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Les communautés virtuelles, nouvelles prescriptrices d'achats LEMONDE.FR | 30.10.06 | 18h50 • Mis à jour le 30.10.06 | 19h42
My Space regrouperait 51 millions d'utilisateurs. Les gros challengers du Web communautaire comme Classmates, YouTube ou Facebook compteraient plus de 10 millions d'adeptes chacun, selon une étude de Sopra Group sur les enjeux marketing de l'Internet communautaire. "Sur les vingt et un premiers sites communautaires américains, 81 % affichaient en mai 2006 plus d'un million de visiteurs uniques, et plus d'un tiers plus de 5 millions", poursuivent les auteurs du rapport.
Cliquez ici ! Face au déferlement des sites communautaires, devenus phénomènes de masse, les entreprises"s'interrogent légitimement quant à leur impact sur leurs pratiques marketing et commerciale", note Manuel Da Rocha, associé chez Sopra Group.
Un intérêt d'autant plus fort que la pérennité de ces nouveaux réseaux sociaux ne semble pas pouvoir être remise en cause. La convergence des moyens d'accès à Internet vers le mobile, conjuguée à l'accès à l'âge adulte d'une génération qui a grandi au côté du réseau des réseaux, forment un terreau favorable.
"COMPRENDRE CES MÉCANISMES"
Le problème pour les entreprises est de savoir décrypter leur fonctionnement pour mieux s'en servir. "Comprendre ces mécanismes et les intégrer dans l'action marketing et commercial, souligne le rapport, sera probablement la clé pour asseoir le développement des entreprises opérant sur les marchés de grande consommation."
Reste que chaque communauté a un mode de fonctionnement propre, avec des principes, des priorités qui ne sont pas forcément en adéquation avec une stratégie commerciale. "L'engagement dans l'univers des communautés en ligne n'est pas sans risque : en suscitant la participation des internautes, l'entreprise perd une partie de la maîtrise des messages véhiculés." "Les risques de rejet d'opérations décodées comme 'marketing' par une communauté peuvent être importants", souligne l'étude.
L'Internet communautaire façonnerait donc un nouveau consommateur. Un individu dont les sources d'informations suivraient moins le diktat des médias traditionnels et pour lequel les comportements d'achat seront soumis à de nouvelles influences. Les communautés virtuelles seraient de nouvelles prescriptrices d'achats. "Leur bonne intégration aux schémas marketing et commerciaux constitue un champ essentiel d'adaptation pour les entreprises opérant sur les marchés grand public", conclut le rapport.
Eric Nunès
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Nicolas du Rivau, analyste financier chez Euroland Finance, "Quinze milliards de dollars pour Facebook, c'est beaucoup trop cher", selon un analyste d'Euroland Finance LEMONDE.FR | 25.10.07 | 17h53 • Mis à jour le 25.10.07 | 18h02
Très courtisé depuis quelques mois, le site de socialisation Facebook a finalement choisi l'offre de Microsoft. Facebook est une plateforme qui permet aux internautes de dialoguer entre amis, s'échanger des photos ou des vidéos. Microsoft a annoncé mercredi 24 octobre avoir racheté 1,6 % des parts du site pour 240 millions de dollars (168 millions d'euros). Il valorise ainsi Facebook à 15 milliards de dollars.
Nicolas du Rivau, analyste financier chez Euroland Finance, juge cette valorisation trop élevée pour un site ayant aussi peu de recettes.
Microsoft vient de prendre des parts dans Facebook. En quoi est-il différent des autres sites de socialisation ? Pour quelles raisons des leaders de l'Internet comme Yahoo!, Google ou Microsoft s'intéressent-ils à ce genre de sites ?
Après trois ans d'existence, Facebook regroupe quelque cinquante millions d'acteurs actifs, et encore plus d'inactifs, partout dans le monde. C'est donc un média important : il est à l'heure actuelle l'un des premiers sites communautaires au monde. Microsoft, comme tous les autres, cherche clairement, à travers ces sites de socialisation, à capter une audience internationale dans le but de la monétiser et d'attirer des contrats publicitaires importants. Le problème, c'est que la commercialisation débute juste sur ce genre de site. Les personnes présentes ne le sont pas pour acheter quoi que ce soit, mais pour échanger des photos et "chater" entre amis.
Microsoft a valorisé Facebook à 15 milliards de dollars, alors que son chiffre d'affaires est de moins de 150 millions de dollars. Cela vous paraît-il raisonnable ?
Pas du tout. Quinze milliards de dollars, c'est beaucoup trop cher. Si on compare ne serait-ce qu'avec Yahoo!, on se rend compte que cette valorisation est démesurée. Yahoo!, qui est tout de même l'un des leaders de l'Internet, est valorisé à 27 milliards de dollars, mais il enregistre un chiffre d'affaires entre 3 et 3,5 milliards. Pour justifier cette valorisation, il faudrait que Facebook fasse 2 milliards de dollars de recettes publicitaires, ce qui n'est pas le cas. L'impact publicitaire sur un site communautaire n'est pas le même que sur un guide shopping. On peut comparer ce rachat à celui de Fotolog par Hi-Media : la valorisation avait été de 4 dollars par visiteur unique [Hi-Media, au début du mois, a payé 65,8 millions d'euros pour 100 % des actions de Fotolog]. Dans le cas de Facebook, on est à 300 dollars... c'est pratiquement cent fois plus cher.
Autre signal qui me fait dire que cette valorisation est beaucoup trop importante : le retrait de Google de la course. Il a préféré laisser un des cinq leaders mondiaux mettre la main dessus. C'était bien trop cher à ses yeux. Enfin, dernière raison, ce site est à la mode maintenant, en deux ans il est devenu incontournable pour chater et échanger des vidéos. Mais il peut retomber très vite dans l'anonymat. Il suffit pour cela que demain un autre site soit créé et qu'il soit plus pratique et plus convivial. Peut-on parler d'une "bulle Web 2.0" ?
On ne peut pas dire cela. Le rachat de Facebook est une opération à part entière. C'est un leader en terme d'audience. Peut-être, en effet, que les géants de l'Internet ont créé une micro bulle, mais toute acquisition n'est pas aussi chère. Ce qui est normal, le Web 2.0 n'est pas un marché mûr. Il doit encore faire ses preuves en terme de rentabilité contrairement au e-commerce, par exemple. Ici, c'est l'audience qui a été achetée. Mais pour ce qui est de l'avenir, on ne sait pas.
Propos recueillis par Julie Schneider
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Facebook a un "nouvel ami" : Microsoft LE MONDE | 25.10.07 | 09h25 • Mis à jour le 25.10.07 | 13h24
Le géant américain du logiciel, Microsoft, a annoncé mercredi 24 octobre qu'il investirait 240 millions de dollars (168 millions d'euros) dans le site Internet Facebook. Ce placement devrait lui conférer 1,6 % du capital, valorisant le site à 15 milliards de dollars, soit cent fois son chiffre d'affaires (de moins de 150 millions).
L'investissement de Microsoft renforcera une "alliance stratégique" entre les deux sociétés dans le domaine publicitaire. Le groupe de logiciels deviendra le partenaire exclusif de Facebook.
Selon le quotidien américain Wall Street Journal, qui avait révélé il y a un mois l'existence de pourparlers entre les deux sociétés, Facebook avait besoin d'argent frais pour réaliser des acquisitions, renforcer son système informatique et recruter du personnel.
Le site était très courtisé. L'an dernier, il avait refusé une offre de rachat de Yahoo! et de Microsoft. Le moteur de recherche Google était aussi intéressé par ce dossier. Mais Sergei Brin, l'un des deux cofondateurs de Google, a estimé mercredi soir que son groupe "n'était pas dans l'urgence de posséder tout ce qui marchait bien sur Internet".
Le montant de cette transaction illustre l'appétit des acteurs Internet pour les sites de "socialisation". Ces réseaux permettent de créer des liens entre les internautes en construisant des communautés virtuelles par centres d'intérêt. Mi-2005, MySpace a été racheté par News Corp. pour 580 millions de dollars. Fin 2006, Google s'est emparé du site de clips vidéos YouTube pour 1,65 milliard de dollars.
Mais, dans le domaine, Facebook est celui qui fait le plus parler de lui. Créé en 2004 par un étudiant d'Harvard, Mark Zuckerberg, il est devenu le réseau social le plus populaire chez les diplômés des grandes écoles américaines.
Selon l'institut comScore, Facebook était en septembre le 6e site Internet le plus visité au monde avec 73,5 millions de visiteurs uniques. Or l'audience est à la base du modèle économique des sociétés Internet qui se rémunèrent essentiellement par la vente d'espaces publicitaires.
Claire Gatinois
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Pour contrer Facebook, Google joue l’ouverture L’alliance OpenSocial vise à proposer un standard commun de création d’applications pour les réseaux sociaux. par Sébastien Delahaye vendredi 2 novembre 2007 http://www.ecrans.fr/Pour-contrer-Facebook...-joue,2490.htmltags : site, économie, réseau social, google, myspace, facebook (IMG: http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH308/arton2490-2a377.jpg) Le logo d’OpenSocial. DR Une semaine après l’annonce d’une prise de participation de Microsoft dans Facebook, Google contre-attaque. Le géant du net a annoncé la création d’une alliance, nommée OpenSocial, qui rassemble la plupart des grands réseaux sociaux... à l’exception de Facebook. But d’OpenSocial : fournir une plate-forme de développement unique pour la création de logiciels (partage de photos ou de vidéos, petits jeux inutiles...) à destination des sites communautaires. Une grande partie du succès grandissant de Facebook, qui attire aujourd’hui environ 50 millions d’utilisateurs réguliers, tient en effet aux applications développées par des éditeurs tiers. Mais ces petits logiciels, qui s’intègrent à la page personnelle de l’internaute sur Facebook, et que l’on peut ensuite partager, devaient jusqu’à présent être recréés pour chaque site différent. Les développeurs avaient donc tendance à ne créer leur logiciel que pour les plus gros réseaux (Facebook, Myspace...) au détriment des autres. OpenSocial devrait simplifier le problème. Les logiciels créés avec la plate-forme de développement d’OpenSocial seront compatibles avec un grand nombre de réseaux sociaux, dont la plupart des plus gros : Myspace, Bebo, Orkut (qui appartient à Google), Linkedin, Ning ou encore Six Apart (LiveJournal et les blogs TypePad) font partie des membres de l’alliance. Et, petite trahison, les développeurs des applications les plus utilisées de Facebook (Slide, Ilike, Netvibes, RockYou, Imeem, ...) ont également signé dans l’initiative de Google. Ce qui ne signifie pas qu’ils abandonnent Facebook. D’autant que ce dernier serait, selon TechCrunch, également en négociations pour entrer dans OpenSocial. Pour Facebook, dont le site est volontairement très fermé, cette ouverture, un peu contrainte et forcée sous la pression de la concurrence, serait un gros changement. Si Google a réussi à fédérer autant d’acteurs avec son initiative, c’est que la croissance de Facebook inquiète ses concurrents. Mais Google a aussi joué finement, en proposant une plate-forme ouverte basée sur des standards existants, et en ne tentant pas d’imposer son propre réseau social. Surtout, OpenSocial se concentre sur les applications, soit l’une des fonctionnalités attirant les utilisateurs. L’alliance n’a pour l’instant pas pour objet de permettre une interopérabilité réelle entre les différents réseaux sociaux, qui permettrait à l’internaute d’avoir un seul compte pour tous ces sites. Car si la perpective serait intéressante pour l’internaute, elle l’est nettement moins pour les sites communautaires, dont la base d’utilisateurs inscrits constitue la principale richesse. Pour l’utilisateur lambda, l’existence d’OpenSocial ne devrait donc pas changer grand chose.
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Petits clics entre ennemis intimes sur Hatebook LE MONDE | 03.11.07 | 20h09 • Mis à jour le 04.11.07 | 12h59
Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. De ce postulat est né Hatebook, copie inversée de Facebook, la vedette automnale du Web. Facebook est un système de socialisation sur lequel chacun est invité à s'inscrire dans le réseau social de son voisin. Le principe parie sur l'envie des internautes d'échanger et de partager leurs goûts, leurs amis, voire leurs réseaux professionnels. Selon l'institut comScore, Facebook compte 73,5 millions de visiteurs uniques. Un succès qui lui a valu une prise de participation de Microsoft d'un montant de 240 millions de dollars et un pendant parodique.
