
Bientot dans Rush Hour 6
      
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Dragon

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DOSSIER
LES ÉTOILES BRILLENT AU FIRMAMENT
Oscar Chung
Après avoir acquis la popularité chez eux et en Chine, les artistes taiwanais de la jeune génération visent de plus en plus haut
Soudainement, le noir total. Seules sont visibles les baguettes fluorescentes balancées à bout de bras. Les spots se rallument. Entre la star vêtue de noir, avec la mèche de cheveux décolorée qui est devenue son signe distinctif. L’apparition de Jay Chou déclenche un délire de cris et de hurlements, une vague qui ne s’atténue qu’aux premières paroles de sa chanson Au nom du père.
Nous sommes en novembre 2004, et des milliers de fans taiwanais sont là pour ce concert au Coliseum de Hongkong. Jessie Wang est venue de Taiwan. Avec elle, trois de ses amies, membres du même club de fans de Jay Chou. « Ses chansons me font vibrer, dit la jeune femme. Elle font naître en moi des images très vives. » Avec ses copines, quatre soirs à la suite, Jessie Wang n’a manqué aucun des concerts de la star à Hongkong.
La passion de la jeune femme pour l’auteur-compositeur taiwanais est restée constante depuis qu’il a commencé à se faire connaître dans le milieu, il y a 5 ans environ. Aujourd’hui, Jay Chou est le chanteur le plus populaire dans le monde chinois, et son succès pourrait peut-être bien aller au-delà.
Un style fusion « Il excelle à mélanger les styles », confirme Yang Jun-rong, le directeur d’Alfa Music International, la maison qui distribue ses disques. Une musique tellement unique que, quand il l’a entendue pour la première fois, Yan Jun-rong, lui-même autrefois chanteur, a décidé de prendre la carrière de Jay Chou en main.
La vedette taiwanaise est présentée comme un génie : interprète, auteur, compositeur et musicien à l’aise sur plusieurs instruments.
Avant de sortir de l’ombre, Jay Chou écrivait pour les autres stars de la pop musique chinoise. « Il est très bon au piano classique qu’il a appris depuis l’enfance, explique son agent. C’est pour cela qu’il fait de la bonne musique ! »
En raison de la forte influence rythm’n blues qu’on perçoit dans sa musique, les critiques l’assimilèrent au début à d’autres chanteurs, éduqués à l’étranger, croyant à tort qu’il avait le même profil. Ils changèrent d’avis lorsqu’ils virent que Jay Chou excellait dans tous les genres, qu’il s’agisse du rap, du rock, du classique chinois…
Le succès de son premier album fut fulgurant. Son titre, Jay, affirme l’assurance du chanteur qui n’hésite pas à donner de lui-même une image forte.
« Le rap, chez lui, n’est plus américain, il est chinois », commente Ko Yu-fen, assistante au département de journalisme à l’université nationale Chengchi, à Taipei, qui s’est décidée à acheter un disque de l’artiste après avoir entendu Epouse, une chanson teintée de poésie classique chinoise. Elle fut séduite tout de suite.
« Jay Chou est jeune et talentueux. Il est la seule star taiwanaise qui ait des chances de percer dans le monde », assure Lan Tsu-wei, un animateur radio, qui souligne que le nom de l’artiste est l’un des rares dans la chanson taiwanaise à être connu au-delà des frontières du monde chinois. Il s’est produit en concert en Thaïlande, par exemple, et ses chansons sont diffusées sur des radios européennes, ce qui est rare pour un artiste asiatique.
Il interprète un rôle au grand écran pour la première fois cette année, dans Initial D., un film hongkongais tiré d’une bande dessinée japonaise. Le public ciblé est chinois, mais pas seulement — japonais aussi.
Le look qui tue La reine de la mode dans le monde de la chanson, c’est Jolin Tsai. « Vous n’imaginez pas l’importance qu’il y a dans cette industrie à toujours apparaître avec un look nouveau », clame Howard Chiang, le directeur d’ERA Integrated Marketing, l’agence qui représente Jolin Tsai, avant de lâcher : « Les artistes qui ne s’adaptent pas aux tendances sont vite remplacés. »
Lorsqu’elle arriva sur scène en 1999, Jolin Tsai affichait une image d’innocence. En 2003, après une année loin des spots et des flashes, elle réapparut plus fine, plus sexy, avec un nouveau look de « mangeuse d’homme ». Immédiatement, son nouvel album Regarde-moi de 72 façons, fut un hit.
« Fini le laisser-aller. Elle fait très attention à sa ligne, à son physique », continue Howard Chiang qui souligne qu’elle a aussi appris à bouger devant le public, au point d’impressionner par ses performances sur scène. Elle a atteint un niveau international qui lui permet même de se lancer dans des collaborations avec, par exemple, le groupe américain Destiny’s Child.
