Cinéma et arts martiaux. L'esprit du budô. les samedis du 2 mai au 20 juin Maison de la culture du Japon à Paris
L’histoire des arts martiaux au Japon a plus de mille ans. Quatre films dont un documentaire présentés à la Maison de la culture du Japon à Paris permettent de mieux appréhender l'esprit du budô à travers le judo, le tir à l'arc, le kendo (art du sabre)... A la fois, technique, discipline, sport, art de vivre, les arts martiaux sont une subtile alchimie de l'âme et du corps.
Films présentés en version originale sous-titrée français (vostf)
Tarif 4€ / 3€ ou * film en entrée libre
Sugata Sanshirô 1943 – N&B – 80’ – 35mm - Studios Tôhô / Un film d'Akira Kurosawa avec Susumu Fujita, Denjirô Okôchi, Takashi Shimura
Tôkyô, 1882. Sugata Sanshirô est un jeune adepte du jujitsu. Sa rencontre avec Shôgoro Yano, l'inventeur du judo, va changer sa vie.
*L'histoire de l'arc au temple de Sanjûsangendô 1945 – N&B – 76’ – 35mm – Studios Tôhô / Un film de Mikio Naruse avec Kazuo Hasegawa, Kinuyo Tanaka, Senshô Ichikawa, Haruo Tanaka
Le père de Daihachirô se suicide après sa défaite à un concours de tir à l'arc au temple de Sanjûsangendô de Kyôto. Le jeune garçon s'entraîne avec acharnement pendant des années afin de participer lui aussi à ce concours.
Le sabre1964 - N&B – 94’ – 35mm - Studios Daiei Kyôto / Un film de Kenji Misumi avec Raizô Ichikawa, Yûsuke Kawazu, Yukiko Fuji
Kokubu, capitaine du club de kendo de son université veut remporter le prochain tournoi. Il s'impose une discipline surhumaine et ne vit que pour la victoire. Mais pour Kagawa, le vétéran du club, l'ascèse de Kokubu n'est qu'une imposture. La rivalité entre les deux garçons va tourner au drame.
*Takumi, les maîtres forgerons du sabre1997 – 70’ – Betacam - Hayashibara Group / CR-Nexus TV Productions / Imamura Prod. / Un film de Shinichi Ise sur un scénario de Lyall Watson. Supervisation de la réalisation Ken Hayashibara et Shôhei Imamura.
Une triple approche scientifique, historique et culturelle de la fabrication du sabre japonais, véritable "œuvre d'art en acier".
***********
AÏKIDO
Après avoir étudié plusieurs arts martiaux, Ueshiba Morihei rencontre en 1919 le chef spirituel dumouvement religieux Omoto-kyô qui va profondément l’influencer. Il établit son dôjô d’arts martiaux àKyôto puis fonde en 1931 le Kôbukan Dôjô à Tôkyô. En 1942, il décide d’appeler « aikidô » le nouvelart martial qu’il a inventé. Morihei meurt en 1969 et son fils, Kisshômaru, lui succède en tant qu’AikidôDôshu (grand maître). A la mort de Kisshômaru en 1999, son fils, Moriteru, devient le nouveau Dôshu,
titre qu’il détient encore aujourd’hui.L’aïkido n’est pas une lutte, il insiste sur l’importance d’unir ses forces à celles de son partenaire afinde s’améliorer ensemble. Harmonie entre le corps et l’esprit, mais aussi entre deux êtres, relation harmonieuse avec la nature. Voilà pourquoi il n’existe pas de compétitions d’aïkido.
http://www.aikikai.or.jp■
JUDO
Le fondateur du judo, Kanô Jigorô (1860-1938), était un enfant de constitution fragile. Il suivitl’entraînement de jûjutsu, un art martial traditionnel, afin de devenir plus fort. Il étudia par la suitediverses techniques de combat, et retint leurs points forts pour créer une nouvelle discipline plusadaptée à son époque.
Le principe de base du judo est « l’efficacité maximale ». Mettre en pratique ce principequotidiennement et ainsi contribuer au progrès de la société (théorie du jita kyôei, la prospéritémutuelle) devint le but ultime de l’étude du judo. Si ce sport s’est autant répandu à travers le monde,ce n’est pas uniquement en raison de son aspect compétitif. Ce sont plutôt ses objectifs tels que les adéfinis Kanô – « se parfaire soi-même » et « apporter sa contribution à la société » – qui sont à l’origine de sa popularité internationale.
http://www.kodokan.org■
JÛKENDÔ
Basé sur la technique de l’art traditionnel japonais de la lance, le jûkendô est né au début de l’ère Meiji (1868-1912) et se développa en tant qu’art martial. Tout en intégrant des aspects de l’escrime européenne, il fut structuré en tant qu’escrime japonaise durant les ères Meiji et Taishô (1912-1926).