L'interface de Hatebook ressemble à s'y méprendre à celle de son aîné, seule change la couleur : rouge à la place du bleu. Ici, tout est pensé pour se fâcher. Dès la phase d'inscription, le visiteur de passage se voit conseiller de mentir en remplissant le formulaire "pour tromper l'ennemi".
"Tocard", "emmerdeur",... sont des adjectifs laissés aux choix de l'arrivant pour se décrire. Reste à remplir, ou pas, plusieurs formulaires afin de se trouver des atomes crochus avec les autres utilisateurs. Sur Hatebook, on ne signale pas l'auteur ou l'oeuvre que l'on aime, mais celui ou celle que l'on déteste. On n'interpelle pas le nouvel arrivant d'un "Bienvenue" poli, on débine : "Avec ta tronche, c'est Halloween tous les soirs", reçoit en guise d'accueil un "néo-Hatebookien".
PARTAGE DES MÊMES DÉGOÛTS
La haine se cultive mieux en groupe. Chaque utilisateur a la possibilité d'intégrer un clan avec lequel il partage les mêmes dégoûts. Il est possible de joindre, en deux clics, le clan de ceux qui ne supportent pas la Xbox de Microsoft, celui de ceux qui vouent Facebook aux gémonies... Plus limite : on peut également rejoindre le clan de ceux qui détestent les Mexicains ou de ceux qui détestent les Blancs.
Enfin, chaque utilisateur est invité à participer à un concours où l'objectif est d'amasser un maximum de "points de haine". Le vainqueur est celui qui rallie à la communauté le plus d'utilisateurs, pour le seul bénéfice du manageur de la communauté, un certain "Dr Evil".
A l'heure où nous écrivons ces lignes, un certain Nicolas Sarkozy, "Lord of France", compte sur ce réseau d'un nouveau genre vingt-deux ennemis déclarés. Un joli score pour le Français, puisque l'interface de Hatebook est en anglais. Son homologue américain, George W. Bush, n'en compte que seize.
hatebook.org
Eric Nunès Article paru dans l'édition du 04.11.07
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Facebook, SMS, Messenger, Twitter... la mort de l'e-mail? Par Chad Lorenz (Slate.com) 11H43 15/11/2007
Et si le mail n'avait été qu'une étape entre le bon vieux courrier et les formes de communication du futur.
A Los Angeles en mars 2006 (Mario Anzuoni/Reuters)
En 2002, tout le monde dans ma famille s'était converti à l'Internet. Pour la génération technophobe des parents, ouvrir un compte e-mail représentait une concession vis-à-vis de nous, les plus jeunes: si les enfants n'appellent pas, pensaient-ils, nous pourrons les joindre grâce à l'ordinateur.
Chacun était particulièrement disposé à envoyer des messages à ma nièce, une enfant peu bavarde au téléphone mais toujours scotchée à son PC. Mais pendant que les autres se racontaient leur vie en s'échangeant des e-mails, elle se faisait rarement entendre. J'ai finalement compris ce qui se passait: elle était trop occupée à envoyer des messages instantanés pour s'occuper du courrier électronique. Je me suis alors rendu compte que mon agilité avec l'e-mail ne faisait plus de moi un champion des nouvelles technologies, mais un vieux papi dépassé.
Ceux qui ont plus de 25 ans ne peuvent imaginer une vie sans e-mail. Pour la génération Facebook, il est difficile d'imaginer une vie limitée à l'e-mail, et encore plus une vie avant cet outil. Je me rappelle encore ce moment de fierté, en 1996, quand j'ai envoyé mon premier courrier électronique depuis un ordinateur de mon université. C'était comme envoyer une carte postale depuis le futur. Rien ne pouvait être plus rapide et plus facile que le courrier électronique.
Dix ans plus tard, l'e-mail est devenu obsolète. Selon une étude de Pew en 2005, près de la moitié des adolescents utilisant le Web préfèrent tchatter avec leurs amis. L'an passé, comScore observait que leur usage de l'e-mail avait baissé de 8%, tandis qu'il avait augmenté de 6% pour l'ensemble des utilisateurs. Tandis que les téléphones portables et les sites comme Twitter ou Facebook se popularisent, nos vieux comptes Yahoo ou Hotmail sommeillent.
L'e-mail n'est pas parfait
Comment avons-nous atteint ce point? Il n'y a pas si longtemps, les réseaux d'e-mails formaient l'armature de l'Internet. En quelques années à peine, le courrier électronique a modifié considérablement notre manière de communiquer avec nos amis, nos proches et nos collègues. Composer des messages devant son ordinateur est devenu un rituel quotidien, le principal moyen par lequel des centaines de millions de personnes restent en contact.
Vous pourriez attribuer le déclin de l'e-mail à une lubie de nos enfants. Vous n'êtes pas cool si vous n'êtes pas sur Facebook ou MySpace, et tout le monde veut le dernier téléphone portable clinquant. Je me suis cependant résolu à l'idée que le succès de tous ces autres outils vient du fait que l'e-mail n'est pas parfait. Les messages instantanés, les SMS, les blogs et les micro-blogs, les profils sur les sites de réseaux sociaux compensent les défauts de l'e-mail.
Mettons-nous à la place d'un adolescent. D'abord, vous ne pourriez pas envoyer un e-mail à 200 amis en disant: "C'est vendredi, je suis prêt à faire la fête!!!" Mais avec un "tweet" sur Twitter ou un nouveau statut sur Facebook, vous pouvez diffuser un tel message à tous vos proches. Besoin d'organiser votre soirée de vendredi? Ce serait idiot d'envoyer un e-mail et de vous tourner les pouces en attendant la réponse; il est plus rapide d'échanger des messages instantanés avec vos amis.
Si vous avez besoin de leur dire à quel point ils sont formidables de se joindre à vous, postez un message sur leurs pages Facebook ou MySpace pour que tout le monde puisse le voir.
L'e-mail est plus proche de la lettre que de la conversation
Tout cela est-il si surprenant? N'est-ce pas juste ce que les adolescents font habituellement: bavarder, palabrer, traînasser? Bien plus que l'e-mail, tous ces moyens de communication instantanée reproduisent les interactions habituelles des enfants dans la rue ou dans leur chambres. L'e-mail, en comparaison, peut sembler guindé et laborieux. Ecrire demande de la méthode et du temps, l'e-mail est plus proche de la lettre que de la conversation. Même son temps de diffusion, à peine quelques secondes, est considéré comme terriblement lent.
Ma nièce et d'autres adolescents à qui j'ai parlé (je veux dire via Facebook ou messagerie instantanée) m'ont dit qu'en moyenne, leurs téléphones portables recevaient 50 messages textes par jour. Ils racontent qu'ils envoient en même temps SMS et messages instantanés et sont sur IM (Messenger) ou Facebook dès le moment où ils rentrent de classe jusqu'à celui où ils éteignent la lumière. Quand tout le monde est en ligne, les enfants restent toujours en compagnie de leurs amis. Si vous n'êtes pas connectés en permanence, disent-ils, vous commencez à vous sentir à l'écart.
Le sentiment de perte que je ressens quant au déclin de l'e-mail a moins à voir avec la manière de communiquer qu'avec ce que nous communiquons. Le moyen par lequel nous envoyons un message influe sur son contenu. Si l'essor du BlackBerry prouve que l'e-mail peut servir à des messages rapides, ce medium semble mieux adapté à des pensées plus élaborées. Au contraire du message instantané, le courrier électronique offre l'espace nécessaire pour réfléchir à ce qu'on écrit et exprimer des nuances.
Une boîte e-mail bien tenue ressemble à une sorte de journal enregistrant vos curiosités, obsessions, introspections, excuses, conversations intimes. Les messages instantanés, au contraire, sont comme des notes sur des Post-it, utiles pour quelques minutes mais ne valant pas la peine d'être gardées. Les messages instantanés sont jetables, l'e-mail est sentimental. J'ai gardé les premiers e-mails de flirt échangés avec ma femme à l'université. J'ai des e-mails de mes parents que j'envisage un jour de montrer à mes enfants.
Première et deuxième générations d'internautes
Il existe maintenant un écart entre la première et la deuxième génération d'internautes. Les universités se rendent compte que les étudiants ignorent les annonces reçues par e-mail. Les messages des grands-parents ne sont pas lus. Et peu importe ce qui domine dans les campus, c'est toujours l'e-mail qui fait la loi dans le monde du travail. Les jeunes diplômés seront forcés de faire du courrier électronique (et non de Facebook) leur première connexion à chaque journée de travail. Pour certains, il est fastidieux de s'habituer à la prose professionnelle de l'e-mail.
La solution est-elle d'intimider ces petits rebelles et de les remettre dans le droit chemin en les obligeant à lire et écrire des e-mails? Bonne chance. Il est plus problable que les plus vieux, comme souvent, doivent s'adapter aux nouvelles pratiques. Les universités se mettent déjà dans le bain et créent des pages Facebook et MySpace pour garder le contact avec les étudiants.
Depuis que Facebook a ouvert ses portes aux plus âgés cette année, les parents viennent et s'établissent de manière à maintenir leurs enfants à vue. Je suis moi-même devenu un fan de Facebook et la plupart de mes amis rejoignent l'Eglise. Il n'y a pas de meilleur moyen de suivre les activités, importantes et triviales, de ses amis que d'écumer les fils d'information de Facebook.
Gmail mixe élégamment messagerie instantanée et e-mail
Il peut sembler malheureux qu'au moment où les personnes âgées s'approprient l'e-mail, de nouvelles technologies rendent leurs nouvelles habitudes déjà archaïques. Mais la transition au-delà de l'e-mail sera sans doute moins douloureuse que celle vers l'e-mail. Sa popularité va diminuer, mais il est peu probable qu'il disparaisse complètement. Nous aurons toujours besoin d'un moyen pour envoyer des longs messages.
En outre, nous disposons déjà des technologies permettant de communiquer en utilisant ces différents canaux. Gmail mixe élégamment messagerie instantanée et e-mail, permettant de tchatter et de conserver ces conversations à côté des courriers électroniques. Vous pouvez maintenant recevoir des messages instantanés, des e-mails et des messages Facebook sur les nouveaux téléphones portables. Il n'est pas difficile d'imaginer un centre de commande où, sur un seul écran, vous serez capable de choisir entre envoyer un e-mail, un message instantané, une note de blog, actualiser votre statut, envoyer tout cela à la fois et avoir tous ces bouts de texte archivés. Lorsque cela arrivera, les nostalgiques de l'e-mail comme moi ne seront plus obligés de se sentir comme des dinosaures.