Ils font rêver Juste avant que Jay Chou ne se voit attribuer le titre de « roi de la pop asiatique », c’est Ah-mei — Chang Hui-mei — qui tenait le haut du pavé. En 2002, la chanteuse taiwanaise d’origine aborigène était consacrée par le magazine Time, dans son édition asiatique, comme l’une des personnalités les plus populaires d’Asie.
D’autres artistes nés aux Etats-Unis comme Wang Lee-horn, ou venus de Singapour comme Sun Yanzi, ont su aussi percer sur la scène taiwanaise. Le Taiwano-Japonais Takeshi Kaneshiro est un autre exemple d’une réussite qui dépasse les frontières. Déjà célèbre dans la chanson à Taiwan, son succès au cinéma en a fait une icône. On l’a vu dans Chungking Express, de Wong Kar-wai, et dans plusieurs films japonais ou séries télévisées. Il a joué en 2004 aux côté de Zhang Ziyi et d’Andy Lau dans Le secret des poignards volants, de Zhang Yimou.
C’est l’expérience contraire, d’abord le petit écran puis la chanson, qui a marché dans le cas du groupe pop F4 si populaire chez les ados de l’île. C’est leur apparition à la télé dans la série Meteor Garden qui les a lancés, avant qu’en 2001, ils n’entament une carrière musicale avec Meteor Rain. Leur public est partout en Asie, notamment en Chine, en Corée du Sud et au Japon — un pays qui a une grande influence sur les artistes taiwanais. Aujourd’hui, chacun des quatre membres du groupe a sorti son propre album en solo.
Le prix des pirates Inspirés par le succès à l’étranger de F4, les producteurs taiwanais tentent de reproduire la recette. Pourtant, l’industrie insulaire de la musique populaire est sur le déclin. Elle n’a pas le dynamisme, par exemple, des produits de la culture populaire sud-coréenne, lesquels s’exportent très bien dans toute l’Asie.
Autre difficulté, le piratage et la violation des droits de la propriété intellectuelle. Etant donné le taux de pénétration de l’Internet et le niveau d’équipement informatique dans l’île, les téléchargements illicites sont monnaie courante, surtout entre jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes concernant les pertes qui en découlent pour l’industrie du disque et les artistes : en 1996, le premier album d’Ah-mei avait été diffusé à plus d’un million d’exemplaires, tandis que Jay Chou vend en moyenne aujourd’hui seulement 330 000 exemplaires par album, la différence résultant de la copie sauvage.
Alors que les profits diminuent, l’industrie ne peut plus entretenir les talents comme elle le faisait avant. « Dans le passé, les auteurs-compositeurs travaillaient à plein temps pour les maisons de disques. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux doivent exercer un autre métier pour survivre, souligne Howard Chiang. Si rien ne change, il sera de plus en plus difficile de trouver de bonnes chansons, de bons artistes. »
Taiwan, la case départ Actuellement, le développement obligé d’une carrière d’artiste passe par la Chine. Et, là-bas, même si les pirates sont rois, l’immensité du marché permet encore aux chanteurs d’écouler les albums par millions. Selon Howard Chiang, le marché chinois est, en termes de revenus, 8 fois plus important que celui de Taiwan. « Sans la Chine, je n’aurais plus qu’à mettre la clé sous la porte, confirme Yang Jun-rong. Et puis, il y a les retombées publicitaires. La popularité en Chine permet de faire plus d’argent en vendant son image dans la pub qu’en commercialisant ses disques. »
Le marché taiwanais reste tout de même une étape obligée dans le sens où c’est la première : pour se faire connaître de l’autre côté du détroit, il faut d’abord percer dans l’île. « Si les artistes taiwanais marchent en Chine, c’est justement parce qu’ils sont de Taiwan. La réussite dans l’île est une garantie de qualité », explique Howard Chiang.
Après Taiwan, la Chine, le monde chinois et... En réussissant sur l’autre rive, les artistes taiwanais peuvent prétendre ensuite à aller plus loin. C’est ainsi que Yang Jun-rong table sur le talent de Jay Chou pour que sa popularité dépasse les frontières asiatiques : après la Chine, le monde donc, mais attention, il y aura alors bien peu d’élus !
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DOSSIER
CÉLÉBRITÉS, ASTROLOGIE ET FEUILLETONS ÉTRANGERS
Kelly Her
Les émissions populaires reflètent les goûts du public
C’est écrit dans les étoiles, une émission qui parle de feng shui et d’astrologie, dépoussière le genre. (HUANG CHUNG-HSIN / TAIWAN REVIEW)
Qu’elle soit allongée de façon languissante sur les parois des bus de la ville dans une publicité de cosmétiques ou que ses amours fassent la une de la presse à sensation, Petite S (Xiao S), le surnom de Hsu Hsi-ti, surfe sur la vague du succès médiatique. La gloire est survenue avecVoici Kang Hsi !
