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> Le Cinéma Chinois Vu Par Han Han
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P'tit Panda
Ecrit le : Mercredi 02 Novembre 2011 19h28
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God
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Dragon



Mère de tous les navets

Han Han, l’irrespectueux et éclectique blogueur aux 500 millions de visiteurs, tape fort. Il taille en pièces les censeurs dans une interview.

03.11.2011 | Fang Yimin | Nanfang Dushibao

Coureur automobile célèbre, écrivain, directeur de revue et intellectuel connu du public, Han Han s’est vu décerner une autre casquette : celle de critique cinématographique. Même s’il ne se considère pas du tout comme tel, chacun de ses avis a, de fait, une portée très importante. Ainsi, il a affirmé à propos du film Jianguo Daye [“La grande œuvre de la construction d’une nation” ; en anglais, The Founding of a Republic : film produit par la société d’Etat China Film Group et réunissant plusieurs des acteurs les plus connus de Chine et de Hong Kong, sorti en 2009 pour le soixantième anniversaire de la république populaire de Chine] qu’il était “à ranger dans la catégorie des films clichés” ! Quant au film Confucius [signé de la réalisatrice Hu Mei et retraçant la vie du philosophe], il a estimé qu’on pouvait l’oublier… Ses prises de position sont claires et nettes, ses paroles tranchantes.

Ces deux dernières années, beaucoup d’argent a irrigué le monde du cinéma,lui donnant une apparente prospérité. Avez-vous l’occasion de voir plus régulièrement de bons films ?

Han Han : Le marché du cinéma est en plein boom, mais la Chine a paradoxalement plus de mal à sortir de bons films et ceux de Hong Kong voient leur niveau amoindri par les coproductions [avec la Chine populaire]. La qualité diminue pour plusieurs raisons : à cause de la censure, de la volonté d’éviter les sujets tirés de faits de société et de l’arrivée dans la profession de nombreuses personnes ayant commencé leur carrière dans des séries télévisées ou même dans des émissions de téléachat.

Selon le réalisateur Lou Ye [auteur entre autres de Purple Butterfly (2003), Une jeunesse chinoise (2006) et Nuit d’ivresse printanière (2009)], au cours des cinq années durant lesquelles ses films ont été frappés d’interdiction, le marché du cinéma en Chine a donné l’impression de prospérer, mais en fait le cinéma chinois n’a pas vraiment changé sur le fond. Qu’en pensez-vous ? Lorsque nous avons parlé de censure avec Lou Ye, il a jugé regrettable que de nombreux réalisateurs modifient leurs œuvres pour s’adapter à ce système. D’après vous, la censure explique-t-elle la présence d’autant de navets à l’affiche en Chine ?

Oui, c’est une raison majeure. La censure a toujours été un frein important au développement de la culture. Bien sûr, vous me direz qu’à l’étranger il y a de très bons films qui n’abordent pas ce qu’on appelle des sujets sensibles. Mais c’est le fruit d’une créativité qui peut pleinement s’épanouir dans un contexte d’entière liberté. Si, dès le départ, les artistes se retiennent par frilosité, comment cela peut-il donner de bons résultats ? La littérature et le cinéma chinois occupent une place de peu d’importance sur la scène internationale. Nous ne pouvons pas nous mesurer aux autres à armes égales, car quand j’écris un livre je commence par m’autocensurer ; j’enlève de nombreux passages et chez l’éditeur d’autres passages sont encore supprimés. Au cinéma, c’est pire encore, parce qu’on est responsable d’une équipe beaucoup plus importante. Aussi, quand il y a la censure, si les gouvernements ne peuvent pas être critiqués ou tournés en dérision dans des œuvres culturelles de leur propre pays, ils le sont dans le reste du monde !
Auparavant, certains films censurés en Chine pouvaient quand même obtenir des distinctions internationales, mais aujourd’hui ce n’est plus possible. Le gouvernement chinois est riche et cela le renforce, sa parole porte et compte. Le marché du cinéma en Chine est florissant. Comme les sociétés de production étrangères craignent de perdre des parts de marché en Chine, il devient impossible pour les films censurés [en Chine] de remporter des prix importants dans les festivals [à l’étranger].

s : http://www.courrierinternational.com/artic...tous-les-navets


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