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> Departures (okuribito), de Yojiro Takita
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P'tit Panda
Ecrit le : Mercredi 03 Juin 2009 00h09
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Dragon



sortie cinéma :

Departures (Okuribito)

de Yojiro Takita
Japon 2008

avec Masahiro Motoki, Tsutomu Yamazaki...

"Dans une province rurale du nord du Japon, à Yamagata, où Daigo Kobayashi retourne avec son épouse, après l'éclatement de l'orchestre dans lequel il jouait depuis des années à Tokyo. Daigo répond à une annonce pour un emploi "d'aide aux départs", imaginant avoir affaire à une agence de voyages. L'ancien violoncelliste s'aperçoit qu'il s'agit en réalité d'une entreprise de pompes funèbres, mais accepte l'emploi par nécessité financière. Plongé dans ce monde peu connu, il va découvrir les rites funéraires, tout en cachant à sa femme sa nouvelle activité, en grande partie taboue au Japon."


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(IMG:http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/69/81/45/19114682.jpg)


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QUOTE
"Departures" : un Oscar et douze enterrements
LE MONDE | 02.06.09 | 10h57  •  Mis à jour le 02.06.09 | 11h03

Si Departures reste dans l'histoire du cinéma, ce sera pour avoir ravi l'Oscar du meilleur film étranger à deux longs métrages qui lui sont infiniment supérieurs, Entre les murs de Laurent Cantet et Valse avec Bashir, d'Ari Folman. Le processus électoral par lequel cette bluette nécrophile s'est imposée reste plein de mystères, mais la statuette trône désormais sur les étagères de la Shochiku, le studio qui a financé Departures, l'un des plus grands succès publics de ces dernières années au Japon. Muni de ce viatique, le film sort en France, et l'on découvre un aspect du cinéma japonais généralement inaccessible. Seuls sont distribués les films d'auteur et les dessins animés, les triomphes au box-office, films policiers ou comédies ne franchissent pas les mers.

Voici donc une comédie, qui voudrait bien qu'on la qualifie de douce amère, puisqu'elle met en scène des artisans funéraires, chargés de la toilette des morts avant qu'ils ne soient remis aux services qui procèderont à leur incinération ou à leur enterrement. Malgré cette dimension macabre, Departures n'est que doux. Daigo, le héros est un violoncelliste dont la carrière incertaine s'effondre d'un coup lorsque son orchestre symphonique est dissous. Avec son épouse, il quitte alors Tokyo pour la petite ville de province qui le vit naître. Induit en erreur par une petite annonce ambiguë, il se présente dans ce qu'il croit être une agence de voyages, qui est en fait une agence d'ultimes voyages. Parce qu'on le paie bien, Daigo surmonte sa répugnance et le stigmate de caste qui s'attache à la profession. Il lui faut cacher la nature de son travail à sa femme, à ses voisins, et la découverte inévitable de son secret entraîne une crise conjugale.

Heureusement le bon patron de l'entreprise (Tsutomu Yamazaki) le prend en charge et l'amène à l'âge d'homme. Une opération indispensable lorsque l'on considère le physique et les grimaces adolescents de Masahiro Motoki, le joli interprète principal. Il joue comme un personnage de manga animé, roulant des yeux pour exprimer le dégoût, ouvrant la bouche à s'en décrocher la mâchoire pour dire son étonnement. Il n'est pas besoin d'avoir une maîtrise de cinéma pour deviner chacun des rebondissements du scénario. Il suffit de savoir qu'ils obéissent à des principes intangibles : la tradition vaut mieux que la modernité, les hommes sont plus intelligents que les femmes, la patience et l'humilité sont toujours récompensés.

Malgré cet hyper-conformisme, Departures n'est pas dépourvu de grâce. Les séquences qui montrent les toilettes mortuaires sont filmées avec attention et élégance, le portrait de la vie de province n'est pas sans intérêt et les paysages hivernaux font un décor idéal pour ces funérailles à répétition. Réalisé par un vétéran qui a aussi bien pratiqué le pinku (érotique) que le film de samouraï, Departures ne faiblit jamais dans sa volonté d'attendrir le spectateur. Il y parvient assez efficacement pour avoir convaincu les votants de la Motion Picture Academy.


Film japonais de Yojiro Takita, avec Masahiro Motoki, Tsutomu Yamazaki, Ryoko Hirosue. (2h11)

Thomas Sotinel


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