Rien à voir avec l’empereur mandchou du même nom : il s’agit de l’émission de variétés qu’elle anime avec Tsai Kang-yung — le titre de l’émission est composé du premier caractère de leurs deux prénoms. C’est l’un des nombreux shows qui ont le vent en poupe actuellement et qui sont, à ce titre, très révélateurs de l’intérêt du public taiwanais pour tout ce qui concerne les stars, le surnaturel et les séries télévisées étrangères.
Perdue dans les étoiles Depuis que l’émission a été lancée en janvier 2004, Petite S a bavardé avec un nombre impressionnant de célébrités, depuis la vice-présidente de la République Lu Hsiu-lien jusqu’à la superstar de la chanson Jay Chou. L’émission a un succès fou et bat régulièrement des records d’audimat. Son show est aujourd’hui renommé pour son style relax. Petite S fait plutôt l’idiote, tandis que son partenaire, malgré ses airs de clown, pose les questions pertinentes. Ensemble, ils arrivent à soutirer de leurs invités des petits secrets de leur vie privée ou de leur carrière.
L’entrain des deux animateurs sur le plateau est sans doute la clé du succès de leur émission, dit Chen Hao, le vice-président de CTI Television Inc. Il pense que Voici Kang Hsi ! est typique de la nouvelle génération d’émissions qui divertissent et détendent, loin des rigueurs de l’actualité politique et sociale.
« Les programmes télévisés doivent donner la priorité à l’amusement, puisque c’est cela que recherchent les spectateurs, poursuit Chen Hao. Il y avait trop de tribunes politiques, et le public en est rassasié. C’est pourquoi nous avons conçu une émission amusante, jeune, agréable et apolitique. »
Le show est destiné aux spectateurs de 15 à 50 ans avec une prédominance féminine, la cible principale des gros annonceurs. En 2004, Voici Kang Hsi ! a été citée parmi les émissions de divertissements les plus populaires à Hongkong et à Singapour par l’hebdomadaire chinois New Weekly.
Attraction fatale Alors que le culte des célébrités a vraiment gagné en importance sur les chaînes câblées, le surnaturel a aussi fait une percée. A ce titre, l’émission lancée en 2000 par la chaîne Eastern TV, C’est écrit dans les étoiles a innové à l’heure de grande écoute. « Avant, dans ce type de programme, les animateurs mettaient surtout l’accent sur les forces occultes, les troubles qu’elles occasionnent, le sublime et le surnaturel, généralement soulignés par un décor et un fond sonore lugubres, dit Pan Su-chuan, vice-présidente d’Eastern Power Co. Nous avons essayé de rompre avec les conventions en proposant une formule plus agréable, informative et distrayante. »
Pan Su-chuan assure que l’émission cible la même catégorie de téléspectateurs que Voici Kang Hsi ! Sur le plateau de C’est écrit dans les étoiles, un animateur bavarde avec des astrologues, des numérologues et des artistes de variété à propos de leur carrière, de leur chance, de leur santé et de leurs amours… les sujets qui intéressent le plus le public.
« Auparavant, dans les programmes parlant d’astrologie et d’horoscope, on traitait un cas particulier, une maison hantée, on interrogeait un maître de feng shui qui expliquait comment la malchance s’était acharnée sur toute une famille. On s’est finalement rendu compte que ces émissions laissaient une impression désagréable aux téléspectateurs, dit Pan Su-chuan. Pour changer, la nôtre parle de choses qui intéressent directement le public. »
Présenté dans un décor moderne et coloré, le show est dynamique. Pan Su-chuan demande aux astrologues et numérologues invités d’éviter le vocabulaire ésotérique et d’expliquer de manière intelligible tel ou tel phénomène. Les maîtres du feng shui proposent de temps à autre un truc simple et peu coûteux pour s’attirer la bonne fortune ou résoudre un problème sentimental, ajoute-t-elle.
« Les spectateurs n’ont pas besoin de croire à ce qui est dit sur le plateau, mais cela peut les aider, notamment quand ils dépriment ou sont confrontés à un choix difficile, poursuit Pan Su-chuan. Dans un sens, l’émission apporte conseil et réconfort à ceux qui ont des problèmes. »
En plus d’un thème astral et de tests intellectuels, des conseils sont proposés pour adapter son comportement aux circonstances ou pour améliorer ses relations avec autrui et sa chance.
