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> Tony Takitani, de Jun Ichikawa
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P'tit Panda
Ecrit le : Mercredi 01 Février 2006 15h20
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Dragon



Cinéma

A l'affiche
«Tony Takitani» texto
Adaptation très formaliste d'une nouvelle du Japonais Haruki Murakami.

Par Eric LORET
mercredi 25 janvier 2006



Tony Takitani
de Jun Ichikawa, avec Issey Ogata et Rie Miyazawa, 1 h 15.

tony Takitani est une nouvelle de l'écrivain japonais Haruki Murakami (Libération du 5 janvier). Avant cela, Tony Takitani était un personnage réel, un sénateur des années 70, mais c'est sans rapport : il s'agit juste d'un private joke de Murakami. Désormais, Tony Takitani est également un film de Jun Ichikawa, qui n'est pas comme on pourrait le croire un nouveau venu (il a 57 ans), mais qu'on n'avait jusque-là vu que dans quelques festivals. Le film a d'ailleurs obtenu le prix Fipresci à Locarno en 2004. La nouvelle n'est pas en vente, on l'offre dans les cinémas et les librairies, pour tout achat d'un film ou d'un livre ayant à voir avec Murakami.

Au mot près. De toute façon, on peut se contenter de la lire en regardant le film, car Ichikawa a préféré être le plus loin possible d'une adaptation en étant le plus près du texte, en transformant le film en livre, un peu comme Rohmer le faisait avec Perceval le Gallois. L'original est respecté au mot près, une voix off dit le texte et, pour qu'on soit sûr d'assister à la représentation d'une représentation, les acteurs s'approprient quelquefois la voix de la narration ou celle des autres personnages : «Pourquoi pleurez-vous, demanda-t-il ?» déclare ainsi l'héroïne en pleurant. Au mot près, sauf le dernier, et Tony Takitani prouve qu'un film, contrairement à une nouvelle, ne peut pas se terminer par : «Il se retrouva seul, pour de bon cette fois.» Ichikawa a ajouté une fin après la fin, par un petit tour de copier/coller qui restitue l'infinitude paradoxale de la dernière phrase de Murakami.

Tony Takitani est un film serviable, puisqu'il tourne même ses propres pages. Chaque scène est introduite par un travelling latéral, on découvre des natures mortes d'humains et une petite musique obsédante de Ryuichi Sakamoto vient rouler par-dessous, pour marquer les jours qui se ressemblent. Jusqu'au moment où ça craque. La musique s'arrête, la caméra réfugie Tony dans les coins de l'écran, interroge son visage. Puis la vie reprend, et avec elle la systématique formelle du film.

Sans dévoiler la péripétie centrale, disons simplement que Tony Takitani est l'histoire d'un homme dont l'épouse collectionne les vêtements. Il lui faut une pièce spéciale, des dizaines de mètres de penderies pour ranger ses oripeaux. La compulsion au vide que trahit sa fièvre acheteuse se concrétise donc, prend même toute la place dans la maison. Or, Tony s'est marié pour remplir son existence, mais certes pas de vide. Il entretient par ailleurs une non-relation avec son père, un jazzman jadis célèbre, symbole du poids de l'Histoire sur les épaules des fils. Ichikawa a choisi d'incarner les deux hommes dans un unique interprète (Issey Ogata), façon d'accentuer la distance entre les êtres. De même, les deux rôles féminins principaux sont joués par Rie Miyazawa. Et comme ces deux acteurs sont des icônes au Japon, ils traversent le film en tant que tels, sans toucher terre.

Motifs décoratifs. La nouvelle insistait sur l'isolement et l'«enveloppe vide» que constitue le corps. Ichikawa a su préserver la fragilité de papier du récit en plaçant ses plans dans le ciel. Le cadre découpe les silhouettes contre des baies vitrées, contre de pleins azurs qui ne le sont pas, car la pellicule est volontairement décolorée. On n'aperçoit jamais le sol. Du coup, les personnages semblent des motifs décoratifs glissant sur des surfaces libres, des vêtements eux aussi suspendus sans signification. Et le spectateur devient finalement imaginaire, se retrouve devant Tony Takitani comme un fantôme inaccessible au visage d'autrui, reconnaît la sensation qu'il avait eue en lisant Murakami, d'avoir une ombre «moitié moins sombre que celles des gens ordinaires».

http://www.liberation.fr/page.php?Article=353766



© Libération


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P'tit Panda
Ecrit le : Mercredi 01 Février 2006 15h21
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Ecrit le : Mercredi 01 Février 2006 23h31
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Ecrit le : Samedi 20 Septembre 2008 00h23
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Jun Ichikawa (市川准) vient de mourir.

Son nouveau film "Buy a Suit" devait être présenté au prochain Festival de Tokyo.


RIP :drop:

Jun Ichikawa - 1948-2008
(IMG:http://i0.sinaimg.cn/ent/m/f/2008-09-19/U2519P28T3D2175926F326DT20080919170505.jpg)


QUOTE
Director Jun Ichikawa dies at 59
Last film, 'buy a suit,' to premiere at Tokyo Fest
By MARK SCHILLING
Helmer Jun Ichikawa, 59, died after collapsing at lunch on Friday and being rushed to a Tokyo hospital. The cause of death has not yet been announced.

The morning of his death Ichikawa was editing his last pic, "buy a suit," which is skedded to preem on Oct. 18 in the Japanese Eyes section of the upcoming Tokyo Film Festival.

Born in Tokyo in 1948, Ichikawa joined a company producing TV commercials in 1975 and established himself as a leader in the field for his award-winning, sales-boosting ads.

In 1987 he released his first theatrical pic, "Bu su," a teen drama starring Yasuko Tomita. In the 1990s he helmed a series of low-key but sharply perceptive and beautifully shot dramas that were compared to the work of Yasujiro Ozu, an Ichikawa favorite. He also expressed admiration for the work of his countrymen Takeshi Kitano and Shinji Somai, as well as Francois Truffaut, Eric Rohmer, Ken Loach and Mike Leigh.

In 1991 his teen drama "Tsugumi" won him the director prize at the Mainichi Film Awards, a major domestic awards competish. He won again in 1994 with "Dying at a Hospital," a drama about terminal cancer patients.

His 1995 Ozu homage "Tokyo Kyodai" (Tokyo Siblings) screened in the Panorama section of the Berlin fest, where it was awarded a special mention by the Fipresci jury. In 1997 "Tokyo Lullaby," a middle-aged relationship drama, earned Ichikawa director honors at the Montreal World Film Festival.

His biggest prizewinner, however, was "Tony Takitani," a 2004 drama based on a Haruki Murakami short story about an introverted illustrator (Issei Ogata) with a fashion-crazed wife (Rie Miyazawa) that won the special jury prize, youth jury prize and Fipresci prize at the Locarno fest, as well as many honors elsewhere, including a nom for best foreign film at the 2006 Independent Spirit Awards. It was also released in the U.S. by Strand Releasing and in 10 other countries and territories around the world in addition to Japan.

Ichikawa's most recently released pic was the 2007 teen drama "How to Become Myself."

http://www.variety.com/


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Ecrit le : Dimanche 21 Septembre 2008 16h04
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tony takitani était un chef d'œuvre, j'espère que le festival présentera quand même le film.


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