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La vie privée sacrifiée sur l’autel des réseaux sociaux par Vincent Dufief http://www.ecrans.frLibération A l’heure où Facebook annonce son arsenal de ciblage publicitaire Facebook Ads, Vincent Dufief, avocat au Barreau de Paris spécialisé en droit pénal des nouvelles technologies et en droit de la vie privée, pose un œil critique sur les risques de ces sites de réseau social pour les droits des personnes. Les sites de socialisation, Facebook en tête, connaissent aujourd’hui un succès extraordinaire, surtout auprès des jeunes entre 14 et 35 ans. Si les raisons de cet engouement sont nombreuses, les risques existent aussi, non seulement aujourd’hui mais aussi pour demain... Si Internet a toujours menacé la vie privée des personnes, le développement des sites de socialisation donne une nouvelle dimension à ce risque, en encourageant les utilisateurs à sacrifier eux-mêmes leur propre vie privée. En effet, le principe de ces sites de socialisation est d’inciter leurs utilisateurs à révéler le maximum d’éléments de leur intimité, de préférence au plus grand nombre de personnes. Sur ces sites, il est effectivement nécessaire de dévoiler un peu de sa vie privée si l’on veut accéder à celle des autres et le système fait qu’il est aussi très délicat de refuser les sollicitations... Même si aucune loi n’interdit de divulguer sa propre vie privée, il n’en demeure pas moins qu’une telle révélation est forcément risquée dans la mesure où nul n’en connaît réellement les limites, ni dans l’espace ni dans le temps. Qui sait en effet si cette information ne pourra pas être consultée par d’autres personnes que celles auxquelles on a cru en limiter l’accès et rester accessible sur Internet pour une durée illimitée ? Plus grave : cette divulgation volontaire ouvre nécessairement la porte à nombre de comportements malveillants de la part de tiers, qu’ils soient négligents ou malintentionnés. Tout d’abord, il est malheureusement certain qu’offrir à une personne la possibilité de communiquer à l’ensemble de son entourage (familial, personnel, professionnel…) des photographies et des informations sur un tiers, crée un canal idéal pour relayer des atteintes à la vie privée et au droit à l’image, voire des diffamations. Tel est notamment le cas de la fonctionnalité qui permet de publier des photographies de ses amis sur sa fiche : cette publication peut manifestement constituer une atteinte au droit à l’image si la personne représentée n’a pas donné son accord. Surtout, la possibilité pour un utilisateur inscrit de diffuser la photographie d’une personne non-inscrite sur le site prive celle-ci de prendre connaissance de cette publication, pourtant publique, et d’en restreindre le cas échéant la diffusion. Par ailleurs, ces sites de socialisation sont un espace idéal pour des usurpations d’identité, commises à des fins d’escroqueries, de renseignement sur autrui ou encore tout simplement pour nuire à quelqu’un en se faisant passer pour lui et en le présentant de façon peu aimable... Au delà de ces risques immédiats, la divulgation de la vie privée de millions de personnes — notamment d’enfants et d’adolescents — présente indéniablement un danger à long terme. Le risque le plus sérieux est probablement la mise en place, à l’insu de tous ou presque, d’un véritable fichier de la population, dont nul n’est aujourd’hui capable de prévoir les utilisations futures et les risques évidents de détournement, quels qu’ils soient. Le développement de ces sites conduit aussi à évoquer un danger aussi préoccupant, dont les conséquences ne pourraient apparaître que plus tard, qui est de faire perdre à une génération entière le réflexe de protéger sa vie privée et ses données personnelles. En effet, les plus jeunes utilisateurs trouvent totalement naturel de restreindre volontairement la sphère de leur intimité en communiquant, souvent pour s’amuser, des informations éminemment personnelles. C’est ainsi que des millions d’utilisateurs diffusent volontairement sur Internet leurs opinions politiques, la liste de tout leur entourage ou encore leurs croyances religieuses. Une telle évolution des mentalités semble une réelle menace pour la sauvegarde d’une liberté fondamentale : le droit à la vie privée. Face à ce phénomène, il semble avant tout nécessaire de sensibiliser les jeunes utilisateurs à l’importance de la protection de leur vie privée, au moyen d’actions pédagogiques tant dans les établissements d’enseignement que sur internet. A côté de cette approche pédagogique, la réponse juridique ne doit pas non plus être négligée ; or, force est de constater qu’à l’heure actuelle le droit n’apparaît pas du tout adapté aux risques particuliers que présentent ces sites. Il est clair que le plus grand nombre n’offre pas de garanties suffisantes aux utilisateurs ; il est notamment inquiétant de constater que la plupart d’entre eux s’ouvrent aux annonceurs et dégagent leur responsabilité quant à l’utilisation qui peut être faite des informations échangées... De surcroît, la complexité et l’absence fréquente de traduction française des conditions d’utilisation et des rubriques « privacy » ne permettent pas aux utilisateurs – surtout aux plus jeunes - de mesurer les conséquences de l’utilisation et de la communication de données personnelles sur ces sites. On peut aussi légitimement s’interroger sur la déclaration des fichiers constitués à partir de ces sites, comprenant nombre de données sensibles, et sur l’étendue du contrôle des autorités compétentes. Enfin, concernant les éventuels dommages qui peuvent être provoqués aux personnes par ces sites, les actions judiciaires individuelles apparaissent à l’heure actuelle pour le moins inadaptées et compliquées à mettre en œuvre. Déjà, de par l’incertitude du statut juridique des sites communautaires, entre éditeur et hébergeur, il est délicat de savoir quel régime leur appliquer et quelle procédure intenter en cas de contentieux. De plus, il est évident que les procédures judiciaires classiques en matière de vie privée et de droit à l’image sont, de par leur lourdeur, leur coût et leur complexité, plutôt destinées aux célébrités qu’aux victimes anonymes de ces sites internet, surtout s’il s’agit d’enfants ou d’adolescents. Prenons par exemple le cas d’un enfant de quatorze ans dont des photographies humiliantes sont publiés sur Facebook par ses camarades de classe : ira-t-il vraiment intenter une procédure de référé devant le Tribunal de Grande Instance pour obtenir le retrait de ces images ? Dans la mesure où les victimes de telles atteintes sur ces sites risquent d’être de plus en plus nombreuses et que les conséquences pour elles peuvent être réellement graves, il semblerait nécessaire de leur proposer des procédures simples et rapides, adaptées à leur situation ; il pourrait notamment s’agir de procédures simplifiées, privilégiant le retrait rapide des contenus plutôt que la dimension punitive ou réparatrice. En attendant, les victimes ne souhaitant pas aller en justice peuvent toujours recourir aux dispositifs « report d’abus » proposés sur ces sites, ou procéder à des notifications officielles si les conditions sont réunies. En tout état de cause, il est fondamental qu’elles conservent une preuve des atteintes constatées, pour se garder ouverte la voie d’une éventuelle action judiciaire, qui demeure toujours préférable. (IMG: http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH317/arton2606-3e1e8.jpg) http://www.ecrans.fr/La-vie-privee-sacrifiee-sur-l,2606.html
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Etre ou ne pas être... soi-même sur Facebook LE MONDE | 11.12.07 | 16h31 • Mis à jour le 11.12.07 | 16h31 BORDEAUX CORRESPONDANTE
C'est une histoire facétieuse qui pose de vraies questions sur l'utilisation et les limites d'Internet et en particulier du Web 2.0. Sur le site communautaire Facebook, un Bordelais trentenaire s'est glissé dans la peau de deux candidats à l'élection municipale de Bordeaux : Alain Juppé, l'actuel maire UMP de la ville, et Alain Rousset, président du conseil régional d'Aquitaine et challenger socialiste.
Le 11 novembre, il décide de créer leur profil sur ce réseau social à la mode. Il va chercher leurs photos sur Google, trouve un courriel bidon, ajoute quelques phrases. "Je n'ai répondu à aucune question, juste accepté les demandes de mise en contact", affirme le faussaire, un spécialiste des technologies de l'information et de la communication (TIC) qui souhaite conserver l'anonymat pour des questions juridiques et pour éviter toute pression.
"Je souhaitais juste profiter de ces têtes d'affiche pour sensibiliser les médias, les politiques et le grand public sur les risques de manipulation d'Internet. Il faut toujours rester vigilant sur l'émetteur et les informations trouvées, en particulier sur les sites communautaires", martèle le jeune homme.
"PAS DES JOUJOUX"
Du côté d'Alain Juppé, on n'y a vu que du feu. Pendant trois semaines, 150 contacts sont arrivés sur son faux journal, dont la moitié ont laissé des messages, parfois venant de proches, "tous positifs sauf un", selon l'agitateur. Le profil d'Alain Juppé a été fermé mardi 4 décembre, après que son cabinet a reçu la veille par courriel les codes d'accès à cette page par un certain Burd Gala, et que la presse locale, alertée par un mail signé du même pseudonyme, s'intéresse au sujet.
L'entourage du maire réfléchissait déjà "à une nouvelle étape en 2008" dans l'utilisation des technologies de l'information pour les municipales. Il devrait y ajouter un compte Facebook, sans date précise. "Ces espaces virtuels de dialogue ne sont pas des joujoux, reconnaît Charles-Marie Boret, directeur de la communication de la Ville de Bordeaux. Ce sont des niches de communication où des centaines de personnes se retrouvent, alors qu'elles n'iront jamais à un meeting."
L'équipe d'Alain Rousset, déjà en campagne, a, elle, vite détecté la supercherie. En trois jours, à la demande de la cellule de veille Internet du candidat, Facebook retirait son faux profil. A la place, un autre, géré par l'entourage du candidat, disposant déjà de plus de 160 "amis".
"Facebook a un double intérêt : être là où le milieu branché nous attend, et découvrir des réseaux sociaux qu'on n'imaginait pas, estime Matthieu Rouveyre, le responsable Internet de la campagne d'Alain Rousset. Après les blogs, ça va créer une nouvelle étape dans la communication politique."
Claudia Courtois Article paru dans l'édition du 12.12.07
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Attention, les journalistes rôdent sur les réseaux sociaux Par Guillemette Faure (Rue89) 17H15 20/12/2007
Sur le site Copains d’avant, j’ai récemment reçu un message d’une journaliste. Elle cherchait des informations sur l’enfance d’un camarade de collège, écroué lors d'une enquête sur un fait divers. Dans cet e-mail, elle me révélait l'identité de cette personne, qui n'avait alors pas été rendue publique.
Puis elle me demandait de parler de lui, "pour en faire un portrait le plus fidèle possible, loin des accusations rapides et parfois mensongères qui ont été faites à son encontre".
Sur Facebook, la fille de Rudy Giuliani soutient Barack Obama
Aux Etats-Unis, l’exploitation des réseaux sociaux par les médias dans leurs enquêtes a déjà fait l’objet de controverses. Après le massacre de Virginia Tech, des reporters allaient sur les pages Facebook ou MySpace des étudiants tués pour pouvoir les décrire dans leurs papiers, voire contacter leurs amis et les faire parler des défunts.
Quelques jours plus tard, au foyer du campus, un panneau invitait les journalistes à rentrer chez eux.
C’est aussi grâce à une promenade sur Facebook que le site d’information Slate a pu révéler que Caroline Giuliani, 17 ans, la fille de Rudy, candidat en tête des sondages pour l'investiture républicaine aux prochaines élections présidentielles, appartenait à un groupe Facebook de soutien à Barack Obama, prétendant démocrate.
"Nous encourageons les journalistes à demander la permission des utilisateurs"
Ces démarches, de plus en plus fréquentes, posent des questions: les sites de réseau sociaux (Copains d’avant, Facebook, Friendster…) sont-ils des espaces privés ou publics? Les conditions d’utilisation de Facebook spécifient que le site "est exclusivement réservé à une utilisation personnelle et non commerciale".
Est-ce le cas d’un journaliste qui se promènerait avec une épuisette sur le site? Brandee Barker, responsable de la communication de Facebook, répond:
"Pour protéger la vie privée des utilisateurs, nous encourageons fortement tous les journalistes à demander la permission des utilisateurs avant d’utiliser des informations tirées de profils de Facebook."
"Des dérapages peuvent toujours arriver, cependant nous essayons de les contrôler autant que possible”, nous a répondu Julien Barras, directeur associé à Benchmark, l'entreprise qui gère Copains d’avant. Contactée, la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), dit simplement qu'il faut “rappeler aux personnes sur ces sites que l’ensemble de ces informations sont accessibles à tous” et que “à partir du moment où vous êtes sur Facebook, vous acceptez leurs conditions d’utilisation”.
