La Petite fille de la terre noire
de Jeon Soo-il Fr-Corée 2008 "Dans un village minier de la province de Kangwon, la petite Young-lim, neuf ans, vit avec son père et son frère. Elle aime chanter des comptines, danser devant la télévision et jouer avec son grand frère, un peu attardé. Mais lorsque son père se retrouve sans emploi pour raisons de santé, son univers s'en trouve bouleversé. Elle doit alors s'occuper seule de son frère et du foyer familial. A sa manière." (IMG: http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/64/75/30/19053453.jpg) * |
Critique "La Petite Fille de la terre noire" : un mélo accablant mais sans larmes LE MONDE | 10.02.09 | 16h14
Le mélodrame est un genre très prisé en Corée. Jeon Soo-il, réalisateur inconnu en France, signe avec celui-ci son cinquième long métrage, qui donne l'impression très étrange d'être pris entre deux forces contradictoires. La première d'entre elles relève d'un scénario qui ne recule devant aucune surenchère. Situé dans un village minier en pleine décomposition sociale, l'histoire met au centre une famille composée d'un père mineur vivant avec ses deux jeunes enfants en l'absence d'une mère qu'on ne verra jamais. L'homme, atteint de tuberculose, perd son emploi, et ne peut prétendre à aucune prise en charge. Son essai de reconversion, dans la vente de poissons sur le marché, tourne à la catastrophe en raison d'un accident de voiture. Le propriétaire du véhicule, un aigrefin qui n'a pas contracté d'assurance, le passe à tabac pour solde de tout compte. Le père se met à boire. Parallèlement, il se met aussi à battre son fils aîné qui souffre d'un retard mental et devrait être placé dans une institution. A charge pour sa fille cadette, une fillette triste et courageuse, de pallier au dénuement de la famille.
Cette accumulation de maux pourrait donner lieu à un débordement de pathos. Il n'en est rien. La mise en scène, d'une sécheresse délibérée, ne s'appesantit sur aucun d'eux, privilégiant le silence et l'enregistrement comme dénué de passion de ce désastre humain et social. Cela donne au film une forme particulièrement étrange, un peu comme si quelqu'un passait son temps à écoper une barque à laquelle il aurait volontairement fait prendre l'eau. Le sens de cette lutte interne reste cependant un peu énigmatique. Film coréen de Jeon Soo-il avec Yu Yun-mi, Park Hyun-woo, Jo Young-jin. (1 h 29.)
Jacques Mandelbaum |
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其实人在小时候就已经养成看待世俗的眼光,只是你并不自知。(侯孝贤)
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