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> Kinatay, Réalisé par Brillante Mendoza
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P'tit Panda
Ecrit le : Mardi 17 Novembre 2009 23h44
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Bientot dans Rush Hour 6
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Dragon



Kinatay

Réalisé par Brillante Mendoza

Avec Coco Martin, Julio Diaz, Mercedes Cabral

Interdit aux moins de 16 ans
Long-métrage philippin. Genre : Thriller
Durée : 1h50 min Année de production : 2009


Synopsis : Peping, étudiant en criminologie, est recruté par son ancien camarade de classe, Abyong, pour travailler en tant qu'homme à tout faire au service d'un gang local de Manille. Cette activité lui permet de gagner de l'argent facilement pour faire vivre sa jeune fiancée, étudiante elle-aussi, qu'il a décidé d'épouser. Mais pour ça, il lui faut encore plus d'argent. Abyong propose alors au jeune homme de s'engager dans une "mission spéciale", particulièrement bien rémunérée...


sortie 18 nov 2009



(IMG:http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/70/53/73/19185030.jpg)


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其实人在小时候就已经养成看待世俗的眼光,只是你并不自知。(侯孝贤)
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lanjingling
Ecrit le : Lundi 23 Novembre 2009 09h17
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Little brother
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Dragon



http://www.lemonde.fr/cinema/article/2009/...#ens_id=1253451
Voici quelques années déjà que les jeunes réalisateurs d'Asie du Sud-Est font parler d'eux dans les festivals de cinéma. Si l'on s'en tient au baromètre cannois, qui n'est pas le moins fiable, deux cinéastes ont plus particulièrement connu une ascension fulgurante, en intégrant à plusieurs reprises le cercle des compétiteurs officiels : le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul et le Philippin Brillante Mendoza.
Ce dernier est à sa manière un phénomène, passant sans transition du rang de publicitaire aguerri à celui de réalisateur à la fois prolifique et radical, signant sept longs-métrages durant les quatre années que compte à ce jour sa courte carrière. Inspiré du défunt Lino Brocka, son cinéma est d'un style âpre et punchy, puisant caméra au poing dans les bas-fonds de Manille une inspiration sociale et un goût de la provocation qui ne s'embarrassent ni de joliesse ni de faux-semblants.

Kinatay, son nouveau film, n'y va pas par quatre chemins pour stigmatiser l'abjection de la survie individuelle dans la jungle entretenue par l'impéritie et la corruption des puissants. Le film suit tout du long un jeune homme, Peping, dont le double visage est le motif central d'une oeuvre elle-même marquée par une profonde dualité. La première partie, tournée en extérieur jour sur un mode documentaire, nous présente les apparences d'une société bien réglée et d'un héros sans qualité particulière. Dans les rues effervescentes de Manille et de son petit peuple, Peping est un jeune étudiant en criminologie, déjà père de famille, qui s'en va régulariser à l'église sa relation avec sa fiancée. Du repas joyeux en famille à la classe décontractée de l'école de police, rien, sinon des signes discrètement annonciateurs (plan d'un coq vivant suivi d'un coq décapité, homme qui menace de se suicider dans le flot vivant de la foule), ne laisse présager ce qui va suivre.

Ce qui suit relève pourtant de la pure horreur. On y est conduit d'autant plus efficacement que la transition est douce et l'absence d'information savamment entretenue. Tout au plus peut-on constater que la nuit est tombée, que l'agitation s'est calmée, qu'une autre temporalité, plus secrète et inquiétante, s'empare désormais de la ville

D'autres moeurs, aussi, y prévalent. Peping, histoire de gagner de quoi nourrir sa famille, y joue quant à lui la petite main pour le compte d'un gang local qui se livre notamment au racket. Et on lui fait savoir que cette nuit-là, le boss a décidé de le mettre à l'épreuve, pour une mission délicate. Entraîné dans un van où l'attendent quelques brutes impavides, Peping ne se doute pas encore qu'il a descendu, sans retour, le premier échelon de l'enfer.