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Quand les entreprises recrutent sur Facebook Par Beatriz Garcia (Journaliste) 19H08 17/01/2008 (De Madrid) En principe, les réseaux sociaux tels que Facebook ou Myspace s'utilisent pour rester en contact avec ses amis, faire de nouvelles connaissances, espionner les "Wall" ou copier ce que les autres ajoutent à leur profil. Facebook, par exemple, fut créé par un étudiant de Harvard afin de garder des contacts et élargir son cercle d'amis au sein de son université. Facebook compte aujourd'hui 50 millions d'utilisateurs dans le monde. Un nombre qui pourrait doubler en une année. Conséquence: départements de ressources humaines et "chasseurs de tête" sont plus attentifs aux profils de leurs éventuelles recrues. En jetant un coup d'oeil à un profil Facebook, vous pouvez en effet savoir quel style de vie mène l'intéressé, quelles sont ses préférences sexuelles, ses habitudes, ses goûts, sa religion, son idéologie... Autant d'informations très utiles au moment de recruter un employé, mais assez incommode à demander lors d'un entretien d'embauche. Aller chercher directement ses recrues sur les réseaux Les réseaux sociaux et professionnels ont tellement d'influence dans les signatures de contrats que certaines entreprises ne publient quasiment plus d'annonces. Elsa Izquierdo est consultante online de Boyden, une entreprise de "Headhunters" (Chasseurs de tête): "Nous contactons directement les personnes sur les réseaux tels que Neurona, Xing ou Facebook. Cela nous est bien plus utile que de lancer une annonce sur Infojobs. Je dirais que dans 90% des cas, nous repérons les personnes en ligne. Nous regardons leurs profils professionnels et personnels, nous visitons les blogs et cela nous permet de savoir assez clairement si une personne nous intéresse." Izquierdo conseille donc d'être plus prudent avec l'information que l'on met sur son profil: "Il est important de bien choisir le réseau sur lequel tu vas t'inscrire, de t'interroger sur ce que tu souhaites en retirer, comment tu vas l'utiliser, comment l'utiliseront les autres et, surtout, d'être prudent avec les informations personnelles que tu donnes, bien compléter ton profil professionnel et filtrer les contacts que tu vas accepter." Pour Puri Marroquin, directeur général de Quorum recruitment team, l'atout majeur de cette forme de recrutement est qu'elle permet d'obtenir des informations disctinctes de celles que l'on peut obtenir par d'autres canaux: "Grâce à ces réseaux, vous pouvez contacter des gens qui ne vous auraient jamais envoyé un C.V., parce qu'ils ont déjà un emploi ou bien tout simplement parce qu'ils n'ont jamais pris connaissance de votre existence. En ce moment, nous essayons d'employer un architecte américain que nous avons rencontré grâce à un de ces réseaux. [...] Certains des plus talentueux employés que nous avons embauchés l'ont été après que nous ayons lu leurs blogs techniques, où ils démontraient avoir les qualités que nous recherchions" Voici une liste des réseaux professionels et sociaux les plus utilisés par les entreprises pour débusquer de nouveaux talents: Nuerona (site espagnol), Xing, Linkedin, Facebook A Cambridge aussi, on analyse les profils Selon le journal anglais The Guardian, un des responsables des admissions à l'Université de Cambridge confessait qu'il regardait les profils Facebook des élèves qui sollicitaient une place à l'université. Aussi bien Cambridge qu'Oxford se définissent comme des universités qui admettent seulement les étudiants munis de très bons dossiers, avec d'excellentes aptitudes et qui donnent des raisons convaincantes de jouir du privilège d'étudier au sein d'un de ces campus. Mais la curiosité d'en savoir davantage sur leurs futurs étudiants semble en avoir piqué plus d'un. La communauté estudiantine s'est déclarée outrée et a considéré comme une intrusion et une injustice le fait de tenir compte des informations disponibles sur les réseaux sociaux pour pratiquer une discrimination lors des admissions. Traduction: Patrick Fraisse http://www.rue89.com/2008/01/17/quand-les-...nt-sur-facebook
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Ame sœur, cœur Net Rencontres. Des sites pour les chrétiens victimes du célibat. CHLOÉ ANDRIES QUOTIDIEN : samedi 26 janvier 2008 Qu’on se le dise, sur Internet les chrétiens ne draguent pas comme tout le monde. Pendant que le commun des mortels s’esquinte à chasser le célibataire sur Meetic, un petit nombre de croyants - à la louche 15 000 en France - flirtent désormais sur les sites communautaires. Des espaces réservés aux cathos, à la limite aux chrétiens, mais pas plus. Sur les trois dernières années, une quinzaine de ces sites de rencontres ont envahi le marché français. Les agences matrimoniales spécial catho, comme Saint-Raphaël, ont vite flairé l’embrouille et ramené illico leurs miches sur le Net (1). Et, dans cette guerre des cœurs priants, un seul objectif : faire dans le sérieux, le moral, le fidèle. Car pour le chrétien assidu aux sites communautaires, plus question d’aller traîner sur ce «baisodrome» qu’est devenu Meetic, il lui faut du solide. Mariage. Christelle, 40 ans, catholique pratiquante, est célibataire depuis cinq ans. A priori, la quadragénaire n’avait rien contre Meetic. Elle y était même inscrite. «Dès que je me suis rendu compte de la frivolité des échanges, j’ai fui.» Par pudeur, elle préfère ne pas détailler. Là voilà sur Theotokos, site réservé aux chrétiens, où elle a déposé son annonce : «J’ai un profond désir de me marier et de vivre une vie de famille fondée sur le respect et l’attention à l’autre.» Un peu plus loin : «Je suis catholique pratiquante, la vie de prière est très importante pour moi.» Quant au profil de l’homme recherché : «catholique pratiquant». C’est clair : Christelle n’est pas là pour dragouiller. Et puis il convient d’ajouter un détail important : la célibataire suit à la lettre la morale sexuelle de l’Eglise. Elle n’envisage donc aucune relation sexuelle avant le mariage. «Lorsqu’on se donne, il faut que ce soit de façon totale, par le sacrement du mariage. Mais aujourd’hui, plus personne ne partage cette vision des choses.» C’est d’ailleurs sur cet écueil que sa dernière grande histoire s’est brisée. «Il voulait qu’on habite ensemble sans être mariés. J’ai rompu.» Christelle a mis du temps à se reconstruire et ne veut plus vivre la même déception. «Au moins, sur un site où l’on est sûr de pouvoir rencontrer de belles âmes, ça rassure.» Selon Pascal Lardellier, sociologue qui étudie le phénomène des rencontres en ligne, cette tendance à l’endogamie sur le Net n’a rien de surprenant. Elle concerne d’ailleurs autant les les chrétiens que les juifs ou les musulmans. «Après le début des années 90, où Internet apparaissait comme un eldorado relationnel, un immense melting-pot, les utilisateurs ont rapidement déchanté, car les barrières sociales demeurent. Aux Etats-Unis, les espaces de rencontres se sont vite sectorisés, mais en France l’idéal républicain a freiné cette évolution. Reste que ces dernières années la sectorisation a pris de l’ampleur. Et les religions sont les premières concernées, puisqu’elles façonnent la conception de la relation amoureuse chez les croyants.» Selon le sociologue, les sites généralistes sont devenus «de formidables machines à créer des histoires d’amour, mais surtout des rencontres sans lendemain. Par opposition à cette légèreté, les sites chrétiens misent sur la rigueur morale.» Anne-Lise Lothelain, créatrice du site Theotokos, a intégré ce besoin de sérieux. Elle-même catholique, la jeune femme a décidé de lancer sa petite entreprise après avoir participé à une retraite pour célibataires organisée par des catholiques. Son constat : «Beaucoup d’entre nous vivent le célibat comme une blessure. Ils ne veulent pas d’une aventure d’un soir mais sont en quête de l’âme sœur, qui partagera leurs valeurs.» Sur la page d’accueil de Theotokos, une photo montre donc deux jeunes époux en plein échange d’alliances. On y trouve également des espaces de prière et dossiers sur des thèmes aussi frivoles que la «fidélité» ou «le don de soi». Chez Mariage chrétien, on y va même à coups de «plan antipirate» et de «charte chrétienne». Avant de s’inscrire, on apprend donc que, pour en être, il faut promettre de «croire sincèrement à l’existence d’un Dieu unique». Ou encore qu’il convient d’accorder «sa vie privée et publique avec l’enseignement contenu dans le Nouveau Testament», et surtout de «souhaiter rencontrer des personnes célibataires et de sexe opposé». Homosexuels et femmes adultères s’abstenir ! Cantique. Une fois inscrit sur l’un de ces sites, il ne reste plus qu’à chercher l’âme sœur. C’est ce que fait Agnès, 38 ans. Elle a même rédigé un message plus ou moins codé dans son annonce. «Je cherche mon bien-aimé, celui que mon cœur aime…» Vous n’y êtes pas ? Il s’agit d’une référence directe au Cantique des cantiques, reprise par Marie-Madeleine dans les Evangiles. Pour le reste, les outils sont plus ou moins les mêmes que sur un site généraliste. Mais tous les chrétiens ne se ressemblent pas. Jean, lui, est inscrit sur Meetic. «Sur mon profil, j’ai indiqué que j’étais catholique, point barre. Sinon, je cherche des filles qui me plaisent, mais la religion n’a jamais été un de mes critères. L’important quand même c’est plutôt la photo, non ?» (1) Theotokos.fr, Sanctusraphael.com, Mariage-chretien.com http://www.liberation.fr/actualite/societe/306255.FR.php© Libération
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Facebook bientôt disponible en espagnol, en français et en allemand LEMONDE.FR | 08.02.08 | 16h43 • Mis à jour le 08.02.08 | 16h57
D'abord uniquement destiné au public nord-américain, le réseau social Facebook essaie peu à peu d'acquérir une dimension internationale. A partir du lundi 11 février, Facebook proposera une version en espagnol de son site. D'autres versions, en français et en allemand, doivent également être mises en ligne à la fin du mois de mars.
Grâce à un logiciel gratuit, les utilisateurs peuvent désormais opter pour que les instructions, les alertes, les fichiers et les autres informations fournies par le site soient rédigés en espagnol. Ce logiciel n'est disponible que dans les pays où l'espagnol est la langue maternelle.
Les usagers de Facebook ont toujours pu publier des messages, des portraits ou d'autres contenus dans la langue de leur choix, mais la structure du site, son environnement, n'était disponible qu'en anglais. Conformément au système de collaboration du Web 2.0, 1 500 traducteurs ont participé, durant un mois, à la mise au point de cette nouvelle application. ENJEU MONDIAL
Selon les créateurs de Facebook, une telle évolution apparaît comme une nécessité. "Plus de 60 % des utilisateurs de Facebook se trouvent en dehors des Etats-Unis, dans des pays où l'anglais n'est pas la langue officielle", explique Mark Zuckerberg. Le directeur exécutif de Facebook, précise également que plus de 2,8 millions des usagers actifs proviennent d'Amérique du Sud ou d'Espagne, sur un total de 64 millions.
A l'échelle mondiale, Facebook se positionne ainsi contre son concurrent Hi5, bien implanté dans les pays du sous-continent américain, avec 25 millions d'utilisateurs au Pérou, au Costa Rica, au Mexique ou au Venezuela. A terme, l'initiative de Mark Zuckerberg s'explique également par une volonté de consolider sa position en Europe. Ce marché est encore très marqué par des réseaux nationaux. Premier site de socialisation français, Skyrock revendique plus de 13,6 millions de blogs et près de 5,4 millions de profils.
