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> Gamperaliya Changement Au Village, de Lester James Peries
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P'tit Panda
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Dragon



au cinéma :

Gamperaliya changement au village


de Lester James Peries
Sri-Lanka 1963

Amoureuse de l'instituteur, une jeune femme est contrainte par sa famille d'épouser un riche héritier, dont elle finit par se prendre d'affection. Mais le déclin de la petite bourgeoisie rurale est tel que celui-ci doit bientôt quitter le village pour chercher du travail. Il disparaît. Entre-temps, après avoir fait fortune à Colombo, l'instituteur éconduit retourne au village, et épouse la jeune veuve. Mais le souvenir du premier mari vient hanter le couple.


(IMG:http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/70/02/94/19090948.jpg)



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"Gamperaliya, changement au village" : un grand cinéaste est né... en 1963
LE MONDE | 05.05.09 | 16h34

Lester James Peries : un nom d'aventurier, de séducteur pour romans de Rudyard Kipling ou de Somerset Maugham. Un nom trop peu connu, celui de l'un des grands cinéastes asiatiques. Né en 1919, fils de médecin, Lester James Peries a abandonné littérature et journalisme pour se consacrer au cinéma et initier la cinématographie de son pays. Ancien Ceylan, le Sri Lanka, devenu indépendant en 1948, était encore sous la coupe des diktats culturels indiens lorsqu'il y tourna le premier film en langue cinghalaise (Rekava, la ligne du destin, 1956), présenté au Festival de Cannes l'année suivante.

Satyajit Ray, grand cinéaste indien, ne tarissait pas d'éloges sur Gamperaliya, aujourd'hui projeté dans nos salles quarante-six ans après sa réalisation, et restauré par l'UCLA Film Archive. On y découvre en noir et blanc la veine intimiste d'un auteur classique, voué à filmer les gens de son pays, à sortir des studios pour tourner en décors naturels, influencé par sa formation de documentariste mais fasciné par une intrigue romanesque.

Il s'agit d'une adaptation de l'un des grands romanciers cinghalais, Martin Wickramasinghe, écrivain qui partage avec Lester James Peries la passion de Tchekhov (le cinéaste transposa d'ailleurs La Cerisaie dans Le Domaine, en 2003). Le peu de moyens dont il dispose pour tourner ce film nimbé de grâce coïncide avec le déclin de la famille aristocratique qu'il dépeint, au début du XXe siècle, dans une province du sud de Ceylan.

LA DÉCRÉPITUDE D'UNE CASTE

Nanda, fille cadette du chef du village, est convoitée par deux hommes. Ses parents refusent de la voir épouser son professeur d'anglais, Piyal, qui n'est pas de son rang social, et lui imposent Janadasa, bientôt victime du marasme économique et obligé de quitter le foyer pour tenter d'aller faire des affaires ailleurs. Nanda souffre de l'absence de son mari, attend vainement de ses nouvelles, finit par apprendre sa mort. Entre-temps, Piyal a fait fortune...

L'Inde est hindouiste, le Sri Lanka bouddhiste. En opposition avec un cinéma indien décoratif, porté sur la profusion, la surenchère de couleurs, la veine de Lester James Peries est résolument sage, contemplative.

Le cinéaste privilégie, dit-il, "les nuances des sentiments, les subtilités de l'émotion, la vie secrète des personnages". Ses compatriotes ont une grande pudeur à exprimer ce qu'ils éprouvent, le message amoureux se transmet moins par des aveux ou des impulsions physiques que par des codes, regards ou poèmes.

Ainsi, dans la première scène, l'amour impossible entre Nanda et Piyal est suggéré par un exercice de traduction sur un texte anglais qui reflète la situation. La jeune fille s'étonne qu'un homme ordinaire puisse épouser une princesse. Il suffit qu'"il gagne assez d'argent", lui répond son professeur et soupirant.

Mort du père, faillite et décrépitude d'une caste, fin d'un siècle et essor d'une nouvelle classe : le film dépeint subtilement ces changements qui surviennent au village. Lester James Peries opte pour la non-dramatisation. Tout se passe sur les visages, dans les pauses, les silences, tandis que se déroulent des scènes de la vie quotidienne en arrière-plan. Des scènes se font écho au fil du temps qui passe.

La déclaration de Piyal à Nanda, devenue veuve, se déroule de façon identique à la première, sous le porche de la maison de Nanda. En proie à sa fièvre amoureuse, celle-ci avait dû s'aliter et être exorcisée la première fois. Elle tombe à nouveau malade, toujours éprise... Chants d'oiseau, cithare et fêtes de pleine lune enrobent le mélodrame.

Film sri-lankais de Lester James Peries avec Punya Heendeniya, Henry Jayasena, Gamini Fonseka. (1 h 48.)


Jean-Luc Douin


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