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> Festival Des 3 Continents Documentaire, au Nouveau Latina à Paris
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P'tit Panda
Ecrit le : Mercredi 15 Avril 2009 22h50
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Dragon



Cette semaine au Nouveau Latina le Festival des 3 Continents Documentaire (Asie, Amérique latine, Afrique) vous propose pour son trentième anniversaire de découvrir une sélection de 12 documentaires choisi parmi les dernières éditions.


du 14 au 21avril 2009

http://www.lenouveaulatina.com/

(IMG:http://www.lenouveaulatina.com/images/%20affiche%20trois%20continents_rez.jpg)


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Dragon




Documentaire sur Grand Ecran présente
en partenariat avec le Festival des 3 Continents


TROIS CONTINENTS DOCUMENTAIRES
Afrique - Amérique Latine - Asie
Au Nouveau Latina à Paris


12 regards documentaires venus du Festival des 3 Continents (Nantes)

du 14 au 21avril 2009


Depuis sa création en 1979, le Festival des 3 Continents de Nantes a révélé en France les plus remarquables cinéastes d’Asie, d’Amérique latine ou d’Afrique. Pionnier dans ce domaine, il reste aujourd’hui l’un des grands rendez-vous des cinéphiles curieux de films singuliers et exigeants.
Le 30ème anniversaire du Festival des 3 Continents est la belle occasion pour Documentaire sur Grand Ecran d’offrir une vitrine parisienne au volet documentaire de la programmation nantaise. Nous avons choisi ensemble, parmi les éditions des cinq dernières années, une quinzaine de films que nous souhaitons faire découvrir au public parisien à travers une semaine de projections et de rencontres au Nouveau Latina à Paris. Nous organiserons et accompagnerons également la circulation de ces films un peu partout en France.

Quelques films de cette programmation : Manoro, le dernier documentaire du cinéaste philippin, Brillante Mendoza (réalisateur, entre autres, de Serbis sélectionné au festival de Cannes en 2008) ; celui du réalisateur algérien Malek Bensmaïl La Chine est encore loin ; Le Fromage et les Vers de la réalisatrice japonaise Kato Haruyo (2005) ; Crime and Punishment du Chinois Zhao Liang (2007). Ces deux derniers films ayant été couronnés de la Montgolfière d’Or. D’autres films aussi, en provenance du Moyen-Orient, d’Argentine ou du Brésil. Egalement, la projection de Puisque nous sommes nés de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana, accompagnée d’une mini-rétrospective de leurs films.
Autant d’étonnants et de précieux regards sur le monde contemporain, en provenance d’un sixième continent, celui du cinéma.


Plusieurs séances seront suivies d’un débat en présence de certains cinéastes.














Ø Soirée d’ouverture
Manoro (Le Professeur)
un film de Brillante Mendoza
2006 – Philippines – 75’
A la veille d’une élection présidentielle, le périple de Jonalyn, une enfant de 13 ans, qui tente de convaincre son entourage de voter.
Si le public a récemment pu découvrir deux œuvres du cinéaste philippin Brillante Mendoza, John John et Serbis, deux autres films réalisés pendant la même période restent quasiment inédits sur les écrans français : Slingshot (Tirador) et The teacher (Manoro). Mendoza tourne vite et avec une précision très instinctive. Il est de ces réalisateurs dont l’écriture est directement soumise à l’épreuve du tournage et ici le film est plus directement encore poussé par une actualité. Alors que les membres de la communauté Aetas ont pour une large part été contraints de descendre vivre dans les basses terres à la suite de l’éruption du Mont Pinatubo, cette population se prépare à voter pour la première fois aux élections présidentielles. En parcourant les villages reculés, c’est Rosalyn, une enfant qui suit le cours élémentaire, qui se colle à l’instruction minimale des adultes afin que chacun puisse exprimer son suffrage. En traçant son chemin dans l’île, Brillante Mendoza dissout les repères documentaires et fictionnels, seul lui importe un périple qui noue l’avènement d’une possible expression démocratique et l’apparition dans l’image d’un peuple ignoré. JB


