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> The Challenger, De Eric Tsang
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Iphia
Ecrit le : Dimanche 27 Avril 2008 19h25
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Phoenix



http://www.hkcinemagic.com/fr/movie.asp?id=574
C'est l'esprit complètement vierge que j'ai commandé ce film et son jumeau "The Loot" de Eric Tsang, dans une fournée de VCD Joy sales, et quelle fut ma surprise de voir qu'il s'agit là de deux petits classiques du kung-fu old school de la fin des années 70 oubliés !
On connait tous Eric Tsang comme acteur comique (chez les Lucky stars) ou l'interprète sobre et profond chez Peter Chan, Stanley Kwan ou la Trilogie des affaires infernales, également comme mogul (les produstions UFO), mais un peu moins comme réalisateur, vu que c'est comme producteur qu'il est le plus reconnu. J'avais vu les "Mad missions" ou "Succession par l'épée", qui aurait pu être un bon petit wu-xia s'il n'était pas handicapé par les pénibles numéros comiques de Andy Lau et sa clique. En commandant ces deux kung-fu pian, je pensais que j'allais trouver les mêmes défauts que ces précédentes réalisations, mais du moment que je passais un bon moment avec les acteurs que j'apprécie (surtout le grand Tsui Siu-keung), ça me suffisait.
Or il s'avère que ces deux films sont vraiment de belles réussites, comme les classiques oubliés de Tony Liu lors des dernières années de la Shaw Brothers.

Le casting mélange les vedettes établies de la SB (David Chiang et Lily Li), un acteur formé à la SB qui monte (Tsui Siu-keung), et certains visages habitués aux prods Sammo/Jackie (Mars, Tai Bo, Peter Lung, et surtout, surtout Ko Fei, remarquable, j'y reviendrai), or c'est pas une prod' SB, mais Lo Wei (le réalisateur manchot tant décrié, qui est ici intervenu en producteur au nez creux - c'est au moins l'une des qualités qu'on lui reconnait : trouver ou faire tourner des vedettes au grand potentiel).

Je pensais voir une kung fu comedy banale, c'est dans un certain sens, ce film l'est. Il ne brille pas spécialement par son scénar' (mais est correctement raconté), ni par la finesse des passages comiques comme pour la scène de la tasse de thé (même si on est loin de la vulgarité vue chez Sammo, on évite les pénibles numéros qui n'en finissent plus de Dean Shek).
David Chiang qui n'est pas spécialement un acteur de comédie, même s'il a pu en tourner, m'a surprise par sa quasi-imitation du Wong Yu vu chez Liu Chia-liang : en effet, il a pratiquement la même coupe de cheveux que celle de Wong dans "Spiritual boxer", et parfois les mêmes mimiques. Donc, il est loin du p'tit branleur charmeur au sourire de buveur de lait auquel il nous a habitués. Même si le non-habitué aux comédies cantonaises peut le trouver poussif et agaçant, je trouve que son interprétation insouciante et comique passe plutôt bien (il n'est pourtant plus tout jeune). Mais c'est surtout martialement qu'il m'a épatée : c'est vrai qu'à ce niveau, il est très décrié, et je pensais qu'hormis "La mante religieuse", il n'avait jamais fait mieux (car aidé par le Sifu), or, je trouve qu'ici, il donne sa meilleure performance martiale. Même s'il y a probablement quelques doublures, il réussit à relever le défi essentiellement technique que constitue le grand final.

Tsui Siu-keung (15 kg de moins que lors de sa période Fin années 80/début 90) hérite du personnage grave et sérieux, et est le "Challenger" du titre. Cet acteur décidemment génial, on sait qu'il peut tout jouer, tout faire et est crédible dans n'importe quel univers (comédie gore, keung fu, wu xia, polar, etc). Même s'il est rarement cité parmis les grands artistes martiaux, il est souvent impeccable à ce niveau, et un athlète naturel (qualité qu'il partage avec Leung Kar-yan). Quand on le voit dans les scène d'action seul, on mesure sa supériorité à David Chiang, qui pourtant avait presque 15 ans de carrière au compteur.

