nervosité de l'opinion publique après le limogeage du leader controversé Bo Xilai, qui a mis au jour les luttes de succession au sommet du Parti communiste.
L'internet, espace de liberté en Chine sérieusement encadré par la censure, s'est emballé cette semaine autour de folles informations diverses, comme l'accident d'une Ferrari qui aurait coûté la vie au fils d'un dirigeant, des coups de feu qui auraient retenti au coeur de Pékin ou encore d'hypothétiques mouvements de blindés dans la capitale.
"Les gens sont nerveux (car) il n'y a pas beaucoup d'informations disponibles", a expliqué jeudi à l'AFP Bo Zhiyue, un expert de la politique chinoise de l'Université nationale de Singapour.
"Ils sont avides d'informations nouvelles, et s'il n'y a rien de nouveau, alors ils inventent des informations", a-t-il ajouté.
Bo Xilai, le chef charismatique du Parti communiste chinois (PCC) de la mégapole de Chongqing (centre ouest), a été limogé jeudi alors qu'il aspirait à devenir cet automne l'un des membres du comité permanent du Bureau politique du Parti, le coeur du pouvoir.
M. Bo a rejoint dans sa chute son ancien bras droit, Wang Lijun, un chef policier aux méthodes radicales sanctionné après une rocambolesque visite dans un consulat américain où il aurait tenté d'obtenir l'asile politique.
Ces péripéties -- très rares dans la vie politique chinoise centrée sur un parti unique très opaque -- ont brisé l'image d'unité que souhaite donner le PCC et alimenté toutes les spéculations.
L'agence officielle Chine nouvelle n'a en effet donné aucune raison pour l'éviction de Bo, un thème très sensible bien entendu interdit d'enquête pour les autres médias.
Résultat, les rumeurs courent. Dont celle d'une tentative de coup d'Etat fomentée par le très puissant Zhou Yongkang, responsable de la police au sein de la direction du Parti.
Plus tôt cette semaine, des internautes ont commencé à propager sur les microblogs des informations et des photos montrant la présence de chars sur une des artères principales de Pékin, où auraient été entendus des coups de feu. Mais le niveau de sécurité dans la capitale semblait inchangé jeudi, rendant improbable cette thèse.
Un document officiel prétendument divulgué sur le web par des membres de haut rang du Parti, apparaît lui davantage crédible. Il montre que l'un des membres de la famille de Bo Xilai aurait fait l'objet d'une enquête pour corruption.
Selon ce document, M. Bo s'en serait pris à Wang Lijun juste après que celui-ci lui aurait annoncé ces soupçons pour corruption visant l'un de ses proches. Face au courroux de son supérieur, M. Wang aurait alors tenté de demander l'asile au consulat des États-Unis.
Quant à la Ferrari, l'accident mortel semble bien s'être produit à Pékin, sans que l'on ait une confirmation sûre de l'identité du conducteur. Les spéculations ont enflé car ce fait divers a fait l'objet d'une vaste censure automatique sur la Toile.
Celle-ci se poursuivait jeudi: sur Sina Weibo, le Twitter chinois, étaient censurés les mots "coups de feu", "Bo Xilai", "Wang Lijun" ou encore "Bo Guagua" (le fils de M. Bo).
"Tout cela signifie que les luttes de faction (au sein du Parti) ont éclaté en plein jour", a commenté Willy Lam, de la Chinese University de Hong Kong.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h37
La Chine devient le premier marché mondial pour les smartphones et les tablettes

s : http://www.challenges.fr/monde/20120322.CHA4599/la-chine-devient-le-premier-marche-mondial-pour-les-smartphones-et-les-tablettes.html


La Chine a pour la première fois dépassé en février les Etats-Unis en termes de téléphones multifonctions et tablettes activés, selon une étude du cabinet Flurry publiée mercredi, qui comptabilise l'activation d'appareils utilisant les systèmes d'Apple et de Google (Android).

"En janvier 2011 les Etats-Unis représentaient 28% du total des activations d'appareils sous iOS (ndlr: le système d'exploitation des iPhones, iPad et iPod Touch) et Android, alors que la Chine en représentait 8%. En février, Flurry a calculé que la Chine avait surpassé les Etats-Unis dans les activations mensuelles de nouveaux appareils sous iOS et sous Android pour la première fois de l'histoire", a souligné Flurry sur son blog .

"Maintenant que la Chine vend plus d'appareils (multifonctions) par mois que les Etats-Unis, cela veut dire que l'écart se réduit en termes d'appareils existants", souligne Flurry.

Explosion du marché des applications en Chine

Le cabinet note aussi que la Chine compte déjà deux fois plus d'appareils multifonctions en circulation que le Royaume-Uni.

Avec cet engouement pour ce type de produits, la Chine représente déjà "le deuxième plus grand pays au monde pour l'économie des applications".

Le nombre de fois où des applications ont été ouvertes et utilisées a explosé de 1.126% en Chine entre le premier trimestre 2011 et le début de cette année, contre un simple doublement aux Etats-Unis, note Flurry, un cabinet californien spécialisé dans l'analyse du marché des applications.



(Avec AFP)

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h39
CULTURE-MATCH | SAMEDI 24 MARS 2012
LA FINE FLEUR DE LA CHINE

ès qu’on rencontre un Chinois, il aime rappeler que son peuple a derrière lui quatre mille ans de civilisation sans discontinuer. C’est vrai : de la mythique ­dynastie Xia, deux mille ans avant notre ère, à la chute des Qing en 1911, l’empire du Milieu et son chef, le Fils du ciel, ont démenti la formule des historiens selon laquelle toutes les civilisations sont mortelles. Par quel miracle ? Grâce à son administration et à ses fameux mandarins. Très tôt, ­l’immense Chine a confié son sort à des lettrés bardés de ­diplômes plutôt, comme ailleurs, qu’à des héritiers qui s’étaient contentés de naître. Le programme des concours était très lourd et les matières nombreuses : poésie, calligraphie, commentaires de textes classiques…

Sans rapport avec le travail administratif, le bachotage menait aux épreuves qui se tenaient tous les trois ans. Quand un étudiant était reçu, sa famille disait qu’il était monté au ciel au-dessus des nuages bleus. C’était voir la vie en rose, car on savait aussi que « servir l’empereur, c’est accompagner un tigre ». Un fonctionnaire était soit zélé, soit condamné. A la moindre entorse, on ­risquait d’être muté aux confins de l’empire, si ce n’est de perdre sa tête. D’où, pour les plus riches et les plus puissants d’entre eux, le besoin vital d’échapper à la routine, aux ­dangers et aux humiliations liés à leur fonction. C’est ainsi que sont nés les jardins de lettrés. De quoi s’agissait-il ? D’une échappée belle où les plus puissants commis de l’Etat se réfugiaient dans la peinture, la calligraphie, la poésie, la rêverie – et, pour finir, la sérénité. En pleine ville, on creusait des bassins, on dressait des ­rochers, on bâtissait des pavillons et on plantait arbres et fleurs pour recréer un monde miniature idéal dans la résidence du riche haut fonctionnaire accablé de responsabilités. Un mot ­d’ordre régnait : harmonie.

Organisée autour d’un savant désordre : aucune pièce d’eau n’était géométrique puisqu’elles évoquaient les lacs ou la mer, et nulle ­symétrie n’était tolérée puisqu’on reproduisait la nature et ses surprises. Comme les démons ne se déplacent qu’en ligne droite, on ne dessinait même que des chemins tortueux. Tout était symbole. Les orchidées incarnaient le printemps, les bambous l’été, les chrysanthèmes l’automne et les pruniers l’hiver. Sur le sol, on dessinait des animaux et des fleurs ou on inscrivait des citations, de sorte que la fantaisie de l’érudit parte en voyage dans son propre jardin. La douceur de ces mosaïques de pierres aux teintes grises, blanches, roses ou bleu pâle n’avait rien à voir avec les couleurs criardes chères aux fêtes chinoises.

DES TRÉSORS DU PASSÉ

Certains de ces jardins faisaient plusieurs hectares mais, dans les plus petits, pour donner l’illusion de l’espace, on encadrait le paysage dans une fenêtre ou on empruntait ses hauts lieux à la ville en glissant telle ou telle pagode lointaine comme arrière-plan. ­Aujourd’hui, au-delà des murs d’enceinte, ce sont les buildings qui poussent comme le ­bambou après la pluie là où, pendant des siècles, des mandarins, abandonnant tenues et cérémonial, ont écrit, peint et discuté pour jouir en petit comité du vin, de la poésie et de la nature. Les uns étaient bouddhistes, les ­autres confucianistes, d’autres encore taoïstes (disciples de Lao-tseu), mais la ­plupart étaient les trois à la fois car la Chine, peuple volcanique mais peu religieux, ne s’est jamais entretuée pour des raisons de foi.

Grâce à des prêts exceptionnels venus de Chine et des Etats-Unis, Catherine Delacour, conservateur en chef de la section Chine de Guimet, expose des pierres, des peintures, des calligraphies et une centaine d’objets liés aux activités de ces lettrés (pots à pinceaux, pierres à encre…), mais si vous voulez voir de vos yeux ces lieux paradisiaques classés au ­patrimoine de l’humanité, c’est à Suzhou que vous devez vous rendre. Jusqu’au XIXe siècle, à mi-distance entre Pékin et Canton, c’était la ville clé de la Chine du milieu, là d’où ­venaient un très grand nombre de hauts fonctionnaires qui y aménagèrent des dizaines de jardins paradisiaques. Une ­immense jacquerie paysanne ayant chassé les riches familles de la ville de 1845 à 1865, la plupart allèrent se réfugier à 100 kilomètres de là, dans un petit port protégé par la flotte anglaise, Shanghai.

Le petit port est devenu gigantesque et Suzhou ne s’est jamais remis du départ de ses riches habitants, mais cette ruine l’a préservé des ravages de l’urbanisme au XXe siècle. Résultat : malgré la Révolution culturelle, qui a ­détruit une quinzaine de jardins, il en reste neuf éblouissants. Dans ce pays toujours maoïste, on continue de citer les quatre « vieilleries » du Grand Timonier (la politique, l’économie, le Parti et l’idéologie) mais on ne détruit plus les trésors du passé. Allez au musée Guimet puis, à Shanghai, prenez un billet de TGV (vingt minutes) à la recherche du paradis perdu.




Gilles Martin-Chauffier - Paris Match


Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h41
La vierge rouge du Web

Par Arnaud de la Grange
le 22 mars 2012 9h43

s : http://blog.lefigaro.fr/chine/2012/03/une-mediatique-vierge-rouge.html




La Chine n'échappe pas aux grands mouvements de société mondiaux, comme celui qui voit un retour en grâce d'une certaine virginité féminine. Une jeune femme de Wuhan a lancé un site Web pour faire l'apologie de l'abstinence sexuelle avant le mariage. L'initiative de cette « déesse de la virginité », comme elle se désigne elle-même, fait grand bruit chez les internautes chinois. Agée de 38 ans, Tu Shiyou se dit elle-même vierge. Et exhibe sur son site un certificat médical attestant de ce pur état.

Pas bloquée sur le sujet pour autant, elle a lancé une « annonce matrimoniale à l'échelle nationale ». Les postulants doivent remplir une liste de conditions, entre lesquelles le lien n'apparaît pas toujours aisément. Le futur élu devra être membre du Parti, fonctionnaire en priorité, honnête, âgé de moins de 40 ans, diplômé de l'université, ne pas avoir eu de relations sexuelles jusqu'alors. Des internautes se demandent si elle a vraiment envie d'épouser « un extra-terrestre ». Sur Weibo, le Twitter chinois, l'annonce a fait le tour du pays et la « vierge rouge » a fait savoir qu'elle cessait de répondre, faute d'énergie. Et, sans doute, lassée des railleries dont elle a fait l'objet sur Internet, les manifestations de soutien étant minoritaires.



Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h44
Paris chouchoute les Chinois

Créé le 23/03/2012 à 04h10 -- Mis à jour le 23/03/2012 à 04h10

Une bouilloire pour boire chaud jour et nuit. Des chaussons pour pouvoir se déchausser. Grâce à ces petits gestes, les professionnels du tourisme marquent des points auprès des Chinois. Des touristes qui ne représentent encore qu'une toute petite part des étrangers visitant la capitale (1,6 % en 2010), mais qui sont chaque année plus nombreux depuis la création d'un visa tourisme (2004) et la forte croissance économique du pays. Les arrivées chinoises ont augmenté de 21,8 % en 2011 par rapport à 2010.

Des chaînes de télé dédiées
Patricia Barthélemy est en charge d'un groupe de travail consacré à la Chine à l'Office de tourisme de Paris : « Nous proposons des expertises sur le marché et l'accueil. Nous expliquons par exemple au personnel de grands hôtels, ou de magasins, l'importance des chaînes télé en chinois ou des traductions. » Il y a quelques semaines, Aéroports de Paris a aussi mis en place un dispositif d'accueil spécifique pour les Chinois (plus d'un million de passagers en 2011). A la clé, un comité de bienvenue avec messages sonores en mandarin et en cantonais et distribution de plans de la ville, là aussi en chinois. L'idée est de cajoler ces touristes pour qu'ils consomment plus. Toutefois, les choses évoluent, selon des observateurs, certains choisissent de dormir en dehors de Paris pour épargner un peu d'argent et le dépenser dans les boutiques de luxe. Mais d'autres moins pressés préfèrent tester le Velib' ou déguster un grand cru.

Lucie Romano

s : http://www.20minutes.fr/article/903363/paris-chouchoute-chinois

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h47

Chine : le Premier ministre plaide pour l'ouverture politique

Le Point.fr - Publié le 15/03/2012 à 09:33

Wen Jiabao, qui doit quitter ses fonctions l'an prochain, a répondu aux questions des journalistes et a défendu une réforme politique du régime.


Un an avant la fin de son mandat, le Premier ministre Wen Jiabao a tenu à défendre ce matin, devant la presse chinoise et internationale, le bilan de sa décennie au pouvoir. Une conférence de quelque trois heures, à l'occasion de la clôture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire, le parlement chinois. Wen Jiabao a répondu aux questions, sollicitées à l'avance, sans esquiver les plus difficiles comme la position de Pékin en Syrie ou la dette cachée des provinces chinoises. Une fois n'est pas coutume, les internautes ont suivi de très près ce rendez-vous politique. Cinq heures après la fin de la conférence, plus de 3,14 millions de commentaires avaient été échangés sur le Twitter chinois.

Car le Premier ministre, que les jeunes internautes appellent affectueusement grand-père Wen, a saisi l'occasion de cette dernière rencontre avec la presse pour insister sur "l'urgence" de lancer la réforme politique en Chine. "Il faut lancer la réforme du système de gouvernance de notre parti et de notre pays. Si la réforme politique n'aboutit pas, la réforme économique ne pourra pas être menée à bien" et le fruit de 30 ans de réformes pourrait être perdu, a-t-il averti, faisant allusion aux disparités de revenus et à la corruption qui provoquent un mécontentement grondant.

Lutte interne

Wen Jiabao était le conseiller de Zhao Ziyang, Premier ministre réformiste, puis chef du Parti communiste des années 1980, qui avait tenté d'empêcher la répression sanglante du mouvement démocratique sur la place Tian'anmen en 1989. Cette prise de position valut à Zhao de rester en résidence surveillée jusqu'à sa mort, en 2005. Mais Wen Jiabao, visiblement protégé en haut lieu, a continué de tracer son chemin, jusqu'à parvenir à son tour au poste de Premier ministre en 2003.

Durant les premières années de son mandat, le Premier ministre est resté prudent sur le plan politique, axant son effort sur l'aide aux oubliés des réformes et une forte mobilisation sur les catastrophes naturelles, ce qui lui a valu de devenir le dirigeant le plus apprécié de la population. Voilà deux ans, Wen Jiabao a créé la surprise en reconnaissant publiquement qu'il était l'héritier politique des réformistes des années 1980. À trois reprises en 2010, il a appelé publiquement à l'ouverture politique, avant d'être censuré.

Mis en minorité lors du plénum du parti d'octobre 2010, au moment où les Occidentaux se réjouissaient d'avoir remis le prix Nobel de la paix au professeur Liu Xiaobo (toujours incarcéré), le Premier ministre est resté plus réservé en 2011, alors que pendant tout le premier semestre, par crainte d'une contagion des idées venant du monde arabe, le courant conservateur et la police ont repris la main, recourant à des méthodes que chacun espérait tombées dans les oubliettes de l'histoire : des dizaines de contestataires ont purement et simplement "disparu" et la presse internationale a été particulièrement la cible de contrôles. Mais, au cours de l'été 2011, les libéraux ont recommencé à faire surface, alors que s'intensifiait la bataille intérieure pour la succession de l'automne 2012.

Menaces

Une "tragédie historique comme la révolution culturelle pourrait se reproduire" en Chine si des réformes politiques et économiques ne sont pas mises en oeuvre, a insisté le Premier ministre, faisant sans doute allusion à Bo Xilai, l'homme fort de la mégapole de Chongqing (30 millions d'habitants). Celui-ci aspire à entrer dans ce cercle très fermé des hauts dirigeants et a fait largement parler de lui ces derniers mois en lançant une vague de "culture rouge" dans sa région. Début février, les déboires de l'ancien homme de confiance du Premier ministre Wang Lijun ont laissé penser à une "affaire" pilotée de Pékin, visant à l'affaiblir.

Sous son air de grand-père fragile, Wen Jiabao n'a pas mâché ses mots, utilisant habilement le cas des pays arabes pour faire valoir la force de l'appel à la démocratie des peuples : "La demande de démocratie qu'émettent les peuples arabes doit être respectée et trouver une réponse sincère. Je pense que cette marche vers la démocratie ne pourra être arrêtée par aucune force."

Croissance verte

Attaqué par une partie de l'intelligentsia, qui considère que Wen Jiabao "se contente de parler et de pleurer", le Premier ministre a également défendu son bilan économique, soulignant que son objectif de 7,5 % de croissance pour la Chine en 2012 était cohérent avec le ralentissement déjà sensible dans le pays. Il a insisté sur la reconversion économique en cours, qui va permettre à la Chine de passer d'un modèle axé jusqu'à présent sur les exportations, les investissements étrangers et une main-d'oeuvre bon marché à un modèle qui privilégie désormais le marché intérieur chinois, la recherche et le développement d'une économie verte. "Nous espérons que la croissance chinoise ne se fera dorénavant plus au coût d'une dégradation de l'environnement."

Wen a également minimisé les craintes du monde de la finance à propos de la dette cachée des gouvernements locaux, qu'il a chiffrée à 1 300 milliards d'euros (10,7 trillions de yuans), selon un audit qu'il a ordonné à l'échelon national. "C'est beaucoup moins que la dette de certains pays européens et le gouvernement chinois peut y faire face", a-t-il déclaré tout en spécifiant que les systèmes de contrôle étaient désormais en place pour éviter de nouvelles dérives. Cette dette locale n'a augmenté que de 30 millions d'euros en 2011 (300 millions de yuans), selon Wen.

Testament

Il reste donc 12 mois à Wen Jiabao pour tenter de donner forme à son projet de réforme politique. Mais, à ce stade, les internautes chinois restent plutôt circonspects. Quoi qu'il en soit, avec ces déclarations, le Premier ministre chinois a pris date avec l'histoire et commence à transmettre à son successeur la charge de mener cette transformation de la gouvernance de l'empire le plus peuplé au monde. Un code de conduite qu'il formulera assurément de manière plus spécifique dans le testament politique qu'il prévoit de livrer dans un an, lors de l'ouverture de la session annuelle de l'Assemblée, avant de laisser la place à son successeur...

Caroline Puel

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h48
Les internautes chinois se passionnent pour l'affaire Bo Xilai

Le Point.fr - Publié le 17/03/2012 à 18:32 - Modifié le 19/03/2012 à 14:55

L'ancien homme fort de Chongqing a réveillé l'instinct politique des Chinois sur Internet suscitant une réaction de la censure.



ffaire Bo Xilai suscite autant d'intérêt en Chine que l'affaire DSK l'an dernier en France. Mais contrairement à la presse française, qui pendant des semaines a fait ses gros titres sur l'ancienne étoile du Parti socialiste, la presse officielle chinoise reste muette. Une dépêche laconique de l'agence Chine nouvelle a officialisé, jeudi dernier, la destitution de l'ancien homme fort de Chongqing - la ville la plus peuplée de Chine, avec 33 millions d'habitants -, qui rêvait d'entrer dans le cercle très étroit des hauts dirigeants. La nouvelle a été reprise ce jour-là sur les sites officiels, et depuis, plus rien... Seule la télévision d'État de Chongqing, en rétablissant la publicité à la place des programmes de "chants révolutionnaires" - que Bo Xilai avait imposés l'an dernier - et en présentant le nouveau secrétaire du Parti Zhang Dejiang, a révélé qu'une page se tournait.

Pour autant, ce feuilleton politique passionne les Chinois. C'est donc sur Internet que s'expriment tous les commentaires. Depuis jeudi, le Twitter chinois, Weibo, bat tous ses records de fréquentation : des dizaines de millions de messages ont été échangés. Ce phénomène est doublement intéressant. D'abord, parce qu'il traduit un réveil "politique" de la nouvelle génération chinoise : les quelque 300 millions de Chinois qui s'expriment sur Internet sont en effet âgés à 70 % de 15 à 40 ans et ne mâchent pas leurs mots quand ils s'expriment sur la Toile. Ensuite, parce que la génération précédente (les 40-60 ans actuels) - la fameuse "génération Tian'anmen" -, très engagée dans le mouvement des idées des années 1980, était jusqu'alors restée très prudente dans son expression politique.

"Enfants uniques"

En 1995, lors de la chute du maire de Pékin, Chen Xitong, le précédent événement dont l'ampleur équivaut à celle de la destitution de Bo Xilai, les médias officiels étaient restés tout aussi hermétiques, cherchant à étouffer l'affaire. Bien rares étaient alors les commentaires qui avaient circulé hors du cercle très étroit des intellectuels, diplomates et journalistes. Les jeunes Chinois de l'époque étaient encore trop traumatisés par les trente mois de répression qui avaient suivi Tian'anmen (1989-1992) pour se risquer à des commentaires publics, et Internet n'existait pas.

La génération née dans les années 1950, 1960 et au début des années 1970, qui constituait cette jeunesse, semblait devenue totalement apolitique, préférant se "jeter dans la mer", selon l'expression du moment pour évoquer l'entrée dans le secteur privé juste naissant, et gagner de l'argent. Tout au long de la décennie 2000, cette génération s'était d'une certaine manière "embourgeoisée". L'affaire Bo Xilai vient pourtant révéler qu'elle n'a rien perdu de son désir de liberté d'expression. Peut-être aussi ces adultes sont-ils stimulés par la vivacité sur la Toile, parfois même l'impertinence des fameux "enfants uniques", nés depuis la fin des années 1970 et qui constituent l'actuelle jeunesse chinoise.

Soutiens

Autre phénomène tout aussi instructif : les commentaires exprimés sur la Toile sont, dans leur très grande majorité, favorables à Bo Xilai. À Chongqing, c'est la consternation. En quatre ans, avec sa méthode autoritaire, Bo Xilai avait en effet totalement transformé le visage de cette mégapole, située aux confins du fleuve Bleu (Yangzi), pour en faire le nouveau carrefour d'échanges du centre de la Chine.

La ville avait été astiquée, rénovée, partiellement purgée de ses mafias (avec des méthodes expéditives très contestées à Pékin), et encourageait une zone de développement censée devenir une locomotive de croissance pour la Chine intérieure, pour la décennie à venir. Mais surtout, Bo Xilai, par son charisme et son art de la communication, avait donné aux habitants de la région une nouvelle fierté, eux qui se croyaient les oubliés de la modernisation.

À l'occidentale

Favorables à un poids plus fort de l'État dans l'économie et à un contrôle plus important de la population, les intellectuels de la "nouvelle gauche" chinoise étaient les principaux soutiens et inspirateurs de Bo Xilai. Ils ont également exprimé leur déception après la chute du baron de Chongqing. Mais ils conservent une certaine prudence afin de ne pas trop se mettre dans le collimateur du régime.

Les réactions les plus intéressantes viennent toutefois de jeunes étudiants chinois qui ne sont ni marqués à gauche ni originaires de Chongqing. Ils ont simplement été séduits par le "style" de Bo Xilai, sans doute plus proche de certains politiciens occidentaux, alliant séduction, contact direct avec les foules et une bonne couche de populisme. Ils démontrent aujourd'hui à quel point la nouvelle génération chinoise est dans l'attente d'un autre mode de gouvernance. Un message que devra également décrypter la future équipe des dirigeants appelés à prendre les rênes de la Chine à l'automne...

Depuis dimanche le mot clef Bo Xilai ne donne plus aucun résultat sur la plupart des grands sites, ce qui permet de penser que les censeurs sont à l'oeuvre.

Caroline Puel

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 25 Mars 2012 23h50

20/03 | 16:55 | Gabriel Gresillon

La Chine face à la fin du «very low cost»



Pour des raisons autant politiques que démographiques, la deuxième économie mondiale a vu ses salaires fortement augmenter ces dernières années. Ce qui ne constitue pas forcément une menace immédiate pour son appareil productif.