En présence de Malek Bensmaïl :
La Chine est encore loin
un film de Malek Bensmaïl
2008 - Algérie – 120’
Le 1er novembre 1954, près de Ghassira, un petit village perdu dans les Aurès, un couple d’instituteurs français et un caïd algérien sont les premières victimes civiles d’une guerre de sept ans qui mènera à l’indépendance de l’Algérie. Retour sur les lieux plus de cinquante ans après.
« Si tu veux acquérir le savoir, va jusqu’en Chine s’il le faut » dit le Prophète. Mais de l’Algérie, la Chine est encore loin. Elle est longue, la route qui mène à la réconciliation avec l’histoire nationale, et la réconciliation du peuple algérien avec lui-même. Malek Bensmaïl poursuit avec ce nouveau documentaire le travail patient entrepris voici plusieurs années sur « l’Algérie(s) », titre pluriel d’un film qu’il réalisa en 2002 sur l’organisation du pouvoir dans son pays. Un travail d’auscultation, de la part de ce cinéaste qui, dans l’impressionnant Aliénations, réalisé en 2004, visitait un hôpital psychiatrique de Constantine pour y capter ce qui, dans le présent de la folie, gardait la trace des multiples traumatismes d’une société toujours au bord du chaos. Dans La Chine est encore loin, c’est encore de traces dont il s’agit, puisque le film remonte à l’origine d’un événement fondateur du conflit algérien : le 1er novembre 1954, un couple d’instituteurs français et un caïd algérien sont les premières victimes civiles d’une guerre qui refusera longtemps de dire son nom. En revenant sur les lieux, en interrogeant la vie de ce village perdu dans les Aurès, en retrouvant les témoins directs du drame, Malek Bensmaïl donne à voir et à entendre le drame algérien avec une patience et une acuité qui fait toute la densité de ce film au ton étrangement mélancolique, comme alourdi par le poids des regrets. Un film qui n’est pas tourné vers le passé, mais s’interroge au contraire sur l’avenir, notamment en filmant l’école d’aujourd’hui, et d’autres instituteurs, algériens ceux-là. Seule certitude, la Chine est encore loin. Mais quel chemin prendre, ici et maintenant ? JPT






Crime and Punishment
un film de Zhao Liang
2007 – Chine – 122’
Ce poste de police chinois, situé près de la frontière avec la Corée du Nord, ressemble à n’importe quel poste de police de n’importe quelle petite ville chinoise. En tant que représentants du gouvernement chinois, les jeunes policiers passent leurs journées à faire respecter la loi, préserver la paix et surveiller la vie des habitants.
Un bien grand titre pour dépeindre la vie de ce poste frontalier à la lisière de la Chine et de la Corée du Nord. Et pourtant c’est avec faste, et une certaine gravité, que l’on découvre, au commencement du film, de jeunes bidasses absorbés par une tache splendide et misérable : plier leurs draps, avec une minutie de modéliste, pour éliminer le moindre pli, effacer la moindre aspérité. Dans ce coin reculé de Chine, où le jeune réalisateur, dont c’est le deuxième film, a passé son enfance, il en va de l’ordre public comme de la pliure des linges : un travail d’orfèvres. Découpé en chapitres, Crime and Punishment s’écoule au rythme monotone d’un hiver qui semble permanent, et qu’accompagne tout aussi régulièrement la valse du crime (en fait de crime, des menus larcins commis par de pauvres bougres) et du châtiment (la force publique, au-dessus des lois). Un ivrogne, des types soupçonnés d’organiser des parties de mahjong, un collecteur de cartons, un pickpocket tout au plus : la délinquance s’épelle par le bas, ici, et pourtant les jeunes recrues ne lésinent pas sur les moyens pour obtenir ce qu’il veulent, n’hésitant pas à donner de la voix, voire des coups. Impossible de ne pas repenser à la fin de Xiao Wu, artisan pickpocket, le premier film de Jia Zhang-ke : dix ans après, le tableau n’a guère changé, d’autres recrues prendront la relève, d’autres crimes, d’autres châtiments. En donnant à son film une ampleur, une dimension, Zhao Liang élève sa chronique locale au rang de vaste chant de la misère et de l’engourdissement social.



