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Bientot dans Rush Hour 6
      
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Dragon

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en salles : Still Walking - Aruitemo, AruitemoRéalisé par Kore-Eda Hirokazu Japon 2008 Une journée d'été à Yokohama. Une famille se retrouve pour commémorer la mort tragique du frère aîné, décédé quinze ans plus tôt en tentant de sauver un enfant de la noyade. Rien n'a bougé dans la spacieuse maison des parents, réconfortante comme le festin préparé par la mère pour ses enfants et ses petits-enfants. Mais pourtant, au fil des ans, chacun a imperceptiblement changé... Avec un soupçon d'humour, de chagrin et de mélancolie, Kore-Eda nous donne à voir une famille comme toutes les autres, unie par l'amour, les ressentiments et les secrets.* (IMG: http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/67/57/63/19062292.jpg)
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其实人在小时候就已经养成看待世俗的眼光,只是你并不自知。(侯孝贤)
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"Still Walking" : un jour d'été, dans une famille japonaise unie par le chagrin et l'amour de la vie LE MONDE | 21.04.09 | 15h22 • Mis à jour le 21.04.09 | 15h22
Cérémonie familiale à Yokohama. C'est l'été. Certains traînent les pieds pour aller passer ce week-end chez les parents. Médecin à la retraite, retranché dans son bureau, le père ne cache pas sa réticence à accueillir enfants et petits-enfants, mais son épouse compense la froideur du vieux ronchon en s'activant sur les repas. Odeurs alléchantes en cuisine. La convivialité passe par les plaisirs de bouche. Défilent des radis blancs, carottes pelées, nouilles froides, anguilles, un porc assaisonné d'échalotes et de fèves vertes, des sushis, du thé froid... On dégustera aussi choux à la crème et pastèque. La mère peaufine ses tempuras de maïs frits : une recette qu'elle aimerait transmettre à sa fille.
Qu'est-ce qui cloche ? Il manque un membre à la tribu. Le fils aîné qui devait reprendre le cabinet médical de son père est mort quinze ans plus tôt en sauvant un gamin de la noyade. C'est en son honneur que l'on se réunit là chaque année, mais cette absence pèse. Le père n'a pas digéré ce deuil brutal, le second fils se sent mal aimé. Ses parents déplorent ses choix : travail aléatoire, refus de s'acheter une voiture, mariage avec une veuve flanquée d'un garçon. Epouse d'un type assez falot, la fille est plus sensible à son confort qu'aux sentiments. Elle rêve de récupérer la maison parentale pour s'y installer.
NE PAS CESSER DE MARCHER
L'atmosphère nous replonge dans les beaux films d'Ozu et de Naruse, conjuguant la chronique d'une cellule familiale ordinaire, les frustrations des adultes, l'insouciance des gamins qui piétinent les plantes, fouillent le frigo, les apartés des uns, les sonneries de téléphones portables, les petites phrases blessantes, une apparente légèreté malgré tout : Kore-Eda orchestre ce rituel truffé de non-dits sans jamais se départir de son regard tendre et malicieux. Prônant un regard enchanteur, Still Walking est un film sensible imprégné d'un humour discret.
Garante de l'harmonie, apôtre d'une philosophie positive de la vie, la mère fait un geste en direction de sa belle-fille mal acceptée en lui offrant un kimono, bouscule et tance son mari, s'offre un moment mélancolique en ressortant le microsillon d'une chanson qui compta pour elle. Mais fait preuve d'un certain cynisme : invité chaque année pour cet anniversaire, le gamin sauvé des eaux par le défunt, devenu un raté, fait les frais de la blessure non refermée. On le trouve ridicule. On le convoque par sadisme.
Ce dont il est question ici, c'est de "la capacité des individus à vivre en dépit de ce qu'ils ont perdu". Un instinct de survie qui se concrétise par leur détermination à fouler le sol. Meurtri, en manque d'un proche, il ne faut pas cesser de marcher. Le film s'offre plusieurs promenades, dont une visite au cimetière.
Cinéaste hanté par la disparition, Kode-Eda filme la lumière d'une journée comme un écho, une présence invisible. Il filme des pieds, une chaussette, le cheminement de deux personnes sur une route, côte à côte. Le ralentissement d'un fils pour s'accorder à la démarche hésitante de son père génère une conversation complice.
Préoccupé par la transmission des souvenirs, la capacité à compenser un vide, à rester en communication avec la vie d'avant, il s'attache ici au regard de ce garçon d'une famille recomposée, orphelin de son père biologique, curieux de tout ce qui se passe dans sa famille d'adoption.