En Chine, difficile d'y échapper : les hausses de salaires, longtemps considérées comme impensables dans un pays à la main d'oeuvre prétendument pléthorique, sont en pleine accélération. Les chefs d'entreprise, petites ou grandes, doivent s'adapter à cette nouvelle donne. Erminio Deodato, fondateur d'une société chinoise de signalétique, reconnaît qu'elles «se sont nettement accélérées depuis deux ou trois ans» au point que «pour les métiers d'encadrement, la paye des Chinois est aujourd'hui comparable à celle des occidentaux». Yannig Gourmelon, qui conduit des projets de stratégie pour Roland Berger à Shanghai, croise régulièrement des groupes internationaux confrontés à cette problématique «dans des secteurs d'activité où la question de la masse salariale était jusqu'à récemment négligeable».
Les chiffres officiels parlent d'eux-mêmes. Alors que le salaire moyen annuel était équivalent à 1.050 dollars américains au début du siècle, il se situait à 5.500 dollars en 2010. Ce qui fait dire à Dariusz Kowalczyk, économiste chez Crédit Agricole CIB, que «le taux de change du yuan s'est apprécié beaucoup plus nettement en termes réels qu'en termes nominaux». Autrement dit, si, encore aujourd'hui, il faut plus de 6 yuans pour obtenir un dollar, il faut surtout de plus en plus de yuans pour acheter la même marchandise.
La nouvelle génération de Chinois moins docile

Deux facteurs sont à l'oeuvre. Le premier est la loi de l'offre et de la demande. Un peu partout, on manque de bras. Dans la province centrale du Hubei par exemple, 600.000 travailleurs font officiellement défaut. Et cette année, le retour des travailleurs migrants dans les provinces côtières après les festivités du nouvel an chinois a été particulièrement lent, au point d'inquiéter un temps les autorités. La démographie y est pour beaucoup : sept travailleurs migrants sur dix auraient moins de trente ans. Une génération qui n'a pas connu les heures sombres du maoïsme et refuse de plus en plus de se plier aux conditions de travail que tolérait docilement la précédente. Le second facteur, «peut-être le plus important» selon Dariusz Kowalczyk, est politique. Pékin pilote ces hausses de salaires qui présentent un double avantage. Elles permettent d'augmenter le pouvoir d'achat des ménages et la consommation dans une période où le moteur exportateur bat de l'aile. Et elles constituent une nouvelle source de légitimité pour un régime dont la stabilité tient, depuis trente ans, à ses succès économiques.
Reste à savoir si Pékin est en train de scier la branche sur laquelle il est assis. La compétitivité de la Chine est-elle menacée ? Certains groupes réduisent la voilure dans le pays. Le producteur américain de sacs Coach, emboîtant le pas à Esprit ou Canon, a annoncé un plan sur cinq ans pour faire passer de 85% à moins de 50% la part de sa production localisée dans la deuxième économie mondiale. Et les groupes chinois eux-mêmes transfèrent certaines activités à faible valeur ajoutée, comme le textile et l'habillement, au Vietnam ou au Bangladesh.
L'ampleur du phénomène reste toutefois raisonnable. Car pour l'instant, les provinces centrales de la Chine constituent une alternative presque aussi séduisante en termes de prix, d'autant que les autres pays émergents de la région connaissent aussi de fortes hausses de salaires. Sans compter que dans bien des domaines, l'infrastructure industrielle chinoise apparaît imbattable. Plus encore, les hausses de productivité semblent avoir compensé, pour l'instant, l'envolée des salaires. Ce que la Chine perd en coût du travail, elle le regagne en efficacité. D'où l'impératif de constamment monter en gamme.
GABRIEL GRÉSILLON, CORRESPONDANT À PÉKIN


s : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201960447016-la-chine-face-a-la-fin-du-very-low-cost-303872.php

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 26 Mars 2012 00h13
"De la Chine", d'Henry Kissinger : la Chine de Kissinger
LE MONDE | 20.03.2012 à 18h59 • Mis à jour le 20.03.2012 à 19h05

Par François Bougon

On retient surtout de la carrière d'Henry Kissinger son engagement lors de la guerre du Vietnam et son prix Nobel en 1973 pour avoir été le secrétaire d'Etat américain signataire du cessez-le-feu à Paris avec le Nord-Vietnam. Mais, plus d'un an auparavant, sa visite secrète à Pékin chez l'"ennemi chinois" préparait la visite historique en février 1972 du président Richard Nixon et un bouleversement de la diplomatie mondiale, à l'occasion de "cinq journées de dialogue et de banquets entrecoupés d'excursions touristiques", se souvient-il dans De la Chine, une somme où se mêlent analyses historiques, souvenirs personnels et recommandations géopolitiques aux grands de ce monde.

Le livre, publié en 2011 aux Etats-Unis, est un "testament" du Kissinger connaisseur du géant asiatique, à la fois acteur et spectateur attentif qui ne se prive pas de prodiguer encore ses conseils. A près de 89 ans, l'ancien diplomate américain bénéficie en Chine du statut de "lao pengyou", ces "vieux amis" occidentaux, souvent compréhensifs, vers lesquels aime se tourner le régime communiste chinois en période de tensions. Des "idiots utiles", pour les esprits les plus critiques, des sages nécessaires, pour les tenants de la ligne réaliste.

Parmi les passages les plus intéressants du livre figurent les descriptions des leaders chinois qu'il a côtoyés. De Mao Zedong, fondateur de la Chine nouvelle, il dresse un portrait bienveillant et ne s'étend guère sur ses erreurs sanglantes (Grand Bond en avant et Révolution culturelle avec ses millions de morts). Il le montre comme un homme vieillissant mais à l'intelligence encore vive, dont la conversation était un "enchaînement de remarques caustiques, de réflexions et d'interrogations".

Henry Kissinger est surtout fasciné par Zhou Enlai, modèle pour lui du mandarin confucéen doté d'"une remarquable capacité à percer intuitivement à jour les éléments insaisissables de la psychologie de son interlocuteur". Enfin, habitué aux "dissertations philosophiques" et autres "allusions indirectes de Mao" et au "professionnalisme élégant" de Zhou Enlai, Deng Xiaoping l'obligea à un effort d'adaptation. "Il me fallut un certain temps pour m'adapter au style acerbe et avisé de Deng", l'homme des réformes et de l'ouverture, avoue-t-il.

Le livre permet aussi à celui qui posa les fondements d'une nouvelle relation sino-américaine en pleine guerre froide d'en décrypter les évolutions, de la rupture post-Tiananmen aux antagonismes croissants provoqués par l'émergence de la superpuissance chinoise. Au-delà des divergences évidentes, culturelles, historiques et stratégiques et des contentieux sur le yuan ou les droits de l'homme, Henry Kissinger plaide pour une entente entre les deux grandes puissances, qui, toutes deux, "ont moins été des Etats-nations que des expressions continentales d'identités culturelles".

Si la Chine redoute une politique d'"endiguement" de la part des Etats-Unis, ces derniers craignent que l'empire du Milieu ne cherche à les expulser d'Asie. Selon Henry Kissinger, la solution pourrait passer par la mise en place d'une "communauté du Pacifique", avec l'espoir que les dirigeants des deux pays renouent avec l'esprit des années 1970. "La contribution la plus importante des dirigeants de l'époque fut leur volonté de voir plus haut que les problèmes de l'heure", dit-il, très docte, dans un plaidoyer pro domo.


DE LA CHINE d'Henry Kissinger. Fayard, 564 p., 26 €.

François Bougon

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 26 Mars 2012 00h14
"Entrer dans une pensée ou Des possibles de l'esprit", de François Jullien : François Jullien nous donne les clés

LE MONDE DES LIVRES | 22.03.2012 à 12h19

Par Roger-Pol Droit


Voilà un auteur dont on croyait tout connaître. Depuis plus de trente ans, avec fécondité, François Jullien arpente les écarts entre pensée chinoise et philosophie européenne. Il a ses fidèles, suivant avec ferveur, à chaque nouveau livre, ses nouvelles variations sur ses thèmes fondateurs, et ses détracteurs, lui reprochant d'inventer une Chine à sa main ou d'essentialiser les cultures.

En voyant arriver ce court volume, Entrer dans une pensée, on s'attendait donc à le voir prendre place, à la suite de tous les autres "du même auteur", comme un nouveau chapitre de son oeuvre. Erreur ! C'est en fait le premier livre, celui des commencements, qui donne le sésame de tous les autres. Inaugural, incisif, maîtrisé. Il est si rare qu'un philosophe donne lui-même, sous une forme concise et inattendue, la clé de son travail, qu'il convient de s'y arrêter.

Cette clé, c'est l'idée de seuil. La clôture de notre pensée, il faut la franchir, sortir de nos évidences, nous laisser désorienter par une pensée étrangère. Reste à trouver le chemin. Pas question d'entrer dans une pensée comme dans un moulin. On y entre plutôt comme dans un parti, en adhérant à ses perspectives, par connivence plutôt que par critique. Et c'est par la langue qu'il faut passer d'abord, car elle seule permet d'entrevoir des opérations mentales qui nous demeurent étrangères. Du coup, il devient inutile, pour éprouver le vertige d'un univers différent, d'accumuler les traductions, les panoramas, les études et les commentaires. A la limite, il suffit d'une phrase, bien choisie, scrutée en VO, mot à mot, pour franchir cet invisible seuil.

C'est ce que propose ce court volume, qui a d'autres raisons encore d'être considéré comme le livre des commencements. Il scrute en effet le point de départ - la première phrase - de trois grands textes fondateurs, rédigés respectivement en hébreu, en grec et en chinois. Et chacune de ces phrases inaugurales parle explicitement du commencement. Les seuils des pensées deviennent alors clairement visibles, par le jeu des différences entre les langues et les univers mentaux. La Bible s'ouvre par la création divine, le commencement ex nihilo, celui qui fait surgir d'un coup, en tant qu'événement primordial, la totalité du monde. La pensée grecque, avec Hésiode, voit pour sa part le commencement comme un problème, une question à interroger, une articulation difficile de l'Etre et du Devenir.

En Chine, au contraire, la formule qui ouvre l'incontournable Classique du changement - le célèbre Yijing, central pour toute la culture chinoise - ne considère pas le commencement comme radicale nouveauté ni comme difficulté majeure. Elle n'y trouve qu'une simple amorce, l'enclenchement d'un processus de transformation continue, qui se poursuit indéfiniment de lui-même. Ni Dieu ni Etre ne sont alors nécessaires, car ce processus permanent de transformation du monde n'apparaît pas comme une énigme insondable ni comme un commencement absolu. Voilà pourquoi en Chine le mythe fait peu d'usage, et la théologie tend vers zéro. Pas besoin de chercher un sens ultime : le Ciel "ne parle pas", comme dit Confucius. Sa régulation se poursuit, indéfiniment, sans rupture ni événement crucial.

N'allez surtout pas croire que nous soyons partis, dans cette excursion savante avec guide de haute culture, très loin des préoccupations les plus quotidiennes de notre époque. Ainsi, les mots de la première phrase du Yijing, souligne François Jullien, se retrouvent dans le nom de restaurants chinois du Quartier latin... qui en français se nomment tout bêtement Délices de Monge ou Chez Tonny. Cet infime détail fait comprendre deux choses : d'une part, sous la pellicule tapageuse de la mondialisation, des significations anciennes perdurent ; d'autre part, rien ne permet plus de les discerner.

Sous l'uniformité apparente de la planète, ce sont donc ces écarts recouverts qu'il faut remettre en lumière, afin que chacun s'efforce d'entrer dans l'univers des autres. Il n'est pas question de considérer les cultures comme des blocs immuables, mais au contraire de les mettre en mouvement les unes par les autres, afin de permettre à toutes, à terme, de bouger. La clé de cette aventure, on l'aura compris, est philosophique. Il s'agit bien d'en finir avec la vieille clôture du pré carré européen, d'envisager sans crainte les différentes possibilités de l'esprit humain, l'histoire polycentrée de l'intelligence. Entrer ainsi dans d'autres pensées, c'est en finir avec l'option "tout grec" - comme on dit "tout nucléaire" - et travailler à l'élaboration collective d'une raison polyglotte et mobile. Elle s'expose, bien sûr, au risque de tous les inconforts. Mais c'est sa manière de vivre. Au commencement doit être le risque. Il faut remercier François Jullien de l'avoir rappelé avec le savoir du maître et la vive ardeur... du débutant.


ENTRER DANS UNE PENSÉE OU DES POSSIBLES DE L'ESPRIT de François Jullien. Gallimard, "Bibliothèque des idées", 200 p., 18 €.

Signalons, du même auteur, la parution de Cinq concepts proposés à la psychanalyse, Grasset, 196 p., 15 €.

Roger-Pol Droit

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 26 Mars 2012 12h21
EN CHINE, LA SAUCE LEI FENG NE PREND PLUS À L’HEURE D’INTERNET

Publié le 26 mars 2012


WEBASIES.COM avec Bill SAVADOVE (AFP) | 26.3.12 |



La grande campagne lancée par le Parti communiste chinois pour le 50e anniversaire de la mort de Lei Feng, le soldat héroïque préféré de la propagande, fait un flop : la sauce ne prend plus auprès des centaines de millions d’internautes.
Chaque année au mois de mars, le régime rappelle aux Chinois l’exemple édifiant du soldat Lei Feng que générosité et altruisme poussaient à laver l’uniforme de ses camarades ou à donner sa solde aux nécessiteux.
Pour le 50e anniversaire de la disparition, à seulement 22 ans, de Lei Feng, soldat distingué par Mao Zedong, les autorités ont lancé une campagne de masse dans les médias, qui ont dû encourager les Chinois à s’inspirer de l’exemple du héros pour faire le bien.
Mais sur Internet où surfent plus de 500 millions de Chinois, le soldat est attaqué de toutes parts et beaucoup remettent en question ses bonnes actions. D’autres se demandent s’il n’est pas un peu démodé et si son exemple peut encore apporter quelque chose à la Chine moderne où émergent nouveaux riches et classes moyennes.
« Aujourd’hui, devenir un milliardaire est essentiel. Honorer un individu pur n’est pas essentiel », assure un microblogueur sur Sina.
Mais dans un éditorial, le quotidien China Daily a estimé que la mort tragique de la petite Yue Yue, qui avait provoqué un électrochoc dans l’opinion chinoise, prouve au contraire que Lei Feng est plus que jamais d’actualité.
En octobre dernier, selon une vidéo ayant largement circulé en Chine, 18 personnes étaient passées à côté du corps de l’enfant qui venait d’être écrasée par une camionnette, sans lui prêter secours.
« Nous avons toujours besoin de bons Samaritains et l’esprit Lei Feng est important pour la cohésion sociale », assure le journal.
Mais pour Hu Xingdou, enseignant à l’Institut de Technologie de Pékin, Lei Feng est totalement démodé et le gouvernement ferait mieux de promouvoir les dons et les oeuvres caritatives, sur la base du respect et de l’égalité entre les gens.
« Au départ les enseignements de Lei Feng sont bons, puisque il s’agit de sauver la société du déclin moral. Mais c’est la méthode qui est dépassée: on se sert des vieux moyens pour déverser la propagande », dit-il à l’AFP.
Le héros reste honoré dans certaines couches de la population, et la photo de Lei Feng coiffé de sa célèbre chapka orne nombre d’objets, des tasses à thé aux sacs et aux tee-shirts.
Le nord-est de la Chine, où il a servi dans l’armée, compte même son musée Lei Feng.
Mais sur Internet, certains Chinois remettent en question l’histoire du héros, contestent l’authenticité des photographies le montrant en train de lire avec une lampe de poche ou visitant la maison d’une vieille dame.
« Remettre en question les héros des décennies passées est un phénomène typique d’Internet », déclare le député Zhang Haidi à la presse officielle. « Ce sont des gens qui cherchent à tout prix les défauts des héros et lancent des attaques massives contre eux. »
Le gouvernement a voulu répondre aux sceptiques en tentant de présenter Lei Feng sous un jour plus attirant pour la jeunesse, assurant que le héros s’habillait bien, aimait danser et même qu’il avait des petites amies.
Le Parti communiste a appelé les médias à intensifier la couverture sur Lei Feng cette année, et les exploits du héros inondent les ondes radio et télé, mais aussi les portails et les microblogs.
A Shanghai, un millier d’étudiants en uniforme des année 60 ont distribué des prospectus aux bouches de métro sur « l’esprit Lei Feng ». Ils ont chanté des couplets sur la générosité, pris dans leurs bras des usagers et expliqué les bonnes manières dans les wagons, selon le Shanghai Daily.
Des maisons de courtage ont même dispensé des conseils gratuits aux petits investisseurs, dans l’esprit altruiste de Lei Feng.
Fang Guanlong, ouvrier retraité, voue un culte au héros: il a amassé dans sa maison de Shanghai plus de 3 000 objets, dont toutes sortes de badges et de timbres arborant l’image du fier soldat.
« J’espère que l’esprit Lei Feng sera transmis de génération en génération, pour purifier la morale de la société », dit M. Fang.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 05 Avril 2012 08h50
Sous surveillance en Chine, Ai Weiwei installe des webcams chez lui

Le Monde.fr avec AFP | 03.04.2012 à 10h53 • Mis à jour le 03.04.2012 à 17h06


L'artiste contestataire chinois Ai Weiwei a annoncé, mardi 3 avril, avoir installé à son domicile de Pékin quatre caméras reliées à Internet, pour tourner en dérision la surveillance constante dont il fait l'objet.

"Ma vie est placée sous tellement de surveillance et de contrôles, que ce soit mon téléphone, mon ordinateur... Notre bureau a été perquisitionné, j'ai été fouillé, chaque jour je suis filé, il y a des caméras de surveillance en face de chez moi", a-t-il déclaré. "Alors je me suis dit, pourquoi pas installer [des caméras] ici afin que les gens puissent voir toutes mes activités", a-t-il poursuivi. "J'espère qu'en face [du côté des autorités], on fera également preuve d'une certaine transparence." Ai Weiwei avait été détenu dans un lieu inconnu de début avril à fin juin 2011, ce qui avait soulevé une vague d'indignation à travers le monde. Il vit depuis sous surveillance, sans pouvoir quitter Pékin.

Une des webcams tourne au-dessus de son lit, une autre a été placée à son bureau. Les images sont consultables sur un site dédié. L'artiste touche-à-tout et dissident, qui ne ménage pas ses critiques contre le Parti communiste chinois, avait annoncé en novembre 2011 avoir reçu une mise en demeure de régler au fisc une somme de 15 millions de yuans (1,7 million d'euros). Grâce à la mobilisation de 30 000 Chinois, il a ensuite pu verser la garantie nécessaire pour interjeter appel de ce redressement, destiné selon lui à le punir de sa trop grande liberté de parole. Les autorités ont finalement accepté de reconsidérer ce redressement et la procédure est en cours.

s : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/04/03/sous-surveillance-en-chine-ai-weiwei-installe-des-webcams-chez-lui_1679489_3216.html

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 05 Avril 2012 08h52
Pékin oblige l'artiste Ai Weiwei à couper les webcams installées chez lui

Le Monde.fr avec AFP | 05.04.2012 à 07h20 • Mis à jour le 05.04.2012 à 08h22

L'artiste contestataire chinois Ai Weiwei a annoncé, jeudi 5 avril, que les autorités lui avaient imposé de couper les caméras reliées à Internet qu'il avait installées à son domicile de Pékin pour tourner en dérision la surveillance constante dont il fait l'objet. "Ils m'ont demandé hier de les arrêter, après quarante-six heures de fonctionnement", a déclaré le dissident, en précisant avoir reçu cet "ordre strict" par un appel téléphonique. Il a ajouté que les autorités n'avaient pas précisé de motif. "Ils ne donnent jamais de raison, je n'ai jamais su le motif de mes quatre-vingt-un jours de détention."

Ai Weiwei avait été détenu dans un lieu inconnu du début d'avril à la fin de juin 2011, ce qui avait soulevé une vague d'indignation à travers le monde. Il vit depuis sous le contrôle rapproché de la police, sans pouvoir quitter Pékin. En face de son domicile-atelier situé dans le quartier de Caochangdi, où sont regroupées les galeries artistiques d'avant-garde, les autorités gardent en permanence une vidéosurveillance. En installant à son domicile quatre caméras supplémentaires, dont les images étaient consultables à l'adresse http://weiweicam.com, Ai Weiwei a fait preuve d'un sens de la provocation qui est chez lui une marque de fabrique mais qui est rarement du goût du pouvoir en Chine. "Je leur ai expliqué : vous avez quinze caméras pointées sur moi et la caméra que j'ai installée dans ma chambre à coucher est exactement la même que celle que j'avais au-dessus de ma tête durant mes jours de détention. Donc, je vous fais une faveur en vous permettant de conserver une surveillance rapprochée de mes faits et gestes", a relaté le peintre, sculpteur et plasticien.

L'artiste, qui ne ménage pas ses critiques contre le Parti communiste chinois, avait reçu en novembre 2011 une mise en demeure de régler au fisc une somme de 15 millions de yuans (1,7 million d'euros). Grâce à la mobilisation de trente mille Chinois, il a ensuite pu verser la garantie nécessaire pour interjeter appel de ce redressement, destiné, selon lui, à le punir de sa trop grande liberté de parole. Les autorités ont finalement accepté de reconsidérer ce redressement et la procédure est en cours.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 05 Avril 2012 08h52
Série d'attaques contre des sites d'entreprises et d'administrations chinoises

Le Monde.fr | 04.04.2012 à 15h46 • Mis à jour le 04.04.2012 à 16h11


Un groupe se réclamant du collectif informel Anonymous a revendiqué deux séries d'attaques informatiques contre des sites chinois. Vendredi et mardi, plusieurs centaines de sites d'entreprises et d'administrations locales chinoises avaient vu leur page d'accueil remplacée par un message adressé au Parti communiste chinois.

"Durant toutes ces années, le gouvernement communiste chinois a soumis son peuple à des lois injustes et à des procédés malsains. Cher gouvernement chinois, vous n'êtes pas infaillible, aujourd'hui vos sites sont piratés, demain ce sera votre vil régime qui tombera", annonçait le texte. Des données présentées comme les bases de données de sites d'adminsitrations ont également été publiées en ligne.

Le 31 mars, Pékin avait décrété le blocage, durant trois jours, de tous les commentaires sur les microblogs.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 05 Avril 2012 08h53
L'aéroport de Paris-Vatry s'ouvre à la Chine

Le Monde.fr | 03.04.2012 à 16h08 • Mis à jour le 03.04.2012 à 21h24

Par Anna Villechenon


C'est la première ligne aérienne de fret entre une province chinoise de l'ouest et la France. Après un an et demi de négociations et un accord signé en octobre, la compagnie chinoise Yangtze River Express - filiale du géant Hainan Airlines - va assurer, à compter de mardi 3 avril, date du premier vol, trois liaisons par semaine entre l'aéroport international Shuangliu de Chengdu, dans la province du Sichuan à l'ouest de la Chine, et l'aéroport Paris-Vatry à Châlons en Champagne, dans la Marne.

Basée elle-même à Chengdu, la compagnie chinoise - qui était déjà reliée à Paris, Francfort, New York, Chicago - s'est donné pour objectif de transporter entre 20 000 et 25 000 tonnes de produits par an à destination du marché européen via un Boeing B747-400, précise la plateforme de fret de compagnies low-cost marnaise dans un communiqué.

L'occasion, selon le responsable du bureau de représentation en Chine de l'aéroport français, Wang Shijie, de "faciliter l'entrée de vins et produits de luxe français sur le marché en plein essor de l'ouest de la Chine", rapporte le site d'informations Chine informations. Par exemple, la Chine a augmenté en 2011 de 91 % ses importations de vins de Bordeaux, soit 436 000 hl, pour un chiffre d'affaires de 334 millions d'euros.

Le transport des marchandises se fera d'autant plus aisément que "les vols entre les deux aéroports dureront neuf heures dans les deux sens, accélérant également le temps nécessaire au transport vers l'Europe des produits électroniques fabriqués à Chengdu", toujours selon Chine informations, qui cite des responsables locaux. La nouvelle ligne permettra d'économiser en effet deux à trois jours de transport en évitant le transit par Shanghaï ou Pékin.

APPUI DE L'ÉTAT

Outre l'aspect pratique, ces facilités sont avant tout d'ordre diplomatique... et financier. En plus de subventions publiques, l'aéroport, qui connaît des difficultés depuis la crise financière en 2008 - son activité de frêt est passée de 40 000 tonnes en 2007 à 8 500 tonnes en 2011 - et le départ en 2009 de ses deux principaux clients, l'allemand DHL et l'anglaise Avient, précise ainsi dans un communiqué que "le gouvernement et les services de l'Etat ont appuyé les démarches du conseil régional de Champagne-Ardenne et de l'aéroport Paris-Vatry pour faciliter la délivrance des autorisations nécessaires à la venue en France de la compagnie Yangtze River Express".

De leur côté, les autorités chinoises ne sont pas en reste. Selon le quotidien Les Echos, "le gouvernement de Chengdu aurait notamment débloqué une subvention de 5 millions de yuans (600 000 euros environ) pour soutenir le lancement de la ligne".

Un soutien salué par Jean-Paul Bachy, le président divers gauche du conseil régional de Champagne-Ardenne, cité par le quotidien économique : "L'ouverture de cette ligne, c'est l'arrivée de la France en Chine par la grande porte. C'est une chance extraordinaire qui est donnée aux produits français et champardennais de s'exporter. Car les avions circuleront dans les deux sens."

Quant à la province du Sichuan, qui a enregistré une croissance de 15 % en 2011, c'est une manière pour elle de s'assurer une porte d'entrée directe sur les marchés européens et français - surtout si la Chine entre à terme au capital de l'aéroport marnais, ce dont il est question depuis le début des négociations.

Anna Villechenon

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 05 Avril 2012 08h54
La Chine lance une offensive contre ses réseaux sociaux

LE MONDE | 02.04.2012 à 12h19

Par François Bougon

Débordé par les réseaux sociaux et empêtré dans un scandale politique qui a mis au jour des luttes intestines, le gouvernement chinois a fini par réagir en interdisant pendant trois jours, jusqu'au mardi 3 avril, les commentaires sur les deux principaux sites de microblogs, suscitant une avalanche de réactions négatives.

Cette décision a été annoncée le 31 mars dans des messages aux centaines de millions d'usagers de Sina weibo et Tencent weibo. Six personnes ont également été arrêtées pour "création et propagation de rumeurs" et 16 sites Internet fermés. Officiellement, il s'agit de "nettoyer" la "fabrique à rumeurs", qui s'est emballée ces dernières semaines avec l'affaire Bo Xilai, ancien numéro un de la mégapole de Chongqing et étoile montante de la politique chinoise destitué après la tentative de défection d'un proche dans un consulat américain.

La fausse nouvelle la plus remarquée a été l'annonce d'un coup d'Etat à Pékin avec déploiement de chars. Dans un éditorial, le quotidien Global Times, connu pour sa ligne "nationaliste éclairée", avait mis en garde le 26 mars contre l'avènement d'une "république des rumeurs". Elles sont un "poison" qui nuit à la stabilité et à l'unité du pays, même si, avait ajouté le journal, les dirigeants ont une part de responsabilité en raison de leur manque d'ouverture.