La stratégie de Pan Su-chuan semble avoir atteint son objectif, puisque AC Nielsen relève pour C’est écrit dans les étoiles de hauts scores d’audience. La formule plaît: 6 autres émissions s’en sont inspirées et elle est rediffusée en Amérique du Nord, à Hongkong et en Chine par satellite. « La durée de vie des programmes télé populaires est en moyenne de 2 à 3 ans, dit Pan Su-chuan, aussi notre émission fait-elle figure d’exception avec ses 5 ans d’âge. »
Le facteur du succès de cette émission semble être une croyance profondément enracinée dans la culture taiwanaise en la chance et le destin, lesquels reposeraient sur l’heure de la naissance, le signe du zodiaque chinois, les lignes du visage et celles de la main. « Si vous demandez à 10 Taiwanais s’ils ont consulté un astrologue, 8 d’entre eux vous répondront par l’affirmative, dit-elle. Ici, “Quel est votre signe du zodiaque ?” sert parfois d’entrée en matière entre les personnes qui se voient pour la première fois. »
Pan Su-chuan pense que la popularité des émissions liées à l’astrologie repose aussi sur les changements qui ont affecté la société insulaire dans son ensemble. Ces dernières années, en particulier, la récession économique provoque une certaine anxiété dans la population quant à leur présent et leur avenir, pense-t-elle. « Les gens se demandent s’ils doivent changer d’emploi, investir ou partir en Chine à la recherche d’opportunités meilleures. Ils cherchent alors un réconfort et un conseil en écoutant les astrologues à la télé », poursuit-elle.
L’obsession Séoul Une autre tendance actuelle est l’invasion de séries télévisées produites en Corée du Sud. Ainsi, les acteurs principaux d'All About Eve, Chae Rim et Jang Dong Gun, sont pourchassés par des nuées de fans dès qu’ils débarquent à l’aéroport international de Taipei.
James Yeh, de Videoland Television Network, explique que sa chaîne s’est mise à importer des feuilletons télévisés sud-coréens en vue d’accroître son audience et aussi sa part de marché. All About Eve, diffusé en première en 2001, s’est avéré un tel succès que la chaîne a ajouté d’autres séries du même pays entre 19 h et 22 h.
James Yeh remarque que l’audience reste fidèle aux feuilletons sud-coréens et que la demande a dépassé les attentes. Videoland importe aujourd’hui chaque année de 15 à 20 séries télévisées sud-coréennes sur toute une gamme de thèmes, des histoires d’amour aux épopées historiques.
Grâce au soutien de l’Etat, l’industrie de la télévision sud-coréenne a considérablement relevé son niveau et ses capacités de production. Des investissements de l’ordre de 1 million de dollars taiwanais par épisode ont pour résultat une meilleure qualité. Les thèmes attirants et les intrigues bien construites sont sans doute des facteurs de succès importants, poursuit James Yeh.
Les chaînes de télé insulaires ont toutes pris le train en marche ; et maintenant, au moins 5 comédies sud-coréennes sont diffusées chaque jour sur le petit écran.
En raison de la forte demande à Taiwan et dans les autres pays asiatiques, les téléfilms de Séoul ont vu leurs prix augmenter, en partie parce que la production est limitée — seulement trois studios réalisent ce genre de séries. Mais, des taux d’écoute élevés font qu’ils intéressent les annonceurs et donc que les investissements sont rapidement rentabilisés.
La vague de ces importations a déclenché ici des réactions mitigées. Les détracteurs estiment que les heures de grande écoute sont accaparées par ces séries étrangères. Et les partisans de rétorquer que la présence des séries sud-coréennes est la conséquence inévitable de la libre concurrence, tout en incitant l’industrie de la télévision insulaire à s’améliorer.
Cheng Tzu-leong, professeur au département de la Publicité à l’université nationale Chengchi (NCU), à Taipei, constate que les programmes télévisés les plus regardés sont les divertissements.
Il estime que Voici Kang Hsi !, par exemple, tient sa popularité du fait que les téléspectateurs se sentent de meilleure humeur après le show. Cet élan dénote d’une plus grande ouverture d’esprit de la part de la jeune génération, dit-il. Il en déduit une remise en cause de l’autorité traditionnelle des aînés dans l’interprétation des valeurs sociales. « C’est une bonne chose, dit-il, d’autant plus que ces programmes, ne sont que des divertissements sans grande portée sur la société. »
Cheng Tzu-leong s’inquiète plutôt de la popularité croissante des programmes concernant l’astrologie et l’horoscope. Selon lui, ils encouragent l’irrationalité et faussent les prises de décision importantes. « L’entretien d’une superstition et d’une mentalité antiscience n’est certainement pas bon pour la société taiwanaise », se plaint-il.
Quant aux comédies sud-coréennes, Cheng Tzu-leong pense que les raisons de cet engouement se situent au-delà du divertissement et traduisent plutôt une volonté d’enrichir ses connaissances sur le monde, en comprenant mieux à travers ces séries l’histoire, la société et les aspirations du peuple coréen.
