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> Jour Et Nuit, le nouveau Wang Chao
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P'tit Panda
Ecrit le : Samedi 29 Janvier 2005 13h14
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Dragon



Sortie au cinéma le 02 février du nouveau film de Wang Chao, l'auteur du remarqué "L'orphelin d'Anyang" - et ancien assistant de Chen Kaige.

C'est une coproduction franco-chinoise. Le film sera distribué en France par Rosem Films.

A l'affiche : Liu Lei, Wang Lan, Xiao Ming, Wang Zheng, Sun Guilin.

Luc Besson a bcp aimé ce film ( si si ). Il a repéré la jeune actrice Wang Zheng et négocie en ce moment pour qu'elle joue dans une de ses prochaines productions.

D'après l'affiche, ça a l'air très chaud. Ca parlerait des rapports charnels ?....

Le film a gagné le grand prix ' Montgolfière d'Or ', le prix de la mise en scène et le prix du jeune public au dernier festival des 3 continents de Nantes

Echos critiques très favorables.

Pour amateurs de 'cinéma d'auteur' ( j'en fais partie )

source : Sina.com.hk , Le Film Français, Les Cahiers du Cinéma.....

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P'tit Panda
Ecrit le : Dimanche 30 Janvier 2005 11h20
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Dragon



Titre en chinois : "Ri Ri Ye Ye" , ce qui signifie en fait "Des jours et des nuits" - la notion du temps est différente par rapport au titre français.......


Pp


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P'tit Panda
Ecrit le : Mardi 01 Février 2005 20h09
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Dragon



critique du Monde + interview :

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"Jour et nuit" : en Chine, le spleen d'un ouvrier modèle promu patron
LE MONDE | 01.02.05 | 17h22
Un film allégorique de Wang Chao qui dit la solitude du monde moderne.

Film chinois de Wang Chao avec Liu Lei, Wang Lan, Xiao Ming, Wang Zhang. (1 h 35.)

Découvert en 2002, à l'occasion de la sortie en France de son premier long métrage, L'Orphelin d'Anyang, Wang Chao, par ailleurs nouvelliste et poète, fut d'emblée considéré comme un des principaux représentants de la nouvelle génération des cinéastes chinois, créateurs marqués par leur volonté de filmer sous le signe d'un réalisme poétiquement inspiré les mutations actuelles de leur pays.

Le deuxième film de cet ancien assistant de Chen Kaige, d'autant plus attendu, met en scène, sur fond de privatisation de l'économie chinoise, un mineur qui va pouvoir briguer le statut de patron de la mine où il travaillait comme ouvrier, mais dont cette accession au pouvoir s'accompagne d'une lourde culpabilité morale (liée à la mort de son père spirituel dans une explosion) et d'une soudaine impuissance sexuelle.

Guangsheng, accablé par ce décès, et désormais incapable de rendre hommage à la femme du défunt, qui avait coutume de se donner à lui, semble ne trouver dans sa nouvelle situation qu'un prétexte à accomplir la mission que le mort, au cours d'une apparition, lui a confiée : trouver femme à son fils, un obèse à moitié débile.

C'est au fin fond d'un minable estaminet, triste lieu de perdition d'une ville déjà frappée par la misère et la mélancolie, qu'il trouve la perle rare, sous la forme d'une jeune et charmante serveuse promise à la satisfaction totale des quelques rares clients de l'établissement. Le sentiment qui se noue entre ces deux personnages pourrait être qualifié d'amoureux si Guangsheng, en proie à un inexorable remords, ne préférait destiner la jeune femme au fils de l'homme dont il s'estime coupable de la disparition.

RUPTURE AVEC LA TRADITION

A la réussite sociale de Guangsheng, ouvrier modèle promu patron par la grâce d'un Parti communiste reconverti aux lois du marché, répond donc l'inexplicable spleen de son être intime, qui le conduit à la fréquentation régulière d'un au-delà terrestre et au sacrifice de soi-même. Difficile, dans ces conditions, de ne pas faire le lien entre ces deux termes, lien qui fonctionne dans le film comme une allégorie, sans doute un peu appuyée, de la rupture consommée avec la tradition et de la recherche effrénée du profit.

Entre gain et perte, la déperdition y devient en tout cas une figure majeure, avec ses personnages mangés par la blancheur désertique, presque abstraite, de l'espace, et en proie à la résurgence fantomatique des morts. Moins percutant, plus appliqué que le film qui avait révélé le très grand talent de son auteur, Jour et nuit n'en possède pas moins de réelles qualités, ne serait-ce que dans sa manière de suggérer la terrible solitude de la condition moderne.

Jacques Mandelbaum
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.02.05


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Trois questions à Wang Chao
LE MONDE | 01.02.05 | 17h22

Vous avez réalisé votre dernier film, Jour et nuit, dans une petite ville minière. Il donne à voir le glissement de la Chine vers une économie capitaliste. Que pensez-vous de ce phénomène ?

Pour moi, il ne fait pas de doute que sur le plan matériel l'ouverture à l'économie de marché a été une bonne chose.