Les usagers, qui peuvent cependant toujours publier des messages, ont vivement réagi. Un professeur de droit de Shanghaï a lancé un appel pour porter plainte. Le promoteur immobilier de Pékin Pan Shiyi, suivi par plus de 9,5 millions d'abonnés, use, lui, de l'ironie: "Un journaliste d'une télévision vient de me demander: "Avez-vous un commentaire sur la décision de Sina et de Tencent de fermer les commentaires?" Réponse: "Je n'ai pas de commentaire.""

INGÉNIOSITÉ

En trois ans, les weibo (microblogs), versions chinoises de Twitter, se sont imposés comme un contre-pouvoir et une plate-forme de mobilisation sociale avec plus de 300 millions de comptes. Si, lors du premier printemps de Pékin en 1979, les Chinois utilisaient les "dazibaos" (affiches en grands caractères) pour exprimer leurs griefs au "mur de la démocratie", ils ont désormais recours aux messages en 140 caractères.

Ce renforcement de la censure est aussi une sanction envers Sina et Tencent. Le régime communiste leur a sous-traité la censure et ils sont chargés de faire respecter les règles en matière de "liberté d'expression". Mais, ces dernières semaines, un flottement était apparu. La parole se libérait, trop aux yeux d'un régime qui se prépare à une transition au 18e congrès du Parti communiste à l'automne et redoute toute instabilité.

Malgré le renforcement du contrôle des internautes et de la censure, le Parti, habitué au secret et à l'opacité, est dépassé par la multitude et surtout l'ingéniosité des internautes. Quand "Bo Xilai" est censuré, s'y substituent "BXL" ou bien "buhou" ("pas épais" en chinois), qui fait référence au caractère utilisé pour le nom de famille de l'ancien dirigeant de Chongqing (Bo, qui signifie mince).

François Bougon

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 05 Avril 2012 08h55
Pékin durcit encore un peu plus la censure d'internet en Chine

Le Monde.fr avec AFP | 31.03.2012 à 09h38 • Mis à jour le 31.03.2012 à 10h04


La Chine a annoncé samedi 31 mars d'importantes restrictions d'utilisation des microblogs, la fermeture de plusieurs sites et l'arrestation de personnes accusées d'être à l'origine de "rumeurs" de coup d'Etat à Pékin. Ce durcissement brutal, qui intervient quinze jours après le limogeage du responsable charismatique Bo Xilai, un coup de tonnerre politique qui a brisé l'image d'unité que souhaite donner le Parti communiste chinois, alimente toutes les spéculations sur la Toile.

Lire : Chine : l'ascension brisée de Bo Xilai

Les deux principaux services de microblogs chinois, Sina Weibo et Tencent QQ, ont suspendu samedi la possibilité pour les internautes de mettre en ligne des commentaires. Les deux géants ont affirmé que cette mesure resterait en vigueur jusqu'au 3 avril, alors que les autorités montrent une nervosité croissante face au flot de critiques véhiculées par les microblogs.

Ces messages de 140 idéogrammes maximum sont très populaires chez les Chinois qui n'hésitent pas à en faire usage pour dénoncer scandales et abus. Selon les observateurs, ils jouent un rôle crucial pour façonner l'opinion publique.

"Les rumeurs et les informations illégales et nuisibles propagées par microblog ont eu des mauvaises répercussions sociales", a justifié Tencent. "Il est nécessaire de procéder à un nettoyage", a insisté ce poids lourd des réseaux sociaux, de la messagerie instantanée et du microblogging en Chine. "Du 31 mars 8 heures au 3 avril 8 heures la fonction commentaire de Weibo sera temporairement suspendue", a de son côté indiqué Sina, qui possède le premier service de microblogging du pays.

"UNE GRAVE ATTEINTE À LA LIBERTÉ D'EXPRESSION"

Les internautes chinois, déjà soumis à une censure draconienne qui bloque par exemple Twitter, Facebook et Youtube, n'ont pas tardé à réagir. "Couper les commentaires de tous les utilisateurs de microblogs est une grave atteinte à la liberté d'expression et cela restera gravé dans l'histoire", a jugé Lawyer 80, sur weibo.com.

Peng Xiaoyun, un autre cyberactiviste, a appelé ses pairs à se mobiliser en craignant une aggravation de la répression. "Si vous restez silencieux aujourd'hui tandis que les commentaires sont coupés, alors vous continuerez à vous taire demain quand les microblogs seront fermés et tout le monde se taira le jour où vous serez arrêté", a-t-il mis en garde. Peng a précisé qu'il "déménageait" sur Google+. Comme lui d'autres internautes appelaient à quitter les systèmes chinois pour des réseaux sociaux étrangers (Facebook, Twitter), même s'il faut contourner la censure pour les consulter en Chine.

Les autorités chinoises ont par ailleurs imposé la fermeture de seize sites web et arrêté six personnes pour "création et propagation de rumeurs", a annoncé samedi Chine nouvelle. Selon la police citée par l'agence officielle, on reproche à ces sites d'avoir rapporté "l'entrée à Pékin de véhicules militaires ainsi que des choses qui ne tourneraient pas rond". Toujours d'après la police, un nombre non précisé d'utilisateurs du Net ont été "admonestés et éduqués" pour avoir diffusé ces rumeurs qui, la semaine dernière, ont emballé les forums de discussion.

La Chine, où la presse est muselée par l'Etat, compte plus d'un demi-milliard d'internautes et plus de 300 millions de comptes Weibo enregistrés. Les autorités ont ces derniers mois resserré leur étau sur cette vaste communauté. Depuis le 16 mars, il est théoriquement impossible d'ouvrir un compte de microblog sous un nom d'emprunt, même si cette mesure ne semble pas appliquée de façon systématique.

Lire : Pékin met fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux

Le PC chinois, parti unique au pouvoir, a suivi d'un œil inquiet le printemps arabe, sachant bien le rôle joué par les réseaux sociaux qui ont servi d'outil de mobilisation rapide et anonyme pour les militants pro-démocratie.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h36
Mort du dissident chinois Fang Lizhi, père spirituel de Tiananmen

Le Monde.fr | 07.04.2012 à 12h18 • Mis à jour le 07.04.2012 à 18h42

Par François Bougon

Le dissident chinois Fang Lizhi, un des pères spirituels du mouvement de Tiananmen en 1989, est décédé à l'âge de 76 ans vendredi 6 avril aux Etats-Unis, où il vivait en exil avec sa femme depuis 1990, après un an passé à l'ambassade américaine à Pékin pour échapper à la répression du régime communiste. La nouvelle de sa mort a été confirmée par un des anciens dirigeants étudiants de Tiananmen, Wang Dan, sur sa page Facebook, qui a eu au téléphone l'épouse de Fang, Li Shuxian.

Fang, astrophysicien, avait subi les coups du maoïsme, victime en 1957 du mouvement anti-droitier et exclu du parti communiste. Durant la révolution culturelle, il avait été envoyé en rééducation à la campagne, comme nombre d'intellectuels. Réhabilité après la mort de Mao et la chute de la bande des Quatre, il devient un des responsables de l'université de la ville de Hefei, dans la province de l'Anhui, prônant une démocratisation du pays. "Il frappait par sa liberté de ton, son ouverture sur l'étranger, où il avait voyagé à plusieurs reprises", explique au Monde la sinologue Marie Holzman.

Il est limogé de son poste après des manifestations étudiantes en 1986 et 1987. Célébré par les étudiants de la place Tiananmen, il doit se réfugier à l'ambassade des Etats-Unis après la répression sanglante du 3 juin 1989. En compagnie de sa femme, il y passera un an, devenant le symbole du froid diplomatique entre Pékin et Washington. Les Chinois le réclament, les Américains refusent de le livrer. En novembre 1989, Henry Kissinger, l'homme du rapprochement historique entre les deux pays, rencontrera Deng Xiaoping pour opérer une réconciliation. L'un des sujets de discussions est le sort de Fang Lizhi.

Finalement, il finira par être autorisé à quitter son pays, rejoignant les Etats-Unis et l'université d'Arizona. Malgré la censure, de nombreux internautes rendaient hommage samedi à Fang sur les réseaux sociaux chinois, comme Sina weibo. "Fang Lizhi, vous ne serez jamais oublié", écrivait l'un d'eux. "Il a inspiré la génération de 89 et réveillé l'aspiration du peuple pour les droits de l'homme et la démocratie", a écrit sur sa page Facebook Wang Dan, l'un des leaders étudiants du mouvement de 1989.



Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h39
Des leaders de Tiananmen demandent à pouvoir revenir en Chine

Le Monde.fr | 08.04.2012 à 09h42 • Mis à jour le 08.04.2012 à 09h42

Des chefs de file du mouvement étudiant pour la démocratie de la place Tiananmen à Pékin en 1989 et des dissidents ont demandé au gouvernement chinois à pouvoir revenir en Chine pour des visites, dans un appel publié dimanche par l'organisation Human Rights in China (HRIC). "Pour des raisons politiques, on nous refuse le renouvellement de nos passeports, ou alors ils ont été invalidés, ou bien encore on nous a refusé l'entrée en Chine. En bref, nous avons été spoliés de notre droit à retourner dans notre pays", écrivent Wang Dan, Wu'er Kaixi, Hu Ping, Wang Juntao, Wu Renhua et Xiang Xiaoji.

Appelant le gouvernement chinois à renoncer à "la vieille pratique de ne pas autoriser le retour au pays des dissidents", ils se disent prêts à "respecter les principes d'ouverture et de bonne foi" pour discuter avec les autorités chinoises de la manière de "régler concrètement ce problème". Wang Dan et Wu'er Kaixi sont deux des principales figures de la place Tiananmen, où ils avaient suivi une grève de la faim, avant que le mouvement ne soit écrasé dans le sang. Des centaines, voire des milliers de personnes ont trouvé la mort dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, lorsque le Parti communiste a envoyé les chars de l'armée mettre fin à sept semaines de manifestations au coeur de Pékin, qualifiées par le régime de "révolte contre-révolutionnaire".

Wang Dan avait été condamné à quatre ans de prison en 1991, puis libéré en 1993, et de nouveau condamné à 11 ans de prison en 1996 pour ses écrits publiés à l'étranger, avant d'être relâché pour "raisons médicales" à l'approche d'une visite en Chine du président américain Bill Clinton, et de gagner les Etats-Unis.

Wu'er Kaixi, qui appartient à la minorité ouïghoure, avait de son côté réussi à fuir à Hong Kong, d'où il avait dans un premier temps gagné la France. Il vit aujourd'hui à Taïwan. Hu Ping est l'un des principaux contributeurs de la revue dissidente Beijing Zhi Chun (Printemps de Pékin). Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a récemment souligné la nécessité d'une "réforme du système politique" en Chine, s'engageant à donner plus de choix aux électeurs au niveau des villages, mais cette réforme ne doit pas selon lui remettre en question le rôle dirigeant du Parti communiste.

Des proches de Fang Lizhi, un des pères spirituels du mouvement de Tiananmen, avaient annoncé samedi le décès de cette figure importante des mouvements pour la démocratie.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h41
Pékin ferme un site Internet maoïste

Le Monde.fr | 06.04.2012 à 17h16

Par François Bougon



En pleine crise politique, les autorités chinoises continuent à faire le ménage sur l'internet. Vendredi 6 avril, le site Utopia, connu pour ses positions maoïstes, a été fermé par la police après une série d'articles très critiques envers le parti communiste et ses dirigeants. Dans une interview téléphonique à l'agence AP, le fondateur du site, Han Deqiang, a indiqué qu'il s'attendait à une telle décision. "C'est leur droit de fermer le site. Nous avons exercé notre droit d'expression, ils exercent leur droit", a-t-il déclaré.

Sur sa page d'accueil, Utopia a brièvement publié une annonce indiquant avoir publié des "articles qui ont violé la Constitution, attaqué de manière malveillante des dirigeants de l'Etat et spéculé au sujet du 18e congrès ". La mesure s'applique pour une durée d'un mois.

Le site avait déjà eu maille à partir avec les autorités pour avoir pris la défense de Bo Xilai, l'ancien numéro un de Chongqing limogé le 15 mars après une tentative de défection dans un consulat américain de son bras droit, le superflic Wang Lijun.

Un autre site Internet, situé à l'opposé de l'échiquier politique et qui prône une démocratisation du pays, China Elections and Governance, a également été fermé vendredi. Officiellement, il s'agit d'une "maintenance technique".

CONTRÔLES DU NET RENFORCÉS

Après une période de flottement à la suite de l'affaire Bo Xilai, qui a révélé les luttes de pouvoir avant le 18e congrès du Parti communiste chinois (PCC) de l'automne qui verra une transition au sommet, Pékin a repris la main, durcissant son contrôle en particulier sur les réseaux sociaux, accusés d'avoir propagé des rumeurs et nui à la stabilité du pays.

Vendredi, dans un éditorial, le Quotidien de l'armée populaire de libération, a appelé les militaires à ne pas se laisser abuser par les rumeurs. Le quotidien recommande aux soldats de "résister résolument aux incursions de toutes sortes d'idées erronées, de ne pas être perturbés par les bruits, ni affectés par les rumeurs (...) et en toutes circonstances, d'obéir totalement au commandement de la direction du PCC, de la commission militaire centrale et du président Hu".

Fin mars, les autorités ont fermé 16 sites Internet et arrêté six personnes accusées d'avoir propagé des rumeurs sur une tentative de coup d'Etat.

François Bougon

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h43
Les Chinois se mettent au suédois

M le magazine du Monde | 06.04.2012 à 11h02 • Mis à jour le 06.04.2012 à 14h53

Par Harold Thibault


Ce samedi soir, la famille Wan est venue prendre du bon temps, savourer un repas aux saveurs scandinaves et surtout une ambiance. "Il y a du bruit, reconnaît le père, Wan Yumin. Mais comme partout. Et l'atmosphère est assez agréable." Ils n'ont pas besoin de meubles alors, après avoir fait un petit tour dans les pièces modèles, ils sont juste allés prendre un plateau à la cafétéria du magasin Ikea de Nankin (Nanjing), capitale de la province côtière du Jiangsu. Ils aiment bien le style, "moderne, européen" du géant suédois. Le lendemain, Mei Shuyuan, un autre badaud, n'achètera rien non plus. Mais profitera d'un canapé vert Ektorp à 2 699 yuans pour piquer un somme.

Aller s'asseoir un moment chez Ikea et rêver de pouvoir d'achat n'a rien d'excentrique en Chine. Les personnes âgées s'en sont même fait une spécialité. Ils s'installent à la cafétéria et profitent du café à volonté. " Ce sont les retraités qui consomment tout le café", confie une employée du magasin de Nankin. Dans celui du quartier de Xuhui, à Shanghaï, il a même fallu trouver un compromis avec un groupe de seniors qui se retrouvaient tous les mardis après-midi pour discuter. Ils consommaient plus de paquets de café qu'un samedi à l'heure de pointe. Les clients avaient du mal à trouver une place assise face à ces squatteurs du café gratis.

Il faut passer un week-end chez Ikea pour se faire une idée de la déflagration consommatrice qu'entraîne l'émergence de la nouvelle classe moyenne chinoise. Voir M. Tout-le-Monde se presser dans l'entrepôt bleu et jaune, examiner un temps le salon qui, un jour peut-être, sera le sien. Aucun ici ne doute qu'il y aura personnellement droit, quitte à patienter encore un peu.En Chine, posséder un meuble Ikea est synonyme d'un certain savoir-vivre, en accord avec son temps. Cela permet surtout de faire la preuve de son ascension sociale, comme l'appartement ou la voiture. "Il faut montrer son statut par le biais de ses achats", constate la sociologue Li Chunling.

L'accès à la société de consommation s'étend d'année en année dans l'empire du Milieu, une évolution palpable en ligne de caisse depuis que le roi du mobilier en kit a ouvert son premier magasin chinois, en 1998, à Shanghaï. Le client dépense en moyenne 300 yuans (35 euros). "Ce n'est plus seulement la classe moyenne. Nous atteignons graduellement les laobaixing, ceux qu'on appelle les gens ordinaires", constate Linda Xu, la responsable des relations publiques du groupe. La Chine compte déjà dix magasins Ikea. Deux et bientôt trois à Shanghaï, un et bientôt deux à Pékin. Des surfaces souvent légèrement inférieures dans des villes comme Nankin, une agglomération qui a dépassé les 8 millions d'habitants depuis deux ans. En juin, ce sera au tour de Wuxi, une préfecture de 6 millions d'habitants, à mi-chemin entre Nankin et Shanghaï, de célébrer son premier Ikea.


Ils sont à chaque fois installés dans les villes et non pas à la périphérie comme en Europe et aux Etats-Unis, si possible près des transports publics, car la plupart des familles ne disposent pas encore d'une automobile. Mais il a fallu trouver un espace suffisant pour les parkings car beaucoup de Chinois en auront bientôt une. Pour le reste, le concept demeure inchangé, sauf quelques produits conçus pour le Nouvel An chinois et des mets aux saveurs locales au self. Le consommateur, lui, a ses particularités. Il comprend mal pourquoi il paie mais doit malgré tout transporter puis monter ses meubles. Selon Linda Xu, " c'est un vrai défi depuis l'ouverture en Chine ; dans un pays où la main-d'oeuvre est peu onéreuse, difficile d'expliquer qu'il faudra faire par soi-même". Cela requiert de la pédagogie sur le plan du marketing. "Pédagogiques" également sont les showrooms. "En France, la classe moyenne a déjà développé des choix de consommation unifiés, les marques qu'elle achète, les livres qu'elle lit, les programmes télévisés qu'elle regarde. Tandis qu'en Chine, la classe moyenne est très jeune, ses valeurs et ses codes sont encore diversifiés, ils sont en formation", explique la sociologue Li Chunling. C'est pourquoi le concept du showroom, qui montre comment aménager une cuisine, une chambre ou une salle de bains, est particulièrement efficace ici : "Les clients n'ont pas à songer à la manière de meubler la chambre parfaite puisqu'elle est devant eux", poursuit cette professeure de l'Académie chinoise des sciences sociales.
Pour "montrer le chemin", l'Ikea de Nankin a sélectionné cette année cinq clients dont il redécore le logement. Il s'agit de ces nouveaux consommateurs qui n'appartiennent pas à la plus riche classe moyenne à l'occidentale, mais ont quitté la catégorie qualifiée en Chine de "prospérité modeste". Celle où l'individu subvient à ses besoins mais s'offre peu de plaisirs. Leurs portraits trônent dans le showroom. A côté de celui de l'une de ces clientes modèles à la mode Ikea est écrit : "Diplômée depuis deux ans, j'ai ouvert une petite boutique. Cette année, avec l'aide de mes parents, j'ai pu acheter un appartement, il ne fait que 25 m2 mais j'ai finalement un chez-moi. J'aime cuisiner à la maison donc j'espérais un espace suffisant pour la cuisine. Manger en regardant la télévision est une expérience formidable pour moi."Mei Shuyuan aurait pu faire partie de ces heureux élus. Il a découvert Ikea au printemps 2010, deux ans après son ouverture. Ce fut une révélation. "Je ne suis plus retourné dans les autres boutiques d'ameublement et j'ai commencé à changer les meubles chez moi", raconte-t-il. Depuis, il vient environ une fois par mois. Toujours déjeuner à la cafétéria, parfois aussi acheter des petites choses. Jusque-là, la transition se faisait en douceur. D'abord une table à thé, puis un sofa, un bureau. Les vieux meubles sont partis chez ses parents. Mais cette fois, il prépare un gros coup, un chamboulement radical de son logement, où armoires et autre mobilier lourd pourraient être renouvelés. "J'ai vu pas mal de choses intéressantes, il faut que je réfléchisse, j'étudie la question", explique cet homme de 32 ans. L'enseigne suédoise est pour lui synonyme de qualité, les meubles y sont bien pensés pour son appartement d'une cinquantaine de mètres carrés. A l'extérieur du magasin, un panneau publicitaire assure : "Aucun rêve n'est trop grand, aucun appartement n'est trop petit".

Son épouse travaille dans une crèche publique et lui tient une petite boutique de cartes de téléphonie mobile. M. Mei est à son compte mais il considère qu'il appartient à la "classe des employés". "Cela correspond à notre mode de vie", explique-t-il. Selon lui, la première inquiétude de cette catégorie sociale est "de savoir comment l'évolution de la politique économique va nous toucher personnellement".


Il s'interroge également sur la rapidité avec laquelle les choses changent dans son pays. Les Chinois estiment que leur nation est promise à une destinée impériale et en sont fiers, mais ils redoutent les potentiels accidents de parcours tout autant que l'Occident est rongé par l'angoisse du déclin. Chacun son stress. "Dans quinze ans, la Chine sera très riche !», s'exclame M. Mei. Mais d'ici là, il se méfie du "risque d'implosion violente (c'est plutôt courant sur nos cinq mille ans d'histoire)" tout en anticipant son atterrissage dans la véritable classe moyenne dans une quinzaine d'années.

Cette classe moyenne, Wan Yumin en fait partie. Il est médecin tandis que son épouse est employée d'une agence gouvernementale de contrôle-qualité. Ensemble, ils gagnent 160 000 yuans par an - 19 000 euros -, un revenu très correct pour la Chine. Faire partie de la classe moyenne, selon Wan Yumin, c'est acquérir la stabilité, un mot lourd de sens dans ce pays où l'insécurité sociale de ceux d'en bas, à la merci du patron d'usine où du promoteur immobilier avide de terrains, n'a d'équivalent que l'impunité de ceux d'en haut. C'est parvenir à pérenniser sa situation dans un environnement en changement perpétuel. C'est aussi garantir un avenir à son fils de 12 ans, Yiyu, grand amateur des spaghettis à la sauce bolognaise du self d'Ikea, qui rêve de devenir pilote d'avion ou peut-être docteur, comme papa. "C'est un mode de vie, c'est pouvoir se détendre ici alors que nous habitons assez loin, analyse M. Wan. Nous voulons que la société change mais pas à pas, rien de brusque." Idem en politique. La cafétéria va fermer. Une pauvre femme passe voir ce qu'elle pourrait chiper sur les plateaux abandonnés.

Ren Wei traîne encore un peu dans le magasin. Lui n'appartient pas à la classe moyenne. Ce vendeur en électronique se considère comme faisant partie des "gens ordinaires", qu'Ikea compte désormais parmi ses clients. A 40 ans, il se balade parfois ici le week-end avec sa fille de 10 ans. "Nous sommes la majorité", revendique-t-il. Vendeur en électronique, ses revenus cumulés à ceux de son épouse ne dépassent pas 5 000 yuans par mois - 600 euros -, un peu moins que la penderie Pax Birkeland à 5 124 yuans qu'il contemple avec envie : "Ce n'est pas non plus hors de prix mais avec mon salaire nous n'investissons pas dans la déco. Nous voyageons peu, essentiellement autour de Nankin, nous allons plutôt nous balader au centre commercial." Et s'il avait les moyens ? "J'irais voir la montagne !"



Par Harold Thibault

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h45
L'armée chinoise rappelée à l'ordre

Le Monde.fr avec Reuters | 06.04.2012 à 08h41 • Mis à jour le 06.04.2012 à 09h58


Le Quotidien de l'armée de libération, organe de l'armée chinoise, demande vendredi 6 avril aux militaires de ne tenir aucun compte des rumeurs circulant sur le Web et de s'endurcir pour le "combat idéologique" - signe qui tend à traduire une certaine fébrilité au sein du pouvoir à Pékin.

Le Quotidien de l'armée de libération ne mentionne pas explicitement les rumeurs de coup d'Etat déjoué à Pékin qui ont circulé sur Internet ces dernières semaines après la disgrâce de Bo Xilai, qui a été démis de sa fonction de numéro 1 du Parti communiste de la mégalopole de Chongqing.

Dans son commentaire en une, cependant, le journal ne laisse aucun doute sur le fait que la direction du Parti communiste souhaite "vacciner" les soldats contre les rumeurs susceptibles de saper l'autorité du président Hu Jintao, par ailleurs secrétaire général du PC et président de la Commission militaire centrale.

A la fin de mars, les autorités ont fermé seize sites Internet chinois et arrêté six personnes accusées d'avoir propagé des rumeurs sur des mouvements de troupes inhabituels et sur des mesures de sécurité dans la capitale, lesquelles ont alimenté des bruits sur une tentative de coup de force ou un schisme au sein de la direction du parti.

Lire l'article : L'ascension brisée de Bo Xilai

L'un des plus riches hommes d'affaires chinois, réputé proche du dirigeant déchu Bo Xilai, fait l'objet d'une enquête pour un achat de terrain suspect et des matches de football truqués, a annoncé vendredi 6 avril un journal officiel. Xu Ming avait été arrêté le 15 mars, jour de l'annonce de la disgrâce de Bo Xilai. M. Xu, à la tête du groupe Shide qui détient notamment une équipe de football, avait été placé en détention par un organisme spécialisé dans la lutte anticorruption au sein du Parti communiste au pouvoir.

Le groupe Shide et le club de football de Xu Ming ont leur siège dans la ville de Dalian (nord-est), où Bo Xilai avait débuté son ascension politique, comme maire et chef du Parti communiste. Le groupe Shide n'était pas joignable vendredi et ne s'est toujours pas exprimé sur l'arrestation de son patron. Selon la presse de Hongkong, Xu Ming et Bo Xilai sont amis. La purge à quelques mois du congrès du Parti communiste de "l'étoile montante" Bo Xilai - qui s'est notamment illustré par une féroce campagne anticorruption - a alimenté les spéculations les plus folles sur l'Internet. Les autorités avaient imposé la suspension quelques jours de la mise en ligne des commentaires sur les deux principaux sites de microblogs, Sina Weibo et Tencent QQ.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h48
Des militants anti-corruption arrêtés en Chine après une manifestation

Le Monde.fr | 05.04.2012 à 18h28 • Mis à jour le 05.04.2012 à 18h28

Par François Bougon


Samedi 31 mars, une dizaine de militants pro-démocratie ont étonné les passants d'une rue de la ville de Canton avec une action surprise, appelant à soutenir le premier ministre Wen Jiabao et demandant au secrétaire général du parti communiste et président Hu Jintao de donner l'exemple en publiant son patrimoine.

