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> The Jade Raksha (1968), De Ho Meng-hua
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Iphia
Ecrit le : Dimanche 31 Août 2008 23h10
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Phoenix



Une tueuse surnommée The Jade Raksha (Cheng Pei-pei) sème la mort autour d’elle en s’en prenant à tous les membres de la famille Yan, pour venger ses parents. Elle rencontre un autre chevalier (Tang Ching), qui cherche également à venger son père, mais lui reproche ses dommages collatéraux. Tous deux vont finir par découvrir que le responsable de la mort de leurs parents respectifs est le même, et malgré leurs divergences pour ce qui est de l’idée de vengeance, vont unir leurs forces.

Petit maître du wu xia pian féminin, aux côté de Lo Wei, Griffin Yueh ou San Kong, Ho Meng-hua s’avère être celui qui a le meilleur sens du rythme et du spectacle, à défaut d’être un auteur majeur. Réalisateur de studio type, il tourna une série de wu xia de bonne facture avec Cheng Pei-pei, dont The Jade Raksha est le coup d’envoi.
Le film annonce l’œuvre la plus célèbre du réalisateur, Les Griffes de Jade, avec certaines idées qui seront mieux développées dans le film de 1971 : un pont détruit, la présence d’un triangle amoureux avec la décision finale de l'héroïne, et l’entrée en scène du personnage de Jade Raksha, rappelant celle de la Chasseresse des Griffes de Jade dans un village « fantôme ». Raksha étant le nom d’un démon, elle annonce sa venue par un chant funéraire.
Cheng Pei-pei joue ici une sorte de Diane chasseresse chinoise : vindicative, sans pitié, peu encline à de tendres sentiments (du moins au début), et adepte de la Loi du Talion de la façon la plus étendue qui soit (elle sait qu’un Yan a tué sa famille, sans connaître son prénom, alors elle tue tous les frères Yan, de cette façon, elle sera sûre d’avoir tué le bon). Son personnage est opposé dans sa façon d’appliquer la justice à celui de Tang Ching, qui a également une vengeance à accomplir, mais veut d’abord être sûr d’avoir trouvé la bonne cible avant de brandir l’épée. Les deux personnages se rencontrent et se jaugent dans une auberge (comme dans tout wu xia post-Hirondelle d’Or), et malgré leurs divergences d’opinion, sympathisent.
La première partie du film pose bien les enjeux, avec un début de réflexion bienvenu pour ce qui est de la notion de vengeance illustrée par deux personnages opposés. D’ailleurs la scène dans laquelle Tang Ching croit avoir retrouvé l’assassin de son père et le tue, pour découvrir qu’il s’est trompé, tombant dans l’excès de violence gratuite qu’il reprochait à son homologue féminin, va dans ce sens. Cependant, à l’arrivée d’un nouveau personnage féminin, posant les bases d’un triangle amoureux, le film oublie toutes ces pistes, et le scénario manque de rigueur dans la manière dont il lie tous les personnages (le vrai méchant du film a tué les parents des héros pour se venger d’une fois où on s’est moqué de lui devant son maître, prétexte bien idiot et faiblard !).
Le deuxième personnage féminin est une modeste chanteuse des rues, comme celle de La Guillotine Volante, mais contrairement à celle qui aidait Chen Kuan-tai dans le film de 1975, est parfaitement niais et mal écrit. L’intérêt porte plutôt sur le personnage de son père, joué par Ku Feng, qui n’avait pas encore tout à fait pris sa pleine mesure dans ses flamboyants rôles de méchants des années 70, mais joue tout en finesse un aveugle repentant (il est remarquable dans la scène où il retrouve la mère de Tang Ching, qu’il a autrefois aimée).
On aurait pu penser que l’introduction d'une rivale aurait permis d’opposer deux types de féminité (après avoir opposé deux types de vengeurs), l’une très archétypale de douce et vertueuse compagne et la guerrière, mais l’idée ne semble pas avoir traversé l’esprit de Ho Meng-hua, ce qui est bien dommage, même si on a droit à une scène peu commune où c’est la femme qui demande la main de l’homme en récompense si elle sauve sa mère et sa rivales qui ont été faites prisonnières.
La partie chorégraphique est plutôt réussie pour l’époque, on retrouve même un duel sur une forêt de bambous ou des lancers de tuiles suite à une poursuite sur un toit, 32 ans avant Tigre et Dragon.
Si Tang Ching apporte son professionnalisme habituel à son rôle de fils vengeur plein d’états d’âme, on a tendance à le trouver trop passif dans la deuxième partie du film, et il accuse nettement son âge dans les joutes martiales. Présenté comme un personnage plein de sagesse, il se montre finalement comme étant celui qui se fit trop aux apparences (le bienfaiteur de sa mère, l’aveugle), le réalisateur donnant finalement raison au côté expéditif de Jade Raksha.
Pour conclure, le véhicule type de Cheng Pei-pei par Ho Meng-hua, qui ne cherche pas à faire évoluer le genre ou la personnalité cinématographique de son actrice fétiche, mais propose un film divertissant qui techniquement vieillit mieux que les oeuvres de certains yes-men de l’époque.
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