Copacabana
un film de Martin Rejtman
2007 – Argentine – 54’
Chaque année, la fête de Notre-Dame de Copacabana est l’occasion pour la communauté bolivienne d’Argentine de se réunir dans les faubourgs de Buenos Aires. Parades, costumes, danses folkloriques, nuits courtes. Mais aussi répétitions, réunions du comité des fêtes, confection des costumes. Et encore, souvenirs d’exilés, évocation du pays natal, destin d’une diaspora vivante, qui brille au temps de la parade.
Copacabana est le premier documentaire de Martin Rejtman, l’un des chefs de file du cinéma argentin dont il a anticipé le renouveau via ses films, Rapado, Silvia Prieto ou, plus récemment, Les Gants magiques. Le film nous accueille par une envoûtante série de plans séparés par d’amples fondus au noir sur les groupes de danseurs dans la nuit portègne. Puis Rejtman continue avec les répétitions, longuement filmées en plans fixes, sans commentaires. Venu de la fiction, le cinéaste accorde son entière confiance à la réalité qu’il appréhende et apporte sa patte de metteur en scène à ce tableau du moment fort de la vie d’une communauté. La simplicité de Copacabana, monté à la manière d’un collier scintillant, éblouit. Si Rejtman se tourne soudain vers des formes plus classiques pour approfondir le propos sur la communauté bolivienne, c’est en contrepoint de ces images de danse et de musique où l’union des efforts, des cœurs qui battent au même rythme, fait briller chacun des participants à cette fête dont le souffle emporte ce film émouvant et stylé. JPT






En présence d’Hala Alabdalla :
Je suis celle qui porte les fleurs vers sa tombe
un film de Hala Alabdalla et Ammar Albeik
2006 – Syrie – 105’
Un film comme un puzzle en noir et blanc fait d’entretiens, de parcours sur les routes de la Syrie, d’allers et retours qui diraient la prison et l’exil, le passé et le présent, l’amour et la mort. Un film qui dit aussi l’importance de la poésie.
Le titre du film est un vers emprunté à la poétesse syrienne Daed Haddad, disparue en 1991. « Je suis celle qui vient porter les fleurs sur sa tombe… » Ces mots disent ici l’élan poétique, personnel et finalement politique qui porte cet étrange documentaire. Le premier film de cette jeune cinéaste quarantenaire, productrice depuis 1984 (entre la France, la Syrie, le Liban). Etudiante, elle avait fait des études d’ingénieur agronome « pour participer à la révolution agricole indispensable à mon pays », dit-elle. A 20 ans, en Syrie, Hala Alabdalla fut enfermée comme opposante politique. Quand elle sort, en 1981, elle s’installe en France.
C’est sur cet arrière-fond politique que Hala Alabdalla réalise ce premier film, avec le jeune réalisateur syrien Ammar Albeik. Mais, mine de rien, Hala Alabdalla nous emporte au-delà, au gré de son journal intime, de ses rencontres, de ses souvenirs, de ses divagagions. Images du quotidien mêlées d’entretiens avec des amis artistes eux aussi exilés, de moments forts avec sa fille, sa belle-mère, son mari peintre.., autant d’aller-retours qui sont les pulsations mêmes de cette exilée syrienne à Paris. Ce premier film est alors, pour elle, le précipité de tous les films qu’elle n’a pas fait depuis vingt ans. Elle avait quitté son pays en 1981 pour des raisons politiques. Elle a fait ce film en 2006 pour des raisons poétiques. Les deux se rejoignent ici. Sous les auspices de la poétesse qui clôt ainsi son vers : « …. Et celle qui pleure de l’intensité de la poésie ». A.P.G.


Senkyo (Campagne électorale / Campaign)
un film de Kazuhiro Soda
2006 – Japon – 120’
Les élections de Kawazaki sont bien locales, mais les enjeux sont nationaux. La machine du parti au pouvoir se met en marche, et son instrument est un candidat parachuté, sans expérience et sans grand charisme. Il fait le travail, dans la tradition dite «saluer bien bas tout ce qui se présente, y compris les poteaux téléphoniques». Il n’empêche : il faut mobiliser les états-majors…
Les élections approchent. Kazuhiko Yamauchi est candidat. Il représente le Parti Libéral-Démocrate, au pouvoir depuis cinquante ans. Monsieur Yamauchi arpente les rues, donne de la voix dans un mégaphone, distribue des tracts. Monsieur Yamauchi a bien du courage, et ne rechigne pas à la tâche. Il n’a qu’un seul défaut : candidat parachuté dans un quartier qu’il ne connaît pas, Monsieur Yamauchi est un novice. La politique japonaise à travers les tribulations drolatiques d’un courageux apprenti-candidat : en filmant les douze jours qui allaient changer la vie de Monsieur Yamauchi, Kazuhiro Soda nous entraîne dans une épopée absurde et souvent pathétique. Proche de Wiseman et des pratiques du cinéma-vérité, le cinéaste révèle en creux toute l’inertie de la vie politique du pays. Candidat pantin d’un parti qui le dédaigne, Yamauchi, qui dort dans sa voiture entre deux séances de mégaphone, est une sorte de héros malgré lui, qui hurle son nom dans la rue, prie poliment les électeurs de voter pour lui, puis recommence en changeant de trottoir. Qu’est-ce qu’une démocratie qui fonctionne ? Une armée de crieur de rue, de bons petits soldats ? Au-delà de la comédie humaine, il y a dans Campaign une interrogation fondamentale sur les modes de fonctionnement du processus démocratique, sa routine étouffante et ses mécanismes si rôdés qu’ils tournent à vide. JPT



