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Dragon

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SÉLECTION OFFICIELLE - EN COMPÉTITION "Taking Woodstock" : avec une comédie chaleureuse, Ang Lee célèbre les quarante ans de Woodstock LE MONDE | 16.05.09 | 09h32
Entre les amours maudites des cowboys du Secret de Brokeback Mountain (2006) et la passion tragique des amants de Lust, Caution (2008), on avait oublié qu'Ang Lee savait aussi réaliser des comédies (Salé Sucré, par exemple, qui date de 1994). Taking Woodstock est bien un film comique. C'est aussi un récit d'apprentissage et une reconstitution historique à grand spectacle.
Difficile de faire des économies de figuration quand on évoque le festival pop de Woodstock qui, à la mi-août1969, jeta sur les routes américaines un million de jeunes gens, dont la moitié parvint au village de White Lake, dans les Cat-skills, au nord de l'Etat de New York. Là, pendant trois jours "de paix, de musique et d'amour", ils entendirent Janis Joplin, le leader libertaire Abbie Hoffman, le Grateful Dead et les organisateurs qui les mettaient en garde contre l'acide lysergique de mauvaise qualité qui circulait dans la foule.
Taking Woodstock raconte la genèse du festival telle que la vécut Elliot Tiber, qui tenait, avec ses parents, un motel à proximité de la prairie qui finit par accueillir les concerts. Elliot est incarné par Demetri Martin, étoile montante du comique américain. Celui-ci renouvelle la figure de l'intellectuel juif new-yorkais (avant de suivre ses parents dans les Castkills, Tiber a grandi à Brooklyn) et coincé.
Harcelé par une mère avare jusqu'à la névrose (Imelda Staunton, qui n'hésite jamais à en faire trop quand c'est nécessaire), Elliot Tiber vit une double vie entre le motel familial et les milieux gays new-yorkais. Président de la chambre de commerce de White Lake, il disposait à l'été 1969, de l'autorisation d'organiser un festival culturel. Les organisateurs du concert géant étant interdits du site prévu, Tiber leur proposa de l'accueillir.
EMBOUTEILLAGE HISTORIQUE
La force comique de Taking Woodstock repose sur la confrontation entre la famille Tiber (née Teischberg) et la contre-culture dans ses avatars : le businessman alternatif, Michael Lang, promoteur du festival, les gourous indiens, la troupe de théâtre nudiste et, bien sûr, les marchands de stupéfiants.
Les deux premiers tiers du film, qui montrent l'invasion des Cat-skills (lieu de villégiature privilégié de la communauté juive new-yorkaise, au grand dam des autochtones, majoritairement républicains et conservateurs) par les tribus hippies, passent comme un rêve. Au contact de ses nouveaux amis, Elliot se libère des chaînes familiales et affronte aussi bien sa maman que les notables locaux.
Mais l'histoire d'Elliot Tiber ne s'arrête pas à la veille du festival et la fin du film est occupée par les foules de hippies qui provoquèrent le plus grand embouteillage de l'histoire de la circulation routière. N'hésitant pas à diviser son écran en deux ou trois parties, Ang Lee joue avec les images que le documentaire Woodstock, de Michael Wadleigh, a rendu familières : glissades dans la boue et bains tout nus dans la rivière. La comparaison est périlleuse et en ce dernier round, la fiction doit s'avouer vaincue par la réalité. Film américain d'Ang Lee avec Demetri Martin, Imelda Staunton, Liv Schreiber, Eugene Levy. (2 heures.)
Thomas Sotinel Article paru dans l'édition du 17.05.09
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