L'histoire du film : pour des raisons non expliquées au début, Tsui SK défie plusieurs maîtres d'écoles de kung-fu, apparemment à la recherche d'un homme dont il ne connait pas le nom, mais espère le trouver dans une école martiale. David Chiang joue un arnaqueur chercheur d'or, cachant ses aptitudes martiales derrière le masque de l'insouciance. L'homme à abattre est en fait Ko Fei, qui est aussi l'amant du personnage joué par Lily Li, une tenancière. Le couple "méchant" va engager Chiang pour éliminer Tsui, qui vont sympathiser, pour finalement unir leurs forces contre Ko Fei (Lily l'ayant trahi entretemps).

Le personnage de Chiang est prétexte à des scènes burlesques, dans les duels qu'il remporte, mais c'est surtout la scène où Tsui Siu-keung raconte son passé à David qui est du pur burlesque, comme à l'époque du muet. Certains critiques n'ont pas manqué de comparer la kung-fu comedy de HK avec le cinéma burlesque muet américain, du fait que ces films étaient tournés sans son, et des effets comme les accélérations exagérées de certaines scènes martiales. Je ne sais pas si Eric Tsang avait ça en tête (en fait j'en doute, il voulait faire une scène comique), mais la scène où Chiang interprète la confession "poignante" de Tsui Siu-keung (en fait son drame personnel est à quelques détails près le même que celui de Leung Kar-yan dans "The victim" de Sammo, avec Ko Fei dans le rôle de Chang Yi) m'a déconcertée et bien fait marrer. Le flashback est montré en muet et accéléré, avec un Tsui Siu-keung HI-LA-RANT (quand je vous dis qu'il est génial, ce type !). Ensuite, retour au présent avec un Tsui SK choqué qu'on puisse détourner son passé (et l'honneur de sa femme décédée) si grave de façon burlesque, et qui remet les points sur les i : re-flashback corrigé, mais comme les effets dramatiques (musique, drama ampoulé) sont exagés, c'est presque aussi comique que la version de Chiang racontée à une pute. Ou comment faire du "Rashomon" version kung-fu comedy, sacré Eric Tsang biggrin.gif !

Enfin, au niveau martial, c'est excellent : les chorégraphes ne sont pas des "stars" de ce domaine hyper-connues (des collaborateurs de Sammo je crois), mais ont fait du très bon travail, qui trouve son aboutissement vers le duel éblouissant de technicité. La réussite est visible à la crédibilité de David Chiang, compte tenu de ses limites habituelles, mais aussi dans le fait que les chorégraphes servent le récit : en effet le grand méchant joué par Ko Fei est à la fois un expert des styles des serres de l'aigle et de la mante religieuse (à moins que ce soit la grue ou une autre bestiole, corrigez-moi parce que je confonds souvent). Il combat d'abord les deux héros en duels séparés en utilisant chacun de ses styles, puis dans l'étourdissant duel final, il utilise les deux en même temps lorsque les deux uniront leurs forces. A noter également les joutes "symétriques" du duel entre Chiang et Tsui SK.
Un mot sur Ko Fei : à ma connaissance il n'a jamais été meilleur ! On le connait surtout comme second rôle, comme Eddy Ko, mais en beaucoup plus compétent martialement, il réussit presque à voler la vedette aux deux acteurs principaux, du fait de sa performance martiale, à la fois puissante et très technique (le rôle aurait été plus développé, et il faisait oublier le reste du casting, partant déjà d'un fort capital "gueule" comme Tsui SK). Le superbe final est introduit par une splendide scène contre les sbires de Ko Fei au bâton puis au cerceau (comme dans "The crippled avengers").

Eric Tsang fait preuve d'une belle maturité dans sa réalisation : il sait mettre en valeur les chorés ou les acrobaties (qui sont peu nombreuses, mais bien mises en valeurs). J'ai regretté de m'être procurée ce film en VCD car certaines scènes ont l'air de bien utiliser les décors : par exemple la scène du duel entre David Chiang et Ko Fei, avec une course poursuite dans la forêt dans la nuit, où la blancheur de la tenue de Ko éclaire presque la scène, pour finir sur la plage à l'aube où l'eau ralentit le méchant. Même la musique, je l'ai trouvée bonne par instant : bon c'est pas une super partition de luxe, mais elle ne sonne pas cheap.

Je ne peux que conclure pour conseiller ce film et son jumeau (critique de "The loot" à venir). ça fait plaisir les bonnes surprises qu'on attendait pas forcément.

Un seul défaut : c'est la sous-utilisation de Lily Li (bon "The loot" rattrape un peu).
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