Célébrités, superstition et feuilletons étrangers ont su captiver l’imagination des Taiwanais qui restent collés devant leur téléviseur. La télé offre désormais aux spectateurs le simple luxe d’un plus grand choix.
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DOSSIER
LE CINÉMA, C’EST « FANTABULEUX » !
Chen Ting
« Fantabuleux » — une contraction de « fantastique » et de « fabuleux » : c’est ainsi qu’est décrite l’industrie du film taiwanais redécouverte et promue à l’occasion d’un super festival
Les deux amants du triptyque de Hou Hsiao-hsien, Three Times, sont interprétés par Chang Chen (à g.) et l’une des actrices fétiches du réalisateur, Su Chi. (PHOTO AIMABLEMENT FOURNIE PAR SINOMOVIE)
C’est une nouvelle approche qui est mise en œuvre en matière de promotion du film insulaire. Pour la première fois, quatre grands festivals annuels ont été réunis en un seul pour donner naissance à une manifestation sans précédent.
C’est ainsi qu’ont été conjugués ensemble, au mois de novembre, les festivals du Cheval d’or, de la Cloche d’or, du Film et de la Télé de Taipei, ainsi que le Projet de promotion du cinéma et de la télévision de Taiwan. Un événement « fantabuleux » dont l’initiative revient au ministre de l’Information, Pasuya Yao, qui a fait de la promotion du cinéma insulaire l’une de ses priorités. Son objectif ambitieux est de faire passer à 100 le nombre des longs-métrages produits chaque année dans l’île.
Les efforts commencent à porter leurs fruits, puisque au cours des huit premiers mois de l’année, 35 films avaient été réalisés ici, contre seulement 13 de janvier à octobre 2004.
Et puis, ce n’est pas seulement la production qui revit, mais aussi la fréquentation des salles : 209 260 spectateurs se sont rendus dans les salles obscures de janvier à juillet, alors qu’ils étaient presque moitié moins nombreux — 138 712 — de janvier à octobre 2004.
Le président du festival du Cheval d’or, le réalisateur Wang Tung, se félicite. Les billets pour les projections au programme se sont vendus en une semaine. Chaque année, ce festival, que l’on pourrait assimiler aux Oscars taiwanais, présente les plus récentes productions des meilleurs réalisateurs insulaires. La plupart sont projetées dans la section des Œuvres maîtresses qui ne réunissait que 20 longs-métrages cette année, dont un de Mitsuo Yanagimachi — son premier en 10 ans —, une œuvre des frères Dardenne qui a obtenu cette année la Palme d’or à Cannes et des extraits de films d’Ingmar Bergman et de Werner Hertzog.
Let it Be, le documentaire de Yen Lan-chuan et Chuang I-tseng, apporte de la couleur à un monde rural pas toujours optimiste. (AIMABLE CREDIT DE YEN LAN-CHUANG ET CHUANG I-TSENG)
Le festival est devenu un événement culte que ne manqueraient pour rien au monde les aficionados. Ils sont prêts à tout pour obtenir des tickets. Les étudiants manquent les cours, les gens ne dorment plus simplement pour faire la queue la nuit précédent l’ouverture des guichets et parvenir à acheter quelques billets. Il y a une dizaine d’années, on a commencé à programmer des films de réalisateurs européens dont on voyait rarement les œuvres ici, comme l’Espagnol Pedro Almodovar, par exemple. Puis le festival a continué en s’ouvrant aux cinémas des 5 continents. Cette année, il comportait même une section exclusivement dédiée aux films hongrois.
Le festival du Cheval d’or joue un rôle capital dans l’univers du cinéma en langue chinoise. C’est dans son cadre prestigieux et sur le mode des Oscars américains que les professionnels du cinéma asiatique reçoivent chaque année des prix récompensant leurs travaux. Ce festival, le plus ancien dans l’île — il en est à sa 42e édition —, s’est doté également depuis 5 ans d’un volet concernant les courts-métrages numériques. Cette compétition comprend aujourd’hui 500 sélections internationales.
Dans l’audiovisuel hors cinéma, c’est le festival de la Cloche d’or qui, depuis ses débuts il y a quarante ans, sert de référence. Son succès montre l’influence considérable des grands médias, en particulier de la télé, sur le public taiwanais.
Le public étant très jeune, cette année a été lancé un festival pour les juniors, la Petite Cloche d’or. C’est à la chaîne publique, PTS, qu’a été confiée la responsabilité d’organiser cet événement, avec le concours d’un jury de jeunes.
Une scène plutôt sage de La saveur de la pastèque, de Tsai Ming-liang, avec Chen Shiang-chyi. (PHOTO AIMABLEMENT FOURNIE PAR HOME GREEN FILMS)
Les jeunes étaient encore visés avec un nouveau prix créé cette année pour distinguer les meilleurs programmes radiodiffusés qui leur sont destinés. L’un des trois programmes récompensés a été produit par 5 lycéens de Taitung, une ville du sud de l’île.