L'engrenage est aussi simple qu'abominable. On va chercher une fille dans une boîte à strip-tease, mauvaise payeuse, on l'entraîne dans le van où on l'assomme à moitié, on prend la route jusqu'à une maison de banlieue, où on la frappe et la viole consciencieusement, avant de la dépecer et de la faire disparaître. Les choses ne sont pas exhibées mais montrées tout de même, pour ce qu'elles sont.

Accusera-t-on Mendoza de complaisance ? L'enjeu est pourtant tout opposé. Il tient dans le changement de registre du film, dans le passage au plan fixe et au temps réel, dans l'indifférence criminelle de l'opération, dans la solitude et l'abandon nocturnes qui l'entourent, dans la torture auditive que devient la bande-son, dans l'interminable épreuve qu'inflige surtout au spectateur ce spectacle. D'observateur extérieur, celui qui regarde ce film se transforme inéluctablement en témoin, en double du jeune Peping qui réalise trop tard à quel prix il doit payer sa duplicité. Inspirée d'un de ces faits divers rapidement classés à Manille, cette histoire d'une fille perdue assassinée dans les ténèbres prend du coup un tout autre relief

n quelques années, Brillante Mendoza est devenu un cinéaste majeur. Le Prix de la mise en scène qui lui a été décerné à Cannes récompense un talent hors pair pour dépeindre l'inlassable activité des habitants de son pays, les Philippines. Kinatay est son troisième film à sortir en France, après John John (2008) qui dépeignait une Mère Courage des bidonvilles, vouée à adopter des orphelins, et Serbis (2008) qui se déroulait dans un cinéma pornoQuels sont vos modèles en matière de cinéma ?


François Truffaut, Vittorio de Sica. Je n'ai jamais pensé aux 400 Coups ou au Voleur de bicyclette en tournant, mais a posteriori, je me rends compte que ces films m'ont marqué.

Votre vocation est-elle de filmer la rue, le petit peuple ?


Ce n'est pas une mission que je me suis donnée de filmer les gens ordinaires de mon pays, c'est ma nature. Mon cinéma se nourrit de mon observation de la vie quotidienne des petites gens. Je n'ai pas d'autre ambition que de capter l'énergie qui est véhiculée par mon peuple. Récemment, des catastrophes naturelles se sont abattues sur notre pays, et j'ai été frappé de voir que dans ces désastres, malgré le désarroi, les Philippins gardent le sourire, font preuve d'une capacité à montrer que la vie l'emporte sur l'épreuve et la douleur.

Comment définir votre approche ? Vous signez des fictions très documentaires...


Mon cinéma est direct. Je suis un réaliste. M'attachant au plus près de la vie des gens, et racontant des histoires en temps réel, en faisant fi de la distanciation, j'en suis arrivé à utiliser ma caméra de façon extrêmement vivante. Ce qui m'éloigne du documentaire, c'est ma démarche. Ce qui m'intéresse, ce sont les nuances, c'est l'ironie, c'est que le style reflète la complexité d'un personnage.

La façon dont vous filmez ses va-et-vient entre fascination et reculs horrifiés peut-elle être lue comme une réflexion sur l'éthique du regard ?


Le métier de cinéaste demande une grande discipline, une ascèse, une rigueur irréprochable. En matière de morale, j'ai à coeur de ne rien imposer. Je laisse mes opinions personnelles de côté pour laisser le spectateur se faire son idée de ce qui est bon ou mauvais.


Pourquoi votre cinéma est-il hanté par les corps, les cadavres, les cercueils ?

C'est la réalité philippine. Et c'est mon propos. En collant au réel des personnages, je vois la mort en eux. Vivre c'est mourir. En les regardant de près, on voit des cadavres en puissance...

Il y a aussi omniprésence de téléphones portables...


C'est devenu quelque chose d'absolument fou aux Philippines. Cette petite île est l'un des pays où l'on envoie le plus de SMS. Les gens tueraient pour se procurer un portable. Il symbolise une conquête sociale. C'est un totem.

La situation économique est telle que les gens font commerce de leur corps, volent, tuent. Avoir un toit, des vêtements, manger sont des choses qui supposent chez nous un combat quotidien.