Par exemple, dans la région où ce film a été tourné, les conditions de vie se sont nettement améliorées. Je considère cela comme incontestable.

Mais si le problème matériel, économique, a été en partie résolu, il reste un problème existentiel, intérieur. Celui-là est profond et n'a pas encore de solution. C'est un grand désespoir qui est ici incarné par Guangsheng, dont on voit nettement qu'il est prisonnier d'un cycle. Il répète à l'infini les mêmes erreurs. Mais le film laisse entrevoir un espoir, une issue.

Le personnage de Guangsheng s'obstine dans une fidélité à son maître qui va jusqu'à la soumission absolue. Pourquoi cette absence de révolte ?

La relation entre maître et apprenti est très forte en Orient. Dans la tradition chinoise, le maître est un deuxième père. En fait, le même mot peut vouloir dire "maître" ou "mère". Guangsheng tue son maître par accident. Il en conçoit une culpabilité terrible car c'est son fantasme filial qui s'est réalisé. Il est par la suite obsédé par l'idée de se racheter envers lui : la révolte n'est aucunement dans sa logique. Elle n'a pas de place dans cette relation très particulière.

La structure du film semble épouser celle d'un conte...

Le film n'obéit pas à des lois cinématographiques, mais à celles d'un poème, où les mêmes mots peuvent être répétés mais prennent à chaque fois une signification nouvelle.

Telle était en tout cas la forme des poèmes de la Chine ancienne, une forme qui traduit un rapport philosophique au monde, l'idée d'un cercle infini, où jour et nuit se succèdent éternellement. J'avais déjà cela à l'esprit dans L'Orphelin d'Anyang, mais ici c'est devenu un principe d'organisation du film.

Propos recueillis par Florence Colombani
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.02.05




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P'tit Panda
Ecrit le : Jeudi 03 Février 2005 16h50
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Dragon



Critique de Libé + entrevue

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A l'affiche
La Chine fait grise mine
«Jour et nuit», une fiction qui arpente l'arrière-monde du miracle économique.

Par Gérard LEFORT
mercredi 02 février 2005



Jour et nuit
de Wang Chao
avec Liu Lei, Wang Lan,
Xiao Ming, Wang Zheng... 1 h 35.

c'est une histoire de mineurs qui, bien qu'elle ait été tournée en Chine (Mongolie intérieure) aujourd'hui, semble raconter les mésaventures du prolétariat européen à la fin du XIXe siècle. Corons, crassier, misère, damnation. Du coup, on songe à un livre (Germinal) et à un film (Quelle était verte ma vallée, de John Ford). A un énorme détail près : l'épique dans Jour et nuit, deuxième film de Wang Chao après l'Orphelin d'Anyang, ne naît ni des mouvements de foule dans les grandes largeurs ni d'un saisissement attelé au roman familial. L'épopée naît au contraire de rares déplacements de caméra, d'un souffle léger traversant le cadre, de quelques ondulations à la surface des images. Autant de frissons qui coïncident avec les tressaillements du coeur.

Suie et sueur. Ainsi de l'accident dans la mine, pourtant cliché du genre. Le coup de grisou a lieu, explosif comme il faut, mais de loin, nuage noir au fin fond de l'image tandis qu'au premier plan s'étale une steppe désolée. La peur, repoussée à l'horizon, n'en est pas moins grande. De fait, au plan suivant, un homme surgi d'un cratère de cendres, unique ouvrier rescapé de l'accident. On le reconnaît à peine, masqué par la suie et la sueur, mais pourtant on le connaît depuis longtemps. Depuis le début du film assurément. Il s'appelle Guangsheng, il vit comme un chien dans une niche-cabanon, écartelé entre le respect qu'il doit à son vieux patron Zongmin, son «maître», et le désir qui chaque nuit appelle dans son lit la femme du dit patron. Sans aucune sorte de perversité puisque le respect est infini et l'amour sincère.

Mais ce Guangsheng nous est autrement familier. Il descend, comme on le dit en généalogie, d'un poème écrit sous la dynastie Tang (VIIIe siècle) et qui sert d'exergue au film : «Ignorant, avant moi, les hommes d'autrefois / ignorant, après moi, ceux qui viendront demain / je songe à l'infini de l'univers immense / et tout seul je répands des larmes d'amertume.» Amertume qui est comme le sentiment d'abandon dont on sait bien, par instinct d'espèce, qu'il est immémorial.

Impuissance. Jour et nuit, sous la pellicule de son microcosme particulier, ne parle que de cette déréliction universelle. Tout entière incarnée par le personnage de Guangsheng, qui a beau se démener dans la nouvelle économie de marché (d'ouvrier, il devient patron de la mine), ne fait que s'enfoncer un peu plus dans l'impuissance, et pas seulement sexuelle. Le choix de l'acteur Liu Lei est une trouvaille : sa beauté, qui séduit les femmes, et sa grande taille, qui fait sensation dans le «petit» peuple des mineurs, sont à la fois sa force (on n'aimerait pas se frotter à sa colère) et sa misère. Plus on compte sur lui, et pas seulement pour toucher les bénéfices du «miracle» économique, plus il accumule les défaites.