Leur rassemblement pacifique n'a pas été du goût des autorités, qui ont arrêté au moins quatre d'entre eux, selon le réseau China Human Rights Defenders (CHRD). L'un des militants arrêtés, Xiao Yong, originaire de la province du Hunan et qui travaille à Canton, avait diffusé des photos du rassemblement sur les réseaux sociaux.


Sur Sina weibo, le principal site de microblog, des appels à sa libération circulent. Selon les informations du CHRD, Xiao Yong, né en 1975, accusé de "rassemblement illégal", s'est vu refuser l'aide d'un avocat. Son épouse a indiqué avoir reçu l'autorisation de lui apporter, vendredi 6 avril, des vêtements et de l'argent au centre de détention où il se trouve, mais elle ne pourra pas le voir.

Lors d'une conférence de presse à la fin de la session parlementaire, en mars, Wen Jiabao avait jugé qu'il était urgent de "procéder à des réformes politiques structurelles", précisant "en particulier au niveau de la direction du pays et du parti". Le même mois, lors d'une réunion du gouvernement, il avait aussi mis en garde contre le fléau de la corruption. " Si cela n'est pas réglé proprement, le problème pourrait aboutir au changement du régime politique, voire y mettre fin ", avait-il dit.


s : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/04/05/des-militants-anti-corruption-arretes-en-chine-apres-une-manifestation_1681430_3216.html

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h49
"Le Quotidien du peuple" va entrer en Bourse

Le Monde.fr | 05.04.2012 à 10h58 • Mis à jour le 05.04.2012 à 11h05


Le Quotidien du peuple, organe officiel du Parti communiste au pouvoir en Chine, annonce jeudi 5 avril qu'il prévoit de lever 527 millions de yuans (63,5 millions d'euros) en introduisant son site Internet à la Bourse de Shanghaï.

Le site, premier portail gouvernemental d'information à être introduit en Bourse, va proposer à l'achat un total de 69,1 millions d'actions, a précisé le site Web du journal, dans un communiqué. La société du Quotidien du peuple, qui gère le site www.people.com.cn, compte consacrer le produit de la vente de ces titres à des investissements.

Cette introduction est réalisée alors que Pékin cherche à rendre les médias officiels plus compétitifs en les transformant en entités commerciales. Seulement une minorité du capital est proposée aux actionnaires.

Une dizaine de sites Internet appartenant à l'Etat, dont celui de la télévision chinoise CCTV ou celui de Chine nouvelle, l'agence officielle d'information, prévoient des introductions sur la place boursière chinoise.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h52
En Chine, tous les achats ou presque de la famille Li sont fabriqués localement, même l'Audi dont rêve Madame

LE MONDE | 26.03.2012 à 14h30 • Mis à jour le 26.03.2012 à 15h40

Par Harold Thibault


Monsieur Li, qui travaille la semaine dans un bureau à Shanghaï, aime bien s'habiller décontracté le week-end. Mais à condition de se vêtir chinois ! Pourtant, il porte un sweat-shirt du japonais Uniqlo, dont les immenses boutiques se multiplient dans les grandes villes de l'est de la Chine. Mais, si les stylistes de la marque sont à Tokyo, l'étiquette porte bien le traditionnel "made in China", qui orne 30,7 % des exportations mondiales de textile.

Par contre, M. Li s'est fait surprendre avec ses tennis Adidas, achetées 680 yuans (81,4 euros) : elles sont fabriquées au Vietnam ! La hausse des salaires en Chine pousse en effet de plus en plus d'industriels à regarder vers l'Asie du sud-est, où la main-d'oeuvre y est désormais meilleur marché.

Pour ce qui est de l'alimentation, pas d'inquiétude, tout est fait localement. De toute façon, la famille Li préfère acheter de l'eau de la marque Sources de Nongfu, à 3 yuans la bouteille, plutôt que de l'Evian importée des Alpes à 21,9 yuans. Pour la bière, ils prennent évidemment de la Tsingtao, produite à Qingdao, ville côtière où des Allemands en initièrent la production sur le territoire chinois, en 1903.

L'iPhone, assemblé en Chine

Elément de base de la cuisine locale, le riz est de marque Shantou Golden Resources et vient de rizières chinoises. Mais le pays doit aujourd'hui importer une partie du riz qu'il consomme tant la démographie est galopante. L'huile de sésame est d'une marque basée à Hongkong, Lee Kum Kee, dont la principale usine est installée dans le Guangdong.

Dans l'appartement des Li, la table est en bois. Si les plantations locales couvrent 65 % à 70 % de la consommation, les besoins sont tels que des pays comme le Canada ou la Russie exportent désormais du bois en Chine. Quand il va chez Ikea, notre couple fait d'ailleurs attention aux étiquettes. Si nombre de meubles sont "made in China", d'autres viennent aussi du Vietnam.

Côté cuisine, M. Li s'est offert récemment une nouvelle machine à laver Haier, une marque réputée en Chine dont le siège est à Qingdao et la production localisée dans le sud-est industriel. Mais cette technologie a un coût : 6 699 yuans l'appareil (802 euros), ce qui est très cher pour la Chine.

Connectés en permanence, M. et Mme Li disposent chacun d'un smartphone. Pour elle : un iPhone d'Apple, conçu en Californie mais assemblé en Chine, dans les usines de Foxconn, à Shenzhen. Son époux a préféré la marque chinoise Huawei, dont l'immense centre de recherche est installé également à Shenzhen.

Question automobile, Mme Li, qui travaille loin du centre, s'est achetée cette année une Chery, modèle QQ, l'une des moins onéreuses du marché, 30 900 yuans sans options, soit 3 698 euros. Elle est assemblée à Wuhu, à l'ouest de Shanghaï. Elle aurait préféré, si elle en avait eu les moyens, s'offrir une Audi, qui n'a d'allemand que son logo et sa conception : la marque a été contrainte par la réglementation chinoise de monter une coentreprise avec un partenaire local, le groupe étatique FAW. Les Audi de Chine sont donc assemblées à Changchun, dans le nord-est du pays.

M. Li utilise le métro, même si la ligne 1 est équipée de rames du canadien Bombardier, et la ligne 2 de voitures conçues par l'allemand Siemens et le français Alstom. Son bureau, au Shanghai World Financial Center, est aussi un peu étranger : la tour de 492 mètres a été dessinée par le cabinet japonais Mori et construite avec des poutrelles de fer dont le minerai a été importé d'Australie. Heureusement, le café que M. Li prend chaque jour chez Starbucks, une marque pourtant américaine, provient du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Ouf !

Harold Thibault


Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h54
Transition à risque à Pékin

LE MONDE ECONOMIE | 26.03.2012 à 14h56 • Mis à jour le 26.03.2012 à 15h51

Par Martin Wolf, éditorialiste économique,


La Chine entame une transition délicate qui vise à la fois à réduire sa croissance et à en modifier la nature. C'est la conclusion que je tire du Forum sur le développement de la Chine organisé le 18 mars à Pékin. Il est aussi probable qu'il s'agira d'une transition politique autant qu'économique. En outre, ces deux transitions interagiront selon des modalités complexes.

Le bilan économique positif enregistré jusqu'ici sous l'autorité du Parti communiste ne garantit pas que les résultats futurs seront aussi favorables, comme l'analyse le premier ministre chinois, Wen Jiabao, qui a déclaré le 14 mars : "La réforme a atteint en Chine une étape critique. Tant que nous n'aurons pas procédé à une réforme politique structurelle, il nous sera impossible de mettre pleinement en oeuvre une réforme économique structurelle. Les acquis que nous ont procurés la réforme et le développement pourraient être perdus, les problèmes qui ont émergé au sein de la société chinoise ne peuvent être résolus de manière complète et une tragédie historique semblable à la Révolution culturelle pourrait à nouveau survenir."

Ces questions politiques sont d'une grande importance. Mais la transition économique sera elle-même très difficile. La Chine arrive au terme de ce que les économistes appellent la "croissance extensive", tirée par une augmentation des apports en main-d'oeuvre et en capitaux. Le pays doit à présent s'orienter vers une "croissance intensive", fondée sur l'amélioration des savoir-faire et des technologies.

Cela entraînera entre autres conséquences le net ralentissement du taux de croissance chinois par rapport à la moyenne annuelle proche de 10 % qu'il a enregistrée au cours des trois dernières décennies. Ce qui complique cette transition, c'est la nature même de la croissance extensive chinoise, notamment le taux extraordinaire de l'investissement et la forte dépendance à l'égard de l'investissement comme source de demande.

Au regard du modèle de développement défini par le Prix Nobel d'économie (1979) Sir Arthur Lewis, (1915-1991), la Chine cesse peu à peu d'être un pays à main-d'oeuvre excédentaire. Selon Lewis en effet, le revenu de subsistance de la main-d'oeuvre agricole excédentaire contribue à maintenir les salaires du secteur moderne à un faible niveau.

Ce qui rend ce dernier extrêmement rentable. Quand ces gros profits sont réinvestis, comme ils l'étaient en Chine, le taux de croissance du secteur moderne, et donc de l'économie dans son ensemble, est très élevé. Mais à un moment donné, la main-d'oeuvre devient plus rare dans l'agriculture, ce qui entraîne une augmentation de son coût dans le secteur moderne. Résultat : à mesure que l'économie mûrit, les profits diminuent, l'épargne et l'investissement chutent.

ÉCONOMIE DE MAIN-D'OEUVRE EXCÉDENTAIRE

La Chine d'il y a trente-cinq ans était une économie de main-d'oeuvre excédentaire. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, en partie du fait de la rapidité de la croissance et de l'urbanisation - depuis le début des réformes, l'économie chinoise a été multipliée, en termes réels, par plus de vingt, et la moitié de la population chinoise vit désormais en ville - et du faible taux de natalité.

Un article signé par Cai Fang, de l'Académie chinoise des sciences sociales, souligne qu'"après avoir été observée pour la première fois dans les zones côtières en 2004, la pénurie de main-d'oeuvre s'est étendue à tout le pays. En 2011, les entreprises manufacturières ont rencontré des difficultés sans précédent pour recruter". L'article de M. Fang montre que cette situation entraîne une hausse des salaires réels et une diminution des profits.

La Chine est arrivée aujourd'hui au virage annoncé par Lewis. Une des conséquences sera que, pour un taux d'investissement donné, le ratio capital/travail augmentera plus rapidement, tandis que les retours sur investissement diminueront également plus vite. Des signes évidents d'une telle augmentation d'intensité capitalistique sont apparus avant même le point de basculement défini par Lewis.

Selon Louis Kuijs, ancien économiste auprès de la Banque mondiale, la contribution à la hausse de la productivité de l'augmentation du ratio capital/travail - indicateur distinct de celui de la contribution d'une meilleure "productivité totale des facteurs" (PTF), ou productivité globale - est passée de 45 % entre 1978 et 1994 à 64 % entre 1995 et 2009. Cela doit changer.

La croissance chinoise doit être portée par une augmentation de la PTF, qui maintiendra les profits, plutôt que par une hausse des ratios capital/travail qui ne peut conduire qu'à une baisse des profits, notamment du fait que les salaires réels connaissent une augmentation rapide. Vu la mauvaise redistribution des revenus, une certaine baisse des profits est souhaitable. Mais aller trop loin dans cette voie porterait tort à la croissance potentielle.

La difficulté d'effectuer la transition vers une croissance portée par le progrès technique est l'une des raisons pour lesquelles tant de pays tombent dans ce qu'il est convenu d'appeler "le piège des revenus moyens". Aujourd'hui pays à revenu moyen, la Chine entend devenir un pays à haut revenu d'ici à 2030. Cela nécessitera de profondes réformes, lesquelles sont énumérées dans un remarquable rapport élaboré conjointement par la Banque mondiale et le Centre de recherche sur le développement du Conseil d'Etat chinois (China 2030, Worldbank.org).

DÉFI À LONG TERME QUE LA CHINE DOIT RELEVER

Ces réformes porteront atteinte à certains intérêts particuliers, notamment au niveau des autorités locales et des entreprises publiques. C'est sans doute une des principales raisons pour lesquelles M. Wen estime important de procéder à une réforme politique, défi à long terme que la Chine doit relever. En s'orientant vers cet objectif, elle risque à court terme de subir un atterrissage brutal, comme l'a souligné dans son intervention Nouriel Roubini, de la Stern School of Business de l'université de New York.

Le gouvernement chinois s'est fixé un objectif de croissance annuelle de 7,5 % cette année et de 7 % pour la durée du plan quinquennal en cours. Avec une croissance ralentie, le besoin de taux extraordinaires d'investissement diminuera également.

Cependant, faire passer le taux d'investissement de 50 % à 35 % du produit intérieur brut sans provoquer une profonde récession exigera en compensation une hausse de la consommation. Or la Chine ne dispose d'aucun moyen facile de susciter cette hausse, ce qui explique pourquoi sa réponse à la crise a consisté à accroître encore l'investissement. De surcroît, la Chine dépend fortement de l'investissement dans le secteur de la construction : au cours des treize dernières années, l'investissement dans le logement a crû à un taux annuel de 26 %. Une telle croissance ne se poursuivra pas.

La Chine a les moyens de réussir sa transition vers un tout autre type de croissance économique. Nombre de pays à revenu moyen n'y sont pas parvenus. Au vu de ses réussites passées, il est difficile d'argumenter en défaveur de la Chine. La meilleure raison d'espérer est que les responsables politiques chinois ne font preuve d'aucune autosatisfaction (chronique publiée en partenariat exclusif avec le Financial Times. © FT. Traduit de l'anglais par Gilles Berton).

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h55
4 avril 2012
Découverte d’un tyrannosaure… à plumes



La nouvelle n'est pas tombée un 1er avril et c'est heureux : personne ou presque n'y aurait cru. Une équipe sino-canadienne a publié, ce mercredi 4 avril dans Nature, une étude annonçant la découverte, dans la province chinoise du Liaoning, d'une espèce de dinosaure pour le moins surprenante : un grand tyrannosaure à plumes. Sur le plan de la symbolique, c'est le mariage dissonant du lourd et du léger, du terrestre et de l'aérien, de la belle et de la bête. Sur le plan paléontologique, c'est un peu moins étonnant. Depuis une quinzaine d'années en effet, et notamment grâce à l'exploration de gisements fossilifères chinois, de plus en plus de dinosaures à plumes sortent de terre. Mais jusqu'à présent, ces emplumés des temps anciens étaient en général des animaux de taille modeste, comme le sinosauropteryx découvert en 1996 en Chine.

Avec l'arrivée dans le paysage de ce tyrannosauridé, on saute d'un coup plusieurs catégories de poids... Trois fossiles ont été découverts, un adulte et deux jeunes. Selon les paléontologues, le plus grand individu ne mesurait pas moins de 9 mètres des narines au bout de la queue et pesait un peu plus de 1,4 tonne, les deux autres, plus petits, ayant une masse de 500 et 600 kilogrammes. Ce chiffre de 1,4 tonne semble évidemment modeste par rapport aux 5 à 7 tonnes du fameux Tyrannosaurus rex, mais c'est quarante fois plus que le plus lourd des dinosaures à plumes retrouvé jusqu'à présent, le curieux Beipiaosaurus. La nouvelle espèce, carnivore, a été baptisée d'un nom mélangeant latin et mandarin, Yutyrannus huali, qui signifie "beau tyran à plumes". En consultant l'arbre généalogique des tyrannosauridés (voir ci-contre), on s'aperçoit que Y. huali, qui vivait il y a environ 125 millions d'années est, si on le compare à ceux qui le précèdent et le suivent, un intrus question taille dans la famille, laquelle comptait des espèces bien moins imposantes. Les individus de plus d'une tonne sont plutôt l'apanage de la fin du Crétacé, le summum étant T. rex, arrivé quelques dizaines de millions d'années après Y. huali, que l'on peut considérer comme son arrière grand-oncle.

On s'en doute, avec cette masse de 1,4 tonne, notre beau tyran à plumes ne risquait pas de voler. Son plumage ne s'y prêtait d'ailleurs pas comme l'explique Xing Xu, professeur à l'Institut de paléontologie des vertébrés et de paléoanthropologie de Pékin et un des auteurs de l'étude parue dans Nature : "Les plumes de Yutyrannus étaient de simples filaments. Elles ressemblaient plus au duvet d'un poussin actuel qu'aux plumes rigides d'un oiseau adulte." D'où l'idée qu'elles aient plutôt eu un rôle isolant, pour maintenir le corps au chaud. Une hypothèse problématique pour le paléontologue canadien Corwin Sullivan, co-auteur de l'étude : "Les animaux à grand corps peuvent conserver la chaleur assez facilement (puisque plus on est grand, plus le ratio surface corporelle/volume est favorable de ce point de vue, NDLR) et ils ont en réalité plutôt un problème potentiel de surchauffe. C'est ce qui fait de Yutyrannus un peu une surprise, lui qui est grand et carrément ébouriffé." Les plumes retrouvées par les chercheurs sont en effet assez longues, mesurant entre 15 et 20 centimètres.

Cela a donc poussé les chercheurs à émettre une autre hypothèse, celle du climat. L'étude rappelle que Y. huali vivait à une époque nettement plus froide que la suite du Crétacé, avec, dans ce qui est aujourd'hui la province du Liaoning, une température moyenne de 10° C, à comparer avec les 18° C qui régnaient dans la région il y a 65 millions d'années, à la fin du Crétacé. De la même manière que de gros mammifères comme les bisons et les yacks ont, malgré une masse qui approche parfois la tonne, une fourrure conséquente pour lutter contre le froid, le tyrannosaure à plumes pourrait avoir gardé les plumes isolantes de ses ancêtres. A l'inverse, ses successeurs, avec la remontée des températures, auraient troqué le plumage contre les écailles et c'est heureux : un Jurassic Park avec des tyrannosaures bardés de trucs en plumes à la Zizi Jeanmaire, cela n'aurait pas fait sérieux...

Pierre Barthélémy (@PasseurSciences sur Twitter)

Post-scriptum : puisqu'on est dans les dinosaures à plumes, je signale que se tient jusqu'au 1er juillet, au muséum d'Orléans, une exposition sur le sujet intitulée "Le chant du dinosaure".


s : http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/04/04/decouverte-dun-tyrannosaure-a-plumes/

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 08 Avril 2012 13h59
Chine: le parti-frère de l'UMP nettoie le web au Kärcher
Lundi 2 Avril 2012 à 18:08 |


Craignant une cyber-tempête et la diffusion de rumeurs sur les réseaux sociaux, notamment de coup d'état, suite à la mise à l'écart de Bo Xilai, l'un des plus hauts cadres du Parti, les autorités centrales ont lancé une vaste opération de censure du web. Les plus grands réseaux sociaux ont été fermés pour trois jours le temps de nettoyer la toile.



« On va vous nettoyer tout ça au Kärcher ! ». Si Pékin ne l’a pas annoncé comme ça, c’est à peu près le projet de censure du Net concocté par le gouvernement chinois. Outre l’arrestation de 6 personnes, 16 sites ont été fermés et deux réseaux sociaux fonctionnant sur le même principe que Twitter, et comptant jusqu’à 300 millions d’abonnés ont été mis en demeure de fermer leurs commentaires durant trois jours jours pour une vaste « opération de nettoyage ». Sur ordre du gouvernement, Sina Weibo et Tencent QQ, les deux principaux services de microblogs chinois resteront muets jusqu’au 3 avril. Une opération joliment baptisée « brise de printemps », dans la longue tradition « poétique » des campagnes de répression politique chinoises.
Dans la langue du parti, l’opération vise à lutter contre les «rumeurs nuisibles». Dans les faits, l’opération en dit long sur la fébrilité et l’atmosphère pesante au sein du PCC.

Les rumeurs nuisibles font référence aux fissures politiques apparues à la tête du Parti depuis l’éviction de Bo Xilai, prince rouge aux tendances maos « revival », secrétaire du parti de la mégapole de Chongqing, prétendant à un siège au sein du comité permanent du Bureau Politique et mis à pied quelques mois avant le 18ème congrès suite à une mystérieuse fuite en février de son bras droit Wang Lijun, le super-flic de Chongqing qui avait trouvé refuge dans le consulat américain de Chengdu.

NETTOYAGE DU NET ET LUTTE DE CLANS


Luttes de factions ? manipulations ? Loin d’être éclaircie, la fuite de Wang Lijun, qui aurait également rencontré des diplomates britanniques avant de se rendre au consulat américain, fait l’objet d’une enquête. L’affaire apparaît déjà comme l’un des plus grands scandales politiques de ces dernières années. Connu pour sa lutte anti-corruption, Bo Xilai était loin d’être un enfant de chœur. Déjà apparaissent des cas de journalistes chinois arrêtés pour avoir enquêté sur le maire de Chongqing ou des morts suspectes. Ainsi de Neil Heywood, un homme d’affaires britannique disparu en novembre dernier à Chongqing.

Preuve que la censure fonctionne, un tweet rappelant que Neil Heywood était un proche de Bo Xilai, notamment parce qu’il avait contribué à faire inscrire le fils du maire de Chongqing dans la célèbre école de Harrow, l’une des plus prestigieuses du monde, où les listes d’attente sont très longues, a rapidement disparu du réseau…
Les tweets faisant allusion au Tibet ou à la nécessaire démocratisation de la Chine subissent le même sort.

Véritable « star » du Parti, les autorités centrales craignaient une mobilisation en faveur de Bo Xilai et des rumeurs de coup d’état circulaient sur la toile avec l’entrée de véhicules militaires dans la capitale chinoise…

Une vaste coup de balai qui intervient alors qu’une opposition farouche se fait jour entre deux courants historiques du PCC comme le rappelle le correspondant du Figaro à Pékin : « la situation serait très tendue au sommet du PCC, entre le groupe des protégés de l'ancien président Jiang Zemin et le camp du président Hu Jintao. Un violent différend aurait ainsi opposé le ministre de la Sécurité publique Zhou Yongkang (qui fait partie du premier groupe) et le Premier ministre Wen Jiabao, au sujet du sort de Bo Xilai. Signe des temps, en tout cas, une campagne de "dérougisation" serait en cours à Chongqing. Et les séances de « chansons rouges », animées chaque jour par des retraités au parc Jingshan à Pékin (juste au Nord de la Cité interdite), sont désormais annulées... »

Les autorités avaient prévu le coup. Dès l’annonce du limogeage limogeage de Bo Xilai, une avalanche de commentaires s’est abattue sur le web. Le lendemain, Pékin a obligé les internautes à s’inscrire sur les réseaux sociaux sous leur vrai nom et dans les cyber-cafés, les utilisateurs devaient donner leur identité avant d’accéder aux ordinateurs.

PÉKIN CASSE LE THERMOMÈTRE
Avec la fin des commentaires sur Weibo, c'est l’activité de microblogging qui se trouve remise en cause, même si les internautes parviennent en général à contourner les restrictions et autres contrôles d’identité.
C’est néanmoins un changement de politique vis à vis du web que semblent mettre en œuvre les autorités centrales. Jusque là Pékin privilégiait une stratégie défensive ou d’influence comme l’explique la chercheuse Séverine Arsène dans son livre Internet et politique en Chine.
« L’existence de plateformes d’expression en ligne permet la formation de mouvements de masse qui ont des conséquences importantes sur la vie politique chinoise. Le gouvernement ne peut plus l’ignorer, il n’est plus entièrement maître de l’agenda et il doit montrer qu’il réagit ».

Convaincu que l’influence pouvait se révéler plus efficace que la répression, le gouvernement a privilégié une logique de « gouvernance de l’opinion publique », rémunérant des « petites mains » pour poster des informations en sa faveur sur les forums ou diffuser plus ou moins subtilement la propagande du régime.
Le tout sous le contrôle du parti : « En interpellant parfois les autorités sur des questions qui les préoccupent, ils semblent se comporter en usagers ou en clients plutôt qu’en citoyens. De ce point de vue, Internet ressemblerait presque à un instrument de sondage de l’opinion publique, un outil d’aide à la décision d’un gouvernement technocratique ».

Suite au printemps arabe, à la possibilté de contournement de la censure offerte par les réseaux sociaux, à l’approche d’échéances politiques majeures, en ces temps de fièvre politique, Pékin a choisi de casser le thermomètre se lançant dans une vaste campagne d’arrestations notamment dans les milieux culturels et geeks comme pour rappeler que la ligne du parti reste une ligne rouge…


s : http://www.marianne2.fr/Chine-le-parti-frere-de-l-UMP-nettoie-le-web-au-Karcher_a216784.html

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 11 Avril 2012 07h41
Chine : le prince rouge de Chongqing suspendu du Parti communiste

Le Point.fr - Publié le 10/04/2012 à 20:29 - Modifié le 10/04/2012 à 21:03

L'unité de façade du régime chinois se refait sur le dos de Bo Xilai.

De NOTRE CORRESPONDANTE EN CHINE, CAROLINE PUEL

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Le régime chinois a tranché. La sentence est tombée mardi 10 avril dans la soirée sur le site de l'agence Chine nouvelle. "Le camarade Bo Xilai étant suspecté d'être impliqué dans des violations sérieuses de la discipline, le Comité central a décidé de le suspendre de ses fonctions au Comité central et au Bureau politique... La commission centrale de discipline va poursuivre son enquête..."

Dans son journal de minuit, la télévision nationale a donné quelques précisions, affirmant que "la commission d'enquête avait à présent les preuves que le Britannique décédé brutalement dans sa chambre d'hôtel de Chongqing, en novembre dernier, avait été assassiné". Depuis dix jours, des rumeurs insistantes soutenaient que Neil Heywood, qui avait servi de précepteur au fils de Bo Xilai et qui accompagnait la famille Bo depuis une vingtaine d'années, avait pu être empoisonné à la suite d'un différend commercial avec la seconde épouse Gu Kailai, avocate de formation. "La femme de Bo Xilai ainsi qu'un assistant de la famille, Zhang Xiaojun, ont été mis sous enquête judiciaire. La Chine est un pays qui respecte la loi, celui qui viole la Constitution sera puni sans pitié", a conclu la présentatrice, qui lisait son texte.