Le Monde.fr, avec AFP
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Psiphon, un logiciel anticensure, "Netxplorateur de l'année" Par Pierre Haski (Rue89) 18H34 14/02/2008 (IMG: http://www.rue89.com/files/Image2.png) Censeurs de l'Internet, tremblez... Ron Deibert et ses amis du Citizenlab de l'Université de Toronto ont mis au point un logiciel qui permet de contourner les interdits dans les pays qui censurent la Toile. Et pour cette découverte, ils ont reçu le Prix du "Netxplorateur de l'année" remis jeudi à Paris. Le système est simple et collaboratif. Tout personne dans un pays non censuré peut télécharger gratuitement le logiciel Psiphon du Citizenlab, et devient dès lors un "noeud", un relais pour contourner les filtres de la censure. Il suffit de donner le code d'accès à un ami ou parent vivant dans un pays censuré, et il pourra se connecter sans laisser de trace et accéder à tout site interdit à partir de chez lui (voir le graphique ci-dessus). Le "parrain" peut savoir à quel usage se destine l'utilisateur du Psiphon afin de parer aux abus, ou simplement pour ne pas être complice de trafics ou autres activités répréhensibles. 145000 personnes ont déjà téléchargé le Psiphon. Jusqu'ici, pour accéder à un site interdit dans un pays censeur, il fallait passer par un "proxy", c'est-à-dire un site-relais qui brouille les pistes et permet d'aller où on veut. Inconvénient: les proxies sont vite repérés et bloqués à leur tour, et votre passage laisse des traces. Pour avoir tenu sur le site de Libération un blog bloqué par la censure chinoise, je peux témoigner de l'utilité des proxies, mais aussi de leur limite: l'obligation d'en changer régulièrement, à mesure qu'ils sont repérés par la cyberpolice. Psiphon permet de contourner ces inconvénients, même si, sur son site, le Citizenlab met en garde les utilisateurs potentiels que "le contournement de la censure peut représenter une violation de la loi" et que le candidat doit en étudier les risques. Ron Deibert participait jeudi au Forum Netxplorateur à Paris [Rue89 est partenaire de cette première édition, et je partageais la tribune avec l'inventeur du Psiphon], qui, à l'issue d'un long et méticuleux processus de sélection, a repéré dix projets-phare. Il a remporté le premier prix car son logiciel a une fonction citoyenne évidente, un pas "vers une e-démocratie mondiale" hypothétique dans un monde où, selon le classement de Reporters sans frontières, 14 pays, dont la Chine, la Tunisie ou Cuba, appartiennent à la catégorie des censeurs de l'Internet. Parmi les autres sélectionnés par Netexplorateurs, citons: ► Dview, un projet japonais génial qui permet de recycler les vieux téléphones portables pour les transformer en petits ordinateurs simples permettant de gérer la lumière, le thermostat à l maison, etc. ► Fon, un dispositif collaboratif d'internautes permettant le partage des connexions WiFi en une sorte de réseau universel. Vous n'utilisez qu'une partie de votre réseau: vous le mettez à disposition des membres de Fon, et en échange vous disposez d'une connection partout où il y a des membres. Simple, économique, partageur. Et espagnol! ► Folding@Home, un projet permettant la mise en réseau d'un nombre infini de PC afin de donner naissance, par leur puissance accumulée, à un super-ordinateur comme ceux qui sont nécessaire pour la recherche scientifique. Pour lutter contre la maladie d'Alzheimer par exemple. Un projet de Vijay Pande, professeur à l'université de Stanford, en Californie. ► Nabaztag, le lapin numérique déjà bien connu (partenaire, lui aussi, de Rue89!), qui vient d'être doté d'une puce RFID qui s'ajoute au WiFi pour créer un environnement communicant. Le produit de la start-up française Violet de Rafi Haladjian. ► Uniglobalunion. Les syndicalistes Christine Revkin et Davide Barillera ont organisé en septembre 2007 une manif virtuelle mondiale sur Second Life de salariés d'IBM mécontents. Une nouvelle voie pour l'action syndicale internationale? Ce premier "Netxplorateur" se tient les 14 et 15 février au Sénat, à Paris. Créé par Martine Bidegain, spécialiste des ressources humaines, et Thierry Happe, consultant en communication, il a pour but d'"explorer les opportunités du futur de l'Internet par l'observation des nouveaux usages et pratiques du numérique". Rue89 s'est associé à cette initiative innovante.
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La police se dote d'outils pour traquer les sites illicites LE MONDE | 15.02.08 | 15h23 • Mis à jour le 15.02.08 | 15h23
Recettes d'explosifs, propagande terroriste et incitation à la haine raciale vont bientôt rejoindre la pédopornographie sur la "liste noire" des sites Internet illicites interdits en France. Visitant les locaux à Nanterre, jeudi 14 février, de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC) - la brigade cybercriminalité -, Michèle Alliot-Marie a annoncé l'élaboration d'une charte de "bonnes pratiques" avec les opérateurs pour permettre le blocage de ces sites.
Prenant exemple sur la Norvège, qui prépare un dispositif similaire, la ministre de l'intérieur s'est défendue d'organiser une surveillance "à la Big Brother". Internet, a-t-elle fait valoir, "c'est d'abord plus de libertés" mais aussi "plus de menaces sur la sécurité". Jusqu'ici, pourtant, les fournisseurs d'accès rechignaient à faire la police sur les sites qu'ils hébergent. "Au début, ça a été "niet", mais leur attitude évolue, assure Christian Aghroum, chef de l'OCLCTIC. On travaille avec eux." Le blocage prendrait la forme de pages devenant inaccessibles à l'internaute.
La tâche paraît cependant bien délicate, les sites délictueux pouvant être hébergés depuis l'étranger. Sur 14 465 signalements recensés en 2007 par des internautes, auprès de la plate-forme mixte police-gendarmerie ouverte il y a quelques années sur la pédophilie, seuls 308 signalements concernaient des sites hébergés en France, contre 1 552 à l'étranger (le reste des signalements correspondant à des redondances).
Bien que traqués et interdits, les sites pédopornographiques n'ont ainsi pas disparu. "Ils sont souvent éphémères. Lorsqu'ils sont fermés, ils se reconstituent le lendemain sous un autre nom de domaine", admet Karine Beguin, chef du département de surveillance de l'Internet à la division cybercriminalité de la gendarmerie.
Dans le domaine, à part, des courses et des jeux, les digues imaginées par la France pour préserver son monopole paraissent presque dérisoires. Les fournisseurs d'accès ayant refusé tout net de bloquer les sites, la police traque toutes les formes de publicité pour tenter de réduire l'explosion du jeu sur la Toile. Elle a remporté une première manche avec la condamnation, en mars 2007, du patron de casinos Patrick Partouche à douze mois de prison avec sursis et 40 000 euros d'amende pour avoir prêté son nom à un site de poker basé à Gibraltar, mais la bataille est loin d'être gagnée.
ACCORDS INTERNATIONAUX
Le gouvernement promet de nouvelles mesures, dont le doublement du nombre de "cyber-enquêteurs". En septembre 2008, la plate-forme de signalements concernera tout type de malversations sur Internet, y compris l'escroquerie. La décision de fermer un site va être simplifiée. "Aujourd'hui, il existe une procédure juridique assez longue, après enquête et condamnation, mais désormais, dès qu'il y a aura constatation, on pourra intervenir", explique François Jaspart, inspecteur général de la police nationale et maître d'oeuvre du plan de lutte contre la cybercriminalité.
Dans le cadre d'une procédure judiciaire, la géolocalisation des utilisateurs d'Internet deviendra possible. Et de nouvelles formes d'incrimination vont être créées : l'usurpation d'identité sur Internet sera ainsi bientôt un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
La France compte aller plus loin et demander la mise en place d'accords internationaux pour permettre les cyberperquisitions, la perquisition à distance informatique, sans qu'il soit nécessaire de "demander au préalable l'autorisation du pays hôte du serveur".
Isabelle Mandraud Article paru dans l'édition du 16.02.08
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Facebook va se ringardiser comme une boîte de Palavas Par Guillemette Faure (Rue89) 19H35 19/02/2008
Ici, à Rue89, on vous prédit que Facebook finira comme une vieille discothèque. Passant de boîte gay à club branché puis night club étudiant, avant de survivre de concours de miss et de Karaoké le samedi soir (d’accord, le mois dernier, on comparait Facebook à Ikea, on a encore d’autres métaphores plein nos cartons).
Oui, nous aussi on entend parler de la croissance spectaculaire de Facebook. 64 millions d’utilisateurs dans le monde, soit deux fois plus qu'il y a un an. Mais ne nous laissons pas impressionner par les chiffres. Même ce roi de la nuit qu'est Bill Gates vient de quitter Facebook.
Souvenons-nous de Friendster. Il y a cinq ans, nous passions beaucoup de temps sur Friendster. Grâce à nos amis et à nos amis d’amis, nous totalisions une demi-douzaine de meilleurs copains. Qui se souvient de Friendster? Myspace et Facebook ont tué Friendster comme les soirées du Macumba ont enterré celles du Moonlight.
Qu’est-ce qui fait qu’on quitte l’un pour l’autre? Les nouvelles applications, diront certains. Friendster n’a pas su s’adapter et proposer les applications de Facebook: pas de moutons à s’envoyer à la figure, de morsures de vampires, d'amis à pincer.
Mais le blogueur Cory Doctorow avance une autre explication. Selon lui, les sites de réseaux sociaux portent en eux les causes de leur déclin. Sa théorie: plus il y a de monde sur Facebook, plus vous risquez de croiser des gens que vous préférerez éviter (votre employeur si vous avez plus de 25 ans, vos parents si vous en avez moins de 25).
Comment faire si l'un d'eux vous demande d'être votre ami? Ignorer son invitation vous mettra mal à l'aise. Retirer quelqu'un de vos amis Facebook est trop hostile. Une seule solution: prendre la fuite.
Un site de réseau social, c’est comme votre boîte de nuit ou votre restaurant préféré, si vous y croisez vos collègues ou vos parents, vous vous y sentez un peu moins libre et vous voilà prêts à prendre vos habitudes ailleurs. Est-ce que vous avez vraiment envie de vous superpoker mutuellement devant les recruteurs de L'Oréal débarqués sur Facebook?
"Les parias sociaux vont signer la fin de Facebook", résume Epicenter en reprenant l'analyse de Cory Doctorow à propos de ces gens que vous n’avez pas vraiment envie de voir et sur qui vous tombez trop souvent quand vous vous loguez sur Facebook. Tous ceux qui postent des vidéos moyennement drôles sur votre Fun Wall, c’est un peu comme ceux qui occuperaient la piste pour y danser la "Danse des canards". Ça les fait rire eux mais ils font partir tout le monde.
Aux Etats-Unis déjà, le trafic et le temps passé ont légèrement baissé entre décembre 2007 et janvier 2008.
La seule différence, c’est qu’il est bien plus difficile de quitter Facebook que de récupérer son manteau au vestiaire de la discothèque de Palavas. Car même si vous fermez votre compte Facebook, le site ne détruit pas automatiquement les informations que contenait votre profil. Comme l’explique un ancien membre au New York Times, "c’est comme Hotel California, you can check out anytime but you can never leave", (vous pouvez rendre les clés n’importe quand mais vous ne pouvez pas partir) reprenant les paroles du succès des Eagles. Mais, attendez, Hotel California, c’est pas le dernier tube qu’on passe avant la fermeture?
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Wifi: les opérateurs buguent contre les accès gratuits Par Lise Barcellini (Journaliste) 12H48 25/02/2008
L'initiative parisienne d'un accès gratuit à Internet par Wifi irrite les opérateurs de téléphonie. Mise au point
Des internautes assis dans un parc parisien, surfant gratuitement sur Internet, leur ordinateur portable sur les genoux… Voilà le genre de spectacle qui donne des ulcères aux opérateurs de téléphonie et aux chantres du profit.
Depuis l'été, la Ville de Paris propose un accès Wifi gratuit dans 400 points de la capitale. Est-ce de la distorsion de concurrence? Une collectivité peut-elle intervenir sur ce marché?
En février 2007, Bertrand Delanoë lance un appel d'offres pour proposer un accès Wifi gratuit dans certaines zones (parcs, musées, bâtiments publics et parvis de l'hôtel de Ville) et à certaines heures. SFR et Alcatel Lucent l'emportent contre France Télécom.
A peine née, l'expérience parisienne est déjà sur la sellette: France Télécom a déposé un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif il y a presque un an, le 28 mars 2007. La date du jugement n'a pas encore été fixée. Un porte-parole de l'opérateur historique explique:
"C'est un recours sur le fond, qui met en cause la légitimité de la mairie de Paris d'intervenir sur le marché des télécoms, en vertu de l'article L.1425-1 du Code général des collectivités territoriales. C'est comme si la mairie de Paris se mettait à vendre des croissants!"
L'article L.1425-1 du Code général des collectivités territoriales, késako? Il prévoit qu'une collectivité ne peut gérer elle-même un réseau public de télécommunications que si l'une des deux conditions suivantes est remplie: – 1) si la collectivité permet à tous les opérateurs d'utiliser ce réseau public, – 2) si l'appel d'offres qu'elle a lancé s'est avéré infructueux (insuffisance d'initiatives privées par exemple dans les zones rurales)
La Ville de Paris a une double réponse à cet article: premièrement, elle ne gère pas elle-même le réseau. Deuxièmement, elle indique être en droit d'"offrir un nouveau service public aux Parisiens et aux visiteurs". Une opération qui lui a coûté 2 millions d'euros d'investissement de départ et qui lui coûtera 500 000 euros supplémentaires chaque année pour les frais de fonctionnement.