Le réalisme frontal de Jour et nuit est d'autant plus saisissant qu'il étend son empire jusqu'au surnaturel : mort dans l'accident de la mine, le vieux patron Zongmin apparaît régulièrement à Guangsheng, d'autant plus comme un remords qu'il ne lui reproche rien. On dirait une fatalité. C'est le destin en personne.

*

Wang Chao raconte la genèse de son film et les violentes mutations de la société chinoise :
«Désormais, le chacun pour soi règne»

Par Antoine de BAECQUE
mercredi 02 février 2005



sérieux et habité (par Dieu comme par le cinéma), Wang Chao, 40 ans, lunettes rivées sur le nez, défend pied à pied son deuxième film, Jour et nuit.

Le martyre des mineurs. «Mon film montre les problèmes posés par la mutation économique à marche forcée que subit la Chine. D'une économie planifiée à une économie de marché, de la paysannerie à l'industrie. Et ce sont les mineurs qui en payent le prix fort, souvent de leur vie. C'est pour montrer cela que j'ai situé Jour et nuit dans la steppe mongole : les mineurs y sont d'anciens paysans, encore frustes, habités par des traditions rurales. La mine de charbon est au croisement symbolique de toutes ces mutations. Et le paysage du film dit cela, magnifique et dur, plein de rigueur et d'aventures.

Angoisse et amusement. «Je n'ai pas d'expérience personnelle de la mine, mais les histoires récentes d'accidents de mineurs m'ont profondément touché. Cette émotion compassionnelle s'est mêlée à un récit qui m'intéressait : comment un apprenti peut-il se sentir coupable de ne pas avoir pu sauver son maître lors d'un coup de grisou ? Cela fait presque cinq ans que je travaille sur ce projet. Le plus difficile a été d'y définir la place des femmes. Durant ce temps, les mutations économiques du pays ont continué toujours plus vite. La censure a accepté ce sujet et son traitement, c'est donc un «film officiel», mais elle était quand même gênée par le rôle, assez couard, du parti communiste, qui se débarrasse de la mine et des mineurs après l'accident. J'ai observé ces hésitations avec une bonne dose d'angoisse, et un certain amusement.

Chine d'aujourd'hui, Europe du XIXe. «L'Europe a connu de telles mutations, et a su les décrire à travers le rôle des mineurs, martyrs de la course aux profits. Mais c'était au XIXe siècle. Je connais ces récits, les grands romans de la mine. Ce qui me frappe, c'est que la Chine vit au début du XXIe siècle ce que l'Europe a traversé au XIXe siècle ! C'est aussi rapide, et également difficile. Nous vivons en Chine dans un monde très dur, où la valeur de l'humain n'est pas importante en regard de la courbe économique. La notion d'entraide semble abandonnée : le chacun pour soi règne. La seule chose d'humain qui persiste encore, de façon aiguë, c'est la douleur. Le héros de Jour et nuit, par exemple, a réussi extérieurement : il porte les marques de sa mutation sociale, mais intérieurement il est miné par ses fautes, sa culpabilité. Il demeure travaillé par la douleur, personne ne peut le soulager. Pour cela, il est assez semblable à la Chine.

L'impuissance de Sisyphe. «Jour et nuit parle d'une réalité chinoise, mais aussi d'un cycle universel : l'ambition, la réussite sociale, la misère spirituelle. C'est une chose que Camus a bien décrite dans son roman la Chute, une de mes références, avec le cinéma de Bresson ou d'Antonioni. Mon personnage central a le destin tragique d'un Sisyphe moderne, condamné à pousser et repousser son rocher. Sa vie intérieure est un échec, mais il s'efforce de réussir aux yeux du monde. Et sa culpabilité finit par s'incarner dans son impuissance sexuelle. Sa blessure intérieure est si profonde que seul le corps dessexué peut la porter, comme une plaie secrète. Il semble s'écrouler toujours, au moment du désir, comme à l'instant final de sa réussite. C'est cet affaissement qui m'a intéressé : la rédemption peut-elle aider l'homme à passer outre ses erreurs ? La nature humaine, finalement, dit que non...

Inventer son propre langage. «Mon film n'est pas réaliste. Je n'ai pas voulu montrer la mine de l'intérieur. Jour et nuit tente de forger son propre langage, à travers son cadre, son image, sa durée, ses ellipses, sa rigueur, ses couleurs. C'est ce contraste entre un sujet d'actualité et une forme arrêtée qui m'a plu. Jour et nuit montre ce qu'on détruit à l'intérieur de soi pour supporter les évolutions du monde. Qu'est-on en train de perdre de la nature humaine en ce moment en Chine ? Voilà la grande question.»





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P'tit Panda
Ecrit le : Vendredi 04 Mars 2005 01h07
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Dragon



Le film bénéficiera d'une sortie en Chine.
Etonnant !



quelques photos :


La fille, c Wang Zheng user posted image

Wang Lan user posted image

Liu Lei
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Le real :
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pp


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