La fusion de ces divers événements culturels a permis à des professionnels de tous les horizons — des animateurs de télévision, des membres de la presse télévisée, les maisons de productions, les distributeurs, les fournisseurs de services Internet… — de se rencontrer.
Revenons sur le festival du Film et de la Télé de Taipei, fondé l’an dernier à l’initiative du ministère de l’Information (GIO) dans le but d’assurer une meilleure position pour les productions taiwanaises internationales. Il vise aussi à mettre l’accent sur l’avance de Taiwan dans le domaine de la télé numérique et des hautes technologies. Le GIO s’efforce en effet de promouvoir l’ensemble des programmes numériques, investissant 600 millions de dollars sur 5 ans pour stimuler la création dans ce domaine.
Enfin, dernier volet de ce super festival, le Projet de promotion du cinéma et de la télévision de Taiwan qui place en tête des priorités le financement et le marketing.
« Taiwan est un petit marché, mais on y trouve d’immenses talents, se plaît à dire Kow Fu-hung, l’une des productrices les plus respectées de l’île. Le problème est que les maisons de production travaillent chacune dans leur coin. » Elle considère, en tout cas, que c’est une chance que de pouvoir jouer un rôle dans le financement de l’industrie du film insulaire.
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DOSSIER
LE NOUVEAU SOUFFLE DE L’ANIMATION
Pat Gao
Après avoir parfait leurs compétences en sous-traitant pour l’étranger, les studios d’animation taiwanais présentent leurs propres créations
Le prix du Meilleur film d’animation du festival du Cheval d’or est l’un des plus difficile à attribuer. Sur les cinq années passées, par trois fois, il n’a pas été décerné, tandis que deux histoires de McDull, un personnage créé par un studio de Hongkong, étaient récompensées en 2002 et 2004. McDull est un petit cochon qui vit la vie de monsieur Tout-le-monde dans l’ancienne colonie britannique.
Pourtant, en 2004, les aventures de McDull ont été sérieusement concurrencées par Les amants papillons, une émouvante histoire d’amour dans une école chinoise traditionnelle. Déguisée en garçon pour y suivre des cours, une jeune fille ne tarde pas à faire naître un tendre sentiment chez un de ses camarades. Produit par Central Motion Picture, la plus importante et la plus ancienne maison de production de Taiwan, dont plusieurs films ont été couronnés dans le passé à Berlin, à Cannes et à Venise, le succès des Amants papillons marque une nouvelle étape dans l’industrie cinématographique insulaire.
Le cinéma taiwanais est en perte de vitesse avec seulement 24 longs-métrages produits en 2003-2004. Il est surtout peu rentable. Les recettes des films taiwanais, en effet, ne comptent que pour 2% du box-office insulaire.
L’espoir se porte actuellement surtout sur le secteur de l’animation. Les films d’animation semblent pouvoir désormais surfer sur la vague de succès lancée en ce début d’année par le documentaire Life, qui a pour sujet le séisme dévastateur de septembre 1999, et par la comédie musicale La saveur de la pastèque du réalisateur Tsai Ming-liang.
Cette tendance s’est illustrée avec la sortie en août dernier de Boule-de-feu, un dessin animé en 3 D produit par le plus important studio de l’île, Wang Film Productions. Boule-de-feu s’inspire du classique de la littérature chinoise Le voyage vers l’ouest. Le film a déjà rapporté près de 4 millions de dollars taiwanais avant d’être à l’écran, surpassant ainsi en quelques mois la totalité des recettes en salle des Amants papillons.
Un nouveau modèle Comme dans la plupart des autres secteurs économiques insulaires en mutation, les studios d’animation taiwanais ont commencé par peaufiner leur savoir-faire en travaillant pour des entreprises étrangères, avant de lancer leurs propres projets.
Créée en 1978, Wang Film Productions entretient d’étroites relations avec les studios américains et, en particulier, avec Disney. Le studio a contribué au succès de films tels que La panthère rose, La petite sirène ou Stitch.
De la fin des années 70 jusqu’au début des années 90, les maisons de production de Taiwan travaillèrent principalement pour des studios japonais et américains. C’est alors que l’île devint le premier exportateur mondial de produits dérivés des films d’animation.
Dès ses débuts en tant que maison indépendante, Wang Film Productions a vu ses efforts couronnés par un prix du Meilleur film d’animation au festival du Cheval d’or, en 1999, en nous contant l’histoire d’un jeune aborigène du nord-est de Taiwan. Un autre studio insulaire, Rice Film International, a gagné une reconnaissance internationale pour le film Grand-mère et ses fantômes, l’histoire d’une prêtresse taoïste. Conçu avec un budget de 40 millions de dollars et diffusé dans des festivals au Canada, à Hongkong, à Singapour et aux Etats-Unis, ce dessin animé de 80 mn a été salué comme une réussite esthétique, et le succès commercial a été au rendez-vous.
