| P'tit Panda |
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Bientot dans Rush Hour 6
      
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Dragon

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Night and Day de Hong Sang-soo Avec Kim Young-Ho, Hwang Soo-Jeong, Park Eun-hye Film coréen. Genre : Comédie dramatique Durée : 2h 25min. Année de production : 2008 sortie : 23 juillet Sung-nam, un jeune peintre coréen, doit, pour échapper à une arrestation fuir son pays. Il s'envole pour Paris et trouve refuge dans une pension du 14e arrondissement appartenant à un coréen. D'abord un peu perdu dans ce pays qui lui est inconnu, et souffrant de l'absence de sa femme, il traine dans les rues de Paris. Mais, il s'acclimate progressivement à la vie occidentale et fait la connaissance de deux jeunes Coréennes : Hyun-ju et sa colocataire Yu-jeong, une étudiante aux Beaux-arts. Au fil de l'été, il tombe de plus en plus amoureux de Yu-jeong et de Paris...un bel argument de vente... (IMG: http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/66/47/69/18949164.jpg)
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"Night and Day" : la drague laborieuse et désenchantée d'un Coréen à Paris LE MONDE | 22.07.08 | 15h03 • Mis à jour le 22.07.08 | 15h18
C'est le premier film qu'Hong Sang-soo réalise ailleurs qu'en Corée, et comme c'est à Paris qu'il l'a presque entièrement tourné, sa parenté avec Eric Rohmer n'a jamais paru plus évidente. Night and Day est conforme à la définition qu'Eric Rohmer donnait de ses "Contes moraux" : l'histoire d'un homme pris entre deux femmes, hésitant entre la tentation de l'adultère et le respect de la fidélité. Une histoire qui est quasiment dénuée d'actions physiques, faite de pensées intimes, de rêves et de dialogues, par conséquent essentiellement mentale et subjective, reflétant le seul point de vue du protagoniste masculin, le narrateur.
Hong Sang-soo est un cinéaste malicieux qui s'amuse à faire résonner des échos d'un film à l'autre. Le héros de Conte de cinéma (2005) était habité par le désir (contrarié) de fumer ; celui de Night and Day (un jeune peintre) a fui son pays afin d'échapper à une arrestation pour avoir fumé de la marijuana.
Ce garçon, Sung-nam, s'avère être un sacré coureur de jupons, mais ses rencontres avec des jeunes filles de la communauté coréenne de Paris attisent sa frustration d'être éloigné de sa femme. Le titre du film s'explique par ces coups de téléphone qu'il échange avec elle, l'un étant dans un continent en plein jour et l'autre en pleine nuit.
BOÎTE DE PRÉSERVATIFS
Réfugié dans une pension coréenne du 14e arrondissement, Sung-nam croise une ancienne conquête qu'il ne reconnaît pas et qui, passée sa fureur d'avoir été quittée et oubliée, tente en vain de se reglisser dans son lit. Puis fréquente Yu-jeong, une étudiante aux Beaux-Arts qu'une amie lui a décrite comme allumeuse, radine et matérialiste, mais dont il tombe amoureux, qu'il courtise, harcèle... tout en appelant régulièrement son épouse pour lui dire qu'elle lui manque.
Ni lui (don Juan pitoyable) ni Yu-jeong (fausse sainte-nitouche faisant tomber ses scrupules lorsque son inlassable courtisan sort les poches pleines du casino de Deauville) ne donnent une image très reluisante de l'errance amoureuse. Ils n'ont pas le brio des personnages de Rohmer, capables de subtils discours.
Rien, en même temps, ne dément leur sincérité du moment. Ils semblent cyniques, pervers, veules, futiles et calculateurs, ils ne sont que déboussolés, otages du désir et de la confusion des sentiments, maladroits et désemparés, à l'image de Sung-nam, qui se retrouve aussi incapable d'acheter une boîte de préservatifs à la pharmacie que de refouler les schémas convenus.
Le ton choisi par Hong Sangsoo pour dépeindre cette drague laborieuse et sans issue est celui d'une hébétude. Il est en phase avec l'apathie de son antihéros. Cette absence totale de pathos dans sa façon de le filmer prouve sa lucidité. C'est une vision assez pessimiste de la comédie humaine et de la vie sentimentale qu'il imprime, rappelant l'intrusion inéluctable du malentendu, de l'inconséquence et de la contradiction, du calcul ou du mensonge dans une relation amoureuse, ainsi que l'insidieuse influence des songes, réminiscences, fantasmes.
FIÈVRE DES REBONDISSEMENTS
C'est sur une séquence onirique qu'Hong Sang-soo termine Night and Day, fidèle à son goût des chutes surprises. Cette fin est le seul instant où, rallié semble-t-il à la tradition d'une intrigue linéaire, il redonne prise à cette fièvre des rebondissements et chaos temporels qui étaient l'une de ses marques de fabrique. De même a-t-il normalisé ses scènes de lit.
Visuellement, le seul plan audacieux du film est celui de Sung-nam devant L'Origine du monde, de Gustave Courbet, au Musée d'Orsay. Indice qui renvoie à l'obsession sexuelle du personnage (par ailleurs non libéré de la culpabilité et du sens du péché), mais souligne aussi l'incapacité à démêler le vrai du faux, tant sur le plan amoureux qu'artistique. Car Yu-jeong se révèle une artiste faussaire, et Sung-nam un séducteur duplice qui prétexte l'urgence d'un retour urgent en Corée lorsque sa maîtresse se révèle enceinte.
Là encore, le subterfuge est double. Sung-nam est lui-même leurré par sa femme, qui, pour le faire rentrer, se prétend enceinte. Mais ce qui fait d'Hong Sang-soo un cinéaste aussi désillusionné que doux est son refus de vouer quiconque aux enfers.
Il nous faut admettre avec lui que tous les hommes sont dans les nuages, et peut-être comme cet oisillon tombé du nid, ou ce chien abandonné sur une plage dans Woman on the Beach, qu'il a tourné en 2007 et qui sort, lui, mercredi 20 août. Film coréen d'Hong Sang-soo avec Kim Young-ho, Park Eun-hye, Hwang Su-jung. (2 h 25.)
Jean-Luc Douin |
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