Se promenant avec son nouveau père après s'être rendu quelque temps plus tard sur la tombe de sa "fausse" grand-mère, il fait sienne la légende qu'elle avait à coeur de transmettre. Celle du papillon volant à la tombée de la nuit, insecte symbolisant l'âme d'un être cher, toujours présent. LA BANDE-ANNONCE (avec Preview Networks) Fourni par Filmtrailer.comFilm japonais d'Hirokazu Kore-Eda avec Hiroshi Abe, Yui Natsukawa, You Chinami. (1 h 55.)
Jean-Luc Douin |
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Un cinéaste qui dialogue avec l'au-delà LE MONDE | 21.04.09 | 15h22
De noir vêtu, économe de mouvements comme de mots, Hirokazu Kore-Eda accueille les questions à la manière d'une surface réfléchissante. D'autant que le réalisateur répond par le silence aux questions qui, suppose-t-on, l'embarrassent. Moments assez comiques, où, dans un silence assourdissant à force de durer, le journaliste suspend sa plume, l'interprète commence à s'agiter sur sa chaise, tous deux dans l'attente d'une réponse qui ne viendra pas.
Elle flotte quelque part entre son esprit et cet autre monde qui hante son oeuvre. Parmi sa génération, il est celui qui poursuit l'un des dialogues les plus fructueux sinon avec l'au-delà, du moins avec la manière dont les vivants commercent avec les morts.
Né en 1962 à Tokyo, Kore-Eda est révélé en France en 1999 à l'occasion de la distribution de ses deux premiers longs métrages, sans doute les deux plus beaux, Maborosi (1995) et After Life (1998). Le premier est la chronique mélancolique de la vie d'une jeune femme dont le destin est marqué par la disparition de ses proches. Le second est une fable expérimentale et joyeuse située dans les limbes, où les défunts doivent sélectionner le souvenir qui les accompagnera dans l'éternité.
Suivront Distance (2001), tentative d'interprétation du suicide des membres de la secte L'Arche de vérité, puis Nobody Knows (2004), qui confronte des enfants à la disparition soudaine de leur mère. Adaptés de faits divers, ces deux films ont été sélectionnés en compétition au Festival de Cannes et ont valu au second le Prix d'interprétation pour le jeune acteur de 14 ans Yagira Yuya.
PEUT-ÊTRE À CANNES
Après une oeuvre historique jamais distribuée en France (Hana, 2006), Still Walking reconduit à travers la figure du frère défunt cette fascination pour le motif de l'absence. "En Occident, la vie et la mort sont en opposition frontale, explique le cinéaste. Dans la culture japonaise, elles coexistent de manière harmonieuse. La mort fait vraiment partie de la vie. On a donc moins tendance à isoler la permanence de ce thème dans mon cinéma." C'est donc à la faveur de quelques détours biographiques que Kore-Eda laissera percer son inclination à s'extraire de ce monde. En expliquant par exemple comment lui est venue sa vocation de cinéaste. Inscrit à la faculté de lettres à Tokyo et ambitionnant de devenir romancier, il s'est laissé séduire par les salles de cinéma qui se trouvaient sur son chemin, au point d'y passer plus de temps que sur les bancs de l'université. Cette diversion lui fait notamment découvrir avec ravissement Fellini et changer de direction professionnelle.
Il écrit d'abord des scénarios : "Le travail de groupe m'effrayait, je ne pensais pas pouvoir faire autre chose." Son expérience d'assistant-réalisateur lui prouve le contraire et il entre dans la carrière en réalisant de nombreux documentaires pour la télévision. Il est aujourd'hui un des cinéastes indépendants les plus reconnus au Japon (Nobody Knows a attiré dans l'Archipel un million de spectateurs), ce qui ne l'empêche pas de s'alarmer : "La part de marché du cinéma japonais est remontée à 60 %, mais c'est essentiellement grâce à des adaptations de mangas financées par la télévision. Les cinéastes indépendants qui n'ont pas la chance d'être reconnus à l'étranger sont à peu près invisibles, de même que le cinéma étranger non hollywoodien. Je trouve cela très inquiétant."
Par chance pour Kore-Eda, il vient de finir un film qui pourrait être retenu dans la prochaine compétition cannoise. Air Doll raconte l'histoire d'une poupée gonflable qui prend vie et tombe amoureuse d'un employé de vidéoclub. Les surréalistes auraient apprécié.
Jacques Mandelbaum Article paru dans l'édition du 22.04.09
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其实人在小时候就已经养成看待世俗的眼光,只是你并不自知。(侯孝贤)
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