Aussitôt, les réactions ont fusé sur l'Internet chinois. "Y a-t-il quelque chose de nouveau ce soir ? Non, rien n'est changé depuis cinq mille ans. Les luttes de pouvoir se répètent depuis des milliers d'années, quelle tristesse", a ainsi écrit l'écrivain Bei Chun, sur son Weibo, le Twitter chinois.

Fragilité

La décision du Comité central met donc fin à trois semaines d'un feuilleton de politique-réalité qui a fasciné le grand public chinois. Pour la première fois, en raison de la mort suspecte de ce Britannique qui aurait peut-être travaillé pour les services de renseignements britanniques et de l'ampleur des rumeurs, relevées par la presse internationale et qui sont revenues en force sur les réseaux sociaux chinois, le régime de Pékin a montré pendant quelques jours l'ampleur des luttes intestines accompagnant le changement de génération politique qui se prépare pour l'automne. Une situation de fragilité qui a profondément déplu à la direction du régime, qui s'efforce, depuis les événements de Tian'anmen en 1989, de présenter une image d'unité et de stabilité, particulièrement dans la période actuelle de ralentissement économique qui met à fleur de peau de nombreux motifs de mécontentement social.

Selon des sources proches du pouvoir, les neuf membres permanents du Bureau politique - véritable cerveau du régime - se sont réunis dimanche 8 avril pour accélérer la décision. Deux courants s'opposaient : d'un côté, ceux qui soutenaient encore le prince déchu, comme, semble-t-il, le chef de la sécurité Zhou Yongkan, qui souhaitait qu'une sortie honorable et un placard doré soient offerts à Bo. De l'autre, ceux, finalement majoritaires, qui ont préféré l'éliminer de la vie politique chinoise. Différents éléments se mêlent dans cette éviction politique.

Lutte idéologique

D'abord, des règlements de comptes entre les clans. Les langues commencent à se délier alors que le clan Bo s'affaiblit, et d'autres fils de prince rappellent en privé que le père de Bo Xilai, Bo Yibo, avait joué un rôle-clé en janvier 1987 dans l'élimination de Hu Yaobang, le chef réformiste du Parti communiste, qui n'était autre que le mentor du Premier ministre actuel, chef de file du courant libéral. D'autres préfèrent rapporter que le même Bo Yibo, qui n'appréciait guère le choix porté sur Jiang Zemin (numéro un, puis chef d'État et des armées dans les années 1990 jusqu'en 2003), avait monté contre lui un dossier qui avait fini par tomber dans les mains de l'intéressé... Deux clans, celui des Shanghaiens et celui des libéraux, voyaient un intérêt à sa chute.

Mais, au sein du Parti, les hauts cadres préfèrent parler d'une lutte idéologique. "Bo Xilai avait créé un autre modèle de développement, mêlant un État autoritaire, paternaliste et populiste, le fameux modèle de Chongqing, qui était très différent du modèle retenu par le gouvernement central", explique un membre du Comité central. Difficile de s'afficher comme le père d'une idéologie dissidente dans un régime qui prône l'unité...

D'autres encore préfèrent insister sur l'ambition démesurée, l'avidité de reconnaissance médiatique et toutes les histoires confuses qui accompagnaient ce personnage haut en couleur, très charismatique, qui rendait bien pâles les autres membres de la direction collective. Femmes, argent, utilisation de sociétés secrètes, chaque jour semble apporter son lot de nouvelles révélations, alors que le choix semble clairement fait désormais de "salir" au maximum l'image du prince déchu pour justifier son éviction.

"Chine brune"

La plupart des intellectuels libéraux affichent ouvertement leur soulagement à l'issue de cette crise. "Le régime a montré qu'il était capable d'éliminer les éléments à même de le faire dévier vers une Chine brune, presque fasciste, que prônaient Bo Xilai et plus largement les intellectuels de la nouvelle gauche. C'était le vrai risque pour la Chine de la prochaine décennie", explique un réformiste affiché. "La direction centrale a rétabli son consensus sur la poursuite de l'ouverture et des réformes", confirmait hier un éditorial du Quotidien du Peuple, laissant entendre que le débat était clos.

La chute du clan Bo atteint aussi ses proches, comme le promoteur immobilier de Dalian Wang Jianling, interdit de quitter le pays, ou Zhu Ming, un entrepreneur privé, tous deux soupçonnés d'avoir financé les études à l'étranger du fils de Bo Xilai, Bo Guagua, actuellement à Harvard. Mais ce dernier serait toujours à Boston, "la règle non écrite instituée par Deng Xiaoping implique que l'on ne touche pas aux enfants", explique un fils de prince. Plusieurs sources concordantes font également état de remaniements importants dans l'armée, où Bo Xilai comptait beaucoup de soutiens.

Sauf nouveau coup de théâtre, jamais exclu, la vie politique chinoise devrait reprendre ses réflexes d'opacité, alors que les préparatifs se poursuivent pour la composition du nouveau Comité permanent, dont il est à présent certain que Bo Xilai ne fera pas partie. La prochaine grande étape devrait être la réunion de "Beidaihe", qui se tient traditionnellement en août dans la petite ville balnéaire qui borde le golfe de Bohai. C'est là que devraient se prendre les dernières décisions sur la composition du futur Comité permanent appelé à diriger la Chine au cours de la prochaine décennie. C'est là également que se prendront les grandes décisions économiques et sociales qui seront annoncées lors du XVIIIe congrès à l'automne, qui avalisera toutes ces directives. Selon plusieurs sources, ce XVIIIe congrès pourrait être avancé à la dernière semaine de septembre afin que la nouvelle direction chinoise soit en place au plus vite pour mettre fin aux rumeurs d'instabilité. Cela permettrait également à la nouvelle équipe d'être opérationnelle avant l'élection présidentielle américaine au mois de novembre. La vie politique de cet empire, qui vécut replié sur lui-même pendant des siècles, est désormais intimement liée aux évolutions du reste du monde...



Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 11 Avril 2012 07h42
Chine : Bo Xilai, ex-"étoile montante", suspendu du bureau politique du Parti communiste

Le Monde.fr avec AFP | 10.04.2012 à 17h48 • Mis à jour le 10.04.2012 à 19h00



Bo Xilai, étoile montante de la politique chinoise jusqu'à son limogeage en mars de son poste de chef du Parti communiste de la ville-province de Chongqing, a été suspendu du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC), a annoncé, mardi 10 avril, l'agence Chine nouvelle.

"Le camarade Bo Xilai est suspecté de sérieuses violations de la discipline, et le comité central du Parti communiste chinois a décidé de suspendre sa participation au bureau politique", a expliqué l'agence officielle, qui évoque la mise sous enquête, apparemment pour corruption, de Bo, 62 ans.

ÉPOUSE SUSPECTÉE D'IMPLICATION DANS UN MEURTRE

L'agence a annoncé dans le même temps que l'épouse de Bo Xilai, Bo Kailai, était suspectée d'implication dans le meurtre d'un ressortissant britannique, Neil Heywood, mort à Chongqing en novembre. Elle a été remise depuis aux autorités judiciaires.

Bo Xilai était membre du puissant bureau politique de 25 membres et espérait intégrer au prochain congrès du PCC, cet automne, son comité permanent de neuf membres, qui dirige la Chine, avant de voir sa carrière brutalement arrêtée. Son ancien bras droit, Wang Lijun, avait apparemment tenté d'obtenir l'asile politique en se rendant dans un consulat américain, affaire qui avait défrayé la chronique.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 11 Avril 2012 07h45
Rééquilibrage chinois

LE MONDE ECONOMIE | 10.04.2012 à 15h50

Par Martin Wolf, éditorialiste économique


L'économie chinoise est en train de changer. En vérité, elle doit changer.

La bonne nouvelle, c'est l'ampleur du rééquilibrage extérieur.

La mauvaise, c'est qu'il s'effectue au prix d'une accentuation des déséquilibres intérieurs. La balance chinoise des paiements suit une courbe en montagnes russes. Ainsi, entre 2003 et 2007, l'excédent des comptes courants est passé de 2,8 % à 10,1 % du produit intérieur brut (PIB). En 2011, il a à nouveau fortement chuté, à 2,9 %.

Durant la même période, la part des exportations et des importations dans le PIB a flambé avant de se rétracter à nouveau.

Dans la théorie orthodoxe, le niveau des excédents et des déficits des comptes courants reflète des décisions délibérées d'épargne et d'investissement : les pays à excédent d'épargne, comme la Chine, exportent des capitaux tandis que les pays déficitaires en importent.

VISION "PANGLOSSIENNE"

Les pays excédentaires bénéficient de meilleurs retours sur l'épargne ; les pays déficitaires profitent d'un moindre coût d'investissement. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Malheureusement, cette vision "panglossienne" n'est plus guère plausible après la série de chocs qui ont ébranlé la finance internationale au cours des trois dernières décennies, et qui ont culminé avec la crise survenue en 2007 dans les pays à haut revenu.

Les Etats-Unis, en particulier, se sont révélés incapables d'utiliser intelligemment leurs entrées de capitaux : ils ont financé les déficits budgétaires et la construction de logements inutiles. Mais les gros déficits extérieurs ont aussi pour effet de contracter la demande. Cela ne semblait guère avoir d'importance lorsque celle-ci était forte. Ça l'est beaucoup plus aujourd'hui qu'elle est faible.

Au-delà de ces quelques points généraux, des problèmes spécifiques se sont posés avec l'explosion des excédents qu'a connue la Chine dans le passé. Ces excédents résultaient en partie des interventions sur les marchés des devises et de l'accumulation consécutive de réserves de devises. Celles-ci sont passées de 125 milliards d'euros en janvier 2001 à 2 433 milliards d'euros à la fin de l'année dernière.

Un des outils de la politique économique fut de neutraliser les conséquences monétaires de ces interventions. Il s'agit dans tous les cas de politiques mercantilistes. De plus, pour qu'un pays enregistre un énorme boom d'investissement et s'assure une position extérieure solide, la consommation doit normalement être restreinte et l'épargne encouragée.

C'est ce qui s'est passé : la consommation privée est passée de 46 % du PIB en 2000 à tout juste 36 % du PIB en 2007. La consommation publique et privée a chuté de 62 % à 49 % du PIB, tandis que l'épargne brute faisait un bond de 38% à 51 % du PIB.

Une part substantielle de cette épargne a été investie à l'étranger, dans des actifs à faibles rendements, à un très grand coût : les réserves extérieures de la Chine se montent à 1 749 euros pour chaque homme, femme ou enfant chinois, soit 40 % du PIB.

1 749 EUROS POUR CHAQUE HOMME

C'est pourquoi une réduction des excédents extérieurs était dans l'intérêt de la Chine comme du reste du monde. Les résultats sont-ils satisfaisants ? Réponse : sans doute, mais il n'y a pas de quoi s'extasier.

Tout d'abord, même une baisse de l'excédent des comptes courants, mesuré par rapport au PIB, pourrait signifier un excédent croissant par rapport à la production du reste du monde. En 2008, l'excédent chinois était de 313 milliards d'euros, soit 9,1 % du PIB.

En 2011, il était légèrement inférieur à la moitié de son niveau de 2008 et se montait à 153 milliards d'euros. Mais la part du PIB chinois que cela représentait était tombée à 2,9 %. Supposons que cette part reste à 2,9 % : l'excédent serait supérieur à 304 milliards d'euros en 2016 si le PIB en dollars de la Chine enregistrait une croissance de 15 % par an.

C'est là un taux plausible, dans la mesure où le taux de change réel de la Chine devrait vraisemblablement s'apprécier. Si on veut évaluer l'ajustement imposé aux autres, on doit considérer les excédents par rapport à leurs propres PIB, pas à celui de la Chine.

Deuxièmement, la contrepartie intérieure de l'ajustement extérieur a consisté en une part d'investissement toujours plus élevée par rapport au PIB : entre 2007 et 2010, celle-ci a augmenté de près de 7 points de pourcentage.

Chaque année depuis 2007, l'investissement fixe réel a augmenté plus vite que le PIB. C'est ce qu'a exposé l'Organisation de coopération et de développement économiques dans son rapport "China in Focus" : "Jusqu'ici, l'ajustement vers la demande intérieure reflète pour l'essentiel le fort investissement public dans les infrastructures qui a été financé hors budget." Malheureusement, en voulant éliminer un déséquilibre important - l'excédent extérieur -, on a exacerbé le plus frappant des déséquilibres internes - le volume extraordinaire de l'investissement.

Supposons que la Chine connaisse au cours des prochaines décennies un taux de croissance encore confortable de 7 % par an. Supposons, en outre, puisqu'une croissance moindre exige moins d'investissement, que la part de l'investissement (y compris la constitution de stocks) dans le PIB tombe de 50 % à 40 %, ce qui serait encore un montant très élevé.

Supposons enfin que l'excédent extérieur reste à 3 % du PIB. Pour atteindre un taux attendu de croissance de 7 % du PIB, la consommation (publique et privée) doit croître au taux réel de 9 % tandis que l'investissement augmente de 4,6 %.

RETOURNEMENT STUPÉFIANT

Cela constituerait un retournement stupéfiant, qui serait impossible sans une importante réorganisation de la redistribution des revenus en direction des ménages. Réorganisation qui, à son tour, exigerait de profondes réformes dans le système financier, dans la gouvernance des entreprises et même dans la structure du pouvoir à l'échelle du pays.

Par ailleurs, de telles réformes risqueraient de réduire l'investissement au lieu de relancer la consommation. Il en résulterait un atterrissage très douloureux.

La Chine a bien réussi à éliminer ses énormes excédents commerciaux et des comptes courants. La principale cause intérieure de cette évolution a cependant été une hausse des investissements à un niveau encore plus vertigineux, appuyée par des appréciations du taux de change réel. Mais cela rend l'indispensable ajustement intérieur encore plus vaste qu'il ne l'était avant la crise.

Si l'on veut maintenir à un niveau constant la part de l'excédent extérieur par rapport au PIB, pendant que le rythme de la croissance économique ralentit, il est essentiel de modifier radicalement les taux relatifs de croissance de la consommation et de l'investissement.

Pour le formuler de façon brutale, la dynamique de croissance des quinze dernières années doit être inversée. Est-ce faisable ? Peut-être. Mais cela exige une expansion énorme de la consommation par rapport à l'investissement. Cela se produira-t-il pendant que l'économie continuera de croître ? Personne ne peut le dire

(cette chronique est publiée en partenariat exclusif avec le "Financial Times". © FT. Traduit de l'anglais par Gilles Berton).

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 11 Avril 2012 07h46
En Chine, le commerce extérieur repasse dans le vert

Le Monde.fr avec AFP | 10.04.2012 à 11h10 • Mis à jour le 10.04.2012 à 11h23

Après un fort déficit en février, le commerce extérieur de la Chine est repassé dans le vert en mars avec un excédent de 5,35 milliards de dollars, mais la croissance des échanges a fortement ralenti, selon les chiffres publiés mardi 10 avril par les douanes chinoises.

Les exportateurs chinois sont notamment exposés à la crise de la dette en Europe - leur premier débouché - ainsi qu'à la relative faiblesse de la reprise économique aux Etats-Unis. Les exportations de la deuxième économie mondiale ont progressé de 8,9 % sur un an à 165,66 milliards de dollars tandis que les importations ont atteint 160,31 milliards de dollars, en hausse de 5,3 %.

Ce retour à un excédent constitue une surprise pour les quinze analystes interrogés par l'agence Dow Jones, qui tablaient en moyenne sur un déficit de 3,2 milliards de dollars, avec des exportations en hausse de seulement 7,2 % et des importations plus vigoureuses, en augmentation de 9,3 %. En février, la Chine avait enregistré son déficit commercial le plus important en plus d'une décennie, à 31,48 milliards de dollars en raison d'un bond des importations de 39,6 %.

Sur l'ensemble du premier trimestre, la Chine enregistre tout de même un léger excédent commercial, de 670 millions de dollars, selon les douanes. Entre janvier et mars, le volume du commerce extérieur de la Chine a augmenté de 7,3 %, par rapport à la même période de l'an dernier.

430 MILLIARDS DE DOLLARS D'EXPORTATIONS

La croissance prévue des échanges extérieurs du premier exportateur de la planète n'est cette année que d'environ 10 %, alors que les exportations chinoises avaient encore augmenté l'an dernier de 20,3 %, et les importations de 24,9 %. Sur les trois premiers mois de l'année, les exportations chinoises ont atteint 430 milliards de dollars, dont 253 milliards de machines et de produits électroniques.

Les échanges commerciaux avec l'Union européenne ont progressé au premier trimestre de 2,6 %, à 126,87 milliards de dollars, tandis qu'ils ont progressé de 9,3 %, à 106,77 milliards de dollars, avec les Etats-Unis.

Avec les pays d'Asie du Sud-Est, le commerce extérieur de la Chine a augmenté entre janvier et mars de 9,2 % sur un an à 86,78 milliards de dollars, dépassant les échanges avec le Japon, qui ont baissé de 1,6 %, à 79,44 milliards de dollars. Quant au commerce bilatéral avec la Russie, c'est celui qui a connu la plus forte croissance sur la période, avec 33 % de hausse sur un an, à 21,49 milliards de dollars.

La Chine doit publier vendredi le chiffre de sa croissance pour le premier trimestre, attendu en baisse. Selon les analystes interrogés par le quotidien économique Diyi Caijing Ribao (China Business News), la hausse du PIB devrait être limitée à 8,4 %, contre 8,9 % pour le quatrième trimestre 2011 et 9,2 % pour l'ensemble de l'an dernier.

Ecrit par: P'tit Panda Mercredi 11 Avril 2012 07h50
Les Chinois explosent l'art

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 08.04.2012 à 18h07 • Mis à jour le 08.04.2012 à 19h38

Par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant), avec Michel Guerrin




Une peinture impériale chinoise a été mise en vente il y a peu chez Sotheby's, à Hongkong. Les enchères progressent par paliers. Elles ont atteint la somme confortable de 2,5 millions de dollars de Hongkong (près de 250 000 euros) quand Kevin Ching, responsable de Sotheby's, entend son client de Chine continentale, qu'il a au téléphone, proposer plusieurs millions de plus. D'un seul coup. Il s'assure auprès de son interlocuteur qu'il a bien entendu. Puis, un peu embarrassé, transmet l'ordre au commissaire-priseur. "Il faut en passer par là. Les Chinois sont en train de grandir et de devenir riches. Ça fait partie du processus", commente cet ancien avocat d'affaires qui a travaillé dans le secteur du luxe. Il ajoute : "On a des clients exubérants. Ils peuvent être très impatients. Même lors d'une vente aux enchères, ils ne veulent pas perdre leur temps."

Dans ce domaine comme dans d'autres, les Chinois sont en train de redessiner le planisphère. Selon Artprice, spécialiste de la cotation du marché de l'art, le volume des ventes aux enchères publiques sur leur territoire, dans le seul domaine des beaux-arts, a explosé en dix ans à peine pour atteindre 41 % du marché mondial en 2011. Soit le premier de la planète.

Quand une vente d'art chinois a lieu à Hongkong, Londres et Paris, places fortes du marché, la salle est pleine... de Chinois. Ils sont très présents, aussi, lors de ventes de montres, de bijoux et même de vin. Une petite révolution est en marche. "C'est l'événement majeur du marché de l'art depuis vingt ans. On est passé d'un tête-à-tête entre les Etats-Unis et l'Europe à un marché à trois, et donc à un marché mondial", confirme Guillaume Cerutti, PDG de Sotheby's France.

En 2011, deux artistes chinois occupent la tête du palmarès annuel des ventes aux enchères, établi par Artprice : 400 millions d'euros pour Zhang Daqian (1899-1983), un prodige de la peinture traditionnelle et faussaire hors pair des dynasties anciennes qui a passé sa vie en exil ; 350 millions pour Qi Baishi (1864-1957), un peintre à l'encre adoubé par les dirigeants communistes. Ce tandem relègue Andy Warhol à la troisième place. Le quatrième ? Picasso, treize fois numéro un du classement en quatorze ans.

Prenons maintenant les dix oeuvres d'artistes vivants les plus chères de 2011. On trouve trois Chinois à côté du Britannique Damien Hirst ou de l'Américain Jeff Koons. Il y a le peintre traditionnel Cui Ruzhuo - 16 millions de dollars chez Christie's Hongkong pour une oeuvre à l'encre en huit rouleaux réalisée... quelques mois auparavant. Il est suivi par deux stars de l'art contemporain, Zhang Xiaogang et Zeng Fengzhi.

Si le marché de l'art explose en Chine, c'est d'abord parce que le pays compte de plus en plus de millionnaires en dollars - 1,1 million en 2011 (3e rang mondial), d'après le Boston Consulting Group. L'émergence des Chinois pose un défi à Christie's et Sotheby's, qui, depuis des décennies, dominent le marché mondial. C'est aussi une aubaine. Ces deux maisons anglo-saxonnes n'ont pas le droit d'organiser des ventes en Chine populaire, mais elles règnent en maîtres à Hongkong, devenue une plate-forme de premier ordre pour l'art chinois : les clients de Chine continentale absorbent aujourd'hui 40 % des ventes de Sotheby's Asie, dont Hongkong est le quartier général, contre 4 % il y a cinq ans à peine.

Christie's et Sotheby's se targuent d'une expertise et d'une autorité qui leur permettent de régner sur "tout ce qui est de première qualité dans l'art chinois", confirme Kevin Ching. Si ces deux maisons ne peuvent vendre en Chine, elles y présentent des objets et oeuvres d'art dans les plus grands hôtels de Shanghaï et de Pékin pour appâter les acheteurs. Avant de les vendre à Hongkong ou ailleurs. Sotheby's vient de montrer pour la première fois des objets à Chengdu. Elle rédige des sites Internet et des catalogues papier en mandarin. Christie's fait de même. "Depuis deux ans, nous avons un concierge chinois et des collaborateurs sinophones pour s'occuper de nos clients chinois quand ils viennent à Londres ou à New York, afin qu'ils se sentent pris en main", explique François Curiel, le président de Christie's à Hongkong.

L'engouement des Chinois fortunés pour leur art les fait évoluer vers d'autres univers : "C'est une réserve immense de collectionneurs, et donc d'acheteurs, poursuit M. Curiel. Ils découvrent en voyageant l'intérêt qu'ont porté à l'art les Rothschild, Pinault, Arnault, Rockefeller, les musées ou les fondations que ces derniers ont créés ou aidés. Ils feront pareil. Leur oeil se développe, ils s'intéresseront à l'art nouveau, à la photo, au mobilier design, puis à l'art contemporain européen et américain."

Quelques artistes contemporains chinois richissimes sont parmi les premiers à acheter de l'art occidental. L'un d'eux a récemment approché des galeries françaises avec l'idée de créer une collection qui retrace l'évolution de la peinture occidentale, du XIXe siècle au cubisme. A Hangzhou, au sud-ouest de Shanghaï, l'Académie des beaux-arts va accueillir une collection permanente d'objets et dessins de l'école allemande du Bauhaus, dans les années 1920-1930, acquise en 2011 pour 55 millions d'euros en Allemagne.

Le marché de l'art chinois est si vaste et riche qu'il est en plein boom à l'intérieur même du pays. Il capte des capitaux qui ne savent où se placer : la Bourse n'intéresse plus guère - l'indice de Shanghaï est au plus bas - et le marché immobilier s'est retourné.

Aussi sept des dix plus importantes maisons de ventes aux enchères du monde sont-elles localisées en Chine, avec des chiffres d'affaires qui volent de record en record. Si les vénérables Christie's et Sotheby's ont été créées au XVIIIe siècle, ces firmes chinoises sont récentes. La plus importante, Poly International Auction, date de 2005. Guardian Auctions, la plus ancienne, dont les bureaux se trouvent face à la gare de Pékin, a vu le jour... en 1993. Un an après son lancement, sa présidente, Wang Yannan, s'était rendue à New York avec l'idée d'attirer des acheteurs étrangers. Avant de comprendre que ses clients étaient en Chine... "On continue d'aller à l'étranger, mais pour chercher des oeuvres qu'on rapporte dans notre pays", dit-elle. C'est la mission principale des bureaux qu'ouvrent Guardian Auctions et Poly Auction dans les capitales occidentales - et à New York récemment.

Mais tout n'est pas rose. Les grandes ventes d'automne 2011 ont marqué un fléchissement : "C'est sain, confie Wang Yannan. Ça allait trop vite. Les résultats doublaient chaque année depuis cinq ans !" Il faudra aussi mettre de l'ordre sur le marché intérieur : les acquéreurs locaux ont la fâcheuse habitude de faire traîner le paiement après avoir porté une enchère gagnante - au point que Guardian impose désormais à ses acheteurs une caution équivalente à 100 000 euros.

Et puis les centaines de petites maisons de ventes qui ont ouvert en province n'ont pas de véritable responsabilité juridique et, à travers elles, pas mal de faux circulent. La corruption joue aussi son rôle : "Au lieu de donner de l'argent à un officiel, on offre une peinture traditionnelle ou une calligraphie qui se revendra très cher aux enchères", note un agent anglais d'origine chinoise basé à Shanghaï.

Le gigantesque marché chinois des enchères est très particulier : 70 % du chiffre d'affaires de Guardian provient de la peinture traditionnelle, c'est-à-dire les dessins à l'encre et la calligraphie sur papier de riz ou rouleaux. "Les gens qui ont un fort pouvoir d'achat sont nés dans les années 1950 et 1960 et sont familiers de ce genre d'oeuvres, mais cela changera", dit Wang Yannan. C'est une peinture à l'encre de Qi Baishi datant de 1946, Aigle sur pin, encadrée de deux rouleaux de calligraphie, qui, en 2011, a battu le record pour une oeuvre en Chine : 46 millions d'euros.

En revanche, la peinture à l'huile de type occidental ne représente que 10 % des ventes de Guardian. "L'art chinois contemporain qu'on connaît en Occident n'est que la partie visible de l'iceberg", confirme Hadrien de Montferrand, un ancien de la maison de ventes Artcurial installé à Pékin.

