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Bientot dans Rush Hour 6
      
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Dragon

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Glory to the Filmmaker ! Réalisé par Takeshi Kitano Avec Takeshi Kitano, Toru Emori, Kayoko Kishimoto Film japonais. Genre : Expérimental Durée : 1h 48min. Année de production : 2007 Titre original : Kantoku Banzai Le célèbre cinéaste Takeshi Kitano se met en quête de réaliser le film ultime pour les amateurs de cinéma du monde entier. Takeshi Kitano imagine tous les genres possibles pour ce projet. Suit à l'écran et hors-cadre une série d'événements imprévisibles liés à une catastrophe prête à changer la face du monde. Dès lors, Takeshi Kitano se doit de non seulement finir son film, mais aussi de sauver l'humanité !sortie : 16 juillet (IMG: http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/64/79/15/18949902.jpg)
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"Glory to the Filmmaker!" : Takeshi Kitano déroute ses fans en pastichant le cinéma japonais LE MONDE | 15.07.08 | 16h17 • Mis à jour le 15.07.08 | 16h17
e nouveau film du Japonais Takeshi Kitano surprend. Moins par sa forme excentrique que par le pied de nez qu'il semble adresser à ce qu'il est convenu d'appeler le développement normal d'une carrière.
En douze films (en fait à partir de son troisième, Sonatine, qui fut le premier que l'on découvrit en France), Takeshi Kitano a en effet acquis la stature de grand auteur international, dont les oeuvres sont désormais systématiquement invitées dans les grandes manifestations cinématographiques.
Déjà son précédent film, Takeshi's, avait laissés perplexes de nombreux amateurs de son cinéma. Glory to the Filmmaker! ne va pas arranger les choses.
Dans les premières images, un mannequin en plastique est l'objet d'examens médicaux sophistiqués. On découvre après le générique qu'il est vêtu (un pull-over avec le sigle K) comme Takeshi Kitano lui-même, qui le transporte avec lui et dont il constitue un double expiatoire (il sera d'ailleurs "exécuté" plusieurs fois durant la durée du récit), alors qu'une voix "off" semble faire un bilan et tracer les perspectives de la carrière du cinéaste.
S'ensuit très vite une série de parodies des genres majeurs du cinéma japonais, le film de yakuza, le drame intime à la Ozu, le mélodrame, l'horreur, le film de sabre, la science-fiction.
Chacune de ces saynètes s'achève par le constat d'un échec, d'une désuétude ou d'une redite exprimant, à l'arrivée, l'inutilité de toute nouvelle incursion du cinéaste dans l'une de ces catégories.
"Qui veut voir des films pesants où des gens boivent du thé ou de l'alcool pendant une demi-heure ?", s'interroge la voix du narrateur après une miniparodie, il est vrai affligeante, d'un film d'Ozu. Derrière l'humour, souvent inattendu, il y aurait comme l'affirmation d'une perte d'inspiration, d'un dessèchement créatif, surtout peut-être d'une méfiance vis-à-vis des mythologies actuelles d'un cinéma japonais qui dans son ensemble paraît tourner à vide.
UN SAVANT FOU
Il y a pourtant plusieurs raisons de se réjouir à la vision de Glory to the Filmmaker!. D'abord, évidemment, il y a cette manière impertinente de contrarier l'ennoblissement un peu académique, dont était désormais victime l'art de Kitano, devenu quasiment indiscutable.
La deuxième raison réside dans l'humour du film lui-même, son invention, sa capacité à flirter avec le "n'importe quoi".
On y croise, en sus des parodies cinématographiques, des catcheurs qui tiennent un restaurant et massacrent ceux qui se plaignent de la nourriture, un savant fou et constamment hilare qui propose des inventions délirantes, une mère et sa fille en quête de combines pour rencontrer un homme riche, et une foule de gags dont le sens peut facilement échapper au spectateur.
Enfin, il y a cette manière de retrouver, à l'intérieur de ce bric-à-brac, de ce kaléidoscope d'univers et de sensations, de ce "cubisme" cinématographique, au-delà de la parodie et du sarcasme, une certaine émotion, ce mélange unique de rire et de sensibilité qui fait la signature du réalisateur.