Lors des années 40, la pratique de cet art martial fut principalement diffusée auprès des réservistesmilitaires et des étudiants. Mais dans les années 50, le jûkendô avait une image négative, celle d’un art martial symbole de l’ancien militarisme. Pourtant des amateurs de jûkendô s’efforcèrent de
transmettre aux jeunes générations cet art martial qui est aussi un sport. En compétition, le but est d’atteindre le cou, l’abdomen, etc., de son adversaire avec un fusil en bois prolongé d’une baïonnette factice (d’une longueur totale de 166cm). Les techniques sont simples et l’entraînement est facile, mais comprendre la quintessence de cet art est plus complexe. L’équipement utilisé ressemble à celui du kendô à l’exception des protections pour les épaules.
http://www.jukendo.info/index.htm (en japonais)
■
KARATÉ
Le karaté est né dans la région d’Okinawa, archipel du sud du Japon. A l’origine, cet art martial était une technique d’autodéfense. Depuis une première démonstration publique à Tôkyô en 1922, le karaté n’a cessé de se développer et de se propager, principalement dans les clubs universitaires. Il se transforma rapidement en sport de compétition. Le karaté est également idéal pour rester en forme ou améliorer sa santé et peut se pratiquer à tout âge. Il est principalement une forme d’autodéfense et ne doit en aucun cas être utilisé pour attaquer.
http://www.karatedo.co.jp/jkf■
KENDÔ
Autrefois au Japon, quand les combats se faisaient en armure et le sabre à la main, la transmission de l’art du sabre (kenjutsu) était vitale pour les guerriers. Au XVIIIe siècle, des sabres en bambou et une tenue de protection semblable à une armure furent mis au point pour l’entraînement des samouraïs.
Ils pouvaient ainsi donner des frappes réelles sans risque de blessure. Un siècle plus tard, la classe des guerriers n’était plus la seule à pratiquer cette forme de kenjutsu qui devint de plus en plus populaire. À la Restauration de Meiji en 1868, le sabre devint inutile dans une société où était aboli le système
féodal. Pourtant, en raison de sa valeur éducative, le kenjutsu avec un sabre en bambou commença àêtre enseigné dans les collèges en 1911. Le terme de « kenjutsu » (technique du sabre) fut remplacé par celui de « kendô » (voie du sabre) pour souligner sa valeur éducative.En 1945, les forces d’occupation américaines interdirent le kendô dans les écoles, considérant qu’il attisait l’esprit militariste parmi le peuple. Cependant en 1952, il fut réhabilité quand le Japon retrouva son indépendance. Aux JO de Tôkyô en 1964, le kendô participait en tant que sport de démonstration, ce qui incita à la création d’une organisation internationale de kendô.
http://www.kendo.or.jp■
KYÛDÔ
Dans les temps anciens, l’arc était au coeur de rituels et cérémonies des empereurs et des courtisans.Vers le XVIe siècle, le tir à l’arc devint un art militaire qu’un guerrier se devait de pratiquer. Après la chute du shogounat en 1868, il se transforma en kyûdô (« voie de l’arc »), une des disciplines du
budô. Depuis 1945, le kyûdô connaît un regain de popularité en tant que sport. A la différence des autres arts martiaux, dans le kyûdô l’adversaire n’est pas une personne mais une cible. Le tir à l’arc est un combat avec soi-même. L’arc japonais est particulièrement long puisqu’il mesure environ 2,2m. Sa forme courbe particulière
est très élégante. De nos jours, les arcs et les flèches sont plus souvent en fibre de verre et fibre de carbone qu’en bambou. L’archer utilise un gant de cuir pour tirer la corde de l’arc et tenir la flèche.
http://www.kyudo.jp■
NAGINATA
Le naginata ressemble à l’escrime et au kendo. Il se pratique avec une naginata, arme japonaise traditionnelle composée d’une lame courbe fixée à un long manche. Elle a fait son apparition dans les batailles vers le Xe siècle. Plus longue que le sabre, elle était très efficace pour se battre contre plusieurs adversaires à la fois et les cavaliers. Avec l’introduction des armes à feu au Japon au milieu du XVIe siècle, elle fut vite obsolète. Elle devint une arme ornementale ou fut utilisée par les femmes pour se défendre. D’ailleurs, elle faisait partie du trousseau des femmes qui se mariaient à un samouraï. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, le naginata est un art martial pratiqué principalement par les femmes.
La naginata actuelle se compose d’une lame en bambou et d’un manche en chêne long de 2,10 à 2,25m. Les deux adversaires équipés de diverses protections (masque, plastron, gants…) doivent toucher avec précision et rapidité certaines parties du corps.
http://naginata.jp■
SHÔRINJI KEMPÔ
Cet art martial a été créé en 1947 par Sô Dôshin qui souhaitait aider la jeunesse japonaise à retrouver des valeurs telles que l’entraide et le respect mutuel. Les techniques du Shôrinji Kempô sont des techniques d’autodéfense : coups de poings, coups de pieds, projections de l’adversaire,immobilisations, torsions d’articulations... Elles servent à se protéger des actes d’agression. Elles permettent de se défendre dans un premier temps, puis de contre-attaquer.
L’objectif du Shôrinji Kempô n’est pas la compétition mais le développement du corps et de l’esprit. L’entraînement à deux est un principe fondamental. Il incite à progresser avec un esprit decollaboration.
http://www.shorinjikempo.or.jp■
SUMO
Le sumo est une sorte de lutte propre au Japon. Au cours de ses deux mille ans d’histoire, il est apparu sous plusieurs formes : sumo des banquets de cour (VIIIe-XIIe siècle), sumo pour le shogounat (XIIe-XVIe siècle), sumo pour les donations aux temples et sumo populaire (XVIIe-XIXe
siècle), et enfin grands tournois de sumo d’aujourd’hui. Les combats se déroulent sur une aire circulaire. Les règles actuelles, particulièrement strictes,
auraient pour origine celles en cours au XVIe siècle. Le perdant est le premier qui touche le sol avec n’importe quelle partie de son corps autre que la plante des pieds, ou le premier à être éjecté du cercle de combat. Il n’existe pas d’écoles ou de styles différents dans le sumo.
http://www.nihonsumo-renmei.jp (en japonais)
*
http://www.mcjp.asso.fr/