Dans la peinture "occidentalisée", les audaces de l'avant-garde coexistent avec un riche répertoire réaliste. "Il y a aujourd'hui en Chine l'équivalent de l'art pompier dans la France du XIXe siècle, poursuit Hadrien de Montferrand, comme si les Chinois étaient en train de traverser plusieurs époques en même temps." On pourrait citer les odalisques de Zhang Yibo, un néoréaliste de 46 ans, ou les peintures de Chen Yifei, le maître du "réalisme romantique", dont la cote est stratosphérique en Chine. Les peintres de l'exil, comme le Franco-Chinois Zao Wou-Ki, 92 ans, et ses paysages abstraits, sont eux aussi redécouverts, avec des prix fous.

Quant aux grandes vedettes de l'art contemporain qui s'exportent à Paris, New York ou Londres - Zhang Xiaogang ou Yue Minjun -, seule une toute petite fraction de leur travail se vend en Chine. Le krach de 2008, après trois ans de surchauffe intense où la cote des plus grands a été multipliée par cent, a fait le tri : "Les superstars se sont maintenues, les autres ont quelques invendus !", estime le galeriste Cheng Xindong, qui fut l'un des premiers passeurs de l'art contemporain chinois vers l'Occident après avoir découvert le milieu des galeries à Paris au début des années 1990.

Cet art contemporain qui s'est bien exporté est né, dans les années 1980, dans un village d'artistes aux portes de Pékin, Yuanmingyuan. Cheng Xindong y fréquente les peintres Fang Lijun et Yue Minjun, comme lui jeunes et sans le sou. Il apporte leurs toiles à Paris. Mais, en Chine, les expositions sont à cette époque quasi clandestines : les seuls acquéreurs sont des expatriés étrangers, et les toiles se vendent alors quelques milliers de dollars - elles en valent aujourd'hui des millions.

"Ces jeunes artistes étaient très idéalistes, ils pensaient à s'exprimer, pas à l'argent, explique Cheng Xindong. Avec la reconnaissance des Occidentaux, puis l'émergence de l'économie chinoise, l'entrée de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce, les Jeux olympiques, tout cela les a propulsés au faîte du marché mondial."

L'âge d'or de l'art chinois n'est pas terminé, tant le réservoir d'artistes et de créativité est vaste. Mais ce marché est devenu "chaotique", déplore Cheng Xindong. Les musées publics n'achètent pas d'oeuvres de l'avant-garde car "tout le monde craint que ça ne soit pas politiquement correct". L'argent coule à flots, mais sans discernement. Les investisseurs ne voient que ce qui est en vogue - dernièrement, la peinture néoréaliste, qui a même fait son apparition chez Christie's et Sotheby's...

Le galeriste Hadrien de Montferrand, qui a vu partir en 2011 aux enchères le croquis d'une grande fresque réaliste de Yuan Yunsheng datant de 1979 qu'il comptait exposer, déplore qu'en Chine les étapes naturelles du marché de l'art soient escamotées. En principe, un galeriste repère un artiste, monte une exposition, publie un catalogue, des collectionneurs s'impliquent, des critiques jugent le travail, et enfin le musée apporte la consécration. "En Chine, on a l'impression que les oeuvres vont directement sous le marteau du commissaire-priseur."

Brice Pedroletti (Pékin, correspondant), avec Michel Guerrin

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Avril 2012 11h23
Air France inaugure une nouvelle ligne entre Paris et Wuhan en Chine

Mis à jour le 12.04.12 à 08h18


Air France a inauguré jeudi sa cinquième destination en Chine à Wuhan, principale ville du centre du pays où la présence française est importante, affichant ainsi sa confiance dans la croissance du marché chinois, juste après l'annonce d'un plan d'économies drastiques.

Le Boeing 777 de la compagnie française, à bord duquel se trouvait le PDG d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, a été arrosé en signe de bienvenue par les pompiers après son atterrissage à 8H50 locales (00H50 GMT) en provenance de Paris-Charles de Gaulle. Trois vols par semaine seront assurés sur cette nouvelle desserte.

Air France desservait déjà en grande Chine les métropoles de Shanghai, Pékin, Canton et Hong Kong. Avec Wuhan, c'est pour la première fois une ville de l'intérieur du pays qui est desservie par la compagnie aérienne française. Pour Wuhan, c'est aussi la première liaison aérienne internationale en dehors de la Corée du Sud et du Japon.

La liaison Paris-Wuhan est l'une des rares qui sera ouverte cette année par Air France, qui cherche à comprimer ses coûts.

Avec AFP

s : http://www.20minutes.fr/ledirect/915305/air-france-inaugure-nouvelle-ligne-entre-paris-wuhan-chine

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Avril 2012 11h24
Le yuan baisse après le doublement de sa marge de fluctuation

Le Monde.fr avec AFP | 16.04.2012 à 10h14 • Mis à jour le 16.04.2012 à 10h22


Ce n'était peut-être pas l'effet recherché. Alors que les autorités chinoises ont annoncé ce week-end un doublement de la marge de fluctuation du yuan par rapport au dollar, la monnaie chinoise était orientée à la baisse lundi 16 avril.

La Banque populaire de Chine (banque centrale) avait autorisé à compter de lundi une fluctuation maximale de 1 %, à la baisse comme à la hausse, autour d'un cours pivot qu'elle fixe quotidiennement, contre 0,5 % auparavant. La mesure a été saluée comme un pas vers une plus grande libéralisation du taux de change de la monnaie chinoise, dont le faible niveau confère selon les principaux partenaires commerciaux de la Chine un avantage compétitif indu à ses produits.

CROISSANCE INFÉRIEURE AUX ATTENTES

En fin de matinée lundi, la devise chinoise s'échangeait à 6,3145 yuans pour un dollar, alors que le cours pivot a été fixé en début de journée à 6,2960 yuans pour un billet vert. Cette orientation à la baisse reflète les craintes des investisseurs alimentées par la publication vendredi d'une croissance inférieure aux attentes au premier trimestre, à 8,1 % en rythme annuel.

En mars, le premier ministre Wen Jiabao avait estimé que le niveau de la monnaie chinoise était "proche de l'équilibre".

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Avril 2012 11h25
La Chine assouplit encore un peu son contrôle des taux de changes

LE MONDE | 14.04.2012 à 14h37 • Mis à jour le 16.04.2012 à 10h18

Par Harold Thibault


La Banque centrale chinoise a annoncé samedi 14 avril qu'elle allait élargir la bande de flottement du yuan, la monnaie nationale, par rapport au dollar. Le yuan va pouvoir flotter de plus ou moins 1 % autour du cours pivot qu'elle établit quotidiennement par rapport au dollar américain, à partir de lundi 16 avril.

Même si le pays continue à tenir en bride le cours de sa devise (son cours n'est pas déterminé par la loi de l'offre et de la demande comme pour la plupart des grandes monnaies de la planète), il s'agit quand même d'un assouplissement conséquent. Depuis 2007, le yuan ou renminbi ("la monnaie du peuple") ne pouvait progresser que de 0,5 % par jour par rapport au cours fixé par les autorités. Avant, la marge n'était que de 0,3 %.

Cette annonce est une nouvelle étape dans la politique chinoise des petits pas vers la libéralisation de sa politique de change et vers l'internationalisation du yuan. L'objectif à long terme de Pékin est de faire du yuan une monnaie de réserve internationale, reflétant l'importance du pays dans les échanges mondiaux.

TENSIONS DIPLOMATIQUES

L'annonce intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre la Chine et ses partenaires commerciaux, notamment les Etats-Unis, qui l'accusent depuis des années de conserver sa monnaie à un niveau artificiellement bas. Une situation qui a pour effet de favoriser, selon eux, les exportations chinoises. Le Républicain américain Mitt Romney a demandé, mi-février, que la Chine soit qualifiée de " manipulatrice" pour son contrôle des changes, un statut donnant lieu à des mesures de rétorsion de la part des Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont toutefois annoncé, vendredi 13 avril, qu'ils retardaient la publication d'un rapport sur le contrôle des changes chinois, à quelques jours d'un sommet du G 20, les 19 et 20 avril, qui sera suivi d'une réunion de haut niveau du Fonds monétaire international. L'élargissement de la bande de flottement quotidienne du yuan pourrait y être perçu comme un gage de bonne foi de Pékin.

Cette décision chinoise intervient par ailleurs un mois après que le premier ministre a estimé, lors du congrès annuel du Parti communiste, que le taux de change de la monnaie chinoise " est proche d'atteindre son niveau d'équilibre".

La politique de change chinoise génère des tensions intérieures. Pékin a laissé le yuan s'apprécier de 21 % par rapport au dollar de 2005 à 2008, puis a suspendu le mouvement pendant deux années de crise, afin de porter secours aux provinces où l'emploi repose sur les exportations. Depuis 2010, Pékin laisse de nouveau le yuan progresser face au dollar, ce qui suscite l'ire des industriels des régions côtières dynamiques. Un dollar valait 6,2884 yuans le 10 février dernier, un record pour la monnaie chinoise depuis dix-huit ans.

Harold Thibault

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Avril 2012 11h26
La Chine autorise sa monnaie à davantage fluctuer, toujours sous contrôle

Le Monde.fr avec AFP | 14.04.2012 à 09h04 • Mis à jour le 14.04.2012 à 09h27

La marge de fluctuation du yuan, qui était de plus ou moins 0,5 % par rapport au dollar, va être élargie à 1 % à partir de lundi, a annoncé samedi 14 avril la Banque populaire de Chine. Cette réforme permet au renminbi ("monnaie du peuple", nom officiel du yuan) de fluctuer davantage en fonction du marché, même si Pékin continue à tenir en bride le cours de sa devise.

La banque centrale a expliqué sa décision en constatant "le développement du marché des changes de la Chine et le renforcement graduel des capacités de fixation des prix et de gestion des risques des acteurs sur le marché".

SE PRÉMUNIR DES ALÉAS MONÉTAIRES

La valeur du yuan est déterminée par la banque centrale, qui fixe son taux quotidiennement, et non par la loi de l'offre et de la demande comme c'est le cas pour la plupart des grandes monnaies de la planète. La Chine affirme que son objectif est de rendre à terme le yuan totalement convertible et de se doter d'un système de taux change flottant librement. L'élargissement de la bande de fluctuation de sa monnaie va donc dans ce sens.

Pékin, principal détenteur d'actifs monétaires américains au monde, craint en effet une montée des risques à l'encontre de la valeur de son portefeuille. Pour se prémunir des aléas monétaires liés aux fluctuations de la devise américaine, les autorités chinoises cherchent à diversifier les points d'arrimage de leur monnaie.

Les Etats-Unis, qui ont enregistré en 2011 un déficit commercial record avec la Chine, estiment comme beaucoup de partenaires commerciaux de Pékin que le cours du yuan est sous-évalué, ce qui confère aux produits chinois un avantage compétitif indu.




Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Avril 2012 11h28
La mort d'un homme d'affaires britannique au cœur de l'affaire Bo Xilai

Le Monde.fr avec AFP | 12.04.2012 à 10h09 • Mis à jour le 12.04.2012 à 10h30



Un voile de mystère enveloppe la mort de Neil Heywood, un homme d'affaires britannique dont le décès suspect est au cœur de l'affaire qui a précipité la chute de Bo Xilai et la mise en cause pour meurtre de son épouse.

La presse britannique s'interroge sans guère de réponses sur les liens entre ce couple et le Britannique de 41 ans retrouvé mort dans une chambre d'hôtel de Chongqing en novembre 2011, avec un taux élevé d'alcool dans le sang, selon les autorités chinoises. Un élément étonnant pour les proches de cet homme au Royaume-Uni interrogés par le quotidien The Times [abonnement], qui le décrivent comme un buveur modéré. Le corps du Britannique avait rapidement été incinéré après sa mort.

TOURNANT POLITIQUE

Sa famille a jusqu'à présent toujours semblé écarter le scénario d'un crime, jugeant plausible qu'il ait succombé à une attaque cardiaque, comme son père en 2004. Décrit comme un homme enjoué et amateur de rugby, Neil Heywood, qui parlait couramment le mandarin, avait fait ses études dans la prestigieuse école privée Harrow School à Londres. Il aurait aidé le fils de Bo Xilai à y obtenir une place.

Selon le Times, Neil Heywood aurait fait la connaissance du couple en 1994 à Dalian, dans le nord-est de la Chine, où il enseignait l'anglais. C'est sa femme, Wang Lulu, qui lui aurait fait rencontrer Gu Kailai, dont le mari, Bo Xilai, était alors maire de la ville.

La nature des occupations de cet homme décrit comme secret par un autre homme d'affaires britannique en Chine, reste une énigme. D'après le Times, il aurait travaillé occasionnellement pour une société d'intelligence économique. Selon le Daily Telegraph, Neil Heywood aurait fait passer des documents à un avocat britannique détaillant les investissements à l'étranger de Bo Xilai et sa femme. Les proches de Neil Heywood ont fait pression sur les autorités britanniques pour qu'elles réclament à Pékin de rouvrir le dossier. Mardi, William Hague a salué la réouverture de cette enquête. L'affaire a pris un tour hautement politique, avec la mise en garde à vue de Gu Kailai, soupçonnée d'avoir assassiné le Britannique, et l'annonce simultanée de la suspension de Bo Xilai du bureau politique du Parti communiste.

Lire l'éditorial Le thriller chinois qui ébranle le monde

LE QUOTIDIEN DU PEUPLE APPELLE À L'UNITÉ

Le Quotidien du peuple, organe officiel du Parti communiste, a appelé jeudi le pays à s'unir derrière les instances au pouvoir, en cherchant à minimiser l'onde de choc causée par la disgrâce de Bo Xilai. Dans un commentaire publié en première page, le Quotidien du peuple exhorte la population à "bien comprendre la grande importance" de la suspension du parti de M. Bo.

Sur l'Internet, la censure bloquait un grand nombre de mots-clés, parmi lesquels "enquête", "lutte politique" et les noms des protagonistes de cette saga.

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Avril 2012 11h33
Chine: Ai Weiwei juge vaine la censure d'internet

Créé le 16-04-2012 à 07h36 - Mis à jour à 07h40


L'artiste contestataire chinois Ai Weiwei a averti que les tentatives du gouvernement chinois de censurer Internet sont inévitablement condamnés à l'échec, dans un article publié dimanche dans le journal britannique The Guardian.

Les nouvelles mesures prises par les autorités contre les microbloggers ne feront seulement que "déplacer le problème à la prochaine génération", selon l'artiste, qui avait été détenu d'avril à juin 2011, ce qui avait soulevé une vague d'indignation à travers le monde.

Agé de 54 ans, il vit depuis sous le contrôle rapproché de la police, sans pouvoir quitter Pékin.

"A long terme, estime Ai Weiwei, ils (le gouvernement) doivent comprendre qu'il ne leur est pas possible de contrôler internet à moins de le couper".

"Les gens auront toujours le dernier mot - même si c'est d'une voix faible, sereine. Un tel pouvoir s'effondrera sur un chuchotement", assure l'artiste, peintre, sculteur, architecte et plasticien.

"Internet est incontrôlable et si internet est incontrôlable, la liberté triomphera. C'est aussi simple que cela", juge-t-il encore.

Début avril, Ai Weiwei avait annoncé que les autorités lui avaient imposé de couper les caméras reliés à internet qu'il avait installées à son domicile de Pékin pour tourner en dérision la surveillance constante dont il fait l'objet.

Féroce critique du régime communiste, il a annoncé vendredi qu'il allait porter plainte contre le fisc de Pékin qui lui a infligé une amende de plusieurs millions de yuans pour évasion fiscale.



s : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120416.AFP3441/chine-ai-weiwei-juge-vaine-la-censure-d-internet.html

Ecrit par: P'tit Panda Lundi 16 Avril 2012 11h36
Taiwan s'entraîne à repousser la Chine


L'île a démarré cinq jours de manœuvres dans le but de tester sa capacité à protéger la capitale, Taipei, en cas d'invasion par Pékin.

Taiwan a lancé lundi le coup d'envoi de grandes manœuvres interarmes pour mettre à l'épreuve la défense de sa capitale, Taipei, dans l'hypothèse d'une offensive chinoise, a annoncé le ministère de la Défense.

Des milliers de réservistes ont été convoqués pour participer à ces exercices étalés sur cinq jours et baptisés «Han Kuang («la gloire des Hans», ethnie chinoise ultramajoritaire à Taiwan) numéro 28».

Des centaines de soldats ont été déployés autour de Taipei pour contrecarrer un débarquement chinois sur les rives du fleuve Tamsui, qui traverse la capitale.

Dans le sud, la marine a mobilisé une flotte de chasseurs de mines et d'hélicoptères en vertu d'un scénario faisant de Tsoying, la principale base navale de l'île, la cible d'un blocus chinois.

L'armée taiwanaise, nombreuse au regard de sa population (275 000 hommes pour 23 millions d'habitants), est un héritage de décennies de vives tensions entre Taiwan (nationaliste) et la Chine continentale (communiste), dont l'île est séparée depuis 1949.

Le président taiwanais, Ma Ying-jeou, défend depuis son élection une politique de conciliation et d'apaisement avec la Chine.

Les relations entre Taipei et Pékin se sont nettement améliorées sous sa présidence, au point que l'armée a annoncé une réduction du service militaire obligatoire à quatre mois, contre un an actuellement.

Ma Ying-jeou a été réélu en janvier.

(AFP)



s : http://www.liberation.fr/monde/2012/04/16/taiwan-sentraine-a-repousser-la-chine_812023

Ecrit par: P'tit Panda Mardi 17 Avril 2012 11h24
Une série d'articles sur Hong Kong à lire ou relire sur le site du Courrier International :


HONG KONG

Une Chine à part



http://www.courrierinternational.com/dossier/2012/03/21/une-chine-a-part



Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 19 Avril 2012 09h50
Le marsouin du Yangtsé est menacé d'extinction

Le Monde.fr avec AFP | 19.04.2012 à 08h36 • Mis à jour le 19.04.2012 à 08h36


Ce cétacé d'eau douce, qui comme son nom l'indique est dépourvu d'aileron dorsal, vit en Chine seulement dans le Yangtsé et dans deux lacs reliés à ce grand fleuve. Cette espèce est menacée d'extinction, selon la presse officielle chinoise, qui rapporte que la Chine a enregistré depuis le début de l'année au moins seize morts de marsouin aptère.

Dix marsouins aptères ont été retrouvés morts dans le lac Dongting depuis mars et six autres dans le lac Poyang depuis le début de l'année, a rapporté l'agence Chine nouvelle. Des lacs qui ne sont pas épargnés par la pollution industrielle. "Ces morts récentes font monter le taux de mortalité du marsouin aptère à un niveau de 5 à 10 %, ce qui signifie que l'espèce sera éteinte dans quinze ans", ont conclu des experts cités par l'agence officielle.

Zhu Zuoyan, académicien de l'Académie des sciences de Chine et conseiller politique, a estimé que la population actuelle est d'environ mille individus, en marge de la session annuelle du Comité national de la conférence consultative politique du peuple chinois en mars. Outre la pollution et la surpêche, les grands projets hydrauliques et l'augmentation de la navigation sur le fleuve menacent aussi cette espèce, a-t-il ajouté. M. Zhu a soumis une proposition sur l'élargissement d'une zone de préservation dans la province du Hubei (centre-sud) pour mieux protéger le marsouin aptère.

Un cousin du marsouin aptère, le dauphin de Chine, est lui jugé éteint depuis plusieurs années après avoir été victime d'une pollution dévastatrice, de la pêche illégale et du trafic fluvial. Après une expédition scientifique en 2006, des experts avaient en effet annoncé la très probable extinction de ce dauphin de rivière (baiji en chinois), une espèce qui existait depuis vingt millions d'années.

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 19 Avril 2012 10h11
Le Point.fr - Publié le 19/04/2012 à 08:14


Comment Pékin accompagne la chute de Bo Xilai


Le pouvoir tente d'empêcher le retour en politique du dirigeant de Chongqing exclu du bureau politique et du comité central du PC.



Le pouvoir chinois a actuellement une priorité : casser l'image que Bo Xilai avait réussi à donner de lui. Il ne suffit pas d'avoir limogé le dirigeant de Chongqing - la ville la plus peuplée de Chine - puis de l'avoir exclu du bureau politique et du comité central du Parti communiste. Il faut maintenant accumuler les révélations ou confirmations sur la gravité des faits qui ont amené à ces sanctions. Objectif : empêcher le retour en politique de Bo Xilai et répandre l'idée dans la population qu'avoir de la sympathie pour ce personnage était une grave erreur.

Ceux qui sont désormais en poste à Chongqing racontent à des journalistes occidentaux qu'en novembre dernier la mort de Neil Heywood est tout de suite apparue suspecte. Cet homme d'affaires anglais était un associé de la femme de Bo Xilai, Gu Kailai. Au point que plusieurs journaux de Hong Kong vont jusqu'à écrire qu'il pouvait être l'amant de celle-ci. Les mêmes médias croient savoir qu'il aurait aidé Gu Kailai à sortir de Chine une importante somme d'argent et qu'un différend aurait surgi entre eux sur la commission qu'il exigeait. Selon le Financial Times, c'est avec du cyanide de potassium qu'il a été empoisonné. Ce produit aurait été fourni par un certain Xia Zeliang, secrétaire du Parti communiste du district de Nan'an. L'hôtel où Neil Heywood a été retrouvé mort en novembre dernier se trouve dans ce quartier de Chongqing.

Bo Xilai aurait bloqué l'enquête

Le moins que l'on puisse dire est que les détails ne manquent pas pour étayer les soupçons autour de ce décès. Et ils mènent à cette très grave accusation qu'après avoir donné son accord Bo Xilai aurait bloqué l'enquête et destitué celui qui s'apprêtait à la mener : Wang Lijun, numéro deux de la municipalité et responsable de la sécurité. Ce même Wang Lijun a alors eu l'idée d'aller tout raconter au consulat américain de Chengdu. Le chef-lieu du Sichuan n'est pas loin de Chongqing.

Contrairement à ce qu'on a pu croire sur le moment, Wang Lijun n'aurait pas demandé l'asile politique aux États-Unis. Sa démarche, totalement inédite en Chine, était beaucoup plus audacieuse et manoeuvrière. S'il était allé à Pékin dire ce qu'il savait, il aurait eu toutes les chances de ne pas être écouté ou, pire, d'être neutralisé par les soutiens dont disposait Bo Xilai dans la haute hiérarchie du Parti.

En s'adressant d'abord à des diplomates étrangers, il a donné une tout autre dimension à ses révélations. Il n'était plus possible de les passer sous silence. Selon des sources qui pourraient se trouver au consulat américain de Chengdu, c'est Wang Lijun lui-même qui, après dix heures d'entretiens, a téléphoné à Pékin pour demander que des agents de la commission de discipline du Parti viennent le chercher. Et surtout pas la police. Les Chinois qui s'intéressent à la politique admettent qu'avec le parcours qu'il a suivi Wang "a sauvé sa peau".

Lutte rude

Depuis, l'acharnement avec lequel la direction du Parti communiste traite cette affaire indique combien le système politique chinois a redouté la montée en puissance de Bo Xilai. L'ambition de celui-ci était d'être admis parmi les neuf membres du Comité permanent, qui représente la plus haute marche du pouvoir. Il avait été écarté en 2007 et voulait y parvenir lors du congrès de l'automne prochain. La lutte est rude pour entrer au Comité permanent et, habituellement, la méthode consiste à se faire accepter en engrangeant le plus possible de soutiens et de consensus.

Bo Xilai avait choisi d'apparaître tel qu'il est, turbulent et charismatique. Et de s'appuyer politiquement sur une ligne populiste aux accents maoïstes. L'ampleur des oppositions provoquées par cette stratégie démontre qu'elle n'était guère adaptée au but recherché. Là où la règle est de parvenir à une parfaite unité de façade entre dirigeants, Bo Xilai avançait en force avec des conceptions différentes des autres. Dans un pays où le parti unique est une règle sacrée, il paraissait de plus en plus en mesure de développer une tendance interne qui aurait pu devenir un parti dans le parti.

L'affaire de la mort de Neil Heywood aurait peut-être pu être étouffée grâce à une complicité générale dont le régime est capable. Surtout s'agissant du fils de Bo Yibo, un révolutionnaire qui fut un des principaux conseillers de Deng Xiaoping. Au contraire, que Bo Xilai fasse référence au maoïsme alors que sa famille et lui-même ont été persécutés par Mao a profondément irrité les dirigeants au pouvoir à Pékin. En conférence de presse, le 14 mars, le Premier ministre Wen Jiabao visait Bo Xilai en dénonçant "les séquelles de la révolution culturelle". Si les réformes de modernisation et d'ouverture lancées il y a trente ans s'étaient accompagnées d'une véritable démaoïsation dénonçant les drames qu'a provoqués le Grand Timonier, les positions de Bo Xilai n'auraient sans doute pas eu le même succès.

"Les officiels ne doivent pas surestimer leur influence"

En tout cas, avec un mode de communication gouvernementale qui reste très opaque, Pékin tient maintenant à faire savoir hors de Chine que le cas du criminel Bo Xilai est traité avec une attention particulière. La mort d'un étranger est en cause. De plus, les autorités chinoises ne peuvent pas durablement cacher des informations soigneusement recueillies par un service consulaire américain. Sans connaître, d'ailleurs, l'étendue exacte de déclarations qu'a faites Wang Lijun ni des documents qu'il a donnés.

À l'attention de l'opinion chinoise, ensuite, l'appareil de propagande du Parti travaille à achever de faire tomber Bo Xilai de son piédestal. Les informations sur l'enquête sont en principe censurées. Mais les Chinois qui s'intéressent au sujet semblent tout savoir, rumeurs comprises. Les accès aux mots "Bo Xilai" ou "Wang Lijun" restent bloqués sur les grandes plates-formes comme Sina Weibo ou Tencent, mais les quelque 300 millions de microblogueurs chinois ont depuis longtemps l'art d'aller récupérer à l'étranger ce qu'ils désirent savoir sur ce qu'on leur cache en Chine. Et la presse écrite intègre que l'opinion est au courant en multipliant les éditoriaux qui vantent la sagesse des décisions du Parti. Par exemple, le Huanqiu Shibao du 19 avril souligne : "Le cas Bo Xilai montre que les officiels ne doivent pas surestimer leur influence ni s'imaginer qu'ils sont au-dessus des lois."