Le marché du Wifi menacé par l'expérience parisienne?
Le Wifi est un tout petit marché en pleine croissance. En 2006, l'activité Wifi ne représentait que 0,1% (soit 18 millions d'euros) du chiffre d'affaire de la téléphonie mobile. Une étude du cabinet SagaTel, commandée par l'Arcep (autorité de régulation des communications électroniques et des postes) fin 2006, le chiffre d'affaire généré par le Wifi "permet tout juste de prévoir un équilibrage des comptes d’exploitation à l’issue de plusieurs années de montée en charge".
Ce marché est-il menacé par l'expérience parisienne? C'est l'avis de Frédéric Salat-Baroux, ancien secrétaire général de l'Elysée (2005-2007), avocat à la cour, Cabinet Weil, Gotshal & Manges, dans une tribune publiée dans les Echos:
"C'est l'équilibre économique de ce marché qui risque de se trouver fragilisé. En effet, le choix par les collectivités locales de fournir des accès gratuits peut avoir pour conséquence de détourner une partie de la clientèle des opérateurs dès lors que les consommateurs seront tentés de résilier leur abonnement payant, pour profiter de la gratuité du service offerte par le débordement naturel des ondes Wifi au-delà des espaces publics. Le risque existe alors d'empêcher le libre jeu de la concurrence entre les opérateurs. Et, comme toujours, quand la libre concurrence est contrariée, c'est l'innovation qui en pâtit et, à l'arrivée, le service aux usagers."
Faut-il vraiment s'attendre à des résiliations en masse?
Le risque de résiliation est l'un des arguments de France Télécom contre la Ville de Paris. Mais dès qu'on parle estimations, le porte-parole argue de la confidentialité:
"Je ne peux pas répondre à cette question, cela touche à notre business plan."
Comprenez: répondre à une journaliste ferait trop plaisir à nos concurrents.
Si aucun chiffrage n'a pu être communiqué, reste le raisonnement: les abonnés au Wifi domestique seront-ils vraiment prêts à résilier leur contrat (démarche d'ailleurs souvent fort compliquée) pour se contenter d'utiliser le Wifi municipal sur le trottoir ou dans les bâtiments publics?
Et même si les ondes "débordaient" jusque dans les habitations, il est, d'abord, peu probable que la qualité soit suffisante pour un accès Internet stable. Ensuite, la question des heures poserait problème: la mairie éteint les bornes Wifi municipales aux heures de fermeture des lieux publics. Pas de Wifi en soirée.
Est-ce rentable pour l'opérateur qui a décroché l'appel d'offre?
S'il avait remporté l'appel d'offres, France Télécom aurait quand même porté plainte, voilà ce que nous soutient le porte-parole:
"102 600 personnes travaillent chez nous, c'était notre devoir de porter plainte (…) Nous avons des salaires à payer, nous devons faire des marges pour pouvoir investir(…) Sinon, on n'est pas dans un système capitaliste."
France Télécom accuse la Ville de Paris à demi-mot de ne pas permettre à l'opérateur qui a remporté l'appel d'offres de rentabiliser son activité… Vrai ou faux?
Chez SFR, l'heureux élu, on indique que le modèle économique choisi à Paris est un "'business model' qui n'est pas classique": il repose sur une "rentabilité fixe":
"A Paris, on propose un service à un prix défini totalement indépendamment du prix du marché. On a d'ailleurs plus un rôle d'intégrateur que d'opérateur. C'était une première pour nous: on a beaucoup découvert et beaucoup appris avec cet appel d'offre. "
En clair: SFR reçoit de la mairie une somme fixe chaque année (500 000 euros pour l'ensemble des frais de fonctionnement), indépendamment du nombre d'internautes et du nombre de minutes utilisées. Cette "rentabilité fixe" pour l'opérateur est bien moins profitable que s'il laissait faire le marché.
Apparemment, SFR a donc tellement "appris" avec Paris que l'opérateur ne compte pas exporter ailleurs ce modèle économique si atypique! Depuis la fin 2007, SFR propose, pour quelques mois, à Metz et Nantes, un accès Wifi gratuit dans les rues. Mais une fois l'expérimentation terminée, SFR a opté pour un "accès Wifi mixte mi-gratuit mi-payant" . Un intitulé surprenant alors que seule une poignée de sites sera gratuite (sites administratifs et de recherche d'emploi) pour des millions d'autres payants.
Est-ce que cela empêche le libre jeu de la concurrence?
Non, répond SFR, qui a gagné l'appel d'offres parisien. Oui, selon France Télécom. L'opérateur historique, qui exploite dans la capitale 2250 bornes Wifi privées (utilisées par des commerces, bars, restaurants et hôtels) serait-il juste mauvais perdant?
La Ville de Paris est passé par un appel d'offres pour mettre en place son Wifi gratuit: celui qui l'a remporté est donc "gagnant". Comme dans tout appel d'offre. Ce n'est ni antiéconomique ni anticapitaliste: au bout du compte, il y a un gain global du point de vue du marché.
Qui doit payer? Le consommateur ou le contribuable?
A Paris, c'est le contribuable qui met la main à la poche, via les impôts de la ville et de la région. Est-il normal que l'ensemble des habitants paient un service utilisé par une partie d'entre eux? Tel est l'argument le plus souvent avancé par les détracteurs de la méthode parisienne.
Eric Legale, directeur du secteur médias d'Issy-les-Moulineaux, ville qui a opté pour un système de Wifi payant en partenariat avec plusieurs opérateurs:
"C'est une question de principe, ce n'est pas à ma grand-mère de payer ma connexion à Internet."
France Telecom privilégie la sobriété pour faire mouche:
"Ce n'est pas au contribuable de payer pour un service qui existe déjà par ailleurs."
L'opérateur cite un précédent: en 2005, un projet similaire proposé par la ville de Prague a été bloqué par la Commission européenne par souci de respect de la concurrence. Depuis, la capitale tchèque a lancé son propre réseau, dont elle est propriétaire et dont elle propose la location aux différents opérateurs. De quoi donner des idées à la municipalité parisienne…
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Facebook se met au français LEMONDE.FR avec AFP | 10.03.08 | 14h26 • Mis à jour le 10.03.08 | 15h01
Le site communautaire Facebook sort en version française, lundi 10 mars, pour satisfaire les 1,4 million d'utilisateurs hexagonaux qui se retrouvent pour discuter entre "amis" mais aussi monétiser son succès en revenus publicitaires. Il s'agit là de la troisième déclinaison du site original, après la version espagnole, le 11 février, et allemande, le 3 mars.
Le site communautaire a été traduit en une seule journée avec l'aide de 4 000 internautes français. Chacun proposait des traductions puis votait pour choisir les plus appropriées. Toutefois, au vu du site mis en ligne lundi, une fonctionnalité comme "poke" (faire un signe) n'est pas traduite. Lundi, en milieu de journée, seule la "homepage" semblait traduite, l'intitulé des pages restant libellé en anglais.
Créé en février 2004 aux Etats-Unis par Mark Zuckerberg, qui en est toujours le président, ce site, à l'origine destiné aux étudiants, est devenu un phénomène mondial. Le 3 mars, il comptait 67 millions d'utilisateurs actifs, contre 20 millions en avril 2007. La majorité des membres de Facebook sont extérieurs aux Etats-Unis et un tiers se trouvent en Europe. La France est la sixième communauté.
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Sur la Toile, les données personnelles valent de l'or LE MONDE | 12.03.08 | 16h08 • Mis à jour le 12.03.08 | 16h08
L'internaute avance de moins en moins masqué devant son écran. Au fil de ses pérégrinations sur le Net, il laisse, parfois sans y prendre garde, de multiples traces. Des informations de plus en plus fréquemment archivées par les sociétés Internet, désireuses de mieux connaître les internautes afin de leur envoyer des publicités ciblées. Qu'achètent-ils, où passent-ils leurs vacances, quels sont leurs loisirs mais aussi quels sont leurs amis ou leur religion ? Le portrait-robot de chaque utilisateur prend forme.
Une étude menée par l'institut comScore pour le New York Times tente pour la première fois d'estimer le volume d'informations transmises aux sociétés Internet. Le quotidien américain a livré les résultats de cette enquête dans son édition du lundi 10 mars.
La société comScore a analysé le potentiel de collecte de données de quinze entreprises sur le mois de décembre 2007 aux Etats-Unis. Elle a tenu compte du nombre de requêtes effectuées, mais aussi du nombre de publicités, de vidéos et de pages vues sur leurs sites. Sans oublier de comptabiliser les pubs vues sur des sites tiers dont elles gèrent la publicité.
PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE
Selon cette analyse, Yahoo! se classe en première position avec 110 milliards d'informations collectées sur ses sites en un mois, soit une moyenne de 811 par internaute. A cela s'ajoutent les données provenant de sites de partenaires comme eBay. Juste derrière se place le site communautaire MySpace, détenu par le groupe News Corporation avec 97 milliards de données. Microsoft arrive ensuite avec 45 milliards d'informations, puis Google (37 milliards) et AOL (35 milliards).
Au vu de ces résultats, on comprend que Microsoft soit prêt à débourser plus de 41 milliards de dollars pour s'emparer de Yahoo!. La profondeur de ses bases de données ne peut que susciter l'intérêt. De même, on saisit mieux pourquoi le numéro un de la publicité sur Internet, Google, est prêt à s'emparer de DoubleClick, société qui suit à la trace les déplacements des internautes sur le Net. Annoncée en avril 2007, l'acquisition de DoubleClick a obtenu le feu vert de Bruxelles mardi 11 mars.
Mais les autorités européennes chargées de la protection des données continuent à étudier le dossier. L'enjeu de la protection de la vie privée est au coeur de ces grandes manoeuvres publicitaires sur Internet. Le plus souvent, l'intrusion dans l'intimité des internautes se fait à leur insu, sous prétexte de leur offrir des services gratuits.
Un modèle surtout prisé par les géants du Net. Car, comme le souligne le New York Times, qui met en exergue un autre enseignement de l'étude comScore, un fossé sépare encore les sociétés de médias traditionnels des nouveaux entrants du Net dans cette chasse aux données personnelles.
Laurence Girard Article paru dans l'édition du 13.03.08
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Une étude révèle que les géants du Net n'ont jamais été aussi au courant des habitudes des internautes LEMONDE.FR | 10.03.08 | 21h18
Selon une étude du cabinet américain ComScore pour le New York Times, les grandes compagnies sur la Toile n'ont jamais été aussi au courant des habitudes et des goûts des internautes, grâce au grand nombre de données qu'elles collectent sur eux. Pour la première fois, souligne le quotidien, un document présente ainsi "de l'avis de responsables publicitaires, une estimation large du volume de données numériques transmises aux compagnies".
En guise de première conclusion, l'étude constate que grâce au trafic de données, les entreprises sont désormais capables "de prédire quel contenu et quelles publicités les gens sont susceptibles de vouloir voir" et peuvent ainsi choisir d'acheter à prix d'or des réclames ultra ciblées, qui suscitent de forts taux de réponse. "Les entreprises suivent les traces que les gens laissent derrière eux sur Internet et les analysent pour anticiper leur prochain mouvement." 336 MILLIARDS DE TRANSMISSIONS DE DONNÉES EN UN MOIS
ComScore a mené son étude en décembre auprès des quinze plus grandes entreprises du Web pour estimer le nombre de fois où les données d'un internaute étaient transmises aux serveurs de la compagnie, à l'insu de ces derniers. Ces événements, appelés "data transmission events", peuvent aller du code postal d'un internaute au nom d'un livre acheté récemment, en passant par les préférences en matière de sites d'information. Pendant une durée d'un mois, Yahoo!, Google, Microsoft, MySpace ou AOL ont ainsi enregistré au moins 336 milliards de transmissions de données, explique ComScore. Yahoo! a, à lui seul, récupéré 110 milliards de transmissions, soit une moyenne de 811 pour chaque internaute qui a visité un de ses sites.