Le Fromage et les Vers
un film de Kato Haruyo
2005 – Japon – 98’
La réalisatrice de ce film vit dans une petite ville, avec sa mère mourante et sa vieille grand-mère. L’œil tendre de la caméra enregistre le combat de sa mère contre
la maladie.
Dans Le fromage et les vers, deux fils nécessairement entretissés comme les termes du titre décrivent un cycle. Une mère atteinte d’un cancer est accompagnée par sa fille à travers les étapes de la maladie et dans le cours quotidien de la vie autour de la maison familiale. Ici, la fille filme. Elle est la réalisatrice débutante qui intègre la caméra à leur relation intime, complice, puis assignera aux images produites une fonction : elles rendent plus acceptable le deuil en conservant la trace de ce qui a été. Par petites touches, le film en construction invente ses propres temporalités attentives à celles d’une existence fragile mais pleine de désir comme au cycle toujours recommencé de la nature environnante. Ici aucune dramaturgie emphatique mais la vidéo au travail du caractère ténu des gestes familiers et la sensation troublante de voir naître au cinéma une jeune femme pendant que sa mère peint ses dernières toiles. JB


Stories of the north (Les Histoires venant du Nord)
un film de Uruphong Raksasad
2005 – Thaïlande – 88’
Collage sur la vie dans un village du nord de la Thaïlande, où le réalisateur a grandi. Le film détaille la vie de tous les jours, dans ce qu’elle a d’ordinaire - la récolte annuelle, l’absence des jeunes partis à la ville - ou de plus surprenant, comme le club cycliste créé par les anciens du village.


Una mancha en el agua (Une tache dans l’eau)
un film de Pablo Romano
2005 – Argentine – 20’ - VOSTA
La mémoire est comme une rivière, elle a plusieurs courants ; Il suffit de se laisser porter par l’un d’eux. Ce documentaire est l’enregistrement d’une expérience, celle du réalisateur devant le fleuve parana, au 33e parallèle. Une tentative, utopique, de capturer le mouvement de la rivière.
Le rio Paranà à la hauteur du parallèle 33. Une donnée géographique concrète et concise. Mais les courants du film sont à l’image de la nature qu’ils décrivent, brassés par un même flux, la voix de Fernando Birri, ils demeurent impétueux et imprévisibles. Una mancha en el agua s’écoule comme une mémoire des eaux mouvantes et insaisissables, pousse l’archive à se faire tour à tour hymne puissant, murmure, confidence, poème, chant populaire. Autour des dimensions physiques de l’immense et majestueux fleuve sud-américain, un monde sensible et imaginaire se déploie pour faire de ces vingt minutes de film une authentique expérience de cinéma. Il y a ici à n’en pas douter autant de beauté que d’ironie, un film court à l’ambition démesurée, un géant de quatre mille kilomètres enroulé sur une seule bobine. Assurément, ce fleuve-là n’est qu’un film. JB








Al youm (Aujourd’hui)
un film de Akram Zaatari
2003 – Liban - 86’
Résultat de trois années de recherche, le film entremêle les images des archives photos, de la télévision et d’internet, dessinant le paysage mental du réalisateur aujourd’hui au Moyen-Orient. Si ce film débute comme une enquête traditionnelle sur les traces de l’historien Jabbur et du photographe Manoung dans le désert syrien des années 50, il prend vite un tour plus personnel pour s’attacher aux articulations qui relient la production d’images et les conflits politiques.
Aujourd’hui, il pleut sur Beyrouth. La circulation y semble un peu moins dense qu’à l’accoutumée, comme contenue par la fixité des images. Photographies, enregistrements vidéos, lieux, noms, langues, mots, écritures, paroles, matières multiples… Un autre territoire qui déborde la ville se dessine, une autre circulation s’organise, fragmentée, moins certaine de sa trajectoire, plus inquiète de la géographie. On voudrait se rassurer un peu « le tunnel Fouad Chéhab, Achrafieh, la statue de Nasser vers la corniche, la plage de l’université américaine, Aïn el-Mreïsseh, Jall el-Bahr, Bain militaire, le café Chatila… » mais nous sommes bien à Beyrouth, là où aujourd’hui le film se fait, possible mode de transport immobile dans le temps et l’espace. Il y a cinquante ans l’historien Jibrail Jabbour photographiait à Al-Qaryatayne en Syrie une femme qui ne parvient plus à tenir en équilibre sur sa tête la jarre qu’elle portait alors, les bédouins et leurs troupeaux de chameaux font l’expérience des frontières après la partition du désert entre plusieurs pays