Boule-de-feu a bénéficié d’un investissement trois fois supérieur et Wang Film Productions escompte bien faire un tabac avec ce film d’animation. Ku Li-hung, assistant du vice-président administratif de la maison de production, explique que le projet a demandé de gros efforts de planification, de marketing et de distribution : « Cela n’a plus rien à voir avec la sous-traitance ! »
La structure interne du studio s’est adaptée pour suivre l’évolution de l’activité. Une partie du travail de réalisation a été délocalisée en Chine et en Thaïlande, tandis que Taiwan conserve le pôle de créativité.
Avec une sortie prévue en 2007, le dernier projet du studio est un film qui raconte la vie de Lin Wang, un éléphant que les troupes nationalistes chinoises amenèrent de Birmanie en Chine à la fin la Seconde Guerre mondiale, avant de l’emmener avec elles à Taiwan. Lin Wang a fini ses jours au zoo de Taipei en 2003, à l’âge vénérable de 86 ans. « Lin Wang était devenu une mascotte pour les Taiwanais, explique Ku Li-hung. J’espère que l’affection qu’on lui portait dépassera, à travers le film, les frontières de l’île. »
A l’heure locale La maison de production Jamar Idea semble privilégier les thèmes locaux. Créée en 2001, elle s’est spécialisée dans la recherche de studios d’animation travaillant sur ordinateur, afin de leur confier des projets inspirés des enseignements des philosophes chinois ou de la mythologie des aborigènes de Taiwan. Pour Yufu, directeur de Jamar Idea, certains sujets très locaux ont un contenu universel comme l’amour ou la lutte pour la survie. « Mais avant de conquérir le monde, il faut connaître ses racines », ajoute-t-il.
Jamar Idea vient tout juste de terminer Viser le soleil, une œuvre adaptée d’un mythe de la tribu des Atayal, et Terre des femmes, d’après un conte de la tribu des Ami. Les histoires sont chacune relatées dans la langue de ces tribus. Pour l’anecdote, Yufu se souvient qu’un des acteurs était si ému de pouvoir s’exprimer dans sa langue ancestrale qu’il fallut refaire plusieurs fois la prise de son tellement sa voix tremblait.
Pour les producteurs, il ne s’agit pas seulement de remettre au goût du jour les histoires indigènes, mais surtout de développer un potentiel commercial. Les ventes de ces films, qui répondent à des besoins éducatifs mais aussi commerciaux tant à Taiwan que dans le reste du monde, permettent de réunir de nouveaux capitaux, prêts à être investis dans de plus ambitieux projets. C’est ainsi que Jamar Idea Production réalise en ce moment une série 3D basée sur une autre histoire aborigène et destinée à être diffusée à la télévision. Yufu a à cœur de réussir un autre projet : mettre en animation l’histoire de Zheng Chenggong, ou Koxinga, le célèbre général qui bouta les Hollandais hors de Taiwan, au début des années 1660.
Le directeur de Sofa Studio, Vick Wang, s’appuie également sur le riche héritage culturel de l’île, mais il cherche à en dégager des éléments universels plutôt qu’à mettre en avant ses spécificités. Le personnage de Nobo, développé par le studio Sofa, sera le héros d’un long métrage d’animation 3D de 90 mn. Nobo est un petit robot bancal, qui, en poursuivant un papillon, fait une découverte incroyable. « Plutôt que de raconter de vieilles histoires que les jeunes ont parfois du mal à apprécier, nous présentons un produit nouveau, fruit de notre expérience et de notre environnement, tout en gardant une couleur locale », précise-t-il.
Construire une image Fruit de la fusion de deux entreprises, Sofa Studio produit également des effets spéciaux et des animations pour la publicité, le cinéma et les jeux vidéo et assiste des entreprises taiwanaises et étrangères dans le développement de leurs produits. Les bons résultats et les profits ne sont pas toujours immédiats et les risques doivent être soigneusement calculés.
Pour Vick Wang, s’il est essentiel que l’équipe créative puisse développer et expérimenter de nouvelles idées, il est tout aussi important de lui adjoindre les services d’une équipe commerciale qui assurera que les produits trouveront leur place sur le marché. Il pense que, dans un futur proche, les studios d’animation vont connaître une activité prospère à Taiwan, et il souligne l’importance de la communauté créative insulaire. « Il est essentiel de développer la coopération entre les professionnels de l’animation et ceux des affaires commerciales et juridiques », insiste-t-il.