Propos recueillis par Jean-Luc Douin

Les terres d'élection cinématographiques reposent sur des sables mouvants. Englouties ici, elles renaissent ailleurs, dans un mouvement apparemment fantasque poussé par les vents mêlés de l'Histoire et de l'esprit. La technologie numérique, en mettant l'outil à la portée du plus grand nombre, a décuplé la force de ce mouvement. Qui profite aujourd'hui, notamment, à l'Asie du Sud-Est, de plus en plus présente dans les grands festivals internationaux depuis le début de la décennie. Inaugurée avec le sidérant cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, découvert par le Festival de Rotterdam et consacré par celui de Cannes, cette reconnaissance se propage à d'autres territoires, tels que Singapour, l'Indonésie, la Malaisie ou encore les Philippines.

Venus de ces dernières, deux réalisateurs, considérés comme les figures de proue du cinéma indépendant philippin, sont présents à Cannes cette année. Brillante Mendoza, 49 ans, vient de dévoiler Kinatay, son nouveau film, en compétition (Le Monde du 19 mai) ; Raya Martin, 25 ans, a présenté deux œuvres, Independencia dans la section officielle Un certain regard et Manila hors compétition, en séance spéciale, ce dernier coréalisé avec Adolfo Alix Jr. Kinatay décrit les nuits très particulières d'un jeune apprenti policier qui arrondit ses fins de mois en assistant un gang de criminels qui découpe les mauvais payeurs à la machette. Independencia relate, dans une stylisation baroque qui retravaille l'esthétique du cinéma muet, l'installation d'une famille dans la jungle lors de l'arrivée des troupes américaines prenant possession de l'archipel au début du XXe siècle.

On peut se contenter de ces deux titres pour caractériser l'esprit de ce jeune cinéma : un goût prononcé pour l'expérimentation formelle associé à un engagement social et une quête identitaire très puissants. La manière dont le jeune Raya Martin a présenté sur scène Independencia en donne une idée plus précise, lui qui appelait de ses vœux un temps futur où l'on pourrait être fier de "mourir pour les Philippines et de mourir pour le cinéma".

Entendue depuis la vieille Europe, où on ne veut plus mourir pour aucune cause mais rire de toutes, l'exaltation de ce propos peut effaroucher. L'histoire des Philippines permet, sinon de le comprendre, du moins de l'expliquer. Le pays a été trois fois colonisé, par les Espagnols au XVIe siècle, par les Etats-Unis au XXe et par le Japon durant la seconde guerre mondiale. L'archipel, enclave majoritairement chrétienne où l'on dénombre 180 langues, n'a conquis son indépendance qu'en 1946, avant de tomber durant vingt ans sous la coupe dictatoriale du président Marcos et de devenir, aujourd'hui, un pays où les disparités sociales sont parmi les plus marquées. Toute l'œuvre de Raya Martin se confronte à cette aliénation historique : "Nous perdons notre culture, sans nous apercevoir qu'elle est indispensable à notre survie. Le cliché du métissage culturel nous empêche de retrouver notre histoire et notre âme nationales."

"DES INSULTES CHEZ NOUS"

C'est ce à quoi s'emploie cette génération de cinéastes née dans les années 1990 (on pourrait encore citer Lav Diaz, John Torres ou Khavn de la Cruz), pour lesquels Lino Brocka, le plus grand cinéaste philippin des années 1970, constitue toujours, sinon un modèle esthétique, du moins un exemple de résistance artistique et morale à suivre. Car le plus grand obstacle que rencontrent ces réalisateurs sur leur route est l'indifférence des pouvoirs publics à l'égard de la création artistique et la domination absolue des productions commerciales, hollywoodiennes ou locales, sur le marché cinématographique.

Le divorce est si profond que Mendoza et Martin, dont les films sont majoritairement produits en France et découverts dans des circuits universitaires aux Philippines, refusent de solliciter un soutien financier de leur pays : "Nos films nous valent des insultes chez nous. Je ne vois pas pourquoi je demanderais une aide à des gens qui ne la donneraient pas de bon cœur et qui sont de toute façon incompétents. C'est une question de dignité", déclare ainsi le premier. "Nous luttons pour survivre dans un monopole de production commerciale. C'est une censure de fait et je ne veux rien avoir à faire avec cette bureaucratie", renchérit le second. La route sera longue.

Jacques Mandelbaum



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