Mais l'obsession de la direction communiste est de parvenir en toute chose à présenter un point de vue unifié. L'enjeu est de faire rentrer dans le rang ceux qui ont soutenu Bo Xilai et ont cru en lui à quelques niveaux qu'ils se trouvent dans le Parti ou l'armée. Pour cela, il y a au moins un type d'informations dont le pouvoir parvient à empêcher la diffusion : ce sont les arguments que le flambant ex-chef du parti de Chongqing et son épouse pourraient éventuellement utiliser pour leur défense.


Par RICHARD ARZT, À PÉKIN

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 26 Avril 2012 11h53
Richard Beraha: «La communauté chinoise doit sortir de son mutisme»

Créé le 19/04/2012 à 15h30 -- Mis à jour le 19/04/2012 à 15h47

INTERVIEW - Auteur d'un livre qui retrace l'histoire de l'immigration chinoise à Paris, Richard Brehaha défend une communauté souvent ciblée par les stéréotypes...

Bientôt dix ans que Richard Beraha se passionne pour la communauté chinoise. Depuis sa création, en 2005, jusqu’à sa fermeture cinq ans plus tard, il a présidé l’association Hui Ji et permis à des milliers de chinois d’obtenir leur régularisation. Il livre aujourd’hui un ouvrage collectif, La Chine à Paris : enquête autour d’un monde méconnu, paru le 5 avril aux éditions Robert Laffont, qui retrace l’histoire de l’immigration chinoise à Paris. A quelques jours de la présidentielle, Richard Beraha entend interpeller les hommes politiques sur les atouts de l’immigration chinoise pour la France.

Dans votre livre, vous dressez le constat d’une communauté méconnue, isolée. Qu’est ce qui explique cette situation?

La plupart des chinois de France viennent de villages où subsiste des systèmes de clans. Il y a des coutumes des manières de penser, le monde chinois est difficile à comprendre et il y a une grande altérité avec notre société européenne. Depuis les années 80, une majorité de chinois sont arrivés sans papier en France et ont développé une culture de la clandestinité. Quand on reste 10 ans sans papier avec la peur des policiers, des voyous, c’est difficile de s’ouvrir à la société française.

La communauté chinoise s’exprime très peu dans la société française…

En Chine, les codes politiques sont très différents. L’expression individuelle est rare, la peur de la politique, de l’expression publique est très forte. On compte près de 450.000 ressortissants d’origine chinoise en France et pourtant, que ce soit en politique ou dans les grandes entreprises, aucun n’a de poste important. Aujourd’hui, les jeunes chinois sont bien intégrés et sont avides de participer à la vie politique et sociale du pays.

Quel poids représente la communauté chinoise dans l’économie française?

Selon nos recherches, les chinois possèdent près de 30.000 entreprises en France. Au départ, ils ont embauché à l’intérieur de leur communauté, mais c’est en train de changer car ils ont besoin de compétences pour se développer. La communauté chinoise est utile pour la France, c’est une migration entrepreneuriale qui vient investir et créer son propre emploi. Même si ils importent des marchandises de Chine, le gros de l’économie reste en France.

Pourquoi avoir écrit ce livre?

Avant tout, c’est le premier récit franco-chinois sur cette communauté. Il est écrit pour les jeunes Chinois, qui, pour beaucoup, connaissent mal leur histoire. C’est un appel à sortir de ce mutisme qui domine aujourd’hui: «ouvrez vous, devenez citoyens, rentrez dans la vie politique!» Il faut que la communauté chinoise porte enfin une voix et soit fière de son histoire pour pouvoir mieux s’intégrer. Faut-il encore qu’on leur ouvre les portes.

Le livre paraît en pleine campagne présidentielle…

Ce n’est pas un calcul, mais ca tombe bien. Pendant 10 ans, les politiques sont restés totalement autistes, ils ne veulent pas connaitre cette communauté. Sans parler des idées préconçues, de «mafia», de «prostitution», la communauté chinoise souffre d'un racisme de suspicion. Aujourd’hui, on est en déficit commercial avec la Chine, on a très peu d’acteurs capables de comprendre ce pays. Ces enfants chinois qui sont nés en France nous permettront un jour d’être performants dans cette région du monde.

Propos recueillis par Jean-Charles Barès


s : http://www.20minutes.fr/societe/919809-richard-beraha-la-communaute-chinoise-doit-sortir-mutisme

Ecrit par: P'tit Panda Jeudi 26 Avril 2012 11h54
Asiatiques en politique: une minorité visible engagée


ls s’appellent Chenva, Buon, Liêm, Jean-Vincent ou Fleur, ils représentent la minorité visible des Asiatiques de France. Leurs origines, parcours et engagements sont différents, mais ils ont en commun la volonté de conquérir les institutions politiques.





Des yeux bridés, un visage fin et mate, en jean et mocassin, Chenva Tieu , 48 ans est un entrepreneur à la tête de quatre sociétés, un des fondateurs du Club XXI siècle qui fait la promotion de la diversité dans la sphère publique et le "Monsieur Asie" de l’UMP. Né au Cambodge de parents chinois, secrétaire d’Etat chargé des relations avec l’Asie depuis l’année dernière, il a été investi aux élections législatives dans la 10ème circonscription de Paris.

Nicolas Sarkozy aurait été séduit par son discours volontariste. "La croissance de la France dépend de la production. Cette croissance, il faut aller la chercher là où elle est, en Asie", déclare-t-il. En stratège, il a suggéré à Nicolas Sarkozy que "la France utilise un de ses atouts : sa communauté asiatique, ces Français bi-culturels."

Le président aurait-il saisi le message ? Il a particulièrement soigné ses vœux à la communauté asiatique, venue en nombre record assister au Nouvel an chinois et vietnamien à l’Élysée, en février dernier. Une opération séduction à l’égard de ces Français d’origine asiatique qui réclament plus de visibilité ?

Le vote asiatique

Chenva Tieu est passé par les tours de Chinatown à son arrivée en France en 1975 après que sa famille ait fuit les Khmers Rouges. Aujourd’hui résident à Montmartre et investi dans la 10ème circonscription, à cheval sur une partie du 13ème (dont le Chinatown) et du 14ème arrondissement, il se défend d’utiliser ses origines pour capter le vote de la communauté asiatique.

"Je ne sais pas ce que ça veut dire le vote communautaire. J’ai envie de dire aux Asiatiques de France que nous sommes une composante de l’identité nationale. Je serai député de tous les Français, avec une sensibilité, une proximité et une oreille pour les Asiatiques", affirme-t-il.

Le vote asiatique existe-t-il ? Cliché numéro 1 : les Asiatiques sont de droite. "Politiquement, les Asiatiques sont assez répartis autour du centre. Ils suivent avant tout un principe de prudence", note Emmanuel Ma-Mung, spécialiste de l’immigration au laboratoire Migrinter du CNRS. "Mais comme pour tout le monde, ce qui prime, c’est leur position sociale", nuance-t-il, "s’ils sont petits patrons ou employés, leur orientation sera différente".

Cliché numéro 2 : les Asiatiques sont abstentionnistes. Buon Hong Tan, président de l’Amicale des Teochew de France (diaspora chinoise d’Asie du Sud-Est) et actuel adjoint au maire PS du 13ème arrondissement, se rappelle des élections municipales de 2008. "Sur le terrain, je poussais les jeunes Asiatiques à aller voter". D’après lui, "les familles asiatiques sont moins politisées". "Je pense que le changement viendra avec la jeune génération."

Le grand écart culturel

Les Asiatiques sont-ils aussi discrets que le veut la légende ? Pierre Picquart, sociologue spécialiste de la Chine, tient à souligner qu’un fossé culturel sépare les Asiatiques de leur terre d’adoption républicaine.

"En Chine, la démocratie n’est pas bien perçue par le peuple. On préfère un leader politique qui rassemble tout le monde, explique-t-il. La conception même du vivre-ensemble est différente. C’est plus rentable de faire des choses concrètes. La politique ne stimule pas."

"Parler politique, c’était un sujet interdit à la maison", confirme Liêm Hoang Ngoc , premier député européen d’origine asiatique, élu en 2009 aux couleurs du Parti socialiste. Pour ses parents, émigrés vietnamiens, la politique était taboue. "Ils estimaient que la France n’était pas leur pays et ils pensaient que si je faisais de la politique, je serais envoyé en prison", confie-t-il.

Wei Ming ou Martin Shi , pour la version francisée, travaille dans une épicerie exotique de Belleville. Originaire du sud de la Chine, l’ancien co-responsable du Parti Radical du 20ème arrondissement a lui aussi eu envie de s’engager. "Je n’ai jamais eu le droit de voter en Chine alors ici, c’est une chance pour moi. Ici on a le droit de s’exprimer", proclame-t-il fièrement. "Et les Asiatiques ont envie de s’intégrer à la vie politique". Pour lui, la première barrière, c’est la langue qui les rend "invisibles". Cet accent haché cliché, popularisé récemment par l’humoriste Frédéric Chau du Jamel Comedy Club.

gueule.jpg d’asiat

En France, la communauté asiatique est estimée à environ un million de personnes par Pierre Picquart. (Nombre de Français d’origine asiatique, de naturalisés et de familles biculturelles). Les Asiatiques du Sud-Est ont émigré à la fin des années 70, fuyant les guerres civiles et le communisme, tandis que les Chinois sont arrivés dans les années 80 avec l’ouverture de leurs frontières.

Les nouveaux venus en politique font partie de la seconde génération qui atteint aujourd’hui 20, 30 ou 40 ans. Ils emboîtent le pas à leurs aînés des communautés maghrébines et africaines, dont la question de la représentativité s’est imposée dans le débat il y a une quinzaine d’années.

Le premier homme politique "visiblement asiatique" médiatisé est le sénateur Europe Ecologie-Les Verts de l’Essonne, Jean-Vincent Placé . Plutôt paradoxal, dans la mesure où il n’est pas représentatif de la communauté asiatique étant né en Corée et adopté à l’âge de 7 ans. Sous les dorures du Sénat, il explique gêné: "C’est Alain Marleix qui a attiré l’attention sur mes origines en étant discourtois à mon égard". Le secrétaire d’Etat UMP l’avait qualifié de "coréen national". Choqué, Jean-Vincent Placé avait porté plainte. Celui que ses amis appellent "le Normand", ironise :

"Je me sens concerné dans la mesure où j’ai une face d’asiatique, mais je ne suis pas biculturel. Politiquement personne ne me perçoit comme asiatique et je ne veux pas instrumentaliser ça".

Ce décalage d’image, Fleur Pellerin , conseillère numérique du candidat François Hollande pour les élections le connaît aussi. Elle a aussi été adoptée en Corée à un an. Avec sa coupe au carré impeccable, et son trench en skaï, Chenva Tieu la qualifie de "banane" : blanche dedans et jaune à l’extérieur. Fleur Pellerin parle d’une véritable "projection" de la communauté asiatique sur elle. "Je recevais des messages sur Facebook d’asiat’ qui me félicitaient car ils avaient l’impression que je les représentais", sourie-t-elle. "Je comprends leur fierté. Je trouve ça plutôt bien." Au Club XXI siècle qu’elle dirige, elle est d’avantage sensible à "la diversité sociale" et réfute "l’approche communautariste".

Les politiques ne jouent pas le jeu

Pour la communauté asiatique, l’effet miroir est loin d’être systématique. Avec son air déterminé, Cuong Pham Phu, est technicien dans une grande surface en Seine-et-Marne après un service dans la Légion Etrangère. Il a lancé le Cercle de réflexion sur l’avenir des Français d’origine asiatique dont la page Facebook compte 316 membres et tient un blog , où il raille ces "premiers arrivés" qui représentent l’"élite". Celui qui met une énergie considérable à parler un français délié malgré un accent marqué n’a pas été élu aux cantonales de 2011. Il s’était présenté sur une liste indépendante après avoir quitté le PS, accusant les grands partis de réserver trop peu place aux minorités.

Martin Shi, le commerçant de Belleville, dresse lui aussi le même constat. Il a quitté le Parti Radical déplorant que les partis "ne donnent pas de places gagnables" à des candidats tels que lui. Le processus de cooptation est-il trop long ? Chenva Tieu s’était lui aussi plaint d’avoir été écarté des élections législatives de 2007 par l’UMP.

"L’égalité des chances ce n’est pas de la discrimination positive qui signifie qu’on réserve des places à la ligne d’arrivée. Nous, on réclame des places sur la ligne de départ", affirme-t-il avant de recommander à la communauté asiatique d’être "plus activiste".

Il a crée le Conseil représentatif des associations asiatiques de France (CRAAF) en 2011. Une "force constituée" pour exprimer leurs revendications face à "l’Etat, aux médias et au capital". Le Conseil national des asiatiques de France (CNAF), est aussi né l’année dernière. Ces deux institutions sans site web ne sont toujours pas actives. "Des problèmes de chef", lâche Chenva. C’est Buon Ton, l’adjoint au maire du 13ème qui a été élu président du CRAAF. De son côté, ce dernier promet la publication prochaine d’un livre blanc des demandes de la communauté asiatique aux différents candidats à la présidentielle.

2012, année asiatique ? L’affirmation de la communauté en politique reste encore marginale, mais des figures ont émergé au-delà de la simple représentation. "Il se passe quelque chose", sent Chenva Tieu. "On peut se révéler dans notre diversité. Les jeunes doivent mettre en valeur leur complexité."

Eléonore Sok Halkovich



s : http://www.lesinrocks.com/2012/03/08/actualite/asiatiques-en-politique-une-minorite-visible-engagee-111380/#.T5kbM-MCSZc.facebook

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 28 Avril 2012 23h47
Vingt-neuf pesticides dans le thé des Chinois

LE MONDE | 24.04.2012 à 10h30 • Mis à jour le 24.04.2012 à 10h30

Par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)



Haro sur les résidus de pesticides dans le thé : après une première campagne qui concernait neuf grands producteurs de thé chinois, Greenpeace Chine s'attaque, dans un rapport publié mardi 24 avril, aux thés Lipton vendus dans le pays. La marque, qui appartient à la multinationale Unilever, est leader en Chine pour les thés en sachet.

Aucun des thés testés lors des deux campagnes n'est destiné à l'exportation : les normes européennes par exemple, qui ont été renforcées le 1er octobre 2011 pour les thés chinois, imposent des limites maximales de résidus (LMR) bien plus strictes que celles en vigueur en Chine. Mais ces résultats confirment les failles du contrôle sanitaire tout au long de la chaîne qui va des planteurs (ils sont 8 millions en Chine) au consommateur dans le premier pays producteur de thé au monde.

Les quatre catégories de thé Lipton que l'équipe de Greenpeace a fait tester en laboratoire sont un thé vert, un thé au jasmin, un thé appelé Iron Buddha et enfin un thé noir, tous conditionnés dans l'usine géante du groupe à Hefei, dans la province de l'Anhui. Chacun des trois premiers échantillons contient au moins neuf types de pesticides - dont sept n'ont pas été approuvés dans l'Union européenne (UE). Parmi eux, des traces d'au moins trois substances actives de pesticides interdites en Chine sur les plants de thé en raison de leur très haute toxicité (le dicophol, l'endosulfan et le méthomyl) ont été détectées.

SUPÉRIEURES AUX NORMES DE L'UE

Dans aucun cas, ces quantités de pesticides ne dépassent les limites maximales de résidus imposées par la réglementation chinoise. Mais elles sont, dans plusieurs cas, supérieures aux normes de l'UE, qui peuvent être 30 fois plus strictes, par exemple pour le méthomyl, un insecticide. "En dépit de toutes les assurances que donne Lipton sur son thé, on trouve des traces de pesticides dans le produit final. Et notamment des traces de pesticides interdits, dont l'effet sur le long terme peut être très nocif même à petites doses, affirme Wang Jing, directrice de la campagne de Greenpeace. Cela prouve qu'il y a des déficiences au niveau de la chaîne de production."

Contacté en Chine, Unilever n'était pas en mesure, mardi matin, de commenter le rapport. Mais le groupe indique qu'"à l'horizon 2015, tous les thés Lipton auront la certification Rain Forest Alliance, qui inclut des critères stricts à l'égard des pesticides". Il précise que cette certification sera appliquée à tous les thés chinois produits dans la province du Yunnan "avant fin 2012".

La première enquête publiée par Greenpeace, le 13 avril, sur neuf grands producteurs de thé chinois, avait révélé la présence de 29 types de pesticides dans les variétés de feuilles de thé examinées en laboratoire. Là non plus, les LMR chinoises ne sont jamais dépassées, du moins dans les cas où la substance active est répertoriée par le ministère de l'agriculture chinois.

"Sur 29 pesticides que nous avons trouvés, seuls 5 sont listés par les organes de supervision chinois, explique Wang Jing. Pour les thés, il n'y a en Chine que 30 substances actives listées, contre 450 pour l'UE. Or il y a près de 600 types de pesticides en Chine. La réglementation est très en retard sur les usages agricoles, notamment pour les plantations de thé."

SCANDALES SANITAIRES ET ALIMENTAIRES

Surtout, les enquêteurs de Greenpeace ont testé des plants de thé dans les provinces du Fujian (première région de production du thé oolong) et dans le Zhejiang (première région pour le thé vert) et y ont identifié des traces de pesticides interdits. Enfin, ils ont constaté que des pesticides contenant des substances actives interdites en Chine étaient proposés à la vente dans les villages proches de plantations. "Ces pesticides sont largement utilisés. Notre objectif est de faire comprendre qu'il ne suffit pas pour les entreprises concernées de se cacher derrière le fait que les limites maximales de résidus décelés dans leurs thés sont inférieures aux normes chinoises", poursuit Melle Wang.

Le rapport de Greenpeace sur les thés chinois - vendus entre 10 et 220 euros le kg - avait provoqué un vif émoi parmi des consommateurs déjà échaudés par des scandales sanitaires et alimentaires à répétition, de la mélamine dans le lait à l'huile de friture recyclée, en passant par la viande de porc au clenbutérol. Sheng Dongjun, un millionnaire d'une quarantaine d'années qui a acquis en 2011 un château dans le Bordelais, s'était ému sur Weibo, le site de microblogs chinois, de ne plus savoir quoi offrir à ses amis à l'étranger. "Je vais avoir l'air de quoi quand ils me diront : "Arrêtez de m'en offrir, je n'ai pas envie d'être empoisonné"?", a-t-il twitté le 19 avril.

L'Association des producteurs de thé chinois avait "réservé son avis" sur le rapport de Greenpeace, soulignant le fait que les échantillons de thé examinés respectaient tous les normes nationales. Elle avait toutefois invité les experts à "enquêter et analyser les résultats du rapport". Selon l'ONG, les quatre agences gouvernementales chinoises concernées (au sein notamment du ministère de l'agriculture et de la santé) n'ont pour l'instant pas réagi à sa première enquête. Le dossier sur Lipton pourrait raviver la pression de l'opinion publique.

Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)

Ecrit par: P'tit Panda Samedi 28 Avril 2012 23h55

Chine: Assigné à résidence, le militant Chen Guangcheng s'est échappé

Mis à jour le 27.04.12 à 07h17

L'avocat chinois aveugle Chen Guangcheng s'est échappé de son domicile où il était assigné à résidence depuis plus d'un an et demi et faisait l'objet d'une stricte surveillance, ont annoncé vendredi des militants des droits de l'Homme.

«Il a pu sortir de chez lui le 22 avril et ses amis (...) l'ont conduit en lieu sûr, en dehors de sa province du Shandong» (est), a indiqué à l'AFP Bob Fu, militant des droits de l'Homme basé aux Etats-Unis et qui est en contact régulier avec Chen. Cette information a été confirmée à l'AFP par un autre militant des droits de l'Homme, basé en Chine.

Résidence surveillée après quatre ans de prison

Devenu aveugle à la suite d'une maladie d'enfance, Chen, juriste autodidacte, avait été libéré de prison en septembre 2010 après avoir purgé une peine de plus de quatre ans de réclusion.

Chen Guangcheng, surnommé l'«avocat aux pieds nus», qui s'est battu notamment contre les pratiques abusives de stérilisation de milliers de femmes et d'avortements tardifs et forcés, avait été ensuite placé en résidence surveillée et son domicile était très étroitrement surveillé. Tout ceux qui avaient tenté de s'en approcher, ses amis mais aussi des journalistes chinois et étrangers, avaient dû battre en retraite.

© 2012 AFP




Ecrit par: P'tit Panda Samedi 28 Avril 2012 23h58
Le dissident chinois Chen Guangcheng interpelle Wen Jiabao

Le Monde.fr avec AFP | 27.04.2012 à 07h00 • Mis à jour le 27.04.2012 à 11h59

L'avocat aveugle Chen Guangcheng, farouche critique des excès de la politique de l'enfant unique en Chine, a confirmé vendredi s'être échappé de son domicile, où il était assigné à résidence, dans un appel au premier ministre Wen Jiabao diffusé sur Internet.




Dans ce message d'une quinzaine de minutes, Chen, la voix chargée d'émotion, demande au chef du gouvernement que sa famille soit épargnée et livre les noms de plusieurs responsables locaux ayant infligé des mauvais traitements à sa femme, son fils et lui-même. "Cher premier ministre Wen, je me suis finalement échappé, je peux prouver que toutes les rumeurs qui circulent sur Internet et que les abus dont j'ai souffert sont réels", dit Chen, qui se tient devant une fenêtre dont le rideau est tiré, avant d'énoncer trois demandes : "Que les criminels soient sévèrement punis, en conformité avec la loi", demande-t-il d'abord, évoquant diverses violences, notamment contre sa femme "battue pendant plus de dix heures" par une dizaines d'hommes, "dont aucun ne porte d'uniforme officiel".

Chen demande ensuite "la garantie de la sécurité des membres de [sa] famille, pour lequels il redoute des représailles maintenant qu'il est 'libre'". L'avocat autodidacte demande enfin à Wen Jiabao "de punir la corruption en conformité avec la loi", en évoquant les cas de responsables locaux du gouvernement et de la justice.

ÉVADÉ LE 22 AVRIL

Chen, malgré le handicap de sa cécité, a pu s'enfuir dimanche dernier au nez et à la barbe des dizaines d'hommes de main du régime qui l'empêchaient depuis la fin 2010 de sortir de son domicile de la province du Shandong, ont annoncé des défenseurs des droits de l'homme, indiquant qu'il se trouvait désormais dans un endroit "100 % sûr" à Pékin. "Il a pu sortir de chez lui le 22 avril et ses amis [...] l'ont conduit en lieu sûr, en dehors de sa province du Shandong", a indiqué Bob Fu, militant vivant aux Etats-Unis en contact régulier avec Chen. Cette information a été confirmée par un autre activiste, lui installé en Chine.

Devenu aveugle à la suite d'une maladie d'enfance, Chen, juriste autodidacte, avait été libéré de prison en septembre 2010 après avoir purgé une peine de plus de quatre ans de réclusion. Surnommé l'"avocat aux pieds nus", il s'est battu notamment contre les pratiques abusives de stérilisation de milliers de femmes et d'avortements tardifs et forcés.

Dans une vidéo clandestine tournée le juriste avait dénoncé en février 2011 ses conditions d'assignation à résidence. Le document avait été diffusé par une organisation de défense des droits de l'homme, China Aid Association, après l'avoir obtenu d'une "source gouvernementale fiable".


Dans le bourg rural de la province du Shandong où se trouve la maison de Chen se relaient depuis des mois trois équipes de 22 vigiles, chargés d'empêcher un éventuel contact avec l'extérieur. Le village est truffé de systèmes de vidéosurveillance et les communications des téléphones portables y sont bloquées.

Tous ceux qui ont tenté de s'approcher de la maison de l'avocat, ses amis mais aussi des journalistes chinois et étrangers, ont dû battre en retraite, parfois après avoir été agressés par les dizaines d'hommes de main qui gardaient les abords de la maison de Chen.



Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 29 Avril 2012 00h05
Le dissident chinois Chen Guangcheng protégé par les Etats-Unis

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 28.04.2012 à 09h26


L'avocat aveugle Chen Guangcheng, échappé de son domicile où il était assigné à résidence, se trouve sous "protection" américaine a annoncé samedi l'ONG China Aid, basée aux Etats-Unis.

"China Aid a appris d'une source proche de l'affaire Chen Guangcheng que Chen est sous protection américaine et que des discussions à haut niveau sont en cours entre officiels américains et chinois concernant son statut", a indiqué l'ONG dans un communiqué. "En raison de la forte popularité de Chen, l'admnistration Obama doit se tenir fermement à ses côtés ou risque de perdre sa crédibilité en tant que défenseur de la liberté et de l'Etat de droit", estime Bob Fu, président de ChinaAid dans un courriel. Bob Fu, anciennne figure du "Printemps de Pékin" de 1989 réfugié aux Etats-Unis depuis 1996, a précisé que M. Chen, pendant son séjour en résidence surveillée, avait exprimé des réticiences quant à un éventuel exil.

Selon des proches de Chen en Chine, il pourrait avoir trouvé refuge à l'ambassade des Etats-Unis à Pékin. Les Etats-Unis n'ont pas confirmé officiellement sa présence au sein de l'ambassade américaine. Le ministère chinois des affaires étrangères n'a, pour sa part, pas voulu s'exprimer dans l'immédiat sur cette évasion. La fuite de Chen Guangcheng et son message à Wen Jiabao représentent un grand embarras pour le gouvernement chinois, dont le chef se trouve en tournée en Europe et qui s'apprête à recevoir la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton - qui a souvent évoqué le cas de Chen - la semaine prochaine.

Chen Guangcheng, dont la maison a été cernée par les forces de sécurité chinoises à l'annonce de sa disparition, a confirmé sa fuite dans une vidéo diffusée sur Youtube. Chen a lui-même confirmé avoir pu s'enfuir au nez et à la barbe des dizaines d'hommes de main du régime, qui l'empêchaient depuis la fin 2010 de sortir de son domicile."Cher premier ministre Wen, je me suis finalement échappé, je peux prouver que toutes les rumeurs qui circulent sur internet et que les abus dont j'ai souffert sont réels", dit M. Chen qui se tient devant une fenêtre dont le rideau est tiré, dans cette video visible sur YouTube.