Pour Yu Wei-cheng, directeur de l’Institut d’animation de l’université des beaux-arts de Tainan, la diversité de formation des futurs professionnels est toute aussi importante que l’ouverture de la profession à d’autres secteurs d’activité. « Le cinéma, les beaux-arts, la musique et le théâtre font partie de la formation de nos étudiants », précise-t-il, ajoutant que le regard des Taiwanais sur la culture populaire et les artistes doit évoluer. En effet, ces derniers ne sont pas considérés comme ils devraient l’être – à savoir comme des professionnels.
Heureusement, la prometteuse expansion du marché de l’animation, à Taiwan et à l’étranger, encourage les investissements dans ce secteur. D’après le ministère de l’Economie, les capitaux investis ont triplé sur les quelques années passées pour s’élever à plus de 1,1 milliard de dollars en 2004. Par ailleurs, les pouvoirs publics ne ménagent pas leurs efforts pour promouvoir le secteur.
« Nous sommes en train de passer du statut de sous-traitants à celui de créateurs. C’est une évolution majeure, que d’autres secteurs industriels de l’île ont connue », analyse Huang Guo-jyun, le directeur de l’office de la Promotion des industries numériques au ministère de l’Economie. « Dans la sphère d’influence chinoise, explique-t-il, Taiwan bénéficie de nombreux atouts : une grande créativité, une société ouverte et libérale, ainsi qu’une tradition culturelle qui mélange allègrement les influences aborigène, chinoise, européenne et japonaise. »
Le soutien public se manifeste également à travers des crédits du ministère de l’Information qui subventionne en priorité les films d’animation comme Boule-de-feu.
Depuis 2003, un festival international du film d’animation parrainé par ce ministère est organisé chaque année avec le concours des Archives cinématographiques de Taipei.
Lors de la première édition, Vick Wang a été sollicité, ainsi qu’un professeur du département multimédias et animation des beaux-arts de l’université nationale de Taiwan, pour sélectionner les œuvres projetées dans le cadre du festival. Pour lui, il ne fait aucun doute qu’à Taiwan, on encourage désormais la créativité.
Vick Wang contribue à sa façon à diffuser les connaissances dans ce domaine, puisqu’il enseigne au département arts et technologie des beaux-arts de l’université nationale de Taiwan, ainsi qu’à l’Institut du contenu numérique, une institution financée par le ministère de l’Economie. « Il n’y a pas si longtemps encore, il n’y avait rien pour ceux qui étaient intéressés par l’animation, se souvient le créateur de Nobo. Aujourd’hui, les jeunes ont la chance d’avoir accès à d’excellentes ressources éducatives, et je souhaite qu’ils en profitent au maximum. »
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DOSSIER
LES FILMS TAIWANAIS SONT REMARQUÉS À L’ÉTRANGER
De janvier à septembre, les films taiwanais ont été l’objet de 120 sélections ou distinctions lors de festivals étrangers. Parmi les œuvres récompensées, La saveur de la pastèque du réalisateur Tsai Ming-liang qui a obtenu l’Ours d’argent pour sa contribution artistique extraordinaire, le prix Alfred Bauer et encore le prix Fipresci, à Berlin. Tsai Ming-liang a également été récompensé au festival des Trois continents à Nantes fin novembre. Holyday Dreaming, de Hsu Fu-chun, a remporté le prix du Grand Lotus et s’est vu décerner la palme internationale de la critique dans le cadre du festival du Film américain de Deauville. Splendid Float, de Chou Mei-ling, a gagné le prix des Spectateurs au festival du Film indépendant asiatique, en Corée du Sud. Le court-métrage Respire de Widing Ho été lauréat du prix Kodak Discovery et du Prix TV5 de la jeune critique au Festival de Cannes. Lin Chien-ping a été récompensé pour son court-métrage Small Station du Lion d’or Citroën au festival du Film de Venise. Three Times, de Hou Hsiao-hsien s’est vu décerner le 2e prix Akira Kurosawa au festival international du Film de Tokyo, le 29 octobre.
L’industrie de l’audiovisuel à Taiwan Cinéma Producteurs : 545 Distributeurs : 1 255 Complexes de projection : 180 (693 salles) Radio et télévision Stations de radio : 172 Chaînes hertziennes : 5 (4 à vocation commerciale, une publique) Fournisseurs de programmes radio et télé par satellite : 123 (50 entreprises insulaires avec 80 canaux et 18 entreprises étrangères avec 43 canaux) Fournisseurs d’accès radio et télé par satellite : 8 (5 insulaires, 3 étrangers) Opérateurs de chaînes câblées : 63 Opérateurs de chaînes câblées sur ligne fixe : 1 Producteurs de programmes pour la radio et la télé : 6 302 Source : GIO
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其实人在小时候就已经养成看待世俗的眼光,只是你并不自知。(侯孝贤)
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