"Malgré toutes les données dont elles disposent, les compagnies du Net trouvent encore des façons d'en acquérir plus, ajoute le quotidien. Les géants du Web ont acheté des sociétés spécialisées dans la gestion et le contrôle de bandeaux publicitaires comme Double Click et Atlas, qui stockent des données". Double Click utilise notamment des cookies qui permettent de tracer les déplacements des internautes. L'étude de ComScore n'a pas pris en compte l'information que les entreprises obtiennent par ce biais.
Une des conséquences que ce phénomène pourra avoir sur le marché de la publicité, s'il se développe encore, sera de réduire la portée de l'unité de mesure en vigueur jusqu'à présent, à savoir la taille de l'audience. Car, comme le note le quotidien américain, les annonceurs seront susceptibles de délaisser de plus en plus les sites de magazines ou de journaux les plus visités en faveur de ceux qui sont capables de savoir qui sont leurs internautes, et ce qu'ils aiment.
LeMonde.fr
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Internet, les dessous du flicage : un cyber-surveillant raconte http://contrejournal.blogs.liberation.fr/«C'est traqué, c'est comptabilisé, et c'est suivi». Mise sous surveillance des sources, maillage, évaluation de l’audience des cibles, infiltration des forums: Philippe Duhot, expert en «communication virale» sur Internet, travaille principalement pour des marques. Il a proposé sans succès ses services à l’UMP en 2007, et défend la liberté d’intervention de l’Elysée dans la blogosphère. «Scruter le web, c'est pas écouter en douce une conversation téléphonique, c'est juste traquer ce qui est à la disposition de tout le monde» juge-t-il. Il n’hésite pas à faire intervenir ses salariés sur les forums «qui vont en leur nom poster des choses» pour ses clients. Vous travaillez dans une agence spécialisée dans la gestion de réputation, et la communication virale. En quoi consiste la communication virale? Philippe Duhot. La communication virale consiste à développer des programmes de communication qui puissent fonctionner de bouche à oreille. Les gens ont tous une personne, et cette personne-là va devenir un relais porteur du message et le faire partager autour d'elle. Donc à la base, ça a toujours existé la communication virale, sauf qu'aujourd'hui, avec les outils modernes comme Internet, évidemment, ça prend une ampleur tout à fait différente... Comment on fait? Alors l'idée, c'est d'utiliser des médias viraux qui permettent cette propagation, le principal aujourd'hui, c'est Internet. Ensuite c'est trouver des idées et des mécaniques qui peuvent donner envie aux gens, par la surprise, par l'affinité, par la proximité, de dire "tiens c’est vraiment sympa, j’ai envie de la faire passer, je vais en faire profiter mon réseau" et de le diffuser comme ça. Vous pouvez nous donner des exemples? Quand on a lancé le nouveau service Canal Plus, la vidéo à la demande, qui s'appelle Canal Play, sur Youtube, on a lancé un certain nombre de vidéos à objectif viral qui permettaient de communiquer sur les avantages et les intérêts de Canal Play. Ce n'était pas un vrai spot de pub en tant que tel, mais avec décalage et humour, ce qui fait que les gens qui ont visionné et reçu la vidéo pouvaient le télécharger, le faire passer à des amis, le transmettre. Ca a été d'abord envoyé par mailing list, ensuite en le postant sur différents sites, ensuite en travaillant des partenariats où ces films-là étaient mis en avant. Donc c’est typiquement autour d’idées un peu rigolotes. Vous pouviez en mesurer l'impact? Jusqu'à un certain point. Quand c'est sur un site tel que Youtube, on voit qui télécharge, combien le visionnent, ect… On voit donc effectivement les retombées. Maintenant quand les gens le téléchargent et le rediffusent, c'est plus compliqué. Il existe des outils qui permettent d'avoir un tracking assez précis et de pouvoir suivre où et quand sont repostées ces vidéos. Quand les vidéos sont téléchargées sur un ordinateur personnel, et diffusées par voie de mail, c'est un peu plus compliqué pour pouvoir traquer. Mais dès lors que c'est repris sur un blog ou sur un site, c'est traqué, c'est comptabilisé, et c'est suivi. A partir d'une mailing liste on comprend, mais est-ce que vous déposez aussi sur des forums? Oui, effectivement, on peut tout à fait le déposer sur un forum. Après on respecte les règles déontologiques des forums en question, on est vraiment contre le spamming. Tout ce qui est attitude agressive ou détournée se retourne très vite contre celui qui le fait. On peut le proposer et le développer, on peut aussi travailler avec des partenariats, par exemple avec des sites étudiants comme Studyrama. On va les voir, on leur dit qu'on a tel support de communication, qu’on aimerait pouvoir le valoriser autrement que dans une capsule publicitaire, comment est-ce qu'on peut faire, comment est-ce qu’on peut travailler ensemble, est-ce qu'on développe un jeu avec, ect… C'est une approche qui est plus qualitative et moins intrusive que la publicité classique sous forme de bannière habituelle. Hors partenariats, vous faites comment pour entrer sur les forums? Soit on entre en communication directe avec les responsables du forum et on échange avec eux pour voir s'il est possible de faire quelque chose. Soit si le contenu est complètement en adéquation, on s'inscrit, on a des gens avec qui on travaille qui sont déjà inscrits sur un certain nombre de forums, et qui vont en leur nom poster des choses. C'est « viral » aussi parce que vous n'indiquez pas forcément le produit. Il y a des communications sur lesquelles le produit est indiqué complètement et d'autres où au contraire, c'est relativement teasing. Là, le spot renvoie sur un site où il y a une révélation, c'est le principe teasing-révélation qui a toujours existé en publicité et qui fonctionne aussi souvent mieux en communication online. C'est souvent assez compliqué à faire entendre à l'annonceur qui aime bien que son message soit tout de suite porteur de sa marque et de son offre. Et on se rend compte bien souvent que ça fonctionne mieux quand c'est travaillé en deux temps. Mais vous travaillez exclusivement pour des marques, ou dans d'autres domaines, sociétaux ou politiques? Alors on travaille essentiellement pour des marques, on est une agence de publicité. Maintenant, on est amené à intervenir aussi pour des marques qui n'ont pas forcément les mêmes moyens, et qui développent des services pseudo caritatifs, pas 100% commerciales et qui n'ont pas de gros moyens d’investissement. Par exemple récemment on a travaillé pour Soliland qui est un système d'achat en ligne, un guide d’achat, qui permet lorsqu’on achète à travers Soliland, qu’une partie des achats soient reversés à des associations. C'est une petite boîte qui se lançait, on a décidé de travailler avec eux et de les aider à lancer leur communication et pour le coup, on a choisi un axe très « réseaux sociaux » pour les aider. Donc on pris une page sur Myspace, on a mis en place une figure emblématique qui entrait en conversation directe et interactive avec les différents internautes, des actions sur Facebook, ect… On a essayé de développer un ferment communautaire autour d'une idée, d’une vision, d'un engagement, qui avait certes un but commercial mais pas uniquement. Vous avez en réalité des salariés qui sont inscrits dans différents forums et qui peuvent intervenir? Oui, tout à fait. Et de plus en plus, maintenant ce qu'on encourage, parce que c'est comme ça que ça marche le mieux, et en plus c’est plus honnête et plus efficace, c'est que les annonceurs se structurent eux mêmes pour pouvoir intervenir directement, à visage découvert. En ce moment, on est en train de travailler pour Ricard, qui a un groupe de fans sur Facebook. Vous faites aussi de la gestion de réputation, alors c'est avec les mêmes moyens? J’imagine que c'est potentiellement la même chose, on a un client qui s'estime affaibli et on va un peu le soutenir, c’est ça ? Alors oui, ça peut-être ça, sauf que nous on essaie de… alors pour l’instant on prêche un peu dans le désert, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, en terme de réputation sur Internet, les marques commencent à s'inquiéter dès lors qu'il y a crise, ils s'aperçoivent qu'il y a un problème, qu'une information leur échappe, des groupes de pression se forment, et commence à se répandre... Par exemple Société générale contre Kerviel: les internautes soutiennent Kerviel... Forcément c'est toujours le pot de terre qu'on soutient contre le pot de fer, ce qui est normal. Après, on voit que les communications se répandent un peu partout et on a pas de maîtrise. C'est à ce moment-là que les annonceurs commencent à s'inquiéter. Dans ce cas de la Société Générale, je pense qu’ils ne se sont pas tellement inquiétés de savoir ce qui se passait sur Internet. Mais sur d'autres sujets, ils s’intéressent tout de suite à ce qui se passe parce que ça va vite et ça prend une ampleur importante. Alors dans ce cas-là il y a des outils de tracking. Alors le tracking, est-ce que vous pouvez donnez une définition ? C'est une observation, une photo de ce qui se passe sur Internet autour d'une marque, ce qu'on dit d'elle en positif ou en négatif. Il y a soit un principe de requêtes a posteriori : on tape un certain nombre de mots, on voit ce qui remonte et on fait le tri, on déplace le projecteur sur différentes sphères de conversations. Ou alors, ce qu'on fait et qui est mieux, c'est de travailler le tracking à long terme qu’on met en place avec un travail de sourcing. On dit voilà, on est dans quel domaine, quels sont les médias officiels et officieux qui traitent de ces sujets, de manière régulière ou occasionnelle. Vous incluez les blogs? Bien sûr. Il y a des outils spécialisés là-dedans, qui permettent d'affiner et de traquer, de repérer les sources d'informations où ces infos sont là en premier, et de les mettre sous surveillance. Et dès qu'une nouvelle information en commentent une autre qui vient d'une autre source qui n'est pas traquée, à ce moment-là on va observé cette source-là aussi, on l'analyse et on regarde si oui ou non, elle vaut le coup d’être ajoutée au sourcing. C'est un travail qui doit se faire en amont, évidemment de manière très étroite avec l’annonceur, et qui permet un travail de fond. Alors ça, c’est la première phase : une mise sous surveillance des sources influentes, pour une marque donnée ou un domaine d’activité donné. Ensuite la deuxième phase c'est l'analyse. Il s’agit déjà de pouvoir analyser si une information est plutôt positive ou négative. Là, on fait intervenir de l'humain. Des gens vont, en fonction des synthèses qui remontent, pouvoir donner une orientation. Ils doivent donc bien connaître le domaine pour pouvoir dire si oui ou non, ça semble être plutôt positif ou négatif et dire s'il y a un risque ou pas. Ensuite ce qui est intéressant, c’est de pouvoir évaluer l'audience de chacune des cibles. On se rend compte qu'il y a des blogs qui ont beaucoup plus d'audience qu’un site officiel de presse par exemple. On se rend compte également en analysant la chaîne de diffusion dans le temps, que dans tel ou tel domaine, il y a deux ou trois blogs experts à l'initiative de 80% des informations, et qui sont repris ensuite par d'autres médias un peu plus généralistes. Du coup, on sait quelles sont les sources clés à surveiller, dans le bon sens du terme hein, c'est pas du flicage, c'est juste pour pouvoir avoir l'information le plus tôt possible. Troisième élément qui est intéressant : une fois qu'on a ce maillage et qu'on voit à peu près quels sont les cycles de circulation des informations influentes, on peut intervenir presque directement auprès de ces sources-là pour voir si, oui ou non, on peut engager une relation et une conversation. Les marques ont intérêt à ne pas rester dans l'observation, mais de commencer à pouvoir dialoguer, à pouvoir alimenter, et finalement on arrive dans un espèce d'échange qui peut être intéressant entre des experts... Des infos sur les forums? Ca peut être des informations online ou même une relation offline... Prenons un autre exemple, dans l'actualité parmi les gestions de réputation , il y a celle de Nicolas Sarkozy. C'est un secret de polichinelle que les partis ont organisé des cellules pour intervenir sur les forums. Vous vous positionnez comment par rapport à ça? Quand Nicolas Sarkozy est arrivé à l'UMP, il y a eu grand appel d'offre pour mettre à plat toute la communication online de l'UMP. On s'est retrouvé