Morir un poco (Mourir un peu)
un film de Alvaro Covacevich
1966 – Chili – 50’
Un homme déambule dans Santiago, des vitrines du centre-ville aux bidonvilles puis se rend en train dans une station balnéaire. Son parcours dessine une société brutalement oppressive.
De prime abord, on serait tenté de dire de ce film méconnu d’Alvaro J. Covacevich qu’il entre en résonance avec beaucoup d’autres : le Carné de Nogent, le Vigo de Nice, le Siodmak Des hommes le dimanche, le Oliveira du Peintre et la Ville pour ne citer que ceux-là. Le trajet de ce film –muet- trame une étrange collision entre un sentiment de déjà-vu et l’avènement d’un mouvement plus singulier, oblique de la symphonie urbaine pressentie vers une balade solitaire et inquiète au cours de laquelle le regard bute sur un monde vivant mais déjà épuisé, en sursis. Le réel paraît expurgé de toute expression particulière de désir. La beauté de Morir un poco est celle d’une sourde défaite que le cinéma s’applique à révéler, atteste la dissolution de l’élan anarchique et poétique des avant-gardes dont il ne porte plus que l’écho désenchanté. Désormais, de l’autre bout du monde c’est une correspondance à la marge qui s’écrivait avec un pan significatif du cinéma français et italien des sixties. JB


En présence de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana :
Puisque nous sommes nés
un film de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana
2008 - Brésil / France – 90’
Brésil. Nordeste. État du Pernambouc. Une immense station-service au milieu d’une terre brûlée, traversée par une route sans fin. Cocada et Nego, 14 et 13 ans, s’interrogent sur leur identité et leur avenir. Leur seule perspective : une route vers São Paulo, vers un ailleurs.
Encore un titre qui sommes comme une fatalité. Dans le Nordeste brésilien, la vie est le seul bien que possèdent Cocada et Nego, deux gosses abandonnés à leur sort, et qui traînent ensemble dans une station-service au milieu de nulle part, parmi les camions, aux côtés des routiers dont l’un d’eux prend sous son aile Cocada. On connaît Jean-Pierre Duret pour son travail d’ingénieur du son, sur des films de Pialat, des Straub, de Chabrol, Doillon ou Des Pallières. Avec Andrea Santana, il mène au Brésil un autre travail, risqué : réaliser des films documentaires avec des déshérités, où le souci de l’autre se manifeste, là aussi, par le son, par l’écoute. Leur premier long-métrage, Romance de terre et d’eau (2002), recueillait l’histoire de paysans sur la terre aride du Sertão. Puisque nous sommes nés écoute les enfants et leurs paroles qui refusent de se laisser étouffer par le bruit des camions. Sans commentaire, sans misérabilisme ni attendrissement mal placé, leur film, s’en tenant à l’espace quadrillé par la vie au jour le jour des protagonistes, dresse un constat terrible en même temps qu’il célèbre une lucidité enfantine et malgré tout, absolument tout : vaillante. JPT


Accompagné d’une mini-Rétrospective Santana/Duret :

Romances de terre et d’eau
de J.-P. Duret& Andrea Santana
2001 – Brésil – 78’
« Romances de terre et d’eau » est un documentaire sur les petits paysans d’origine indienne du Nordeste du Brésil qui se battent avec une grande noblesse et beaucoup d’humour pour leur survie économique mais aussi pour préserver la force d’imagination et de recréation de leur culture.

Le rêve de Sao Paulo
de J.-P. Duret& Andrea Santana
2004 – France/Brésil – 100’
Depuis des dizaines d’années, mus par un violent désir de vivre, les paysans du Nordeste du Brésil ont émigré vers São Paulo, ville mirage d’un rêve essentiel à chaque pauvre de la terre, manger, nourrir sa famille, être reconnu comme quelqu’un. Il y a 50 ans, ce rêve a été celui d’un enfant devenu célèbre, Luis Inácio da Silva, dit Lula, Président du Brésil depuis le 1er janvier 2003. À la suite de l’élection de Lula, le Brésil est aujourd’hui en mouvement comme il ne l’a jamais été.









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