"Il a pu sortir de chez lui le 22 avril et ses amis ont été alertés et l'ont conduit en lieu plus sûr, en dehors de sa province du Shandong" (est), avait auparavant indiqué à Bob Fu. Son domicile, où se trouve sa femme, sa mère et sa fille, était cerné vendredi par des dizaines de policiers, de même que celui de son frère aîné, Chen Guangfu. Ce dernier, ainsi que le neveu de M. Chen, Chen Kegui, ont été passés à tabac vendredi matin puis emmenés par la police, selon Bob Fu. La Chinoise qui a récupéré Chen Guangcheng dans sa fuite a également été arrêtée, vendredi matin à Nankin, a-t-il ajouté.

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 29 Avril 2012 00h08
28 avril 2012 - 10h22
La Perle de Nankin


Sa photo a fleuri cette nuit partout sur les réseaux sociaux. C’est elle qui est allée chercher son ami Chen Guangcheng dimanche en voiture pour l’emmener « en lieu sûr ». Le dissident aveugle est toujours dans la nature et He Peirong alias « Perle » est devenue en moins de 24 heures une véritable icône des libertés en Chine


“Je suis venu ! J’ai vu ! J’ai subverti ! » En français cela rime moins, mais en latin ça fonctionne bien. « 我顛覆 Veni!Vidi!subverti ! » Voilà comment se présente He Peirong sur son compte tweeter @Pearlher suivit ce samedi par 15 260 abonnés avec plus de 19 000 tweets au compteur. Pour l’instant He Peirong qui répond aussi au pseudo « Zhenzhu » sur weibo –« la perle »- ne parle plus. Selon plusieurs de ses amis, elle est injoignable depuis hier vendredi 11 heure. Elle a probablement été arrêtée par la sécurité publique. Les agents étaient-ils déjà dans son appartement ? Le message qu’elle nous a adressé hier matin affirmait en tous cas : « Je n’ai plus de contact avec Chen Guangcheng ! »
L'échappée belle

C’est pourtant son récit relayé par l’agence Associated Press qui a déclenché le tsunami médiatique d’hier vendredi. Chen Guangcheng s’est échappé ! « Perle » raconte comment elle a été cherché son ami a Dongshigu, le village du dissident dans la province du Shandong à l’est du pays dimanche 22 avril.

Une épopée digne des plus grands feuilletons d’espionnage. On imagine déjà le titre au générique : « Fuite dans la nuit du Shandong ». Pitch : Comment une jeune enseignante de Nankin aide un aveugle à échapper aux griffes d’une horde de « gardiens » pas vraiment branchés cinéma. Ces paysans bourrus sont en effet « payés pour persécuter une famille et gêner les autres villageois » nous disait l’année dernière Guo Yushan lui aussi interpellé hier.

De l’argent pour surveiller un aveugle, sa femme et sa fille en donnant le coup de poing de temps, histoire de montrer aux bons que si on est des brutes on peut aussi être des truands comme ce fut le cas une nouvelle fois en février dernier lorsqu’une première vidéo était sortie de la ferme pour dénoncer les conditions de détention de la famille.

Mais revenons à « Perle » : comment échapper aux brutes et aux truands justemment ? He Peirong raconte à l’agence Associated Press qui décidément a fait un gros boulot sur cette histoire, qu’elle est venue chercher Chen Guangcheng en voiture et l’a conduit Pékin.

L’échappée belle aurait été préparée de longue date. A plusieurs reprises, l’avocat aux pieds nus serait resté couché pour habituer ses gardiens à ne plus le voir explique t-elle dans des propos rapportés par le China Realtime Report.

He Peirong n’en est pas à son coup d’essai. Voici ce que nous écrivions l’année dernière lorsque nous avons entendu parler d’elle pour la première fois : « Le 10 janvier dernier, c’est une femme qui entre dans Dongshigu, de nuit, phares allumés. Pearl Her (son pseudo sur internet) arrive de Nankin et veut porter des vivres au couple. Peine perdue ! A peine entrée dans le bourg, les gaillards surgissent de l’obscurité, cassent le pare-brise et sortent la conductrice du véhicule. La police intervient et finit par l’emmener au commissariat de la juridiction. Les agents lui demandent d’envoyer un texto à ses proches pour dire qu’elle est désormais en sécurité. Ses amis bloggeurs n’ont plus dès lors aucunes nouvelles d’elle. Mobilisés, ils retrouvent le numéro du chef du poste de police et le harcèlent d’appels. Pearl Her est finalement libérée, sa voiture réparée. »

Une fois sortie Chen aurait prévenu les activistes. He Peirong l'aurait ensuite conduit pour l'emmener dans un "lieu sûr" où il a pu tourner cette vidéo adressée hier au Premier ministre chinois Wen Jiabao.


Une vidéo doublée aujourd’hui par une photo envoyée par la femme de Hu Jia, autre dissident célèbre qui partage son sourire dans l’image ci-dessous.


Hu Jia a été arrêté ce samedi après midi à Pékin selon son épouse. Nous l'avions joint au téléphone plus tôt dans la journée, il nous a alors raconté comment Chen Guangcheng avait préparé sa libération et comment He Peirong et les activistes l'ont emmené à Pékin : "Il a fallu trois jours pour monter à Pékin et chen Guangcheng n'a pas dormi pendant ces trois jours affirme Hu Jia. Il s'est blessé à la jambe en sautant le mur, mais il est sortit de l'enfer"

L’histoire parait trop belle pour être aussi simple, voici pourtant qu’en Chine depuis quelques temps des militants bien organisés et visiblement très au point sur les nouvelles technologies arrivent à renverser le cours des choses. Cela fait penser aux révolutions orange d’ex-Yougoslavie, d’Ukraine et de Géorgie. Cela fait évidemment penser aussi aux révolutions qui ont secoué le monde arabe au printemps dernier.

"Weiguan" et vigileance tournante


Je vous invite ici à lire l’article de Brice Pedroletti correspondant du Monde à Pékin et parmi les premiers à parler des « weiguan ». Un article où apparait justement He Peirong. Les « weiguan » étant ces « opérations de vigilance tournante » nous dit Brice, des actions organisées par les cyber-militants un peu sur le mode des flash mob.

Une injustice se produit quelque part et voilà qu’aussitôt l’internet vrombit et qu’un essaim d’activistes débarque sur le lieu du méfait ! Ici c’est une arrestation à arbitraire, là une manifestation qui est réprimée et à chaque fois les cybers-militants filment, enregistrent et diffusent la scène auprès d’un maximum de personnes via les réseaux sociaux.

Parfois on s'amuse à détourner des photos de classes comme ici sur cette image lors de la campagne Lunettes noires pour M. Chen l'année derniere ?


La contestation d'une injustice est donc ici précédée par l’action. He Peirong serait une sorte de Jules César de la contestation avec « un cœur sauvage en cage ». Car si « Perle » a été arrêtée hier, elle se consolera peut-être en apprennant qu’elle a donné beaucoup de travail aux balayeurs de la cyber-censure.

Le ménage a en effet été fait en grand depuis hier. « He Peirong » ou « Zhenzhu » son pseudo, étaient aujourd'hui interdits sur les moteurs de recherche des weibos –le réseau social chinois-.

Trop tard ! En 24 heures, « Perle » est devenue une véritable héroïne auprès des internautes.

Car elle est jolie la perle de Nankin. Sa frimousse est aujourd’hui partout sur internet. Anqi, la chargée de production du bureau de RFI à Pékin, me faisait remarquer ce matin que de très nombreux internautes avaient utilisé son image pour leur propre profil.

Perle aussi précieuse qu'un panda


D’autres s’enthousiasme pour son action. « Diyi Zhexue W » affirme sur son weibo que « le combat mené par cette femme est aussi précieux que le panda chinois. »


He Peirong serait donc devenue un « trésor national. Avec des phrases extraites de son blog qui sont repostées ce samedi par de nombreux weibonautes : « Parce que j'ai vu tellement de souffrances, j'ai réalisé qu’il était de notre responsabilité commune de construire la justice en Chine et que le chemin pour y arriver serait semé d’embuches. Il faut réfléchir aux souffrances que nos compatriotes sont en train de subir en raison de la corruption, des injustices et tenter d’y réagir à notre façon ».

La jeune enseignante de Nankin qui aide le dissident aveugle à sortir des griffes de ses gardiens, l'échapée est presque trop belle ; l'histoire semble trop lisse, mais ce soir on a vraiment envie d’y croire


s : http://chine.blogs.rfi.fr/article/2012/04/28/la-perle-de-nankin


He Peirong :

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 29 Avril 2012 00h13
Pékin montre ses muscles en mer de Chine du Sud
LE MONDE | 26.04.2012 à 17h56 • Mis à jour le 27.04.2012 à 11h09

Par Brice Pedroletti et Bruno Philip (Pékin, Bangkok, correspondants), avec Nathalie Guibert


Même s'il était prévu de longue date, l'exercice naval conjoint entre les Philippines et les Etats-Unis qui s'est déroulé mercredi 25 avril sur les rivages de l'île philippine de Palawan ne pouvait être moins explicite : il s'agissait pour les marines des deux pays, liés par un traité de défense mutuelle, de reprendre un îlot tombé aux mains de terroristes.

L'essentiel s'est joué 570 km plus loin, à Scarborough, un ensemble de récifs et d'îlots non habités qui font partie de la zone économique exclusive des Philippines, théâtre du dernier face-à-face entre Philippins et Chinois.

La Chine, dont les côtes sont à plus de 1 200 km, revendique une souveraineté inaliénable sur Scarborough, en vertu des mêmes considérations historico-culturelles qui lui font désigner comme sienne une zone aussi vaste que la Méditerranée en mer de Chine du Sud. Ce périmètre en forme de langue de boeuf, que les Chinois appellent "la ligne à neuf pointillés", recèle toute une série d'archipels : la Chine n'en contrôle qu'une petite partie (comme les îles Paracels), mais les revendique tous, au grand dam des pays riverains.

Les tensions en mer de Chine du Sud ont aussi pour cause le contrôle des ressources. Selon une étude publiée en Chine, la zone pourrait contenir l'équivalent de 213 milliards de barils de pétrole, soit 80 % des réserves de l'Arabie saoudite. Selon des estimations du groupe BP, la région contiendrait également cinq fois les réserves de gaz connues des Etats-Unis. Certains spécialistes de l'Asie du Sud-Est relèvent ainsi que, du point de vue de Pékin, la Chine se fait "voler" chaque année 1,4 million de barils par jour en raison de l'exploitation "illégale" conduite par le Vietnam, les Philippines, l'Indonésie et la Malaisie.

SIGNAUX CONTRADICTOIRES

L'exploration et l'exploitation des ressources énergétiques ou halieutiques ont conduit ces dernières années à des heurts de plus en plus fréquents - comme à Scarborough début avril, où des patrouilleurs chinois ont volé au secours d'une dizaine de chalutiers bloqués par les garde-côtes philippins, poussant Manille à envoyer une frégate qui a fini par quitter la zone après le départ d'une partie des pêcheurs chinois. Lundi, le président philippin, Benigno Aquino, a déclaré que les prétentions territoriales chinoises se rapprochaient de plus en plus des côtes de l'archipel.

Mais Pékin a choisi la désescalade, tout en envoyant des signaux contradictoires, sur fond de cyberattaques mutuelles. "Pour la Chine, la voie est étroite, entre sa volonté d'imposer son magistère dans cette zone, et d'éviter que les Américains y reviennent en force", estime Jean-Pierre Cabestan, professeur de science politique à l'Université baptiste de Hongkong.

Le réengagement américain depuis 2011 dans la région, auprès de l'allié philippin mais aussi de l'ancien ennemi vietnamien, a sans aucun doute servi de signal d'alarme pour Pékin, puisque la Chine a également donné des signes d'assouplissement de sa position ces derniers mois, du moins sur le front diplomatique.

"FRICTIONS PACIFIQUES"

Rien de tel toutefois qu'une dose calculée d'ambiguïté pour avancer ses pions. L'éditorial du Global Times de Pékin, le 24 avril, propose ainsi "d'établir un règne de frictions pacifiques" selon lequel la Chine "doit être capable de conduire des frappes déterminantes lors d'une bataille, mais aussi d'y mettre fin au bon moment".

Dans un rapport sur les enjeux en mer de Chine du Sud publié le 23 avril, l'organisation International Crisis Group (ICG) met à plat les multiples composantes de la stratégie chinoise et la cacophonie, voulue ou pas, qui en découle. Ainsi des "neuf dragons" qui, aux yeux des experts, s'invitent dans le champ de bataille, réel et virtuel : neuf agences, administrations ou corps (en incluant la marine et le ministère des affaires étrangères), qui, dans la structure administrative chinoise, sont souvent de rang égal et en concurrence.

"La prolifération d'acteurs institutionnels (...) est à la fois une source de tension et de parasitage des efforts diplomatiques chinois pour résoudre les disputes", écrivent les experts de l'ICG. Ainsi, les flottes des deux forces paramilitaires, la China Marine surveillance et le Bureau de contrôle des pêches, "en pleine expansion et modernisation, imposent un rapport de forces de plus en plus favorable à la Chine", estime M. Cabestan. L'armée n'est quasiment jamais intervenue directement dans les heurts en mer de Chine du Sud. Selon le chercheur, elle agit toutefois en sous-main, et tout porte à croire que des actions non coordonnées au départ après des incidents le sont ensuite au niveau central, poursuit-il.

Brice Pedroletti et Bruno Philip (Pékin, Bangkok, correspondants), avec Nathalie Guibert

Premières manœuvres navales sino-russes
Du 22 au 26 avril se tiennent en mer Jaune, au large de Qingdao, les premiers exercices navals sino-russes. Le nombre de manoeuvres en cours en Asie "met en lumière les relations de plus en plus tendues entre les puissances navales de la région", dit Christian Le Miere, chercheur à l'International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres, dans une note parue le 24 avril. Tous ces mouvements témoignent de deux évolutions majeures : "La fréquence accélérée de la "diplomatie de la canonnière" et l'usage croissant de forces maritimes paramilitaires pour soutenir les revendications de souveraineté."

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 29 Avril 2012 00h19

Chine : des rumeurs plus justes que la propagande

Le Monde.fr | 11.04.2012 à 11h32 • Mis à jour le 11.04.2012 à 17h04


par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)


Les réseaux sociaux chinois ont "explosé" après l'annonce, mardi soir 10 avril, de l'enquête qui vise Bo Xilai, étoile montante de la politique chinoise, pour "violations sérieuses de la discipline du parti", et son épouse, Gu Kailai, pour homicide contre le consultant britannique Neil Heywood, un proche de la famille.

Le 31 mars, à la suite des rumeurs de coup d'Etat liées à l'affaire Bo Xilai, les autorités avaient fait la "chasse aux rumeurs" en suspendant pendant trois jours les commentaires sur les deux plus importants sites de microblogs. Cette fois, les internautes boivent du petit lait devant les proportions prises par le scandale, puisque celui-ci confirme des "rumeurs" jusque-là considérées comme fantaisistes sur un lien entre le meurtre du Britannique et l'affaire.


"Je viens de comprendre ce soir que le mot "rumeur" est neutre : il désigne une information qui se transmet dans la société civile. Quand c'est publié par les autorités, ce sont des informations, mais ce sont des rumeurs quand cela provient de la société civile", a réagi @kuangyeping, un responsable d'une maison d'éditions pour enfants. "Pourquoi ne faut-il pas croire aux rumeurs, ni les transmettre ? Parce que la vérité est encore plus intéressante que les rumeurs", se moque @xuxin, un professeur d'université. "Ça y est, les relayeurs de rumeurs sont réhabilités", ajoute le chroniqueur @Pancaifu. "C'est une grande nouvelle ! Les rumeurs sont encore confirmées ! La réalité prouve que Weibo n'est pas un endroit de production des rumeurs, mais bien là où se confirment les rumeurs !", juge l'écrivain @Caojunshu.

Mingjing News, un site d'information en chinois basé aux Etats-Unis, est depuis ces derniers mois l'un des pourvoyeurs d'informations - ou de rumeurs - les plus prolifiques de la communauté en exil. Le site a été créé par un militant nommé He Pin, qui a édité plusieurs livres interdits en Chine - comme Le Péril jaune, de Wang Lixiong, les Fils de prince, ou encore La Chine après Deng Xiaoping. On y lisait en autres, le 10 avril, sous la plume de "Ji Weiren" (un pseudonyme qui signifie "membre de la Commission de discipline"), les "informations" ou "rumeurs" suivantes :

- Bo Xilai et son épouse monnayaient les postes de haut niveau à Chongqing : ainsi, Xia Deliang, le chef du district de Nan'an, a avoué aux enquêteurs avoir offert 30 millions de yuans (3,5 millions d'euros) à Gu Kailai pour être promu en tant que vice-maire. C'est lui qui aurait procuré le cyanure de potassium pour empoisonner l'Anglais. Bo Xilai aurait donné l'ordre direct pour tuer le consultant britannique, car celui-ci connaissait le secret des transferts de capitaux de la famille Bo à l'étranger et aurait eu des relations sexuelles avec Gu Kailai ;

- L'ancien bras droit de Bo Xilai, Wang Lijun, a rejoint le consulat américain de Chengdu parce qu'il se sentait menacé. Il a découvert que Gu Kailai était impliquée dans le meurtre de Heywood et l'a rapporté à Bo Xilai. Celui-ci l'a giflé et a arrêté 11 personnes du "groupe de travail" chargé du cas Heywood.

Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 29 Avril 2012 00h22
L'affaire Bo Xilai, si vous avez manqué le début
Le Monde.fr avec AFP | 19.04.2012 à 17h28 • Mis à jour le 26.04.2012 à 11h15

Par Pauline Pellissier


Tentative de défection à l'étranger d'un chef de la police, purges au sein du parti, cadavre mystérieux... la chute de Bo Xilai, ancienne "étoile montante" du Parti communiste chinois (PCC), est digne des meilleurs polars.

Qui est Bo Xilai ?
Agé de 62 ans, il était pressenti pour accéder au comité permanent du bureau politique du Parti communiste, le cœur du pouvoir chinois, dont les membres seront renouvelés à l'automne prochain. Il bénéficiait de son appartenance au "clan des princes", les descendants des révolutionnaires de la première heure. Son père, Bo Yibo, était l'un des vétérans du PCC. Victime de la révolution culturelle, il avait fait son retour sur la scène politique avec Deng Xiaoping à la fin des années 1970, soutenant ensuite la carrière de son fils, qui, avant de devenir chef du Parti communiste de Chongqing (grande ville de l'ouest de la Chine), a été ministre du commerce. La presse internationale le surnommait le "Kennedy chinois" pour son ambition et sa grande décontraction.

Pourquoi a-t-il été limogé ?
Le 15 mars, le gouvernement chinois l'évince de sa fonction locale de chef du parti, car il aurait tenté de faire obstacle à une enquête criminelle sur sa famille. Son ancien bras droit, et chef de la police de Chongqing, Wang Lijun, détenait des informations sur la femme de Bo, Gu Kailai. En réponse à cette enquête, Bo Xilai limoge Wang Lijun de son poste de chef de la police et le nomme à l'éducation.

Lire l'article : "Bo Xilai aurait tenté de faire obstacle à une enquête criminelle sur sa famille"

Le 9 avril, Bo Xilai est cette fois évincé du comité central du PCC. "Le camarade Bo Xilai est suspecté de sérieuses violations de la discipline, et le comité central du Parti communiste chinois a décidé de suspendre sa participation au bureau politique", explique l'agence officielle, qui évoque l'ouverture d'une enquête sans donner plus d'explications.

Lire l'article : "Partie de mah-jong politique à Pékin"

Quel était le contenu de l'enquête sur Bo Xilai ?
Wang Lijun aurait découvert, ou révélé, que Neil Heywood, un proche de la famille Bo, décédé en novembre 2011 à Chongqing d'une crise cardiaque, aurait été empoisonné. Une information confirmée par l'agence officielle le 9 avril, qui précise que Gu Kailai, était "hautement suspectée" d'implication dans le meurtre du ressortissant britannique. La "Jackie Kennedy chinoise", une avocate internationale, connue en Chine et à l'étranger comme une femme intelligente et charismatique, est aujourd'hui incarcérée.

Lire l'article : "La mort d'un consultant anglais, nouvel épisode de l'affaire Bo Xilai en Chine"

Qui est Neil Heywood ?
Sinophone et marié à une Chinoise de Dalian, Neil Heywood a fait la connaissance du couple en 1994 à Dalian, dans le nord-est de la Chine, où il enseignait l'anglais. C'est sa femme, Wang Lulu, qui lui aurait fait rencontrer Gu Kailai, dont le mari, Bo Xilai, était alors maire de la ville. Par le passé, ce consultant anglais a fait office d'intermédiaire pour la famille Bo, notamment pour faire entrer leur fils Bo Guagua dans deux prestigieuses écoles privées anglaises.


Quel serait le mobile du crime ?
Neil Heywood aurait été empoisonné car il menaçait de révéler que Gu Kailai s'apprêtait à transférer une grosse somme d'argent à l'étranger. Fin 2011, elle lui aurait demandé de l'aider à transférer l'argent et serait devenue furieuse quand ce dernier lui aurait demandé une commission importante. Il l'aurait menacée de faire éclater au grand jour la transaction secrète et elle aurait élaboré un plan pour le tuer. On ignore encore la nature exacte de la transaction, mais sa révélation aurait, sans aucun doute, mis en péril les ambitions de son mari.

Où en est l'enquête ?
Depuis le 26 mars, le gouvernement anglais a réclamé une enquête complète aux autorités chinoises. Le 17 avril, David Cameron a proposé son aide aux autorités chinoises afin que toute la lumière soit faite sur la mort du ressortissant britannique. Son corps a été incinéré, ce qui complique les investigations. La presse américaine et britannique a investigué et apporté de nouveaux éléments. Neil Heywood vivait à Pékin, mais le Wall Street Journal rapporte qu'il aurait dit à un ami, quelques jours avant sa mort, qu'il était "en difficulté" et convoqué à Chongqing par des associés de Gu. De plus, il aurait remis des documents à son avocat, au cas où quelque chose lui arriverait. De son côté, le Daily Telegraph rapporte que dans un premier temps, Bo Xilai avait autorisé les investigations de la police locale sur le crime dont sa femme est suspectée, avant de changer d'avis et de la protéger.

Quelles ont été les réactions en Chine ?
Comme la presse a interdiction d'évoquer l'affaire, les Chinois se sont rués sur Internet pour tenter d'y voir plus clair. Les réseaux sociaux ont littéralement "explosé" après l'annonce de l'ouverture d'une enquête sur Bo Xilai. Le gouvernement chinois a fini par interdire pendant trois jours, début avril, les commentaires sur les deux principaux sites de microblogs Sina Weibo et Tencent. Six personnes ont également été arrêtées pour "création et propagation de rumeurs" et 42 sites Internet ont été fermés. Officiellement, il s'agit de "nettoyer" la "fabrique à rumeurs".

Lire l'article : "Chine : les rumeurs étaient plus justes que la propagande"

Quelles conséquences pour le Parti communiste chinois ?
A quelques mois du 18e congrès du Parti communiste - qui doit renouveler sept des neuf membres du comité permanent et organiser l'arrivée d'une nouvelle génération de dirigeants -, la chute de Bo Xilai révèle l'intensité des luttes internes. Cette affaire pourrait accentuer les tensions entre les partisans de la vision plutôt traditionnelle du socialisme, que défendait notamment Bo Xilai, et les promoteurs d'une ligne économiquement libérale, qui le présentent comme un dangereux opportuniste. Des dissensions existent déjà au sein du bureau politique, comme l'indique Asia Times. Zhou Yongkang, patron de la sécurité à Pékin et l'un des neuf membres du comité permanent du bureau politique, dont Bo Xilai est vu comme l'un des protégés, aurait cherché, en vain, à empêcher sa chute.

Lire l'éditorial : "Le thriller chinois qui ébranle le monde"

Pauline Pellissier

Ecrit par: P'tit Panda Dimanche 29 Avril 2012 00h27
Wang Yang, l'étoile montante du Parti communiste chinois
LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 28.04.2012 à 11h08

Par Brice Pedroletti


etenez bien son nom : Wang Yang. Son étoile scintille, ne serait-ce que parce que la chute spectaculaire, en mars, de son grand rival, Bo Xilai, lui assure désormais, sauf accident, une promotion certaine. A 57 ans, il devrait obtenir l'un des neuf sièges du Comité permanent du bureau politique, comité qui dirige la Chine, lors du 18e congrès du Parti communiste chinois (PCC), en octobre.

Wang Yang fut le prédécesseur de Bo Xilai, l'ancien chef du PC dans la municipalité géante de Chongqing (Sud-Ouest), avant d'être nommé, en 2007, à la tête du Parti dans la grande province méridionale du Guangdong (100 millions d'habitants), la plus riche de Chine. Tous les deux siégeaient depuis cette année-là au bureau politique du PCC, l'échelon juste au-dessous du Comité permanent.

Ils incarnent chacun des familles politiques adverses. Pour Bo Xilai, la tendance "nouvelle gauche" proétatique, mâtinée de néomaoïsme, et pour Wang Yang, un courant prolibéralisation politique, favorable au recul du secteur public dans l'économie. Ils sont aussi issus de milieux sociaux opposés. L'aristocratie rouge pour le premier et une famille modeste pour le second. Dès lors, les observateurs n'ont cessé de déceler dans leurs actions les signes de luttes de pouvoir cachées. Ainsi de la campagne antimafia lancée par Bo Xilai à Chongqing en 2009, vue comme une tentative de discréditer Wang Yang et de démanteler ses réseaux...

Pour les diplomates qui avaient affaire à eux, le charismatique Bo Xilai, qui a remis au goût du jour à Chongqing les "chants rouges" et l'envoi des cadres à la campagne, grinçants échos des années Mao, donnait paradoxalement l'impression d'un dirigeant cosmopolite, très à l'aise avec les Occidentaux (il a été ministre