en finale, on a pas été pris. On n'a jamais su pour quelle raison. Il est clair en tout cas que tout ce qui est manipulation, nous on le rejette totalement. Ca existe et ça existera toujours, surtout en politique... Vous parliez de cet appel d'offre pour dire qu'on vous avait demandé ce type de prestations... On nous avait demandé de savoir comment intervenir sur la toile pour fédérer des groupes de sympathisants.. Et comment diffuser des infos... Sur des forums? Oui absolument sur des forums Ce parti mettait donc en place à l'époque des équipes d'infiltration de forums ? Ou était à la recherche de méthodes pour le faire? Ils étaient à la recherche de méthodes pour propager la pensée de l'UMP par différents moyens sur Internet. Y compris les forums? Y compris les forums. En en créant eux mêmes, en invitant les gens à venir dessus, en proposant aux nouveaux membres de créer leur blog et forum...Sur le brief, c'était quels sont les moyens légaux de le faire ? Nous, on a une déontologie qui est de dire, de toutes les manières ce qui fonctionne c'est la transparence et l'honnêteté. A partir du moment où l'on commence à manipuler les gens, ça ne marche pas. Comme sur les forums: si un sympathisant UMP vient sur un forum, il y a une autocritique qui se fait tout de suite, soit il respecte la règle du forum, soit il outrepasse sa position et il est vite fait exclu du forum... Mais c'est aussi organisé par les partis. Oui. Bien sûr c'est organisé. Jusqu'à un certain point. Les gens ne sont pas dupes, quand ils sentent qu'il y a manipulation, de plus en plus ils sont avertis.. c'est comme en pub, on est éduqué.. Ca peut fonctionner de la même manière que ce que vous nous avez décrit un peu plus tôt ? C'est-à-dire que vous avez certains outils de surveillance, vous allez sur les lieux qui discutent et puis vous discutez Oui bien sûr. Pour aller sur un sujet un peu plus d'actualité, Nicolas Princen, vous croyez qu'il peut quelque chose pour Nicolas Sarkozy? J'en sais rien. A sa place vous feriez quoi? J'en sais rien moi... Il y a une diffusion énorme d'infos et de discussions sur le Président. La nomination d'un professionnel en gestion de réputation pour une telle personnalité, ça parait a la fois dérisoire - qu'est-ce qu'il pourra faire avec les moyens qu'il a ? - et inquiétant, parce qu'au fond il a quand même les moyens de l'Etat... Loic Le Meur est aussi intervenu. Je comprends qu'on puisse s'inquiéter, en même temps, on ne peut pas reprocher aux gens qui ont un rôle important en matière de communication de ne pas essayer de comprendre, d'appréhender la manière dont on communique aujourd'hui. Je ne vois pas pourquoi les politiques devraient rester dans un système archaïque. A partir du moment où l'information est à un autre niveau, avec un autre dialogue, avec la dictature du temps réel, la communication directe one to one... Je ne vois pas pourquoi, sous prétexte qu'on est politique, on ne pourrait pas le faire, l'opposition le fait également. Sauf que là ce qu'on peut objecter, c'est que ce serait avec les moyens de l'État. C'est un peu différent, parce qu'avoir des outils de surveillance, de tracking, c'est quand même particulier quand on est à la tête de l'État... Oui mais attention, ça devient une surveillance acceptée par celui qui s'expose. Personne n'est obligé de tenir son blog et de développer des infos. Quand on publie dans la presse, ou sur les blogs, ça part du même principe: on a envie d'avoir une audience. Donc si quelqu'un l'observe et le scrute, c'est la règle du jeu, c'est pas écouter en douce une conversation téléphonique, c'est juste traquer ce qu'on met à la disposition de tout le monde. C'est sur le stockage des infos que ça parait un peu liberticide. Si vous stockez des infos sur 30 blogs anti Sarkozy, qu'est-ce que vous en faites après? Ce ne sont pas des journalistes, ce sont des citoyens. C'est même pas de la revue de presse... Effectivement, le débat sociétal peut être ouvert sur ce sujet, on peut y voir un risque. Maintenant, j'ai quand même l'impression que quelque part, il y a un peu le sens de l'histoire qui fait que, oui, ça va exister, les moyens sont différents, autres que ceux qu'on a connus par le passé, finalement presque plus transparents, peut-être aussi plus industrialisés qu'avant...On ne peut pas lutter contre l'évolution, les technologies elles sont là, accessibles a tous. L'État aussi va les utiliser. Maintenant soyons vigilants... Propos recueillis par KARL LASKE 11/04/2008 à 11:18 dans L'envers du net | Lien permanent
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Des nettoyeurs du Web pour redorer votre blason numérique Par Augustin Scalbert Créé 04/30/2008 - 09:56 Malgré votre ébouriffant CV, cet aimable recruteur vous refuse le poste. Motif: un commentaire vachard sur une société concurrente posté il y a deux ans sur un forum. Bienvenue dans le monde merveilleux du web 2.0, où chacun s'exprime et peut retrouver ce que d'autres ont écrit. Des start-ups y voient un business prometteur. On appelle ce marché naissant celui de la réputation sur Internet, ou de la "gestion de l'identité numérique". Des sociétés se spécialisent déjà dans diverses formes de "surveillance" ou de "contrôle" de cette réputation, comme le résumait en novembre un article de TechCrunch [1], blog spécialisé dans le Web 2.0. A notre connaissance, une seule propose d'aller plus loin, en "nettoyant" Internet des traces que ses clients jugent compromettantes. Il s'agit de Reputation Defender [2], qui semble viser le marché francophone: une version complète de son site existe en français. La société californienne n'a pas répondu à notre demande d'entretien. Reputation Defender et consorts prospèrent sur deux constats: de plus en plus de recruteurs font des recherches en ligne sur les candidats; et les sociétés prennent conscience de l'importance de leur réputation sur le Web. Selon TechCrunch, "77% des recruteurs effectuent des recherches en ligne et 35% ont déjà éliminé un candidat en se basant sur les résultats de leur recherche". Impossible de retrouver l'origine de cette étude. Dont on pourrait penser qu'elle tombe très opportunément pour le nouvel écosystème de la réputation… Pour Fred Bordage, auteur de l'article de Techcrunch, "les études sont fiables car elles sont, pour la plupart, sorties avant que la gestion de l'identité numérique ne devienne à la mode". Un travail "ardu" pour que vous puissiez mieux dormir la nuit Il serait donc utile de faire effacer ses erreurs sur le web… Reputation Defender propose le service pour la bagatelle de 29,95 dollar (19,24 euros) la trace: "Nos experts formés sur la réputation Web utilisent une panoplie de méthodes uniques développées par nos soins pour corriger et/ou retirer complètement du Web tout ce que vous avez sélectionné. C'est un travail ardu, mais nous prenons la tâche très au sérieux pour que vous puissiez mieux dormir la nuit." Ouf. A y regarder de plus près, il n'existe probablement pas de "méthodes" si "uniques" pour nettoyer le Web, explique Fred Bordage, ancien informaticien: "En réalité, ils 'effacent' les traces en demandant aux différents sites (forum, blog…) sur lesquels elles sont présentes de les supprimer. Mécaniquement, à force d'effacer des traces, leur référencement est moins bon et elles apparaissent progressivement plus loin dans les résultats de recherches." Le courrier poli adressé au webmaster fonctionne dans les pays où le droit d'Internet existe, mais dans les autres? Réponse du pirate -tendance "white hat" [3]- Crashfr, du collectif Hackerzvoice [4], "Les fabricants de logiciels comme Windows ne parviennent pas à faire fermer des sites de piratage, alors je ne vois pas comment ces sociétés qui prétendent 'nettoyer' le Web peuvent réussir à effacer toutes les traces. Ensuite, en plus du nettoyage des premières références négatives, il y a toujours la possibilité de créer des sites miroirs pointant vers un site positif pour repousser encore plus loin les autres références. Mais c'est interdit." Aucune chance contre les nouveaux archivistes du Web Le recruteur affranchi n'a donc qu'à pousser plus loin que les premières pages. Ou à fouiller dans le cache des moteurs de recherche, où les références restent jusqu'à ce que leurs robots rescannent les sites concernés. En outre, on focalise sur les résultats de Google, mais d'autres moteurs existent qui utilisent des algorithmes différents. Quant aux outils un peu plus sophistiqués comme la Wayback Machine [5], gérée par des bénévoles qui ont déjà archivé 85 milliards de pages web, il n'y a absolument aucun recours. Bref, l'aspect "nettoyage" du business de la gestion de l'identité numérique paraît surtout reposer sur… du vent. Restent des rumeurs, comme celle d'un reporter photographe qui aurait obtenu de Google le retrait de toutes les mentions de son nom afin de se rendre clandestinement en Corée du Nord. "Il y a tellement de mythes sur Google", s'amuse Anne Gabrielle Dauba-Pantanacce, responsable de la communication de Google France: "Plusieurs fois par semaine, nous avons des coups de fils de particuliers ou de journalistes qui nous demandent de retirer leur nom de nos pages. Les gens ne comprennent pas comment ça marche. Nous ne sommes qu'une sorte d'aiguilleur du ciel, il faut écrire aux éditeurs du site. Nous n'avons pas vocation à retirer unilatéralement les contenus." Si Google accepte de déréférencer des résultats de recherche, c'est uniquement dans le cadre d'une procédure judiciaire. URL source: http://www.rue89.com/2008/04/30/des-nettoy...lason-numeriqueLiens: [1] http://fr.techcrunch.com/2007/11/27/fr-rep...gne-cest-parti/[2] http://www.reputationdefender.com/myreputation[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/White_hat[4] http://www.hackerzvoice.net/[5] http://www.archive.org/index.php
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其实人在小时候就已经养成看待世俗的眼光,只是你并不自知。(侯孝贤)
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Bientot dans Rush Hour 6
      
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Dragon

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Vingt-deux jeunes "hackers" interpellés dans toute la France LEMONDE.FR avec AFP | 29.05.08 | 12h18 • Mis à jour le 29.05.08 | 12h33
Une enquête de quatre mois, déclenchée par la plainte d'une "association écologique de pêche", a permis à la section de recherches de la gendarmerie de Dijon de démanteler un réseau national de "jeunes pirates informatiques". Ont été interpellés"vingt-deux hackers" soupçonnés de "s'être introduits frauduleusement dans les sites de trente-quatre sociétés, en France mais aussi en Russie et en Islande, avec la volonté d'y créer des dommages", a annoncé, mercredi 28 mai, le procureur de Dijon, Jean-Pierre Alacchi.
Ces "jeunes gens, dont seize mineurs et âgés de 14 à 25 ans, ont été arrêtés dans plusieurs régions de France (Ile-de-France, PACA, Midi-Pyrénées, Centre) et placés en garde à vue", a précisé le magistrat, les présentant comme les "plus actifs" des quelque "deux cents pirates répertoriés sur le forum sur lequel ils communiquaient leurs exploits". "RÉPONSE RAPIDE"
Selon lui, des fichiers clients ont été "complètement détruits", et certains hackers ont "inscrit de fausses données" et commis des "escroqueries" en créant de "faux sites" leur permettant d'obtenir les coordonnées bancaires de personnes et de vider leur compte. Le préjudice global pour ces sociétés, dont sept ont porté plainte, n'a pas encore été évalué. Selon le colonel de gendarmerie Jean-François Doublier, chef de la section de recherches, cette affaire "met en lumière la vulnérabilité des sites informatiques de ces petites sociétés qui ne prennent pas de précautions suffisantes pour s'assurer de la fiabilité de leur hébergement".
Les vingt-deux jeunes feront l'objet d'une convocation en justice début juin pour "intrusion frauduleuse dans des sites informatiques, groupement en vue de cette intrusion et entrave au fonctionnement de données informatiques". Les faits,"reconnus" par les intéressés, sont punis de peines "de deux ans de prison et de 30 000 euros d'amende" pour une simple intrusion, et de "cinq ans de prison et d'une amende supérieure en cas de dégradations", a précisé le procureur. L'audience devant le tribunal correctionnel de Dijon pourrait avoir lieu "d'ici trois ou quatre mois, car il faut une réponse rapide à ce type d'infractions à dimension ludique et qui causent d'importants préjudices économiques", a estimé M. Alacchi.
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