Le temps par exemple d'une partie de catch organisée par des enfants dans un ersatz de drame misérabiliste rural et qui acquiert soudain une épaisseur inattendue dans cette entreprise d'autodestruction joyeuse et mélancolique.
A ceux qui pensent qu'il y a deux Kitano, l'artiste et l'amuseur télévisuel qui, sous le nom de Beat Takeshi, anime des shows et des émissions de variétés un peu vulgaires, Glory to the Filmmaker! proclame qu'ils ne sont qu'un.
Film japonais de Takeshi Kitano avec Beat Takeshi, Tohru Emori, Kayoko Kishimoto. (1 h 44.)
Jean-François Rauger |
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Dindon de sa farce Ovni. Takeshi en ennemi de Kitano. Philippe Azoury QUOTIDIEN : mercredi 16 juillet 2008 Glory to the Filmmaker ! de Takeshi Kitano, avec Takeshi Kitano, Toru Emori … 1 h 44.
Que Takeshi Kitano soit tout bonnement fou à lier, personne ne peut en douter : bouffons ou dépressifs, ses films n’ont jamais été des monuments d’équilibre. Sans parler de toute sa période jeux télévisés, où il excellait dans le rôle d’un Monsieur Loyal couvrant ses invités d’excréments, ou de thon frais. Il faudrait se pencher quinze ans en arrière, quand la France le découvrait avec l’anémique Hana-bi, croyant dur comme fer avoir mis la main sur un Rimbaud nippon (poésie des bords de mer, élégie du suicide). Il y aurait de quoi se mordre les joues, tant on était loin du compte. Et tant mieux : Kitano est plus intéressant ainsi, en permanence à la limite de la camisole de force, gâchant tout.
Cascade. Depuis l’échec commercial de Zaïtochi , qui était sa dernière tentative de retrouver le public tout en lui livrant un film de sabre en majesté, Kitano a plongé la tête la première dans la crise existentielle. En est ressorti un diptyque, deux autoportraits, deux antifilms : le surexcité Takeshis’ (sorti il y a deux ans environ) et ce Glory to the Filmmaker ! qui nous occupe, présenté à Venise l’an passé.
Il n’y a pas, à notre connaissance, beaucoup de films qui ressemblent à celui-là. S’il fallait chercher une ressemblance, histoire de ne pas se sentir définitivement paumé au milieu de cette cascade narrative déconcertante, ce serait cette tentative de roman gigogne à laquelle Italo Calvino s’était essayé au début des années 80 : Si par une nuit d’hiver un voyageur. Chaque chapitre y était le début d’un roman qui allait continuer sans nous. Glory to the Filmmaker ! (dont le titre premier était Opus 19/31 - ça ne veut rien dire mais les sonorités arithmétiques sentaient bon le Huit et demi de Fellini ; et il y a de ça) est lui aussi constitué dans sa première heure, la plus intéressante, de débuts de films avortés.
Non-sens. Histoire d’un cinéaste dont le public ne veut plus, qui tente de se racheter en faisant un film à la façon d’Ozu, austère et cadré au ras du tatami, puis en tournant toutes sortes de films qui ne soient pas des films de gangsters. Chaque sanction du public se paye d’une métaphore parmi la plus triste et les plus impressionnantes qui soit : le cinéaste traînant son double en carton comme on traîne son boulet, tente systématiquement de suicider ce pantin qui lui ressemble. Mais non, le pantin refait surface : impossible pour Kitano d’être autre chose que lui-même.
Kitano, ennemi de lui-même, c’est aussi la piste de la dernière partie, complètement bringuezingue, avec une histoire de fin du monde, d’ovni, d’un superhéros déguisé en Zidane, d’un industriel décadent et de deux folles qui pourraient bien être une mère et sa fille. Le cinéaste finit le travail dans un non-sens total.
A bien y repenser, c’est un film assez émouvant, qui paie cher son incapacité à faire semblant. Une farce dont le cinéaste, gloire à lui, serait le dindon. De là à dire que ce film clinique, cassé mais bien, constitue AUSSI une bonne nouvelle…
http://www.liberation.fr/culture/cinema/339294.FR.php © Libération |
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