And here is the link :
http://www.hkcinemagic.com/fr/express.asp?fid=836Vous m'avez fait peur, je croyais qu'on annonçait le décès de cet immense bonhomme.
Comme je l'ai déjà dit ailleurs, je trouve que Sammo est un meilleur réalisateur que Jackie, et il a toujours crâneusement assumé ses contradictions, ce qui rend le personnage d'autant plus fascinant. De plus, même si on devine que son égo est au moins aussi gros que son bide et celui de Jackie (l'égo pas le bide), il a également toujours su se mettre en retrait comme acteur dans ses propres films pour révéler les meilleurs acteurs/combattants de la période fin 70/80 : dès son deuxième film comme réalisateur, il s'adjugeait le second rôle. Il a révélé successivement : Casanova Wong, Leung Kar-yan, Fung Hark-on, Lam Ching-ying, Yuen Biao, le binôme Dick Wei/Chung Fat, Meng Hoi, Billy Chow, Michelle Yeoh, Yukari Oshima, Cynthia Rothroch, Yuen Wah, Joyce Mina Godenzi, Collin Chou, etc, qui par ailleurs n'ont jamais été meilleur que dans ses films, comme réalisateur et/ou producteur.
Il a vraiment l'OEIL pour capter le potentiel de chacun de ces acteurs et le sublimer sur la pellicule, beaucoup d'entre eux ont trouvé LE rôle de leur vie grâce à lui, et ont par la suite joué des variations de leur personnage chez Sammo.
Comme chorégraphe, il n'a pas d'autre concurrent que Liu Chia-liang, les deux se complètent très bien car diamètralement opposés idéologiquement. Sammo est bien moins linéaire que le Sifu, même s'il serait faux de réduire ce dernier à une caricature d'honorable maître consensuel, il a également eu des accents de fureur, tout comme Sammo a pu faire preuve de sensibilité. Je pense surtout à "The victim" et "Pedicab driver" où on sent que Sammo le cinéaste a un grand amour pour ses personnage, non pas qu'il donnait l'impression de les détester ou de s'en foutre dans ses autres oeuvres, mais c'est dans ces deux films que j'ai senti une profonde empathie.
Sammo donne souvent l'impression d'être un anarchiste et un je-m'en-foutiste hyper-commercial, mais dans son dernier chef d'oeuvre en date, "Blade of fury", il a pu développer ce qui existait en filigrane dans d'autres films : le côté implacable de la violence institutionnalisée (dans les hautres sphère de l'état), bien plus grave que la violence individuelle. Le style du film, très rugueux, accouplé aux "Cendres du temps" qu'il chorégraphia, annonçait "The blade". Comme le rappelait Shaft dans un autre post, impossible de trouver en France un réalisateur commercial qui a autant de films réussis à son compte.
En ce qui concerne sa fin de carrière décevante, dans la deuxième partie des années 90, dans le bouquin de Logan, ce dernier rapportait les mots de Yuen Biao qui considérait que son histoire avec Joyce Mina Godenzi lui a été fatale pour sa popularité auprès du public HK. Il faut aussi rappeler que ses réussites cinématographiques de la fin des années 80 furent des déceptions au box office -hors "Dragons forever", le meilleurs film du Trio- (il aligna tout de même "Shanghai Express", "Eastern Condor", "Pedicab driver", "L'exorciste chinois 2" et "Blade of fury"). "Moon Warriors" est très bien, même si on sent que si le film avait été réalisé par Mabel Cheung (la complice du scénariste, Alex Law), il n'aurait pas vraiment été différent. C'est sans doute le fait qu'il ne chorégraphie pas le film, qui en fait un film qui nous paraît moins hungien que le reste.
Rappelons également sa brillante participation à "Stuntwoman" de Ann Hui, après "8 taels of gold" (pas vu mais j'en ai lu beaucoup de bien) et "Painted Faces" (qui sortira bientôt en DVD chez Celestial, yes !), Sammo nous prouvant quel excellent acteur dramatique il peut être, très sobre, à mille lieux de ses persos cabotins et vulgaires.
SAMMO FOREVER, ON NE LE DIRA JAMAIS ASSEZ !